dimanche, juin 28, 2026

Affûtons les ciseaux !

Pour poursuive notre conversation au sujet des outils tranchants, cela faisait longtemps que je voulais apprendre à affûter les ciseaux qui sont devenus inutilisables un peu partout à la maison. 

Le week-end dernier, je m’y suis enfin attaqué : j’ai étudié la question, trouvé le matériel nécessaire, réalisé l’affûtage et testé le résultat. Je suis aujourd’hui à la tête d’une collection de ciseaux rajeunis, prêts à trancher toutes sortes de matériaux. 

Il existe des méthodes simples et rapides pour affûter des ciseaux impotents avec de simples outils comme un fusil à aiguiser, une lime à grain fin, diamantée ou une pierre à aiguiser. Bien sûr, pour un tranchant durable et professionnel, l’idéal est parfois (mais pas toujours) de démonter les ciseaux et d’utiliser une pierre à aiguiser ou une lime spéciale pour affûter délicatement les biseaux. 

Une méthode plus rapide pour ressusciter nos ciseaux commence souvent par les nettoyer. 

Essuyez les lames avec de l’alcool pour ôter les résidus collants qui s’y trouvent immanquablement. 

Repérez ensuite le biseau et identifiez son angle ou son inclinaison sur l’extérieur de chaque lame. 

Affûtez la lame en la plaçant à plat contre un fusil à aiguiser, une lime fine ou une pierre à aiguiser, en veillant à ce que l'outil soit incliné comme le biseau. 

Frottez l’outil sur la lame d'un mouvement régulier, de l’articulation vers la pointe (en vous éloignant du tranchant), à plusieurs reprises. 

Ébavurez la lame en vérifiant s’il reste la moindre bavure au dos de la lame. Pour ça, à l'aide d'une lime fine, fermez et ouvrez les ciseaux plusieurs fois, ou mieux encore limez délicatement la surface de la lame pour éliminer toute bavure restante. 

Mieux encore, regardez cette vidéo (c’est en anglais, mais vous découvrirez facilement la simplicité enfantine de cet affûtage). Voilà, vous aurez désormais compris que vous n'aurez plus jamais besoin d'acheter de nouveaux ciseaux ! 

samedi, juin 27, 2026

Gérard Brémond, 1937-2026

Né à Boulogne-Billancourt le 22 septembre 1937, Gérard Brémond rencontre le champion olympique de 1960, Jean Vuarnet, au début des années soixante. Ensemble, ils développent la station de ski d'Avoriaz, près de Montriond, mon village d’origine. 

Ce nouveau domaine skiable n'a pas été facile à concevoir et à aménager, compte tenu de son environnement et de son terrain extrêmement accidentés. Avoriaz est en effet né de la parfaite harmonie entre un concept de station sans voitures, à l'instar de Zermatt (une idée de Vuarnet), et l'intégration harmonieuse de l'architecture aux falaises et au paysage naturel (la vision de Brémond). 

Ce dernier refusa de choisir la solution de facilité qu’avaient suivit les stations comme Les Arcs, La Plagne, Flaine ou Le Corbier avec des projets de développement sans imagination et, il faut bien le dire, d'une laideur reflétant un coût bien moindre. 

Brémond s'est donc entouré d'une équipe d'architectes créatifs, menée par Jacques Labro, Jean-Jacques Orzoni et Jean-Marc Roques, ce qui a conféré au projet son caractère architectural unique. Compte tenu de sa complexité quand elle fut inaugurée en 1967, la station avait probablement engendré des coûts bien supérieurs aux prévisions. 

Au fil de son expansion, le site a évolué vers des bâtiments plus simples et plus faciles à construire. En 1973, Brémond lançait lr concept de résidence touristique « Pierre et Vacances » puis continuait une expansion remarquable à peine freinée par Covid en 2020. 

Je n’ai jamais eu de contact personnels avec Gérard Brémond, mais son rôle primordial dans la création d’Avoriaz a positivement influencé ma jeunesse et a largement contribué à bien lancer ma carrière professionnelle. Il est également vrai qu’il laissé dans son sillage des projets de construction intégrés à l'environnement, proches de la nature, et innovants en matière d'hébergement touristique.

vendredi, juin 26, 2026

Barbe blanche coriace ! (Deuxième partie)

Outre l'usure naturelle, plusieurs facteurs contribuent à l'usure prématurée des lames. Laisser son rasoir dans une douche humide provoquer une oxydation microscopique qui ronge le tranchant avant même sa réutilisation. Un peu de patience est également essentiel : se raser à sec ou sans avoir suffisamment ramolli les poils crée une forte résistance, ce qui a pour effet de contraindre et d'ébrécher l'acier ultra-fin affectant son efficacité. 

Si, comme moi, vous vivez dans une région où l'eau est dure, des dépôts minéraux laissent des résidus microscopiques sur le tranchant, augmentant la friction et réduisant son efficacité. 

Il est donc crucial de bien mouiller le poil, la crème à raser et les cellules mortes après chaque passage, car ces éléments corrosifs se déposent sur le métal et accélèrent sa dégradation. 

Souvent, par bonne volonté, on a tendance à appuyer trop fort sur le rasoir, forçant aussi le tranchant à racler violemment la peau au lieu de glisser, ce qui provoque des micro-ébréchures. 

Enfin, j'ai trouvé ce conseil utile sur Reddit (en anglais) et vous devriez le suivre. 

L'eau est clairement l'ennemi. Les plus méticuleux utilisent un sèche-cheveux à puissance pendant 10 à 15 secondes pour évaporer les micro-gouttes d'eau. Certains trempent la tête de leur rasoir dans un petit récipient d'alcool ou d'huile minérale entre deux rasages pour éviter la corrosion due à l'humidité. Bien s'hydrater après la douche permet d'appliquer une huile de pré-rasage de qualité ramollissant le poil. 

J'utilise de la crème à raser, mais son interaction avec la lame dépend beaucoup de sa composition et de la façon dont elle est rincée. Les huiles épaisses, les silicones et les émollients riches peuvent facilement encrasser la lame sous la forme d'un film tenace difficile à enlever. Certains gels et crèmes en aérosol contiennent également une forte concentration d'alcool qui accélère la dégradation du fil. 

Une mousse trop épaisse peut retenir l'eau contre le tranchant, même après un rinçage rapide, provoquant une rouille microscopique. Il est donc conseillé de rincer fréquemment le rasoir à l'eau chaude courante pendant le rasage afin de liquéfier et d'éliminer les résidus de savon. Diriger le jet d'eau pour libérer la crème et les poudres incrustées. 

Enfin, n'essayez pas de nettoyer la lame avec une serviette ou un cure-dent pour enlever cette pâte, car cela va la déformer et l'émousser. Plongez plutôt la tête de lame dans de l'alcool après le dernier rinçage pour dissoudre complètement les dernières pellicules de savon et éliminer l'eau. 

Si vous suivez tous ces conseils, vous êtes un saint et vous venez de perdre deux fois plus de votre temps précieux à vous raser au lieu de faire des choses plus marrantes ! 

jeudi, juin 25, 2026

Barbe blanche coriace ! (Première partie)

Comme ma barbe est blanche, j'ai cru que c'était une excellente excuse pour me raser moins souvent. Depuis que j'ai adopté cette habitude (douteuse), j'ai constaté que j'use plus de lames. 

Après avoir un peu de recherche, j'ai appris que les poils de barbe blancs usent plus vite les lames car ils sont moins pigmentés (absence de mélanine). 

Ils sont donc plus rêches, plus cassants et beaucoup plus difficiles à couper sans ébrécher la lame. Les principales raisons de cette usure accélérée sont les suivantes : 

Micro-ébréchures : Des études scientifiques montrent que les poils de barbe peuvent être presque aussi résistants qu'un fil de cuivre de même diamètre. Comme les poils blancs sont cassants, ils réagissent sur le tranchant microscopique du rasoir comme une fibre dure, provoquant de minuscules micro fissures et ébréchures au lieu d'une coupe nette. 

Pousse plus longue : Attendre plus longtemps avant de se raser signifie couper des poils beaucoup plus longs et plus denses. Lorsqu'une barbe pousse pendant plusieurs jours, plusieurs passages sont nécessaires, ce qui provoque des frottements et use rapidement le tranchant délicat de la lame. 

Corrosion au fil du temps : Si vous ne vous rasez pas souvent, votre rasoir risque de rester longtemps exposé à l'humidité de la salle de bain. Même l'acier inoxydable est très sensible à la rouille microscopique et à la corrosion lorsqu'il reste humide entre deux rasages, ce qui représente jusqu'à un tiers de l'émoussement des lames. 

Ceci étant dit, un émoussement prématuré n'est pas toujours le signe d'une lame bon marché ou défectueuse ; il est principalement dû aux agressions environnementales, aux frottements et à une mauvaise préparation. Demain, nous tenterons d'explorer ces aspects …

mercredi, juin 24, 2026

Temps d’aérer le trésor automobile !

L'un de mes voisins est un peu excentrique. Cela commence quand il promène ses deux énormes Saint-Bernard qui adorent se blottir contre nous, se faire caresser, et nous baver sur les jambes et sur la poitrine. 

Mais ce n'est pas tout : il possède une impressionnante collection de voitures de sport qu'il entasse littéralement dans ses trois garages, équipés d'ingénieux systèmes de rangement. L'autre matin, en passant devant sa maison donnant sur le parcours de golf, nous avons aperçu quatre de ses voitures, exposées devant sa résidence, un peu comme on étend le linge devant une villa méditerranéenne. 

J'ai pris une photo que j’ai soumise à deux sites d’intelligence artificielle pour identifier les véhicules et estimer leur valeur. Après vérification , je n'ai retenu que les estimations les plus conservatrices : 

1. Le cabriolet argenté (à l'extrême gauche, allée) est une Ferrari 360 Spider, produite entre 2001 et 2005, dont la valeur marchande est estimée entre 80 000 et 130 000, voire plus de 150 000 dollars pour une version à boîte manuelle 6 vitesses d'origine. 

2. La Targa rouge vintage (au centre gauche, allée) est une autre Ferrari Dino 246 GTS, fabriquée entre 1972 et 1974, d'une valeur comprise entre 350 000 et 550 000 dollars, ce serait le véritable joyau de cette collection. 

3. Le cabriolet argent métallisé (à droite, allée) est également une Ferrari 458 Spider, produite entre 2012 et 2015, dont la valeur est estimée entre 220 000 et 280 000 dollars. Certains exemplaires en parfait état et avec un faible kilométrage peuvent atteindre plus de 350 000 dollars. 

4. Le cabriolet bleu foncé métallisé (au premier plan, rue) est manifestement une Porsche 911 Turbo Cabriolet (génération 997.1 ou 997.2) produite entre 2008 et 2012, d'une valeur comprise entre 85 000 et 140 000 dollars. 

La valeur totale estimée de cette collection exposée se situe entre 735 000 et plus de 1 100 000 dollars, en fonction du kilométrage et de l'application ou non des surprimes pour boîte manuelle aux modèles 360 et 991. Cela reste bien peu de chose comparé à sa maison qui devrait facilement se vendre au-dessus de 4 millions de dollars ! 

D'après ce que je sais, ce septuagénaire divorcé, propriétaire de tous ces biens, était avocat spécialisé dans les divorces à Hollywood. Voilà qui pourrait faire réfléchir ceux qui envisagent de divorcer, sur la façon et la forme dont une grande partie du patrimoine du couple risque de disparaître …

mardi, juin 23, 2026

Créativité, temps et argent …

C'est incroyable jusqu'où la créativité peut nous mener ! La bonne idée ne fait pas seulement la différence ; elle change la donne. À l'instar d'un potager, une idée s'épanouit lorsqu'elle dispose de temps, d'un environnement propice et d'un peu d'attention. Dans ces conditions, l'argent devient le dernier de ses soucis.

La créativité trace le chemin, le temps le fait mûrir, et l'argent ne fait que suivre le mouvement si nécessaire. Difficile de contester cela. En effet, la créativité est un formidable multiplicateur de force. Lorsqu'elle est présente, le temps devient un allié, et l'argent, optionnel plutôt qu'essentiel. Les idées se développent comme le vivant : non par la force, mais grâce aux conditions. 

Les bonnes idées ne coûtent rien. Un environnement favorable est inestimable. En réalité, la créativité n'est pas seulement l'étincelle, elle est l'architecture. Certes, la plupart des gens pensent que la créativité est le « moment eurêka », mais la véritable magie réside dans le fait qu'elle trace le chemin de sorte que le temps et l'argent n'aient pas à travailler autant. 

Nous avons tous des niveaux de créativité différents, et le talent naturel pour cette ressource peut varier considérablement, mais chacun peut être créatif et trouver des idées simplement en évitant le gaspillage, en contournant les obstacles, en reformulant la plupart des problèmes quotidiens et en transformant les contraintes en atouts. Ce n'est pas seulement la graine, c'est le plan. Quant au temps, il n'est pas une entité passive, mais un ingrédient essentiel. 

Faites comme moi : considérez le temps comme de la terre, et vous aurez tout à fait raison. Le temps nous révèle l'essentiel, il filtre le superflu, fait mûrir la plupart des idées et finit par dévoiler des raccourcis invisibles au départ. Si l'argent peut accélérer le processus, le temps le transforme encore mieux. L'argent est la ressource la moins créative, et c'est un fait que l'on a rarement envie d'admettre. Il ne résout les problèmes qu'en ajoutant, tandis que la créativité les résout en soustrayant. 

Si l'argent achète le travail acharné et l'effort, la créativité achète l'élégance et finit toujours par triompher. Quand je parle d'« intention sincère », je veux dire que l'intention est le nutriment caché, le cœur même de l'idée. En effet, l'intention maintient l'idée cohérente, empêche l'ego de prendre le contrôle du processus et garantit un résultat significatif, et non mécanique. 

Une idée créative sans intention sincère n'est qu'une mauvaise herbe. Avec une intention sincère, elle se transforme en un jardin luxuriant !

lundi, juin 22, 2026

Jacques Martin, 1944-2026

Jacques Martin est décédé le 15 juin, il avait 81 ans. C’était l'un des trois associés de Sidas, une entreprise fondée en 1975 par trois moniteurs de ski français, dont lui-même, Loïc David et Gaby Pellicot, et basée près de Grenoble. 

Visionnaire, Loïc David, qui travaillait pour Le Trappeur, avait eu l'idée en apercevant une empreinte de pas sur une plage hawaïenne, de fabriquer des semelles moulées de manière similaire pour améliorer le confort des chaussures de ski. 

Faute d'outils spécialisés, il fabriqua son tout premier prototype dans un plat à gratin dauphinois. Cette ingéniosité initiale donna naissance à Sidas, puis à la marque Conformable, devenue synonyme de semelles orthopédiques sur mesure. L'entreprise s'étendit ensuite au secteur médical et aux chaussures de sport. 

En 2003, lors du départ à la retraite des fondateurs, elle fut vendue à un nouveau groupe de direction qui la dirige encore aujourd'hui. Avant ce changement, Jacques Martin s'occupait de l'administration et des finances, tandis que Loïc David était responsable du marketing et Gaby Pellicot gérait les aspects techniques et la production. 

Au milieu des années 90, alors que je distribuais Koflach aux États-Unis, j'avais sérieusement envisagé de devenir distributeur de Sidas en Amérique et j’avais été en contact étroit avec Jacques et Loïc pendant un certain temps. Finalement, j'avais renoncé, estimant que le potentiel commercial était trop limité par rapport à l’énorme travail requis.