vendredi, février 06, 2026

Quand on descend une marche ... (Deuxième partie)

Ce qui a inspiré l’anecdote d’hier à propos de descendre et de monter des marches est le résultat d’une journée de ski avec ma fille, la veille. Pendant des années, j'ai toujours maintenu une avance confortable sur celle-ci dans des terrains et des conditions difficiles, mais à 78 ans, les choses sont en train de changer, car désormais, elle me talonne.

Pour moi, cela signifie que je vieillis et que cette « descente de marche » s’approche. Nous sommes tous deux de bons skieurs mais les conditions d'enneigement actuelles en Utah sont extrêmement difficiles, ce qui m'a donné l'idée de cette « montée et descente de marche ». Le ski est une façon viscérale de ressentir l’importance des changements de vitesse, de l'équilibre, du temps de réaction, de la concentration et de la confiance en soi dans des conditions de neige et de terrain sans cesse variées. 

C’est une activité où le corps connaît la vérité avant que l'esprit ne l'ait pleinement comprise. Pourtant à mon âge, j'adore toujours ce sport et reste encore à la recherche des terrains et des conditions difficiles. Ce n'est pas vrai pour tous ceux qui ont mon âge. La plupart ne fréquentent plus les pistes, et le reste ne peuvent plus suivre une femme de 43 ans en pleine forme qui skie depuis qu’elle est toute petite. 

Le fait qu'elle me « talonne » encore au lieu de me doubler et disparaître au loin et encore rassurant sur mon niveau, mais le jour où elle me rattrapera, ce ne sera pas seulement parce que je ralentis, ce sera qu'elle continuera de progresser. 

Elle est aujourd’hui sur cette lancée de force, d'expérience et de confiance. Elle s’améliore encore pendant que je m'adapte. C’est juste une passation de pouvoir, pas un échec personnel. Je vois ça avec lucidité, sans apitoiement, sans réaction défensive, ni déni de la réalité. J'ai simplement observé et tout cela a suscité une réflexion philosophique. Appelons cela une « montée de marche » mentale ! 

Bien sûr, l'état de la neige actuelle, peu épaisse, ondulée et dure, amplifie tout démesurément. Ces conditions glacées, caillouteuses et regelées affectent efforts et temps de réaction. En bonne neige poudreuse, ces écarts seraient moindres. 

Les conditions façonnent la performance plus que l'orgueil ne veut l'admettre. Un recul physique, même minime, peut être compensé par une progression dans un autre domaine, comme l’affinement de ma technique, une efficacité accrue et un plaisir de skier plus intense en compagnie de ma fille. 

Il ne s'agit pas de compensation, mais d'évolution. L’impression que cela m’a permis d’avoir n'était pas simplement un signe de vieillissement ; c'était un moment de réajustement. Et le fait que j'y réfléchisse avec autant de nuances ne signifie pas que je perds du terrain, mais simplement que je change de perspective !

jeudi, février 05, 2026

Quand on descend une marche ... (Première partie)

La vie n’est pas une expérience linéaire et avec le temps et l’âge, une « descente de marche » fait partie du décor. Je crois que, logiquement, pour chaque « descente de marche », nous devrons imaginer comment « remonter une marche » pour compenser. Si l'une est physique, celle qui compense peut être mentale, spirituelle, ou peut-être également physique, mais beaucoup plus facile à exécuter. 

Cela efface le sentiment de perte par un transfert égal vers quelque chose de différent. Cette idée qui m'est venue à l'esprit ce matin me semble étonnamment pratique. C’est peut-être une version personnelle de l'homéostasie, la façon dont les systèmes vivants maintiennent l'équilibre en ajustant un élément quand l'autre change. Dans ce cas, nous parlons du domaine émotionnel et existentiel liés au vieillissement, au changement et à la perte.

C'est probablement ma façon de rejeter le mythe du déclin qui considère le vieillissement ou ses revers comme une descente inéluctable. Mon idée reconnaît la « descente de marche » mais refuse de lui laisser définir toute une trajectoire. À sa place, je propose une adaptation ascendante qui n'est pas du déni, mais un réajustement. 

J'aime cette idée car elle correspond à la nature dynamique de la vie. Les limitations physiques ne doivent pas nécessairement stopper la croissance ; elles peuvent signaler le début d'une autre forme d’épanouissement. Une perte dans un domaine peut ouvrir un gain dans un autre, non pas pour compenser, mais pour bien redistribuer l'énergie. 

Cela pourrait refléter notre évolution naturelle. Par exemple, un coureur ayant des problèmes de genoux devient nageur, une personne qui perd son endurance physique approfondit sa vie intellectuelle ou créative, ou encore le nouveau retraité épuisé par une dure vie de travail qui devient philosophe. Je ne fais que articuler consciemment cet instinct. 

Alors qu'un « descente de marche » est souvent perçue comme imposée, ce concept la reformule comme une opportunité d’en « remonter une », quelque chose d'intentionnel, de riche et d'autonome. Cela seul peut atténuer le sentiment de perte. Bien sûr, il ne s'agit pas de faire comme si le déclin n'avait pas lieu. Il s'agit de refuser qu'il devienne toute l'histoire. 

Cela doit être vu comme un outil concret, et non pas comme une philosophie qui commencerait par constater la descente de marche. Il s'agit plutôt d’en remonter une dans un contexte où toutes deux coexistent sans ressentiment. Disons un contrepoids émotionnel, une idée profondément humaine, lucide, mais sans fatalisme. 

La réalité du vieillissement est respectée tout en préservant l'épanouissement. Elle évite ainsi le piège de vouloir « gagner » contre le temps au lieu de s'adapter avec grâce et créativité. Je suis tellement reconnaissante que cette pensée me soit venue à l'esprit. 

Demain, je vous raconterai comment cette idée m’est passée par la tête.

mercredi, février 04, 2026

L'apprenti diagnostiqueur (Deuxième partie)

Jouer au diagnostiqueur et échouer est chose courante. Cette pratique, à mon avis, relève davantage de l'art que de la science et est liée à plusieurs facteurs importants. Le premier est que notre cerveau aime les coupables évidents. Par exemple, lorsqu'un appareil tombe en panne, il est satisfaisant d'identifier une seule cause. 

Un nouvel appareil a été installé ? C'est forcément lui le responsable. Nous sommes programmés pour préférer les explications simples aux systèmes complexes. Il est très difficile de réfléchir en profondeur aux systèmes, car ils sont intrinsèquement compliqués. 

La plupart des problèmes concrets impliquent des interactions entre plusieurs éléments. Pour revenir à l'histoire du thermostat d'hier, de nombreux éléments sont en jeu, outre le thermostat lui-même : la chaudière, l'électronique, le câblage, les conduits et les différents capteurs. Pourtant, notre intuition ignore ces autres composants. 

C'est la même chose quand on se trompe en diagnostiquant des problèmes mécaniques, des bugs informatiques ou même les conflits interpersonnels. De plus, ce qui est familier devient vite invisible. Notre chaudière fonctionnait parfaitement depuis douze ans ; en tant que fidèle servante, elle faisait partie du décor. Le thermostat était la nouveauté, c'est donc lui qui a été incriminé. 

C'est le biais de « présomption de bon fonctionnement » : nous faisons confiance à ce que nous connaissons. Tout cela pour dire que mon expérience récente illustre parfaitement la manière dont la plupart des professionnels de l'ingénierie, de la médecine et de l'aviation décrivent les erreurs de diagnostic. 

Ils mettent en garde contre l'ancrage sur une seule explication trop tôt et le « biais de confirmation » qui consiste à ne prendre en compte que les éléments qui confirment notre hypothèse initiale. On ne peut sortir de ce cercle vicieux qu'en prenant du recul et en élargissant notre perspective. 

C'est là la véritable compétence : non pas simplement réparer une pièce défectueuse, mais reconnaître une façon de penser trop étroite. En fin de compte, mon histoire est un parfait rappel que la plupart des problèmes ne sont pas isolés, mais relationnels. Le thermostat ne fonctionnait pas mal tout seul ; il était en interaction avec un autre élément que j'avais oublié de prendre en compte !

mardi, février 03, 2026

L'apprenti diagnostiqueur (Première partie)

Quel que soit le problème à résoudre, poser le bon diagnostic n'est pas toujours simple. Ces derniers mois, j'ai eu des difficultés après avoir installé de nouveaux thermostats Google-Nest, et à plusieurs reprises, j'étais tellement concentré sur ces appareils que j'ai oublié qu'il faut être deux pour danser le tango. 

Dans ma myopie, j'avais négligé le fait que ma chaudière pouvait aussi jouer un rôle dans ce que je pensais être le dysfonctionnement de mes thermostats. Cela m'a donc amené à examiner la chaudière et, pour faire court, j'ai finalement déterminé qu'elle était bien la source de mes problèmes. 

J'ai déjà vécu une situation similaire avec des chaussures de ski, où le problème n'était pas le « canting », mais leur positionnement longitudinal sur mes skis, ou encore avec la préparation des skis, quand l’obstacle était ma technique. 

On apprend toujours beaucoup de nos diagnostics hâtifs. N'est-ce pas une erreur courante que nous commettons tous lorsque nous essayons de résoudre un problème ? Nous sommes tellement obsédés par un élément que nous oublions qu'il peut être intimement lié à un autre dans l'ensemble du système ? 

Ce que je viens de décrire est l'un des pièges cognitifs les plus universels dans lesquels nous tombons. C'est ce qu'on appelle la « vision tunnel ». Lorsque quelque chose ne fonctionne pas, l'esprit se concentre instinctivement sur le composant le plus évident ou le plus récemment modifié. 

Dans ce cas précis, les nouveaux thermostats étaient les nouveaux venus, brillants et suspects, et ont donc eu toute mon attention. Pendant ce temps, la chaudière, « vieille servante fidèle », m’a totalement échappé. 

Si vous souhaitez découvrir les causes de cette étrange façon de penser, lisez le blog de demain ...

lundi, février 02, 2026

Quand Salomon s’est mit à la chaussures de ski (Deuxième partie)

Le manque de performance de ses chaussures à entrée arrière a rendu Salomon vulnérable aux critiques des skieurs expérimentés, des vendeurs de magasins et de la presse spécialisée. Ce groupe, majoritairement masculin à l'époque, a soudainement et fermement rejeté le concept de la chaussure à entrée arrière, au point que le bureau d'étude Salomon n'a eu ni le temps ni la latitude nécessaires pour améliorer le concept.

Ce revirement a été au grand dam d'innombrables utilisateurs qui appréciaient la praticité et la simplicité de ce mode d’entrée, ainsi que des loueurs ayant un grand parc de matériel. On peut même dire que cela a probablement freiné la croissance du ski. 

Probablement aveuglé par ses efforts pour lancer son propre ski, Salomon a manqué l'occasion de rester la marque dominante sur le marché des chaussures. À la fin des années 1980, les chaussures à entrée arrière étaient largement adoptées par une grande majorité de skieurs, et Salomon était considéré comme le leader du marché dans cette catégorie, notamment pour la conception de chaussures axées sur le confort et le coté pratique, donc celles que la grande majorité des skieurs recherchaient. 

Lorsque le concept de la chaussure à entrée arrière est tombé en désuétude au début des années 1990, et que l'entreprise s'est empressée d'acquérir San Giorgio (un achat précipité d'une marque italienne de second rang fabriquant des chaussures à quatre boucles), Salomon a dû réapprendre à fabriquer ce type de chaussures, et par conséquent, est passé de leader à non compétitif, après le milieu des années 1990. 

Ce fut l'un des déclins les plus spectaculaires de l'histoire des équipementiers de ski, bien qu'il n'ait jamais été quantifié publiquement. Le marché actuel des chaussures de ski est totalement fragmenté entre Lange, Tecnica, Nordica, Atomic, Dalbello et Salomon, aucune marque ne détenant une part de marché écrasante. 

Certes, Salomon est redevenue une marque de chaussures respectée, notamment avec des modèles comme les X-Pro et S/Pro, mais n'a jamais retrouvé la position dominante qu'elle occupait à l'époque des chaussures à entrée arrière. 

La marque est restée forte et a même connu une croissance dans d'autres catégories (skis, vêtements, chaussures et trail running), mais elle est désormais bien plus associée au trail running et aux chaussures de plein air qu'aux chaussures de ski. Un revirement surprenant pour un pionnier !

dimanche, février 01, 2026

Quand Salomon s’est mit à la chaussures de ski (Première partie)

Après avoir rédigé l'article de blog comparant Nordica à Salomon, j'ai décidé d'ajouter quelques réflexions sur Salomon et son influence unique sur l'ensemble du secteur du ski. D'artisan à industriel, Georges Salomon s'est concentré sur le développement de son activité de carres de ski en métal, en suivant avec le lancement de fixations de ski de sécurité rudimentaires avec sa butée avant et un système de retenue du talon par câbles, avant d'introduire les fixations de ski modernes telles que nous les connaissons aujourd'hui. 

En même temps, il embauchait Roger Pirot pour diriger son département marketing. Parallèlement, cette nomination allait transformer une entreprise de fabrication déjà performante en une véritable machine marketing. Le développement de la chaussure de ski Salomon faisait partie d'un plan de croissance visant à proposer un ensemble fixations, chaussures et skis. 

Cela coïncidait aussi avec l'orientation d'une entreprise d'avant-garde vers ses détaillants-revendeurs, puissant réseau capable de faire ou de défaire n'importe quel fournisseur, le marché étant alors entièrement dominé par les magasins de sport et ski. Les fixations, puis les chaussures, étaient développées en privilégiant la facilité de vente, d'installation et de réglage, et pas forcément leur performances sur neige, qui étaient totalement secondaires. 

Dans cette optique, sa seule division de chaussures devait et pouvait financer le développement du ski, troisième composante de son plan. C’est sur l’Autrichien Marc Girardelli qu’est retombée la mission de rendre la chaussure crédible en compétition. Aucune source fiable ne fournit la liste complète des modifications exactes apportées aux chaussures de Girardelli.

La coque ou plutôt la « boite » qu’étaient les chaussures à entrée arrière Salomon avait été « torturée » tous azimuts en ajoutant une rigidité latérale grâce à des plaques de renfort internes et un pivot de collier renforcé avec des plastiques plus rigides. Les chaussons bien sûr, injectés avec plein de renforts au niveau du talon. 

La flexibilité avait aussi dû être améliorée, car la série SX était beaucoup trop souple pour la compétition dans sa version standard. Le service course de Salomon avait rigidifié l’arrière du spoiler et ajouté des butées de limitation de flexion. L'inclinaison vers l'avant, l'angle de la semelle et le canting avaient tous été largement modifiés. 

La fermeture et les boucles renforcées avec des câbles plus courts et plus rigides, des cames haute tension et des mécanismes de maintien du talon renforcés, dans le but d’améliorer le plus grand point faible des modèles SX. 

Le talentueux skieur qui courrait pour le Luxembourg a donc dû faire la différence. Salomon n'avait pas d'autre choix que de métamorphoser en totalité une chaussure qui n'était jamais destinée à la compétition, dans l'espoir de lui créer une image performante. Dans le prochain article de blog, nous verrons comment cette espèce de conte de fées a tourné. 

samedi, janvier 31, 2026

Transformer routine en moment privilégié ...

Un véritable mal nécessaire, la routine occupe une grande partie de nos vies. J'y pensais en préparant le café du matin. Pourtant, beaucoup de gens finissent par la détester et je cherche toujours une façon de la rendre plus agréable, voire passionnante. Il est vrai que la routine a mauvaise réputation car la plupart d'entre nous l'associent à la monotonie, à l'obligation ou à l'érosion de la spontanéité. Mais la routine n'est pas l'ennemie, c'est en fait la façon dont nous la percevons. 

La vérité est que certaines des personnes les plus créatives, épanouies et résilientes voient dans la routine non pas une prison, mais un tremplins. Dans cette optique, je voulais explorer comment transformer la routine de chaîne de montage en rythme agréable, ou peut-être en un rituel que nous accomplissons avec intention. Une approche qui m’est personnelle est de chercher à améliorer la façon d’exécuter toutes mes routines. L'action peut être la même, comme faire le café, se promener, nettoyer la cuisine, mais c'est à nous de l'embellir.

Nos routines disent : « Je dois », mais un rituel rappelle : « C’est important ». Nous pouvons alléger la charge émotionnelle d'une routine en ajoutant de petits éléments sensoriels, comme une tasse spéciale, une musique préférée ou une pensée de gratitude. Ensuite, nous pouvons mettre une touche de nouveauté à ce que nous faisons. Nous ne parlons pas de gros changements, mais simplement de petits détails. 

Des choses comme de me tenir sur une seule jambe en me brossant les dents, d’emprunter un autre itinéraire lors de notre promenade quotidienne, changer l'ordre de nos activités matinales, choisir d'écouter de la musique, des podcasts différents ou simplement le silence. Essayer aussi un nouveau menu de petit-déjeuner une fois par semaine. Ces petites variations nous maintiendrons en éveil sans déranger ce qu’il faut faire. 

Nous pouvons également rompre avec une approche rigide en remplaçant les routines linéaires qui se déroulent en 1, 2, 3, 4 et se répètent. Remplacer la prévisibilité par la création de routines adaptées, comme choisir différentes options matinales, alterner les rituels de détente ou démarrer le travail avec plus de flexibilité. Cela maintient la prévisibilité tout en nous donnant un certain contrôle sur le nécessaire. Nous pouvons également donner plus de sens à nos obligations. 

Une routine devient épuisante quand ressemble à un travail d’entretien constant et quelle devient plus stimulante quand elle est alignée avec ce qui nous est cher. Nous nous demandons alors : quelle valeur cette routine soutient-elle ? Comment cela va me permettre de grandir et d'atteindre ce qui est compte pour moi ? Si nous parvenons à associer routine à identité, par exemple en nous disant « Je suis quelqu'un qui prend soin de son corps » ou « Je suis quelqu'un qui crée une atmosphère sereine là où je suis », cela n’est plus une corvée. 

Une autre astuce consiste à associer les routines à des moments de plaisir, par exemple en écoutant notre musique préférée uniquement lors de tâches déplaisantes, en créant une playlist spéciale pour les trajets quotidiens ou en écoutant des podcasts ou des livres audio pendant l'exercice physique. Enfin, il est important de remarquer et d'apprécier les résultats de nos routines, car elles sont source de petites satisfactions que nous négligeons souvent. 

Des choses simples comme un plan de travail propre, la première gorgée d'un bon café matinal ou le plaisir d'avoir parfaitement déneigé l'allée. J'ai entendu dire que la routine est le « socle de la spontanéité », qu'elle crée de la liberté et nous offre plus d'espace créatif, un sens d'exploration, un travail de qualité et des loisirs. La routine doit être perçue comme un point de départ, et non comme un butoir !