mercredi, mai 13, 2026

L'esprit flagorneur

Souvent, je me demande pourquoi un dirigeant doté d'un cerveau qui marche engagerait des flagorneurs pour s'entourer, et ce que cela révèle sur le sens des affaires d'un tel individu. Bien entendu, nous savons tous qu'un dirigeant qui s'entoure de flagorneurs fait un choix stratégique — mais pas du tout judicieux. Et ce choix en dit bien plus long sur sa psychologie et ses insécurités que sur son sens des affaires. 

En réalité, les leaders embauchent des flagorneurs lorsque la protection de leur ego est plus importante que le bien de l'organisation. Si l'on ne tolère ni la dissidence, ni la remise en question, ni le fait d'avoir tort ou d'être contesté, on embauchera que des personnes qui pourraient vous menacer. Disons qu'il s'agit d'une sécurité émotionnelle déguisée en leadership. Ce type de leader, c'est Trump ; quant aux flagorneurs, ce sont Rubio, Kennedy ou Hegseth, pour n'en citer que quelques-uns. 

Si Trump avait la moindre confiance en lui, il s'entourerait de personnes fortes. Au lieu de cela, notre président, rongé par l'insécurité, embauche des personnes complaisantes qui lui apportent une validation constante, l'illusion de compétence, le sentiment de maîtriser la situation et une béquille psychologique. 

Il est vrai que s'entourer de flagorneurs facilite le quotidien. Il n'y a ni débats, ni résistances, ni vérités inconfortables à entendre. Le coût, cependant, est énorme : une multitude d'angles morts, d'erreurs stratégiques, de pensées de groupe et de stagnation. 

Un président comme Trump, qui s'entoure de flagorneurs, manifeste au moins l'un des traits suivants : un jugement déficient, car il est incapable de distinguer la compétence de la docilité, l'alignement de la flatterie, et la loyauté de la dépendance.

Une prise de décision fragile, puisque les mauvaises nouvelles sont filtrées, les risques dissimulés et les erreurs laissées sans contestation ; un manque de maturité stratégique, car les grands leaders savent qu'ils ont besoin de dissidence, de débats, de perspectives variées et de personnes qui osent leur dire : « Vous avez tort ». 

Enfin, un dernier trait caractéristique est le leadership fondé sur la peur : puisque Trump a besoin de flatteries pour fonctionner, il ne dirige pas, il gère sa propre anxiété. Les flagorneurs ne se rassemblent pas autour des leaders forts, mais autour de ceux qui ont besoin d'eux ; et ce besoin constitue le véritable problème.

mardi, mai 12, 2026

Un bon coup sur le genou

Pour marquer le 1er mai, nous sommes arrivés en fin d'après-midi à San Francisco. Alors que nous gravissions l'une des nombreuses rues raides de la ville, je n'ai pas eu de meilleure idée que de lever les yeux pour admirer un détail architectural victorien. Mon pied droit a heurté un obstacle, j'ai perdu l'équilibre et suis tombé directement sur mon genou gauche. 

Lorsqu'une telle chute se produit, la douleur est toujours intense. En effet, tomber sur le genou peut causer de graves blessures, du genre fractures de la rotule, déchirures ligamentaires ou méniscales, et de sévères contusions, entraînant souvent un enflement immédiat, des ecchymoses et une incapacité à prendre appui sur la jambe. 

Dans mon cas, une ecchymose sanglante était bien visible sur la rotule, mais la bête que je suis a continué à arpenter les rues en hauts et en bas. Je me sentais mieux quand je me suis couché, mais je me suis réveillé à minuit, saisi par une douleur intense, particulièrement à l'arrière du genou. J'ai médité, n'ai pris aucun médicament et ai fini par me rendormir. 

Le lendemain matin, mon genou était à la fois raide et enflé ; j'ai donc pris un antidouleur et décidé malgré tout de faire une marche de plus de 12 km à destination et à travers le Golden Gate Park. 

Vive au début, la douleur s'est progressivement estompée en fil de journée, et j'ai pensé être tiré d'affaires. La nuit s'est bien passée, mais le matin suivant, la douleur et la raideur de mon genou étaient de nouveau intenses. 

J'ai avalé un autre antidouleur et suivi ma femme et ma fille pour une randonnée dans le comté de Marin, vers le mont Tamalpais — connu localement sous le nom de « Mount Tam » — en empruntant un sentier de VTT. 

Peu à peu, l'horrible douleur a disparu et après 10 km, en fin de journée, tout semblait aller bien. À partir de ce jour-là, une douleur se manifestait le matin, mais s'effaçait rapidement dès que l'activité reprenait et que la circulation sanguine s'activait. 

Si j'avais écouté mon corps, je serais resté à la maison, j'aurais appliqué une poche de glace sur mon genou, surélevé ma jambe et j'aurais probablement souffert bien davantage. Tout cela pour démontrer que, lorsque rien n'est cassé, l'activité physique favorisant la circulation sanguine constitue un bien meilleur remède que le repos forcé !

lundi, mai 11, 2026

Le Comté de Marin en Californie

J’ai toujours eu un faible pour Sausalito et le comté de Marin, tous deux situés au nord de San Francisco. Non seulement les vues sur la ville depuis ce rivage sont uniques et époustouflantes, mais elles offrent également un appréciable répit face à l’agitation de la vie urbaine. 

Je me suis trouvé à maintes reprises à Sausalito au fil des ans, et cela a toujours ete pour moi l’endroit idéal pour m’émerveiller devant la magnifique cité qui se dresse de l’autre côté du pont du Golden Gate. 

Si j’avais la chance inouïe de vivre dans la région de San Francisco, choisirais-je de m’installer dans la ville elle-même ou chez sa voisine d’en face, au-delà du pont ? Oui, sans doute. Je resterais fidèle à ce « faible » que j’évoquais dans l’introduction de ce billet de blog. 

Y serais-je heureux ? Fort probablement ! Cela pourrait-il se réaliser un jour, de mon vivant ? Après tout, pourquoi pas… 


En attendant, notre fille, qui vit à San Francisco, profite d’une vue incroyable, absolument unique en son genre !


dimanche, mai 10, 2026

San Francisco, la ville progressiste

Aujourd'hui, notre fille nous a guidés à travers une visite entièrement pédestre de San Francisco. Enfin, peut-être pas « entièrement » à pied, mais nous y reviendrons. Notre promenade matinale a débuté au Golden Gate Park de San Francisco qui, couvrant plus de 412 hectares, est plus vaste que Central Park à New York. 

Ce site emblématique abrite des attractions telles que le Jardin de thé japonais, le Jardin botanique de San Francisco et le Conservatoire des fleurs. Notre plus longue marche de l'après-midi nous a conduits à l'Embarcadero — un autre lieu incontournable pour tout visiteur de cette ville, situé au bord de l'eau — suivie d'un délicieux dîner chez Dasha, un restaurant russe. 

Le retour à la maison allait toutefois rester l'attraction principale de la journée, puisque nous sommes montés à bord d'un taxi sans chauffeur de Google-Waymo. Ces taxis autonomes existent depuis 2021. En 2024, il y en avait 300 il y a deux ans et aujourd’hui plus de 800 ! 

Celui qui est illustré dans la vidéo ci-dessous nous a ramenés en haut de la colline, jusqu'au charmant appartement de notre fille, qui offre une vue imprenable sur le centre-ville de San Francisco et l'East Bay.

Cette course en Waymo fut une première pour nous, une expérience qui nous a confortés dans l'idée que les voitures autonomes deviendront bientôt la norme pour nous autres baby-boomers qui, autrement, ne seraient plus en mesure de conduire, mais qui bénéficieront grâce à l'IA d'un prolongement salutaire de notre autonomie ! 

samedi, mai 09, 2026

En longeant la côte Pacifique

Nous avions parcouru la Route 1 de Californie pour la première fois du nord au sud en 2022, et ce 1er mai dernier, nous avons réitéré l'expérience, cette fois du sud au nord. 

Il est important de noter que la Highway 1 de Californie, dans sa traversée de Big Sur, a rouvert intégralement le 14 janvier 2026, après avoir été fermée pendant trois ans provoquée par de graves glissements de terrain et des effondrements de la chaussée survenus début 2023. 

Cette fermeture, qui s'étendait sur environ 90 miles (145 km), fut l'une des plus longues de l'histoire de la route ; des équipes ont travaillé sans relâche pour réparer les dégâts sur des sites tels que Paul's Slide et Regent's Slide. 

Cette fois-ci, le trajet fut un peu moins spectaculaire, car nous roulions du côté de la colline plutôt que de profiter pleinement des vues plongeantes sur la mer, mais l'expérience n'en resta pas moins passionnante. La circulation était fluide, bien que le brouillard matinal, présent sur de nombreux tronçons, ait quelque peu voilé l’attrait du paysage. 

Néanmoins, le voyage ne fut jamais ennuyeux, ce qui confirme une fois de plus la beauté des paysages californiens. Nous sommes arrivés à San Francisco en fin d'après-midi, après avoir gravi les rues escarpées du quartier où réside notre fille. Nous étions ravis de la retrouver et de lui remettre personnellement sa voiture, en excellent état. 

Ce soir, alors que nous nous promenions dans le quartier, j’ai trouvé le moyen de chuter sur mon genou gauche alors que j’admirai un détail d’architecture en l’air. On verra ce qui vas se passer … 

Nous étions également enchantés d'être arrivés à bon port, sains et saufs, après avoir parcouru les 2 000 km séparant notre maison de notre destination. Quant à moi — le conducteur —, j'étais ravi que le voyage soit terminé !

vendredi, mai 08, 2026

Des Alabama Hills à la mer …

Les Alabama Hills, collines qui se trouvent au-dessus de Lone Pine, en Californie — se situent entre cette petite ville et l'imposante chaîne de la Sierra. 

Les Alabama Hills constituent un massif de collines et de formations rocheuses uniques que nous avons visité jeudi matin ; elles sont, depuis très longtemps, un lieu de tournage prisé pour les productions cinématographiques ainsi que les séries télé, en particulier pour les westerns se déroulant dans un cadre typiquement sauvage et isolé. 

Pourquoi l'incongruité du nom « Alabama » ? Parce que les collines voisines ont été baptisées en l'honneur du CSS “Alabama”, un navire de guerre confédéré déployé durant la guerre de Sécession américaine. 

Lorsque la nouvelle des exploits du navire parvint aux prospecteurs californiens sympathisants de la cause confédérée, ceux-ci donnèrent le nom du navire à de nombreuses concessions minières ; ce nom finit par s'étendre à l'ensemble du massif. 

Le site devint alors un lieu de prédilection pour les tournages hollywoodiens. Les premiers films connus pour y avoir été tournés sont deux œuvres aujourd'hui disparues : “Water, Water Everywhere” et “Cupid, the Cowpuncher”, tous deux tournés en 1919 et sortis au début de l'année 1920. Depuis lors, des centaines de films y ont été réalisés. 

S'ensuivit un long trajet sur une série de routes de montagne spectaculaires, sinueuse et tortueuses — par endroits effrayamment étroites et peu souvent protégées par des glissières de sécurité — menant jusqu'à Bakersfield ; l'itinéraire se fit ensuite plus paisible en direction du Pacifique, offrant un paysage dominé par l'agriculture et les derricks de pétrole. 

C'est sur la côte Pacifique que notre périple de la journée prit fin — faute de continent pour aller plus loin — à Cambria, une petite ville côtière située sur la Route 101. Une journée bien remplie, faite de conduite et de découvertes intéressantes.


jeudi, mai 07, 2026

Un parc national de plus

Nous avons visité de nombreux parcs nationaux américains et, sans tomber dans le piege de les « collectionner », il est toujours tentant d'en ajouter un de plus à la liste. C'est précisément ce que j'ai fait cette fois-ci en ajoutant le parc national de la Vallée de la Mort (Death Valley) à notre palmarès personnel. 

Non pas que j'aie jamais entendu dire grand-chose de bon sur cet endroit, mais parce qu'il se trouve être l'un des favoris des visiteurs français, et je voulais comprendre ce qui, aux yeux de mes frères gaulois, faisait le charme de ce lieu. C’est vrai que, mis à part Zabriskie Point et les dunes de sable, je n'ai pas été tellement impressionné. Je ne sais toujours pas pourquoi mes compatriotes sont si épris de ce parc. 

Je soupçonne que cela tienne au fait qu'en juillet 1966, un aventurier français et ancien parachutiste nommé Jean-Pierre Marquant — alors âgé de 28 ans — a réussi à parcourir à pied plus de 160 km à travers la Vallée de la Mort, bravant des températures estivales extrêmes et records, oscillant entre 38 à 54 °C ; un exploit dont de nombreux experts prédisaient qu'il lui serait fatal. 

Cette anecdote a sans doute laissé une empreinte indélébile dans l'esprit des touristes français. Nous avons terminé cette deuxième journée sur la route à Lone Pine, en Californie. Fondée dans les années 1860 en tant que centre d'approvisionnement pour les mines d'or et d'argent, Lone Pine était à l'origine une ville pionnière, rude et turbulente. 

Elle fut décimée par un violent tremblement de terre en 1872. Plus tard, elle devint le « Far West d'Hollywood », servant de décor principal au tournage de centaines de westerns classiques dans Alabama Hills, juste entre la bourgade et la Sierra. 

Aujourd'hui, son économie repose sur le tourisme ; la ville fait office de porte d'entrée vers le mont Whitney (le plus haut sommet de nos 48 États contigus a 4 421 m ) et les Alabama Hills. Elle devrait logiquement prospérer grâce aux randonneurs, aux amateurs de plein air et aux passionnés d'histoire du cinéma. 

On peut toutefois se demander si les services locaux, les activités minières et d'extraction, ainsi que les infrastructures d'hébergement suffisent à soutenir la communauté, d'autant qu'une part non négligeable de la population est constituée de fonctionnaires. Quoi qu'il en soit — du moins à mes yeux —, la ville semble se mourir lentement, paraissant incapable de tirer parti d’un cadre montagneux d'une beauté époustouflante.