mercredi, juillet 08, 2026

La saga Spyder de Dave Jacobs (Deuxième partie) 

Au départ, Jacobs a commencé à concevoir des pulls de ski de course pour ses fils, convaincu que l'équipement alors disponible pour les jeunes skieurs laissait à désirer : il n'était ni assez rapide, ni suffisamment protecteur, et n'avait pas été pensé pour la course à ski. 

Plutôt que d'attendre que l'industrie se mette à ce niveau, il décida de créer lui-même un meilleur produit. Il  débuta son activité de vente par correspondance depuis sa maison à Boulder, proposant un pull de course conçu avec ce dont avaient besoin les jeunes coureurs. L'entreprise n'allait pas rester petite bien longtemps. 

Le tournant s'est produit quand Jacobs a dessiné un pantalon de ski bleu marine doté de protections jaunes côtelées. Les jeunes skieurs trouvaient que ces protections ressemblaient à des pattes d'araignée ; Jacobs, toujours à l'affût des bonnes idées, avait sauté sur l'idée. En 1978, il baptisait sa société « Spyder », en référence à la Ferrari Spyder, l'une de ses voitures préférées. 

Ce qui avait commencé comme une solution artisanale pour de jeunes skieurs en compétition a rapidement grandi en une entreprise mondiale de vêtements de ski. Jacobs a orienté Spyder vers de multiples perfectionnements en matière d'aérodynamisme et de science des matériaux, traquant les mêmes gains marginaux qui comptaient pour lui lorsqu'il était compétiteur : des fractions de seconde, des degrés de chaleur, des grammes de poids en moins.,  

Cette stratégie a payé et Spyder est devenu fournisseur officiel des équipes de ski des États-Unis et du Canada, équipant des athlètes au plus haut niveau, y compris lors des Jeux olympiques d'hiver. Collègues et concurrents ont longtemps classé Jacobs parmi ce cercle restreint de pionniers de la branche du ski qui ont bâti leur entreprise à l'image de leur façon de courir en identifiant un problème sur la piste et en refusant de s'en accommoder. 

Son parcours, de la petite entreprise de vente par correspondance née sur sa table de cuisine jusqu'aux podiums olympiques, est devenu légendaire au sein de la communauté du ski. Malheureusement, après être passée entre les mains de divers fonds d'investissement et d'investisseurs incompétents, la marque a fini par disparaître ; c'est bien regrettable. 

En nous quittant, Jacobs laisse sa famille et  ses fils dont les débuts en compétition l'avaient inspiré de prendre aiguille et fil pour améliorer leur expérience. Sa légacie s'étend toutefois encore plus loin en touchant d'innombrables skieurs à travers le monde qui ont couru — en restant mieux protégés du froid, plus en sécurité et plus rapides — grâce à de l'équipement conçu selon les principes qu'il avait esquissés il y a des décennies. 

David Jacobs est un véritable visionnaire de l'industrie du ski ; il laissera un vide énorme. 

mardi, juillet 07, 2026

Dave Jacobs, 1933-2026 (Première partie)

 

L'ancien skieur alpin et entraîneur qui a fondé les vêtements de ski Spyder, vient de décéder au début du mois. Il avait 92 ans. La vie de Jacobs a été intimement liée au ski de compétition sous presque tous ses aspects, du portillon de départ jusqu'aux ateliers de fabrication. Il a débuté comme coureur en 1957 en remportant le championnat national de descente au Canada, exploit qui l'a propulsé parmi les meilleurs skieurs du pays à cette époque. 

Né à Montréal, Jacobs a commencé a skier à 13 ans. À 21 ans, il remportait le Kandahar du Québec et devenait membre de l'équipe nationale canadienne de 1957 à 1961. 

Il est ensuite passé de la compétition à l'entraînement, occupant le poste de chef entraîneur-chef à plein temps des skieurs canadiens de 1964 à 1966. À ce titre, Jacobs a travaillé en étroite collaboration avec une nouvelle génération d'athlètes canadiens, mettant à profit la technique acquise quand il courait. 

En 1965, Bob Lange avait contacté Jacobs pour savoir si l'équipe canadienne était prête à tester ses chaussures de ski. Après les avoir essayées, Dave Jacobs avait dit qu’elles étaient de « très mauvaises chaussures » et s’était rendu à l'usine de Dubuque (Iowa) pour suggérer plusieurs améliorations techniques. 

En juin 1966, trois paires de chaussures améliorées, étaient mises à la disposition de l'équipe canadienne lors d'un stage d'entraînement au mont Hood ; Gerry Rinaldi, Rod Hebron et Nancy Greene les avaient essayées et les avaient adorées. À Portillo, Jacobs réparait et modifiait sur place les Langes des skieurs tout en envoyant des rapports détaillés à l'usine. Ainsi, la chaussure évolua, gagnant en hauteur et en rigidité. 

C'est alors qu'elle se mit à séduire les skieurs de plus haut niveaux. Nancy Greene commença à remporter des victoires sur le tout nouveau circuit de la Coupe du monde avec ses Lange. C'est cette même année, en 1967, que fut fondée la société Lange-Jacobs Inc. qui ouvrit une petite usine à Saint-Jérôme, près de Montréal, pour y assembler les chaussures de ski. 

C'est aussi à cette époque que j'ai entendu parler de Jacobs pour la première fois. Après la fusion de son unité canadienne avec Lange USA en 1969, David s'installa à Boulder dans le Colorado. Il allait siéger au conseil d'administration et devenir vice-président de la société de 1969 à 1972. Durant cette période, il conçut la première chaussure de ski de compétition Lange, qui devint une référence en Coupe du monde et le modèle précurseur des chaussures de course Lange utilisées aujourd'hui. 

Toutefois, la contribution la plus marquante de Jacobs survint après la fin de sa carrière d'entraîneur et son activité chez Lange. C'est en effet en 1978, dans sa cuisine, à Boulder, qu'il lança ce qui allait devenir une entreprise de vêtements de sport de renommée mondiale. 

Restez avec nous pour découvrir la suite de l'histoire ...

La corruption de Trump et d’Infantino

En mettant de côté fierté nationale et préjugés (après tout, je suis citoyen américain), que dire du scandale déclenché par Trump auprès de la FIFA ? Alors que la plupart des Américains ressentaient une fierté nationale et l’instinct de défendre « notre équipe », l’affaire Trump-FIFA relevait fondamentalement d’une ingérence politique dans une instance juridictionnelle sportive internationale, de la volonté de la FIFA de contourner ses propres règles et des conséquences néfastes pour l’équité de la compétition.

La question centrale n’était pas de savoir si le carton rouge infligé à Balogun était sévère ; il s’agissait simplement du fait qu’un chef d’État s’est permit de pressuriser avec succès la FIFA pour annuler une sanction qui, selon le règlement, ne pouvait faire l’objet d’aucun appel. C’est pourquoi les instances mondiales du football ont réagi aussi vivement. 

Pour ceux qui ignoraient les faits ou ne s’en souviennent pas : Trump a personnellement appelé le président de la FIFA, Gianni Infantino, pour lui demander de réexaminer le carton rouge de Folarin Balogun. Il a aussi agi hypocritiquement en ignorant que le cas de Balogun relevait précisément de la citoyenneté par le droit du sol, une pratique que Trump dénonce pourtant avec véhémence. 

En réponse, la FIFA a annulé la suspension automatique d’un match en invoquant l’article 27 — une clause rarement utilisée permettant une suspension discrétionnaire des mesures disciplinaires. Furieux, l’UEFA, la Belgique, d’anciens responsables de la FIFA ainsi que de nombreux joueurs et entraîneurs ont condamné cette décision, la qualifiant d’« inédite », d’« incompréhensible » et de « ligne rouge franchie ». 

Les critiques soutiennent que cette annulation a porté atteinte à l’intégrité du tournoi et créé un précédent dangereux en matière d’influence politique sur l’arbitrage et les procédures disciplinaires ; je partage entièrement ce point de vue. Le scandale ne concerne pas Balogun (le joueur), mais l’avenir de l’équité sportive. 

Les petits pays de football (comme la Belgique) ne disposent pas d’un tel levier d’influence. Trump a fait preuve d’un jugement désastreux et chronique en suivant son instinct : il a donné une mauvaise image de l’équipe américaine et a suscité un tel ressentiment que la Belgique a remporté la victoire sous le coup de la colère, alors même que les Américains étaient, sur le papier, très compétitifs. 

Son intervention a mis en lumière un système à deux vitesses : d’un côté, des nations puissantes capables d’influencer les résultats et, de l’autre, le reste du monde contraint d’accepter des décisions qu’il ne peut contester. Ce déséquilibre est précisément ce que la gouvernance mondiale du sport est censée empêcher ; il ne s’agit pas là de politique footballistique ordinaire, mais d’une crise de gouvernance et d’une hypocrisie flagrante. 

Bien mal acquis ne profite jamais !

lundi, juillet 06, 2026

À quelle vitesse les ans nous font-ils vieillir ? (Deuxième partie)

Après avoir examiné les risques de mortalité et les performances physiques, nous aborderons aujourd'hui la fonction des organes et les marqueurs biologiques. Des recherches récentes, portant sur des milliers de protéines, de métabolites et de marqueurs d'ADN, ont montré que le vieillissement se déroulait par à-coups plutôt qu'à un rythme parfaitement constant. 

Certaines études ont identifié des transitions biologiques majeures autour de 

40-45 ans

60-65 ans

75-80 ans

L'âge exact varie selon les études, mais le constat général est que les systèmes biologiques subissent souvent des périodes d'accélération plutôt qu'un déclin régulier. Le vieillissement double-t-il donc à 70 ans ? 

Pas vraiment. Une description plus juste serait de dire que le rythme de déclin de nombreuses fonctions corporelles s'accélère après 70 ans, et souvent encore après 80 ans et 90 ans. Si l'on tentait d'exprimer cela mathématiquement, il n'existe pas de coefficient multiplicateur unique. 

Le tableau ci-contre en donne une illustration conceptuelle simplifiée. Certaines personnes semblent échapper à ce processus, ce qui témoigne d'une grande variabilité chez les gens âgées. À 80 ans, on trouve des individus qui ont besoin d'une aide au quotidien, d’autres qui font de la randonnée en montagne, qui skient régulièrement, qui voyagent à l'étranger et qui apprennent de nouvelles langues. 

Cette différence s'explique souvent par la génétique (peut-être 20 à 30 %), l'activité physique pratiquée tout au long de la vie, les antécédents de tabagisme, la composition corporelle, l'engagement social, la stimulation cognitive, la qualité du sommeil et tout simplement la chance ! En fait, chez les octogénaires en bonne santé et actifs, la trajectoire ressemble souvent à celle de personnes 10 à 15 ans plus jeunes. 

En réalité, le vieillissement ressemble moins à une voiture qui s'use kilomètre par kilomètre qu'à un barrage qui retient l'eau. Pendant des décennies, de minuscules défauts s'accumulent sans que cela n'ait d'effet visible. Puis, à mesure que les réserves diminuent, chaque défaut supplémentaire a un impact plus important. 

La résilience du corps – sa capacité à se remettre d'une maladie, d'une blessure, du stress ou d'un manque de sommeil – décline. De nombreux gérontologues considèrent la perte de résilience comme l'un des principaux indicateurs du vieillissement avancé. 

C'est pourquoi une type de 30 ans peut se remettre d'une mauvaise chute, d'une grippe ou d'une nuit blanche en quelques jours, tandis qu'à 80 ans, le même incident peut avoir des conséquences qui traînent pendant des semaines, voire des mois. 

Ainsi, la remarque de mon ami n'est pas littéralement exacte, mais elle illustre un phénomène réel : après 70 ans environ, et plus encore après 80 ans, de nombreux aspects du vieillissement deviennent de plus en plus non linéaires, car les réserves et la capacité de réparation du corps diminuent. 

Le corps ne vieillit pas nécessairement « deux fois plus vite », mais les effets du vieillissement deviennent progressivement plus visibles et plus importants.

dimanche, juillet 05, 2026

À quelle vitesse les ans nous font-ils vieillir ? (Première partie)

Un ami me disait souvent : « À 70 ans, notre corps vieillit deux fois plus vite qu’avant… » Je me suis toujours demandé si cette expression populaire française recelait une part de vérité et, si oui, si le coefficient « deux » était correct à 70 ans, mais de combien fallait-il l’augmenter à 75, 80, 85, 90 ans et au-delà ? 

Je me suis demandé s’il existait des études sur ce sujet, quelles étaient les mesures objectives et quelles en étaient les conclusions. Après quelques recherches, j’ai vite compris que l’adage de mon ami contenait une part de vérité, mais pas au sens littéral de « vieillir deux fois plus vite à 70 ans ». Les chercheurs qui étudient le vieillissement ont constaté que ce processus n’est pas linéaire. 

De nombreux aspects de la physiologie humaine déclinent progressivement pendant des décennies, puis s’accélèrent à certains âges. Cependant, cette accélération varie selon les paramètres mesurés. Il existe en réalité au moins quatre façons de mesurer le vieillissement : Le risque de mortalité (probabilité de décès au cours d’une année donnée) Les performances physiques (force, équilibre, vitesse de marche, endurance) 

La fonction des organes (cœur, poumons, reins, système immunitaire, etc.) Les marqueurs biologiques (ADN, protéines, inflammation, modifications cellulaires) Ces catégories ou aspects ne vieillissent pas tous simultanément. Concernant le risque de mortalité, l’une des découvertes les plus sérieuses en démographie est la loi de Gompertz, qui remonte aux années 1820. Elle démontre qu’après l’âge adulte, le risque de décès augmente de façon quasi exponentielle avec l’âge. 

On peut estimer que ce risque double tous les 7 à 9 ans après la quarantaine. Par exemple, si une personne en bonne santé de 60 ans présente un certain risque annuel de décès, ce risque est environ deux fois plus élevé à 68-69 ans, quatre fois plus élevé à 76-78 ans, et huit fois plus élevé à 84-87 ans. Cela ne veut pas dire que le corps vieillit deux fois plus vite ; cela signifie que les conséquences du vieillissement cumulé deviennent de plus en plus apparentes. 

En termes de capacités physiques, plusieurs fonctions corporelles déclinent à un rythme accéléré, à commencer par la masse et la force musculaires. Après 30 ans, la masse musculaire diminue lentement (environ 3 à 8 % par décennie), mais après 60-70 ans, la perte s'accélère souvent considérablement, la force diminuant plus rapidement que la masse musculaire elle-même. 

C'est pourquoi beaucoup de personnes constatent qu'à 80 ans, elles peuvent perdre en un an la force qu'elles auraient perdue en plusieurs années à 50 ans. La vitesse de marche et l'équilibre diminuent progressivement jusqu'à environ 70 ans, puis le déclin s'accentue après 75-80 ans. Ces mesures figurent parmi les meilleurs indicateurs de santé et de longévité futures. 

Demain, nous aborderons l'impact du vieillissement sur les fonctions organiques et d'autres marqueurs biologiques …

samedi, juillet 04, 2026

Purger rancune et ressentiment (Quatrième partie)

Pour éradiquer la rancune, j'ai commencé par un inventaire chronologique de mémoire, dressant la liste des ressentiments que j'éprouvais envers certaines personnes, en les classant par ordre d'intensité et en précisant les raisons. Parallèlement, j'ai établi une liste similaire, incluant les personnes envers lesquelles j'éprouve de la gratitude : mentors, amis, proches, collègues et même adversaires qui ont semé la graine qui a fait de moi ce que je suis aujourd'hui. 

Comme vous le savez peut-être déjà, la gratitude est importante dans ma méditation, et ces deux listes m'ont permis de constater que ma liste de gratitude est plus longue et plus significative que celle des ressentiments. L'avantage de cet exercice est que les rancunes se manifestent souvent comme un nuage émotionnel flou. 

Les identifier explicitement m'aide à les transformer d'une influence inconsciente en quelque chose que je peux voir et examiner consciemment. Cela dit, il y a deux façons acons très différentes d'établir cette liste : soit en dressant un inventaire détaillé des offenses et en les revivant sans cesse (une mauvaise approche), soit en la considérant comme un bilan visant à clore le chapitre. Voir l'exemple ci-dessous.

Les trois dernières questions de la liste sont cruciales. Au lieu de m'attarder sur « À quel point ai-je été mal traité ? », je me tourne progressivement vers « Qu'est-ce qui m'a vraiment blessé ? », « Quelle leçon en ai-je tiré ? », « Pourquoi ne pas pardonner maintenant ? ». Nombreux sont ceux qui découvrent que l'offense visible n'est pas la blessure la plus profonde. 

Par exemple, une trahison peut masquer un besoin d'amour, un conflit familial peut cacher un besoin affectif. Un léger manquement professionnel peut révéler un orgueil blessé, une rupture amicale peut dissimuler une déception. Une fois la blessure la plus profonde identifiée, le ressentiment s'atténue souvent considérablement. 

À mon âge, une autre dimension mérite d'être soulignée. J'ai découvert que certaines des personnes qui m'ont blessé étaient immatures ; la peur les faisait agir, elles avaient des tas d’autres problèmes ou encore elles étaient gravement malades ou décédées. Cela n'excuse pas leurs actes, mais cela modifie souvent le point de vue émotionnel. 

Beaucoup de personnes de mon âge font également état d'un changement intéressant : ce qui semblait autrefois de la malice apparaît de plus en plus comme de la fragilité, ce qui peut faciliter le pardon. Une fois toutes vos entrées terminées, je vous suggère d’utiliser cette phrase : « Cet événement fait partie de mon histoire, mais il n’a plus sa place dans mon avenir.» 

Nul besoin de vous forcer à pardonner immédiatement. L’objectif n’est pas de vous convaincre que la souffrance n’a jamais compté, mais simplement de cesser de payer une vieille dette émotionnellement. À bien des égards, ma démarche s’apparente à un bilan de fin de vie – non pas dans un sens morbide, mais plutôt comme la fermeture des comptes avant de passer à autre chose. 

Mon intérêt pour la méditation, la gratitude et le développement personnel continu fait que cet exercice se transforme moins en un catalogue de griefs qu’en une cartographie de la façon dont les difficultés de la vie ont contribué à me construire. En conclusion, entretenir du ressentiment, c’est comme tenir un charbon ardent dans la main avec l’intention de le jeter sur quelqu’un, c’est notre propre main qu’on brûle ! 

Lâchez prise et bonne chance ...

vendredi, juillet 03, 2026

Purger rancune et ressentiment (Troisième partie)

Éradiquer le ressentiment et la rancune de nos vies nous apporte une plus grande sérénité, nous évite de ressasser sans cesse les événements passés et améliore nos relations. Le ressentiment que nous pouvons nourrir envers une personne se répercute souvent sur nos interactions avec les autres. S'en libérer nous rend plus ouverts, patients et généreux. 

De plus, nous sommes moins vulnérables à la réouverture constante de vieilles blessures. Nombreux sont ceux qui finissent par comprendre que ceux qui leur ont fait du mal étaient eux-mêmes mus par la peur, l'ignorance, l'insécurité ou la souffrance. Comprendre n'excuse pas les comportements, mais cela peut apaiser la haine. Le sentiment de liberté accru qui découle du lâcher-prise est peut-être le plus grand bienfait. 

La liberté ne se limite pas à pouvoir faire ce que l'on veut. C'est aussi être libre des compulsions qui nous asservissent intérieurement, et le ressentiment en est précisément une. Je ne dis pas que la colère n'a jamais d'utilité. Si une personne est victime d'abus, d'exploitation ou de mauvais traitements, la colère peut signaler la nécessité d'établir des limites. Vouloir « pardonner et oublier » trop tôt peut parfois étouffer des besoins légitimes de protection, de responsabilité ou de justice. 

Personnellement, je ne crois pas qu'une personne immorale et hors-la-loi comme Trump doive être pardonnée avant d'assumer ses actes. Le mieux est souvent de reconnaître l'offense, d'accueillir ses émotions avec sincérité et d'en tirer les leçons nécessaires. Il faut ensuite établir des limites appropriées, puis se libérer du ressentiment. 

C'est là que je trouve le lien direct entre le processus de pardon et ma pratique de la méditation. J'éprouve de la gratitude, de la reconnaissance envers ceux qui ont marqué ma vie. Vient ensuite mon désir de faire des dernières années de ma vie une sorte d'apogée de développement personnel, et me défaire des rancunes s'inscrit naturellement dans cette démarche. Nombreux sont ceux qui constatent que gratitude et ressentiment se disputent le même espace mental. 

Plus on apprécie profondément les bienfaits, les leçons et les relations qui ont façonné notre vie, plus il devient difficile de rester préoccupé par de vieux griefs. Cela ne signifie pas devenir naïf ou passif. Cela signifie choisir les expériences qui méritent de rester présentes dans notre esprit. 

Dans mon prochain article de blog, je proposerai une démarche étape par étape pour préparer ce changement et lui donner toutes les chances de réussir !

jeudi, juillet 02, 2026

Purger rancune et ressentiment (Deuxième partie)

Effacer le ressentiment de nos esprits et de nos cœurs est très efficace mais implique plusieurs mécanismes. Le premier est qu’il nous faut cesser de nier la réalité. Typiquement, un événement douloureux s'est produit. Il n'aurait pas dû arriver, mais il est nous est tombé dessus. 

Notre esprit va pourtant passer des années à se battre contre un fait incontournable. Lâcher prise signifie enfin reconnaître la réalité sans toutefois l'approuver, ce qui libère une énergie mentale considérable. Ensuite, il est facile de comprendre que tant que notre état émotionnel s’accroche à des excuses, une punition ou le changement total d’une tierce personne, une grande partie de notre bien-être reste à sa merci.

Nous libérer du ressentiment, nous redonne le contrôle de notre vie intérieure. C'est précisément à ce moment-là que le message devient : « Ce qui s'est passé était horrible, mais je refuse de le laisser empoisonner mon présent. » À ce stade, notre stress se calme, car la colère et le chagrin retournent nos systèmes de défense contre nous. 

Le fait de ressasser sans cesse les blessures va entretenir un stress des plus élevé, des tensions musculaires, une vigilance accrue et une réactivité émotionnelle exacerbée. Dès que la rancune perd son emprise émotionnelle, le corps se détend, la tension disparaît. À cet instant, l'attention redevient disponible. 

Nous savons tous que l'attention est une ressource limitée qui va enfin bénéficier de toute l’énergie qui était gaspillée pour gérer ce ressentiment. Cette énergie supplémentaire pourra être redirigée vers nos relations, notre créativité, l'aide aux autres, l'apprentissage, la spiritualité et tout simplement le plaisir de vivre. 

En substance, pardonner, ce n'est pas donner quelque chose à celui qui nous a offensés, mais c’est bien récupérer une ressource qui nous appartenait avant ! Il est temps maintenant de faire la liste de toutes les rancunes que nous avons accumulées – et croyez-moi, il y en a bien plus que nous ne le pensons – et ensuite, de les faire disparaître. 

Boum ! Je l'ai fait et croyez-moi, c'est libérateur ! Demain, nous verrons quels bienfaits nous retirerons …

mercredi, juillet 01, 2026

Purger rancune et ressentiment (Première partie)

S'il existe une opération quasi gratuite capable de nous libérer d'un fardeau lourd et constant, c'est bien d'éliminer la rancune, l'amertume, l'hostilité, le désir de vengeance, la rancœur, l'inimitié et la malveillance, pour n'en citer que quelques-unes. 

Ces émotions fonctionnent souvent comme une dette psychologique. Elles demandent énormément d'énergie pour être maintenues. L'esprit ressasse sans cesse les vieilles blessures, reconstitue les conversations, imagine d'autres issues ou ressasse des punitions pour ceux qui nous ont fait du tort.

Même lorsque nous n'y pensons pas consciemment, une partie de notre système émotionnel reste souvent coincée autour de l' ancienne offense. Bien sûr, il ne s'agit pas d'excuser les actes répréhensibles, d'oublier ce qui s'est passé, de se réconcilier avec une personne dangereuse ou d'abandonner un règlement de justice. 

C'est avant tout un acte intérieur qui vise à refuser de porter ce fardeau émotionnel. Le ressentiment nous pèse car, lorsque nous sommes blessés, notre esprit conclut souvent : 

  • « Cela n'aurait pas dû arriver.» 
  • « On me doit quelque chose.» 
  • « Les choses iraient mieux s'ils souffraient comme j'ai souffert. » 
  • « Je ne trouverai la paix que lorsque ce sera réparé. » 

Ce sont précisément ces pensées qui nous maintiennent psychologiquement attachés à la blessure et à notre passé. L'événement est peut-être terminé, mais notre système émotionnel continue d'y investir d’importantes ressources. 

Lorsque nous ne parvenons pas à nous détacher de ces expériences, il faut toujours plus de temps, de maturité et une compréhension plus profonde avant de réaliser que la personne que nous punissons le plus sévèrement, c'est nous-mêmes. 

La prochaine fois, nous tenterons de comprendre comment opère cette libération mentale. Ne quittez donc pas !

mardi, juin 30, 2026

Pierrot Vernay, 1947-2026

Pierrot s'est éteint le 23 juin, à l'âge de 78 ans. Nous avons grandi ensemble, fréquentant la même école primaire, mais je ne le connaissais presque pas. Je n'ai jamais joué avec lui. Fils de Julien et Olga, il était l'aîné des trois enfants du boulanger de notre village. 

Si j'écris ces lignes, ce n'est pas simplement parce que nous avons grandi à la même époque, mais parce que nos enfances se sont déroulées dans deux univers bien distincts. Il ne semblait pas être un élève brillant ; un jour, ses parents ont sans doute dû lui dire : « Tu seras boulanger comme ton père et, un jour, tu reprendras l'affaire familiale... », sans jamais lui demander ce qu'il aimait ou ce qu'il aurait voulu devenir — pompier, menuisier, pilote d'avion ou dentiste. 

Je suis à peu près certain que cette question n'a jamais été posée et qu'aucune autre option ne lui a été offerte. Certes, mes parents ne m'ont jamais posé cette question non plus. Je me demande ce qu’il aurait voulu faire si il avait eu libre choix ? 

Pourtant, après qu'il fut mit au boulot à 14 ans c’est comme cela qu’il a passé sa vie à pétrir et cuire le pain pour nourrir les gens du village, ainsi que le nombre croissant de touristes de passage. 

Au fil des ans, je l'ai souvent vu servir la clientèle derrière son comptoir, quand sa femme Henriette ou sa mère n'étaient pas disponibles. Sans bonnes raisons et sans expériences précédentes communes, nos échanges se limitaient aux banalités : « Bonjour, merci, au revoir ». À l'heure de la retraite, it était alors épuisé, il a fermé sa boulangerie tout en continuant à habiter la même maison ; il complétait sa retraite et ses économies en vendant du bois de chauffage qu'il préparait pour les touristes. 

Est-il parti heureux, épanoui, après avoir réalisé tous ses rêves ? Je l'ignore et n'aurai jamais la réponse à cette question. Adieu, Pierrot !

lundi, juin 29, 2026

Faisons une pause !

Parfois, j'ai l'impression d'être littéralement à bout de forces et je me dis « Tu devrai faire une pause ! » Cela pourrait rompre ce cycle infernal d’activités, remettre le compteur mental à zéro et empecher l'épuisement total. Cela donnerait aussi une petite chance à notre système nerveux d'entrer dans une phase réparatrice. 

Il est évident que l'attention constante nous épuise et qu’une brève interruption de routine devrait nous permettre de recharger nos batteries pour notre plus grand bien. Les scientifiques affirment que prendre du recul revitalise notre cerveau. 

Cela permet à notre subconscient de relier des idées sans rapport les unes avec les autres, et de résoudre des problèmes complexes, un peu comme le fait le sommeil. Il est également facile de comprendre qu’une infinité de choix quotidiens altère la qualité de notre jugement. 

Faire une pause préserve aussi notre volonté, notre endurance mentale et améliore notre mémoire (et Dieu sais si nous en avons tous bien besoin !). D'aucuns affirment également que notre cerveau a besoin de temps de repos pour traiter, catégoriser et mémoriser les nouvelles informations accumulées au fil de journées chargées, ce qui semble tout à fait logique. 

Puisque nous aimons tous parler de nos hormones, s'accorder une pause permettrait aussi de réduire le le stress, y comprit nos niveaux de cortisol. Cela peut détendre la tension physique, faire baisser la tension artérielle et renforcer notre système immunitaire. J'ai également lu qu'une longue pause peut renforcer notre résilience émotionnelle en réduisant irritabilité et anxiété. Cela nous donne plus d'espace émotionnel pour répondre aux défis, au lieu de ne pouvoir que. N’est-ce pas formidable ? 

De plus, cela devrait améliorer la qualité de notre sommeil en nous détachant du stress quotidiens et en apaisant notre esprit, favorisant ainsi des cycles de sommeil plus profonds. J'adore ! Faire une pause dans le tumulte de la routine nous permettrait également de nous reconnecter à nos émotions profondes, à nos objectifs et à nos besoins en matière de santé physique. 

Enfin, si notre emploi du temps ne nous permet pas de faire de longues pauses, il y a toujours les « micro-pauses » qui peuvent faire de petits miracles dans notre environnement. Par exemple, il suffit de changer de pièce ou de prendre l'air. Je ne dis pas qu'il faut fumer une Gauloise ! Ce changement de décor signale à notre cerveau que le travail est en mis en pause. 

Essayons de laisser nos téléphones dans une autre pièce pour éviter la tentation de scroller, ce qui, comme chacun sait, nous épuise encore plus. Des activités non cognitives, comme passer 10 minutes à faire quelque chose comme désherber le jardin qui ne demande aucune réflexion profonde, comme de s'étirer, de marcher un peu ou de regarder par la fenêtre. 

J'aime bien ces micro-pauses et, à moins de faire cette retraite d'une semaine dont je parle mais que je ne ferai jamais, je vais commencer par intégrer ces « micro-pauses » à ma routine quotidienne ! 

dimanche, juin 28, 2026

Affûtons les ciseaux !

Pour poursuive notre conversation au sujet des outils tranchants, cela faisait longtemps que je voulais apprendre à affûter les ciseaux qui sont devenus inutilisables un peu partout à la maison. 

Le week-end dernier, je m’y suis enfin attaqué : j’ai étudié la question, trouvé le matériel nécessaire, réalisé l’affûtage et testé le résultat. Je suis aujourd’hui à la tête d’une collection de ciseaux rajeunis, prêts à trancher toutes sortes de matériaux. 

Il existe des méthodes simples et rapides pour affûter des ciseaux impotents avec de simples outils comme un fusil à aiguiser, une lime à grain fin, diamantée ou une pierre à aiguiser. Bien sûr, pour un tranchant durable et professionnel, l’idéal est parfois (mais pas toujours) de démonter les ciseaux et d’utiliser une pierre à aiguiser ou une lime spéciale pour affûter délicatement les biseaux. 

Une méthode plus rapide pour ressusciter nos ciseaux commence souvent par les nettoyer. 

Essuyez les lames avec de l’alcool pour ôter les résidus collants qui s’y trouvent immanquablement. 

Repérez ensuite le biseau et identifiez son angle ou son inclinaison sur l’extérieur de chaque lame. 

Affûtez la lame en la plaçant à plat contre un fusil à aiguiser, une lime fine ou une pierre à aiguiser, en veillant à ce que l'outil soit incliné comme le biseau. 

Frottez l’outil sur la lame d'un mouvement régulier, de l’articulation vers la pointe (en vous éloignant du tranchant), à plusieurs reprises. 

Ébavurez la lame en vérifiant s’il reste la moindre bavure au dos de la lame. Pour ça, à l'aide d'une lime fine, fermez et ouvrez les ciseaux plusieurs fois, ou mieux encore limez délicatement la surface de la lame pour éliminer toute bavure restante. 

Mieux encore, regardez cette vidéo (c’est en anglais, mais vous découvrirez facilement la simplicité enfantine de cet affûtage). Voilà, vous aurez désormais compris que vous n'aurez plus jamais besoin d'acheter de nouveaux ciseaux ! 

samedi, juin 27, 2026

Gérard Brémond, 1937-2026

Né à Boulogne-Billancourt le 22 septembre 1937, Gérard Brémond rencontre le champion olympique de 1960, Jean Vuarnet, au début des années soixante. Ensemble, ils développent la station de ski d'Avoriaz, près de Montriond, mon village d’origine. 

Ce nouveau domaine skiable n'a pas été facile à concevoir et à aménager, compte tenu de son environnement et de son terrain extrêmement accidentés. Avoriaz est en effet né de la parfaite harmonie entre un concept de station sans voitures, à l'instar de Zermatt (une idée de Vuarnet), et l'intégration harmonieuse de l'architecture aux falaises et au paysage naturel (la vision de Brémond). 

Ce dernier refusa de choisir la solution de facilité qu’avaient suivit les stations comme Les Arcs, La Plagne, Flaine ou Le Corbier avec des projets de développement sans imagination et, il faut bien le dire, d'une laideur reflétant un coût bien moindre. 

Brémond s'est donc entouré d'une équipe d'architectes créatifs, menée par Jacques Labro, Jean-Jacques Orzoni et Jean-Marc Roques, ce qui a conféré au projet son caractère architectural unique. Compte tenu de sa complexité quand elle fut inaugurée en 1967, la station avait probablement engendré des coûts bien supérieurs aux prévisions. 

Au fil de son expansion, le site a évolué vers des bâtiments plus simples et plus faciles à construire. En 1973, Brémond lançait lr concept de résidence touristique « Pierre et Vacances » puis continuait une expansion remarquable à peine freinée par Covid en 2020. 

Je n’ai jamais eu de contact personnels avec Gérard Brémond, mais son rôle primordial dans la création d’Avoriaz a positivement influencé ma jeunesse et a largement contribué à bien lancer ma carrière professionnelle. Il est également vrai qu’il laissé dans son sillage des projets de construction intégrés à l'environnement, proches de la nature, et innovants en matière d'hébergement touristique.

vendredi, juin 26, 2026

Barbe blanche coriace ! (Deuxième partie)

Outre l'usure naturelle, plusieurs facteurs contribuent à l'usure prématurée des lames. Laisser son rasoir dans une douche humide provoquer une oxydation microscopique qui ronge le tranchant avant même sa réutilisation. Un peu de patience est également essentiel : se raser à sec ou sans avoir suffisamment ramolli les poils crée une forte résistance, ce qui a pour effet de contraindre et d'ébrécher l'acier ultra-fin affectant son efficacité. 

Si, comme moi, vous vivez dans une région où l'eau est dure, des dépôts minéraux laissent des résidus microscopiques sur le tranchant, augmentant la friction et réduisant son efficacité. 

Il est donc crucial de bien mouiller le poil, la crème à raser et les cellules mortes après chaque passage, car ces éléments corrosifs se déposent sur le métal et accélèrent sa dégradation. 

Souvent, par bonne volonté, on a tendance à appuyer trop fort sur le rasoir, forçant aussi le tranchant à racler violemment la peau au lieu de glisser, ce qui provoque des micro-ébréchures. 

Enfin, j'ai trouvé ce conseil utile sur Reddit (en anglais) et vous devriez le suivre. 

L'eau est clairement l'ennemi. Les plus méticuleux utilisent un sèche-cheveux à puissance pendant 10 à 15 secondes pour évaporer les micro-gouttes d'eau. Certains trempent la tête de leur rasoir dans un petit récipient d'alcool ou d'huile minérale entre deux rasages pour éviter la corrosion due à l'humidité. Bien s'hydrater après la douche permet d'appliquer une huile de pré-rasage de qualité ramollissant le poil. 

J'utilise de la crème à raser, mais son interaction avec la lame dépend beaucoup de sa composition et de la façon dont elle est rincée. Les huiles épaisses, les silicones et les émollients riches peuvent facilement encrasser la lame sous la forme d'un film tenace difficile à enlever. Certains gels et crèmes en aérosol contiennent également une forte concentration d'alcool qui accélère la dégradation du fil. 

Une mousse trop épaisse peut retenir l'eau contre le tranchant, même après un rinçage rapide, provoquant une rouille microscopique. Il est donc conseillé de rincer fréquemment le rasoir à l'eau chaude courante pendant le rasage afin de liquéfier et d'éliminer les résidus de savon. Diriger le jet d'eau pour libérer la crème et les poudres incrustées. 

Enfin, n'essayez pas de nettoyer la lame avec une serviette ou un cure-dent pour enlever cette pâte, car cela va la déformer et l'émousser. Plongez plutôt la tête de lame dans de l'alcool après le dernier rinçage pour dissoudre complètement les dernières pellicules de savon et éliminer l'eau. 

Si vous suivez tous ces conseils, vous êtes un saint et vous venez de perdre deux fois plus de votre temps précieux à vous raser au lieu de faire des choses plus marrantes ! 

jeudi, juin 25, 2026

Barbe blanche coriace ! (Première partie)

Comme ma barbe est blanche, j'ai cru que c'était une excellente excuse pour me raser moins souvent. Depuis que j'ai adopté cette habitude (douteuse), j'ai constaté que j'use plus de lames. 

Après avoir un peu de recherche, j'ai appris que les poils de barbe blancs usent plus vite les lames car ils sont moins pigmentés (absence de mélanine). 

Ils sont donc plus rêches, plus cassants et beaucoup plus difficiles à couper sans ébrécher la lame. Les principales raisons de cette usure accélérée sont les suivantes : 

Micro-ébréchures : Des études scientifiques montrent que les poils de barbe peuvent être presque aussi résistants qu'un fil de cuivre de même diamètre. Comme les poils blancs sont cassants, ils réagissent sur le tranchant microscopique du rasoir comme une fibre dure, provoquant de minuscules micro fissures et ébréchures au lieu d'une coupe nette. 

Pousse plus longue : Attendre plus longtemps avant de se raser signifie couper des poils beaucoup plus longs et plus denses. Lorsqu'une barbe pousse pendant plusieurs jours, plusieurs passages sont nécessaires, ce qui provoque des frottements et use rapidement le tranchant délicat de la lame. 

Corrosion au fil du temps : Si vous ne vous rasez pas souvent, votre rasoir risque de rester longtemps exposé à l'humidité de la salle de bain. Même l'acier inoxydable est très sensible à la rouille microscopique et à la corrosion lorsqu'il reste humide entre deux rasages, ce qui représente jusqu'à un tiers de l'émoussement des lames. 

Ceci étant dit, un émoussement prématuré n'est pas toujours le signe d'une lame bon marché ou défectueuse ; il est principalement dû aux agressions environnementales, aux frottements et à une mauvaise préparation. Demain, nous tenterons d'explorer ces aspects …

mercredi, juin 24, 2026

Temps d’aérer le trésor automobile !

L'un de mes voisins est un peu excentrique. Cela commence quand il promène ses deux énormes Saint-Bernard qui adorent se blottir contre nous, se faire caresser, et nous baver sur les jambes et sur la poitrine. 

Mais ce n'est pas tout : il possède une impressionnante collection de voitures de sport qu'il entasse littéralement dans ses trois garages, équipés d'ingénieux systèmes de rangement. L'autre matin, en passant devant sa maison donnant sur le parcours de golf, nous avons aperçu quatre de ses voitures, exposées devant sa résidence, un peu comme on étend le linge devant une villa méditerranéenne. 

J'ai pris une photo que j’ai soumise à deux sites d’intelligence artificielle pour identifier les véhicules et estimer leur valeur. Après vérification , je n'ai retenu que les estimations les plus conservatrices : 

1. Le cabriolet argenté (à l'extrême gauche, allée) est une Ferrari 360 Spider, produite entre 2001 et 2005, dont la valeur marchande est estimée entre 80 000 et 130 000, voire plus de 150 000 dollars pour une version à boîte manuelle 6 vitesses d'origine. 

2. La Targa rouge vintage (au centre gauche, allée) est une autre Ferrari Dino 246 GTS, fabriquée entre 1972 et 1974, d'une valeur comprise entre 350 000 et 550 000 dollars, ce serait le véritable joyau de cette collection. 

3. Le cabriolet argent métallisé (à droite, allée) est également une Ferrari 458 Spider, produite entre 2012 et 2015, dont la valeur est estimée entre 220 000 et 280 000 dollars. Certains exemplaires en parfait état et avec un faible kilométrage peuvent atteindre plus de 350 000 dollars. 

4. Le cabriolet bleu foncé métallisé (au premier plan, rue) est manifestement une Porsche 911 Turbo Cabriolet (génération 997.1 ou 997.2) produite entre 2008 et 2012, d'une valeur comprise entre 85 000 et 140 000 dollars. 

La valeur totale estimée de cette collection exposée se situe entre 735 000 et plus de 1 100 000 dollars, en fonction du kilométrage et de l'application ou non des surprimes pour boîte manuelle aux modèles 360 et 991. Cela reste bien peu de chose comparé à sa maison qui devrait facilement se vendre au-dessus de 4 millions de dollars ! 

D'après ce que je sais, ce septuagénaire divorcé, propriétaire de tous ces biens, était avocat spécialisé dans les divorces à Hollywood. Voilà qui pourrait faire réfléchir ceux qui envisagent de divorcer, sur la façon et la forme dont une grande partie du patrimoine du couple risque de disparaître …

mardi, juin 23, 2026

Créativité, temps et argent …

C'est incroyable jusqu'où la créativité peut nous mener ! La bonne idée ne fait pas seulement la différence ; elle change la donne. À l'instar d'un potager, une idée s'épanouit lorsqu'elle dispose de temps, d'un environnement propice et d'un peu d'attention. Dans ces conditions, l'argent devient le dernier de ses soucis.

La créativité trace le chemin, le temps le fait mûrir, et l'argent ne fait que suivre le mouvement si nécessaire. Difficile de contester cela. En effet, la créativité est un formidable multiplicateur de force. Lorsqu'elle est présente, le temps devient un allié, et l'argent, optionnel plutôt qu'essentiel. Les idées se développent comme le vivant : non par la force, mais grâce aux conditions. 

Les bonnes idées ne coûtent rien. Un environnement favorable est inestimable. En réalité, la créativité n'est pas seulement l'étincelle, elle est l'architecture. Certes, la plupart des gens pensent que la créativité est le « moment eurêka », mais la véritable magie réside dans le fait qu'elle trace le chemin de sorte que le temps et l'argent n'aient pas à travailler autant. 

Nous avons tous des niveaux de créativité différents, et le talent naturel pour cette ressource peut varier considérablement, mais chacun peut être créatif et trouver des idées simplement en évitant le gaspillage, en contournant les obstacles, en reformulant la plupart des problèmes quotidiens et en transformant les contraintes en atouts. Ce n'est pas seulement la graine, c'est le plan. Quant au temps, il n'est pas une entité passive, mais un ingrédient essentiel. 

Faites comme moi : considérez le temps comme de la terre, et vous aurez tout à fait raison. Le temps nous révèle l'essentiel, il filtre le superflu, fait mûrir la plupart des idées et finit par dévoiler des raccourcis invisibles au départ. Si l'argent peut accélérer le processus, le temps le transforme encore mieux. L'argent est la ressource la moins créative, et c'est un fait que l'on a rarement envie d'admettre. Il ne résout les problèmes qu'en ajoutant, tandis que la créativité les résout en soustrayant. 

Si l'argent achète le travail acharné et l'effort, la créativité achète l'élégance et finit toujours par triompher. Quand je parle d'« intention sincère », je veux dire que l'intention est le nutriment caché, le cœur même de l'idée. En effet, l'intention maintient l'idée cohérente, empêche l'ego de prendre le contrôle du processus et garantit un résultat significatif, et non mécanique. 

Une idée créative sans intention sincère n'est qu'une mauvaise herbe. Avec une intention sincère, elle se transforme en un jardin luxuriant !

lundi, juin 22, 2026

Jacques Martin, 1944-2026

Jacques Martin est décédé le 15 juin, il avait 81 ans. C’était l'un des trois associés de Sidas, une entreprise fondée en 1975 par trois moniteurs de ski français, dont lui-même, Loïc David et Gaby Pellicot, et basée près de Grenoble. 

Visionnaire, Loïc David, qui travaillait pour Le Trappeur, avait eu l'idée en apercevant une empreinte de pas sur une plage hawaïenne, de fabriquer des semelles moulées de manière similaire pour améliorer le confort des chaussures de ski. 

Faute d'outils spécialisés, il fabriqua son tout premier prototype dans un plat à gratin dauphinois. Cette ingéniosité initiale donna naissance à Sidas, puis à la marque Conformable, devenue synonyme de semelles orthopédiques sur mesure. L'entreprise s'étendit ensuite au secteur médical et aux chaussures de sport. 

En 2003, lors du départ à la retraite des fondateurs, elle fut vendue à un nouveau groupe de direction qui la dirige encore aujourd'hui. Avant ce changement, Jacques Martin s'occupait de l'administration et des finances, tandis que Loïc David était responsable du marketing et Gaby Pellicot gérait les aspects techniques et la production. 

Au milieu des années 90, alors que je distribuais Koflach aux États-Unis, j'avais sérieusement envisagé de devenir distributeur de Sidas en Amérique et j’avais été en contact étroit avec Jacques et Loïc pendant un certain temps. Finalement, j'avais renoncé, estimant que le potentiel commercial était trop limité par rapport à l’énorme travail requis.

dimanche, juin 21, 2026

Mieux comprendre la méditation (Quatrième partie)

Bien que les inconvénients de la méditation soient rares (je n'en ai personnellement jamais fait l'expérience), ils restent une possibilité. Paradoxalement, la méditation peut parfois, dans un premier temps, accroître l'anxiété. 

En cessant de se distraire, on peut devenir plus conscient de ses peurs, de ses soucis et de ses émotions refoulées. Si cet effet est temporaire pour certains, il peut être perturbant pour d'autres. La méditation peut aussi faire ressurgir du chagrin, des traumatismes, de la honte et des conflits non résolus. Ce n'est pas forcément néfaste, mais cela peut être accablant sans un accompagnement adapté. 

Les débutants pensent parfois méditer alors qu'ils s'inquiètent, ressassent des disputes ou ruminent leurs problèmes, ce qui peut renforcer leur mal-être au lieu de l'apaiser. 

Une petite minorité éprouve également un sentiment de détachement, une déconnexion avec la réalité, l'impression que le monde est irréel. Ces effets sont généralement temporaires, mais peuvent être effrayants. 

Les pratiquants peuvent aussi se désengager de leur famille, de leur travail et de leurs relations, la méditation étant parfois perçue comme un prétexte à la déconnexion. Il y a aussi le cas des pratiquants qui évitent les conversations difficiles, la thérapie, le travail émotionnel et qui utilisent « l'acceptation » comme excuse pour ignorer les problèmes. 

Plus inquiétant encore est l'égocentrisme excessif : certaines personnes deviennent trop préoccupées par leurs pensées, leurs émotions et leurs états intérieurs. Au lieu d'accroître la liberté, la pratique peut enfermer quelqu’un dans l'égocentrisme. Paradoxalement, il arrive que la méditation augmente l'autocritique si les attentes sont irréalistes. 

Curieusement, les pratiquants de longue date décrivent souvent un résultat différent : la méditation ne leur facilite pas nécessairement la vie, mais enrichit leurs expériences. Cette dimension accrue peut être agréable, neutre ou désagréable selon ce qui est observé. Je dois avouer que je n'ai jamais ressenti aucun de tous ces effets négatifs. Je dois être vraiment chanceux !

samedi, juin 20, 2026

Mieux comprendre la méditation (Troisième partie)

Sous ses diverses formes, les avantages et inconvénients de la méditation ne sont pas toujours clairement définis. Comme nous l'avons vu, le terme « méditation » englobe des centaines de pratiques. Si leurs effets se recoupent, ils ne sont pas identiques. 

On peut considérer la méditation comme une méthode d'entraînement mental qui peut produire des bienfaits, des effets neutres, voire beaucoup plus rarement des effets indésirables, selon l'individu, la technique, l'intensité et le contexte. 

Les preuves les plus convaincantes de ses bienfaits proviennent des interventions basées sur la pleine conscience et des pratiques apparentées étudiées en milieu clinique. De manière générale, les pratiquants rapportent se sentir moins submergés, récupérer plus rapidement des événements stressants, être moins réactifs émotionnellement et avoir une plus grande capacité à prendre du recul avant de répondre. 

Ensuite, s’observe une amélioration de l'attention et de la concentration, ainsi qu'une meilleure régulation émotionnelle, car les pratiquants expérimentés développent souvent une plus grande conscience de leurs émotions avant qu'elles ne deviennent envahissantes. 

Concrètement, cela se traduit par une diminution de la colère impulsive et des ruminations, une plus grande stabilité émotionnelle et une tolérance accrue aux émotions difficiles. Les symptômes d'anxiété sont également réduits, même si la méditation ne guérit pas toujours celle-ci. 

De nombreuses études montrent toutefois des réductions significatives de l'anxiété généralisée, des inquiétudes et des symptômes liés au stress. Dans un autre ordre d'idées, l'une des applications cliniques les plus probantes de la méditation est la prévention des rechutes dans la dépression récurrente. 

Les pratiquants apprennent souvent à mieux identifier les spirales de pensées négatives avant d'y être piégés. En matière de bienfaits pour la santé, si la méditation n'élimine généralement pas la douleur, elle modifie souvent la perception de celle-ci, la souffrance qui y est associée et atténue la réaction émotionnelle à la douleur chronique. 

On observe également de légères améliorations de la tension artérielle, des facteurs de risque cardiovasculaires et des réponses physiologiques liées au stress. Enfin, beaucoup constatent un sommeil plus rapide, moins de ruminations avant de s’endormir et en gros, une meilleure qualité de sommeil. 

Les enquêtes ont montré que les effets varient considérablement d'une personne à l'autre. Nombreux sont ceux qui rapportent remarquer leurs habitudes plus tôt, reconnaître les schémas émotionnels récurrents et mieux comprendre leurs motivations personnelles. On observe également une compassion et une empathie accrues, plus de patience et des relations interpersonnelles améliorées. 

Pour conclure cette série, nous poursuivrons demain en examinant les inconvénients et les risques potentiels de la méditation.

vendredi, juin 19, 2026

Mieux comprendre la méditation (deuxième partie)

Pas facile de définir ce qu'est la méditation. Pour commencer, il existe des centaines de techniques, mais la plupart des pratiquants se répartissent en quelques catégories. En tête de liste figure la méditation de pleine conscience (celle qui connaît aujourd’hui la croissance la plus rapide), suivie de la méditation par mantra (plus connue sous le nom de méditation transcendantale), de la méditation zen, de la méditation Vipassanā (vision pénétrante), de la méditation de bienveillance (Metta), de la méditation basée sur le yoga et de la prière contemplative chrétienne (voir tableau). 

À quel âge commence-t-on ? Cela varie selon les cultures. Dans celles qui sont traditionnellement fortement imprégnées de bouddhisme ou d’hindouisme, de nombreux enfants sont initiés avant l’âge de 10 ans, l’apprentissage formel débutant à l’adolescence. Dans les pays occidentaux modernes, les gens commencent beaucoup plus tard, généralement entre 20 et 50 ans. Souvent, l’entrée dans la pratique est motivée par le stress, la maladie, l’épuisement professionnel ou une étape charnière de la vie. 

Aux États-Unis, les adeptes de la méditation sont, de manière disproportionnée, des adultes d’âge moyen. On peut se demander si la méditation devient généralement une pratique qui peut durer toute une vie ; la réponse est oui, du moins traditionnellement. Chez les bouddhistes, hindous, taoïstes et chrétiens contemplatifs, la méditation est généralement considérée comme une discipline à vie, comparable à l’exercice physique ou à la prière. 

Toutefois, la méditation laïque moderne diffère : beaucoup de pratiquants méditent pour réduire leur stress et l’abandonnent souvent dès que le problème immédiat est résolu, tandis que d’autres alternent périodes de pratique avec périodes d’arrêt. Les études sur les applications de méditation montrent systématiquement qu’il est difficile de maintenir la pratique sur le long terme. Il n’existe pas de chiffre global unique, mais les taux d’abandon sont élevés. 

Selon le programme, les formations courtes de pleine conscience perdent souvent entre 20 et 50 % de leurs participants avant leur terme. Les applications de méditation perdent fréquemment la majorité de leurs utilisateurs en quelques mois, et seule une minorité maintient une pratique quotidienne pendant des années.

 Aux États-Unis, une vaste étude a révélé qu’environ 79 % des personnes ayant déjà médité l’avaient également fait au cours de l’année écoulée, ce qui suggère que beaucoup poursuivent la pratique, au moins par intermittence ; la méditation n’est donc généralement pas totalement abandonnée, mais une pratique quotidienne régulière reste bien plus rare qu’une pratique occasionnelle ou intermittente.

Dans le prochain article, nous explorerons les aspects les plus connus et les inconvénients potentiels de la pratique …

jeudi, juin 18, 2026

Mieux comprendre la méditation (Première partie)

Cela fait près de six ans et demi que je médite sans manquer un seul jour. J'avais commencé en 1969, mais j'avais arrêté et repris par intermittence pendant de courtes périodes. Cela dit, ne concluez pas trop vite que la méditation crée une dépendance ; elle n'est généralement pas considérée comme pathologique, même si certains s'attachent aux états mentaux agréables qu'elle peut offrir. 

C'est simplement une pratique difficile à maintenir sur la durée, pour toutes sortes de raisons. Certes, des centaines de millions de personnes méditent à travers le monde et cette pratique gagne rapidement de nouveaux adeptes, en particulier dans le domaine de la pleine conscience. Contrairement à moi, la plupart des gens ne parviennent pas tous à maintenir une pratique quotidienne rigoureuse sur de longues périodes ; les taux d'abandon sont élevés, surtout pendant les premiers mois qui suivent les débuts. 

La méditation peut être pratiquée à tout âge, de l'enfance (dans les cultures traditionnelles) à l'âge mûr (dans des contextes laïcs comme le nôtre, en Occident). Il n'existe pas de statistiques fiables, pays par pays sur la participation ; les taux de participation les plus élevés s'observent là où la méditation est intégrée à la vie religieuse et culturelle (voir tableau). 

La plus grande incertitude concerne l'Asie où la méditation est souvent indissociable de la vie religieuse et n'est pas toujours comptabilisée hors prière, fréquentation des temples, yoga ou autres pratiques spirituelles. 

Pour des pays comme l'Inde, la Thaïlande, le Myanmar, le Sri Lanka, le Bhoutan, la Chine et le Japon, l'importance culturelle de la méditation est évidente, mais les données rigoureuses et représentatives à l'échelle nationale concernant sa prévalence sont étonnamment rares. 

Une conclusion intéressante se dégage des données disponibles : les pays laïcs modernes tels que l'Australie, la Nouvelle-Zélande, le Canada et les États-Unis affichent désormais des taux de participation à la méditation comparables — voire parfois supérieurs — à ceux observés dans de nombreux pays de tradition bouddhiste. 

Tout dépend toutefois de la définition retenue pour la « méditation », un aspect que nous aborderons dans le prochain article.

mercredi, juin 17, 2026

Barbecue : toilette de printemps

Il y a quelques jours, j'ai reçu une carte postale de Bar-B-Clean, une franchise locale, m'invitant à faire nettoyer notre barbecue à domicile. Plus besoin de me salir les mains ! Je l'avais fait moi-même l'an dernier et je dois avouer que ce n'est pas ma corvée préférée !

De plus, les Américains adorent faire inspecter, réparer et lubrifier leurs vélos avant la saison, ou encore faire un nettoyage à fond (intérieur et extérieur) de leur voiture à domicile. Alors pourquoi ne pas faire de même pour ce très précieux barbecue avant l'été ? 

J'ai consulté les tarifs et pour un barbecue de taille moyenne comme le nôtre, cela nous coûterait entre 200 et 300 euros. Le prix final peut varier en fonction de la taille de l'appareil. Par exemple, un grand barbecue ou un modèle encastré pourrait coûter plus de 700 euros. Si des prestations supplémentaires sont nécessaires, prévoyez un tarif de base de 110 euros de l'heure, pièces non comprises. 

L'entreprise utilise un nettoyage en profondeur à la vapeur, et un dégraissage pour que l'intérieur du barbecue soit impeccable, sans résidus et parfaitement propre au toucher. 

Avec environ 20 euros de fournitures, ma femme et moi avons (presque) obtenu un résultat aussi bon en moins de deux heures cet après-midi-là. 

Notre barbecue n'est pas complètement remis à neuf, mais est très propre et ce faisant, nous avons économisé la coquette somme d’au moins 200 euros !

Dernier névé à Park City

Chaque année, c'est la même chose. Le 16 juin a une signification particulière pour moi. Ce jour-là, en 1985, alors que je cherchais une maison, j'avais loué une grosse caméra pour filmer celle que nous avons finalement achetée à Park City, afin que ma femme puisse la voir et approuver ma sélection. 

Il y avait une fenêtre en œil de bœuf, et à travers celle-ci, j'avais filmé Jupiter Peak avec son tout petit névé juste en dessous du sommet, de la même taille que sur la photo ci-dessous ! 

Le plus étonnant, c'est que cet hiver a été le pire que l’Utah n’ai jamais eu en matière d'enneigement, et pourtant, après l'excellente saison de neige que fut 1984-85, il reste autant de neige cette année, sans parler de la quantité encore plus importante autour de la combe principale et du couloir de Portuguese Gap, grâce à des mois d'avril, mai et juin très frais. 

Étonnant, n'est-ce pas ?


 

mardi, juin 16, 2026

Fréquentation décevante !

Les chiffres de fréquentation des stations de ski de l'Utah viennent enfin d’être publiés pour la saison d'hiver 2025-2026. Avec seulement 4,8 millions de visiteurs (un chiffre arrondi vers le haut, semble-t-il, pour arranger les choses), cela représente une baisse de 26,2 % pour nos 15 stations par rapport à la saison précédente. 

Un déclin significatif, même supérieur à celui du Colorado, qui n’a chuté que de 24 %. C'est également bien loin du record de 7,1 millions de journées-skieur enregistrées lors de la saison 2022-2023, marquée par des chutes de neige exceptionnelles. 

Un porte-parole de Ski Utah a déclaré : « … Le principal enseignement de cette année est qu'il s'agit d'une anomalie, et que l'industrie du ski en Utah est véritablement à la merci des caprices de la météo.» 

 J'aimerais pouvoir dire que ce n'est pas qu'une « anomalie », mais plutôt qu'il s'agit du début d'une tendance, démontrant que le réchauffement climatique est là pour durer, qu'il va falloir compter sur lui et qu'il ne disparaîtra pas de sitôt. 

Historiquement, l'Utah a connu son plus faible enneigement jamais enregistré, ce qui reflète la quantité d'eau contenue dans les chutes de neige reçues, mais de nombreuses stations ont également eu du mal à rester ouvertes en raison des températures record enregistrées pendant la majeure partie de l'hiver. De longues périodes douces entre les chutes de neige et des précipitations plus chaudes ont généré davantage de pluie que d’habitude à haute altitude, tout en rendant difficile la production de neige artificielle. 

Cette saison désastreuse est liée aussi à la politique. Les politiciens à courte vue sont désespérément incapables de répondre à long terme, comme le réchauffement climatique, et n'hésitent pas à sacrifier les solutions durables pour des gains à court terme. Non seulement aux États-Unis, où Trump et ses alliés républicains tournent carrément le dos à l'environnement, mais aussi en Europe, où les sacrifices nécessaires à une stratégie efficace de protection du climat semblent trop onéreuses dans leur vision à court terme.

lundi, juin 15, 2026

Comment mieux s’informer (Cinquième partie)

Nous souhaitons tous nous forger une opinion éclairée et nous allons aujourd'hui aborder une méthode qui nous permettra de dépasser les discours partisans. Nous partirons du problème, et non des positions, en nous posant les questions suivantes : 

  • « Quel est le problème sous-jacent ?» 
  • « Quels sont les intérêts des acteurs impliqués ?» 
  • « Quelles contraintes influencent leur comportement ?» 

Nous identifierons ensuite les compromis, et pas simplement la « bonne réponse ». Chaque problème réel comporte des prix à payer, des avantages, des gagnants et des perdants. Ainsi, une opinion éclairée repose sur l'analyse des compromis, et non sur la prise de parti. Rien n'est jamais tout noir ou tout blanc, et les erreurs sont inhérentes à la vie. 

Nous sommes alors prêts à distinguer les faits des interprétations, car les faits sont vérifiables, les interprétations sont des récits et les prédictions ne sont que des conjectures, alors que la plupart des médias ont tendance à mélanger les trois. En fin de compte, n'oublions pas que nous ne cherchons pas de « l’information », mais du sens, et le sens ne se mesure pas en quantité. 

Le sens découle plutôt du contexte, de la synthèse, de la réflexion, de la conversation et des cadres de référence. Si ce sujet de discussion nous intéresse, cela montre aussi que nous en avions déjà l'intuition. Ce qu'il nous faut construire et avec quoi nous sentir à l'aise, c'est une structure qui protège notre attention et canalise notre curiosité. 

Les ressources sont nombreuses ; choisissez-en quelques-unes où vous sentez à l’aise, que vous maîtrisez et tenez-vous-y. Bonne chance !

dimanche, juin 14, 2026

Comment mieux s’informer (Quatrième partie)

Dans cette section, nous verrons comment conserver un regard critique. Si nous cherchons une méthode pour y parvenir (sans devenir cynique), il faut savoir que la pensée critique n'est pas du scepticisme, mais une forme de curiosité structurée. Voici une méthode simple applicable à tout sujet : appelons-la « La méthode des 5 questions ». Face à une information, posons-nous les questions suivantes : 

  • « Est-ce important ou simplement urgent ?» 
  • « S'agit-il d'une information nouvelle ou de vieilles informations recyclées ?» 
  • « À quelle tendance de fond cela se rattache-t-il ?» 
  • « Quelles seraient les conséquences pour moi si j'ignorais cette information ?» 
  • « Quel est l'argument le plus convaincant contre la position présentée ?» 

Si une information ne répond pas aux trois premières questions, nous pouvons l'ignorer sans problème. Ensuite, pour tout sujet que nous souhaitons comprendre, nous appliquons la règle des « deux sources, deux perspectives » : 

Commençons par lire une source reconnue, puis une source externe ou contradictoire. 

Nous lisons une analyse de gauche, puis une analyse de droite. Ce n'est pas pour « équilibrer » les choses, mais pour les recouper. 

Enfin, nous apprenons le principe de la « prise de conscience progressive » : lorsqu'un sujet est émotionnellement chargé, nous attendons 48 heures avant de nous forger une opinion, car la plupart des premières impressions sont erronées, incomplètes ou manipulées. 

Si cela vous semble un luxe, sachez que je n'ai pas non plus vraiment le temps de m’y consacrer ! Dans le prochain article, nous découvrirons une méthode pour se forger des opinions éclairées. Ce n'est donc pas fini.

samedi, juin 13, 2026

Comment mieux s’informer (Troisième partie)

Face au déluge d'informations qui nous assaille, il est évident que nous devons construire une architecture d'information personnelle. Au lieu de dire « Quels sont les bons médias ? », nous devrions nous demander « De quelles informations ai-je besoin pour bien vivre, penser clairement et agir de manière pertinente ?» 

Partant de là, nous devrions structurer nos sources d'information autour de ces questions. Cela commence par trois niveaux d'information fonctionnant comme un filtre efficace : 

Niveau 1 — Informations structurelles (à forte valeur ajoutée, sans bruit de fond) Il s'agit des forces à long terme qui façonnent notre monde, telles que la démographie, l'économie, la technologie, le climat, la géopolitique et les institutions. J’ai appris que de bonnes sources pour ces informations sont The Economist (hebdomadaire), le Financial Times (édition du week-end), Foreign Affairs (magazine, 6 numéros par an), MIT Technology Review (magazine bimestriel) et les podcasts longs (Ezra Klein, Sean Carroll, Conversations with Tyler). Actuellement, je ne suis abonné à aucun de ces médias et je ne les lis jamais, à l'exception occasionnellement de l’Economist. Il faudrait que je m'y intéresse sérieusement mais mon temps pour cela à d’énormes limites ! 

Niveau 2 — Analyses ciblées (pertinence moyenne, bruit de fond moyen) Ces analyses sont conçues pour nous aider à interpréter les événements sans nous y noyer : il s'agit de newsletters rédigées par des experts du domaine, des auteurs de Substack de confiance (plateforme de publication en ligne permettant aux auteurs, podcasteurs et créateurs de vidéos de publier du contenu directement auprès de leur public via des newsletters et un site web dédié). On trouve également des analyses explicatives de think-tanks (Brookings, RAND, CSIS) qu'il convient de survoler. 

Niveau 3 — Actualités quotidiennes (faible pertinence, bruit de fond élevé) C'est ce que j'utilise et, d'après les experts, c'est là que l'on peut se perdre dans les méandres d'informations. Un environnement de recherche apparemment simple qui peut conduire à une chaîne complexe et chronophage de découvertes connexes, rendant difficile d'arrêter d'explorer ou de revenir à sa tâche initiale. Parmi ces sites d'actualités quotidiennes, on peut citer AP News, Reuters, la BBC et NPR Morning Briefing. 

Ce sont des informations factuelles, sans sensationnalisme ni manipulation, et AP News ainsi que NPR font partie de mon menu médiatique quotidien et vont sans doute y rester. Dans le prochain article, nous essaierons de privilégier une approche critique directe et simple …

vendredi, juin 12, 2026

Comment mieux s’informer (Deuxième partie)

Hier, nous nous sommes interrogés sur la manière de trouver une méthode structurée et pratique pour recueillir des informations de qualité. Il ne s'agit pas nécessairement d'une liste de « meilleurs médias », mais d'identifier un système qui nous permette de rester informés sans nous noyer sous un flot d'informations. 

Or, aujourd'hui, dans notre quête d'informations de qualité, trois forces nous freinent : A. Le problème du flux incessant d'informations De loin le pire de tous, il s'agit d'un excès d'informations, diffusées de manière trop intensive. 

L'actualité n'est plus un résumé quotidien, mais un flux continu 24h/24 et 7j/7, optimisé pour susciter l'engagement plutôt que pour stimuler la réflexion et approfondir la compréhension. 

Ce flux crée une nouveauté constante, un contexte superficiel, une surcharge émotionnelle et l'illusion que tout est urgent. Résultat : notre cerveau est constamment en train de trier les informations sans avoir le temps de les digérer. B. Le problème de la fragmentation Chaque sujet est décomposé en micro-controverses, chacune engendrant ses propres complications. 

C'est la recette idéale pour se retrouver avec encore plus d'informations, des données éparpillées, moins de sens, plus d'incertitude et beaucoup moins de confiance. C. Le manque d'applicabilité Par « applicable », j'entends fournir les informations, les outils ou les éléments nécessaires pour obtenir un résultat concret et immédiat. 

Ceci étant dit, il est vrai que la plupart des actualités ne sont ni exploitables, ni pertinentes pour notre vie, et totalement déconnectées des tendances à long terme. Résultat : une fois la lecture terminée, nous avons l'impression que rien n'a vraiment changé. 

Pour remédier à ces problèmes, nous verrons dans notre prochain article comment développer une méthode bien plus efficace pour produire une information qui nous soit utile. Restez connectés !

jeudi, juin 11, 2026

Comment mieux s’informer (Première partie)

Force est de constater qu'il est de plus en plus difficile de trouver une information suffisamment pertinente pour susciter notre réflexion et bien nous aider à nous forger une opinion éclairée sur les enjeux quotidiens, qu'ils soient politiques ou sociétaux. L'information est si abondante qu'il devient de plus en plus ardu de distinguer ce qui est important, utile et surtout exploitable. 

C'est pourquoi je me demande s'il existe une meilleure façon d'accéder à l'essentiel sans avoir l'impression de perdre mon temps à me perdre dans des digressions qui ne font qu'accroître mes incertitudes sans améliorer ma compréhension. Où trouver les bons médias ? Comment conserver un regard critique ? 

J'ai le sentiment de décrire un sentiment partagé par beaucoup d'entre nous : l'impression que l'information abonde, mais que la compréhension est rare. Non pas par manque de curiosité ou d'intelligence, mais parce que l'environnement informationnel moderne est conçu pour fragmenter l'attention, amplifier le bruit ambiant et privilégier la réaction émotionnelle au détriment du jugement réfléchi. 

Avant d'approfondir notre recherche de solutions, voici un bref résumé de ce qui serait possible pour y voir plus clair. Restreindre nos sources d'information, structurer notre consommation d'actualités et adopter une méthode réfléchie pour se forger une opinion, en s'affranchissant du flux incessant d'informations. 

C'est ce que nous commencerons à explorer dans notre prochain article.