jeudi, mars 12, 2026

Faut-il blâmer le symptôme ou la cause ? (Première partie)

Je me suis toujours demandé pourquoi la pollution planétaire, le réchauffement climatique et la destruction de la biodiversité ne sont jamais imputés à la surpopulation, mais plutôt à des éléments résultant de facteurs spécifiques liés à la présence humaine sur Terre. J’ai toujours eu l’impression que l’on traitait les symptômes plutôt que la cause. 

Pourtant, nombreux sont ceux qui ne partagent pas mon avis et affirment que j’ai négligé une nuance essentielle : en sciences de l’environnement, la population n’est pas la « cause première » au sens simpliste du terme, même si elle constitue un élément important de l’équation. 

Selon eux, les véritables causes sont plus complexes. 

La surpopulation a beau être un sujet de débat scientifique, elle est rarement présentée comme le « principal coupable », car les recherches montrent que les facteurs de dégradation planétaire ne sont pas liées au nombre d’individus en soi, mais aux modes de consommation, d’émissions et d’utilisation des terres, qui sont inégaux et fortement concentrés. Ais-je mentionné que sans croissance de population, celles de l’économie et des religions le seraient aussi ? 

L'argument contraire à mes convictions est que les impacts environnementaux les plus importants proviennent de la consommation, et non de la taille de la population. En effet, un faible pourcentage de la population mondiale produit la majorité des émissions et des déchets, et les pays riches dont la population est stable ou en déclin présentent l'empreinte environnementale par habitant la plus élevée. 

À l'inverse, les populations plus pauvres et à croissance rapide contribuent bien moins au changement climatique. C'est pourquoi les experts affirment que les modes de consommation, les systèmes énergétiques et les pratiques industrielles sont les principaux facteurs du réchauffement climatique et de la perte de biodiversité, et non la seule taille de la population. 

Certes, les écologistes les plus radicaux prétendent que la culpabilisation de la population a souvent été liée à des discours racistes ou xénophobes, à des politiques ciblant des régions ou des groupes spécifiques, et à des tentatives de déresponsabiliser les sociétés de forte consommation. Cela semble séduisant, mais à mon sens, c'est une obsession à vouloir régler ce qui paraît facile et intraçable (les symptômes) en négligeant l'essentiel (la cause). 

Dans un prochain article, j'essaierai d'approfondir ces arguments et de voir honnêtement si la position que je défends depuis longtemps est justifiée.

mercredi, mars 11, 2026

Faire de belles choses avec presque rien …

Cette saison bien maigre en matière de neige m'aura rappelé une précieuse leçon : on peut toujours s'amuser énormément avec des ressources limitées. La quantité n'a en réalité pas grand chose à voir avec la qualité. Tout est une question de perspective : il faut savoir mettre en valeur le positif, le potentiel, et améliorer ce qui paraît mauvais au premier abord. En bref, un changement radical de point de vue ! 

Il y a quelques jours, je skiais sur ce qui a toujours été, et reste encore aujourd'hui, ma piste préférée aux alentours de Park City : « Thaynes ». Elle est desservie par un vieux télésiège à pinces fixes Yan de 1975 qui vous emmène 267 mètres plus haut en un peu plus de 6 minutes. 

Un terrain idéal pour y tracer un slalom de compétition. 

La photo ne rend pas justice à la difficulté et à la haute technicité de cette piste. J'ai souvent écrit à propos de cet endroit et je l'aime toujours autant, malgré son télésiège qui a largement dépassé l’âge de la retraite ! 

mardi, mars 10, 2026

Qualité des prévisions météo à long-terme (Deuxième partie)

Outre les fluctuations d'El Niño et de La Niña, on a également observé des blocages atmosphériques et une instabilité du courant-jet. 

À l'automne 2025, le courant-jet ne s'est pas mis en place selon le schéma classique de La Niña. Au lieu de diriger les tempêtes du Pacifique vers le nord-ouest américain et le nord des Rocheuses, il s'est fréquemment scindé ou a stagné. 

De ce fait, les tempêtes ont complètement manqué l'ouest, tandis que des crêtes chaudes et sèches se formaient au-dessus du Grand Bassin et des Rocheuses. 

De plus, la neige est arrivée plus tard et dans des régions différentes de celles prévues. Selon les spécialistes, ces blocages sont notoirement difficiles à prévoir plus de deux à trois semaines à l'avance. 

Ces mêmes experts affirment également que les effets du relief local amplifient les erreurs de prévision. Par exemple, les régions montagneuses comme les Wasatch (ici, en Utah), la Sierra (Californie) et les Cascades (Colombie-Britannique, Oregon et Washington) dépendent de trajectoires de tempêtes très spécifiques. Un décalage de seulement 150 kilomètres dans la trajectoire d'une tempête peut entraîner d'importantes chutes de neige dans une zone et rien dans une autre. 

Une fois de plus, les modèles saisonniers ne permettent pas de résoudre ces variations à fine échelle. Faut-il préciser que les prévisions de l'Almanach des fermiers reposent sur des méthodes non scientifiques et ne valent pas le papier sur lequel elles sont imprimées ? Contrairement à la NOAA, l'Almanach des fermiers n'utilise pas de modèles climatiques basés sur la physique. 

Ses prévisions à long terme sont basées sur des formules secrètes, des tendances historiques et, probablement, des idées reçues, qui ne tiennent certainement pas compte des brusques variations d'ENSO, du comportement des courants-jet, du couplage océan-atmosphère et des phénomènes climatiques extrêmes. Les prévisions d’enneigement seront toujours entachées d'une grande incertitude, en particulier dans l'Ouest où les montagnes créent des microclimats. 

Les cartes probabilistes de la NOAA (comme les outils de probabilité de chutes de neige auxquels je fais référence) bien qu’un peu plus fiables que l'Almanach des fermiers, ne peuvent toujours pas garantir les résultats à plusieurs mois d'avance. Les prévisions à court terme (1 à 2 semaines) restent bien plus précises pour les chutes de neige que ces prévisions saisonnières. 

Par conséquent, mieux vaut ne pas se fier aux prévisions à long terme, utiliser notre propre imagination, ou demander à son chien si nous en avons un sous la main !

lundi, mars 09, 2026

Qualité des prévisions météo à long-terme (Première partie)

Les prévisions de neige faites à l'automne 2025 pour l'ouest des États-Unis annonçaient des précipitations et des températures similaires à celles d'un hiver moyen dans l'Utah. En réalité, elles se sont avérées totalement erronées, voire opposées (pas de neige et températures très douces), car les signaux climatiques à grande échelle sur lesquels s'appuyaient la NOAA (l’agence météorologique américaine) et l'Almanach des fermiers ont complètement loupés le coche une fois la saison arrivée.

Bien que les sources mentionnées se soient concentrées sur des tendances hivernales généralisées, elles ont mis en évidence leur immense faiblesse qui est que les prévisions saisonnières sont probabilistes et fortement dépendantes des phénomènes ENSO (El Niño-Oscillation australe). Les cycles ENSO sont des variations climatiques naturelles et récurrentes, d'une durée de 2 à 7 ans, impliquant des changements de température dans l'océan Pacifique tropical et dans la circulation atmosphérique. 

Ces oscillations se composent de trois phases : El Niño (chaud), La Niña (froid) et une phase neutre. Toutes influencent le climat mondial, notamment les précipitations, les températures et l'activité cyclonique, particulièrement en hiver. Pour l'hiver 2025-2026, la NOAA anticipait une poursuite de La Niña, avec une transition vers une phase neutre début 2026. Or, l'intensité, le calendrier et les impacts régionaux de La Niña varient considérablement d'une année à l'autre. 

En 2025, le phénomène s'est affaibli plus tôt que prévu et a évolué de manière irrégulière, perturbant ainsi la trajectoire habituelle des tempêtes qui apportent les premières neiges de saison dans l'Ouest. Cela signifie que même en connaissant les grandes tendances climatiques, la répartition exacte des chutes de neige s'est avérée extrêmement difficile à prévoir plusieurs mois à l'avance. 

Nos scientifiques parlent peu du changement climatique et de la multiplication des rivières atmosphériques. C’est à croire que c’est mon imagination ! Il existe cependant d'autres raisons que nous aborderons demain …

dimanche, mars 08, 2026

Bon pied, bon œil …

Quand j’ai su qu’il était tombé vingt centimètres de neige pendant la nuit, je me suis dit « Sautons sur l’occasion pour aller faire quelques virages ! » Ne pouvant pas skier le matin, j’ai reporté ça à l’après-midi, persuadé qu’il resterait de la bonne poudreuse en altitude. 

Depuis le télésiège, tout semblait prometteur : traces croisées, certes, mais invitantes. Mais dès que mes skis ont touché la surface, ce fut tout autre chose. Ce qui ressemblait à de la poudreuse s’était transformé en véritable plâtre bien compact, du genre neige lourde qui s’agrippe aux skis et force à durement négocier chaque virage. 

J’ai quitté ce secteur et suis allé ailleurs, pour y retrouver le même genre de neige. Pourtant, quelque chose en moi a tourné ma déception en curiosité. Au lieu de lutter contre ces conditions défavorables, je les ai acceptées comme un problème à résoudre. Très vite, j’ai trouvé le moyen d’y prendre plaisir. Le défi s’est transformé en récompense.

C’est là que j’ai vraiment réalisé que toutes ces années passées à skier m’ont permis d’accumuler d’infinies sensations bien ancrées sous la plante de mes pieds – d’infimes variations de pression, d’angle de carres et d’équilibre, auxquels je ne pense pas consciemment, mais sur lesquelles je m’appuie constamment. 

Mes yeux, eux aussi, ont été entraînés par les milliers de descentes et de terrains variés qu’ils ont du décrypter en repérant opportunités et dangers bien avant qu’ils viennent à mon contact. Dans des conditions difficiles, ces deux systèmes – vue et sensations au niveau des pieds – se mettent à dialoguer. Mes pieds reconnaissent les échos de situations passées et proposent discrètement des solutions. 

Mes yeux scrutent l’horizon et choisissent la trajectoire qui offre les meilleures chances de réussite à ces solutions. Quand ces deux sens se mettent d’accord, même une neige épouvantable, le tout devient un jeu. La frustration se dissipe, remplacée par un sentiment d’adéquation, de présence et de fluidité. 

Et c’est là que je me suis souvenu, une fois de plus, qu’il n’existait pas de mauvais moment à ski, mais une myriade d'instants différents – chacun ajoutant une nouvelle dimension à la maîtrise du mouvement, aux souvenirs et à la joie qui me donnent envie d’y revenir.

samedi, mars 07, 2026

Démolisseurs professionnels !

Avec l'arrivée du printemps, nous avons tous des projets à entreprendre, que ce soit chez à la maison ou sur d'autres propriétés. Mais qui dit rénovation dit souvent démolition, et cette opération est parfois nécessaire. Pourtant, personne ne fait mieux que le duo « Bibi » et Donald pour tout casser.

Ils débarquent avec leurs plus gros engins et s'attaquent à tout ce qui est en travers de leur chemin sans se soucier des dégâts. De Gaza à Téhéran, on les voit détruire toutes les infrastructures et nous annoncer qu'ils remplaceront les ruines par un magnifique complexe hôtelier… 

Bien sûr, Bibi agit ainsi pour éviter de perdre son immunité politique et d'aller en prison, tandis que Donald le fait pour détourner l'attention d'Epstein, de sa chute de popularité et de nos problèmes de pouvoir d'achat. Par pure curiosité et pour ma propre sécurité, je me demande bien quel sera leur prochain chantier ?

vendredi, mars 06, 2026

Réflexions olympiques… (Cinquième partie)

Il est souvent surprenant de constater comment se prennent des décisions très importantes. La France a obtenu les Jeux olympiques d’hiver de 2030 en proposant au CIO un plan à faible risque, politiquement soutenu, géographiquement cohérent et axé sur l’héritage culturel, à travers les Alpes françaises. 

En réalité, après le retrait de la Suède, elle est devenue, le 29 novembre 2023, la seule candidate (alors qualifiée de « préférée ») du CIO. Face à une pénurie flagrante de candidats, le « nouveau système » du CIO privilégiait la stabilité, la faisabilité et les garanties politiques plutôt que la compétition. La délégation française était conduite par le président Emmanuel Macron, qui a personnellement exprimé l’engagement total de la France à organiser les Jeux. 

Le CIO a déclaré accorder une importance capitale aux garanties gouvernementales, notamment pour les Jeux d’hiver qui nécessitent des infrastructures complexes et une planification résiliente face au changement climatique. La France a rempli ces conditions dans les délais impartis par le CIO. 

Ce qui a convaincu le CIO d'accepter des Jeux répartis sur l'ensemble des Alpes françaises, c'est la volonté d'utiliser les sites existants et les domaines de sports d'hiver déjà établis, conformément à sa nouvelle stratégie, malgré son accent mis sur le développement durable face aux importants besoins en transport. Le CIO a également été séduit par l'idée que les Alpes françaises alliaient sites olympiques historiques et infrastructures modernes, créant ainsi un mélange harmonieux de patrimoine et de planification tournée vers l'avenir. 

Cette approche a été perçue comme un moyen de réduire les risques et de renforcer l'attrait des Jeux. La France a également dû fournir des engagements financiers concrets au CIO afin de répondre à ses inquiétudes concernant les dépassements de coûts et l'incertitude politique. 

Contrairement à d'autres candidatures récentes qui s'étendaient sur plusieurs pays ou villes éloignées, les Alpes françaises étaient considérées comme formant un corridor de sports d'hiver continu et bien connecté (260 kilomètres à vol d'oiseau). Enfin, le succès récent de la France avec les Jeux olympiques d'été de Paris 2024 a scellé l'accord. Dois-je répéter que le CIO n'avait pas d'autre choix ? 

Edgar Grospiron a été choisi pour diriger le Comité d'organisation des Jeux olympiques d'hiver de 2030 par un vote de l'Assemblée générale du comité, le 18 février 2025. Je connais Edgar quand c’était un bambin au moment où ses parents se sont installés à Avoriaz pour gérer Vuarnet Sports au début des années 1970. 

L'Assemblée générale a justifié son choix par la solide expérience olympique et sportive de M. Grospiron, qui comprend notamment un titre de champion olympique de ski de bosses à Albertville en 1992, son rôle de chef de la candidature d'Annecy pour les Jeux olympiques d'hiver de 2018 et son engagement de longue date dans la gouvernance des sports d'hiver français.

Ces atouts ont été explicitement cités comme raisons de sa nomination. Grospiron, qui aura 57 ans en mars, est d'un tempérament extraverti était sûrement fort en « bosses » mais n'a peut-être pas les compétences diplomatiques ni l'expérience managériale de grand « boss » requises pour le poste. Il n’est pas le seul dans cette situation, j’en sais quelque chose !

Travail très visible et bien rémunéré (probablement entre 25 000 et 35 000 dollars par mois), un détail tenu secret, conformément à la tradition française. Il convient de noter que Giovanni Malagò président de Milan 2026 n’a pris aucun salaire. 

Plus récemment, le comité a connu d'importantes tensions internes, notamment la démission du PDG, du directeur général des opérations, du directeur de la communication et du responsable de la commission des rémunérations. Ces événements qui n'ont aucune incidence sur sa sélection expliquent en partie les critiques dont son leadership fait l'objet. 

L'avenir nous dira comment ce projet complexe évoluera au cours des moins de quatre ans qui nous séparent des Jeux…