dimanche, mai 24, 2026

De septuagénaire à octogénaire (Première partie)

Dans quelques jours, mes amis de mon âge (mes « conscrits » comme on dit) se réuniront pour déjeuner ensemble au restaurant du bout du lac à Montriond, afin de méditer sur leurs soixante-dix ans qui sont en train de disparaître (tous sont nés en 1947 — un millésime inégalé ! — mais beaucoup ont déjà fêté leurs soixante-dix-neuf ans). Cela signifie qu'il ne reste plus qu'une année avant de franchir le cap des quatre-vingts. 

Waouh ! Bien que la plupart d'entre nous n'aient jamais cru que cela arriverait, cette transition de septuagénaire à octogénaire constitue un jalon incontournable. Elle marque l'entrée officielle dans le grand âge, une période où les changements physiologiques croisent des évolutions sociales notables et une profonde résilience émotionnelle, offrant un mélange unique de sagesse, d'un rythme de vie ralenti et de libération personnelle — à condition de ne se concentrer que sur les aspects positifs de cette étape de la vie. 

Certes, il est difficile d'accepter et d'observer le déclin progressif que subit notre corps, notamment la perte de masse musculaire et de densité osseuse, qui nous entraîne à prévenir les chutes, à bouger le plus possible et à bien s’alimenter. Qui plus est, notre métabolisme ralentit, rendant la préservation de l'énergie et la pratique régulière d'exercices à faible impact plus importantes que jamais. 

Il est vrai que de nombreuses études indiquent que les octogénaires font état de moins d'inquiétudes, d'un niveau de stress plus faible et d'une plus grande stabilité émotionnelle que les personnes plus jeunes. Des années de bons et de moins bons moment créent cette expérience de vie qui entraîne une régulation émotionnelle, plus de stabilité mentale et une perception plus réaliste de notre situation toujours en évolution. 

Progressivement, beaucoup d'entre nous commencent à apprécier avec plus d'acuité les joies simples du quotidien, privilégiant la paix intérieure et la gratitude plutôt que la performance et la perfection. Toutefois, le temps qui nous reste se réduit chaque jour au point de faire peur ; il en va de même pour notre cercle social, qui se restreint en raison des pertes naturelles ou des limitations liées à une santé déclinante. Désormais, nos relations deviennent profondément intentionnelles. 

Les octogénaires privilégient souvent les conversations riches de sens et de profondeur à la simple fréquentation d'un grand nombre de personnes. Il est également vrai que la retraite, conjuguée à une diminution des attentes sociétales, nous offre l'autorisation suprême de nous consacrer à nos passions personnelles, à la découverte de soi, à nos loisirs et à l'engagement communautaire, le tout à notre propre rythme ; pour nous, cela se traduit par un choix salutaire : privilégier la qualité à la quantité. 

Demain, j'essaierai de vous expliquer comment je me prépare à cette transition d'une manière un peu différente ...

samedi, mai 23, 2026

Drapeau américain à l'envers

Le juge de la Cour suprême américaine, Samuel Alito s'est tristement illustré en hissant le drapeau américain à l'envers sur sa propriété, pour soutenir Trump et ses accusations de fraude électorale de la part de Biden. 

Aujourd'hui, un de mes voisins a fait de même pour protester contre les agissements illégaux de notre président sénile ; cela soulève donc la question de l'origine et de la signification d'un tel geste. Présenter le drapeau américain à l'envers revêt deux significations. 

Historiquement, cette pratique trouve son origine dans les signaux de détresse maritimes, fonctionnant de manière similaire à un « SOS ». Cependant, elle s'est aujourd'hui transformée en un symbole de contestation politique. 

Au cours des dernières années, le drapeau inversé a été largement adopté par des individus de tout l'échiquier politique pour signaler qu'ils estiment le pays en crise, ou pour protester contre les actions ou l'orientation du gouvernement. 

Étant donné que la signification visée dépend entièrement du contexte propre à mon voisin, le moyen le plus sûr de déterminer pourquoi il hisse son drapeau à l'envers consiste tout simplement à le lui demander — ce que je n'ai pas encore fait. J'imagine que je ne m'inquiète pas pour sa sécurité immédiate ; je n'irai donc pas vérifier s'il est confronté à un peril urgent. 

D'après ce que je sais de lui, il doit simplement être extrêmement en colère contre Trump et épuisé par son comportement. Quant à moi, vous vous demandez peut-être comment je hisse mon drapeau américain ? C'est simple : je n'en possède pas, car je me considère comme un citoyen du monde. C'est tout !

vendredi, mai 22, 2026

Quatre ans en auto électrique

Difficile à croire, mais aujourd’hui je conduis une voiture électrique depuis plus de quatre ans ! Le temps passe, c'est vrai, mais quand tout va bien, il défile encore plus vite — c'est du moins l'avis de ma femme, qui n'arrive toujours pas à croire que cela fait si longtemps que nous ayons cette voiture. 

Côté entretien ? Usure de pneus, bien sûr ; balais d’essuie-glaces, liquide lave-glace, et c'est tout. Un écran tactile remplaçant la multitude de boutons habituellement éparpillés dans l'habitacle demande un certain temps d'adaptation, mais une fois l’habitude prise, plus de problème !

La voiture démarre sur commande, quelle que soit la température extérieure ; et lorsque je n'oublie pas de la préchauffer dans mon garage froid, je la retrouve chaude et prête à m'emmener partout où je le souhaite. Ses dispositifs de sécurité et ses fonctionnalités de conduite autonome sont à la fois impressionnants et addictifs. 

Après avoir récemment parcouru 1 300 miles au volant d'une voiture à moteur thermique, je ne reviendrais pour rien au monde à un véhicule fonctionnant aux énergies fossiles, ni même à une hybride. De plus, les bornes de recharge se multiplient ; l’angoisse d'une batterie à plat n'est donc plus un sujet de préoccupation. 

Le seul bémol concernant cette voiture que j'adore, c'est que je déteste toujours autant Elon Musk ...

jeudi, mai 21, 2026

L’évolution de l’image d’Avoriaz (Deuxième partie)

L’expérience des rennes utilisés comme mascottes d’Avoriaz fut de courte durée quand on réalisa qu’ils ne parvenaient pas à trouver sur place une nourriture et un climat adaptés. Pire encore, quelques-uns s’enfuirent et durent être récupérés en Suisse voisine. Parallèlement, à mesure que la station gagnait en popularité, il fallut opérer une transition vers des traîneaux tirés par des chevaux, acheminés depuis la vallée avec leurs cochers-propriétaires. 

Cela explique pourquoi le logo représentant un renne fut abandonné, même si l’on aurait pu opter pour des silhouettes stylisées de skieurs, de snowboardeurs, d’alpinistes, de vététistes, etc., à la manière des pictogrammes olympiques. De plus, l’école de ski locale finit par céder aux pressions du syndicat national des moniteurs de ski français et adopta leur uniforme national. 

La ville de Morzine imposa également la fusion de son nom avec celui d’Avoriaz, entraînant la création d’un nouveau logo et l’abandon de toute l’identité visuelle propre à Avoriaz. Le « Festival du Film Fantastique » (festival de cinéma de science-fiction) ne fut lui aussi qu’une tentative fragile d’attirer les célébrités françaises vers la station ; il perdit sa raison d’être à mesure que l’offre d’hébergement se développait, mais sans offrir la qualité ni les équipements que recherchaient les skieurs aisés. 

La station devint alors le produit idéal pour les voyagistes, sacrifiant par là même la clientèle plus huppée visée à l’origine et accélérant la stagnation de la qualité de ses hébergements, qui ne répondait bientôt plus aux attentes d’une clientèle plus fortunée. Par ailleurs, l’identité d’Avoriaz se trouva diluée au sein du vaste domaine interconnecté des « Portes du Soleil », ce qui contribua également à brouiller son image singulière. 

L’« invasion britannique » — stimulée par l’installation d’un hub EasyJet à Genève sur les cendres de Swissair — n’arrangea rien à l’affaire, attirant sur les pistes des hordes de jeunes semant la zizanie. 

Avec un peu plus de soin et une meilleure stratégie, Avoriaz aurait pu demeurer une station de ski de prestige, à l’instar de Courchevel ou de Saint-Moritz en Suisse ; mais l’attrait du gain rapide et facile est sans doute ce qui a convaincu le promoteur Gérard Brémond de changer de cap pour s’orienter vers le tourisme de masse (notamment via le Club Med) et de modifier ses plans initiaux. 

La suite, comme on dit, appartient désormais à l’histoire ...

mercredi, mai 20, 2026

L'évolution de l'image d'Avoriaz (Première partie)

Dès sa création en 1963, la station de ski d'Avoriaz s’était dotée d'une très forte et unique image, qui la plaçait véritablement en avance sur son temps d'un point de vue marketing. Cette identité fut par la suite abandonnée — un peu par paresse, manque de réflexion et mauvaises décisions ; mais ce n’est que mon opinion. 

Ce qui demeure incontestable, c'est que l'image de marque originelle d'Avoriaz s'ancrait dans son architecture avant-gardiste, son caractère entièrement piétonnier, la promotion d'un concept de « repère de skieurs » symbolisé par son emplacement au sommet d'une falaise située plein sud, face au massif des Hauts-Forts, et par son architecture mimétique. 

Son logo était destiné à évoquer tout cela, avec cette calèche tirée par des rennes, élément autant exotique qu’un peu gratuit. Il est communément admis que le premier logo, représentant ce renne stylisé, fut conçu au milieu des années 1960 sous la direction de Gérard Brémond, le promoteur d'Avoriaz. 

Contrairement aux stations traditionnelles qui confiaient leur communication à des agences externes, l'identité graphique initiale d'Avoriaz fut créée directement au sein du Studio d'Architecture d'Avoriaz (dirigé par Jacques Labro, Jean-Jacques Orzoni et Jean-Marc Roques). 

Le choix du renne relevait en partie du hasard et découlait directement du concept d'une station totalement piétonne. En 1966, afin d'assurer les déplacements sur les pistes interdites aux voitures, Gérard Brémond fit venir de véritables rennes de Laponie pour tirer les quelques traîneaux disponibles ; c'est ainsi que l'animal devint instantanément le symbole graphique de la station. 

Le design original jouait sur l'ambiguïté visuelle : les lignes épurées et géométriques des bois du renne étaient tracées de manière asymétrique, faisant directement écho aux lignes brisées et à la silhouette des premiers bâtiments de la station (notamment l'Hôtel des Dromonts). Quelques années plus tard, pour la création d'affiches publicitaires et autres déclinaisons graphiques, des graphistes allaient maintenir cette identité visuelle unique et avant-gardiste. 

Le traitement de l'image de marque reflétait la modernité d'Avoriaz comme nulle autre station de ski à l'époque. Le personnel lui-même portait des uniformes aux couleurs noir et orange ! 

Un employé clé d'Avoriaz — le regretté François Fallin — s'est révélé être l’artiste essentiel qui a peint inlassablement, à la main, la majeure partie de la signalétique de la station de ski : des lettres blanches sur fond noir, bordées d'un liseré jaune et orange aux angles arrondis, assurant ainsi, durant de nombreuses années, une identité visuelle cohérente et unique… 

Demain, nous verrons pourquoi l'image de marque d'Avoriaz s'est dégradée et ce qu'il aurait fallu faire à la place …


mardi, mai 19, 2026

Revoir enfin l’Eurovision de la chanson

Le dernier Eurovision de la chanson que j'ai pu voir a dû se dérouler entre 1967 et 1975, mais cela reste assez flou pour moi. Comme mes parents n'ont eu la télévision qu'en 1967, ce n'est pas avant cette époque que j'ai commencé à regarder l'émission. 

Bien sûr, je savais que la chanteuse italienne Gigliola Cinquetti avait remporté le concours de 1964 pour l'Italie avec sa chanson « Non ho l'età ». Elle fut suivie par France Gall en 1965 avec « Poupée de cire, poupée de son » ; mais au-delà de ces dates, ma mémoire flanche. Peut-être ai-je regardé les éditions de 1967, 1968, et peut-être quelques autres encore, avant de déménager en Amérique en 1977, mais je ne m'en souviens plus vraiment. 

Ai-je même vu la prestation d'ABBA avec « Waterloo » en 1974 ? Je n'en suis pas sûr non plus. J'ai simplement le sentiment d'avoir aimé les quelques émissions que j'ai eu l'occasion de voir quand j'étais jeune et passionné par la culture pop ; mais depuis, le Concours Eurovision de la chanson a cessé de faire partie de mon univers musical. 

Ce n'est que le week-end dernier — en regardant une bonne partie de la 70e édition du concours à Vienne — que j'ai pu apprécier ce que la version de 2026 proposait au public, diffusée pour la première fois via YouTube. 

Je n'ai pas été emballé par toutes ces chansons « formatées » et sur produites, qui n'ont ne vont pas me motiver à regarder l'émission de l'année prochaine. Je dirais que la chanteuse bulgare Dara — qui a remporté le concours cette année avec son hymne festif « Bangaranga » — a livré la prestation la moins mauvaise de l'émission, mais cela ne veut pas dire grand-chose. 

Elle a devancé l'Israélien Noam Bettan — que j'ai trouvé vraiment médiocre — ainsi que l'Australienne Delta Goodrem, qui ont terminé respectivement deuxième et troisième. 

Comme beaucoup, je me suis demandé pourquoi l'Australie participait à l'Eurovision ; mais la raison est tout simplement que le pays des antipodes adore cette émission, et que cela s'explique par les efforts de diffusion de longue date du réseau australien SBS, qui retransmet l'événement depuis 1983. 

Voilà, vous savez désormais tout sur ma relation avec l’Eurovision de la chanson ! 

lundi, mai 18, 2026

Panne d'électricité solaire

Un onduleur est l’appareil qui convertit le courant continu qui sort des panneaux solaires en courant alternatif qui va alimenter notre maison et dont l’excédent va aller le réseau électrique public. Sans que nous le sachions, notre onduleur solaire est tombé en panne le 16 mars. 

L'onduleur est un composant essentiel qui agit comme le « cerveau » du système, assurant l'activation, la gestion et la surveillance de notre consommation d'électricité. J'aurais dû m'en apercevoir si j'avais pris la peine de consulter l'application de mon smartphone qui m'informe du fonctionnement de notre installation solaire ; mais, comme tout marchait bien, je ne m’en suis pas soucié. 

Ce n'est qu'en avril que j'ai vérifié l'application, et j’ai réalisé que plus rien ne fonctionnait. Quelques jours plus tard, j'ai reçu la facture mensuelle d'électricité, d’un montant trois fois supérieur à la normale. J'ai contacté l'entreprise qui avait installé le système et, dix jours plus tard, un technicien est venu remplacer l'onduleur défectueux et a rétabli le courant en provenance du soleil. 

Pour ceux d'entre vous qui envisagent l'installation de panneaux solaires, sachez qu'il existe deux méthodes pour convertir le courant : soit à l'aide d'un onduleur central — comme le nôtre — soit en équipant chaque panneau d'un onduleur individuel (une solution bien préférable car elle n’implique qu’un panneau au lieu du système complet !). 

Nous sommes désormais de retour en pleine production et remercions le soleil, notre installation solaire, ainsi que tous ceux qui ont conçu cette invention si pratique et si utile !