Après avoir rédigé l'article de blog comparant Nordica à Salomon, j'ai décidé d'ajouter quelques réflexions sur Salomon et son influence unique sur l'ensemble du secteur du ski. D'artisan à industriel, Georges Salomon s'est concentré sur le développement de son activité de carres de ski en métal, en suivant avec le lancement de fixations de ski de sécurité rudimentaires avec sa butée avant et un système de retenue du talon par câbles, avant d'introduire les fixations de ski modernes telles que nous les connaissons aujourd'hui.
En même temps, il embauchait Roger Pirot pour diriger son département marketing. Parallèlement, cette nomination allait transformer une entreprise de fabrication déjà performante en une véritable machine marketing. Le développement de la chaussure de ski Salomon faisait partie d'un plan de croissance visant à proposer un ensemble fixations, chaussures et skis.
Cela coïncidait aussi avec l'orientation d'une entreprise d'avant-garde vers ses détaillants-revendeurs, puissant réseau capable de faire ou de défaire n'importe quel fournisseur, le marché étant alors entièrement dominé par les magasins de sport et ski. Les fixations, puis les chaussures, étaient développées en privilégiant la facilité de vente, d'installation et de réglage, et pas forcément leur performances sur neige, qui étaient totalement secondaires.
Dans cette optique, sa seule division de chaussures devait et pouvait financer le développement du ski, troisième composante de son plan. C’est sur l’Autrichien Marc Girardelli qu’est retombée la mission de rendre la chaussure crédible en compétition. Aucune source fiable ne fournit la liste complète des modifications exactes apportées aux chaussures de Girardelli.
La coque ou plutôt la « boite » qu’étaient les chaussures à entrée arrière Salomon avait été « torturée » tous azimuts en ajoutant une rigidité latérale grâce à des plaques de renfort internes et un pivot de collier renforcé avec des plastiques plus rigides. Les chaussons bien sûr, injectés avec plein de renforts au niveau du talon.La flexibilité avait aussi dû être améliorée, car la série SX était beaucoup trop souple pour la compétition dans sa version standard. Le service course de Salomon avait rigidifié l’arrière du spoiler et ajouté des butées de limitation de flexion. L'inclinaison vers l'avant, l'angle de la semelle et le canting avaient tous été largement modifiés.
La fermeture et les boucles renforcées avec des câbles plus courts et plus rigides, des cames haute tension et des mécanismes de maintien du talon renforcés, dans le but d’améliorer le plus grand point faible des modèles SX.
Le talentueux skieur qui courrait pour le Luxembourg a donc dû faire la différence. Salomon n'avait pas d'autre choix que de métamorphoser en totalité une chaussure qui n'était jamais destinée à la compétition, dans l'espoir de lui créer une image performante. Dans le prochain article de blog, nous verrons comment cette espèce de conte de fées a tourné.

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