mardi, mars 24, 2026

Utiliser son intuition (Troisième Partie)

Consigner ses intuitions dans un journal de bord est peut-être le meilleur outil qui existe pour développer notre système perceptif. Il ne s’agit pas ici de tenir un journal intime relatant notre vie quotidienne, mais bien d’entraîner, de développer et d’exploiter cette faculté de perception. Ainsi, chaque fois que nous ressentons une forte intuition, notons-la en une seule phrase, du genre : « J’ai le pressentiment que X va se produire. » 

Ajoutons-y ensuite la sensation physique ressentie, la tonalité émotionnelle et le contexte, puis cessons d’y penser. Plus tard, lorsque l’issue des événements sera claire, revenons à votre journal pour indiquer si l’intuition s’est avérée correcte, incorrecte, partiellement correcte ou indéterminée. Nous créerons ainsi une boucle de rétroaction — un mécanisme similaire à celui par lequel les sportifs affinent leurs réflexes ! 

Si nous faisons preuve de persévérance, nous commencerons à discerner des constantes : quelles sensations sont corrélées à l’exactitude du pressentiment ? Quelles émotions faussent l’intuition ? Quels contextes affûtent ou, au contraire, brouillent notre perception ? C’est de cette manière que l’intuition cesse d’être un simple coup de chance pour devenir une faculté qu’on développe par l’entraînement. Enfin, avant de clore cette discussion, voyons comment distinguer « l'intuition » de « l'anxiété ». C’est peut-être là le savoir-faire le plus crucial. L’intuition véritable et la peur génèrent des sensations très similaires, mais elles possèdent des « saveurs » distinctes. 

Le tableau ci-dessus illustre ces différences : Pour finir, s’il est agréable de célébrer nos réussites, il s’avérera encore plus instructif d’analyser nos erreurs. Lorsqu’une intuition se révèle exacte, il est tentant de se contenter de savourer celle-ci ; pourtant, c’est en se posant les bonnes questions que l’on progresse véritablement. Lorsque l’intuition a fonctionné à la perfection, demandons-nous d’abord : « Quelle sensation cela m’a-t-il procurée ? 

À quel moment précis ai-je perçu ce signal pour la première fois ? Quel était le véritable ‘signal’ dissimulé sous le "bruit" ambiant ? » À l’inverse, lorsqu’une intuition s’avère erronée, interrogeons-nous : « Quelle émotion s’est fait passer pour de l’intuition ? Quel indice corporel m’a induit en erreur ? Qu’avais-je envie de croire ? » 

C’est la méthode la plus efficace pour affiner notre intuition et en faire un indicateur de plus en plus fiable. Il s’agit là d’un sujet à la fois complexe et insaisissable ; ne soyez donc pas surpris si je découvre, dans un avenir proche, des outils encore plus efficaces ou pertinents. En attendant, nous disposons de suffisamment d’éléments pour nous mettre au travail. 

Ainsi, pour ceux d’entre vous qui sont intéressés, je propose de faire le point sur nos progrès respectifs d’ici un an. Bonne chance à tous !

lundi, mars 23, 2026

Utiliser son intuition (Deuxième Partie)

Avoir de l'intuition est une chose ; l'utiliser efficacement en est une autre. Alors, comment bien utiliser cette ressource ? Les spécialistes affirment que tout part d’une grande « base de données » — ce que l'on pourrait également qualifier de forme « d’apport » ou d'« input ». En réalité, l'intuition est aussi bonne que la qualité des données sur lesquelles elle repose. 

Les champions d'échecs possèdent une intuition « parfaite » du jeu, car ils ont mémorisé des milliers de configurations possibles. À l'inverse, un novice ne dispose que d'une intuition « limitée » ou « erronée », sa base de données étant encore vierge. Nous devons aller au-delà de la simple expérience de l'instant présent pour, au contraire, tirer des enseignements de chaque moment vécu. Ne nous contentons pas d'agir ; analysons.

Si vous occupez un poste de manager, ne vous limitez pas à animer une réunion ; demandez-vous systématiquement : « Quels sont les trois signaux subtils que j'ai laissés échapper ? » Cette démarche permet d'alimenter le subconscient avec des données de meilleure qualité. Par ailleurs, prenons le temps d’étudier des études de cas ou des « bilans post-action ». 

Notre cerveau a la capacité de s'approprier les expériences d'autrui pour les intégrer à sa propre bibliothèque intuitive. De plus, avant de prendre une décision, projetez-nous six mois plus tard et imaginons que le projet a échoué. Interrogez alors votre instinct : « Qu'est-ce qui a mal tourné ? » Cet exercice contraint notre intuition à traquer les signaux d'alarme subtils que nous aurions tendance à ignorer. 

L'étape suivante consiste à travailler sur le « récepteur » afin d'en accroître la sensibilité. Les scientifiques désignent par le terme d'« intéroception » cette capacité — ou, plutôt, ce talent — à percevoir ses propres signaux internes. Les personnes dotées d'une conscience intéroceptive aiguë — c'est-à-dire capables de ressentir avec précision les battements de leur cœur ou cette sensation de « papillons dans le ventre » — prennent toujours de meilleures décisions intuitives. 

Il est possible de développer cette aptitude en pratiquant des exercices de « balayage corporel » (body scan) : il s'agit de s'accorder une pause d'introspection de deux minutes lors de moments exempts de stress. Quelles sensations éprouvons-nous au niveau de la poitrine ? de l'estomac ? de la mâchoire ? Il existe également l'exercice de la « décision éclair » : confronté à un choix anodin (comme le choix d'un restaurant), on s'accorde très exactement trois secondes pour trancher. On observe alors la sensation physique suscitée par ce choix « instantané ». 

Cette sensation est-elle « lourde » ou « légère » ? Avec le temps, nous apprendrons ainsi à reconnaître la « signature » physique d'une bonne intuition. Il nous reste à calibrer la « boucle de rétroaction » ; or, au sein de celle-ci, le pire ennemi de l'intuition est le biais de rétrospection — ce sentiment de s'être « toujours douté de la chose » qui s'avère souvent être un mensonge. 

Pour progresser, nous devons nous mettre à l'épreuve en tenant un « journal de l'intuition » : nous y consignons nos pressentiments dès qu'ils surviennent, en y incluant les sensations physiques ressenties. Par exemple : « J'ai rencontré le nouveau prestataire aujourd'hui. J'avais l'estomac noué, bien que son CV soit irréprochable. Je vais l'engager, mais je surveillerai le budget de très près. » 

Par la suite, il nous faudra évaluer les résultats en relisant ce journal tous les trois mois. Notre instinct avait-il vu juste, ou ne s'agissait-il que d'anxiété ? Ce processus permet à notre cerveau de s'« affiner », afin de distinguer la véritable intuition du simple bruit émotionnel. Demain, nous verrons comment assurer le suivi de nos diverses intuitions et comment les mesurer…

dimanche, mars 22, 2026

Utiliser son intuition (Première Partie)

Récemment, j'ai eu la preuve flagrante qu'une forte intuition, ressentie avec intensité peu de temps auparavant, s'avérait fondée. Il s'agissait d'une recommandation pour un parodontiste, faite par mon dentiste traitant. Mon sentiment négatif à l'égard de ce spécialiste s'est confirmé, me faisant prendre conscience de l'importance d'écouter nos instincts ; mais pouvons-nous vraiment nous y fier ?

Et comment savoir avec certitude s'il s'agit de prémonitions valides ou pas ? Aujourd'hui, l'intuition est prise beaucoup plus au sérieux et n'est plus considérée comme un phénomène « ésotérique ». En sciences cognitives, elle est reconnue sous le nom de « reconnaissance rapide de schémas » (RAP). 

Notre cerveau est capable de prédire à grande vitesse, en comparant constamment une certaine situation à une immense banque de données interne d'expériences passées, délivrant un « verdict » avant même que notre esprit conscient n'ait fini de traiter le tout. Tout cela est prodigieusement intéressant, mais comment développer ce « muscle » ? 

Eh bien, les spécialistes affirment qu'il faut se concentrer sur trois domaines : la base de données (notre expérience), le récepteur (notre corps) et le filtre (notre logique). Demain, nous explorerons chacun de ces éléments afin de mieux exploiter le pouvoir de l'intuition ; alors, ne manquez pas de revenir lire la suite !

samedi, mars 21, 2026

Gâteau glacé à Park City !

Dimanche après-midi dernier, j'ai skié — ou plutôt, je devrais dire fait du patin à glace — sur les pistes de Park City Mountain, en compagnie de ma fille ; et nous avons eu de la chance à bien des égards. Celle, notamment, de ne pas percuter un arbre ou des rochers, de ne pas chuter et de dévisser la pente comme un mannequin inanimé sans arrêt alors que nous étions constamment sur de la glace vive. Imaginez la scène : nous avancions « à la grâce de Dieu » ! 

Une expérience si exécrable que je n'en avais jamais vécu de pareille en 72 saisons de ski, aux quatre coins du globe, de l'Australie à Zermatt ! 

C'est dire le sérieux de la situation. De la glace bleue était visible un peu partout — y compris sur les bosses — la surface n’étant pas seulement lisse, mais d'une dureté extrême qui ne permettait pas aux carres d’accrocher. 

Ce n'est que sur les sections peu inclinées que le passage des skieurs avait suffisamment râpé la neige pour la transformer en semoule, facilitant un peu notre « patinage ». 

Comme la combinaison du bruit et des vibrations était un peu trop pour nos nerfs délicats, nous nous sommes efforcés d'être « expéditifs » et de ne pas nous attarder sur les zones les plus dures ; ce qui aurait pu donner à quiconque nous observait la fausse impression que nous étions parfaitement « à l'aise » sur ce terrain maudit. 

Pour la petite histoire, j'ai toujours pensé — et affirmé sans me gêner — que le ski sur glace exigeait d’être extrêmement bref, je maintiens ce postulat ! En réalité, nous étions tout simplement terrifiés et nous voulions en finir le plus rapidement possible avec nos descentes. Cela dit, nous sommes restés sur les pistes jusqu'à l'heure de fermeture, explorant toutes les options disponibles dans l'espoir de trouver de meilleures conditions... mais celles-ci n'étaient pas au rendez-vous. 

Au terme de cette journée, nous nous sentions comme les survivants que nous étions devenus ...

vendredi, mars 20, 2026

Subaru Outback 2026

J’en ais toujours « pincé » pour Subaru, en tout cas de 1975 à 2022, date à laquelle j'ai opéré un virage décisif vers la voiture électrique. Subaru s'apprêtait alors à lancer son propre modèle, la Solterra — développée semble-t-il à contrecœur par Toyota —, mais je ne l'ai pas suffisamment aimée pour l'acheter.
Pourtant, les Subaru ont toujours occupé une place privilégiée dans mon cœur ; et c’est pourquoi j'ai donc été fort déçu lorsque j'ai aperçu le nouveau modèle Outback 2026. À mes yeux qui apprécient un bon design, ce n'était qu'une horrible boîte montée sur quatre roues !

Cette voiture comporte par ailleurs bien trop de détails superflus et distrayants, plaqués un peu partout pour lui donner un air « cool » — une tentative qui échoue lamentablement. C'est typiquement le cas où « moins, c'est plus ». 

J'ai ressenti une forme de sentiment de trahison, trouvant par là même une justification à mon manque de loyauté pour la marque japonaise. J'ai beau être âgé, je reste toujours bien capable de m’adapter ! 

jeudi, mars 19, 2026

Comment aurais-je dû être embauché ? (Deuxième partie)

Comme nous en discutions hier, je me suis demandé si j'aurais dû exiger de mes employeurs, il y a quelque 30, 40 ou 50 ans, de connaître les avantages en matière de formation (le mentorat en étant un volet majeur) dont je pourrais bénéficier. Bien entendu, la réponse ne pouvait être que : « Absolument pas ! » 

Certes, il n'était pas irréaliste de souhaiter un mentorat il y a 30 à 50 ans, mais c'était chose rare et largement irréaliste, car la culture d'entreprise et les pratiques d’embauche étaient alors totalement différentes ; le mentorat formel constituait une véritable « terra incognita ». Les employeurs s'attendaient généralement à ce que les nouvelles recrues « fassent leurs preuves » et apprennent sur le tas, à la « dure école de la vie ». 

Le mentorat formel, tel que nous le connaissons aujourd'hui, n'a commencé à être étudié et institutionnalisé qu'en fin des années 1970 et dans les années 1980. Ce n'est que relativement récemment que le mentorat est devenu une pratique organisationnelle formelle. 

Kathy Kram
En ce qui me concerne, tout cela est apparu bien après mon entrée sur le marché du travail, tandis que le monde universitaire (sous l’impulsion de Kathy Kram en 1988) contribuait à légitimer le mentorat en tant qu'outil de développement professionnel en entreprise. 

Durant ma vie active, les normes en vigueur dans le monde du travail partaient du haut vers le bas et étaient transactionnelles. Les employeurs s'attendaient à ce que les employés apprennent sur le tas et grâce à leurs propres erreurs ; les budgets structurés de développement professionnel et la gestion des talents étaient alors bien moins répandus qu'ils ne le sont aujourd'hui. Disons que la devise était plutôt : « À toi de te débrouiller ! » 

Les demandeurs d'emploi disposaient d'un pouvoir de négociation faible, voire inexistant ! Le marché du travail et les pratiques de recrutement donnaient aux employeurs un gros avantage ; par conséquent, négocier des avantages non monétaires — tels que le mentorat — relevait de la rareté et, le plus souvent, aurait semblé d'une présomption inouïe. 

Aujourd'hui, les choses ont évolué et sont bien différentes ; pour me consoler, je ne peux que reconnaître avoir évolué dans un système qui ne faisait pas du développement des employés une priorité. Mes choix étaient rationnels, compte tenu des incitations de l'époque. Il me faudra reconsidérer cet aspect comme un important travail de recadrage émotionnel. 

Un exemple de plus montrant que j’ai tendance à être bien trop en avance sur mon temps !

mercredi, mars 18, 2026

Comment aurais-je dû être embauché ? (Première partie)

Enfant, je n'ai jamais reçu beaucoup de compliments ou d’aide pratique de la part de mes parents. Cela ne faisait pas partie de leur éducation, ni de leur culture montagnarde alpine, plutôt rude. Ce genre de reconnaissance devait venir de mon instituteur de l'époque ; c'est lui qui avait décelé mon potentiel lorsque j'étais gamin, m'avait donné l'occasion de sortir du lot et m'avait ainsi mis sur la voie de la réussite. 

Tout cela pour souligner que, lorsque j'évoquais mon patron préféré il y a quelques jours, j'aurais dû mentionner l'un des rares regrets de ma vie professionnelle : le fait de m'être « vendu » moi-même, au lieu d'attendre que mes employeurs potentiels cherchent à me convaincre de travailler pour eux — en me montrant (ou non) comment j’aurais l’occasion d’apprendre et de me développer dans mon travail, aider à mon épanouissement personnel, tout en tirant eux-mêmes les fruits de cet enrichissement commun. 

C'est exact, je n’étais là que pour fournir un travail, rémunéré pour cela, sans toutefois recevoir grand-chose en termes de formation professionnelle ; et je soupçonne d'être loin d'être le seul dans ce cas. Il est vrai, par ailleurs, que lors de la plupart de mes recherches d'emploi, j'étais si impatient — et si désespéré — d'obtenir le poste convoité que je craignais de voir l'employeur se moquer de moi et, par la même occasion, m'envoyer promener sous prétexte que j'étais trop exigeant ou difficile. 

Je manquais tout simplement de l'assurance nécessaire pour oser réclamer un mentorat gratuit. Si cela semble aujourd'hui relever du bon sens, était-il irréaliste de formuler une telle demande il y a 50, 40 ou 30 ans ? Nous tenterons de répondre à cette question demain …

mardi, mars 17, 2026

Douze ans déjà !

Tout au long de notre vie de couple, mon épouse et moi avons toujours passé moins de douze ans dans la même maison, ayant déménagé douze fois ensemble. 

Aujourd'hui, cependant, marque un important record familial. Pour la toute première fois, nous avons vécu douze ans dans notre maison et n'avons pas l'intention de déménager dans le futur, car nous apprécions notre chez-nous, son côté pratique et son emplacement idéal.

Donc, si Dieu le veut, nous pourrions bien établir un nouveau record en vivant un grand nombre d'années supplémentaires dans une demeure que nous adorons !

lundi, mars 16, 2026

Mon patron préféré …

Ma femme me demande souvent : « Au fil des années et des différents emplois que tu as occupés, quel a été ton patron préféré ?» Je réponds : « Question difficile ! Je ne sais pas vraiment… » Ce qui signifie en réalité qu’à mon goût, aucun n’était vraiment mauvais, mais que je n’avais pas appris grand-chose à leur contact. 

Comme vous le savez, le mentorat et le développement personnel sont devenus aujourd’hui des éléments essentiels pour tout employé, et je dois admettre qu’aucun de mes anciens patrons n’excellait dans ce domaine. En fait, ils n’auraient même pas su comment s’y prendre. Ils semblaient avoir embauché des personnes possédant une certaine expertise et se contentaient d’en extraire un maximum de productivité sans se soucier de les aider à se développer ou de les guider efficacement afin d’atteindre les objectifs critiques de l’entreprise.

Cela reflétait assez bien mon ressenti sur le sujet et ma réponse peu convaincante à la question de ma femme. Au fond de moi, je savais qu’il existait une réponse plus évidente, mais je n’arrivais pas à la trouver ni à l’exprimer. 

C’était jusqu’à quelques jours en arrière quand la réponse est venue me frapper de plein fouet. J'ai réalisé que, tout au long de ma carrière, mon meilleur patron, c'était moi. 

Ça peut paraître prétentieux, mais laissez-moi vous expliquer. Cela se passait dans les années 80 et 90, alors que je dirigeais ma propre entreprise de distribution de matériel de ski, et dans une moindre mesure quand j'étais moniteur de ski à Avoriaz, j'étais alors ravi et épanoui d'être mon propre patron. 

À cette époque, j'étais aux commandes, je maîtrisais pleinement mon destin et j'étais bien moins déçu de moi-même que je ne l'ai été avec tous mes autres patrons, lors des nombreuses occasions où j'ai dû changer de poste. À mon compte, je définissais mes objectifs, les affinais et les modifiais au besoin, et j'évoluais en m'adaptant aux circonstances et au terrain. 

Au besoin, je devenais aussi mon propre coach tout en perfectionnant cette compétence si particulière. J'étais épanoui, heureux et maître de ma situation et de mon destin. Rien à voir avec la relation de dépendance que j'avais avec un patron qui ne répondait jamais à mes attentes. Quelle différence !

dimanche, mars 15, 2026

Trump et l'idée de « changement de régime » …

Depuis le début de la guerre en Iran, Trump n'a cessé de tergiverser quant aux nombreuses raisons qui l'ont poussé à s'allier à Bibi Netanyahu pour infliger des souffrances au régime iranien et à son peuple. 

Après nous avoir donné une multitude de raisons, notre président et son administration ont fini par évoquer la nécessité d'un « changement de régime », une entreprise pour le moins ambitieuse quand on sait à quel point les mollahs sont profondément enracinés dans la gouvernance du pays.


En réalité, Trump et son équipe auraient dû mieux préparer le terrain, mais il faut reconnaître qu'ils n'avaient aucune idée de ce qui les attendait ou ne voulait pas regarder les conséquences en face. C'est généralement ce qui arrive quand on est à la fois paresseux, impatient, menteur et hypocrite. 

Nous y voilà donc : nous attendons avec impatience ce changement de régime, une entreprise toujours périlleuse et incertaine. La seule question légitime qui reste est de savoir où ce changement se produira en premier, en Iran ou aux États-Unis ?

samedi, mars 14, 2026

Faut-il blâmer le symptôme ou la cause ? (Troisième partie)

Avec une population mondiale actuelle de plus de 8,3 milliards d’habitants, qui devrait atteindre 9,8 milliards en 2050, puis culminer entre 10,3 et 11,2 milliards entre 2080 et 2100, son taux de croissance devra diminuer progressivement pour atteindre ces chiffres, en raison de la baisse quasi généralisée des taux de fécondité à l’échelle mondiale. 

De nombreux pays s’inquiètent désormais de la diminution de la population active, du vieillissement de la population et du ralentissement économique, ce qui laisse penser que le défi environnemental futur ne sera pas uniquement lié à la surpopulation, mais aussi aux choix de vie de la population actuelle, en fonction de son « progrès » matériel. L’intelligence artificielle viendra-t-elle à la rescousse et remplacera-t-elle cette main-d’œuvre en voie de disparition ? Nous savons tous que la question de la population est complexe et porteuse d’un passé troublant. 

C’est d’ailleurs l’une des principales raisons pour lesquelles les institutions, comme les gouvernements et les ONG, évitent d’aborder ouvertement ce sujet tabou. L'argument de la surpopulation a historiquement servi à justifier des politiques racistes, la stérilisation forcée et des discours anti-immigration ciblant des régions ou des groupes ethniques spécifiques. De ce fait, scientifiques et décideurs politiques, à l'exception notable de Trump et de ses partisans, font preuve d'une extrême prudence. 

Ils privilégient une approche systémique plutôt qu'individuelle et affirment que même si la population mondiale diminuait soudainement de deux milliards d'habitants tout en continuant à brûler des énergies fossiles, à déforester massivement, à pratiquer la surpêche et à recourir à l'agriculture industrielle, la planète serait toujours en danger. Or, force est de constater qu'au-delà des déclarations bien intentionnées et des promesses générales, très peu de mesures concrètes ont été prises dans ce sens, car nous semblons cruellement incapables d'atteindre nos objectifs à court terme. 

Bien sûr, si l'humanité s'engageait réellement à transformer ses systèmes énergétiques, l'utilisation des terres et ses modes de consommation – même avec la population actuelle –, la planète pourrait se rétablir avec une intensité proportionnelle aux sacrifices que personne n'est prêt à consentir. Sans exception, les sacrifices sont douloureux et difficiles à faire, surtout dans notre société confortable et protégée. 

Il nous faut un accident, une catastrophe, pour être contraints de modifier ou d'accepter les restrictions gouvernementales qui nous paraissent injustes, comme ce fut le cas lors de la pandémie de Covid-19. Cela explique pourquoi l'attention se porte sur les « symptômes », car ils sont en réalité les mécanismes des dommages environnementaux. 

Face à un monde développé « confortable » qui refuse de renoncer au moindre confort, les efforts de réparation proposés sont vains et je reste convaincu qu'il nous faudra un cataclysme pour réaliser que nous avons peut-être irrémédiablement endommagé notre planète.

vendredi, mars 13, 2026

Faut-il blâmer le symptôme ou la cause ? (Deuxième partie)

Les démographes prévoient un pic de la population mondiale autour de 2050-2100, et les taux de croissance sont déjà en baisse dans la plupart des régions. Selon les Nations Unies, la population mondiale devrait atteindre 9,8 milliards d’habitants en 2050, puis monter entre 10,3 et 11,2 milliards entre 2080 et 2100, en fonction de la fécondité. 

Cela pourrait indiquer que la trajectoire environnementale future dépendra davantage des modes de vie que du nombre d’habitants, et que les transitions énergétiques, la gestion des terres et les modes de consommation devraient primer sur les chiffres bruts de la population. Mais sera-ce vraiment le cas ? Cela demanderait de se défaire de la dépendance aux énergies fossiles, de l’agriculture industrielle, de la déforestation, de l’étalement urbain et des systèmes de production gaspilleurs, autant de causes majeures du réchauffement climatique et de la perte de biodiversité. À mon avis, la question reste entière. 

Il est évident que la croissance démographique exerce une pression sur l’utilisation des terres, la demande en eau et les habitats naturels. À l'heure actuelle, il est assez facile de croire qu'un milliard de personnes supplémentaires à faible consommation ont un impact bien moindre que quelques millions de personnes à forte consommation. Mais qui peut garantir qu'avec le temps, l'empreinte carbone par habitant des populations pauvres ne rattrapera pas celle des populations défavorisées à mesure que leur situation économique s'améliorera ?

La société est extrêmement dynamique et, avec une circulation de l'information sans précédent, le « mauvais exemple » de consommation effrénée que nous donnons n'incite pas les plus pauvres à continuer de se priver. Si la population est un facteur multiplicateur, il me semble difficile d'imputer la majeure partie du fardeau aux seuls symptômes. Ceux-ci sont considérés comme les « facteurs déterminants » : nos systèmes énergétiques basés sur les énergies fossiles, notre agriculture industrielle, la déforestation, l'exploitation minière et l'extraction des ressources, nos modes de consommation et nos systèmes de gestion des déchets. 

Tous sont perçus comme les solutions les plus faciles à mettre en œuvre. Si une population croissante amplifie ces facteurs, mais ne les crée pas, il n’est pas réaliste de croire qu'elle ne peut pas les amplifier. Si l'on supprimait les facteurs de dégradation de l'environnement tout en maintenant la population au même niveau, l'impact environnemental diminuerait considérablement. Or, ce n'est pas le cas, quand on voit que l'administration Trump ne veut plus corriger ces facteurs et que l'Union européenne a d’autres chats à fouetter avec la menace Russe. 

Nous savons également que la plus grande part des dommages environnementaux provient d'une petite fraction de la population des pays les plus riches de la planète. Par exemple, les 10 % des consommateurs les plus aisés au monde sont responsables de près de la moitié des émissions totales, tandis que les 50 % les plus pauvres en produisent moins de 10 %. Les pays dont la population est en déclin (Japon, Italie, Allemagne) ont une empreinte environnementale très élevée, et inversement, les pays à forte croissance démographique (dont l’Afrique) ont une empreinte très faible. 

Pourtant, si le développement économique leur en donnait l'occasion, ces mêmes pays imiteraient leurs « modèles » plus riches ! Dans le prochain article, nous verrons comment un ralentissement de la croissance démographique mondiale pourrait contribuer à résoudre ce problème. Restez connectés !

jeudi, mars 12, 2026

Faut-il blâmer le symptôme ou la cause ? (Première partie)

Je me suis toujours demandé pourquoi la pollution planétaire, le réchauffement climatique et la destruction de la biodiversité ne sont jamais imputés à la surpopulation, mais plutôt à des éléments résultant de facteurs spécifiques liés à la présence humaine sur Terre. J’ai toujours eu l’impression que l’on traitait les symptômes plutôt que la cause. 

Pourtant, nombreux sont ceux qui ne partagent pas mon avis et affirment que j’ai négligé une nuance essentielle : en sciences de l’environnement, la population n’est pas la « cause première » au sens simpliste du terme, même si elle constitue un élément important de l’équation. 

Selon eux, les véritables causes sont plus complexes. 

La surpopulation a beau être un sujet de débat scientifique, elle est rarement présentée comme le « principal coupable », car les recherches montrent que les facteurs de dégradation planétaire ne sont pas liées au nombre d’individus en soi, mais aux modes de consommation, d’émissions et d’utilisation des terres, qui sont inégaux et fortement concentrés. Ais-je mentionné que sans croissance de population, celles de l’économie et des religions le seraient aussi ? 

L'argument contraire à mes convictions est que les impacts environnementaux les plus importants proviennent de la consommation, et non de la taille de la population. En effet, un faible pourcentage de la population mondiale produit la majorité des émissions et des déchets, et les pays riches dont la population est stable ou en déclin présentent l'empreinte environnementale par habitant la plus élevée. 

À l'inverse, les populations plus pauvres et à croissance rapide contribuent bien moins au changement climatique. C'est pourquoi les experts affirment que les modes de consommation, les systèmes énergétiques et les pratiques industrielles sont les principaux facteurs du réchauffement climatique et de la perte de biodiversité, et non la seule taille de la population. 

Certes, les écologistes les plus radicaux prétendent que la culpabilisation de la population a souvent été liée à des discours racistes ou xénophobes, à des politiques ciblant des régions ou des groupes spécifiques, et à des tentatives de déresponsabiliser les sociétés de forte consommation. Cela semble séduisant, mais à mon sens, c'est une obsession à vouloir régler ce qui paraît facile et intraçable (les symptômes) en négligeant l'essentiel (la cause). 

Dans un prochain article, j'essaierai d'approfondir ces arguments et de voir honnêtement si la position que je défends depuis longtemps est justifiée.

mercredi, mars 11, 2026

Faire de belles choses avec presque rien …

Cette saison bien maigre en matière de neige m'aura rappelé une précieuse leçon : on peut toujours s'amuser énormément avec des ressources limitées. La quantité n'a en réalité pas grand chose à voir avec la qualité. Tout est une question de perspective : il faut savoir mettre en valeur le positif, le potentiel, et améliorer ce qui paraît mauvais au premier abord. En bref, un changement radical de point de vue ! 

Il y a quelques jours, je skiais sur ce qui a toujours été, et reste encore aujourd'hui, ma piste préférée aux alentours de Park City : « Thaynes ». Elle est desservie par un vieux télésiège à pinces fixes Yan de 1975 qui vous emmène 267 mètres plus haut en un peu plus de 6 minutes. 

Un terrain idéal pour y tracer un slalom de compétition. 

La photo ne rend pas justice à la difficulté et à la haute technicité de cette piste. J'ai souvent écrit à propos de cet endroit et je l'aime toujours autant, malgré son télésiège qui a largement dépassé l’âge de la retraite ! 

mardi, mars 10, 2026

Qualité des prévisions météo à long-terme (Deuxième partie)

Outre les fluctuations d'El Niño et de La Niña, on a également observé des blocages atmosphériques et une instabilité du courant-jet. 

À l'automne 2025, le courant-jet ne s'est pas mis en place selon le schéma classique de La Niña. Au lieu de diriger les tempêtes du Pacifique vers le nord-ouest américain et le nord des Rocheuses, il s'est fréquemment scindé ou a stagné. 

De ce fait, les tempêtes ont complètement manqué l'ouest, tandis que des crêtes chaudes et sèches se formaient au-dessus du Grand Bassin et des Rocheuses. 

De plus, la neige est arrivée plus tard et dans des régions différentes de celles prévues. Selon les spécialistes, ces blocages sont notoirement difficiles à prévoir plus de deux à trois semaines à l'avance. 

Ces mêmes experts affirment également que les effets du relief local amplifient les erreurs de prévision. Par exemple, les régions montagneuses comme les Wasatch (ici, en Utah), la Sierra (Californie) et les Cascades (Colombie-Britannique, Oregon et Washington) dépendent de trajectoires de tempêtes très spécifiques. Un décalage de seulement 150 kilomètres dans la trajectoire d'une tempête peut entraîner d'importantes chutes de neige dans une zone et rien dans une autre. 

Une fois de plus, les modèles saisonniers ne permettent pas de résoudre ces variations à fine échelle. Faut-il préciser que les prévisions de l'Almanach des fermiers reposent sur des méthodes non scientifiques et ne valent pas le papier sur lequel elles sont imprimées ? Contrairement à la NOAA, l'Almanach des fermiers n'utilise pas de modèles climatiques basés sur la physique. 

Ses prévisions à long terme sont basées sur des formules secrètes, des tendances historiques et, probablement, des idées reçues, qui ne tiennent certainement pas compte des brusques variations d'ENSO, du comportement des courants-jet, du couplage océan-atmosphère et des phénomènes climatiques extrêmes. Les prévisions d’enneigement seront toujours entachées d'une grande incertitude, en particulier dans l'Ouest où les montagnes créent des microclimats. 

Les cartes probabilistes de la NOAA (comme les outils de probabilité de chutes de neige auxquels je fais référence) bien qu’un peu plus fiables que l'Almanach des fermiers, ne peuvent toujours pas garantir les résultats à plusieurs mois d'avance. Les prévisions à court terme (1 à 2 semaines) restent bien plus précises pour les chutes de neige que ces prévisions saisonnières. 

Par conséquent, mieux vaut ne pas se fier aux prévisions à long terme, utiliser notre propre imagination, ou demander à son chien si nous en avons un sous la main !

lundi, mars 09, 2026

Qualité des prévisions météo à long-terme (Première partie)

Les prévisions de neige faites à l'automne 2025 pour l'ouest des États-Unis annonçaient des précipitations et des températures similaires à celles d'un hiver moyen dans l'Utah. En réalité, elles se sont avérées totalement erronées, voire opposées (pas de neige et températures très douces), car les signaux climatiques à grande échelle sur lesquels s'appuyaient la NOAA (l’agence météorologique américaine) et l'Almanach des fermiers ont complètement loupés le coche une fois la saison arrivée.

Bien que les sources mentionnées se soient concentrées sur des tendances hivernales généralisées, elles ont mis en évidence leur immense faiblesse qui est que les prévisions saisonnières sont probabilistes et fortement dépendantes des phénomènes ENSO (El Niño-Oscillation australe). Les cycles ENSO sont des variations climatiques naturelles et récurrentes, d'une durée de 2 à 7 ans, impliquant des changements de température dans l'océan Pacifique tropical et dans la circulation atmosphérique. 

Ces oscillations se composent de trois phases : El Niño (chaud), La Niña (froid) et une phase neutre. Toutes influencent le climat mondial, notamment les précipitations, les températures et l'activité cyclonique, particulièrement en hiver. Pour l'hiver 2025-2026, la NOAA anticipait une poursuite de La Niña, avec une transition vers une phase neutre début 2026. Or, l'intensité, le calendrier et les impacts régionaux de La Niña varient considérablement d'une année à l'autre. 

En 2025, le phénomène s'est affaibli plus tôt que prévu et a évolué de manière irrégulière, perturbant ainsi la trajectoire habituelle des tempêtes qui apportent les premières neiges de saison dans l'Ouest. Cela signifie que même en connaissant les grandes tendances climatiques, la répartition exacte des chutes de neige s'est avérée extrêmement difficile à prévoir plusieurs mois à l'avance. 

Nos scientifiques parlent peu du changement climatique et de la multiplication des rivières atmosphériques. C’est à croire que c’est mon imagination ! Il existe cependant d'autres raisons que nous aborderons demain …

dimanche, mars 08, 2026

Bon pied, bon œil …

Quand j’ai su qu’il était tombé vingt centimètres de neige pendant la nuit, je me suis dit « Sautons sur l’occasion pour aller faire quelques virages ! » Ne pouvant pas skier le matin, j’ai reporté ça à l’après-midi, persuadé qu’il resterait de la bonne poudreuse en altitude. 

Depuis le télésiège, tout semblait prometteur : traces croisées, certes, mais invitantes. Mais dès que mes skis ont touché la surface, ce fut tout autre chose. Ce qui ressemblait à de la poudreuse s’était transformé en véritable plâtre bien compact, du genre neige lourde qui s’agrippe aux skis et force à durement négocier chaque virage. 

J’ai quitté ce secteur et suis allé ailleurs, pour y retrouver le même genre de neige. Pourtant, quelque chose en moi a tourné ma déception en curiosité. Au lieu de lutter contre ces conditions défavorables, je les ai acceptées comme un problème à résoudre. Très vite, j’ai trouvé le moyen d’y prendre plaisir. Le défi s’est transformé en récompense.

C’est là que j’ai vraiment réalisé que toutes ces années passées à skier m’ont permis d’accumuler d’infinies sensations bien ancrées sous la plante de mes pieds – d’infimes variations de pression, d’angle de carres et d’équilibre, auxquels je ne pense pas consciemment, mais sur lesquelles je m’appuie constamment. 

Mes yeux, eux aussi, ont été entraînés par les milliers de descentes et de terrains variés qu’ils ont du décrypter en repérant opportunités et dangers bien avant qu’ils viennent à mon contact. Dans des conditions difficiles, ces deux systèmes – vue et sensations au niveau des pieds – se mettent à dialoguer. Mes pieds reconnaissent les échos de situations passées et proposent discrètement des solutions. 

Mes yeux scrutent l’horizon et choisissent la trajectoire qui offre les meilleures chances de réussite à ces solutions. Quand ces deux sens se mettent d’accord, même une neige épouvantable, le tout devient un jeu. La frustration se dissipe, remplacée par un sentiment d’adéquation, de présence et de fluidité. 

Et c’est là que je me suis souvenu, une fois de plus, qu’il n’existait pas de mauvais moment à ski, mais une myriade d'instants différents – chacun ajoutant une nouvelle dimension à la maîtrise du mouvement, aux souvenirs et à la joie qui me donnent envie d’y revenir.

samedi, mars 07, 2026

Démolisseurs professionnels !

Avec l'arrivée du printemps, nous avons tous des projets à entreprendre, que ce soit chez à la maison ou sur d'autres propriétés. Mais qui dit rénovation dit souvent démolition, et cette opération est parfois nécessaire. Pourtant, personne ne fait mieux que le duo « Bibi » et Donald pour tout casser.

Ils débarquent avec leurs plus gros engins et s'attaquent à tout ce qui est en travers de leur chemin sans se soucier des dégâts. De Gaza à Téhéran, on les voit détruire toutes les infrastructures et nous annoncer qu'ils remplaceront les ruines par un magnifique complexe hôtelier… 

Bien sûr, Bibi agit ainsi pour éviter de perdre son immunité politique et d'aller en prison, tandis que Donald le fait pour détourner l'attention d'Epstein, de sa chute de popularité et de nos problèmes de pouvoir d'achat. Par pure curiosité et pour ma propre sécurité, je me demande bien quel sera leur prochain chantier ?

vendredi, mars 06, 2026

Réflexions olympiques… (Cinquième partie)

Il est souvent surprenant de constater comment se prennent des décisions très importantes. La France a obtenu les Jeux olympiques d’hiver de 2030 en proposant au CIO un plan à faible risque, politiquement soutenu, géographiquement cohérent et axé sur l’héritage culturel, à travers les Alpes françaises. 

En réalité, après le retrait de la Suède, elle est devenue, le 29 novembre 2023, la seule candidate (alors qualifiée de « préférée ») du CIO. Face à une pénurie flagrante de candidats, le « nouveau système » du CIO privilégiait la stabilité, la faisabilité et les garanties politiques plutôt que la compétition. La délégation française était conduite par le président Emmanuel Macron, qui a personnellement exprimé l’engagement total de la France à organiser les Jeux. 

Le CIO a déclaré accorder une importance capitale aux garanties gouvernementales, notamment pour les Jeux d’hiver qui nécessitent des infrastructures complexes et une planification résiliente face au changement climatique. La France a rempli ces conditions dans les délais impartis par le CIO. 

Ce qui a convaincu le CIO d'accepter des Jeux répartis sur l'ensemble des Alpes françaises, c'est la volonté d'utiliser les sites existants et les domaines de sports d'hiver déjà établis, conformément à sa nouvelle stratégie, malgré son accent mis sur le développement durable face aux importants besoins en transport. Le CIO a également été séduit par l'idée que les Alpes françaises alliaient sites olympiques historiques et infrastructures modernes, créant ainsi un mélange harmonieux de patrimoine et de planification tournée vers l'avenir. 

Cette approche a été perçue comme un moyen de réduire les risques et de renforcer l'attrait des Jeux. La France a également dû fournir des engagements financiers concrets au CIO afin de répondre à ses inquiétudes concernant les dépassements de coûts et l'incertitude politique. 

Contrairement à d'autres candidatures récentes qui s'étendaient sur plusieurs pays ou villes éloignées, les Alpes françaises étaient considérées comme formant un corridor de sports d'hiver continu et bien connecté (260 kilomètres à vol d'oiseau). Enfin, le succès récent de la France avec les Jeux olympiques d'été de Paris 2024 a scellé l'accord. Dois-je répéter que le CIO n'avait pas d'autre choix ? 

Edgar Grospiron a été choisi pour diriger le Comité d'organisation des Jeux olympiques d'hiver de 2030 par un vote de l'Assemblée générale du comité, le 18 février 2025. Je connais Edgar quand c’était un bambin au moment où ses parents se sont installés à Avoriaz pour gérer Vuarnet Sports au début des années 1970. 

L'Assemblée générale a justifié son choix par la solide expérience olympique et sportive de M. Grospiron, qui comprend notamment un titre de champion olympique de ski de bosses à Albertville en 1992, son rôle de chef de la candidature d'Annecy pour les Jeux olympiques d'hiver de 2018 et son engagement de longue date dans la gouvernance des sports d'hiver français.

Ces atouts ont été explicitement cités comme raisons de sa nomination. Grospiron, qui aura 57 ans en mars, est d'un tempérament extraverti était sûrement fort en « bosses » mais n'a peut-être pas les compétences diplomatiques ni l'expérience managériale de grand « boss » requises pour le poste. Il n’est pas le seul dans cette situation, j’en sais quelque chose !

Travail très visible et bien rémunéré (probablement entre 25 000 et 35 000 dollars par mois), un détail tenu secret, conformément à la tradition française. Il convient de noter que Giovanni Malagò président de Milan 2026 n’a pris aucun salaire. 

Plus récemment, le comité a connu d'importantes tensions internes, notamment la démission du PDG, du directeur général des opérations, du directeur de la communication et du responsable de la commission des rémunérations. Ces événements qui n'ont aucune incidence sur sa sélection expliquent en partie les critiques dont son leadership fait l'objet. 

L'avenir nous dira comment ce projet complexe évoluera au cours des moins de quatre ans qui nous séparent des Jeux…

jeudi, mars 05, 2026

Réflexions olympiques… (Quatrième partie)

Sans se soucier de transparence, Alberville 1992, Lillehammer 1994, Nagano 1998 et même Salt Lake City 2002 n'ont jamais fourni de budget final détaillé, de comptes de résultats, ni même de chiffres concernant les dépassements de coûts. 

Pourtant, il est évident que ces Jeux ont nécessité d'importants investissements dans les infrastructures, avec la construction de sites majeurs, la modernisation des transports régionaux et des aménagements sur de multiples sites.

Chacune de ces villes prétend avoir équilibré leur budget, mais je n’y crois pas trop. Turin 2006 et Sotchi 2014 sont des cas qui sortent du lot. 


Turin a enregistré un résultat financier désastreux et les Jeux ont laissé un fardeau durable sur la ville et sa région. La source la plus fiable indique que les Jeux de Turin 2006 « ont laissé un lourd héritage de dettes et d'infrastructures inutilisées », qualifiant l'événement d'avertissement pour les futures villes organisatrices. 

Les Jeux n'ont pas été rentables, la ville et la région se sont retrouvées avec une dette considérable. Le bilan financier est négatif, point final. Sotchi a clairement été orchestré par Poutine qui, grâce à ses amis oligarques et à l'argent de ses sujets, s'est offert les Jeux olympiques les plus coûteux de l'histoire, et les conséquences financières sont exceptionnellement bien documentées. 

Les sources disponibles dressent un tableau cohérent de dépassements de coûts massifs, de dépenses totales extrêmement élevées et d'un fardeau économique à long terme, pour des retombées économiques limitées. Des analyses indépendantes montrent que le coût total a atteint 55 milliards de dollars, contre une estimation initiale de $12 milliards. 

Cela représente un dépassement de 4,5 fois le budget initial, l'un des plus importants jamais enregistrés pour des Jeux olympiques. Sur ce montant, $16 milliards étaient liés aux coûts sportifs (infrastructures, opérations), tandis que les $39 milliards restants ont été consacrés aux infrastructures non sportives telles que les routes, les voies ferrées, l'énergie et les hôtels. Ce dépassement de coûts de 51 milliards de dollars constitue manifestement un record ! 

Le bilan des Jeux de Milan-Cortina 2026 qui viennent de se dérouler est encore incertain, mais le budget, les dépassements et les résultats financiers probables sont déjà bien documentés. Le budget de fonctionnement initial s'élevait à 1,77 milliard de dollars et a été officiellement révisé à $2 milliards. Cependant, le budget initial des infrastructures, estimé à $4,5 milliards, pourrait atteindre $4,75 milliards. 

Des estimations plus larges évaluent le coût total entre 6 et $7 milliards en combinant les opérations, les sites et les projets d'héritage. Certaines analyses incluent tous les travaux connexes (routes, transports, améliorations régionales) et atteignent un total de $9,15 milliards, dont seulement $1,9 milliard sont strictement liés aux Jeux. 

Attendons de voir à quel niveau le coût final se situera. Selon certaines sources, le Comité d'organisation de Milan-Cortina 2026 serait en bonne voie de dégager un excédent de $59 à 95 millions. Ceci serait principalement dû aux recettes record du sponsoring national, qui ont dépassé $825 millions. Affaire à suivre ! 

Demain, nous plongerons au cœur des prochains Jeux olympiques, ambitieux et extrêmement complexes : Alpes 2030 !

mercredi, mars 04, 2026

Réflexions olympique… (Troisième partie)

Si l’on examine les Jeux olympiques d’hiver les plus récents, de 1992 à nos jours, on constate des aventures très diverses et, du meilleur au pire, on peut être surpris, mais pas choqué. De manière générale, la transparence totale n’est pas la norme dans ce milieu et cela reflète peut-être la culture du secret qui règne au sein du CIO.

Parmi les sites olympiques d’hiver les plus exemplaires et responsables, un trio sort du lot : Vancouver 2010, PyeongChang (Corée du Sud) 2018 et Pékin 2022. Ces trois villes, à l’instar des plus performantes, se démarquent par leur comportement et leurs résultats. PyeongChang est sans doute le meilleure exemple et l’un des rares Jeux d’hiver à avoir dégagé un excédent financier confirmé, étayé par des chiffres parfaitement clairs. 

Le tableau devient encore plus intéressant lorsqu’on compare le budget de fonctionnement, les dépenses d’infrastructure et les retombées économiques. Sur le plan opérationnel, les Jeux ont généré un excédent confirmé de 55 millions de dollars, pour des recettes de 2,245 milliards de dollars et des dépenses de 2,190 milliards de dollars. 

Si l'on en croit les Chinois, les Jeux olympiques de Pékin 2022 présentent l'un des profils financiers les plus clairs et les plus inhabituels de ces manifestations sportives. Le comité d'organisation a dégagé un nouvel excédent, alors que le coût total des Jeux a largement dépassé les prévisions initiales. Les sources disponibles fournissent des chiffres solides, avec un excédent de 52 millions de dollars sur des recettes de 2,3 milliards. Le CIO a également annoncé qu'il verserait 10,4 millions de dollars de sa part de cet excédent au Comité olympique chinois. 

Vancouver, elle aussi, a affiché un bilan financier impeccable et documenté, offrant une image sans controverse. Les Jeux furent généralement considérés comme bien gérés financièrement, même si le constat varie selon que l'on considère les coûts opérationnels ou les dépenses d'infrastructure. Si le budget de fonctionnement a été équilibré, le budget d'infrastructure – qui comprenait les sites, les routes, les transports en commun et les améliorations urbaines – constitue un cas à part. 

Deux chiffres majeurs se distinguent : 603 millions de dollars pour le développement des sites, un montant conforme au budget, mais 554,3 millions de dollars dépensés par la seule Ville de Vancouver pour les infrastructures et les opérations liées aux Jeux. Mais comme pour la plupart des Jeux olympiques, les coûts d'infrastructure ont été pris en charge par le secteur public et ne sont donc pas inclus dans le calcul du seuil de rentabilité. 

Demain, nous nous pencherons sur les autres Jeux, notamment sur un aperçu de Milan 2026.

mardi, mars 03, 2026

Réflexions olympiques… (Deuxième partie)

 Aujourd'hui, nous allons examiner les résultats financiers des Jeux olympiques (principalement d'été). Nous commencerons par les Jeux olympiques de Los Angeles en 1984, un exemple de réussite frappant. Organisés sans fonds publics, ils allaient dégager un excédent de plus de 200 millions de dollars. Sans surprise, ils sont devenus le modèle d'organisation de Jeux à budget serré et financés par le secteur privé. 

Bien évidemment, cet exemple n'a pas été trop bien suivi. D'autres Jeux ont parfois atteint l'équilibre budgétaire ou s'en sont approchés, mais 1984 reste les seuls J.O. incontestablement rentables. Il y a donc eu de nombreux échecs. La plupart des Jeux depuis les années 1960 ont accusé des déficits considérables. Voici quelques exemples notoires, à commencer par Montréal 1976, dont le budget avait tellement explosé que la ville a mis 30 ans à rembourser sa dette. 

Cela aurait dû servir d'avertissement aux futurs hôtes, mais Athènes est également tombée dans le même piège, avec des dépassements de budget de plusieurs milliards et de nombreux sites abandonnés par la suite. Dans le cas de la Grèce, ces dépassements de coûts ont été le coup de grâce, aggravant les difficultés financières du pays. 

Au Brésil, les Jeux de Rio 2016 ont également connu d'importants dépassements de coûts, de nombreux sites étant tombés en désuétude quelques mois après la fin des Jeux et les retombées économiques à long terme ne s’étant pas concrétisées. Même les Jeux japonais de Tokyo 2020 (organisés en 2021), pourtant préparés avec soin, ont vu leurs coûts exploser en raison des retards liés à la COVID-19, sans parler de l'annulation des retombées touristiques attendues suite à l'interdiction d'accès au public. 

Concernant Paris 2024, les résultats sont encore en cours d'évaluation, mais les premières analyses montrent que l'organisation des Jeux a été « loin d'être bon marché », avec des coûts avoisinant les 8,7 milliards de dollars. Ce bilan plutôt négatif explique pourquoi de moins en moins de villes souhaitent se porter candidates pour les Jeux olympiques. 

Les dépassements de coûts massifs en sont la principale raison, les Jeux olympiques dépassant systématiquement leurs budgets de manière significative. Par conséquent, les villes savent qu'elles prennent un risque financier considérable avec peu de chances de profit. Il y a ensuite la dette à long terme et les coûts d'entretien des infrastructures. Après les Jeux, les villes doivent entretenir les stades, les arènes, les réseaux de transport, les villages des athlètes et les infrastructures spéciales comme les pistes de bobsleigh, qui deviennent souvent des gouffres financiers. 

On observe également une résistance publique croissante, les habitants votant de plus en plus contre l'organisation des Jeux lors des référendums, car ils ne souhaitent pas de hausse d'impôts, de déplacements de population, de perturbations liées aux travaux et d'endettement à long terme. La population du Colorado, qui avait rejeté en masse les Jeux olympiques d'hiver de 1976 à Denver, en est un bon exemple. 

Enfin, le CIO s'est forgé une très mauvaise réputation en raison de ses exigences élevées concernant de nouveaux sites coûteux, du respect onéreux des nouvelles spécifications, de règles strictes en matière de marque, d’une sécurité omniprésente, de sa faible contribution financière et sa fâcheuse habitude de s'accaparer la majeure partie des recettes. Nous allons maintenant nous intéresser à certains des sites olympiques d'hiver les plus réussis de l'histoire récente et analyser leurs performances respectives...

lundi, mars 02, 2026

Réflexions olympiques… (Première partie)

Maintenant que les Jeux olympiques d'hiver sont terminés, l'heure est à l'introspection. Comme je l'ai souvent mentionné sur ce blog, les Jeux olympiques sont devenus une enorme machine à faire de l’argent, mais pas forcément pour tout le monde. 

Comme nous le soupçonnons tous, le Comité international olympique (CIO) et les principaux sponsors en sont les plus gros bénéficiaires, le CIO générant des milliards grâce à la diffusion (61 %) et au marketing (30 %). À l'inverse, les villes hôtes et les contribuables nationaux supportent la majeure partie du fardeau financier, devant souvent couvrir des coûts de construction, de sécurité et d'exploitation colossaux, fréquemment hors budget. 

C'est un divertissement onéreux, et même si vous ne le regardez pas, vous serez là pour payer ! Pourtant, cette fête du sport est, comme toujours, pilotée par nos chers politiciens. Les villes, ou désormais les régions, continuent de postuler malgré ces risques financiers considérables pour des raisons assez simples. C'est un jeu politique facile, qui apporte du prestige et est perçu comme un symbole de réussite internationale. 

De plus, les promoteurs immobiliers locaux font pression car ils en tirent profit quel que soit le résultat. Il est facile d'élaborer des projections économiques optimistes et des coûts abordables, bien avant l'événement. Les comités d'organisation et de candidature n'hésitent jamais à exagérer pour convaincre le public. 

À titre d'exemple, tous les Jeux olympiques depuis 1960 ont dépassé leur budget (à l'exception de Los Angeles en 1984), avec un dépassement moyen de 172 %. Montréal a mis 30 ans à rembourser sa dette olympique, tandis que Rio et Athènes se sont retrouvées avec des sites abandonnés et des difficultés économiques persistantes.

Ne parlons des tremplins de Prelegato pour Turin 2006, devenus de véritables gouffres financiers, et de la reconstruction de ceux-ci dans le Val di Fieme, encore plus éloignés par rapport à Milan. Enfin, il y a le discours sur « l'héritage », les villes et les sites hôtes se voyant promettre des bénéfices à long terme qui se concrétisent rarement. 

Dans un prochain épisode, nous analyserons plus en détail les montagnes russes financières des Jeux olympiques …

dimanche, mars 01, 2026

Gros avantage pour pas de vie après la mort

Y a-t-il des personnes décédées sur cette planète que vous ne pouviez absolument pas supporter ? Soit elles vous ont fait du mal, soit elles vous ont maltraité, soit elles ne supportaient tout simplement pas votre présence.

Je suis sûr que vous les trouveriez tous au paradis si vous cherchiez bien (l'enfer n'existe pas). Bien sûr, vous avez depuis longtemps pardonné tous ces tristes individus, mais vous êtes quand même heureux et soulagé de ne plus jamais voir leur frimousse. 

Imaginez maintenant qu'une vie après la mort soit possible et qu’à votre résurrection, tous ces imbéciles vous accueillent en ricanant. En seriez-vous ravi ? Croyez-vous qu’ils auraient fait amende honorable ? N’y comptez pas trop ! En bref, votre séjour au Paradis serait gâché et ruiné pour l’éternité par ces affreux jojos, pas vrai ? 

Alors, réjouissez-vous, comme je l’ai découvert, qu’il n’y a pas de vie après la mort !

samedi, février 28, 2026

Park City Mountain, le point à mi-saison

Notre charmante ville de Park City compte deux stations de ski concurrentes. Deer Valley (appelons-la DEAR Valley, car elle est très chère, voire hors de prix) et l'autre, que j'appellerais « Fail Valley » par souci de symétrie. En réalité, son nom est Park City Mountain (PCM), et c'est là que je skie le plus souvent. 

Le surnom « Fail Valley » que je lui ai donné repose sur trois raisons. Premièrement, la symétrie ; deuxièmement, comme je l'ai dit, « Fail » est la prononciation allemande de « Vail », nom de Vail Resorts (VR), sa société mère, et signifie « échouer » au sens de ne rien réussir, si ce n'est soutirer de l'argent aux clients et les décevoir en masse. 

Eh oui, PCM fait tout « pas assez et bien trop tard ». Ses efforts en matière d'enneigement artificiel sont « récalcitrants », car Vail Resorts est bien trop près de ses sous pour investir. Non seulement la station peine à entretenir ses remontées mécaniques, mais néglige également l'entretien de ses pistes, envahies par une végétation massive, et de pousses d’arbres et n'effectue pas l'élagage aussi régulièrement qu'il le faudrait par avarice.

 C'est catastrophique lorsque la neige est si mince, comme cette saison, car cette végétation devient alors très dangereuse. Ses remontées mécaniques sont pour la plupart anciennes et lentes (à pinces fixes) et seraient plus dignes d'un musée (le Kazakhstan et l'Ouzbékistan achètent des remontées mécaniques débrayables d'occasion aux Alpes pour équiper leurs pistes ; ils ne s'intéressent plus aux systèmes à pinces fixes !).

Cependant, il y a du bon par rapport au passé : le nouveau parking aux Canyons est spacieux et propre. Mais là encore, VR a dû acheter des nids-de-poule en gros pour les placer stratégiquement sur les voies d'accès et de sortie. Incroyable ! Impossible de rater ça. De plus, une fois à l'intérieur, il est assez difficile de trouver la sortie et une meilleure signalisation faciliterait grandement celle-ci en toute sécurité. 

Par ailleurs, les télésièges s'arrêtent sans cesse, ce qui annule l'avantage des chaises débrayables (je commence à comprendre l'obsession de VR pour les télésièges à pinces fixes – le jeu de mots est volontaire). Et tant qu'on parle de télésièges, la mise en place d’un télésièges à 8 place pour Silverlode est une autre mauvaise idée. 

Vu la façon de faire fonctionner ses remontées mécaniques, VR ne pourra pas contrôler huit skieurs qui partent et arrivent en même temps sans bloquer la marche de sa remontée ou embarquement et débarquement entraîneront encore plus d'arrêts qu'actuellement (effet domino amplifié). 

Mon idée d'une déviation reliant le pied de Silverlode à un départ abaissé de Motherlode, plus bas dans le vallon et atteignant Puma Ridge, serait bien meilleure. Enfin, j'espère que VR proposera l'année prochaine un forfait plus attractif pour les seniors. 

Sinon, je risque de quitter Fail Valley pour DEAR Valley ! 

vendredi, février 27, 2026

Mourir en faisant ce qu'on aime !

C’est une expression que j'ai souvent entendu à propos de skieurs décédant sur les pistes. Attention, je ne parle pas d'accidents tragiques du genre avalanches, collisions, dévissages sur pistes raides, etc., mais de « mort naturelle », le plus souvent due à un arrêt cardiaque sur la piste. Bien sûr, dire « Il est mort en faisant ce qu'il aimait » est en réalité une réaction défensive, pas une vérité littérale. 

Cela peut s’appliquer à la victime, si l'hypothèse est correcte (ce que nous ne vérifions généralement pas), mais c'est tragique pour le veuf ou la veuve et les proches qui doivent gérer la situation dans un moment imprévu et délicat. Quand quelqu'un s'effondre sur une piste de ski suite à une crise cardiaque, les personnes qui l’entourent cherchent instinctivement une explication pour atténuer le choc. 

Dire « il est mort en faisant ce qu’il aimait » permet de diminuer le caractère aléatoire de l’événement, de lui conférer une certaine dignité et de rassurer tout le monde en montrant que la personne n’a pas souffert dans un lit d’hôpital. Il y a aussi une dimension culturelle : le ski, l’escalade ou la voile sont des activités chargées de mythologie. 

Ceux qui les pratiquent en parlent souvent comme une aspiration, et non comme un simple loisir. Ainsi, lorsqu’une personne décède dans ce contexte, le récit s’écrit presque de lui-même. Ce n’est pas que le sentiment soit faux ; il est simplement incomplet. Je me souviens de deux personnes décédées de cette manière.

L'un était Max Marolt, représentant des fixations Look lorsque je suis arrivé en Amérique en 1977, une figure emblématique du ski et de la politique à Aspen, décédé à 67 ans d'une crise cardiaque alors qu'il skiait à Las Leñas en Argentine le 28 juillet 2003. L'autre était le champion et « testeur » des skis Rossignol, Adrien Duvillard, décédé à ski sur sa station natale de Megève, au Mont d'Arbois, le 14 février 2017 à l'âge de 82 ans. 

J'aimerais moi aussi mourir ainsi, mais je ne pense pas que ma femme serait ravie !

jeudi, février 26, 2026

La bizarrerie du ski … (Troisième partie)

Après avoir abordé de nombreux aspects du ski rarement évoqués, je propose d'essayer de comprendre pourquoi ce sport peut devenir dangereux avec l'âge. En fait, cela s'explique en grande partie par son apparente facilité et la sensation de liberté qu'il procure. Comme nous l’avons vu précédemment, le ski cache souvent notre véritable état physique et mental jusqu'au moment où nous en avons le plus besoin. 

Il y a cette « illusion du rechargement de batterie », le télésiège nous offre l'occasion de nous reposer et de nous ressourcer, sans que nous ressentions la fatigue progressive qui nous avertit qu’il est temps de s’arrêter. Nous pensons être en pleine forme, jusqu'à ce que ce ne soit plus le cas. Nous savons tous que notre temps de réaction diminue avec l'âge ; ainsi, même un infime retard dans la correction de notre équilibre, le contrôle de nos carres, le transfert de notre poids et nos réactions aux variations du terrain et aux conditions de neige peuvent transformer une petite erreur en chute grave.

Comme la plupart des seniors le savent bien, les chutes ne sont ni souhaitables ni bonnes à un âge avancé ! De plus, le ski exige des réactions instantanées, or l'âge les ralentit et le côté ludique du sport masque cette réalité. Enfin, notre force décline plus vite que notre confiance. Notre esprit se souvient de nos performances passées, mais notre corps n'est pas toujours capable de les reproduire, ce qui peut engendrer un décalage dangereux. 

L'adrénaline, combinée au froid, nous donne une fausse impression de performance. Nous nous sentons plus vifs, plus forts et plus confiants que nous ne le sommes réellement. À grande vitesse, les petites erreurs sont amplifiées et, à 50-65 km/h, une erreur de 1 % se transforme rapidement en un problème majeur. De plus, la vision et le sens du relief se dégradent subtilement avec l'âge, rendant une faible luminosité, des conditions neigeuses et une vitesse élevée beaucoup plus difficiles à bien appréhender. 

Enfin, la fatigue nous frappe d'un coup, car le ski la dissimule si bien que, lorsqu'elle se présente, elle arrive souvent plus vite que nous n'avons le temps de réagir. Nos jambes flanchent, notre équilibre est en désarroi, notre attention se relâche et nos réflexes disparaissent. C'est à ce moment-là que la plupart des accidents se produisent, lors de la dernière descente, pendant la dernière heure ou lors de cette maudite « dernière piste ». 

En conclusion, il est indéniable que le ski donne l'impression d'être un sport de jeunes, même à un âge avancé, car il est particulièrement bon à dissimuler les signes habituels de fatigue liés au vieillissement. Voilà le grand paradoxe, nous ne nous sentons jamais essoufflés, nos muscles ne brûlent pas, pas plus de transpiration que de douleur, nous ne voyons pas la fatigue arriver, nous nous sentons toujours dans la peau d’un skieur de 25 ans jusqu’à ce que notre corps nous rappelle qu’on est un peu plus vieux. 

C’est là le danger. Essayons tous de bien nous souvenir de ces dures réalités !

mercredi, février 25, 2026

La bizarrerie du ski… (Deuxième partie)

Comme promis, je vous propose d’explorer pourquoi le ski procure cette sensation à la fois si facile et si intense. Nous verrons ensuite comment il peut devenir dangereux, car il « masque » notre véritable condition physique et mentale, et peut avoir des conséquences dramatiques en termes d'accidents potentiels. 

Il est vrai que le ski est un sport bien particulier, car il crée une illusion parfaite de facilité, de fluidité et d'apesanteur, tout en exigeant d'énormes ressources matérielles, physiques et mentales, en proportions variables. Comme beaucoup l'ont déjà dit : « Quand on skie, c’est un peu comme si on volait, enfin libéré de la tyrannie de la gravité… » 

Ce décalage entre facilité et sensations fortes explique aussi pourquoi ce sport peut être sournoisement dangereux, surtout avec l'âge. Le ski peut parfaitement masquer notre véritable condition physique jusqu'au moment où nous en avons le plus besoin. Comment cela se produit-il et pourquoi l'« effet trompeur » du ski est-il si fort ?

 C'est clairement l'un des rares sports où la gravité joue un rôle crucial. En ski, on ne se propulse pas vraiment, on gère surtout son élan. Le télésiège fait le plus gros du travail : on ne grimpe pas au sommet, on ne « mérite » pas vraiment nos virages et notre descente (contrairement à la randonnée alpine), mais on repart rechargés à fond à chaque nouvelle piste ! 

Cela signifie beaucoup moins de fatigue physique, pas de signes avant-coureurs de problèmes cardiovasculaires, et une fatigue moins progressive, car les skieurs passent instantanément d’un état de repos à une performance athlétique à vitesse élevée. 

Au delà de la remontée mécanique, la propulsion est assurée par une combinaison de gravité et de travail musculaire, et cet équilibre hybride varie énormément selon l’expérience du skieur, les conditions météorologiques, son esprit de compétition, sa maîtrise de la neige et des facteurs externes comme l’état de la neige, la pente et la visibilité, car le corps doit travailler dur pour se stabiliser, absorber les chocs et réagir le plus vite possible. 

Les skieurs expérimentés et les skieurs plus âgés, comme moi, dépendent de plus en plus de la gravité à mesure que leur force brute diminue. Il y a néanmoins des formes d’effort plus subtiles. L’adrénaline, fruit de la vitesse et du risque, cache la faiblesse et renforce la confiance. Elle masque aussi la douleur et la fatigue en aiguisant temporairement la concentration ! Bien que le ski paraisse facile, il peut être très intense, même sans donner l'impression de « faire un effort » au sens traditionnel du terme. 

Il demande grande concentration et prise de décision rapide, car nous effectuons des micro-ajustements à chaque fraction de seconde. Cela peut être mentalement épuisant, sans que nous nous en rendions compte immédiatement. Le ski sollicite également les muscles de manière excentrique et constante : nos quadriceps, nos fessiers et nos muscles abdominaux absorbent la force au lieu de la produire. 

Ce travail paraît plus facile, mais fatigue les muscles plus rapidement et sans que l'on s'en aperçoive. Notre cerveau est également très sollicité : il doit analyser la qualité de la neige, les difficultés du terrain, la présence d'autres skieurs, la vitesse et la visibilité. Tout cela consomme aussi de l'énergie mentale sans que l'on ait l'impression de la dépenser. Enfin, notre corps corrige constamment sa position sur les skis, en utilisant des muscles stabilisateurs qui se fatiguent eux aussi rapidement, mais silencieusement. 

Comme vous pouvez le constater, le corps est soumis à rude épreuve sans que nous en soyons conscients. Nous poursuivrons demain avec quelques aspects plus inquiétants liés au ski, alors revenez les découvrir ici ! 

mardi, février 24, 2026

La bizarrerie du ski… (Première partie)

Ma vie toute entière s'est déroulée dans l'univers des sports d'hiver, et c'est grâce à eux que j'ai pu faire vivre ma famille. C'est pourquoi le ski a dominé ma vie et ma carrière : un sport paradoxal, en grande partie « assisté », puisque la majorité de l'effort physique requis est fournie par une remontée mécanique (télésiège, téléphérique, etc.), un petite portion par la force de gravité et le reste par l’aide musculaire.

J'ai toujours aimé dire, un peu en rigolant, que le ski était un « sport de fainéants », et c'est sans doute vrai ! Cela m'a amené à me demander quels autres sports, le cas échéant, pourraient entrer dans cette catégorie. Il est vrai que le ski et le snowboard sont uniques, car la partie la plus difficile physiquement, la montée, est déléguée à une machine. 

Dans cette série, j'utiliserai le terme « ski » par souci de simplicité et l'appliquerai également au « snowboard ». L'activité en elle-même est perçue comme étant très dynamique et comme un « sport » à part entière, mais la majeure partie de l'énergie nécessaire est fournie par un système externe (le télésiège et autres moyens de grimper sur la montagne). 

Si l'on définit un « sport assisté » comme un sport où un système mécanique élève le participant, le propulse ou lui offre l'accès nécessaires à la pratique, plusieurs autres activités tombent dans cette catégorie. En voici un bref aperçu : 

1. VTT (descente en remontée mécanique), 

2. Parapente et deltaplane (avec remorquage par bateau), 

3. Plongée sous-marine avec assistance nautique, 

4. Escalade en salle avec auto-assurage ou bloqueurs mécaniques, 

5. Sports motorisés comme la motoneige, le jet ski, le motocross, etc., 

7. Chute libre en soufflerie (vent vertical créant portance et résistance), 

8. Surf tracté par jet ski, 

9.D’autres sports « assistés » différemment, comme le golf avec voiturette, la voile (propulsion par le vent), la randonnée glaciaire (avec téléphérique) et l’escalade en salle avec auto-assurage. 

Le ski, quant à lui, se distingue par sa nature unique qui en fait un sport de gravité utilisant un système d’accès motorisé, offrant des sensations plutôt grisantes à grande vitesse et ne demandant qu’un effort métabolique minimal au départ de chaque descente. 

Rares sont les sports de cette liste qui combinent ces quatre atouts. Seuls le VTT de descente et le parapente tracté offrent des expériences comparables. Demain, nous explorerons ce qui rend le ski à la fois si facile et si exaltant. Pour le découvrir, lisez le prochain épisode …

lundi, février 23, 2026

Mon avis sur les JO de 2026

Dieu merci, les Jeux Olympiques sont terminés ! J'en avais assez de ce cirque à cinq anneaux, au quotidien pendant plus de deux semaines. Les Jeux de 2026 ont réuni quelque 2 900 athlètes de 92 pays en Italie, qui se sont affrontés dans 116 épreuves. 

Le programme couvre 16 disciplines réparties en 8 sports. Il s'agit des premiers Jeux olympiques d'hiver avec 116 épreuves et une forte participation féminine (47 %), un record dans l'histoire des Jeux olympiques d'hiver.

Les compétitions se sont déroulées à Milan, Livigno, Bormio, Val di Fiemme, Predazzo, Anterselva/Antholz et bien sûr Cortina d'Ampezzo. Le nombre de médailles m'importait peu, car j'aime toutes les nations et je ne suis pas assez chauvin pour me laisser enfermer dans ce genre de préjugés. 

Ce qui m'a déplu, c'est le nombre excessif d'épreuves, impossible à suivre et à comprendre. Certaines disciplines sont tout simplement bizarres, n'ont pas vraiment leur place, et je pensais que le ski-alpinisme était une plaisanterie. Une fois de plus, j'ai constaté que toutes les médailles sont loin d'être égales. 

Le CIO est devenu une machine à faire du fric, profondément impliqué dans le secteur du divertissement. Les Jeux et le CIO auraient besoin de réformes majeures, mais n'y comptez pas trop. Une fois de plus, je suis ravi que ce soit terminé et crains que 2030 arrive plus vite que je ne le souhaite !