lundi, mars 16, 2026

Mon patron préféré …

Ma femme me demande souvent : « Au fil des années et des différents emplois que tu as occupés, quel a été ton patron préféré ?» Je réponds : « Question difficile ! Je ne sais pas vraiment… » Ce qui signifie en réalité qu’à mon goût, aucun n’était vraiment mauvais, mais que je n’avais pas appris grand-chose à leur contact. 

Comme vous le savez, le mentorat et le développement personnel sont devenus aujourd’hui des éléments essentiels pour tout employé, et je dois admettre qu’aucun de mes anciens patrons n’excellait dans ce domaine. En fait, ils n’auraient même pas su comment s’y prendre. Ils semblaient avoir embauché des personnes possédant une certaine expertise et se contentaient d’en extraire un maximum de productivité sans se soucier de les aider à se développer ou de les guider efficacement afin d’atteindre les objectifs critiques de l’entreprise.

Cela reflétait assez bien mon ressenti sur le sujet et ma réponse peu convaincante à la question de ma femme. Au fond de moi, je savais qu’il existait une réponse plus évidente, mais je n’arrivais pas à la trouver ni à l’exprimer. 

C’était jusqu’à quelques jours en arrière quand la réponse est venue me frapper de plein fouet. J'ai réalisé que, tout au long de ma carrière, mon meilleur patron, c'était moi. 

Ça peut paraître prétentieux, mais laissez-moi vous expliquer. Cela se passait dans les années 80 et 90, alors que je dirigeais ma propre entreprise de distribution de matériel de ski, et dans une moindre mesure quand j'étais moniteur de ski à Avoriaz, j'étais alors ravi et épanoui d'être mon propre patron. 

À cette époque, j'étais aux commandes, je maîtrisais pleinement mon destin et j'étais bien moins déçu de moi-même que je ne l'ai été avec tous mes autres patrons, lors des nombreuses occasions où j'ai dû changer de poste. À mon compte, je définissais mes objectifs, les affinais et les modifiais au besoin, et j'évoluais en m'adaptant aux circonstances et au terrain. 

Au besoin, je devenais aussi mon propre coach tout en perfectionnant cette compétence si particulière. J'étais épanoui, heureux et maître de ma situation et de mon destin. Rien à voir avec la relation de dépendance que j'avais avec un patron qui ne répondait jamais à mes attentes. Quelle différence !

dimanche, mars 15, 2026

Trump et l'idée de « changement de régime » …

Depuis le début de la guerre en Iran, Trump n'a cessé de tergiverser quant aux nombreuses raisons qui l'ont poussé à s'allier à Bibi Netanyahu pour infliger des souffrances au régime iranien et à son peuple. 

Après nous avoir donné une multitude de raisons, notre président et son administration ont fini par évoquer la nécessité d'un « changement de régime », une entreprise pour le moins ambitieuse quand on sait à quel point les mollahs sont profondément enracinés dans la gouvernance du pays.


En réalité, Trump et son équipe auraient dû mieux préparer le terrain, mais il faut reconnaître qu'ils n'avaient aucune idée de ce qui les attendait ou ne voulait pas regarder les conséquences en face. C'est généralement ce qui arrive quand on est à la fois paresseux, impatient, menteur et hypocrite. 

Nous y voilà donc : nous attendons avec impatience ce changement de régime, une entreprise toujours périlleuse et incertaine. La seule question légitime qui reste est de savoir où ce changement se produira en premier, en Iran ou aux États-Unis ?

samedi, mars 14, 2026

Faut-il blâmer le symptôme ou la cause ? (Troisième partie)

Avec une population mondiale actuelle de plus de 8,3 milliards d’habitants, qui devrait atteindre 9,8 milliards en 2050, puis culminer entre 10,3 et 11,2 milliards entre 2080 et 2100, son taux de croissance devra diminuer progressivement pour atteindre ces chiffres, en raison de la baisse quasi généralisée des taux de fécondité à l’échelle mondiale. 

De nombreux pays s’inquiètent désormais de la diminution de la population active, du vieillissement de la population et du ralentissement économique, ce qui laisse penser que le défi environnemental futur ne sera pas uniquement lié à la surpopulation, mais aussi aux choix de vie de la population actuelle, en fonction de son « progrès » matériel. L’intelligence artificielle viendra-t-elle à la rescousse et remplacera-t-elle cette main-d’œuvre en voie de disparition ? Nous savons tous que la question de la population est complexe et porteuse d’un passé troublant. 

C’est d’ailleurs l’une des principales raisons pour lesquelles les institutions, comme les gouvernements et les ONG, évitent d’aborder ouvertement ce sujet tabou. L'argument de la surpopulation a historiquement servi à justifier des politiques racistes, la stérilisation forcée et des discours anti-immigration ciblant des régions ou des groupes ethniques spécifiques. De ce fait, scientifiques et décideurs politiques, à l'exception notable de Trump et de ses partisans, font preuve d'une extrême prudence. 

Ils privilégient une approche systémique plutôt qu'individuelle et affirment que même si la population mondiale diminuait soudainement de deux milliards d'habitants tout en continuant à brûler des énergies fossiles, à déforester massivement, à pratiquer la surpêche et à recourir à l'agriculture industrielle, la planète serait toujours en danger. Or, force est de constater qu'au-delà des déclarations bien intentionnées et des promesses générales, très peu de mesures concrètes ont été prises dans ce sens, car nous semblons cruellement incapables d'atteindre nos objectifs à court terme. 

Bien sûr, si l'humanité s'engageait réellement à transformer ses systèmes énergétiques, l'utilisation des terres et ses modes de consommation – même avec la population actuelle –, la planète pourrait se rétablir avec une intensité proportionnelle aux sacrifices que personne n'est prêt à consentir. Sans exception, les sacrifices sont douloureux et difficiles à faire, surtout dans notre société confortable et protégée. 

Il nous faut un accident, une catastrophe, pour être contraints de modifier ou d'accepter les restrictions gouvernementales qui nous paraissent injustes, comme ce fut le cas lors de la pandémie de Covid-19. Cela explique pourquoi l'attention se porte sur les « symptômes », car ils sont en réalité les mécanismes des dommages environnementaux. 

Face à un monde développé « confortable » qui refuse de renoncer au moindre confort, les efforts de réparation proposés sont vains et je reste convaincu qu'il nous faudra un cataclysme pour réaliser que nous avons peut-être irrémédiablement endommagé notre planète.

vendredi, mars 13, 2026

Faut-il blâmer le symptôme ou la cause ? (Deuxième partie)

Les démographes prévoient un pic de la population mondiale autour de 2050-2100, et les taux de croissance sont déjà en baisse dans la plupart des régions. Selon les Nations Unies, la population mondiale devrait atteindre 9,8 milliards d’habitants en 2050, puis monter entre 10,3 et 11,2 milliards entre 2080 et 2100, en fonction de la fécondité. 

Cela pourrait indiquer que la trajectoire environnementale future dépendra davantage des modes de vie que du nombre d’habitants, et que les transitions énergétiques, la gestion des terres et les modes de consommation devraient primer sur les chiffres bruts de la population. Mais sera-ce vraiment le cas ? Cela demanderait de se défaire de la dépendance aux énergies fossiles, de l’agriculture industrielle, de la déforestation, de l’étalement urbain et des systèmes de production gaspilleurs, autant de causes majeures du réchauffement climatique et de la perte de biodiversité. À mon avis, la question reste entière. 

Il est évident que la croissance démographique exerce une pression sur l’utilisation des terres, la demande en eau et les habitats naturels. À l'heure actuelle, il est assez facile de croire qu'un milliard de personnes supplémentaires à faible consommation ont un impact bien moindre que quelques millions de personnes à forte consommation. Mais qui peut garantir qu'avec le temps, l'empreinte carbone par habitant des populations pauvres ne rattrapera pas celle des populations défavorisées à mesure que leur situation économique s'améliorera ?

La société est extrêmement dynamique et, avec une circulation de l'information sans précédent, le « mauvais exemple » de consommation effrénée que nous donnons n'incite pas les plus pauvres à continuer de se priver. Si la population est un facteur multiplicateur, il me semble difficile d'imputer la majeure partie du fardeau aux seuls symptômes. Ceux-ci sont considérés comme les « facteurs déterminants » : nos systèmes énergétiques basés sur les énergies fossiles, notre agriculture industrielle, la déforestation, l'exploitation minière et l'extraction des ressources, nos modes de consommation et nos systèmes de gestion des déchets. 

Tous sont perçus comme les solutions les plus faciles à mettre en œuvre. Si une population croissante amplifie ces facteurs, mais ne les crée pas, il n’est pas réaliste de croire qu'elle ne peut pas les amplifier. Si l'on supprimait les facteurs de dégradation de l'environnement tout en maintenant la population au même niveau, l'impact environnemental diminuerait considérablement. Or, ce n'est pas le cas, quand on voit que l'administration Trump ne veut plus corriger ces facteurs et que l'Union européenne a d’autres chats à fouetter avec la menace Russe. 

Nous savons également que la plus grande part des dommages environnementaux provient d'une petite fraction de la population des pays les plus riches de la planète. Par exemple, les 10 % des consommateurs les plus aisés au monde sont responsables de près de la moitié des émissions totales, tandis que les 50 % les plus pauvres en produisent moins de 10 %. Les pays dont la population est en déclin (Japon, Italie, Allemagne) ont une empreinte environnementale très élevée, et inversement, les pays à forte croissance démographique (dont l’Afrique) ont une empreinte très faible. 

Pourtant, si le développement économique leur en donnait l'occasion, ces mêmes pays imiteraient leurs « modèles » plus riches ! Dans le prochain article, nous verrons comment un ralentissement de la croissance démographique mondiale pourrait contribuer à résoudre ce problème. Restez connectés !

jeudi, mars 12, 2026

Faut-il blâmer le symptôme ou la cause ? (Première partie)

Je me suis toujours demandé pourquoi la pollution planétaire, le réchauffement climatique et la destruction de la biodiversité ne sont jamais imputés à la surpopulation, mais plutôt à des éléments résultant de facteurs spécifiques liés à la présence humaine sur Terre. J’ai toujours eu l’impression que l’on traitait les symptômes plutôt que la cause. 

Pourtant, nombreux sont ceux qui ne partagent pas mon avis et affirment que j’ai négligé une nuance essentielle : en sciences de l’environnement, la population n’est pas la « cause première » au sens simpliste du terme, même si elle constitue un élément important de l’équation. 

Selon eux, les véritables causes sont plus complexes. 

La surpopulation a beau être un sujet de débat scientifique, elle est rarement présentée comme le « principal coupable », car les recherches montrent que les facteurs de dégradation planétaire ne sont pas liées au nombre d’individus en soi, mais aux modes de consommation, d’émissions et d’utilisation des terres, qui sont inégaux et fortement concentrés. Ais-je mentionné que sans croissance de population, celles de l’économie et des religions le seraient aussi ? 

L'argument contraire à mes convictions est que les impacts environnementaux les plus importants proviennent de la consommation, et non de la taille de la population. En effet, un faible pourcentage de la population mondiale produit la majorité des émissions et des déchets, et les pays riches dont la population est stable ou en déclin présentent l'empreinte environnementale par habitant la plus élevée. 

À l'inverse, les populations plus pauvres et à croissance rapide contribuent bien moins au changement climatique. C'est pourquoi les experts affirment que les modes de consommation, les systèmes énergétiques et les pratiques industrielles sont les principaux facteurs du réchauffement climatique et de la perte de biodiversité, et non la seule taille de la population. 

Certes, les écologistes les plus radicaux prétendent que la culpabilisation de la population a souvent été liée à des discours racistes ou xénophobes, à des politiques ciblant des régions ou des groupes spécifiques, et à des tentatives de déresponsabiliser les sociétés de forte consommation. Cela semble séduisant, mais à mon sens, c'est une obsession à vouloir régler ce qui paraît facile et intraçable (les symptômes) en négligeant l'essentiel (la cause). 

Dans un prochain article, j'essaierai d'approfondir ces arguments et de voir honnêtement si la position que je défends depuis longtemps est justifiée.

mercredi, mars 11, 2026

Faire de belles choses avec presque rien …

Cette saison bien maigre en matière de neige m'aura rappelé une précieuse leçon : on peut toujours s'amuser énormément avec des ressources limitées. La quantité n'a en réalité pas grand chose à voir avec la qualité. Tout est une question de perspective : il faut savoir mettre en valeur le positif, le potentiel, et améliorer ce qui paraît mauvais au premier abord. En bref, un changement radical de point de vue ! 

Il y a quelques jours, je skiais sur ce qui a toujours été, et reste encore aujourd'hui, ma piste préférée aux alentours de Park City : « Thaynes ». Elle est desservie par un vieux télésiège à pinces fixes Yan de 1975 qui vous emmène 267 mètres plus haut en un peu plus de 6 minutes. 

Un terrain idéal pour y tracer un slalom de compétition. 

La photo ne rend pas justice à la difficulté et à la haute technicité de cette piste. J'ai souvent écrit à propos de cet endroit et je l'aime toujours autant, malgré son télésiège qui a largement dépassé l’âge de la retraite ! 

mardi, mars 10, 2026

Qualité des prévisions météo à long-terme (Deuxième partie)

Outre les fluctuations d'El Niño et de La Niña, on a également observé des blocages atmosphériques et une instabilité du courant-jet. 

À l'automne 2025, le courant-jet ne s'est pas mis en place selon le schéma classique de La Niña. Au lieu de diriger les tempêtes du Pacifique vers le nord-ouest américain et le nord des Rocheuses, il s'est fréquemment scindé ou a stagné. 

De ce fait, les tempêtes ont complètement manqué l'ouest, tandis que des crêtes chaudes et sèches se formaient au-dessus du Grand Bassin et des Rocheuses. 

De plus, la neige est arrivée plus tard et dans des régions différentes de celles prévues. Selon les spécialistes, ces blocages sont notoirement difficiles à prévoir plus de deux à trois semaines à l'avance. 

Ces mêmes experts affirment également que les effets du relief local amplifient les erreurs de prévision. Par exemple, les régions montagneuses comme les Wasatch (ici, en Utah), la Sierra (Californie) et les Cascades (Colombie-Britannique, Oregon et Washington) dépendent de trajectoires de tempêtes très spécifiques. Un décalage de seulement 150 kilomètres dans la trajectoire d'une tempête peut entraîner d'importantes chutes de neige dans une zone et rien dans une autre. 

Une fois de plus, les modèles saisonniers ne permettent pas de résoudre ces variations à fine échelle. Faut-il préciser que les prévisions de l'Almanach des fermiers reposent sur des méthodes non scientifiques et ne valent pas le papier sur lequel elles sont imprimées ? Contrairement à la NOAA, l'Almanach des fermiers n'utilise pas de modèles climatiques basés sur la physique. 

Ses prévisions à long terme sont basées sur des formules secrètes, des tendances historiques et, probablement, des idées reçues, qui ne tiennent certainement pas compte des brusques variations d'ENSO, du comportement des courants-jet, du couplage océan-atmosphère et des phénomènes climatiques extrêmes. Les prévisions d’enneigement seront toujours entachées d'une grande incertitude, en particulier dans l'Ouest où les montagnes créent des microclimats. 

Les cartes probabilistes de la NOAA (comme les outils de probabilité de chutes de neige auxquels je fais référence) bien qu’un peu plus fiables que l'Almanach des fermiers, ne peuvent toujours pas garantir les résultats à plusieurs mois d'avance. Les prévisions à court terme (1 à 2 semaines) restent bien plus précises pour les chutes de neige que ces prévisions saisonnières. 

Par conséquent, mieux vaut ne pas se fier aux prévisions à long terme, utiliser notre propre imagination, ou demander à son chien si nous en avons un sous la main !