mercredi, juin 02, 2021

Un premier voyage autour du monde, 4e partie

Au fur et à mesure que nous nous sommes installés sur le navire et que nous nous sommes familiarisés avec notre environnement, que nous étions assis pour notre premier dîner et écoutions le discours de bienvenue habituel, le capitaine avait annoncé que le paquebot serait immobilisé deux jours supplémentaires à Gênes et que cela pourrait continuer à chaque escale suivante jusqu'à ce que la grève de l'équipage soit résolue, si c'était le cas. 

Nous devions initialement arriver à Melbourne le 1er juillet, mais de toute évidence cette date allait changer. Ni Jean-Pierre, ni moi, ne semblions nous en soucier car il n'y avait aucun moyen facile et abordable d'informer nos collègues de cette mauvaise nouvelle. 

Nous avons donc passé les deux jours restants à explorer le port de Gênes, un quartier de la ville assez dégoûtant et répulsif, à discuter et rigoler avec les péripatéticiennes du coin (juste copains, je jure) qui nous ont guidés dans ses bars mal famés et ses discothèques plutôt bizarres, où je découvrais enfin que les relations romantiques ne tombaient pas toutes dans la catégorie hétérosexuelle. 

Ces demoiselles résumèrent du reste parfaitement bien la qualité des lieux en s’exclamant « Che casino ! », ce qui en bon français veut dire « Quel bordel ! »  

Le soir, nous cherchions à explorer les coins et recoins de la seconde classe de cet énorme navire dans lequel nous passions la nuit. Pendant la journée et pendant la grève, il n'y avait pas de service de restauration à bord, donc chaque jour, nous recevions quelques milliers de lires italiennes pour acheter notre nourriture en ville. 

Progressivement, nous avions fait la connaissance de quelques jeunes Français et Européens, tous en route pour l'Australie, soit pour y immigrer, soit pour rentrer chez eux s'ils y vivaient déjà. 

Mais il n'y avait pas que des jeunes ; la grande majorité des passagers étaient de nombreuses familles italiennes et yougoslaves montées à bord à Gênes pour lesquels il n’y avait guère d’autre choix économique que d'abandonner leurs familles et leurs racines pour commencer une vie nouvelle dans ce pays neuf.

Après avoir repris la croisière et profité d'une première soirée de divertissement à bord, nous nous retrouvions ancrés dans le port de Naples le 1er juin 1971.


Aucun commentaire: