Ma femme me demande souvent : « Au fil des années et des différents emplois que tu as occupés, quel a été ton patron préféré ?» Je réponds : « Question difficile ! Je ne sais pas vraiment… » Ce qui signifie en réalité qu’à mon goût, aucun n’était vraiment mauvais, mais que je n’avais pas appris grand-chose à leur contact.
Comme vous le savez, le mentorat et le développement personnel sont devenus aujourd’hui des éléments essentiels pour tout employé, et je dois admettre qu’aucun de mes anciens patrons n’excellait dans ce domaine. En fait, ils n’auraient même pas su comment s’y prendre. Ils semblaient avoir embauché des personnes possédant une certaine expertise et se contentaient d’en extraire un maximum de productivité sans se soucier de les aider à se développer ou de les guider efficacement afin d’atteindre les objectifs critiques de l’entreprise.
Cela reflétait assez bien mon ressenti sur le sujet et ma réponse peu convaincante à la question de ma femme. Au fond de moi, je savais qu’il existait une réponse plus évidente, mais je n’arrivais pas à la trouver ni à l’exprimer.C’était jusqu’à quelques jours en arrière quand la réponse est venue me frapper de plein fouet. J'ai réalisé que, tout au long de ma carrière, mon meilleur patron, c'était moi.
Ça peut paraître prétentieux, mais laissez-moi vous expliquer. Cela se passait dans les années 80 et 90, alors que je dirigeais ma propre entreprise de distribution de matériel de ski, et dans une moindre mesure quand j'étais moniteur de ski à Avoriaz, j'étais alors ravi et épanoui d'être mon propre patron.
À cette époque, j'étais aux commandes, je maîtrisais pleinement mon destin et j'étais bien moins déçu de moi-même que je ne l'ai été avec tous mes autres patrons, lors des nombreuses occasions où j'ai dû changer de poste. À mon compte, je définissais mes objectifs, les affinais et les modifiais au besoin, et j'évoluais en m'adaptant aux circonstances et au terrain.
Au besoin, je devenais aussi mon propre coach tout en perfectionnant cette compétence si particulière. J'étais épanoui, heureux et maître de ma situation et de mon destin. Rien à voir avec la relation de dépendance que j'avais avec un patron qui ne répondait jamais à mes attentes. Quelle différence !






