jeudi, juillet 23, 2026

Bilan de la Coupe du monde de football

C’est avec un plaisir et un enthousiasme croissants que nous avons suivi la Coupe du monde de football 2026. Sans vouloir répéter ce que vous avez tous vu, lu ou pensé, je tenais simplement à partager mon ressenti, qui pourrait apporter un éclairage nouveau ou offrir une perspective différente sur l’ensemble des compétitions. 

D’abord, il nous a fallu un certain temps pour entrer dans l’ambiance et trouver le rythme, car nous sommes pas des fanatiques de sports collectifs. Nous en regardons très peu, qu’il s’agisse de football américain (NFL), de basket-ball, de hockey ou de baseball. Nous préférons pratiquer le sport plutôt que de le regarder ! 

Ensuite, nous avons été frappés par le comportement brutal des joueurs sur le terrain. Il nous a semblé qu’ils prenaient délibérément le risque que l’arbitre ne voit pas la faute — un pari qui s’est souvent avéré payant. En tant que spectateurs, nous voyons tout très facilement et très clairement grâce à la vue en 3D offerte par les caméras, alors que l’arbitre est loin de bénéficier du même champ visuel ! 

Bien entendu, nous soutenions à la fois les États-Unis et la France ; si les premiers ont été victimes des manigances de Trump, les seconds nous ont déçus quand la compétition s’est durcie et que les adversaires sont devenus plus coriaces. 

En tant que Français expatrié depuis 1977, j’ai eu du mal à m’identifier à une équipe nationale composée en grande majorité de joueurs d’origine africaine. L’Angleterre et l’Espagne alignaient des équipes qui reflétaient davantage la composition de leur populations respectives. 

C’est peut-être le signe qu’il est grand temps pour moi de retourner faire un tour en France … Enfin, nous avons été ravis d’assister à la victoire de l’Espagne. « ¡Viva España ! »

mercredi, juillet 22, 2026

Apprendre une langue avec l’IA (Deuxième partie)

Dans l’article précédent, nous avons vu que lorsqu’un sujet me touche, mon cerveau a plus de chances de le retenir. Aujourd’hui, nous allons voir comment des variations peuvent considérablement booster l’apprentissage linguistique si nous les intégrons à nos conversations. 

Pour y parvenir, je prends un sujet bien spécifique et le traite de différentes manières : d’abord en espagnol tout simple, puis dans une version plus complexe, une autre fois en utilisant le passé ou le futur. Tout cela pour développer ma flexibilité linguistique en plus de mon vocabulaire. Je compte également accorder autant d’importance à la compréhension orale qu’à l’expression en demandant à TalkPal de parler avec un débit naturel, mais aussi à vitesse légèrement réduite et avec des accents régionaux (Espagne, Mexique, Argentine, Chili).

J’ai appris au fil des langues que la compréhension orale reste toujours un énorme obstacle ; si je parviens à comprendre l'espagnol parlé rapidement je vais m'exprimer plus facilement. En plus de la vitesse, je compte également demander des corrections ciblées. Si TalkPal me corrigeait tout mot par mot, je perdrais en fluidité, mais si l'outil ne me corrigeait pas du tout, mes erreurs risqueraient d’être figées pour toujours. 

Je demanderai donc : « Corrige uniquement les erreurs importantes qui modifient le sens » ou « Laisse-moi parler librement et fais les corrections à la fin. » J'espère que cela permettra de garder une conversation naturelle. Une fois que je serai plus à l'aise dans l'échange, je prévois d'aborder des sujets émotionnels et philosophiques ainsi que des thèmes qui me passionnent comme le vieillissement, les rêves, la peur, le sens d’existence, la vie en montagne, les leçons apprises au fil des années et une réflexion sur le temps qui passe bien trop vite. 

Si j'y parviens, je pourrai mesurer mes progrès en privilégiant le confort à la perfection. Pour cela, je ferai ma propre évaluation en me posant les questions suivantes : 

  • Est-ce que j'hésite moins, suis plus instinctif ? 
  • Est-ce que je pense davantage en espagnol ? 
  • Est-ce que je rebondis plus vite après une erreur ? 
  • Est-ce que je prends plus de plaisir à converser ? 

Tous ces éléments sont les véritables indicateurs d'une bonne maîtrise de la langue. Mais encore une fois, le plus grand défi dans l'apprentissage des langues reste la peur d'être jugé ou de paraître ridicule. Je devrais donc me souvenir qu’à tout moment, je parle avec un vulgaire robot dont la voix et la façon de parler sont identiques à celles d'un humain... Pas facile même si cela paraît simple. 

Souhaitez-moi bonne chance !

mardi, juillet 21, 2026

Apprendre une langue avec l'IA (Première partie)

Après avoir appris l'espagnol avec Duolingo il y a deux ans, je pense avoir acquis suffisamment de connaissances pour aborder la conversation — aspect pour lequel cette méthode d'apprentissage très répandue semble peu adaptée.

Je poursuis désormais mon parcours en m'appuyant sur l'IA. Il me faut maintenant pratiquer la conversation, et je pense devoir adapter mon approche pour tirer le meilleur parti de cette nouvelle technologie. Ayant déjà appris plusieurs autres langues, je sais que j'aborde la conversation, l'étape la plus cruciale. 

Après avoir recherché ce qui se trouvait sur le marché, j'ai opté pour TalkPal, car cette application me semblait constituer le meilleur trait d'union entre un apprentissage structuré (comme celui de Duolingo) et une rampe de lancement dans la pratique de la langue. L'enjeu, pour moi, est désormais d'utiliser cet outil de manière à forcer mon cerveau à penser instinctivement en espagnol, plutôt que de juste « traduire ».

TalkPal n’est pas un quiz, mais davantage un professeur (robotique, c’est vrai !). Ce n’est plus le moment de lui demander des listes de vocabulaire ou des explications grammaticales, car je suis censé les connaître déjà grâce à Duolingo. Je dois donc utiliser ce nouvel outil comme un partenaire de conversation. Je dois lui raconter des histoires, décrire ma journée, défendre un point de vue, demander des avis, exprimer des émotions, faire des erreurs et continuer quoi qu’il arrive ; l’objectif est la fluidité, pas la perfection. 

Bien sûr, j’ai appris depuis longtemps que l’apprentissage d’une langue nécessite une immersion totale ; je n’utilise donc ni l’anglais ni le français, sauf en cas de nécessité absolue. Partant de ce principe, si je ne connais pas un mot, j’en utilise plusieurs pour en exprimer le sens et le décrire en espagnol : 

« Es como… » (C’est comme…) 

« Es una cosa que… » (C’est une chose qui…) 

« Sirve para… » (Ça sert à…) 

« Parece… » (Ça ressemble à…) 

C’est un savoir-faire puissant pour gagner en aisance, et je me l’approprie ! Lorsque j’apprenais l’anglais, quelques verres d’alcool m’ont toujours beaucoup aidé, car j’étais timide et j’avais peur de passer pour un idiot. Je n’espère pas à en arriver là ! 

J’utilise TalkPal pour simuler des situations réelles en créant des scénarios qui me tiennent à cœur : réserver un hôtel à Madrid, demander de l’aide lors d’une randonnée en Espagne, discuter d’architecture ou du climat de montagne, évoquer les hivers grandioses de Park City ou simplement planifier un voyage avec ma femme. Je pourrais aussi m’en servir pour expliquer ma philosophie sur le vieillissement et les rêves (en espagnol !). 

Dans le prochain article, nous verrons comment je peux affiner mon apprentissage à mon avantage...

lundi, juillet 20, 2026

Quand vieillir épuise temps et rêves (Deuxième partie)

Pour continuer notre discussion entre ambition et curiosité, permettez-moi d'ajouter que lorsque les rêves rétrécissent en taille, ils gagnent en intensité. La curiosité est l'antidote à la peur du temps limité, car elle n’est pas dans le futur, mais juste au présent. Il arrive un moment où il faut arrêter de trouver une justification pour nos rêves. 

En vieillissant, nous voulons que nos rêves soient pratiques, porteurs de sens, efficaces et qu'ils justifient le temps et l'énergie investis. Bien souvent, les rêves ne survivent pas à l'interrogatoire, ils ont simplement besoin qu'on leur donne la permission d'exister. C’est vrai que les rêves n'ont pas besoin de garanties, mais d'oxygène. Et cet oxygène provient de la liberté que nous nous accordons de ne pas exiger de retour sur notre investissement.

Nous devons également considérer notre mortalité comme une lentille qui focalise notre attention, et non comme une menace. C'est peut-être contre-intuitif, mais très puissant. Quand le temps semble infini, les rêves se dispersent ; lorsqu'il semble limité, ils se précisent. Ajoutons que la conscience du temps limité peut soit étouffer les rêves, soit les distiller pour en extraire l'essence. 

Tout l'art consiste à laisser la mortalité clarifier ce qui compte vraiment, plutôt que de la laisser nous intimider. N'oublions pas non plus que le principal obstacle de rêver tard dans la vie est la conviction que les rêves doivent être grandioses. Pourtant, l'esprit s'épanouit quand le rêve est réalisable, immédiat, adapté à notre temporalité et porteur d'une résonance émotionnelle. 

Un rêve qui commence aujourd'hui est un rêve qui perdure. Vieillir est sans conteste une épreuve délicate, car le temps prend soudain l'allure d'un couloir étroit plutôt que celle d'une vaste plaine ouverte. Lorsque nous sentons que l'avenir est limité ou incertain, nos rêves deviennent timides : ils hésitent, se cachent ou ne voient jamais le jour. 

Pourtant, les rêves ne disparaissent pas parce que nous vieillissons ; ils s'évanouissent quand nous commençons à exiger des garanties. Nous leur demandons de se justifier, de prouver qu'ils valent le temps, l'énergie et les risques qu'ils impliquent. Et sous cette pression, ils se rétractent. Rappelons-nous donc que la voie à suivre consiste à alléger notre manière de rêver. À passer d'ambitions à vie à des ambitions plus courtes. À remplacer l'ambition par la curiosité. 

À laisser la mortalité aiguiser notre regard plutôt que d'étouffer notre imagination. Les rêves s'épanouissent quand ils sont assez modestes pour commencer aujourd'hui, assez doux pour ne pas nous intimider et assez porteurs de sens pour stimuler nos ressources. Le temps est peut-être limité, mais l’imagination ne l’est pas ; l’esprit demeure fertile tant qu’on lui permet de vagabonder, d’explorer et de jouer.

dimanche, juillet 19, 2026

Quand vieillir épuise temps et rêves (Première partie)

Vieillir n’est pas pour les mauviettes, car nous devenons vite obsédés que le temps qui nous reste est autant limité qu’incertain. Il est donc évident quand nous nous sentons ainsi à l'étroit, le moindre rêve qui pourrait naître en nous a peu de chance et va s’envoler précipitamment ou ne prendra jamais racine en notre esprit... 

Ceci amène la question suivante : comment ces rêves pourraient-ils encore surgir et s'épanouir malgré ces contraintes temporelles que nous leur imposons ? Cette interrogation se situe au carrefour de la psychologie, de la philosophie et de l'essence même du vieillissement. Quand le temps semble compté, notre esprit s’arme de prudence.

Les rêves ne meurent pas parce que nous vieillissons ; ils meurent parce que notre esprit se transforme en comptable qui déteste le risque, calculant sans cesse si « cela en vaut la peine » au lieu de se dire « essayons » ou « et si on faisait ceci ou cela ... ? ». Par exemple : « Dois-je vraiment acheter un forfait de ski pour la saison ? Rien ne garantit absolument que je passerai l'hiver, pas vrai ? » Cette pensée traduit bien la réalité émotionnelle de ce changement. 

Ce que nous pouvons ajouter pour appuyer notre réflexion, c'est une explication qui permettra de définir un moyen par lequel les rêves peuvent émerger et se développer, même sous la pression d'un temps qui devient limité. Je suis convaincu de la réalité du repli psychologique lié au vieillissement : ce sentiment d'être à l'étroit est bien réel. 

Il y a aussi le fait que sous la contrainte d’un temps limité, les rêves sont fragilisés et encore mis davantage à l’épreuve entre le besoin de se développer et de la peur de l'horloge qui n’arrête pas de tourner. Une solution à ce dilemme est de passer de « rêves d'une vie » à des « rêves saisonniers ». Quand nous sommes jeunes, nos rêves s'inscrivent dans de vastes trajectoires ; en vieillissant, ils doivent se réduire pour s'adapter à notre horizon temporel et pouvoir ainsi s'épanouir. Ils se transforment en inspirations plus modestes, plus précises et plus immédiates. 

Tous les rêves n’ont pas besoin de vingt ans pour se réaliser. Ils peuvent se matérialiser en six mois, en juste trois semaines ou en une simple expérience d'un seul jour. Il nous faut juste une échelle adaptée au laps de temps disponible ! L’autre façon d’y arriver et de remplacer l'ambition par la curiosité. L'ambition est lourde et compliquée, tandis que la curiosité est bien plus légère et agile. 

Si l'ambition demande : « Va-t-on pouvoir y parvenir ? » La curiosité demande : « Que va-t-il se passer si j'essaie ? » Nous poursuivrons cette discussion demain et explorerons ce subtil glissement de l'ambition vers la curiosité ; alors, si vous êtes curieux, revenez nous voir !

samedi, juillet 18, 2026

Détail de conception solaire passive

Depuis que je suis venu m’installer à Park City, j’ai toujours accordé une importance capitale au choix d’un terrain bénéficiant d’une exposition plein sud. 

Après avoir passé un quart de siècle dans un lieu ombragé, en Haute-Savoie — où la maison de mes parents ne recevait que quelques heures de soleil par jour en hiver —, j’ai appris par expérience à quel point la lumière du soleil en montagne influence profondément tant le confort que le moral. 

Bien entendu, l’orientation du terrain ne constitue que la moitié de l’équation ; l’architecture doit faire le reste. À une altitude de 2 100 mètres, le rayonnement solaire est plus intense, les hivers plus rigoureux et le ciel plus limpide ; la géométrie solaire s’impose donc comme l’un des outils de conception les plus efficaces, bien que souvent négligés. 

J’ai toujours été surpris du peu d’attention que de nombreux architectes locaux portaient aux principes du solaire passif. Lorsque nous avons construit notre maison en 2013, j’ai exigé de grands avant-toits sur la façade sud — 2,13 mètres dans ce cas — afin de bloquer le soleil haut en été tout en laissant pénétrer le ses rayons plus bas en hiver. 

À 40° de latitude, la hauteur du soleil varie de près de 47° selon les saisons ; un avant-toit bien conçu permet donc de réduire considérablement les apports de chaleur en ete tout en offrant un appoint de chauffage gratuit en hiver. La photo ci-dessous a été prise le 7 juillet, peu après le solstice d’été, à 11 heures ; elle illustre parfaitement l’efficacité de ces avancées de toiture : une ombre totale en été et un ensoleillement maximal en hiver.

Le solaire passif n’a rien de complexe : c’est tout simplement de la bonne architecture de montagne.

vendredi, juillet 17, 2026

Roland Collombin, 1951-2026

 

Roland Collombin était un skieur alpin suisse hors du commun, double vainqueur du classement général de la descente et médaillé d'argent aux J.O. de Sapporo en 1972. Il s'est éteint le 10 juillet 2026, à l'âge de 75 ans, après une lutte de deux ans contre le cancer. Téméraire et audacieux, Collombin a dominé la discipline de la descente lors de la saison 1973-1974 avant de se blesser gravement à la colonne, ce qui mit fin prématurément à sa carrière, alors qu'il n'avait que 24 ans. Il a remporté deux Globes de cristal consécutifs en descente, en 1973 et 1974. 

Domptant la Streif, il a gagné à deux reprises la descente du Hahnenkamm à Kitzbühel — une course réputée extrêmement dangereuse — en 1973 et 1974, établissant un record de piste lors de sa seconde victoire. Le style de course de Collombin, fondé sur la prise de risque maximale, a conduit à sa relation tragique avec la piste Oreiller-Killy à Val-d'Isère. 

En décembre 1974, il se blessait gravement à la colonne vertébrale en chutant à l'entraînement, ce qui l’empêchait de skier pour le reste de la saison. En décembre 1975, en effectuant son retour en compétition, il chutait au même endroit précis, se fracturant deux vertèbres et se retrouvant temporairement paralysé. Ce saut allait être surnommé « la bosse à Collombin ». 

Par un curieux hasard, j'étais moniteur de ski et travaillait comme bénévole le 12 janvier 1974 sur la piste de descente Jean-Vuarnet à Avoriaz, et le décès de Collombin a fait remonter des souvenirs marquants. La veille de la course, je m'étais retrouvé au bar-discothèque « Chez Caroline » à Morzine avec mon ami Jean-Pierre Chatellard, entraîneur de l'équipe de France, et Scott Henderson, entraîneur des descendeurs canadiens qui allaient bientôt devenir les « Crazy Canucks ». 

À cette époque, bien que j’adorais faire le métier de moniteur de ski, je cherchais désespérément un emploi à l'année ; je n'avais aucune envie particulière d'ouvrir une boutique de souvenirs ou un restaurant aux Lindarets pour y passer le reste de ma vie. 

À nous trois, nous avons englouti une bouteille de whisky tout en discutant et en évoquant nos souvenirs, Chatellard — que je n'avais pas revu depuis 1972 en Australie — m'avait alors donné quelques bons tuyaux pour travailler dans l'industrie du ski. Je les ai suivis à la lettre, ce qui m'a permis de mettre le pied dans ce milieu. 

Le lendemain, alors qu’il fallait lisser à ski une piste toute gratonnée et gelée pendant la nuit, je subissais les effets de la pire gueule de bois de ma vie, mais j'ai tenu le coup... et Roland Collombin a remporté la course !