dimanche, novembre 08, 2026

Pourquoi abandonnons-nous trop vite ? (Deuxième partie)

Il est évident qu’au fil des années, nous changeons : nos besoins évoluent, notre regard sur le monde se transforme et, grâce à l’expérience, nous gagnons en sagesse. Nous apprenons, avec le temps, à appréhender et à gérer différemment les obstacles, l’impatience, l’inconnu, ainsi que diverses formes de souffrances ou d’épreuves. 

Nous comprenons également qu’aucune situation n’est jamais identique à une autre. Il nous arrive aussi d’agir pour des raisons qui ne sont pas toujours fondées ou pertinentes ; cela nous conduit parfois dans des impasses que nous n’avions pas su anticiper, faute d’imagination ou d’une expérience de vie suffisamment riche. 

Ce constat débouche sur trois réflexions particulièrement intéressantes. La première concerne la distinction entre persévérance et obstination. Il est souvent délicat de déterminer quand il convient de persévérer et quand il est préférable de changer de cap. Abandonner n’est pas toujours un échec ; c’est parfois, au contraire, un moyen d’acquérir la sagesse qui éclairera notre chemin par la suite. 

Ensuite, il y a le rôle indéniable de l’expérience accumulée : chaque fois que nous surmontons une épreuve, nous enrichissons notre « base de données » personnelle, tout en renforçant notre confiance en notre capacité à affronter les décisions importantes et les défis qu’elles comportent. Enfin, il y a l’avantage de vieillir et de gagner en ingéniosité. 

L’un des bienfaits inattendus du vieillissement est peut-être que nous craignons moins l’inconfort passager ; nous avons suffisamment vécu pour savoir que les périodes difficiles ne durent pas éternellement : elles finissent généralement par passer, ou deviennent pour le moins bien plus supportables. 

Pour conclure, une idée me semble s’inscrire parfaitement dans cette réflexion plus large sur le vieillissement, la curiosité et le développement personnel continu. 

Peut-être que la véritable mesure de l’épanouissement personnel ne réside pas dans le nombre de fois où nous refusons d’abandonner, mais plutôt dans notre capacité croissante à discerner quand il faut persévérer, quand il faut lâcher prise et quand il faut repartir à zéro. Cette souplesse intuitive constitue, à mes yeux, le véritable trésor qui émerge de notre réflexion sur ce sujet. 

Elle transforme une analyse consacrée aux hésitations passées en une perspective bien plus stimulante : celle de pouvoir continuer à apprendre à persévérer — et d’y exceller — quel que soit le nombre d’années que nous avons déjà passées sur cette planète.

samedi, novembre 07, 2026

Pourquoi abandonnons-nous trop vite ? (Première partie)

C’est toujours avec un grand intérêt que je passe en revue mes expériences passées, dans l’espoir de découvrir une petite pépite que je n’avais pas su reconnaître ou apprécier au moment où les événements se déroulaient. Le plus souvent, j’en retire une mine d’enseignements révélateurs que je trouve extrêmement bénéfique. 

Une tendance particulière a attiré mon attention : mon manque de patience, mon indécision et mon incapacité à rester concentré, des traits qui m’ont caractérisé durant de longues périodes de ma jeunesse et au début de ma vie adulte. 

En rétrospective j’abandonnais souvent mes plans, mes projets et mes orientations dès que douleur, difficulté ou découragement venaient obscurcir mon jugement. 

Mes objectifs étaient pourtant là, mais souvent trop mal définis ; je n’étais pas préparé aux obstacles qui se dressaient entre moi et leur réalisation. Avec le recul, je réalise que j’ai passé beaucoup trop de temps à évoluer dans un univers de doutes, de peurs et souvent de manque de confiance en moi. Je souhaitais avancer, mais je n’avais ni la patience, la détermination ou la confiance nécessaires pour surmonter les inévitables embûches rencontrées en chemin. 

Je me suis alors interrogé : qu’est-ce qui me faisait agir ainsi ? Était-ce inné ou acquis ? Étais-je simplement « programmé » ainsi, ou bien mon éducation, mon environnement et mes premières expériences avaient-ils contribué à façonner ces tendances ? J’ai souvent penché pour la seconde explication, sans pour en être totalement convaincu. 

Peut-être la réponse est-elle plus complexe qu’il n’y paraît. Il s’agissait peut-être d’une combinaison de tempérament, de circonstances, d’attentes et, surtout, d’un manque d’expérience face à l’adversité. Je soupçonne que l’une de mes plus grandes lacunes était de m’éprendre de la destination sans comprendre la nature du voyage. Je visualisais ce que je souhaitais accomplir, mais je ne mesurais pas la dose de patience, de frustration, de sacrifices et de persévérance qu’il faudrait déployer pour y parvenir. 

N’est-ce pas là l’un des pièges dans lesquels nous tombons souvent ? Nous interprétons la difficulté du parcours comme la preuve que nous avons choisi la mauvaise destination. Dès que les choses deviennent inconfortables, nous commençons à remettre en question nos capacités, nos décisions et, parfois, même nos aspirations initiales. 

Pourtant, la difficulté n’est pas nécessairement le signe que quelque chose ne va pas. Elle fait parfois simplement partie du « prix à payer » pour atteindre un objectif qui en vaut la peine. Une dernière question mérite d’être posée : avec le temps, l’âge et l’expérience, notre façon de réagir face à des défis similaires évolue-t-elle ? 

Si le sujet vous intrigue, découvrez le dans mon prochain blog …

vendredi, novembre 06, 2026

L’aveuglement de Trump et l’épuisement de l’Amérique

Depuis des années, j’étais persuadé que la manière de gouverner de Donald Trump — marqué par sa grandiloquence, son égocentrisme exacerbé et l’incapacité à concevoir le point de vue d’autrui — conduirait le pays vers un point de rupture. Mais ce qui a fini par le rattraper, ne fut pas seulement cela et l’opposition politique, mis l’épuisement de la nation toute entière. 

Sa présence saturait chaque aspect de la vie américaine, chaque cycle d’actualité, chaque conversation, jusqu’à ce que les gens n’en puissent tout simplement plus. Les récents résultats électoraux ont été, à mon sens, un référendum sur cette lassitude. Ils portaient indéniablement sur sa personne, et la décision du public est apparue comme une correction qui s’est faite attendre trop longtemps. 

Elle m’a réconcilié avec une majorité de mes concitoyens qui, enfin, semblaient finalement réaliser l’absurdité insoutenable de son approche. Ma propre méfiance à l’égard de Trump remonte aux primaires de 2015, quand il a privilégié l’insulte à l’argumentation, et le spectacle au fond des choses, comme l’aurait fait un Bernard Tapie. Je n’ai jamais cru à son prétendu génie des affaires, ni à l’aura d’infaillibilité qu’il projetait. 

Son assurance ressemblait moins à de la force qu’au refus de regarder la réalité en face. La fin de son premier mandat a constitué un avertissement clair quant aux conséquences d’une telle manière de diriger ; un avertissement qui n’a fait que gagner en intensité depuis. 

Désormais, les élus du Congrès, les membres du gouvernement et les grands donateurs qui s’étaient rangés à ses côtés se retrouvent face à une tâche quasi-impossible : prendre leurs distances avec cet héritage catastrophique qu’ils ont œuvrés à rendre possible. Ce genre de taches ne s’effacent pas aisément, surtout lorsqu’elles résultent d’années passées à soutenir un dirigeant dont le style récompensait la loyauté au détriment du discernement. 

J’ai toujours eu un critère simple pour évaluer une capacité à diriger : confierais-je à cette personne la gestion de mon entreprise ? Dès 2015, la réponse, dans le cas de Trump, était un « non » sans équivoque. Exercer une autorité exige de la persuasion, de la constance et la capacité à entraîner les autres — des qualités que résume bien le vieil adage : on attire plus de mouches avec du miel qu’avec du vinaigre. Cette sagesse semble plus pertinente que jamais.

jeudi, novembre 05, 2026

L’horloge qui ne voulait pas mourir

C’est à la fameuse École d’Horlogerie de Cluses que j’ai reçu l’essentiel de mon éducation. Je ne suis donc pas quelqu’un qui plaisante avec le temps ! En 2005, chez un ami à Reno, j’avais remarqué une horloge numérique atomique au design séduisant. Quelques mois plus tard, en janvier 2006, je me suis procuré la même que j’avais accrochée au mur de notre cuisine ; je l’adorais. 

Depuis, elle nous a toujours indiqué l’heure avec une précision absolue, tout en affichant les températures intérieure et extérieure. Le premier souci est apparu en 2018 : l’horloge s’était arrêtée sans raison apparente, mais est repartie après que je lui ai donné un bon coup. L’incident s’est reproduit, sous différentes formes, à quelques reprises par la suite.

Il y a quelques jours, lors du changement d’heure, j’ai décroché l’horloge du mur, et elle s’est arrêtée. Son écran LED s’est soudainement complètement effacé, sans plus jamais réapparaître. J’ai alors appliqué ma routine habituelle — changer les piles, manipuler les boutons situés derrière l’appareil de toutes les manières possibles —, avant de lui asséner quelques bon coups et de le laisser tomber par terre. Rien n’y a fait. 

Après quelques minutes de vains efforts, j’ai demandé à mon épouse de jeter cet objet mort à la poubelle, tandis que je commandais un modèle de remplacement sur Amazon. La journée a suivi son cours … 

Le lendemain matin, en voyant les trois piles AA que j’avais laissées traîner sur mon bureau, je me suis dit, sans trop savoir pourquoi : « Essayons une dernière fois ». Je suis allé au garage, j’ai fouillé dans la grande poubelle, récupéré l’horloge et et j’ai remis les piles en place et… bingo ! 

L’horloge a émis un signal sonore et, comme par miracle, l’écran s’est rallumé. L’appareil, qui affichait alors la température glaciale du garage, a repris vie ; peu après, ayant capté le signal atomique, il a de nouveau affiché l’heure — presque exacte, si l’on excepte le décalage lié au changement d’heure. 

Finalement, j’ai conservé l’horloge que je venais de recevoir, et je dois maintenant décider où installer l’autre horloge, vieille de plus de vingt ans… 

mercredi, novembre 04, 2026

S’attaquer à d’immenses projets (deuxième partie)

L’acceptation peut-elle réellement servir de déclencheur pour des entreprises ardues ? Voilà un principe puissant, issu de la psychologie comportementale et de la productivité personnelle. Il reconnait la réalité d’une tâche difficile — avec tout ce qu’elle comporte de stress, d’ennuis ou de complexité — constitue précisément l’étincelle nécessaire pour passer à l’action.

Lorsque nous cessons de lutter contre l’idée de la difficulté d’une tâche, nous libérons l’énergie mentale requise pour l’entreprendre. L’acceptation favorise l’action en neutralisant la procrastination ; celle-ci relève rarement d’un problème de gestion du temps, mais plutôt d’une difficulté de régulation émotionnelle. 

Admettre qu’une tâche puisse être inconfortable atténue notre envie de l’éviter. Cela abaisse également nos barrières mentales et le stress qui les accompagne, réduisant ainsi les frictions internes. Résultat : l’attention se déplace vers l’exécution, et notre cerveau passe du stade de l’appréhension à celui de la résolution de problèmes. 

Pour y parvenir, il faut identifier et reconnaître explicitement l’inconfort ressenti. Il s’agit de se convaincre que la tâche sera extrêmement fastidieuse, voire désagréable — du moins au début. Il faut aussi accepter que nos premiers pas puissent être brouillons ou imparfaits, en nous autorisant à produire un premier jet médiocre, simplement pour amorcer une certaine dynamique. 

Enfin, il convient de se concentrer exclusivement sur la plus petite action possible pour lancer le travail en accomplissant une tâche précise, aussi modeste ou insignifiante puisse-t-elle paraître. Cela dit : « À vos marques, prêts, partez !

mardi, novembre 03, 2026

S’attaquer à d’immenses projets (Première partie)

Les entreprises qui semblent insurmontables sont souvent difficiles à appréhender et à accepter ; tout dépend de la motivation de chacun et de sa propension à vouloir les mener à bien. 

Parfois, l’engagement et les efforts requis sont purement facultatifs, voire superflus ; dans d’autres situations, en revanche, il est impératif de faire face, quels que soient les obstacles, car il n’y a tout simplement pas d’autre choix ou d’échappatoire.

Dans ce dernier cas, l’acceptation constitue l’étape la plus ardue, mais aussi la plus nécessaire, car sans elle, l’exécution — inévitable — devra tout de même avoir lieu, mais dans des conditions bien plus pénibles, ardues et interminables. 

L’acceptation est donc la clé qui permet d’aborder des tâches titanesques et ingrates, et de les mener à terme de la meilleure façon possible tout en minimisant leur impact. Pour ma part, cette acceptation naît d’un défi que je lance à moi-même, en l’inscrivant dans le cadre de ce que je crois être mes capacités et ma réputation : « Un type comme moi devrait être capable d’accomplir ça … » 

Cette réflexion me pousse à me lancer dans la tâche, tout en espérant obtenir le meilleur résultat possible. Le doute et la peur ferment les portes, tandis que l’acceptation les ouvre toutes grandes… Dans un prochain article, nous verrons comment cela fonctionne.

lundi, novembre 02, 2026

Un Halloween de plus en chiffres et en vidéo

Nous espérons toujours faire mieux que l’année précédente en matière de visites lors de la fête de Halloween, et cette année n’a pas fait exception. 

Au moment de fermer la porte d’entrée et d’éteindre les lumières, nous avons constaté une progression de 5 % par rapport à l’an dernier — ce qui est quand même mieux que notre taux d’inflation ! 

Sept groupes, totalisant 21 visiteurs — soit un de plus que l’an dernier — sont venus nous voir. À titre de comparaison, notre meilleure année (dans notre ancienne maison) remonte à 2007, avec 82 gamins, contre seulement 12 en 2011. 

Malheureusement, les familles latinas qui venait d’habitude accompagner leurs enfants, ont tout comme l’an passé préféré ne pas se déplacer, par crainte des rafles menées par l’ICE — ces opérations brutales qui ont repris récemment de l’ampleur. 

Espérons que la situation s’améliorera un peu d’ici l’an prochain. Pour finir sur une note positive, j’ai ajouté une courte vidéo qui permettra de vous faire une idée de cette soirée, qui s’est déroulée dans une ambiance très calme !

dimanche, novembre 01, 2026

Bilan de l'épreuve de Sölden

Comme beaucoup de passionnés de ski, j'ai suivi la course d'ouverture à Sölden. 

Si certains considèrent la piste du Rettenbach comme l'une des plus exigeantes du circuit — avec des pentes atteignant 68 % (environ 34 degrés) dans sa section la plus abrupte —, elle s'avère particulièrement brutale et, à mon sens, manque du genre de variété qu'on trouve à Adelboden ou Alta Badia. Le départ à 3 040 mètres d'altitude, présente un dénivelé d'environ 370 mètres sur un tracé long de près de 1,2 kilomètre.

Ce passage, très long et très pentu, constitue le cœur du glacier du Rettenbach. Pour rompre la monotonie de la section finale, plus plate, le profil a été « enrichi » par l'ajout volontaire de trois bosses en forme de vagues. 

En l'absence de neige naturelle, la qualité de la neige était plutôt bonne grâce à un effort logistique colossal : 60 000 m³ de neige, stockés depuis le printemps précédent et préservés tout l'été a permit de conserver 70 à 80 % du volume initial. 

Cette neige ancienne, combinée à des systèmes de production de neige de culture très performants activés lors de la vague de froid précédant les épreuves, a permis de créer une base compacte offrant une piste dure, glacée et homogène, telle que la Coupe du monde exige. Cela étant, il était difficile de ne pas remarquer l'aspect terreux du glacier du Rettenbach juste avant les courses, la piste préparée ressortant comme un étroit ruban blanc dans un paysage dénudé. 

La neige présente a finalement été mise à rude épreuve par des conditions météorologiques difficiles et capricieuses le jour de la course — un élément qui a largement alimenté les commentaires, le slalom géant féminin ayant été retardé de 30 minutes en raison des chutes de neige et du vent sur le glacier, semant le chaotique en cette première journée. 

La course s’est alors transformée en une lutte non seulement contre le chronomètre, mais aussi contre les éléments, les conditions météorologiques changeantes devenant un facteur décisif dans l’issue de l’épreuve. Mikaela Shiffrin, en tête après la première manche, a dû affronter du brouillard et un manque de visibilité grandissante lors de son second passage. 

De son côté, Paula Moltzan — qui a fini par s’imposer — a bénéficié d’une éclaircie providentielle, lui permettant de réaliser une seconde manche impeccable et de rafler la victoire. Shiffrin a confié : « Difficile, c’est le moins qu’on puisse dire, cette seconde manche... la piste s’est totalement obscurcie. » 

Pour ma part, je n’ai pas particulièrement aimé cette course, mais, à en juger par les articles de presse que j’ai lus, je devais être le seul !

samedi, octobre 31, 2026

Le comité du prix Nobel n’a rien compris

La Norvège est unanimement reconnue comme une nation hautement développée, dotée de l’un des niveaux de vie les plus élevés, de l’un des systèmes de protection sociale les plus solides et de l’un des plus importants fonds souverains au monde. 

Pourtant, Donald Trump est désormais d’un avis tout différent. Dimanche dernier, lors d’un rassemblement dans le Michigan, il a qualifié ce pays de « trou à merde » — une expression qu’il affectionne pour désigner les nations qu’il a en horreur. 

Cette terminologie remonte à 2018 : lors d’une réunion sur l’immigration dans le Bureau ovale, Trump avait opposé certains pays, qu’il avait qualifiés de « trou à merde », à la Norvège, se demandant pourquoi les États-Unis n’accueillaient pas davantage d’immigrants en provenance de pays comme celle-ci (bien qu’il ait, par le passé, vanté l’économie et les relations commerciales de la Norvège). 

Peut-être cherchait-il déjà, à l’époque, à décrocher ce prix Nobel qu’il convoite tant. 

Arrivons-en au dimanche 25 octobre et voilà que la Norvège — pourtant aux antipodes d’un « trou à merde » — se retrouve, par un curieux hasard, reléguée dans cette catégorie peu flatteuse, suite à la décision du comité Nobel norvégien (indépendant) d’attribuer le prix Nobel de la paix 2026 à un juriste sud-africain. 

Il est stupéfiant de constater à quelle vitesse les choses évoluent avec Trump ; l’homme est d’une imprévisibilité totale, ce qui témoigne, à n’en pas douter, d’un profond déséquilibre mental. 

Quelqu’un devrait enfin lui expliquer ce que signifie la paix, ce qu’est le bon sens, et lui rappeler qu’on attire bien plus de mouches avec du miel qu’avec du vinaigre.

vendredi, octobre 30, 2026

S’attaquer aux projets qui nous rebutent …

Nous avons tous des projets qui nous hantent : des tâches dont nous savons qu’elles doivent être accomplies, qui nous taraudent chaque fois que nous passons devant, mais qui, pour une raison ou une autre, ne démarrent pas. Elles sont là, tels des juges silencieux, nous rappelant notre propension bien ancrée à la procrastination. 

Dans mon cas, récemment, il s’agissait de travaux de réparation à la maison — compliqués, comportant de multiples étapes et prenant beaucoup de temps. À chaque fois que je les voyais, j’éprouvais un mélange de culpabilité et d’agacement. Je pouvais bien sûr embaucher quelqu’un pour les faire, mais je savais aussi que je pourrais faire ça moi-même, à condition de briser la barrière psychologique. 

La première astuce que j’utilise est simple : j’arrête d’éviter la tâche et je la regarde droit dans les yeux. Je me dis que, si je pense que je suis compétent, c’est précisément le genre de travail que je devrais pouvoir faire. C’est une forme d’auto-responsabilisation — douce mais ferme — qui frôle parfois l’auto-culpabilisation. 

Le second outil qui me vient à l’esprit est la « technique du saucisson » : découper le projet en tranches fines et à ma portée. Une tâche qui semble insurmontable dans sa globalité devient étonnamment faisable quand on la fragmente en petites étapes autonomes. Et c’est alors que je me souviens de la sagesse de Lao Tseu : « Un voyage de mille lieues commence par un premier pas. »

Cette phrase est devenue mon déclencheur. Une fois ce premier pas franchi — aussi infime soit-il —, le projet perd son emprise sur moi. C’est ainsi que je me suis enfin attaqué à ces réparations que je redoutais depuis si longtemps. 

En fin de compte, les projets qui nous rebutent ne démarrent pas par pure volonté. Ils finissent par céder lorsque nous cessons de les fuir et commençons à les apprivoiser en les découpant en tranches, puis en effectuant ce premier petit pas. 

Une fois cette démarche entreprise, le projet que je détestais depuis des mois a enfin commencé à bouger — non pas parce qu’il est devenu plus facile, mais parce qu’il a enfin cessé de m’intimider.

jeudi, octobre 29, 2026

Plaque d’immatriculation « invisible »

Depuis 2026, la plaque d’immatriculation à l’avant des véhicules n’est plus obligatoire en Utah. Bien que cette pratique était largement tolérée auparavant, elle est désormais officielle, du reste l’État ne délivre plus qu’une seule plaque destinée à l’arrière du véhicule. 

Par ailleurs, les cyclistes qui transportent leurs vélos sur leur voiture utilisent souvent des porte-vélos fixés à l’attelage arrière. 

Or, presque toujours ce type d’installation masque la plaque d’immatriculation, empêchant sa lecture par les caméras des péages ou autres zones à accès payant. Dès lors, on peut se demander que fait la police à ce sujet ? Est-elle même consciente de cet état de fait ? 

Depuis l’apparition de ces porte-vélos, je me suis interrogé sur ce petit détail, problème, non seulement en Utah, mais aussi dans le reste des États-Unis et ailleurs. Mes recherches confirment que les forces de l’ordre sont bien au courant de la situation. Voici donc la réglementation concernant les États-Unis, ainsi que la manière dont la police traite cette question. 

En Utah, la règle de la plaque unique (en vigueur depuis 2026) ne modifie en rien les exigences de visibilité. La loi impose donc que la plaque soit clairement visible, non obstruée et éclairée la nuit, rendant une plaque masquée illégale. Ce problème est connu à l’échelle nationale, et les services de police y sont confrontés, la plaque arrière constituant le seul élément d’identification. 

En effet, les caméras de péage, les dispositifs de contrôle aux feux rouges ou de vitesse, les systèmes de lecture automatisée des plaques et les patrouilles de police dépendent tous exclusivement de cette visibilité. En pratique, la façon dont la police gère cette situation varie. Elle peut adresser des avertissements ou dresser des contraventions, notamment dans les États dotés de routes à péage ou de systèmes de lecture automatisée des plaques. 

Cela étant, l’application de la loi semble assez limitée à Park City, probablement en raison de l’importance qu’a le tourisme sur l’économie locale. Ailleurs, il m’a été rapporté que si un agent constate qu’une plaque est partiellement ou totalement masquée, il peut intercepter le véhicule et émettre une injonction de mise en conformité ou une amende pour défaut de visibilité en mettant en place des supports de plaque permettant de déplacer celle-ci à l’arrière du porte-vélos. 

Au Canada, la plupart des provinces imposent la même règle. Dans la plupart des pays européens ainsi qu’en Australie, deux plaques d’immatriculation sont exigées ; aucune obstruction n’est tolérée, et le déplacement de la plaque est obligatoire si un porte-vélos la masque. Voilà, vous savez désormais à quoi vous en tenir. Bonne route et bonne balade à vélo !

mercredi, octobre 28, 2026

Marcel Grivel-Delillaz, 1946-2026

Marcel et moi nous sommes rencontrés pour la première fois à Chamonix, en mai 1971, lors d’une réunion d’organisation avant notre départ pour l’Australie, où nous allions enseigner le ski à Mt. Buller durant l’hiver austral. 

Nous nous sommes retrouvés mi-juillet dans cette petite station du Victoria, après un long périple de six semaines en mer, que j’avais effectué en compagnie de JP Chatellard. Marcel était un skieur passionné, débordant d’énergie et d’enthousiasme ; il a conservé cette intensité remarquable jusqu’à la fin du mois de septembre quand prit fin la saison de ski. 

Après cette expérience riche en bons moments, nous nous sommes quelque peu perdus de vue ; je savais simplement qu’il venait d’épouser Nadia et qu’il avait, par conséquent, choisi de ne pas nous accompagner pour une saison de plus dans l’hémisphère sud. 

Nos chemins devaient brièvement se croiser à nouveau, le 13 avril 1974, quand je suis tombé sur Marcel et Nadia à la salle de bal « Le Robinson » à Morzine, dans des circonstances mémorables. 

Après cela, il fallut attendre près de trois décennies pour que nous reprenions contact, au moment où, ayant pris ma retraite, j’ai eu le temps de renouer avec mes anciennes connaissances. Le ski, le VTT et nos souvenirs communs ont alimenté nos nombreuses conversations téléphoniques et nos échanges sur les réseaux sociaux. 

Enfin, le 14 octobre 2023, Evelyne et moi partagions un agréable déjeuner avec Marcel à Annemasse, près de Genève. Par la suite, nous avons continué à échanger par téléphone et via les réseaux sociaux ; notre dernière conversation remontant au 23 janvier de cette année, et notre dernier échange sur WhatsApp ce 24 septembre. 

Marcel a été emporté par un arrêt cardiaque ce 26 octobre, à peine un mois avant son 80e anniversaire le 30 novembre. Il laissera un grand vide auprès de sa famille et de tous ses amis amoureux de la montagne.

mardi, octobre 27, 2026

Socialisme et Économie « à la française »

La France, mon pays natal, présente une combinaison singulière : un socialisme confortable, des concepts économiques et financiers « élastiques », et une certaine réticence à affronter des réalités difficiles, voire douloureuses. Plus simplement, l’ensemble des acquis sociaux accumulés au fil du temps fonctionne comme un mécanisme irréversible — comparable au système de cliquet que l’on trouve sur un treuil, empêchant tout retour en arrière. 

Cet « effet cliquet » ne s’est pas mis en place du jour au lendemain ; il est issu du contrat social d’après-guerre, consolidé par des syndicats puissants et une culture politique où la rue est perçue comme l’arène la plus légitime et la plus efficace de l’expression démocratique. 

En d’autres termes, tout avantage social acquis au fil des ans est considéré comme intangible ; toute tentative — quelle qu’en soit la raison — de le remettre en cause déclenche quasi systématiquement des manifestations dans la rue, s’accompagnant parfois de dégradations, d’incendies et de pillages. On pourrait y voir une forme de prise d’otages, et c’est sans doute le cas. 

Ainsi, qu’il s’agisse de l’âge de départ à la retraite (62 ans), de la durée hebdomadaire du travail (35 heures) ou de tout un éventail d’autres acquis — sans oublier l’un des filets de sécurité sociale les plus solides au monde —, toute idée de réforme ou de réduction est, en pratique, exclue. 

C’est, d’une certaine manière, comparable à la Constitution américaine : gravé dans le marbre et quasiment immuable. L’architecture sociale française, admirable à bien des égards, se heurte aujourd’hui à une économie mondiale qui valorise la flexibilité, l’innovation et une adaptation rapide — autant de qualités que le système français tend, au contraire, à étouffer. 

Pourtant, le monde qui nous entoure évolue ; chaque nation se retrouve en concurrence économique avec ses voisines, et ce filet de protection sociale, devenu un boulet, paralyse désormais un gouvernement français pris en otage par des mouvements sociaux qui menacent, à tout moment, de paralyser la nation tout entière. Les manifestations en France oscillent entre mobilisations pacifiques de grande ampleur et troubles violents. 

Ces deux formes s’inscrivent dans une longue tradition où la contestation publique fait office de contre-pouvoir. Changer cet état de fait exigerait un courage politique dont Emmanuel Macron — tout comme la droite traditionnelle avant lui — s’est montré cruellement dépourvu. 

Aujourd’hui, en s’inspirant des méthodes de Donald Trump, Marine Le Pen oserait peut-être franchir le pas, si toutefois elle parvenait à se faire élire — ce dont je continue, pour ma part, à douter. Le candidat suivant qui s’impose, le représentant de la gauche Jean-Luc Mélenchon, ne parviendrait probablement pas non plus à accomplir grand-chose s’il était élu, compte tenu d’un parlement divisé. 

Les gouvernements successifs — de gauche, de droite comme du centre — se sont heurtés à des difficultés pour réformer le système, car toute tentative de modifier ce mécanisme à cliquet suscite une résistance massive. Il reste incertain de savoir si les futurs dirigeants parviendront à surmonter cette dynamique. 

Si le système français, comme ce mécanisme à cliquet, a permis de préserver remarquablement les acquis sociaux, il a également instauré un équilibre politique au sein duquel tout changement est devenu quasi impossible. La question de savoir si cet équilibre peut perdurer dans un monde en mutation rapide auquel la France devra, tôt ou tard, faire face.

lundi, octobre 26, 2026

Coups de fil « sous-marins »

Pendant des années, quand ma fille nous appelait au téléphone depuis la rue en utilisant ses AirPods d’Apple, nous entendions surtout un bruit de fond très agaçant, comme si elle se trouvait dans une baignoire remplie d’eau en mouvement. Nous le lui avions fait remarquer à maintes reprises, mais chaque fois, elle niait en bloc, étant incapable de percevoir ce bruit elle-même. 

Nous étions tout simplement épuisés par cette conversation qui revenait sans cesse ! Je ne sais pas si vous avez déjà entendu ce bruit quand vos proches ou vos amis vous appelait sur leur portable, mais pour ma part, après en avoir fait l’expérience à répétition avec ma propre fille, je me suis mis à étudier la question, d’abord pour m’assurer que je ne rêvait pas. 

J’ai donc cherché à comprendre l’origine de ce son irritant — ce bruit d’« eau qui clapote » ou d’immersion dans une baignoire — et j’ai découvert qu’il provenait, dans la grande majorité des cas, du système de réduction de bruit de ses AirPods. Mes recherches ont révélé que ce phénomène peut se produire avec de nombreux écouteurs sans fil, mais que les AirPods sont particulièrement concernés, en raison du fonctionnement de leurs microphones et de leurs algorithmes de traitement du son. 

Les AirPods utilisent des microphones orientés vers l’extérieur pour capter les bruits ambiants, permettant ainsi à la puce interne de les annuler ou de les filtrer lors des appels. Lorsque l’utilisateur se trouve en plein air, le vent ou les courants d’air qui balaient les petites grilles des microphones créent d’importantes turbulences. Plutôt que de transmettre ce bruit de vent intense directement à l’oreille, le processeur de signal numérique (DSP) des AirPods intervient pour supprimer ces fréquences en temps réel. 

Ce filtrage constant et très marqué génère un son sourd et tourbillonnant, qui rappelle le clapotis de l’eau dans une baignoire ou les variations de pression que l’on ressent sous l’eau. Par ailleurs, lors d’une marche rapide, chaque impact du talon propage de légères vibrations à travers le corps. De plus, ses cheveux ou ses vêtements peuvent effleurer les tiges ou les grilles des microphones des AirPods. 

L’algorithme de réduction de bruit tente alors d’isoler sa voix de ces petits chocs répétés et des bruits de frottement, ce qui altére davantage le son ambiant, lui donnant cette texture caractéristique d’« eau qui clapote ». En approfondissant mes recherches, j’ai découvert quelques solutions simples que ma fille pourra tester directement sur ses AirPods. Tout d’abord, activer la fonction « Isolement de la voix » (dans les réglages de l’iPhone) : pendant un appel, faire glisser le doigt vers le bas pour ouvrir le centre de contrôle, appuyer sur « Mode micro », puis sélectionner « Isolement de la voix ». 

Cette option utilise l’apprentissage automatique pour isoler spécifiquement la voix, éliminant ainsi la quasi-totalité des bruits ambiants, comme ceux causés par le vent. Ensuite, désactiver le « Mode Transparence » : si les écouteurs sont des AirPods Pro et que le « Mode Transparence » ou l’« Audio adaptatif » est activé, passer au mode standard (désactivé) lorsque le vent souffle fort ; cela permet de réduire le traitement agressif du signal microphonique transmis lors de l’appel. 

Enfin, nettoyer les grilles des microphones : avec le temps, de la poussière fine ou d’autres particules peuvent s’accumuler dans les petites grilles noires situées sur le boîtier des AirPods. Cela peut fausser les calculs des algorithmes concernant le vent, rendant le son encore plus étouffé. Des grilles propres garantissent un traitement audio optimal. Maintenant, taisez-vous et laissez vos interlocuteurs écouter : le son devrait être parfaitement clair !

 

dimanche, octobre 25, 2026

Fromage à raclette américain ?

Pendant des années, je me suis estimé heureux de trouver de la raclette de marques comme Mifroma, Emmi (Suisse) et Livradois (France) sur les rayons des supermarchés américains. Comme la raclette importée est soumise à des règles d'origine strictes, ces grandes marques sont les seules qu’on trouve dans nos rayons fromage. 

Ces marques importées, classées ci-dessous selon leur pays d'origine consistent de raclettes suisses traditionnellement produites en Valais et en vallée de l'Emmental). Elles se distinguent par une texture dense et veloutée, ainsi que par un profil gustatif riche en saveurs, avec des notes de noisette et une légère touche sucrée ; elles conservent remarquablement bien leurs qualités une fois fondues. 

Quant aux raclettes françaises, provenant principalement de Savoie et d'Auvergne, elles ont tendance à être un peu plus souples et crémeuses, avec un arôme plus puissant et marqué, et une finale fruitée évoquant le terroir. Le revers de la médaille pour tous ces fromages est leur disponibilité irrégulière et leur prix exorbitant (environ 45 € le kg, voire plus contre 15-20 € chez vous). 

Pour remplacer cette raclette coûteuse, j'ai découvert la semaine dernière chez Costco le « Whitney », une alternative américaine vendue 28 € le kg. J'avais du mal à y croire et j'étais plutôt sceptique. 

Ce fromage est produit par Jasper Hill Farm à Greensboro Bend, dans le Vermont est un produit de type raclette au lait cru, maintes fois primé. 

Il doit son nom à Tim Whitney, employé de longue date et affineur chez Jasper Hill. C'est un fromage à pâte demi-ferme, de style alpin, élaboré à partir de lait de vache cru (de race Ayrshire de la ferme, nourri à l'herbe). Il est affiné pendant 3 à 6 mois dans les caves de Jasper Hill. 

Nous l'avons goûté l'autre soir et avons été agréablement surpris. Malgré sa couleur d'un blanc éclatant à la fonte et une légère émulsion visible sur les bords, il était savoureux et très digeste ; il pourrait bien devenir pour nous une alternative abordable aux versions alpines, à condition que Costco continue de l’offrir dans ses rayons !

samedi, octobre 24, 2026

Quoi faire des jours où rien ne va (Troisième partie)

Une question subsiste qu'il nous faut absolument aborder : si nous vivions dans un univers parfaitement lisse et idéal, où chaque journée serait parfaite, que deviendrions-nous, pauvres humains, en ayant tout ce que nous désirons — et bien plus encore ? Quel effet cela ferait-il de mener une existence d'une fluidité, d'une facilité et d'un bonheur ininterrompus ? Serait-ce enfin cette félicité que nous recherchons tous et que nous appelons « bonheur » ? 

J'en doute fort ! Nous nous ennuierions terriblement et très vite, nous deviendrions impossibles à satisfaire. Même si notre vie est bonne, un « jour sans », quelques difficultés, une souffrance légère ou une frustration intense restent une bénédiction : ils nous permettent d'apprécier pleinement l’agrément et la sérénité de tous les autres jours. 

Rappelons-nous donc que lorsqu'une journée moins agréable attire notre attention, nous devrions la considérer simplement — et sans drame — comme une ponctuation marquante au sein d'un texte fluide. Elle nous rappelle simplement la chance que nous avons de n'affronter que des traumatismes, des drames et des désagréments épisodiques. 

Il y a là une leçon plus profonde qui mérite, je pense, d'être explorée à mesure que nous vieillissons : le bonheur dépend peut-être moins du nombre de bons jours que nous accumulons que de notre capacité à les reconnaître. 

Nous pouvons passer beaucoup de temps à attendre un événement passionnant, une nouvelle réussite, une occasion spéciale ou une expérience exceptionnelle. Pendant ce temps, les jours ordinaires défilent presque inaperçus, souvent totalement ignorés. Pourtant, ce sont ces jours tranquilles qui représentent la plus grande partie de notre vie. 

Pas besoin de perfection pour être pleinement heureux ; un peu de « texture » et de rugosité nous aident à nous souvenir que le Formica a été créé sans le vouloir pour vite devenir ennuyeux et démodé ! 

Si nous parvenons à ancrer ce réflexe dans notre esprit, nous ferons un grand pas en avant ; cela nous rappellera au moins d'être infiniment reconnaissants pour tous ces autres jours qui nous semblent « ennuyeux » ! Nous ne pouvons pas nous garantir une vie exempte de « jours sans ». 

Mais nous pouvons œuvrer pour une vie où les jours de déprime ont moins d'emprise sur notre esprit, tandis que les jours heureux diffusent une lumière bien plus chaleureuse dans notre cœur.

vendredi, octobre 23, 2026

Quoi faire des jours où rien ne va (Deuxième partie)

Maintenant que nous savons et acceptons que les « jours sans » font partie intégrante de notre vie, pourquoi ne pas tirer parti de leur présence occasionnelle ? Peut-on sérieusement envisager d’en profiter ? 

C'est en tout cas ce que je pense, et ce que j'essaie de faire — quand je suis capable de m’en rappeler. En réalité, ce sont de belles occasions pour cultiver la patience, renforcer notre résilience, découvrir ce qui compte vraiment et nous rappeler que nous sommes tout à fait capables de surmonter les inévitables aléas de l'existence. 

Nous n'avons peut-être pas choisi l'épreuve, mais si nous sommes astucieux, nous pouvons souvent trouver plein de bonnes choses a en retirer. 

Du moins, c'est ce que je m'efforce de faire. Avec un peu d'entraînement, nous pourrions même apprendre à apprécier ces journées ordinaires que nous jugions autrefois ennuyeuses. 

Une matinée paisible, une routine familière, une conversation agréable ou simplement une journée sans mauvaises nouvelles peuvent tous contribuer à une excellente journée. Ce que nous qualifions de journée sans histoire est peut-être, en réalité, une assez bonne journée que nous n’avons tout simplement pas su apprécier. 

Alors, la prochaine fois qu'un où rien ne va frappe à la porte, ouvrons-lui, cherchons bien les pépites que nous pouvons glaner et rappelons-nous que cette pointe de pessimisme n'est qu'une visiteuse de passage, et pas une résidente permanente. 

Et pourquoi ne pas aller encore plus loin en éprouvant de la gratitude pour ces journées ordinaires, sans imprévus, voire jugées ennuyeuses ? Elles comptent peut-être parmi les plus grands luxes que la vie puisse nous offrir ! 

Forts de ce constat, nous conclurons cette série en nous demandant à quoi ressemblerait notre vie si chaque journée était fluide, sans accroc, tout simplement parfaite. Restez donc avec nous !

jeudi, octobre 22, 2026

Quoi faire des jours où rien ne va ? (Première partie)

Que se passerait-il si nos vies étaient toujours fluides, faciles et heureuses ? Ne finirions-nous pas par nous ennuyer terriblement, voire par considérer notre bonheur comme allant de soi ? Après tout, comment apprécier pleinement le soleil si l'on n'a jamais connu de journée nuageuse ? 

Même lorsque tout va bien, une journée difficile, quelques obstacles, une légère souffrance ou une frustration intense peuvent s'avérer utiles. Ils nous rappellent la valeur de tous ces autres jours où tout coule parfaitement, où nous nous sentons bien et où la vie n’exige pas d'efforts. 

Parfois, nous avons besoin d'un petit accroc sur le chemin pour réaliser à quel point nous sommes chanceux. Alors, la prochaine fois qu'une journée moins bonne nous démoralise, pourquoi ne pas essayer de voir les choses différemment en restant positif ? Au lieu d’y voir une perturbation majeure, voyons cela comme la ponctuation d’un texte. 

Ce pourrait être une virgule nous invitant à faire une pause, un point-virgule nous rappelant que l'histoire se poursuit, ou même un point d'exclamation sur un élément négligé. Bien entendu, cela ne signifie pas qu'il faille apprécier chaque difficulté, faire semblant de ne pas avoir mal ou accepter passivement des circonstances que nous pourrions changer. 

Certains problèmes exigent une action, certaines déceptions nécessitent du temps pour guérir et certaines expériences sont tout simplement douloureuses. Mais il y a une différence entre traverser une journée difficile et la laisser nous convaincre que tout se met à aller mal. La difficulté consiste peut-être à acquérir un nouveau réflexe : quand frustration, déception ou découragement nous tombent soudainement dessus. 

Nous les reconnaissons, nous y faisons face du mieux que nous pouvons avant de nous rappeler qu'il ne s'agit que d'un moment passager dans une perspective bien plus vaste. Nous ne sommes pas obligés de transformer chaque désagrément en drame ou chaque contretemps en verdict sur notre bonheur. 

Nous pouvons même aller plus loin en tirant parti de ces « jours sans », et c’est que nous allons découvrir dans un prochain blog...

mercredi, octobre 21, 2026

La révolte des lycéens français

Avant même les émeutes survenues en France le week-end dernier, beaucoup avait été dit et écrit sur la vague actuelle de manifestations dans les lycées français ; cela dit, les discussions dont j’ai eu connaissance semblent oublier certains points cruciaux. 

D’abord, je me demande pourquoi le gouvernement français est-il si réticent à comparer son système d’enseignement secondaire avec celui de ses voisins européens ? C’est pourtant là une question prioritaire : quelles sont concrètement, les performances de l’enseignement secondaire français par rapport à celles de l’Allemagne, de la Suisse, des Pays-Bas, de la Finlande, de la Suède, etc. ? 

Cette évaluation ne doit pas se limiter aux seuls résultats de tests scolaires, mais doit prendre en compte, de manière approfondie, les acquis scolaires (notamment en mathématiques et en lecture), les taux de décrochage, la répartition entre filières professionnelles et générales, l’accès à l’université, la rémunération et les conditions de travail des enseignants et le taux d’encadrement. 

N'oublions pas l’autonomie des établissements (par opposition à la centralisation), le nombre d’heures d’enseignement, les infrastructures scolaires, le chômage des jeunes après le secondaire, la satisfaction des élèves, la mobilité sociale, ainsi que la transition entre le monde scolaire et le marché du travail. 

Je dois dire que je suis assez frappé par le manque d’attention et d’importance accordés à de telles comparaisons dans le débat public. Par ailleurs, je me demande aussi pourquoi la France ne parvient pas à gagner en maturité en ne cherchant à résoudre ses problèmes que par des manifestations récurrentes assorties de violence. 

Je connais suffisamment mon pays natal pour savoir qu’il possède une forte tradition de contestation, de grèves et de manifestations ; que les élèves et étudiants ont toujours joué un rôle majeur dans les mouvements politiques et qu’il est arrivé, trop souvent, que les gouvernements français soient contraints de faire marche arrière face à une mobilisation populaire intense. 

En d’autres termes, la contestation n’est pas, en France, un outil politique exceptionnel, elle semble fait partie intégrante de la culture nationale, et elle s’avère souvent efficace ! Ne serait-il pas opportun que cet héritage révolutionnaire s’apaise quelque peu, permettant ainsi à la France de s’intégrer plus sereinement dans le concert des autres nations ?

Enfin, si l’on peut admettre que les adultes disposent d’un droit inhérent à manifester dans l’espace public, est-il justifié d’accorder ce même droit à des mineurs — compte tenu de leur développement physiologique et de leur expérience sociale — en les exposant directement aux forces de l’ordre ? Le droit d’un mineur à l’expression politique implique-t-il automatiquement le droit de participer physiquement à une manifestation susceptible de dégénérer en affrontements ? 

Par ailleurs, la société devrait-elle autoriser les mineurs à assumer les risques physiques et les responsabilités liés à des actes de désobéissance civile, tels que pratiqués par les adultes ? Personnellement, je ne le pense pas. Certes, un adolescent peut avoir des opinions — et peut-être même le désir légitime de les exprimer —, mais il existe une différence majeure entre le fait de porter une voix politique et celui de se retrouver au cœur d’une confrontation avec les forces de l’ordre. 

À mon sens, lorsqu’une manifestation politique expose des mineurs à des risques tels que des affrontements avec les unités anti émeutes, l’usage de gaz lacrymogènes, des projections d’objets ou d’autres dangers graves, pourquoi les parents et les autres adultes ne prendraient-ils pas la place physique des enfants, tout en veillant à ce que les revendications de ces derniers soient entendues sans être filtrées, en se faisant leurs porte-parole ?

mardi, octobre 20, 2026

Temps de voter !

Chez nous, le processus de vote pour les élections de mi-mandat n'a jamais été aussi rapide. Peut-être étions-nous impatients de précipiter un changement dans le paysage politique américain ; quoi qu'il en soit, nous avons reçu notre kit de vote par correspondance le 14 octobre et, dès le lendemain, nous avions déjà voté et déposé nos bulletins dans l'une des urnes prévues à cet effet. 

Nous devions choisir plusieurs candidats : un représentant à la Chambre (parmi les 434 qui siégeront au nouveau Congrès), un élu à la législature de l'État de l'Utah, ainsi que divers responsables du comté. 

Qu'avons-nous recherché ? De l'expertise, un bilan solide ou d'autres qualités classiques ? Pas vraiment ; notre préoccupation majeure était de ne surtout pas voter pour un républicain (du GOP). 

Nous considérons ces individus comme des fanatiques de Trump (du genre taliban) qui ont depuis longtemps abandonné tout bon sens et tout discernement au profit d'une vie de mensonges et d'hypocrisie, à l'image de leur chef — l'homme à la casquette rouge qui ne maîtrise plus ce qui sort de sa bouche. 

Reste à voir si nos efforts porteront leurs fruits ...

lundi, octobre 19, 2026

Qui a orchestré les émeutes en France ?

Ce qui m’a surpris lors des émeutes survenues en France samedi dernier, aura ete leur ampleur géographique et leur déclenchement précoce. Tout cela semble trahir un mouvement soigneusement planifié et orchestré.

La première question qui devrait s’imposer naturellement est de savoir qui a le plus à gagner d’une agitation d’une telle ampleur et d’une telle gravité ? À mon sens, la réponse est évidente : Marine Le Pen. Elle est, sans conteste, la principale bénéficiaire de cette situation alarmante ; à l’instar de Donald Trump, elle peut désormais se présenter comme la candidate naturelle de « l’ordre et la sécurité » en vue de la prochaine élection présidentielle. 

Par ailleurs, elle peut rejeter la responsabilité de tous ces troubles sur Jean-Luc Mélenchon, figure de l’extrémisme et de l’extrême gauche qui, dans ce contexte, fait office d’épouvantail idéal. Mais qui d’autre pourrait tirer les ficelles de cette révolte ? Qui, sinon le sinistre Vladimir Poutine et qui sait, des individus comme Trump et Musk ? C’est, du moins, ce que je pressens. 

D’une part, il est indéniable que la Russie mène, depuis longtemps, des opérations d’influence visant à déstabiliser les démocraties occidentales. Les services de renseignement français ont d’ailleurs alerté à maintes reprises sur l’existence de réseaux russes de désinformation qui attisent les tensions sociales ; de même, les médias d’État russes présentent souvent les troubles en France comme l’illustration parfaite du déclin de l’Occident. 

Certes, aucun lien avéré n’a été établi, à ce jour, entre ces émeutes et une quelconque direction, un financement ou une coordination en provenance de Russie ou d’ailleurs. Mon hypothèse n’est pas pour autant à rejeter — Poutine ayant à la fois le mobile, les antécédents et les moyens nécessaires —, mais je conviens qu’un mobile ne constitue pas, en soi, une preuve. 

En somme, si mon intuition paraît tout à fait plausible sur les plans émotionnel et géopolitique, elle demeure hypothétique et reste donc à prouver. Elle ne pourra être retenue que si elle est confirmée par le gouvernement français, ainsi que par les services de renseignement internationaux et les médias planétaires.

dimanche, octobre 18, 2026

Jacques Thomas, 1945-2026

C’est à Nevers, à l’usine Look, que j’ai rencontré Jacques Thomas pour la première fois en 1974. À l’époque, il travaillait sous la direction d’Eric Chevasson et assurait la promotion des fixations Look dans l’Oregon, l’État de Washington et l’Idaho. 

Son travail consistait à former le personnel des magasins et à animer des actions promotionnelles sur neige auprès des skieurs. 

Auparavant, ce Parisien passionné de ski avait débuté comme moniteur au Club Med en Suisse, avant d’enseigner à Woodstock Suicide Six (Vermont) puis de rejoindre Mammoth Mountain (Californie). 

Lorsque Look a mis fin à ses programmes de promotion internationale, il a rejoint Rossignol ; il a travaillé en Europe puis sur le circuit de la Coupe du monde, avant de revenir aux États-Unis pour s’occuper du World Pro Tour, nouant au passage une amitié avec Otto Tschudi. 

C’est ainsi qu’il s’est orienté vers la préparation de skis après s’être installé à Winter Park, dans le Colorado ; son atelier de préparation et de location a fini par devenir « Le Feet Lab » en 1998, un centre spécialisé dans la mise au point et le chaussant des chaussures de ski, où Jacques a acquis une solide réputation d’expert en la matière. 

Depuis notre première rencontre, je le croisais régulièrement lors de salons du ski ou même à Park City quand il venait visiter les lieux. Je l’ai aussi souvent vu à Winter Park durant mes années dans le Colorado, entre 1999 et 2006. Plus récemment, il avait passé le relais à sa fille Jacqueline pour se consacrer davantage à la pêche en mer, à San Carlos, au Mexique. 

Notre dernière conversation téléphonique remonte à environ un mois, à l’occasion de son 81e anniversaire. Il est décédé à Denver à la suite d’une intervention chirurgicale pour traiter des anévrismes situés au niveau de ses deux genoux. Il laisse un vide immense et irremplaçable dans le monde du ski en général, et dans l’art du « ski boot fitting » en particulier.

samedi, octobre 17, 2026

Une façon simplifiée de créer des vidéos ?

La création de vidéos est l'un de mes passe-temps favoris bien que cela me frustre souvent : l'élaboration du scénario, le tournage et, surtout, le montage prennent énormément de temps. 

Il y a peu, un ancien camarade de l’école d’horlogerie de Cluses m'a envoyé la photo d'un homme très athlétique sur lequel il avait superposé mon visage, accompagnée de cette légende : « Un lion en laisse... Il est prêt à tout pour frimer !... » 

J'ai répliqué en envoyant une de mes photos prise deux jours plus tôt, après une intervention chirurgicale à la joue pour ôter un sarcome. 

J'y ai ajouté ce commentaire : « Arrête tes bêtises, Robert : regarde ce qui m'est arrivé à cause de ton lion ! » Il n'a pas désarmé et a répondu : « C'est quoi ça ?... Ta femme t'a mordu ??? » 

Ce soir-là, je suis tombé sur un reportage présentant « EyeTell », un nouveau procédé révolutionnaire de production cinématographique. Il s'agit d'une plateforme vidéo et d'un studio virtuel pilotés par l'IA, créés par Chad Hurley (cofondateur de YouTube) ; l'outil permet aux utilisateurs d'écrire, de choisir les acteurs, de réaliser, de générer, de monter et d'exporter des vidéos courtes et des histoires interactives créées par intelligence artificielle. 

N'étant pas du genre à baisser les bras, je me suis dit : « Accroche-toi bien, Robert, je vais te rendre la pareille ! » Le lendemain, après une prise en main rapide du site, j'ai consacré une minute ou deux à donner à EyeTell les instructions pour le scénario d'une courte vidéo, j'y ai intégré ces deux photos et j'ai lancé le processus. 

Il a fallu deux ou trois heures au système pour traiter les informations fournies ; j'ai fini par obtenir sept courtes vidéos racontant ma mésaventure imaginaire avec le lion. J'aurais pu peaufiner la narration, mais je l'ai enregistrée spontanément, en une seule prise ; j'ai ensuite monté la vidéo et l'ai mise en ligne sur YouTube. Cette étape finale ne m'a pris que 10 à 15 minutes. 

Pour vous donner une idée et un point de comparaison, je réalise depuis plus d’une décennie une vidéo de fin d’année qui me demande habituellement entre 65 et 100 heures de travail. C’est stupéfiant – non, c’est terrifiant de voir comment, avec un bon scénario et les bonnes photos ou vidéos, je peux tout faire en une heure (au moins 65 fois plus vite). 

Ce programme EyeTell n’est pas destiné au genre de bricolage que je fais pour m’amuser, mais aux longs métrages complets. Hollywood a de très bonnes raisons de s’inquiéter de l’IA ! 

vendredi, octobre 16, 2026

La curiosité et moi (Deuxième partie)

Pour moi, la curiosité n’est ni un passe-temps ni un intérêt passager. C’est plutôt un trait qui a contribué à faire de moi la personne que je suis. Je perçois la curiosité comme une impulsion et une volonté de prendre des risques ; elle m’a parfois poussé au-delà du confort ou de la prudence. Cette dimension rend la réflexion bien plus riche qu’une simple célébration de l’apprentissage.

D’une certaine manière, la curiosité est aussi un refus de cesser d’évoluer. C’est, à mes yeux, l’idée la plus forte, car elle relie le désir de découverte à celui de rester intellectuellement vivant. Par ailleurs, je vois en ce trait l’ennemi de la stagnation intellectuelle. En effet, il est très facile de devenir prisonnier de ses connaissances acquises, en croyant que ce que l’on sait déjà suffit. 

La curiosité remet en question cette complaisance. Elle nous rappelle que notre expérience, aussi vaste soit-elle, reste toujours incomplète et susceptible de s’enrichir. Elle nous garde également jeunes d’esprit : si nous ne pouvons arrêter le cours du temps, nous pouvons influencer la façon dont nous le vivons. Chaque jour, en continuant à poser des questions, à explorer des sujets inconnus et à revoir nos anciennes opinions, nous nous donnons la possibilité d’apporter quelque chose d’inattendu. 

De plus, la curiosité exige un peu d’humilité. Peut-être que la plus belle expression de la curiosité ne consiste pas à se demander « Comment prouver que j’ai raison ? », mais plutôt « Qu’est-ce qui pourrait m’échapper ? ». Cette question laisse la porte ouverte à l’apprentissage auprès d’autrui, y compris de ceux dont les opinions diffèrent des nôtres. 

Cela amène aussi une distinction utile : la curiosité ne signifie pas poursuivre toutes les questions ni ignorer toutes les limites. L’expérience et la connaissance de soi nous apprennent quand explorer, quand faire une pause et quand respecter les risques. Le défi consiste à préserver cette soif de découverte sans pour autant mettre en péril ce qui compte vraiment. 

Pour clore notre discussion sur ce sujet, j’ajouterais cette phrase à notre réflexion : « Ma curiosité ne m’a peut-être pas toujours conduit sur les chemins les plus sûrs, mais elle m’a évité de confondre la route que je connais avec la seule route qui vaille la peine d’être empruntée. » 

C’est là, je crois, l’essence même d’une vie façonnée par la curiosité : cette volonté de continuer à découvrir, même après des décennies d’expérience ...

jeudi, octobre 15, 2026

La curiosité et moi (Première partie)

Il me semble avoir toujours été une personne curieuse. Bon, cela n’a rien d’inhabituel : nous naissons tous curieux. Mais ma curiosité a toujours eu un appétit immense — insatiable, devrais-je dire. Parfois, elle a failli me coûter la vie alors que je me lançais dans des expérimentations périlleuses. 

Pourtant, ni ces frayeurs ni les quelques fois où j’ai franchi certaines limites n’ont réussi à dompter ce trait vorace de ma personnalité. 

La curiosité a souvent une connotation négative, comme si être curieux revenait à être indiscret ou fouineur, mais si c’est là le prix à payer pour étancher ma soif de découverte, qu’importe ? 

Avec le recul, je crois que la curiosité m’a été extrêmement bénéfique. Elle a contribué à façonner la personne que je suis aujourd’hui, avec tous mes défauts et mes qualités, et j’ai appris à accepter les uns comme les autres. En fait, j’irais même plus loin : pour moi, la curiosité est l’un des indicateurs de l’intensité avec laquelle nous vivons. Elle nous garde en éveil, ouverts à de nouvelles possibilités et avides d’apprendre. 

C’est peut-être ce que l’on appelle l’apprentissage tout au long de la vie, ou la formation continue. Quel que soit le terme employé, je ne vois aucune raison de m’arrêter tant qu’il reste des questions à poser, des choses à découvrir et des idées à remettre en question. Ce n’est pas la première fois que j’aborde ce sujet. 

Dans un prochain article, nous explorerons plus en profondeur le formidable trésor que représente la curiosité. 

mercredi, octobre 14, 2026

Rester motivé (Deuxième partie)

Pour ceux d'entre nous qui sont plus âgés et ont des décennies d'expérience, il suffit de se remémorer ces moments où nous nous sentions extraordinairement motivés. Que pensions-nous alors ? Pourquoi croyions-nous que c'était possible ? Que nous disions-nous ? La motivation n'est pas une force extérieure mystérieuse et inédite ; nous possédions déjà notre propre mode d'emploi pour la générer ! 

Ne voyons pas la marée basse comme un échec ; c'est peut-être là le secret le plus important. Comme de part sa nature la motivation connaît des hauts et des bas, nous ne devrions jamais interpréter chaque baisse de régime en nous disant « Il y a quelque qui cloche avec moi » ; cela ne ferait qu'ajouter un second problème au premier. 

Il vaut mieux simplement constater : « Voilà, la vague se retire. Cela fait partie du cycle. » Nous n'en voulons pas à l'océan parce que la marée est basse ; nous nous préparons simplement pour la vague suivante. Cette perspective est merveilleusement libératrice. Peut-être que ma métaphore initiale était un peu mal choisie : la motivation n'est peut-être pas, en soi, une vague qui va et vient ; c'est plutôt l'enthousiasme qui alimente cette motivation qui ressemble à une vague. 

Au fond, notre motivation peut gagner en stabilité et devenir une décision : celle de poursuivre ce qui compte vraiment pour nous, même quand l'enthousiasme s'est éloigné temporairement. On pourrait dire que nous disposons alors de deux moteurs distincts : l'enthousiasme nous pousse à dire « Je veux faire ça ! », tandis que notre engagement nous rappelle « Je continue à le faire, même si je n'en ai pas particulièrement envie. » 

En fin de compte, les personnes les plus accomplies ne sont peut-être pas celles qui connaissent les plus grandes vagues de motivation, mais celles qui ont appris à avancer pendant les creux de vagues tout en restant prêtes à bien profiter des sommets.

Même si je ne sais pas surfer et que j'aurais aimé utiliser une analogie avec le ski, cela nous offre une très belle formule pour clore nos réflexions : « N'essayez pas de vivre en permanence sur la crête de la vague de motivation. Apprenez à surfer ! »

mardi, octobre 13, 2026

Rester motivé (Première partie)

Pour ceux d'entre nous qui ont besoin d’être motivés pour vivre, tout comme un grille-pain a besoin d'être branché, la motivation est comme une vague : elle va et vient, et lorsqu'elle s'éloigne, rien ne va plus. Alors, quels sont les trucs et astuces pour la raviver ? Cette métaphore met en lumière une distinction importante : le secret ne réside peut-être pas à maintenir sa motivation au top niveau, mais dans notre aptitude à saisir la prochaine vague — et à savoir quoi faire pendant la marée basse. 

Souvent, nous considérons la motivation comme un préalable à l'action où celle-ci lance l'action, qui à son tour engendre des résultats. Pourtant, dans la pratique, l'enchaînement s'opère fréquemment dans le sens inverse : l'action conduit au progrès, le progrès apporte de la satisfaction, et c'est cette dernière qui crée la motivation. Ce renversement de perspective constitue peut-être un des « ingrédients secrets » les plus utiles, car il nous évite d'attendre la vague de manière passive.

Il est vrai que lorsque la motivation s'évanouit, nous avons souvent tendance à dire : « Je m'y remettrai quand ma motivation reviendra. » C'est une attitude risquée, car la motivation peut s'éloigner de plus en plus ; et comme chacun sait « loin des yeux, loin du cœur ». Il vaut mieux, au contraire, abaisser considérablement le seuil de reprise en se disant : « Je vais y travailler cinq minutes » ou « Je vais juste lire deux pages ». 

L'objectif n'est pas d'accomplir la tâche en totalité, mais simplement de relancer la machine. Bien souvent, ces cinq minutes se transforment en vingt ; mais même si ce n'est pas le cas, nous avons rompu l'inertie. Une autre astuce efficace, lorsque la motivation est au plus bas, consiste non pas à réduire l'objectif final, mais à abaisser le point de départ. 

Au lieu de se dire « Je dois faire du sport », on se dit « Je vais d'abord enfiler mes baskets ». Notre cerveau oppose bien moins de résistance au démarrage qu'à l'idée de s'engager dans un projet complet ! Enfin, une dernière technique consiste à rendre l'activité attrayante, par exemple en écoutant sa musique préférée pendant l'exercice ou en se préparant un excellent café au moment d'écrire. 

Par ailleurs, la motivation devient fragile lorsqu'une activité se transforme en obligation ; il convient alors de se rappeler pourquoi nous la pratiquons. Pas pour une raison superficielle, mais pour une raison plus profonde. Par exemple, « Je veux apprendre l'espagnol » devient « Je veux éprouver le plaisir de pouvoir communiquer parfaitement avec tous les Latinos de Park City ». 

Demain, nous conclurons en approfondissant encore davantage ce sujet ; alors, soyez au rendez-vous !

 Ces dernières semaines, à l'approche des élections de mi-mandat, les panneaux électoraux ont commencé à envahir la plupart des jardins de Park City. L'un d'eux se distingue nettement : il est apolitique et se concentre sur ce qui fait vivre notre communauté, suffisamment de neige pour l’hiver ! 

« Votez pour Super El Niño » est une campagne communautaire et marketing pleine d'humour, lancée par Ski Utah en en prévision de la saison 2026-2027 pour rassembler skieurs et surfeurs après un hiver précédent médiocre et sans neige. Ski Utah est l'association professionnelle des stations du ski dans notre État, dirigée par Nathan Rafferty. 

L’idee, cette saison, est de nous offrir une parenthèse ludique et apolitique loin de l'agitation électorale, en unissant résidents et visiteurs autour d'un bel espoir commun : d'abondantes chutes de neige. Cette campagne amusante coïncide avec des prévisions météorologiques annonçant un phénomène El Niño puissant, voire « super », dans le Pacifique. 

Toutefois, comme le dit l'adage : « Fais attention à ce que tu souhaites, car cela risque de t'arriver », une grosse quantité de neige risquerait peut-être de se transformer en un excès problématique, à l'image de ce qui s'est passé l'été dernier et de ce qui continue de se produire à Portillo, au Chili !

lundi, octobre 12, 2026

Les vrais outils de persuasion (Troisième partie)

Pour affiner notre stratégie de persuasion, nous devons trouver ce bon « juste milieu » — l'élément manquant que je recherchais en posant ma question initiale. Voici le créneau dans lequel nous devons viser pour être là où il faut. Un manque d'affirmation de soi nous pousse à trop nous adapter, tandis qu'une exigence excessive suscite la résistance. Trop d'émotion dans notre ton risque de nous faire perdre en clarté stratégique. 

À l'inverse, une logique trop froide empêche de créer un lien avec l'interlocuteur. Il en va de même pour la parole : si nous ne pouvons pas nous taire, nous offrons à l'autre davantage d'occasions de formuler des objections. À l'inverse, une trop grande écoute peut nous faire manquer l'occasion de dire ce que nous voulons. Le juste milieu se situe donc quelque part entre ces extrêmes, en passant successivement de la clarté à l'empathie, puis à l'assurance, à la flexibilité et enfin au détachement. 

Ce dernier trait — le détachement — est peut-être le plus difficile à acquérir, mais aussi le plus puissant. Lorsqu'on est un vieux septuagénaire, comme c'est mon cas, on bénéficie parfois d'un avantage inexistant quelques décennies plus tôt. Nous avons accumulé des milliers d'expériences en matière d'influence : réussites, échecs, négociations, désaccords, malentendus, compromis et ces moments de révélation soudaine où l'on se dit : « Ah ! C'est exactement ce qui a amené cette personne à dire oui. » 

Nous avons en fait constitué un laboratoire personnel remarquable, une véritable base de données regroupant toute une vie de tentatives de persuasion. Désormais, au lieu de nous demander « Pourquoi n'ai-je pas obtenu ce que je voulais ? », nous devrions nous interroger : « Que se passait-il dans l'esprit de mon interlocuteur au moment où j'ai réussi — ou échoué — à l'influencer ? » 

C'est ainsi qu'avec le temps, nous pourrions élaborer notre propre théorie d'influence. C'est peut-être là l'élément insaisissable que je cherchais : non pas une formule magique pour contrôler autrui, mais une capacité, progressivement affinée, à savoir quand insister, quand écouter, quand faire une proposition, quand prendre du recul et quand laisser l'autre croire que la décision lui appartient entièrement. À mon avis, cela fait davantage appel au processus d'influence que de celui de la persuasion. 

Si j'avais mis cela un peu mieux en pratique quand j'étais jeune, j'aurais vendu plus de cours de ski ainsi que beaucoup plus de matériel de ski, et je serais parti à la retraite encore plus tôt !

dimanche, octobre 11, 2026

Les vrais outils de persuasion (Deuxième partie)

La persuasion regorge de paradoxes, à l'instar de celui-ci : plus nous tentons de contrôler la soumission d'une personne, plus celle-ci risque de résister à ce contrôle. En réalité, pour être puissante et efficace, la persuasion doit se faire aussi discrètement que possible. Songez simplement à la différence entre : « Vous devriez faire ceci parce que... » et « Comment voyez-vous la situation ? » 

Si la seconde proposition semble plus faible et moins impérative, elle invite en revanche l'interlocuteur à élaborer lui-même le raisonnement. C'est là que tout se joue : une fois que les individus ont formulé une idée dans leur propre esprit et avec leurs propres mots, ils ne se contentent plus de recevoir l'argument d'un tiers. Ils s'investissent pleinement dans la création de la conclusion. 

C'est l'une des raisons pour lesquelles les bons négociateurs, les thérapeutes et les personnes avisées posent souvent des questions plutôt que d'imposer ou d'exiger des actions précises. Ils ont compris que l'objectif n'est pas nécessairement de forcer quelqu’un à accepter une idée ou un règlement, mais de l'impliquer dans l’adhésion à la proposition. Plus important encore, ce que j'évoquais hier comme mon « besoin impérieux » de convaincre, repose sur une série de variables décisives qui encadrent souvent notre demande. 

Voici comment cela se passe : supposons que nous ayons désespérément besoin que quelqu'un soit d'accord avec nous. S'il ignore la raison précise de ce besoin, il peut souvent le ressentir à travers les changements de notre ton ou si notre débit de paroles s’amplifie. 

Nous anticipons les objections avant même qu'elles ne surviennent. Nous nous attachons à certains mots et réagissons émotionnellement à une résistance supposée ; toute cette mise en scène finit par affaiblir notre influence et le résultat final. Il y a une immense puissance à pouvoir se dire : « Je préférerais vraiment que vous soyez d'accord avec moi, mais je n'en ai pas besoin. » 

Cette posture psychologique nous laisse l'espace nécessaire pour écouter, nous adapter et même nous retirer ; paradoxalement, elle rend souvent l'accord plus probable. On pourrait soutenir que le véritable objectif n'est pas la persuasion, et c'est là que mon propos initial m'aide à orienter la suite de la discussion. Comme je l'ai écrit, j'ai passé toute ma vie dans des situations où j'avais besoin qu'on me fournisse ce dont j’avais besoin et où je devais persuader quelqu’un de me l'accorder ou simplement d'accomplir l’action désirée. 

Cela dit, au fil des ans, j'ai réalisé que viser ce type de résultat était souvent improductif. Peut-être que vouloir une victoire totale n'était pas le bon critère ? Si, ​​au lieu de me demander « Comment amener cette personne à me donner tout ce que je veux ? », je m'étais plutôt demandé « Comment faire évoluer la situation, autant que possible, vers une issue mutuellement acceptable ? », j'aurais peut-être ouvert la voie à beaucoup plus de démarche productive, car plus réalisable. 

Ce changement, bien que subtil, est considérable : on cesse de vouloir « tout gagner » en se concentrant sur une résultat quasiment total. Il faut garder à l'esprit que la meilleure stratégie d'influence consiste parfois à concéder quelque chose qui nous coûte peu, mais qui a de la valeur pour l'interlocuteur. Pour clore cette discussion, nous approfondirons cette stratégie dans notre prochain article, restez à l'écoute !

Une façon simplifiée de créer des vidéos ?

La création de vidéos est l'un de mes passe-temps favoris bien que cela me frustre souvent : l'élaboration du scénario, le tournage et, surtout, le montage prennent énormément de temps. 

Il y a peu, un ancien camarade de l’école d’horlogerie de Cluses m'a envoyé la photo d'un homme très athlétique sur lequel il avait superposé mon visage, accompagnée de cette légende : « Un lion en laisse... Il est prêt à tout pour frimer !... » 

J'ai répliqué en envoyant une de mes photos prise deux jours plus tôt, après une intervention chirurgicale à la joue pour ôter un sarcome. 

J'y ai ajouté ce commentaire : « Arrête tes bêtises, Robert : regarde ce qui m'est arrivé à cause de ton lion ! » Il n'a pas désarmé et a répondu : « C'est quoi ça ?... Ta femme t'a mordu ??? » 

Ce soir-là, je suis tombé sur un reportage présentant « EyeTell », un nouveau procédé révolutionnaire de production cinématographique. Il s'agit d'une plateforme vidéo et d'un studio virtuel pilotés par l'IA, créés par Chad Hurley (cofondateur de YouTube) ; l'outil permet aux utilisateurs d'écrire, de choisir les acteurs, de réaliser, de générer, de monter et d'exporter des vidéos courtes et des histoires interactives créées par intelligence artificielle. 

N'étant pas du genre à baisser les bras, je me suis dit : « Accroche-toi bien, Robert, je vais te rendre la pareille ! » Le lendemain, après une prise en main rapide du site, j'ai consacré une minute ou deux à donner à EyeTell les instructions pour le scénario d'une courte vidéo, j'y ai intégré ces deux photos et j'ai lancé le processus. 

Il a fallu deux ou trois heures au système pour traiter les informations fournies ; j'ai fini par obtenir sept courtes vidéos racontant ma mésaventure imaginaire avec le lion. J'aurais pu peaufiner la narration, mais je l'ai enregistrée spontanément, en une seule prise ; j'ai ensuite monté la vidéo et l'ai mise en ligne sur YouTube. Cette étape finale ne m'a pris que 10 à 15 minutes. 

Pour vous donner une idée et un point de comparaison, je réalise depuis plus d’une décennie une vidéo de fin d’année qui me demande habituellement entre 65 et 100 heures de travail. C’est stupéfiant – non, c’est terrifiant de voir comment, avec un bon scénario et les bonnes photos ou vidéos, je peux tout faire en une heure (au moins 65 fois plus vite). 

Ce programme EyeTell n’est pas destiné au genre de bricolage que je fais pour m’amuser, mais aux longs métrages complets. Hollywood a de très bonnes raisons de s’inquiéter de l’IA !