Je n'ai trouvé qu'une sonnette fantaisie jaune et rose qui n'aurait pas été mon premier choix, mais constituait tout ce qui restait dans le maigre stock de fin de saison. Quand je suis revenu et que j'ai fait miroiter ma nouvelle acquisition devant ses yeux, ma femme m'a demandé où était la sienne. Je lui ai répondu que je ne lui en avait pas acheté une car elle n'en avait pas vraiment BESOIN. Comme c'est toujours moi le chef de file, je suis celui à qui il revient d'avertir cyclistes et randonneurs de notre arrivée imminente, particulièrement avant les virages sans visibilité ou lorsque nous sommes en forêt. Ma réponse ne fut pas du tout ce qu'elle attendait, et visiblement atterrée elle me dit qu'elle m'avait - juste la veille - demandé une sonnette pour son propre vélo. Elle a convenu qu'elle n'en avait pas particulièrement besoin, mais elle en VOULAIT une, tout simplement.
Moi - le mari macho et bien trop pragmatique - venait juste de lui refuser ce souhait tout simple sous prétexte qu'elle n'en n'avait pas BESOIN. Sans attendre, dans l'après-midi, je suis retourné au magasin de sport pour récupérer un autre avertisseur sonore. Maintenant, j'adore la couleur contrastante de cette sonnette et le son cristallin qu'elle produit. Chaque fois que je l'entendrai dans le futur, je me souviendrai à jamais de cette différence fondamentale qui existe entre besoin et ... désir!
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