vendredi, novembre 06, 2026

L’aveuglement de Trump et l’épuisement de l’Amérique

Depuis des années, j’étais persuadé que la manière de gouverner de Donald Trump — marqué par sa grandiloquence, son égocentrisme exacerbé et l’incapacité à concevoir le point de vue d’autrui — conduirait le pays vers un point de rupture. Mais ce qui a fini par le rattraper, ne fut pas seulement cela et l’opposition politique, mis l’épuisement de la nation toute entière. 

Sa présence saturait chaque aspect de la vie américaine, chaque cycle d’actualité, chaque conversation, jusqu’à ce que les gens n’en puissent tout simplement plus. Les récents résultats électoraux ont été, à mon sens, un référendum sur cette lassitude. Ils portaient indéniablement sur sa personne, et la décision du public est apparue comme une correction qui s’est faite attendre trop longtemps. 

Elle m’a réconcilié avec une majorité de mes concitoyens qui, enfin, semblaient finalement réaliser l’absurdité insoutenable de son approche. Ma propre méfiance à l’égard de Trump remonte aux primaires de 2015, quand il a privilégié l’insulte à l’argumentation, et le spectacle au fond des choses, comme l’aurait fait un Bernard Tapie. Je n’ai jamais cru à son prétendu génie des affaires, ni à l’aura d’infaillibilité qu’il projetait. 

Son assurance ressemblait moins à de la force qu’au refus de regarder la réalité en face. La fin de son premier mandat a constitué un avertissement clair quant aux conséquences d’une telle manière de diriger ; un avertissement qui n’a fait que gagner en intensité depuis. 

Désormais, les élus du Congrès, les membres du gouvernement et les grands donateurs qui s’étaient rangés à ses côtés se retrouvent face à une tâche quasi-impossible : prendre leurs distances avec cet héritage catastrophique qu’ils ont œuvrés à rendre possible. Ce genre de taches ne s’effacent pas aisément, surtout lorsqu’elles résultent d’années passées à soutenir un dirigeant dont le style récompensait la loyauté au détriment du discernement. 

J’ai toujours eu un critère simple pour évaluer une capacité à diriger : confierais-je à cette personne la gestion de mon entreprise ? Dès 2015, la réponse, dans le cas de Trump, était un « non » sans équivoque. Exercer une autorité exige de la persuasion, de la constance et la capacité à entraîner les autres — des qualités que résume bien le vieil adage : on attire plus de mouches avec du miel qu’avec du vinaigre. Cette sagesse semble plus pertinente que jamais.

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