samedi, mai 09, 2026

En longeant la côte Pacifique

Nous avions parcouru la Route 1 de Californie pour la première fois du nord au sud en 2022, et ce 1er mai dernier, nous avons réitéré l'expérience, cette fois du sud au nord. 

Il est important de noter que la Highway 1 de Californie, dans sa traversée de Big Sur, a rouvert intégralement le 14 janvier 2026, après avoir été fermée pendant trois ans provoquée par de graves glissements de terrain et des effondrements de la chaussée survenus début 2023. 

Cette fermeture, qui s'étendait sur environ 90 miles (145 km), fut l'une des plus longues de l'histoire de la route ; des équipes ont travaillé sans relâche pour réparer les dégâts sur des sites tels que Paul's Slide et Regent's Slide. 

Cette fois-ci, le trajet fut un peu moins spectaculaire, car nous roulions du côté de la colline plutôt que de profiter pleinement des vues plongeantes sur la mer, mais l'expérience n'en resta pas moins passionnante. La circulation était fluide, bien que le brouillard matinal, présent sur de nombreux tronçons, ait quelque peu voilé l’attrait du paysage. 

Néanmoins, le voyage ne fut jamais ennuyeux, ce qui confirme une fois de plus la beauté des paysages californiens. Nous sommes arrivés à San Francisco en fin d'après-midi, après avoir gravi les rues escarpées du quartier où réside notre fille. Nous étions ravis de la retrouver et de lui remettre personnellement sa voiture, en excellent état. 

Ce soir, alors que nous nous promenions dans le quartier, j’ai trouvé le moyen de chuter sur mon genou gauche alors que j’admirai un détail d’architecture en l’air. On verra ce qui vas se passer … 

Nous étions également enchantés d'être arrivés à bon port, sains et saufs, après avoir parcouru les 2 000 km séparant notre maison de notre destination. Quant à moi — le conducteur —, j'étais ravi que le voyage soit terminé !

vendredi, mai 08, 2026

Des Alabama Hills à la mer …

Les Alabama Hills, collines qui se trouvent au-dessus de Lone Pine, en Californie — se situent entre cette petite ville et l'imposante chaîne de la Sierra. 

Les Alabama Hills constituent un massif de collines et de formations rocheuses uniques que nous avons visité jeudi matin ; elles sont, depuis très longtemps, un lieu de tournage prisé pour les productions cinématographiques ainsi que les séries télé, en particulier pour les westerns se déroulant dans un cadre typiquement sauvage et isolé. 

Pourquoi l'incongruité du nom « Alabama » ? Parce que les collines voisines ont été baptisées en l'honneur du CSS “Alabama”, un navire de guerre confédéré déployé durant la guerre de Sécession américaine. 

Lorsque la nouvelle des exploits du navire parvint aux prospecteurs californiens sympathisants de la cause confédérée, ceux-ci donnèrent le nom du navire à de nombreuses concessions minières ; ce nom finit par s'étendre à l'ensemble du massif. 

Le site devint alors un lieu de prédilection pour les tournages hollywoodiens. Les premiers films connus pour y avoir été tournés sont deux œuvres aujourd'hui disparues : “Water, Water Everywhere” et “Cupid, the Cowpuncher”, tous deux tournés en 1919 et sortis au début de l'année 1920. Depuis lors, des centaines de films y ont été réalisés. 

S'ensuivit un long trajet sur une série de routes de montagne spectaculaires, sinueuse et tortueuses — par endroits effrayamment étroites et peu souvent protégées par des glissières de sécurité — menant jusqu'à Bakersfield ; l'itinéraire se fit ensuite plus paisible en direction du Pacifique, offrant un paysage dominé par l'agriculture et les derricks de pétrole. 

C'est sur la côte Pacifique que notre périple de la journée prit fin — faute de continent pour aller plus loin — à Cambria, une petite ville côtière située sur la Route 101. Une journée bien remplie, faite de conduite et de découvertes intéressantes.


jeudi, mai 07, 2026

Un parc national de plus

Nous avons visité de nombreux parcs nationaux américains et, sans tomber dans le piege de les « collectionner », il est toujours tentant d'en ajouter un de plus à la liste. C'est précisément ce que j'ai fait cette fois-ci en ajoutant le parc national de la Vallée de la Mort (Death Valley) à notre palmarès personnel. 

Non pas que j'aie jamais entendu dire grand-chose de bon sur cet endroit, mais parce qu'il se trouve être l'un des favoris des visiteurs français, et je voulais comprendre ce qui, aux yeux de mes frères gaulois, faisait le charme de ce lieu. C’est vrai que, mis à part Zabriskie Point et les dunes de sable, je n'ai pas été tellement impressionné. Je ne sais toujours pas pourquoi mes compatriotes sont si épris de ce parc. 

Je soupçonne que cela tienne au fait qu'en juillet 1966, un aventurier français et ancien parachutiste nommé Jean-Pierre Marquant — alors âgé de 28 ans — a réussi à parcourir à pied plus de 160 km à travers la Vallée de la Mort, bravant des températures estivales extrêmes et records, oscillant entre 38 à 54 °C ; un exploit dont de nombreux experts prédisaient qu'il lui serait fatal. 

Cette anecdote a sans doute laissé une empreinte indélébile dans l'esprit des touristes français. Nous avons terminé cette deuxième journée sur la route à Lone Pine, en Californie. Fondée dans les années 1860 en tant que centre d'approvisionnement pour les mines d'or et d'argent, Lone Pine était à l'origine une ville pionnière, rude et turbulente. 

Elle fut décimée par un violent tremblement de terre en 1872. Plus tard, elle devint le « Far West d'Hollywood », servant de décor principal au tournage de centaines de westerns classiques dans Alabama Hills, juste entre la bourgade et la Sierra. 

Aujourd'hui, son économie repose sur le tourisme ; la ville fait office de porte d'entrée vers le mont Whitney (le plus haut sommet de nos 48 États contigus a 4 421 m ) et les Alabama Hills. Elle devrait logiquement prospérer grâce aux randonneurs, aux amateurs de plein air et aux passionnés d'histoire du cinéma. 

On peut toutefois se demander si les services locaux, les activités minières et d'extraction, ainsi que les infrastructures d'hébergement suffisent à soutenir la communauté, d'autant qu'une part non négligeable de la population est constituée de fonctionnaires. Quoi qu'il en soit — du moins à mes yeux —, la ville semble se mourir lentement, paraissant incapable de tirer parti d’un cadre montagneux d'une beauté époustouflante.


mercredi, mai 06, 2026

Retour à Las Vegas !

Voci un petit résumé de notre tout dernier périple sur les routes a débuté fin avril ; nous nous étions donné pour mission d'acheminer la voiture de notre fille pour la toute dernière étape d'un voyage transcontinental entamé en octobre 2025. Cette fois, nous avons commencé par une première étape reliant Park City à Las Vegas, dans le Nevada. 

Je me suis rendu à Las Vegas — cette ville folle si emblematique de l’amérique — plus de vingt fois, et j'y ai passé près de 120 jours durant les salons annuels de l'industrie du ski. Je pensais bien connaître le coin mais c'était sans compter sur le fait que ma dernière visite remontait à vingt ans, en 2006, avec pour objectif — entre autres — d'assister à un concert d'Elton John dans l'un des casinos de la ville. 

Lorsque nous sommes arrivés sur place en fin d'après-midi, ce 28 avril, je n'en croyais pas mes yeux : la ville avait tellement changé qu'elle en était devenue méconnaissable. Et ce n'est pas tout : l'enregistrement s'effectue désormais comme dans les aéroports, via des bornes automatiques, sans la moindre interaction humaine. 

Le système s'est avéré inopérant, non seulement pour nous, les « vieux », mais aussi pour la plupart des clients, totalement déconcertés par l'impossibilité d'accomplir sans problème cette simple formalité. Nous étions tout bonnement furieux — et à juste titre. 

Nous avons fini par obtenir nos clés, poser nos affaires dans la chambre, et nous nous sommes rendus dans un hôtel voisin pour assister au spectacle “KÀ”, cette production inédite du Cirque du Soleil qui défie les lois de la gravité et propulse l'aventure vers de nouveaux sommets. 

Nous nous sommes laissés émerveiller par un décor théâtral dynamique, avec un lors qu'un empire tout entier surgit sur la scène colossale de "KÀ" avecet qu'un ballet captivant d'acrobaties aériennes qui enveloppait toute l’audiencee le public. 

Ce spectacle a largement compensé la désastreuse expérience d'enregistrement vécue à notre hôtel et a presque suffi à rendre le voyage digne d'intérêt. Je n'irais peut-être pas jusqu'à affirmer que Las Vegas vaut les six heures et demie de route depuis chez nous... mais l'avenir nous le dira ! 

mardi, mai 05, 2026

D'une côte à l'autre

Mon premier voyage américain d'une côte à l'autre remonte à 1971 ; à peine arrivé d'Australie, je suis montais à bord d'un bus Greyhound à Los Angeles et j'ai voyagé de ville en ville jusqu'à New York, avant de me rendre à Montréal pour y prendre mon vol de retour vers la France.
Je ne me doutais pas que ce voyage serait le précurseur d’une série de longs périples sur les routes américaines pendant plus de 55 ans. Le deuxième grand voyage, auquel participaient ma femme et nos deux jeunes enfants turbulents (alors âgés de 5 et 3 ans), nous a conduits de Chappaqua, dans l'État de New York, jusqu'à Park City — notre nouvelle terre promise — en 1985.
Entre 2007 et 2012, nous avons effectué quelques trajets en voiture entre l'Utah et Berkeley, en Californie, où notre fille venait de décrocher son premier emploi. En 2012, j'ai accompagné ma fille en Californie alors qu'elle troquait sa petite voiture pour un break plus confortable. En novembre de cette même année, après avoir obtenu un poste au sein de l'administration fédérale à Washington, notre fille a ramené sa voiture dans l'Utah ; ma femme et moi avons ensuite pris le relais pour la conduire jusqu'en Virginie, où elle s'était installée.
Ce n'est qu'en octobre 2025 — alors que la situation commençait à se dégrader sous l'ère Trump — que notre fille a quitté ce poste qu’elle aimait tant pour retourner en Californie. Nous avons gardé sa voiture dans notre garage, avec l'intention de la ramener à San Francisco au printemps suivant.
C'est précisément ce que nous avons fait entre avril et mai, profitant ainsi de l'occasion pour faire un détour par Las Vegas, la Vallée de la Mort, la côte Pacifique et pour remonter une seconde fois vers le nord par la Highway 5, le long du littoral californien.
Si l'on fait le total de tous ces trajets, on atteint un chiffre de 22 000 km. Il serait peut-être un peu présomptueux de dire que la boucle est bouclée, mais nous avons ainsi découvert une grande partie de l'Amérique au fil des années, et sommes ravis de l'avoir fait. Dans nos prochains blogs, nous vous raconterons les aventures vécues lors de cette ultime étape ...

lundi, mai 04, 2026

Outil modernes pour planifier un voyage

Par le passé, quand j’organisais un voyage c’était 20 % de planification contre 80 % d’improvisation ; mais je ne sais pas pour vous, mais en ce qui me concerne, ce processus a lui aussi été carrément retourné ! 

Dans le prochain article de ce blog, vous découvrirez le récit de notre récent voyage en Californie, au cours duquel nous avons livré la voiture de notre fille — celle-là même que nous avions conduite l'automne dernier de Washington, D.C., jusqu'à Park City. Cette fois-ci, notre mission consistait à acheminer le véhicule jusqu'à San Francisco, après avoir effectué quelques détours pour visiter des lieux inédits et revisiter d'autres endroits qui nous avaient beaucoup plu. 

Pour échafauder ce plan, j'ai commencé, dix jours avant le départ, à jongler avec Google Maps afin de déterminer nos étapes et nos lieux d'hébergement, d'évaluer la durée des trajets et d'esquisser une sorte d'itinéraire. Soucieux de ne rien laisser au hasard, j'ai même sollicité l'avis d'une IA pour obtenir une certaine forme de validation ; n'ayant pas réussi à l'obtenir, j'ai dû me remettre plusieurs fois à la tâche.

Entre-temps, j'ai également recherché des divertissements — une escale étant prévue à Las Vegas, et nous voulions aussi en profiter pour découvrir au moins un nouveau Parc National. J'ai ainsi établi un budget prévisionnel rapide sur un tableur (en tenant compte du coût élevé de l'essence, puisque nous n'utiliserions pas d’auto électrique pour ce voyage aller simple), et j'ai, bien entendu, acheté nos billets d'avion pour le vol retour vers la maison. Tout un programme ! 

Trop de choix en toutes directions, et il a fallu beaucoup de temps pour digérer le tout et laisser mûrir l’ensemble en un plan parfaitement ficelé. Ce qui est certain, c'est que la technologie a considérablement rallongé un processus de décision déjà complexe mais quand même assez disproportionné pour une simple balade en auto !

dimanche, mai 03, 2026

Simple et facile, compliqué et difficile

Ce n’est pas que je sois nostalgique, mais j’ai le sentiment que par le passé — quand j’étais jeune — la vie semblait simple et facile, alors qu’aujourd’hui, notre réalité s’est transformée en une existence compliquée et difficile. Est-ce parce que nous sommes confrontés à trop de choix, que nous subissons la pression du temps, que nous sommes victimes de la peur de manquer quelque chose (FOMO), ou pour autre chose ? 

Je suis presque sûr de ne pas être le seul à ressentir ça, comme semblent le confirmer mes discussions avec de nombreuses personnes ainsi que diverses études sociologiques. La vie est objectivement plus complexe qu’elle ne l’était il y a cinquante ans. Bien qu’une pointe de nostalgie puisse teinter ce point de vue, celui-ci repose sur plusieurs évolutions psychologiques et sociologiques mesurables. Tout d’abord, il y a ce que l’on appelle le « paradoxe du choix ». 

Autrefois, si je voulais acheter une paire de chaussures de ski, je me rendais dans un magasin spécialisé et je choisissais parmi, peut-être, trois marques. Aujourd’hui, il existe 15 marques, 100 modèles et des milliers d’avis en ligne à consulter. Avoir trop d’options ne nous rend pas plus libres ; cela nous paralyse. Nous passons plus de temps à « optimiser » notre décision qu’à profiter du résultat, ce qui engendre une « fatigue décisionnelle ». 

De surcroît, nous sommes devenus les prisonniers de la connectivité. Hier, lorsque je quittais mon domicile, j’étais injoignable. La vie comportait des zones de repli naturelles où rien n’était attendu de ma part. Aujourd’hui, nous sommes accessibles 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7 pour chacune de nos responsabilités. Entre la gestion des SMS et des courriels, la mise à jour de logiciels et la consultation de notre fil d’actualité, notre espace mental est constamment occupé par divers processus d’arrière-plan.

Nous ne sommes jamais véritablement « hors ligne », ce qui confère à la vie un sentiment de pesanteur. Pour ne rien arranger, la technologie a éliminé les périodes d’« attente » qui, jadis, servaient d’amortisseurs. Par exemple, lorsque j’écrivais une lettre, je devais patienter une semaine avant de recevoir une réponse. Je me rendais à pied à ma banque pour vérifier mon solde ou consulter mes transactions. Tous ces moments m’obligeaient à ralentir ; désormais, tout est instantané. 

Cette « compression de l’espace-temps » impose un rythme effréné. Nous nous sentons sous pression, non pas parce que nous avons davantage de choses à faire, mais parce que l’on attend de nous que nous les fassions sur-le-champ. Il existe une différence subtile, mais vitale, entre complexité et complication. Une horloge est compliquée, mais c'est un système clos : si un engrenage tourne, un autre suit. La vie moderne, elle, est plus complexe. Elle est interconnectée. Un conflit survenant dans un autre hémisphère peut modifier le prix de l'énergie utilisée pour chauffer notre maison ou recharger notre perceuse. 

Tout est lié à tout le reste d'une manière qui semble imprévisible et, par conséquent, difficile à maîtriser. Certes, on pourrait soutenir que la vie était « plus simple » par le passé, car nous étions moins impliqués dans un nombre plus restreint de choses. Nous acceptions ce que disait le médecin du quartier, ce qu'imprimait le journal local et ce qui était disponible au magasin du coin. Aujourd'hui, nous disposons de plus de pouvoir, de plus d'informations et de bien plus d'options ; mais le « prix à payer » pour ce pouvoir réside dans l'effort constant que demande sa gestion. 

Mieux vaut rester en super forme, car nous avons tous beaucoup de pain sur la planche … Bonne chance !