mardi, juillet 07, 2026

La corruption de Trump et d’Infantino

En mettant de côté fierté nationale et préjugés (après tout, je suis citoyen américain), que dire du scandale déclenché par Trump auprès de la FIFA ? Alors que la plupart des Américains ressentaient une fierté nationale et l’instinct de défendre « notre équipe », l’affaire Trump-FIFA relevait fondamentalement d’une ingérence politique dans une instance juridictionnelle sportive internationale, de la volonté de la FIFA de contourner ses propres règles et des conséquences néfastes pour l’équité de la compétition.

La question centrale n’était pas de savoir si le carton rouge infligé à Balogun était sévère ; il s’agissait simplement du fait qu’un chef d’État s’est permit de pressuriser avec succès la FIFA pour annuler une sanction qui, selon le règlement, ne pouvait faire l’objet d’aucun appel. C’est pourquoi les instances mondiales du football ont réagi aussi vivement. 

Pour ceux qui ignoraient les faits ou ne s’en souviennent pas : Trump a personnellement appelé le président de la FIFA, Gianni Infantino, pour lui demander de réexaminer le carton rouge de Folarin Balogun. Il a aussi agi hypocritiquement en ignorant que le cas de Balogun relevait précisément de la citoyenneté par le droit du sol, une pratique que Trump dénonce pourtant avec véhémence. 

En réponse, la FIFA a annulé la suspension automatique d’un match en invoquant l’article 27 — une clause rarement utilisée permettant une suspension discrétionnaire des mesures disciplinaires. Furieux, l’UEFA, la Belgique, d’anciens responsables de la FIFA ainsi que de nombreux joueurs et entraîneurs ont condamné cette décision, la qualifiant d’« inédite », d’« incompréhensible » et de « ligne rouge franchie ». 

Les critiques soutiennent que cette annulation a porté atteinte à l’intégrité du tournoi et créé un précédent dangereux en matière d’influence politique sur l’arbitrage et les procédures disciplinaires ; je partage entièrement ce point de vue. Le scandale ne concerne pas Balogun (le joueur), mais l’avenir de l’équité sportive. 

Les petits pays de football (comme la Belgique) ne disposent pas d’un tel levier d’influence. Trump a fait preuve d’un jugement désastreux et chronique en suivant son instinct : il a donné une mauvaise image de l’équipe américaine et a suscité un tel ressentiment que la Belgique a remporté la victoire sous le coup de la colère, alors même que les Américains étaient, sur le papier, très compétitifs. 

Son intervention a mis en lumière un système à deux vitesses : d’un côté, des nations puissantes capables d’influencer les résultats et, de l’autre, le reste du monde contraint d’accepter des décisions qu’il ne peut contester. Ce déséquilibre est précisément ce que la gouvernance mondiale du sport est censée empêcher ; il ne s’agit pas là de politique footballistique ordinaire, mais d’une crise de gouvernance et d’une hypocrisie flagrante. 

Bien mal acquis ne profite jamais !

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