En principe, nous n'aimons pas les activités que nous ne maîtrisons pas ou que nous ne comprenons pas bien. Avec du temps, de la maîtrise et de l'autonomie, ce désintérêt peut se transformer en appréciation. Toutefois, cela ne fonctionne pas si cette aversion découle d'une violation de nos valeurs, d'un conflit d'identité ou d'un stress chronique.
Personne ne peut finir par aimer un travail qui va contre son éthique, qui étouffe sa personnalité, qui l'épuise et le vide de son énergie en permanence, qui l'isole socialement ou encore qui lui semble totalement dénué de sens. Dans ces cas-là, « apprendre à aimer » n’est pas de l'épanouissement, mais de l'autoflagellation.
En réalité, nous ne tombons pas amoureux d'un emploi en tant que tel ; nous nous attachons plutôt à la compétence acquise, aux liens tissés, à l'impact que nous pouvons avoir sur la société, l'environnement ou la santé d'autrui, au confort de la routine, à l'identité unique que ce travail nous apporte et à la personne qu’il nous fait devenir.Un métier devient gratifiant quand il sert de vecteur à notre développement personnel, et pas parce qu’il correspond parfaitement à une passion. Lorsque il n’y pas de passion dans l'activité professionnelle, voici les stratégies qui fonctionnent vraiment : Passer de la « passion » au « métier » (ou savoir-faire) : en cherchant à exceller dans un domaine, nous éprouvons de la fierté.
Donner du sens « autour » du travail plutôt que « dedans » celui-ci ; ce sens peut naître du soutien apporté à sa famille, de la contribution à une équipe, de l'aide aux clients ou aux utilisateurs, de la construction d'une excellente réputation ou de l'apprentissage de la résilience. Ne pas oublier de cultiver sa passion en dehors du travail, grâce à des loisirs, des relations sociales, du bénévolat ou des activités créatives. Le travail devient alors un moyen de réaliser ces aspirations, et non la pièce maîtresse de notre vie.
Adapter son travail plutôt que de le remplacer : effectuer de petits changements — comme modifier certaines tâches, changer d'équipe ou d'horaires — peut transformer notre expérience. Personnellement, j'ai transformé les corvées (à la maison ou ailleurs) en jeux : j'essaie d'améliorer la qualité de ce que je fais, d'ajuster certaines procédures de manière créative et de mesurer à la fois la qualité et le temps gagné. Tout, même l'activité la plus pénible, devient alors un jeu !
Enfin, accepter que la passion ne soit pas l'unique voie vers l'épanouissement. Ce dernier peut naître de la stabilité, de la maîtrise, de la contribution, de l’équilibre, de l’identité ou des relations. Sous cet angle, la passion n’est qu’un ingrédient parmi d’autres. Je ne déplore pas son absence ; j’explore simplement les possibilités de croissance, d’adaptation et de quête de sens dans des circonstances imparfaites, y voyant un défi supplémentaire que personne d’autre ne sera capable de relever mieux que moi.
Il est possible d’apprendre à aimer ce que l’on n’appréciait pas auparavant, à condition que le travail devienne un vecteur de compétence, d’autonomie et de sens, sans pour autant aller à l’encontre de notre nature profonde. Essayez, et vous finirez par aimer ce que vous détestiez autrefois !

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