mardi, décembre 06, 2016

Cet oiseau court-circuite l’histoire du ski

L'histoire du ski s'étend sur des siècles. D'abord, skier c’était glisser sur des terrains enneigés assez plats pour la plupart ; ensuite, la descente est arrivée, exigeant une remontée de la pente par des moyens souvent très pénibles.

Tous ces changements sont intervenus lentement et très progressivement. Finalement sont apparues les remontées mécaniques. Téléphériques, télécabines, téléskis, télésièges et funiculaires. Plus récemment, l'hélicoptère s'est imposé comme le moyen le plus rapide - bien que peu respectueux de l'environnement – d'atteindre les sommets.

Bien qu'ayant un tout petit cerveau, l'oiseau que vous voyez sur cette vidéo a fait mieux que nous en compressant ce processus d'apprentissage et en incorporant le plaisir de la glisse avec un minimum de matériel : une « planche » ronde (un couvercle de yogourt), de la bonne neige (on dirait de la poudreuse), une pente parfaitement régulière et une remontée mécanique integrée (ses propres ailes).

Maintenant, comparez cet exploit à celui de l'espèce humaine avec son gros cerveau qui a pris si longtemps pour arriver à ce niveau de sophistication !

La bonne façon d'attaquer la saison de ski

La plupart des débuts de saison de ski se ressemblent. La neige vient progressivement; les station ne peuvent guère en fabriquer que s'il fait assez froid, cela prend toujours un peu plus de temps pour enneiger les premières pistes ouvertes et tandis que les skieurs se font des illusions en imaginant deux mètres de neige le jour de l'ouverture, cela arrive rarement, sinon jamais, et surtout pas en novembre.

En réalité, les fous de la poudre sont servis au compte-gouttes, une petite chute à la fois. En fait, c'est beaucoup mieux comme ça, car cela nous permet de commencer progressivement, de retrouver nos sensations, de nous réhabituer à la vitesse, à la présence d'autres usagers tout autour de nous et de bien nous réhabituer à nos planches.

Non pas que nous ayons oublié le sport pendant la bonne saison, mais c'est toujours une bonne chose de pouvoir revenir « en douceur ». Si nous n'avions pas ce retour progressif, nous aurions la sensation d’être agressés de toute part ans y être bien préparés et cela serait aussi à la fois plus inquiétant et plus dangereux.

Merci, Mère Nature de nous retremper tout doucement dans cette nouvelle saison de ski !

lundi, décembre 05, 2016

Si le succès n'apporte pas le bonheur ...

... Le bonheur peut-il amener le succès ? Très probablement, je pense. Il y a quelques jours, je tombais sur cet aphorisme et je me suis mis à réfléchir au fameux principe du « chariot avant les bœufs ».

C'est sans doute un peu vrai que le bonheur est une prédisposition que nous avons ou que nous n'avons pas. En d'autres termes, c'est un état d'esprit que nous choisissons délibérément et qui ne représente aucun coût direct pour nous.

Juste comme d'avoir une perspective positive sur le monde, d'esquisser un sourire, d'avoir un geste amical, une capacité de toujours bien voir notre tasse à moitié pleine et d'apprécier ce que nous avons, aussi mince que cela puisse être.

Le bonheur c'est aussi la couleur et la toile de fond de nos vies. S'il celle-ci est constamment éclatante, il y a de grandes chances qu'elle attirera le bien et tout ce que nous pouvons souhaiter.

Bien sûr, tout ce qui en résultera ne sera pas nécessairement qualifiable de « succès », mais cela sera toujours réconfortant et apportera un bonne portion de ce bonheur que nous avions emprunté lorsque nous « amorcé la pompe ! »

dimanche, décembre 04, 2016

Coincé entre 2 skieurs de très haut niveau ...

Avant-hier, j'étais sur le télésiège entre deux hommes assis de chaque côté. Ils étaient tous deux dans la fin de la quarantaine, début de la cinquantaine, semblaient costauds, forts et mal rasés. L'homme assis à ma gauche avait une paire de skis Head, celui qui se trouvait à ma droite avait une paire de skis de slalom Atomic et des bâtons courbés de slalom géant.

Sans se soucier de moi, assis tranquillement et silencieusement au milieu, ils entamèrent une conversation qui dura pendant toute la montée.

Homme de gauche : « T'aimes tes Atomics ? »
Homme de droite : « Ouais, ce sont des 'skis de race-room' ... » Ce gars parlait comme Marcel Hircher.
Homme de gauche : « J'avais les même avant ces Heads, mais je le trouvaient beaucoup mieux, beaucoup plus vivaces ! »
Homme de droite : « C'est simple, tes skis sont pas fait main au 'race room' comme les Atomics ! »
Homme de gauche : "Et tes fixations, c'est quoi exactement ? » Il parlait juste comme s'il avait été Aksel Svindal.
Moi : « C'est des Look ... » Je m’étais trompé, l'homme de gauche ne m'adressait pas la parole, c’était au gars sur ma droite à qui il parlait. Moi, j'avais juste des Dynastar Power Pack bien ordinaires et j'avais l'air d'un septuagénaire qui ne pouvait pas comprendre.
Homme de droite : « C'est des 'fix' de compétition. Elles vont jusqu'à 22 ! »
Homme de gauche : « C'est un réglage dur ! »
Homme de droite : « T'as pas à les régler à fond ! »
Homme de gauche : « T'as sûrement raison ... »

Nous sommes arrivés au sommet, j'ai poussé sur mes bâtons comme un fou, et je suis parti dans la pente comme une fusée et je n'ai jamais revu ces deux cons ...

samedi, décembre 03, 2016

Mon billet pour l'Amérique a 40 ans !

C'est en décembre 1976 que notre vie a soudainement basculé. À ce moment, ma jeune épouse et moi avions décidé que Nevers, ville provinciale bien ennuyeuse en plein milieu de nulle part où se trouvaient les fixations de ski Look, ainsi que mon travail sur place, ne nous apportaient pas le genre de satisfactions que nous attendions de la vie.

En quelques semaines, nous avions mis en ventre notre petit appartement ancien acheté un peu plus d'un an auparavant en plein centre ville, récupéré juste un peu plus que ce que nous avions payé pour celui-ci, et prévu de retourner dans mon chalet qui venait juste d’être terminé à Montriond, tout près de Morzine, où j'allais reprendre l'enseignement du ski à la station d'Avoriaz.

À peu près au même moment, Look tenait à son usine sa réunion annuelle internationale d'agents et de distributeurs, et les cadres de Beconta, nos distributeurs américains, étaient présents. Quand ils nt appris que j'allais quitter Look, ils m'ont demandé si je considérerais un emploi dans leurs bureaux de New York pour assister dans la filiale que Look allait lancer en collaboration avec ce distributeur.

Kip Pitou, un des vice-présidents est l'individu qui m'a effectivement proposé le travail en pensant que mes talents compléteraient le manque de connaissances de la branche du ski dont souffrait Ed Paul, le nouveau président de leur nouvelle organisation de distribution aux États-Unis. L'offre avait reçu toute mon attention et après une négociation assez courte, j'ai dû conclure que cette occasion représentait une chance inouïe pour moi et ma carrière.

J'ai donc accepté le poste avec enthousiasme alors que mon épouse n'était pas trop sûre, ne connaissant pas l'anglais et n'ayant jamais mis les pieds outre-Atlantique. Je dois dire que j'ai un peu forcé la décision en en sautant sur l'occasion. J'enseignerais le ski à Avoriaz pendant les vacances de Noël - Nouvel An et commencerais mon nouvel emploi américain, début janvier 1977.

L'ignorance cachant beaucoup d'écueils, je n'avais aucune idée de ce que j'entreprenais, là où je m'embarquais et ne me doutais guère ce que cette décision fatidique entraînerait en matière de difficultés, de souffrance et de déceptions en tout genres, tout au long du chemin, mais celle-ci allait préparer le terrain pour une longue carrière, une riche expérience, la naissance de deux enfants américains et une nouvelle vie de l'autre côté de l'Atlantique que je continue d’apprécier énormément à ce jour !

vendredi, décembre 02, 2016

Le février glacial de 1956

J'étais encore enfant et vivais avec mes parents à l'époque ; le mois de février de 1956 avait vu le plus sévère coup de froid de mémoire d'homme dans notre village de montagne.

Cela avait duré du 7 au 29 février, avec 23 jours consécutifs de températures des plus glaciales qui soient. Récemment, j'en reparlais avec mon frère, avec qui alors, je partageais la même chambre. Il m'avait alors dit se rappeler que le mur intérieur de celle-ci était littéralement recouvert de glace. C'est bien ça, une vraie plaque de glace!

Difficile d'imaginer, la glace sur un pan de mur tout entier, pas seulement du givre sur les carreaux des fenêtres; maintenant, je m'en souviens parfaitement bien ! Notre maison en parpaings n’était pas du tout isolée et mon frère qui avait toujours eu les poumons très fragiles se trouvait dans un environnement absolument insalubre qui allait exacerber le grave emphysème dont il souffre depuis bien longtemps.

Bien sûr, nos parents n'avaient aucune idée du danger en ces temps là, et pour eux c'était tout simplement leur façon d'accepter de façon fataliste l'idée de sélection naturelle !

jeudi, décembre 01, 2016

Pourquoi les coûts de santé américains sont-ils si élevés ?

Aux États-Unis, le coût des soins de santé est de loin le plus élevé du monde par rapport au PIB du pays. La plupart des autres pays développés dépensent beaucoup moins que nous par rapport à leur propre produit intérieur brut.

Comment expliquer une telle différence ? Aujourd'hui, les Américains dépensent environ 3 000 milliards d'euros, soient 9 000 euros par personne pour des soins de santé dont les résultats ne sont pas meilleur que dans n'importe quel de ces pays et où l'espérance de vie reste à la traîne de toutes ces nations. Les chiffres ne cessent de monter au fil des années, laissant présager que vu leur prix inabordables, les soins de santé seront peut-être un jour une entité à rationner ?

Notre système serait-il être si inefficace qu'il provoque cette disparité, y a-t-il une armée de partis qui s'enrichissent en chemin, comme les hôpitaux, les médecins, les laboratoires pharmaceutiques et les compagnies d'assurances ? Probablement. Le bon sens suggérerait un moyen d'analyser ce que font les autres pays pour offrir des soins de santé à une fraction de ce que cela coûte aux Américains. Que faisons-nous des meilleures pratiques ?

Sommes nous devenu si insulaire et nous sentons nous si supérieurs que nous choisissons d'ignorer les bonnes pratiques suivies par tous ces pays qui font mieux que nous ? Ces questions demandent d'avantage de discussions et d'analyse en vue de sélectionner des solutions capables de retourner la situation !

mercredi, novembre 30, 2016

François Baud, 1928-2016

Morzinois « pur et dur », François Baud, dit «Piron», vient de s’éteindre ce 24 novembre. Vers 1950, c'était le héros du coin quand il était membre de l'équipe de France de ski.


C'était un fort skieur, suffisamment talentueux pour avoir participé aux championnats du monde de ski à Aspen en 1950. Pendant qu'il était aux États-Unis ce même hiver, il avait réussi à remporter le slalom de la Coupe Harrimann, à Sun Valley, dans l'Idaho.

Notre champion olympique local, Jean Vuarnet s’était toujours émerveillé des capacités athlétiques de François Baud. Je me souviens de ce dernier quand j'ai commencé à travailler à l'École de ski d'Avoriaz.

Il faisait partie de l’école de ski à titre honorifique et avait également joué un rôle déterminant en enclenchant la crise de 1971 qui avait secoué toute l’école et fortement influencé ma carrière.