mercredi, juillet 22, 2026

Apprendre une langue avec l’IA (Deuxième partie)

Dans l’article précédent, nous avons vu que lorsqu’un sujet me touche, mon cerveau a plus de chances de le retenir. Aujourd’hui, nous allons voir comment des variations peuvent considérablement booster l’apprentissage linguistique si nous les intégrons à nos conversations. 

Pour y parvenir, je prends un sujet bien spécifique et le traite de différentes manières : d’abord en espagnol tout simple, puis dans une version plus complexe, une autre fois en utilisant le passé ou le futur. Tout cela pour développer ma flexibilité linguistique en plus de mon vocabulaire. Je compte également accorder autant d’importance à la compréhension orale qu’à l’expression en demandant à TalkPal de parler avec un débit naturel, mais aussi à vitesse légèrement réduite et avec des accents régionaux (Espagne, Mexique, Argentine, Chili).

J’ai appris au fil des langues que la compréhension orale reste toujours un énorme obstacle ; si je parviens à comprendre l'espagnol parlé rapidement je vais m'exprimer plus facilement. En plus de la vitesse, je compte également demander des corrections ciblées. Si TalkPal me corrigeait tout mot par mot, je perdrais en fluidité, mais si l'outil ne me corrigeait pas du tout, mes erreurs risqueraient d’être figées pour toujours. 

Je demanderai donc : « Corrige uniquement les erreurs importantes qui modifient le sens » ou « Laisse-moi parler librement et fais les corrections à la fin. » J'espère que cela permettra de garder une conversation naturelle. Une fois que je serai plus à l'aise dans l'échange, je prévois d'aborder des sujets émotionnels et philosophiques ainsi que des thèmes qui me passionnent comme le vieillissement, les rêves, la peur, le sens d’existence, la vie en montagne, les leçons apprises au fil des années et une réflexion sur le temps qui passe bien trop vite. 

Si j'y parviens, je pourrai mesurer mes progrès en privilégiant le confort à la perfection. Pour cela, je ferai ma propre évaluation en me posant les questions suivantes : 

  • Est-ce que j'hésite moins, suis plus instinctif ? 
  • Est-ce que je pense davantage en espagnol ? 
  • Est-ce que je rebondis plus vite après une erreur ? 
  • Est-ce que je prends plus de plaisir à converser ? 

Tous ces éléments sont les véritables indicateurs d'une bonne maîtrise de la langue. Mais encore une fois, le plus grand défi dans l'apprentissage des langues reste la peur d'être jugé ou de paraître ridicule. Je devrais donc me souvenir qu’à tout moment, je parle avec un vulgaire robot dont la voix et la façon de parler sont identiques à celles d'un humain... Pas facile même si cela paraît simple. 

Souhaitez-moi bonne chance !

mardi, juillet 21, 2026

Apprendre une langue avec l'IA (Première partie)

Après avoir appris l'espagnol avec Duolingo il y a deux ans, je pense avoir acquis suffisamment de connaissances pour aborder la conversation — aspect pour lequel cette méthode d'apprentissage très répandue semble peu adaptée.

Je poursuis désormais mon parcours en m'appuyant sur l'IA. Il me faut maintenant pratiquer la conversation, et je pense devoir adapter mon approche pour tirer le meilleur parti de cette nouvelle technologie. Ayant déjà appris plusieurs autres langues, je sais que j'aborde la conversation, l'étape la plus cruciale. 

Après avoir recherché ce qui se trouvait sur le marché, j'ai opté pour TalkPal, car cette application me semblait constituer le meilleur trait d'union entre un apprentissage structuré (comme celui de Duolingo) et une rampe de lancement dans la pratique de la langue. L'enjeu, pour moi, est désormais d'utiliser cet outil de manière à forcer mon cerveau à penser instinctivement en espagnol, plutôt que de juste « traduire ».

TalkPal n’est pas un quiz, mais davantage un professeur (robotique, c’est vrai !). Ce n’est plus le moment de lui demander des listes de vocabulaire ou des explications grammaticales, car je suis censé les connaître déjà grâce à Duolingo. Je dois donc utiliser ce nouvel outil comme un partenaire de conversation. Je dois lui raconter des histoires, décrire ma journée, défendre un point de vue, demander des avis, exprimer des émotions, faire des erreurs et continuer quoi qu’il arrive ; l’objectif est la fluidité, pas la perfection. 

Bien sûr, j’ai appris depuis longtemps que l’apprentissage d’une langue nécessite une immersion totale ; je n’utilise donc ni l’anglais ni le français, sauf en cas de nécessité absolue. Partant de ce principe, si je ne connais pas un mot, j’en utilise plusieurs pour en exprimer le sens et le décrire en espagnol : 

« Es como… » (C’est comme…) 

« Es una cosa que… » (C’est une chose qui…) 

« Sirve para… » (Ça sert à…) 

« Parece… » (Ça ressemble à…) 

C’est un savoir-faire puissant pour gagner en aisance, et je me l’approprie ! Lorsque j’apprenais l’anglais, quelques verres d’alcool m’ont toujours beaucoup aidé, car j’étais timide et j’avais peur de passer pour un idiot. Je n’espère pas à en arriver là ! 

J’utilise TalkPal pour simuler des situations réelles en créant des scénarios qui me tiennent à cœur : réserver un hôtel à Madrid, demander de l’aide lors d’une randonnée en Espagne, discuter d’architecture ou du climat de montagne, évoquer les hivers grandioses de Park City ou simplement planifier un voyage avec ma femme. Je pourrais aussi m’en servir pour expliquer ma philosophie sur le vieillissement et les rêves (en espagnol !). 

Dans le prochain article, nous verrons comment je peux affiner mon apprentissage à mon avantage...

lundi, juillet 20, 2026

Quand vieillir épuise temps et rêves (Deuxième partie)

Pour continuer notre discussion entre ambition et curiosité, permettez-moi d'ajouter que lorsque les rêves rétrécissent en taille, ils gagnent en intensité. La curiosité est l'antidote à la peur du temps limité, car elle n’est pas dans le futur, mais juste au présent. Il arrive un moment où il faut arrêter de trouver une justification pour nos rêves. 

En vieillissant, nous voulons que nos rêves soient pratiques, porteurs de sens, efficaces et qu'ils justifient le temps et l'énergie investis. Bien souvent, les rêves ne survivent pas à l'interrogatoire, ils ont simplement besoin qu'on leur donne la permission d'exister. C’est vrai que les rêves n'ont pas besoin de garanties, mais d'oxygène. Et cet oxygène provient de la liberté que nous nous accordons de ne pas exiger de retour sur notre investissement.

Nous devons également considérer notre mortalité comme une lentille qui focalise notre attention, et non comme une menace. C'est peut-être contre-intuitif, mais très puissant. Quand le temps semble infini, les rêves se dispersent ; lorsqu'il semble limité, ils se précisent. Ajoutons que la conscience du temps limité peut soit étouffer les rêves, soit les distiller pour en extraire l'essence. 

Tout l'art consiste à laisser la mortalité clarifier ce qui compte vraiment, plutôt que de la laisser nous intimider. N'oublions pas non plus que le principal obstacle de rêver tard dans la vie est la conviction que les rêves doivent être grandioses. Pourtant, l'esprit s'épanouit quand le rêve est réalisable, immédiat, adapté à notre temporalité et porteur d'une résonance émotionnelle. 

Un rêve qui commence aujourd'hui est un rêve qui perdure. Vieillir est sans conteste une épreuve délicate, car le temps prend soudain l'allure d'un couloir étroit plutôt que celle d'une vaste plaine ouverte. Lorsque nous sentons que l'avenir est limité ou incertain, nos rêves deviennent timides : ils hésitent, se cachent ou ne voient jamais le jour. 

Pourtant, les rêves ne disparaissent pas parce que nous vieillissons ; ils s'évanouissent quand nous commençons à exiger des garanties. Nous leur demandons de se justifier, de prouver qu'ils valent le temps, l'énergie et les risques qu'ils impliquent. Et sous cette pression, ils se rétractent. Rappelons-nous donc que la voie à suivre consiste à alléger notre manière de rêver. À passer d'ambitions à vie à des ambitions plus courtes. À remplacer l'ambition par la curiosité. 

À laisser la mortalité aiguiser notre regard plutôt que d'étouffer notre imagination. Les rêves s'épanouissent quand ils sont assez modestes pour commencer aujourd'hui, assez doux pour ne pas nous intimider et assez porteurs de sens pour stimuler nos ressources. Le temps est peut-être limité, mais l’imagination ne l’est pas ; l’esprit demeure fertile tant qu’on lui permet de vagabonder, d’explorer et de jouer.

dimanche, juillet 19, 2026

Quand vieillir épuise temps et rêves (Première partie)

Vieillir n’est pas pour les mauviettes, car nous devenons vite obsédés que le temps qui nous reste est autant limité qu’incertain. Il est donc évident quand nous nous sentons ainsi à l'étroit, le moindre rêve qui pourrait naître en nous a peu de chance et va s’envoler précipitamment ou ne prendra jamais racine en notre esprit... 

Ceci amène la question suivante : comment ces rêves pourraient-ils encore surgir et s'épanouir malgré ces contraintes temporelles que nous leur imposons ? Cette interrogation se situe au carrefour de la psychologie, de la philosophie et de l'essence même du vieillissement. Quand le temps semble compté, notre esprit s’arme de prudence.

Les rêves ne meurent pas parce que nous vieillissons ; ils meurent parce que notre esprit se transforme en comptable qui déteste le risque, calculant sans cesse si « cela en vaut la peine » au lieu de se dire « essayons » ou « et si on faisait ceci ou cela ... ? ». Par exemple : « Dois-je vraiment acheter un forfait de ski pour la saison ? Rien ne garantit absolument que je passerai l'hiver, pas vrai ? » Cette pensée traduit bien la réalité émotionnelle de ce changement. 

Ce que nous pouvons ajouter pour appuyer notre réflexion, c'est une explication qui permettra de définir un moyen par lequel les rêves peuvent émerger et se développer, même sous la pression d'un temps qui devient limité. Je suis convaincu de la réalité du repli psychologique lié au vieillissement : ce sentiment d'être à l'étroit est bien réel. 

Il y a aussi le fait que sous la contrainte d’un temps limité, les rêves sont fragilisés et encore mis davantage à l’épreuve entre le besoin de se développer et de la peur de l'horloge qui n’arrête pas de tourner. Une solution à ce dilemme est de passer de « rêves d'une vie » à des « rêves saisonniers ». Quand nous sommes jeunes, nos rêves s'inscrivent dans de vastes trajectoires ; en vieillissant, ils doivent se réduire pour s'adapter à notre horizon temporel et pouvoir ainsi s'épanouir. Ils se transforment en inspirations plus modestes, plus précises et plus immédiates. 

Tous les rêves n’ont pas besoin de vingt ans pour se réaliser. Ils peuvent se matérialiser en six mois, en juste trois semaines ou en une simple expérience d'un seul jour. Il nous faut juste une échelle adaptée au laps de temps disponible ! L’autre façon d’y arriver et de remplacer l'ambition par la curiosité. L'ambition est lourde et compliquée, tandis que la curiosité est bien plus légère et agile. 

Si l'ambition demande : « Va-t-on pouvoir y parvenir ? » La curiosité demande : « Que va-t-il se passer si j'essaie ? » Nous poursuivrons cette discussion demain et explorerons ce subtil glissement de l'ambition vers la curiosité ; alors, si vous êtes curieux, revenez nous voir !

samedi, juillet 18, 2026

Détail de conception solaire passive

Depuis que je suis venu m’installer à Park City, j’ai toujours accordé une importance capitale au choix d’un terrain bénéficiant d’une exposition plein sud. 

Après avoir passé un quart de siècle dans un lieu ombragé, en Haute-Savoie — où la maison de mes parents ne recevait que quelques heures de soleil par jour en hiver —, j’ai appris par expérience à quel point la lumière du soleil en montagne influence profondément tant le confort que le moral. 

Bien entendu, l’orientation du terrain ne constitue que la moitié de l’équation ; l’architecture doit faire le reste. À une altitude de 2 100 mètres, le rayonnement solaire est plus intense, les hivers plus rigoureux et le ciel plus limpide ; la géométrie solaire s’impose donc comme l’un des outils de conception les plus efficaces, bien que souvent négligés. 

J’ai toujours été surpris du peu d’attention que de nombreux architectes locaux portaient aux principes du solaire passif. Lorsque nous avons construit notre maison en 2013, j’ai exigé de grands avant-toits sur la façade sud — 2,13 mètres dans ce cas — afin de bloquer le soleil haut en été tout en laissant pénétrer le ses rayons plus bas en hiver. 

À 40° de latitude, la hauteur du soleil varie de près de 47° selon les saisons ; un avant-toit bien conçu permet donc de réduire considérablement les apports de chaleur en ete tout en offrant un appoint de chauffage gratuit en hiver. La photo ci-dessous a été prise le 7 juillet, peu après le solstice d’été, à 11 heures ; elle illustre parfaitement l’efficacité de ces avancées de toiture : une ombre totale en été et un ensoleillement maximal en hiver.

Le solaire passif n’a rien de complexe : c’est tout simplement de la bonne architecture de montagne.

vendredi, juillet 17, 2026

Roland Collombin, 1951-2026

 

Roland Collombin était un skieur alpin suisse hors du commun, double vainqueur du classement général de la descente et médaillé d'argent aux J.O. de Sapporo en 1972. Il s'est éteint le 10 juillet 2026, à l'âge de 75 ans, après une lutte de deux ans contre le cancer. Téméraire et audacieux, Collombin a dominé la discipline de la descente lors de la saison 1973-1974 avant de se blesser gravement à la colonne, ce qui mit fin prématurément à sa carrière, alors qu'il n'avait que 24 ans. Il a remporté deux Globes de cristal consécutifs en descente, en 1973 et 1974. 

Domptant la Streif, il a gagné à deux reprises la descente du Hahnenkamm à Kitzbühel — une course réputée extrêmement dangereuse — en 1973 et 1974, établissant un record de piste lors de sa seconde victoire. Le style de course de Collombin, fondé sur la prise de risque maximale, a conduit à sa relation tragique avec la piste Oreiller-Killy à Val-d'Isère. 

En décembre 1974, il se blessait gravement à la colonne vertébrale en chutant à l'entraînement, ce qui l’empêchait de skier pour le reste de la saison. En décembre 1975, en effectuant son retour en compétition, il chutait au même endroit précis, se fracturant deux vertèbres et se retrouvant temporairement paralysé. Ce saut allait être surnommé « la bosse à Collombin ». 

Par un curieux hasard, j'étais moniteur de ski et travaillait comme bénévole le 12 janvier 1974 sur la piste de descente Jean-Vuarnet à Avoriaz, et le décès de Collombin a fait remonter des souvenirs marquants. La veille de la course, je m'étais retrouvé au bar-discothèque « Chez Caroline » à Morzine avec mon ami Jean-Pierre Chatellard, entraîneur de l'équipe de France, et Scott Henderson, entraîneur des descendeurs canadiens qui allaient bientôt devenir les « Crazy Canucks ». 

À cette époque, bien que j’adorais faire le métier de moniteur de ski, je cherchais désespérément un emploi à l'année ; je n'avais aucune envie particulière d'ouvrir une boutique de souvenirs ou un restaurant aux Lindarets pour y passer le reste de ma vie. 

À nous trois, nous avons englouti une bouteille de whisky tout en discutant et en évoquant nos souvenirs, Chatellard — que je n'avais pas revu depuis 1972 en Australie — m'avait alors donné quelques bons tuyaux pour travailler dans l'industrie du ski. Je les ai suivis à la lettre, ce qui m'a permis de mettre le pied dans ce milieu. 

Le lendemain, alors qu’il fallait lisser à ski une piste toute gratonnée et gelée pendant la nuit, je subissais les effets de la pire gueule de bois de ma vie, mais j'ai tenu le coup... et Roland Collombin a remporté la course ! 

jeudi, juillet 16, 2026

Vivre en croisière (Deuxième partie)

Qu'est-ce qui pousse donc tant de personnes à passer presque autant de temps (voire plus) sur un bateau de croisière qu'à la maison ? De nombreux retraités évoquent les mêmes avantages : pas de cuisine, pas de ménage, un dépaysement total sans avoir à faire ni défaire ses valises, la sécurité et le confort, sans oublier d'excellentes occasions de rencontrer du monde. Comme vous pouvez le constater, un brin de paresse a ses avantages ! 

Pour nos voisins, visiter des dizaines de destinations ne semble pas poser de problème, et les allers-retours pour faire et défaire ses valises ne sont même pas un souci. Pour les couples, c'est un mode de vie particulièrement relaxant, car nul besoin de planifier les activités quotidiennes, comme « Qu'est-ce qu'on mange ce soir ? » ou nettoyer les gouttières. 

Bien sûr, la vie en mer a aussi ses inconvénients. Même sur un immense navire, l'accès à Internet peut être lent ou coûteux (bien qu'il se soit considérablement amélioré grâce aux services par satellite). Les urgences médicales peuvent s'avérer onéreuses et, dans certains cas, nécessiter une évacuation sanitaire coûteuse. Les cabines sont relativement petites, le buffet est toujours le même, ce qui peut vite devenir lassant, et les animations finissent toujours par se répéter lors d'une longue croisière. Pour les plus curieux, les escales n'offrent qu'un bref aperçu de la destination. 

De plus, les longues croisières peuvent s'avérer étonnamment coûteuses, à moins de maîtriser parfaitement ses dépenses à bord, car tout est conçu pour inciter les passagers à dépenser. Ceci étant dit, le coût de ce mode de vie pourrait en surprendre plus d'un. 

Pour les retraités qui ont vendu leur maison ou louent un appartement modeste, une croisière n'est pas toujours aussi extravagante qu'on pourrait le croire. Par exemple, les croisières maritimes les moins chères aux États-Unis commencent autour de 50 à 80 dollars par personne et par nuit (hors taxes et frais portuaires) pour une cabine intérieure. 

Les tarifs les plus bas par personne et par jour se trouvent sur les croisières plus courtes (3 à 4 nuits), les croisières de repositionnement et sur les navires plus anciens des compagnies réputées comme Carnival Cruise Line, MSC Croisières et Royal Caribbean. Si l'on part d'une estimation prudente de 100 dollars par personne et par jour, on arrive à un coût annuel de 36 500 dollars comparée\ au prix de l'hébergement, tous les repas, les charges, le ménage, les transferts entre les ports, les divertissements, l'accès à la salle de sport et de nombreuses activités. 

Difficile de trouver mieux pour une personne seule louant un appartement aux États-Unis. Et même 73 000 dollars pour un couple pourrait sembler excessif, cela reste justifié par le prix abordable des services et des loisirs proposés. Comparé à l'entretien d'une maison, aux impôts fonciers, à l'assurance, aux charges, aux courses, aux sorties au restaurant et aux vacances occasionnelles, la différence est peut-être moins importante qu'on ne le pense. Plutôt étonnant, non ? 

Ce mode de vie est-il en train de se développer ? Il semblerait que oui, car le nombre de retraités en bonne santé a augmenté et les compagnies de croisière fidélisent désormais leur clientèle avec des programmes alléchants, des croisières prolongées et même des « tours du monde » de trois à six mois. Certains itinéraires récents sont spécialement conçus pour ceux qui souhaitent considérer le navire comme un véritable chez-soi, et non comme un simple lieu de vacances. 

Ce serait impensable pour nous, car la vie sur un bateau nous paraît étouffante. Pourtant, beaucoup de personnes qui aiment ne rien faire et n'auraient jamais imaginé passer des mois en mer découvrent que le confort, la variété et les échanges sociaux conviennent parfaitement à leur retraite. Et vous qu’en pensez-vous ? 

mercredi, juillet 15, 2026

Vivre en croisière (Première partie)

Il y a quelques jours, nous déposions à l'aéroport un couple de voisins retraités qui prenaient l'avion pour la côte Pacifique afin d'embarquer pour une croisière. Ils nous ont confié passer près de la moitié de leur temps à bord de grands paquebots équipés de murs d'escalade, de piscines et offrant toutes sortes de divertissements. Peu leur importe la destination ou les escales. 

L'essentiel pour eux est de trouver une bonne affaire ; du moment qu'ils sont logés et bien nourris, tout leur convient. Bien qu’ils soient très à l’aise, ils sont particulièrement radins. On pourrait se demander si cette pratique est répandue, mais après quelques recherches, j'ai découvert qu'elle l'est plus qu'on ne le pense.

Chez les retraités disposant de revenus suffisants, passer plusieurs mois par an en croisière est devenu un véritable mode de vie. Si le fait que nos voisins y passent « près de la moitié de l'année » peut paraître extraordinaire, c'est loin d'être un cas unique. Certaines personnes vivent même à bord de paquebots toute l'année. Plusieurs facteurs rendent cela possible, à commencer par le temps libre. 

Une fois à la retraite, il n’y a plus guère de contraintes au niveau du planning, et les croisières peuvent s'avérer particulièrement économiques. En réservant de longs voyages, en vivant dans une maison peu coûteuse et en profitant des réductions « fidélité, » le coût journalier peut être comparable à celui d'une maison individuelle avec les dépenses séparées pour l'hôtel, les restaurants, les loisirs et les transports. 

Tout est inclus : repas, ménage, spectacles, piscines, centres de remise en forme, activités organisées et transferts d'un port à l'autre. Les croisiéristes ont aussi l'occasion de rencontrer régulièrement les mêmes personnes. Nos voisins se font souvent des amis et organisent même leurs futurs voyages ensemble. Des services médicaux sont également disponibles. 

Les soins à bord répondent aux normes de base pour la stabilisation et les affections bénignes, mais ils ne sont ni gratuits, ni bon marché, et ne sont pas directement couverts par l'assurance maladie américaine (Medicare) en eaux internationales. Les patients doivent avancer les frais médicaux à bord, et l'assurance maladie ne rembourse que si le navire se trouve dans un port américain ou à moins de six heures d'un port américain. Bien que ces services ne remplacent pas les soins hospitaliers, ils rassurent les voyageurs âgés. 

Bien sûr, la grande majorité des retraités ne passent pas des mois en mer, mais il est assez fréquent que les croisiéristes passionnés passent entre 60 et 120 nuits par an à bord. Passer 150 à 200 nuits par an, comme nos voisins, est moins courant, mais certainement pas rare au sein des communautés de croisiéristes. 

Demain, nous aborderons d'autres aspects de ce mode de vie, ne quittez donc pas !

mardi, juillet 14, 2026

Les Saoudiens pourraient-ils sauver le secteur ski ?

Face au réchauffement climatique, l'industrie du ski devrait logiquement se tourner vers l'Arabie saoudite, compte tenu de son projet de station de ski, pour le moins audacieux. Vous avez bien lu : l'Arabie saoudite prévoyait de construire une station de ski extérieure ambitieuse, ouverte toute l'année, nommée Trojena, dans la région désertique et montagneuse du nord-ouest du pays. 

Cependant, suite à l'explosion des coûts et à l'évolution des priorités au sein du vaste projet NEOM, les autorités saoudiennes ont suspendu les principaux contrats de construction, retardant le projet sine die. Pour ceux qui, comme moi, l'ignoraient, NEOM signifie « New Future » ​​(Nouveau Futur). C'est la combinaison de deux mots : NEO, préfixe grec signifiant « nouveau », et M, la première lettre de « Mostaqbal », le mot arabe pour « futur », ou plus probablement Mohammed ben Salmane, le prince héritier d'Arabie saoudite, à l'origine du projet.

Un inconvénient majeur de cet emplacement est sa faible latitude (28,10°). Le complexe touristique prévu se situe à environ 50 kilomètres à l'est du golfe d'Aqaba, dans la chaîne de montagnes Sarawat, province de Tabuk, culminant à 2 600 mètres d'altitude, ce qui est pour le moins optimiste ! 

À titre de comparaison : 

  • Mont Afriski, Lesotho, latitude 28,8° S, altitude 3 050 mètres. 
  • Oukaïmeden, Maroc, latitude 31,2° N, altitude entre 2 600 et 3 200 mètres. 
  • Portillo, Chili, latitude 32° S, altitude 2 880 mètres.

À Trojena, les températures hivernales descendent parfois en dessous de zéro. La station devait offrir 30 kilomètres de pistes de ski, avec de la neige naturelle (grâce à un vaste système d'enneigement artificiel utilisant de l'eau dessalée) et des pistes synthétiques ouvertes toute l'année. Son architecture comprenait un « village de ski vertical », un immense lac artificiel d'eau douce suspendu par trois grands barrages, des hôtels de luxe et un gratte-ciel de cristal comparable à la tour Eiffel. 

Le projet était spécifiquement destiné à accueillir les Jeux asiatiques d'hiver de 2029, une première dans un pays désertique. Malgré plusieurs années de travaux intensifs et l'érection d'imposantes structures métalliques, les promoteurs de NEOM ont résilié des contrats de plusieurs milliards de dollars (dont un projet de barrage colossal et un important contrat d'approvisionnement en acier). 

Le coût du projet aurait atteint 38 milliards de dollars, contraignant le royaume à réorienter ses investissements vers des infrastructures industrielles, d'intelligence artificielle et logistiques essentielles, repoussant ainsi l'achèvement des travaux et l'organisation des Jeux d'hiver au moins jusqu'après 2030. NEOM n'a pas encore annoncé l'abandon du projet. 

J’imagine donc que le projet d’expansion de Deer Valley East à faible, devra attendre afin de pouvoir tirer des enseignements utiles de l’expérience saoudienne …

lundi, juillet 13, 2026

Quand j'ai cru mon ordinateur mort …

Fin juin, j'ai cru que mon ordinateur de bureau était en train de rendre l'âme. Il mettait un temps fou à redémarrer, m’empêchait d'ouvrir des tas d’applications, de transférer certains documents depuis le dossier téléchargements… et ce n’était qu’une partie de la liste de problèmes. J'ai passé le reste de la journée à chercher des solutions, allant jusqu'à consulter l'IA, et j'ai finalement exploré le micro-logiciel Dell pour en savoir plus et résoudre le problème.

J'étais sur le point de me débarrasser de mon ordinateur et d'en acheter un nouveau, même si j'étais persuadé qu'il n'avait pas plus de 4 ou 5 ans. En vérifiant sa date d'achat, j'ai été stupéfait de constater que je l'avais acheté mi-janvier 2016. Il y a environ 10 ans et demi ! Le temps passe vite ! Entre-temps, toutes les mises à jour recommandées par Dell et Microsoft étaient effectuées, j'ai redémarré l'ordinateur avec appréhension, et s'est remis en route immédiatement et parfaitement. 

Il semblait avoir retrouvé une seconde jeunesse. Au cours de mes recherches, j'ai été surpris de constater qu'un ordinateur de bureau Windows est donné pour une durée de vie moyenne de 3 à 8 ans pour une utilisation quotidienne. Comme vous vous en doutez, les professionnels du secteur nous incitent à remplacer nos ordinateurs de bureau tous les 4 à 5 ans, alors que l'expérience des consommateurs montre que des machines bien entretenues peuvent facilement durer de 5 à 8 ans avant de devenir obsolètes (sans parler du mien, qui en est à sa 11ème année et fonctionne comme au premier jour !). 

Les ordinateurs de bureau étant plus faciles à refroidir et à entretenir que les portables, ont tendance à durer plus longtemps. Leur durée de vie finale est déterminée par des facteurs tels que l'obsolescence des logiciels, qui affecte les systèmes d'exploitation et les applications courantes, ainsi que par la plus faible capacité de mémoire et de traitement du système. Quant à l'usure du matériel, l'alimentation et les disques de stockage commencent généralement à se dégrader autour de 3 à 5 ans. 

Mais contrairement aux ordinateurs portables, les ordinateurs de bureau permettent de remplacer le disque SSD ou d'ajouter de la RAM, prolongeant ainsi leur durée de vie de plusieurs années. La durée de vie moyenne d'un ordinateur portable Windows 11 pour une utilisation quotidienne est de 3 à 5 ans, les MacBook offrant souvent 1 à 2 ans de plus. 

Les ordinateurs portables ont une configuration plus compacte et, par conséquent, une durée de vie limitée, notamment en raison de leurs batteries qui doivent être remplacées après 500 à 1 000 cycles de charge (environ 2 à 3 ans). Ceci étant dit, j'utilise un Chromebook quand je me déplace : il est très économique et fonctionne parfaitement. 

Pour conclure, j'ai eu une très mauvaise expérience avec les ordinateurs « tout-en-un » faits par HP et Sony qui n'ont même pas tenu deux ans ; mon prochain ordinateur sera donc un autre ordinateur de bureau …

dimanche, juillet 12, 2026

Quand le « skiman » devient célébrité

Être technicien, préparateur de skis (ou skiman) pour une marque sur le prestigieux circuit de la Coupe du monde était autrefois un métier relativement modeste, du moins il y a cinquante ans, à l'époque où je dirigeais le service de course des fixations Look. Ce n'est plus le cas aujourd'hui ; ce poste a acquis un statut prestigieux. 

C'est du moins l'impression que j'ai eue en apprenant que Niklas Skaardal — fils de l’ancienne skieuse autrichienne Karin Köllerer et du grand skieur norvégien Atle Skaardal — avait été officiellement nommé, fin avril 2026, nouveau skiman d'Atomic pour Mikaela Shiffrin.

Cet ancien skieur de l'équipe nationale autrichienne, âgé de 24 ans, a officiellement pris ses fonctions le 4 mai, avant de participer en personne à de premiers entraînements avec la superstar à Copper Mountain au Colorado. Skaardal, était en train de retaper une ferme dans la région du Tennengau lorsqu'il a reçu l'appel qui allait changer l'orientation de son parcours professionel

Il travaillait depuis peu pour la Fédération autrichienne de ski, où il encadrait Jakob Greber et Moritz Zudrell, tous deux du Vorarlberg, et a donc rejoint l'équipe technique d'Atomic pour s'occuper maintenant de la préparation et de l'entretien du matos de Mikaela Shiffrin, la skieuse alpine la plus titrée de l'histoire du ski.  

« C'est un honneur pour moi », a déclaré Skaardal à propos de son nouveau rôle qui désormais le rapproche du statut de célébrité. La raison même de ce blog est le coté très bizarre du choix de carrière fait par Skaardal, car dans mon (vieux) monde à moi, n’importe quel skiman aurait aspiré ou plutôt fait des pieds et des mains pour devenir entraîneur, mais n'aurait jamais fait le cheminement inverse!

Maintenant que ce métier, autrefois peu considéré, a gagné une telle visibilité, peut-être choisirai-je, dans une prochaine vie, de devenir le skiman d'une célèbre championne de ski... qui sait ?

 

samedi, juillet 11, 2026

Brûler ses vaisseaux (Troisième partie)

Comme toujours, dans tout ce qui n’est pas parfaitement évident, la vérité se situe à mi-chemin entre deux extrêmes ; une façon plus précise d'exprimer cette idée serait de dire que lorsque nous nous investissons pleinement dans un objectif important et que nous limitons sérieusement nos options, notre cerveau est obligé de mobiliser d’importantes ressources cruciales — qu'il s'agisse de l'attention, de la motivation, de la persévérance ou de la résolution de problèmes.

Tout ce savoir-faire va être nécessaire pour considérablement accroître nos chances de réussite. Toutefois, cela ne suffit pas pour garantir une issue positive, car la performance dépend également de notre préparation, de nos capacités, des circonstances extérieures et du maintien du stress dans une fourchette optimale. Ai-je même seulement évoqué la chance — ou l’absence de celle-ci ? 

Cette distinction permet aussi de comprendre pourquoi certains individus très performants créent délibérément un « point de non-retour » en annonçant publiquement un objectif, en investissant des ressources considérables ou en prenant un engagement ferme. Ils ne comptent pas uniquement sur leur cerveau pour garantir le succès ; ils utilisent leur engagement pour encourager un effort soutenu. 

Compte tenu de l'orientation philosophique de bon nombre de mes interrogations personnelles — qu'il s'agisse de la méditation, du développement personnel, du troisième âge ou de l’encombrement moral que représente le ressentiment —, on peut y voir un parallèle intéressant. Brûler les ponts sur le plan extérieur est une façon de renforcer l'engagement. 

Une autre approche, souvent plus durable, consiste à « brûler les ponts » intérieurement : il s'agit d'atteindre un stade où l'on ne souhaite plus faire marche arrière, car la voie choisie est en profonde adéquation avec nos valeurs et notre identité. Dans ce cas, la force motrice découle moins de la peur de l'échec que d'une adhésion totale et irrévocable à notre mission ou notre raison d'être. 

Les recherches suggèrent que ce type d'engagement intérieur aura tendance à être autant plus robuste que plus sain sur le plan psychologique qu'un engagement motivé uniquement par l'absence d'alternatives ; j’en suis aussi convaincu !

vendredi, juillet 10, 2026

Brûler ses vaisseaux (Deuxième partie)

 

Quand on coupe tous les ponts — c'est-à-dire que l'on supprime les alternatives et que l'on s'engage totalement dans un projet ou une tâche sans possibilité de marche arrière —, plusieurs mécanismes peuvent effectivement améliorer les performances et conduire à un résultat positif : 

L'attention se focalise. En l'absence de plan de secours, le cerveau consacre davantage de ressources cognitives à la tâche en cours plutôt qu'à envisager des voies de repli. 

La motivation s'accroît. Nous avons tendance à redoubler d'efforts lorsque les enjeux sont élevés. Les psychologues appellent parfois cela l'« effet d'engagement ». 

La persévérance se renforce. Les individus acceptent souvent davantage d'inconfort, de revers et d'incertitude lorsqu'ils perçoivent l'abandon comme impossible. 

La créativité peut être stimulée. Les contraintes peuvent amener les gens à inventer des solutions qu'ils n'auraient jamais explorées autrement. 

Certes, l'histoire regorge d'exemples où un engagement hors du commun a donné lieu à des réalisations exceptionnelles : entrepreneurs ayant tout investi dans une entreprise, explorateurs survivant contre toute attente ou athlètes surpassant les pronostics en compétitions.

Toutefois, la seconde partie de mon affirmation initiale — selon laquelle « notre cerveau veillera à ce que nous nous en sortions haut la main » — pourrait passer pour une boutade ou une exagération, voire s'avérer totalement fausse. En réalité, notre cerveau ne garantit rien de tel. 

Plusieurs facteurs viennent nuancer cette idée, car la relation entre stress et performance est souvent décrite par la loi de Yerkes-Dodson : « Une pression modérée améliore les performances, mais une pression excessive altère la mémoire, le jugement, la créativité et la motricité fine. » 

Cela signifie que la biologie a ses limites : aucun niveau d'engagement ne peut compenser un manque de savoir-faire, des limitations physiques, un manque de temps, des chances de réussite quasi nulles ou un dégoût profond. Par ailleurs, la peur peut devenir paralysante. Privées d'échappatoire, certaines personnes paniquent, ce qui étouffe leur détermination. 

Une même stratégie consistant à « brûler ses vaisseaux » peut galvaniser une personne tout en submergeant une autre. Certes, nous entendons souvent parler de ceux qui ont réussi grâce à leur engagement total. Nous entendons beaucoup moins parler de ceux qui, tout aussi engagés, ont échoué, perdu leurs économies ou subi de lourdes conséquences. 

Leurs histoires sont moins « vendeuses » et bien moins visibles. La prochaine fois, nous découvrirons ce qu'il en est réellement de ma théorie ; alors, restez à l'écoute !

jeudi, juillet 09, 2026

Brûler ses vaisseaux (Première partie)

Il m’est arrivé à maintes reprises de brûler mes vaisseaux. Si certaines tentatives se sont soldées par un échec, beaucoup d’autres ont abouti à des résultats positifs, voire excellents. 

Je me souviens, par exemple, avoir décidé d’intégrer l’internat du lycée de Cluses — un établissement réputé très dur — ; cette aventure avait parfaitement porté ses fruits pour moi. En revanche, mon expérience en tant que technicien du bureau d’études chez Odo, dans ce coin perdu qu’était Morez, au fin fond du Jura, fut marquée par le découragement et, finalement, l’échec. 

Il en a été de même lorsque je suis parti à Genève pour travailler comme mécanicien aéronautique chez TWA : je n’ai pas réussi à faire durer l’expérience bien longtemps. Même chose pour mon travail chez un géomètre à Saint-Gervais, aux pieds du mont Blanc, ou pour ce poste dans une petite entreprise de Cluses — un travail de métreur-verificateur, censé être saisonnier pour s’accorder avec mon activité de moniteur de ski, mais qui a ete incapable de susciter la moindre passion de ma part. 

Je me rappelle aussi avoir traversé en stop le désert australien de Nullarbor, une décision irréfléchie qui, par miracle, a bien tourné. De même, me lancer chez Look — que ce soit à Nevers ou aux États-Unis — ou partir plus tard m’installer dans l’Utah furent des décisions du type « couper les ponts » couronnées de succès, bien qu’elles aient comporté leur lot de souffrances et de défis. 

L’esprit d’aventure a toujours fait partie de mon ADN, pour le meilleur comme pour le pire. Je croyais autrefois que « brûler ses vaisseaux » ouvrait de nombreuses portes : la motivation pour réussir était si puissante qu’elle rendait l’échec impossible. 

Peut-on dire que, lorsque je m’engageais dans une entreprise très incertaine — presqu’une situation de vie ou de mort — mon cerveau veillerait d’une certaine manière à ce que je m’en sorte haut la main ? La réponse est peut-être oui, mais seulement jusqu’à un certain point. Cette idée reflète un phénomène psychologique bien réel, mais elle va au-delà de ce que les faits permettent d’affirmer. 

Demain, nous tenterons de comprendre pourquoi.

mercredi, juillet 08, 2026

La saga Spyder de Dave Jacobs (Deuxième partie) 

Au départ, Jacobs a commencé à concevoir des pulls de ski de course pour ses fils, convaincu que l'équipement alors disponible pour les jeunes skieurs laissait à désirer : il n'était ni assez rapide, ni suffisamment protecteur, et n'avait pas été pensé pour la course à ski. 

Plutôt que d'attendre que l'industrie se mette à ce niveau, il décida de créer lui-même un meilleur produit. Il  débuta son activité de vente par correspondance depuis sa maison à Boulder, proposant un pull de course conçu avec ce dont avaient besoin les jeunes coureurs. L'entreprise n'allait pas rester petite bien longtemps. 

Le tournant s'est produit quand Jacobs a dessiné un pantalon de ski bleu marine doté de protections jaunes côtelées. Les jeunes skieurs trouvaient que ces protections ressemblaient à des pattes d'araignée ; Jacobs, toujours à l'affût des bonnes idées, avait sauté sur l'idée. En 1978, il baptisait sa société « Spyder », en référence à la Ferrari Spyder, l'une de ses voitures préférées. 

Ce qui avait commencé comme une solution artisanale pour de jeunes skieurs en compétition a rapidement grandi en une entreprise mondiale de vêtements de ski. Jacobs a orienté Spyder vers de multiples perfectionnements en matière d'aérodynamisme et de science des matériaux, traquant les mêmes gains marginaux qui comptaient pour lui lorsqu'il était compétiteur : des fractions de seconde, des degrés de chaleur, des grammes de poids en moins.,  

Cette stratégie a payé et Spyder est devenu fournisseur officiel des équipes de ski des États-Unis et du Canada, équipant des athlètes au plus haut niveau, y compris lors des Jeux olympiques d'hiver. Collègues et concurrents ont longtemps classé Jacobs parmi ce cercle restreint de pionniers de la branche du ski qui ont bâti leur entreprise à l'image de leur façon de courir en identifiant un problème sur la piste et en refusant de s'en accommoder. 

Son parcours, de la petite entreprise de vente par correspondance née sur sa table de cuisine jusqu'aux podiums olympiques, est devenu légendaire au sein de la communauté du ski. Malheureusement, après être passée entre les mains de divers fonds d'investissement et d'investisseurs incompétents, la marque a fini par disparaître ; c'est bien regrettable. 

En nous quittant, Jacobs laisse sa famille et  ses fils dont les débuts en compétition l'avaient inspiré de prendre aiguille et fil pour améliorer leur expérience. Sa légacie s'étend toutefois encore plus loin en touchant d'innombrables skieurs à travers le monde qui ont couru — en restant mieux protégés du froid, plus en sécurité et plus rapides — grâce à de l'équipement conçu selon les principes qu'il avait esquissés il y a des décennies. 

David Jacobs est un véritable visionnaire de l'industrie du ski ; il laissera un vide énorme. 

mardi, juillet 07, 2026

Dave Jacobs, 1933-2026 (Première partie)

 

L'ancien skieur alpin et entraîneur qui a fondé les vêtements de ski Spyder, vient de décéder au début du mois. Il avait 92 ans. La vie de Jacobs a été intimement liée au ski de compétition sous presque tous ses aspects, du portillon de départ jusqu'aux ateliers de fabrication. Il a débuté comme coureur en 1957 en remportant le championnat national de descente au Canada, exploit qui l'a propulsé parmi les meilleurs skieurs du pays à cette époque. 

Né à Montréal, Jacobs a commencé a skier à 13 ans. À 21 ans, il remportait le Kandahar du Québec et devenait membre de l'équipe nationale canadienne de 1957 à 1961. 

Il est ensuite passé de la compétition à l'entraînement, occupant le poste de chef entraîneur-chef à plein temps des skieurs canadiens de 1964 à 1966. À ce titre, Jacobs a travaillé en étroite collaboration avec une nouvelle génération d'athlètes canadiens, mettant à profit la technique acquise quand il courait. 

En 1965, Bob Lange avait contacté Jacobs pour savoir si l'équipe canadienne était prête à tester ses chaussures de ski. Après les avoir essayées, Dave Jacobs avait dit qu’elles étaient de « très mauvaises chaussures » et s’était rendu à l'usine de Dubuque (Iowa) pour suggérer plusieurs améliorations techniques. 

En juin 1966, trois paires de chaussures améliorées, étaient mises à la disposition de l'équipe canadienne lors d'un stage d'entraînement au mont Hood ; Gerry Rinaldi, Rod Hebron et Nancy Greene les avaient essayées et les avaient adorées. À Portillo, Jacobs réparait et modifiait sur place les Langes des skieurs tout en envoyant des rapports détaillés à l'usine. Ainsi, la chaussure évolua, gagnant en hauteur et en rigidité. 

C'est alors qu'elle se mit à séduire les skieurs de plus haut niveaux. Nancy Greene commença à remporter des victoires sur le tout nouveau circuit de la Coupe du monde avec ses Lange. C'est cette même année, en 1967, que fut fondée la société Lange-Jacobs Inc. qui ouvrit une petite usine à Saint-Jérôme, près de Montréal, pour y assembler les chaussures de ski. 

C'est aussi à cette époque que j'ai entendu parler de Jacobs pour la première fois. Après la fusion de son unité canadienne avec Lange USA en 1969, David s'installa à Boulder dans le Colorado. Il allait siéger au conseil d'administration et devenir vice-président de la société de 1969 à 1972. Durant cette période, il conçut la première chaussure de ski de compétition Lange, qui devint une référence en Coupe du monde et le modèle précurseur des chaussures de course Lange utilisées aujourd'hui. 

Toutefois, la contribution la plus marquante de Jacobs survint après la fin de sa carrière d'entraîneur et son activité chez Lange. C'est en effet en 1978, dans sa cuisine, à Boulder, qu'il lança ce qui allait devenir une entreprise de vêtements de sport de renommée mondiale. 

Restez avec nous pour découvrir la suite de l'histoire ...

La corruption de Trump et d’Infantino

En mettant de côté fierté nationale et préjugés (après tout, je suis citoyen américain), que dire du scandale déclenché par Trump auprès de la FIFA ? Alors que la plupart des Américains ressentaient une fierté nationale et l’instinct de défendre « notre équipe », l’affaire Trump-FIFA relevait fondamentalement d’une ingérence politique dans une instance juridictionnelle sportive internationale, de la volonté de la FIFA de contourner ses propres règles et des conséquences néfastes pour l’équité de la compétition.

La question centrale n’était pas de savoir si le carton rouge infligé à Balogun était sévère ; il s’agissait simplement du fait qu’un chef d’État s’est permit de pressuriser avec succès la FIFA pour annuler une sanction qui, selon le règlement, ne pouvait faire l’objet d’aucun appel. C’est pourquoi les instances mondiales du football ont réagi aussi vivement. 

Pour ceux qui ignoraient les faits ou ne s’en souviennent pas : Trump a personnellement appelé le président de la FIFA, Gianni Infantino, pour lui demander de réexaminer le carton rouge de Folarin Balogun. Il a aussi agi hypocritiquement en ignorant que le cas de Balogun relevait précisément de la citoyenneté par le droit du sol, une pratique que Trump dénonce pourtant avec véhémence. 

En réponse, la FIFA a annulé la suspension automatique d’un match en invoquant l’article 27 — une clause rarement utilisée permettant une suspension discrétionnaire des mesures disciplinaires. Furieux, l’UEFA, la Belgique, d’anciens responsables de la FIFA ainsi que de nombreux joueurs et entraîneurs ont condamné cette décision, la qualifiant d’« inédite », d’« incompréhensible » et de « ligne rouge franchie ». 

Les critiques soutiennent que cette annulation a porté atteinte à l’intégrité du tournoi et créé un précédent dangereux en matière d’influence politique sur l’arbitrage et les procédures disciplinaires ; je partage entièrement ce point de vue. Le scandale ne concerne pas Balogun (le joueur), mais l’avenir de l’équité sportive. 

Les petits pays de football (comme la Belgique) ne disposent pas d’un tel levier d’influence. Trump a fait preuve d’un jugement désastreux et chronique en suivant son instinct : il a donné une mauvaise image de l’équipe américaine et a suscité un tel ressentiment que la Belgique a remporté la victoire sous le coup de la colère, alors même que les Américains étaient, sur le papier, très compétitifs. 

Son intervention a mis en lumière un système à deux vitesses : d’un côté, des nations puissantes capables d’influencer les résultats et, de l’autre, le reste du monde contraint d’accepter des décisions qu’il ne peut contester. Ce déséquilibre est précisément ce que la gouvernance mondiale du sport est censée empêcher ; il ne s’agit pas là de politique footballistique ordinaire, mais d’une crise de gouvernance et d’une hypocrisie flagrante. 

Bien mal acquis ne profite jamais !

lundi, juillet 06, 2026

À quelle vitesse les ans nous font-ils vieillir ? (Deuxième partie)

Après avoir examiné les risques de mortalité et les performances physiques, nous aborderons aujourd'hui la fonction des organes et les marqueurs biologiques. Des recherches récentes, portant sur des milliers de protéines, de métabolites et de marqueurs d'ADN, ont montré que le vieillissement se déroulait par à-coups plutôt qu'à un rythme parfaitement constant. 

Certaines études ont identifié des transitions biologiques majeures autour de 

40-45 ans

60-65 ans

75-80 ans

L'âge exact varie selon les études, mais le constat général est que les systèmes biologiques subissent souvent des périodes d'accélération plutôt qu'un déclin régulier. Le vieillissement double-t-il donc à 70 ans ? 

Pas vraiment. Une description plus juste serait de dire que le rythme de déclin de nombreuses fonctions corporelles s'accélère après 70 ans, et souvent encore après 80 ans et 90 ans. Si l'on tentait d'exprimer cela mathématiquement, il n'existe pas de coefficient multiplicateur unique. 

Le tableau ci-contre en donne une illustration conceptuelle simplifiée. Certaines personnes semblent échapper à ce processus, ce qui témoigne d'une grande variabilité chez les gens âgées. À 80 ans, on trouve des individus qui ont besoin d'une aide au quotidien, d’autres qui font de la randonnée en montagne, qui skient régulièrement, qui voyagent à l'étranger et qui apprennent de nouvelles langues. 

Cette différence s'explique souvent par la génétique (peut-être 20 à 30 %), l'activité physique pratiquée tout au long de la vie, les antécédents de tabagisme, la composition corporelle, l'engagement social, la stimulation cognitive, la qualité du sommeil et tout simplement la chance ! En fait, chez les octogénaires en bonne santé et actifs, la trajectoire ressemble souvent à celle de personnes 10 à 15 ans plus jeunes. 

En réalité, le vieillissement ressemble moins à une voiture qui s'use kilomètre par kilomètre qu'à un barrage qui retient l'eau. Pendant des décennies, de minuscules défauts s'accumulent sans que cela n'ait d'effet visible. Puis, à mesure que les réserves diminuent, chaque défaut supplémentaire a un impact plus important. 

La résilience du corps – sa capacité à se remettre d'une maladie, d'une blessure, du stress ou d'un manque de sommeil – décline. De nombreux gérontologues considèrent la perte de résilience comme l'un des principaux indicateurs du vieillissement avancé. 

C'est pourquoi une type de 30 ans peut se remettre d'une mauvaise chute, d'une grippe ou d'une nuit blanche en quelques jours, tandis qu'à 80 ans, le même incident peut avoir des conséquences qui traînent pendant des semaines, voire des mois. 

Ainsi, la remarque de mon ami n'est pas littéralement exacte, mais elle illustre un phénomène réel : après 70 ans environ, et plus encore après 80 ans, de nombreux aspects du vieillissement deviennent de plus en plus non linéaires, car les réserves et la capacité de réparation du corps diminuent. 

Le corps ne vieillit pas nécessairement « deux fois plus vite », mais les effets du vieillissement deviennent progressivement plus visibles et plus importants.

dimanche, juillet 05, 2026

À quelle vitesse les ans nous font-ils vieillir ? (Première partie)

Un ami me disait souvent : « À 70 ans, notre corps vieillit deux fois plus vite qu’avant… » Je me suis toujours demandé si cette expression populaire française recelait une part de vérité et, si oui, si le coefficient « deux » était correct à 70 ans, mais de combien fallait-il l’augmenter à 75, 80, 85, 90 ans et au-delà ? 

Je me suis demandé s’il existait des études sur ce sujet, quelles étaient les mesures objectives et quelles en étaient les conclusions. Après quelques recherches, j’ai vite compris que l’adage de mon ami contenait une part de vérité, mais pas au sens littéral de « vieillir deux fois plus vite à 70 ans ». Les chercheurs qui étudient le vieillissement ont constaté que ce processus n’est pas linéaire. 

De nombreux aspects de la physiologie humaine déclinent progressivement pendant des décennies, puis s’accélèrent à certains âges. Cependant, cette accélération varie selon les paramètres mesurés. Il existe en réalité au moins quatre façons de mesurer le vieillissement : Le risque de mortalité (probabilité de décès au cours d’une année donnée) Les performances physiques (force, équilibre, vitesse de marche, endurance) 

La fonction des organes (cœur, poumons, reins, système immunitaire, etc.) Les marqueurs biologiques (ADN, protéines, inflammation, modifications cellulaires) Ces catégories ou aspects ne vieillissent pas tous simultanément. Concernant le risque de mortalité, l’une des découvertes les plus sérieuses en démographie est la loi de Gompertz, qui remonte aux années 1820. Elle démontre qu’après l’âge adulte, le risque de décès augmente de façon quasi exponentielle avec l’âge. 

On peut estimer que ce risque double tous les 7 à 9 ans après la quarantaine. Par exemple, si une personne en bonne santé de 60 ans présente un certain risque annuel de décès, ce risque est environ deux fois plus élevé à 68-69 ans, quatre fois plus élevé à 76-78 ans, et huit fois plus élevé à 84-87 ans. Cela ne veut pas dire que le corps vieillit deux fois plus vite ; cela signifie que les conséquences du vieillissement cumulé deviennent de plus en plus apparentes. 

En termes de capacités physiques, plusieurs fonctions corporelles déclinent à un rythme accéléré, à commencer par la masse et la force musculaires. Après 30 ans, la masse musculaire diminue lentement (environ 3 à 8 % par décennie), mais après 60-70 ans, la perte s'accélère souvent considérablement, la force diminuant plus rapidement que la masse musculaire elle-même. 

C'est pourquoi beaucoup de personnes constatent qu'à 80 ans, elles peuvent perdre en un an la force qu'elles auraient perdue en plusieurs années à 50 ans. La vitesse de marche et l'équilibre diminuent progressivement jusqu'à environ 70 ans, puis le déclin s'accentue après 75-80 ans. Ces mesures figurent parmi les meilleurs indicateurs de santé et de longévité futures. 

Demain, nous aborderons l'impact du vieillissement sur les fonctions organiques et d'autres marqueurs biologiques …

samedi, juillet 04, 2026

Purger rancune et ressentiment (Quatrième partie)

Pour éradiquer la rancune, j'ai commencé par un inventaire chronologique de mémoire, dressant la liste des ressentiments que j'éprouvais envers certaines personnes, en les classant par ordre d'intensité et en précisant les raisons. Parallèlement, j'ai établi une liste similaire, incluant les personnes envers lesquelles j'éprouve de la gratitude : mentors, amis, proches, collègues et même adversaires qui ont semé la graine qui a fait de moi ce que je suis aujourd'hui. 

Comme vous le savez peut-être déjà, la gratitude est importante dans ma méditation, et ces deux listes m'ont permis de constater que ma liste de gratitude est plus longue et plus significative que celle des ressentiments. L'avantage de cet exercice est que les rancunes se manifestent souvent comme un nuage émotionnel flou. 

Les identifier explicitement m'aide à les transformer d'une influence inconsciente en quelque chose que je peux voir et examiner consciemment. Cela dit, il y a deux façons acons très différentes d'établir cette liste : soit en dressant un inventaire détaillé des offenses et en les revivant sans cesse (une mauvaise approche), soit en la considérant comme un bilan visant à clore le chapitre. Voir l'exemple ci-dessous.

Les trois dernières questions de la liste sont cruciales. Au lieu de m'attarder sur « À quel point ai-je été mal traité ? », je me tourne progressivement vers « Qu'est-ce qui m'a vraiment blessé ? », « Quelle leçon en ai-je tiré ? », « Pourquoi ne pas pardonner maintenant ? ». Nombreux sont ceux qui découvrent que l'offense visible n'est pas la blessure la plus profonde. 

Par exemple, une trahison peut masquer un besoin d'amour, un conflit familial peut cacher un besoin affectif. Un léger manquement professionnel peut révéler un orgueil blessé, une rupture amicale peut dissimuler une déception. Une fois la blessure la plus profonde identifiée, le ressentiment s'atténue souvent considérablement. 

À mon âge, une autre dimension mérite d'être soulignée. J'ai découvert que certaines des personnes qui m'ont blessé étaient immatures ; la peur les faisait agir, elles avaient des tas d’autres problèmes ou encore elles étaient gravement malades ou décédées. Cela n'excuse pas leurs actes, mais cela modifie souvent le point de vue émotionnel. 

Beaucoup de personnes de mon âge font également état d'un changement intéressant : ce qui semblait autrefois de la malice apparaît de plus en plus comme de la fragilité, ce qui peut faciliter le pardon. Une fois toutes vos entrées terminées, je vous suggère d’utiliser cette phrase : « Cet événement fait partie de mon histoire, mais il n’a plus sa place dans mon avenir.» 

Nul besoin de vous forcer à pardonner immédiatement. L’objectif n’est pas de vous convaincre que la souffrance n’a jamais compté, mais simplement de cesser de payer une vieille dette émotionnellement. À bien des égards, ma démarche s’apparente à un bilan de fin de vie – non pas dans un sens morbide, mais plutôt comme la fermeture des comptes avant de passer à autre chose. 

Mon intérêt pour la méditation, la gratitude et le développement personnel continu fait que cet exercice se transforme moins en un catalogue de griefs qu’en une cartographie de la façon dont les difficultés de la vie ont contribué à me construire. En conclusion, entretenir du ressentiment, c’est comme tenir un charbon ardent dans la main avec l’intention de le jeter sur quelqu’un, c’est notre propre main qu’on brûle ! 

Lâchez prise et bonne chance ...

vendredi, juillet 03, 2026

Purger rancune et ressentiment (Troisième partie)

Éradiquer le ressentiment et la rancune de nos vies nous apporte une plus grande sérénité, nous évite de ressasser sans cesse les événements passés et améliore nos relations. Le ressentiment que nous pouvons nourrir envers une personne se répercute souvent sur nos interactions avec les autres. S'en libérer nous rend plus ouverts, patients et généreux. 

De plus, nous sommes moins vulnérables à la réouverture constante de vieilles blessures. Nombreux sont ceux qui finissent par comprendre que ceux qui leur ont fait du mal étaient eux-mêmes mus par la peur, l'ignorance, l'insécurité ou la souffrance. Comprendre n'excuse pas les comportements, mais cela peut apaiser la haine. Le sentiment de liberté accru qui découle du lâcher-prise est peut-être le plus grand bienfait. 

La liberté ne se limite pas à pouvoir faire ce que l'on veut. C'est aussi être libre des compulsions qui nous asservissent intérieurement, et le ressentiment en est précisément une. Je ne dis pas que la colère n'a jamais d'utilité. Si une personne est victime d'abus, d'exploitation ou de mauvais traitements, la colère peut signaler la nécessité d'établir des limites. Vouloir « pardonner et oublier » trop tôt peut parfois étouffer des besoins légitimes de protection, de responsabilité ou de justice. 

Personnellement, je ne crois pas qu'une personne immorale et hors-la-loi comme Trump doive être pardonnée avant d'assumer ses actes. Le mieux est souvent de reconnaître l'offense, d'accueillir ses émotions avec sincérité et d'en tirer les leçons nécessaires. Il faut ensuite établir des limites appropriées, puis se libérer du ressentiment. 

C'est là que je trouve le lien direct entre le processus de pardon et ma pratique de la méditation. J'éprouve de la gratitude, de la reconnaissance envers ceux qui ont marqué ma vie. Vient ensuite mon désir de faire des dernières années de ma vie une sorte d'apogée de développement personnel, et me défaire des rancunes s'inscrit naturellement dans cette démarche. Nombreux sont ceux qui constatent que gratitude et ressentiment se disputent le même espace mental. 

Plus on apprécie profondément les bienfaits, les leçons et les relations qui ont façonné notre vie, plus il devient difficile de rester préoccupé par de vieux griefs. Cela ne signifie pas devenir naïf ou passif. Cela signifie choisir les expériences qui méritent de rester présentes dans notre esprit. 

Dans mon prochain article de blog, je proposerai une démarche étape par étape pour préparer ce changement et lui donner toutes les chances de réussir !

jeudi, juillet 02, 2026

Purger rancune et ressentiment (Deuxième partie)

Effacer le ressentiment de nos esprits et de nos cœurs est très efficace mais implique plusieurs mécanismes. Le premier est qu’il nous faut cesser de nier la réalité. Typiquement, un événement douloureux s'est produit. Il n'aurait pas dû arriver, mais il est nous est tombé dessus. 

Notre esprit va pourtant passer des années à se battre contre un fait incontournable. Lâcher prise signifie enfin reconnaître la réalité sans toutefois l'approuver, ce qui libère une énergie mentale considérable. Ensuite, il est facile de comprendre que tant que notre état émotionnel s’accroche à des excuses, une punition ou le changement total d’une tierce personne, une grande partie de notre bien-être reste à sa merci.

Nous libérer du ressentiment, nous redonne le contrôle de notre vie intérieure. C'est précisément à ce moment-là que le message devient : « Ce qui s'est passé était horrible, mais je refuse de le laisser empoisonner mon présent. » À ce stade, notre stress se calme, car la colère et le chagrin retournent nos systèmes de défense contre nous. 

Le fait de ressasser sans cesse les blessures va entretenir un stress des plus élevé, des tensions musculaires, une vigilance accrue et une réactivité émotionnelle exacerbée. Dès que la rancune perd son emprise émotionnelle, le corps se détend, la tension disparaît. À cet instant, l'attention redevient disponible. 

Nous savons tous que l'attention est une ressource limitée qui va enfin bénéficier de toute l’énergie qui était gaspillée pour gérer ce ressentiment. Cette énergie supplémentaire pourra être redirigée vers nos relations, notre créativité, l'aide aux autres, l'apprentissage, la spiritualité et tout simplement le plaisir de vivre. 

En substance, pardonner, ce n'est pas donner quelque chose à celui qui nous a offensés, mais c’est bien récupérer une ressource qui nous appartenait avant ! Il est temps maintenant de faire la liste de toutes les rancunes que nous avons accumulées – et croyez-moi, il y en a bien plus que nous ne le pensons – et ensuite, de les faire disparaître. 

Boum ! Je l'ai fait et croyez-moi, c'est libérateur ! Demain, nous verrons quels bienfaits nous retirerons …

mercredi, juillet 01, 2026

Purger rancune et ressentiment (Première partie)

S'il existe une opération quasi gratuite capable de nous libérer d'un fardeau lourd et constant, c'est bien d'éliminer la rancune, l'amertume, l'hostilité, le désir de vengeance, la rancœur, l'inimitié et la malveillance, pour n'en citer que quelques-unes. 

Ces émotions fonctionnent souvent comme une dette psychologique. Elles demandent énormément d'énergie pour être maintenues. L'esprit ressasse sans cesse les vieilles blessures, reconstitue les conversations, imagine d'autres issues ou ressasse des punitions pour ceux qui nous ont fait du tort.

Même lorsque nous n'y pensons pas consciemment, une partie de notre système émotionnel reste souvent coincée autour de l' ancienne offense. Bien sûr, il ne s'agit pas d'excuser les actes répréhensibles, d'oublier ce qui s'est passé, de se réconcilier avec une personne dangereuse ou d'abandonner un règlement de justice. 

C'est avant tout un acte intérieur qui vise à refuser de porter ce fardeau émotionnel. Le ressentiment nous pèse car, lorsque nous sommes blessés, notre esprit conclut souvent : 

  • « Cela n'aurait pas dû arriver.» 
  • « On me doit quelque chose.» 
  • « Les choses iraient mieux s'ils souffraient comme j'ai souffert. » 
  • « Je ne trouverai la paix que lorsque ce sera réparé. » 

Ce sont précisément ces pensées qui nous maintiennent psychologiquement attachés à la blessure et à notre passé. L'événement est peut-être terminé, mais notre système émotionnel continue d'y investir d’importantes ressources. 

Lorsque nous ne parvenons pas à nous détacher de ces expériences, il faut toujours plus de temps, de maturité et une compréhension plus profonde avant de réaliser que la personne que nous punissons le plus sévèrement, c'est nous-mêmes. 

La prochaine fois, nous tenterons de comprendre comment opère cette libération mentale. Ne quittez donc pas !