vendredi, novembre 17, 2017

Sécurité au rabais ?

La mort tragique du skieur français David Poisson nous rappelle que la descente est une discipline très dangereuse qui nécessite un ensemble de règles de sécurité bien précises pour minimiser les risques auxquels s'exposent les athlètes.

Au fil des ans, les compétitions ont gagné en sécurité, tirant les enseignements de tous les accidents tragiques qui ont pu se produire saison après saison. Le jour de la course et pendant les séances d'entraînement précédant une épreuve de descente, la station organisatrice consacre beaucoup de temps, d'attention et d'argent à s'assurer que les installations de sécurité répondent aux normes établies par la Fédération Internationale de Ski (FIS).

Que devrait-il se passer lorsque les coureurs s'entraînent en dehors des courses officiellement sanctionnées ? Comme l'entraînement est précisément le seul moment où l'athlète est mentalement assez libre pour « lâcher les chevaux » et tout donner, les accidents et blessures peuvent être assez nombreux. Il est donc logique d'assumer que la prise de risque sera importante, que les vitesses seront plus élevées et que la protection devrait être au moins la même qu'en compétition.

Est-ce toujours le cas? Probablement pas, car les conditions de piste lors d'un entraînement routinier ne sont jamais aussi parfaites que le jour d'une course, et cela était sans doute vrai dans le cas de cet accident. Selon certains témoignages, les skieurs passaient cette courbe à 100 km/h et, après avoir perdu son ski, Poisson a traversé deux filets hauts de 25 mètres avant de s'écraser contre un sapin.

Aurait-il du y avoir les plus grands filets de 40 mètres ancrés avec un câble à cet endroit particulier ? Qui a décidé de l'infrastructure de sécurité pour ces séances d’entraînement ? Les entraîneurs des équipes impliquées (français, italien ou suisse) ou bien Nakista, la station de ski accueillant ces équipes ?

Le type de prestations offertes par la station canadienne et les équipements de sécurité disponibles se heurtaient-ils à des contraintes budgétaires qui auraient pu influencer le choix final des infrastructures sécuritaires choisies par les entraîneurs ?

À ce stade, il semble qu'il n'existe pas de règles bien définies émanant de la FIS et régissant les mesures de sécurité utilisées pendant des entraînements en dehors des jours de course et des journées d'entraînement précédant une descente.

En l'absence de telles règles, il est évidemment trop facile d'attribuer la faute à qui que ce soit (directeurs d’équipes, entraîneurs, stations) ; en même temps une sécurité diminuée pour quelle raison que ce soit est totalement inacceptable, et c'est la raison pour laquelle la FIS doit mettre en place une réglementation concernant les séances d'entraînement d'une manière générale.
Ce n'est qu'à ce moment seulement, que la mort de David Poisson n'aura pas été en vain.

jeudi, novembre 16, 2017

Pistes VTT pour les moins jeunes

Cette bonne saison, j'ai été assez peu assidu avec mon vélo tout terrain. J'ai essayé de trouver des tas d'excuses pour cette participation décevante, mais la principale raison pour mon faible kilométrage est, disons-le franchement, beaucoup de paresse.

Bien sûr, quand on s'approche comme moi de sept décennies, il y a toujours un peu d'appréhension, une baisse de VO2Max, un tonus musculaire qui s’effrite ainsi que la peur de tomber lourdement et de se faire mal qui jouent un rôle énorme pour ralentir la verve du plus fervent des vététistes.

Même au cours de mes rares sorties (qui se montent quand même dans la vingtaine), j'ai découvert deux nouveaux parcours qui sont sur-mesure pour des personnes âgées dans ma catégorie. Elles sont situées juste derrière ma maison et s'appellent « Pork-U-Climb » et « Down Dog ».
Ce sont des pistes à une seule voie, quand même assez larges, bien recouvertes de terre avec très peu de cailloux et des virages en épingle à cheveux parfaitement relevés ; enfin leur pente moyenne est idéale à 7 pour cent.

En plus de ça, les deux pistes sont à sens unique, ce qui exclut tout risque de collision avec un autre vététiste et les vues sont tout simplement spectaculaires. Aujourd'hui, j'ai emmené mon épouse qui avait arrêté le VTT depuis deux ans et, à notre retour, elle était absolument ravie.

Si vous vivez à Park City, essayez-donc ces deux parcours avant que la neige les rende impraticables avec des pneus ordinaires, et si vous les aimez autant que nous, n'oubliez-pas de faire un dont en espèces à la Mountain Trail Foundation qui a effectué ce merveilleux travail !

mercredi, novembre 15, 2017

Angoisse dans la branche du ski

La neige est l’élément essentiel pour réussir une saison de ski ; beaucoup plus que la situation économique ou toute autre raison possible et imaginable.

Il n'est donc pas étonnant que les opérateurs de stations de ski deviennent obsédés par la météo dès qu'arrive le début novembre.

Dans le passé, il faisait toujours un peu plus froid, donc si le manteau neigeux naturel faisait défaut, il était assez simple d'en fabriquer à coup de canons si on pouvait faire l'impasse sur les coûts de production.

Aujourd'hui c'est encore différent, car même novembre n'est plus aussi froid qu'autrefois, et les responsables des remontées mécaniques ne peuvent plus prendre de risques et compter sur la bénévolence céleste en attendant un très longue période de froid pour faire tourner les canons.
Désormais, il va falloir viser juste et choisir chaque nuit où les températures seront suffisamment basses pour faire de la neige. Park City doit ouvrir ses pistes ce 17 novembre et s'il y a un ruban blanc continu, il est risque d'être bien mince, très étroit et saturé d'usagers !

mardi, novembre 14, 2017

Des « Paradise & Panama Papers » bien coûteux

À moins que vous soyez tombés dans un profond coma entre le 5 mai 2016 et aujourd'hui, vous avez entendu parler des scandales liés aux « Panama et Paradise Papers », qui viennent d’être révélés par le Consortium International des Journalistes d'Investigation (CIJI) et nous montrent à quel point l'évasion fiscale est une pratique devenue courante partout dans le monde.

Notre système fiscal complexe, mais mal réglementé, permet aux multinationales et aux super-riches d'engranger leur fortune dans des paradis fiscaux, afin de ne pas payer d'impôts dans leur propre pays. Les perdants évidents sont les contribuables comme vous et moi.

Alors qu'il s'investit chaque année près de 600 milliards d'euros dans les paradis fiscaux, les ultra-riches et les grandes sociétés ne payent pas les impôts qu'ils devraient dans les pays où ils gagnent leur argent. Le gouvernement des États-Unis a perdu à lui seul près de 100 milliards d'euros en 2016 à cause de ces programmes (la France, en aurai perdu environ 20 milliards.

Ces montages financiers privent les gouvernements des ressources nécessaires pour délivrer les services publics vitaux et les infrastructures essentielles telles que les transport, la santé et l'éducation, ce qui signifie soit des réductions de revenus fiscaux, soit une flambée du déficit ou une augmentation des impôts.

Aujourd'hui, le gouvernement américain affirme que les impôts sur les sociétés sont trop élevés ; en fait, ceux-ci qui comptaient pour un tiers de nos dépenses fédérales en 1952 ne comptaient désormais que 10 pour cent en 2015 !

Ne me dites donc pas qu'il faut réduire les impôts sur les sociétés quand ce qui est nécessaire est une législation énergique bannissant l'utilisation des paradis fiscaux pour les multinationales et les individus très fortunés. Rien qu'avec ça, le gouvernement des États-Unis recouvrirait plus de 1 000 milliard d'euros en recettes supplémentaires sur 10 ans.

Une autre bonne raison d'appeler mon Représentant, mes Sénateurs et vous, vos députés …

Vendeur de chaussures de ski biaisé

Vendredi dernier, alors que je faisais des achats dans un grand magasin de sports à Salt Lake City, j'ai entendu une conversation entre un employé et un client en train d'essayer une paire de chaussures de ski.

Le vendeur se plaignait que les fabricants européens de chaussures de ski sont incapables d'offrir des coques très rigides et suffisamment volumineuses pour s'adapter à des pieds plus larges. Il disait : « Les pieds européens ont tendance à être plus étroits que ceux des Américains et c'est pourquoi nous ne parvenons pas à obtenir les produits dont nous avons besoin de ce côté de l'océan ».

Comment ais-je réagit à cette explication, moi qui ais commercialisé et vendu des chaussures de ski pendant une grande portion de ma carrière ? Pour moi, ce vendeur âgé d'environ 45 ans, avait des préjugés à revendre et ne savait pas trop de quoi il parlait.

Voyons ce qui se passe dans la réalité ; les chaussures de compétition très rigides sont utilisées par des skieurs de haut-niveau et sont souvent ajustées et reconfigurées par un technicien qui sait se qu'il fait, ou dans le cas des très bons skieurs, par une boutique spécialisée dans ce domaine.

Dans les deux cas, le technicien va modifier la coque, le chausson, ou les deux. Les bons skieurs recherchent généralement un contact aussi étroit que possible entre leur pied et la coque de leur chaussure et, le plus souvent, commencent cet ajustement à partir d'une coque étroite, créant le volume supplémentaire requit pour le pied, soit en meulant ou en chauffant celle-ci.

C'est pourquoi les chaussures de compétition sont avant tout disponibles dans des dimensions plus étroites. Cela dit, sur une population de skieurs américain à 85 pour cent de race blanche (étude de 2015), il y a de fortes chances pour que des skieurs britanniques, allemands, français et italiens aient tous à peu près les mêmes pieds et cela démystifie l'idée bien préconçue du vendeur en question.

dimanche, novembre 12, 2017

Pourquoi n'avez-vous pas de chien ?

Nous n'avons pas de chien, nous n'en avons jamais eu et n'en aurons probablement jamais un ; Pourtant, c'est devenu une habitude pour des tas de gens que nous connaissons de nous demander à chaque fois qu'ils nous voient: « Pourquoi n'avez-vous pas de chien ? »
Bien que nous ayons l'habitude d'entendre cette question à tout bout de champ, nous ne l’apprécions pas tellement. Souvent, nous la percevons comme une manière de dire : « Qu'est-ce qui ne va pas chez vous pour que vous n'ayez pas un chien ? »

Cette question tendancieuse semblerai indiquer que si nous n'avons même pas un chien, c'est que nous devons être de mauvaises gens parce que seules les méchantes créatures n'aiment pas les chiens ; en fait, plus j'y pense, plus je trouve que poser une telle question équivaut à demander : « Pourquoi n'avez-vous pas d'enfants ? » où la réponse inévitable serait : « De quoi je me mêle ! » n'est-ce pas ?

C'est ainsi que la prochaine fois que l'on nous posera cette horrible question, nous y répondrons par une autre question (stratégie qui a fait ses preuves) en confrontant nos interlocuteurs et en leur demandant s'ils oseraient demander à un couple sans enfants pourquoi ils n'ont pas de progéniture.

Cette forme de réponse peut sembler un peu dure, mais je promets de la tester et de vous faire part des résultats qu'elle devrait engendrer.

Une réponse alternative pourrait également prendre la forme suivante : « Nous aimerions avoir un chien, mais il y a tellement de propriétaires irresponsables qui laissent leur cabots errer sans laisse ou qui ne ramassent pas leurs crottes, que nous détesterions être perçu comme ce genre d'individus.
Nous savons du reste de quoi nous parlons, des chiens qui divaguaient au milieu de la route ont déjà endommagées nos autos à deux reprises et le ramassage des crottes est une corvée quasi-quotidienne tout autour de notre maison ... »

samedi, novembre 11, 2017

Les armes à feu et moi

La seule fois où j'ai manié des armes à feu, c'était quand je faisais « mes classes » dans l'armée de l'air et lors de nos entraînements au tir, il y a juste 50 ans ce mois-ci.

Nous avions appris à tirer au fusil et à la mitrailleuse (PM 49) pendant une douzaine de séances. Je m’en étais assez bien tiré, n'avait blessé aucun de mes compagnons d'armes, mais l'expérience ne m'avait pas particulièrement marqué.

C'était en fin d'automne, le temps était brumeux, humide et froid et mon esprit était complètement concentré sur toutes les autres choses que j'aurais pu faire si je n'avais pas été coincé au service militaire, comme rechausser les skis, par exemple.
C'est sans doute à cause de ce manque d’intérêt vieux d'un demi-siècle, que je n'ai toujours pas une armoire remplie d'armes à la maison ...

vendredi, novembre 10, 2017

La compagnie électrique du Montana

La plupart des Américains savent qu'à la suite du passage de l'ouragan Maria à Porto Rico, Whitefish Energy, un petite entreprise d’électricité comptant deux employés à Whitefish, au fin fond du Montana, a décroché un contrat de 300 millions de dollars, sans soumission, pour reconstruire le réseau électrique sur l’île de Puerto Rico.

Ce marché prodigieux cachait des taux horaires de plus de 300 euros et semblait avoir été arrangé de toute pièce par un autre résident de Whitefish qui se trouvait être aussi notre Ministre de l'Intérieur, Ryan Zinke. Quand tout le monde a vu un peu plus clair dans cette histoire, le contrat a finalement été annulé fin octobre.
Maintenant, il me semble qu'il pourrait y avoir moyen d'arranger les choses et d'aider les deux parties impliquées dans cette triste histoire en encourageant les Portoricains, qui n'ont de toute façon pas de travail sur leur île dévastée, à se rendre à Whitefish, pour y suivre une formation d'électricien, en espérant abaisser quelque peu le taux de facturation horaire de cette société en dessous des 100 euros, afin de renforcer les rangs et les qualifications de cette entreprise minuscule.

De cette façon, dès que le prochain ouragan se manifestera, Whitefish Energy aura la taille et la main-d'œuvre suffisantes pour faire face à n'importe quel effort de reconstruction. Comme Whitefish est aussi une station de ski, il devrait y avoir suffisamment de lits disponibles pour accueillir plusieurs milliers de Portoricains pendant leur formation et apporter une plus grande diversité à cette région un peu isolée.

Si tout se passe comme je l’espère, et si l'influx de Portoricains est suffisant, l'endroit pourrait être très vite rebaptisé «Pez Blanco» et nous aurions là une combinaison gagnante pour ces deux communautés que rien n'avait pourtant destiné à réunir !