Aujourd'hui, nous allons examiner les résultats financiers des Jeux olympiques (principalement d'été). Nous commencerons par les Jeux olympiques de Los Angeles en 1984, un exemple de réussite frappant. Organisés sans fonds publics, ils allaient dégager un excédent de plus de 200 millions de dollars. Sans surprise, ils sont devenus le modèle d'organisation de Jeux à budget serré et financés par le secteur privé.
Bien évidemment, cet exemple n'a pas été trop bien suivi. D'autres Jeux ont parfois atteint l'équilibre budgétaire ou s'en sont approchés, mais 1984 reste les seuls J.O. incontestablement rentables. Il y a donc eu de nombreux échecs. La plupart des Jeux depuis les années 1960 ont accusé des déficits considérables. Voici quelques exemples notoires, à commencer par Montréal 1976, dont le budget avait tellement explosé que la ville a mis 30 ans à rembourser sa dette.
Cela aurait dû servir d'avertissement aux futurs hôtes, mais Athènes est également tombée dans le même piège, avec des dépassements de budget de plusieurs milliards et de nombreux sites abandonnés par la suite. Dans le cas de la Grèce, ces dépassements de coûts ont été le coup de grâce, aggravant les difficultés financières du pays.Au Brésil, les Jeux de Rio 2016 ont également connu d'importants dépassements de coûts, de nombreux sites étant tombés en désuétude quelques mois après la fin des Jeux et les retombées économiques à long terme ne s’étant pas concrétisées. Même les Jeux japonais de Tokyo 2020 (organisés en 2021), pourtant préparés avec soin, ont vu leurs coûts exploser en raison des retards liés à la COVID-19, sans parler de l'annulation des retombées touristiques attendues suite à l'interdiction d'accès au public.
Concernant Paris 2024, les résultats sont encore en cours d'évaluation, mais les premières analyses montrent que l'organisation des Jeux a été « loin d'être bon marché », avec des coûts avoisinant les 8,7 milliards de dollars. Ce bilan plutôt négatif explique pourquoi de moins en moins de villes souhaitent se porter candidates pour les Jeux olympiques.
Les dépassements de coûts massifs en sont la principale raison, les Jeux olympiques dépassant systématiquement leurs budgets de manière significative. Par conséquent, les villes savent qu'elles prennent un risque financier considérable avec peu de chances de profit. Il y a ensuite la dette à long terme et les coûts d'entretien des infrastructures. Après les Jeux, les villes doivent entretenir les stades, les arènes, les réseaux de transport, les villages des athlètes et les infrastructures spéciales comme les pistes de bobsleigh, qui deviennent souvent des gouffres financiers.
On observe également une résistance publique croissante, les habitants votant de plus en plus contre l'organisation des Jeux lors des référendums, car ils ne souhaitent pas de hausse d'impôts, de déplacements de population, de perturbations liées aux travaux et d'endettement à long terme. La population du Colorado, qui avait rejeté en masse les Jeux olympiques d'hiver de 1976 à Denver, en est un bon exemple.
Enfin, le CIO s'est forgé une très mauvaise réputation en raison de ses exigences élevées concernant de nouveaux sites coûteux, du respect onéreux des nouvelles spécifications, de règles strictes en matière de marque, d’une sécurité omniprésente, de sa faible contribution financière et sa fâcheuse habitude de s'accaparer la majeure partie des recettes. Nous allons maintenant nous intéresser à certains des sites olympiques d'hiver les plus réussis de l'histoire récente et analyser leurs performances respectives...






