samedi, juin 20, 2026

Mieux comprendre la méditation (Troisième partie)

Sous ses diverses formes, les avantages et inconvénients de la méditation ne sont pas toujours clairement définis. Comme nous l'avons vu, le terme « méditation » englobe des centaines de pratiques. Si leurs effets se recoupent, ils ne sont pas identiques. 

On peut considérer la méditation comme une méthode d'entraînement mental qui peut produire des bienfaits, des effets neutres, voire beaucoup plus rarement des effets indésirables, selon l'individu, la technique, l'intensité et le contexte. 

Les preuves les plus convaincantes de ses bienfaits proviennent des interventions basées sur la pleine conscience et des pratiques apparentées étudiées en milieu clinique. De manière générale, les pratiquants rapportent se sentir moins submergés, récupérer plus rapidement des événements stressants, être moins réactifs émotionnellement et avoir une plus grande capacité à prendre du recul avant de répondre. 

Ensuite, s’observe une amélioration de l'attention et de la concentration, ainsi qu'une meilleure régulation émotionnelle, car les pratiquants expérimentés développent souvent une plus grande conscience de leurs émotions avant qu'elles ne deviennent envahissantes. 

Concrètement, cela se traduit par une diminution de la colère impulsive et des ruminations, une plus grande stabilité émotionnelle et une tolérance accrue aux émotions difficiles. Les symptômes d'anxiété sont également réduits, même si la méditation ne guérit pas toujours celle-ci. 

De nombreuses études montrent toutefois des réductions significatives de l'anxiété généralisée, des inquiétudes et des symptômes liés au stress. Dans un autre ordre d'idées, l'une des applications cliniques les plus probantes de la méditation est la prévention des rechutes dans la dépression récurrente. 

Les pratiquants apprennent souvent à mieux identifier les spirales de pensées négatives avant d'y être piégés. En matière de bienfaits pour la santé, si la méditation n'élimine généralement pas la douleur, elle modifie souvent la perception de celle-ci, la souffrance qui y est associée et atténue la réaction émotionnelle à la douleur chronique. 

On observe également de légères améliorations de la tension artérielle, des facteurs de risque cardiovasculaires et des réponses physiologiques liées au stress. Enfin, beaucoup constatent un sommeil plus rapide, moins de ruminations avant de s’endormir et en gros, une meilleure qualité de sommeil. 

Les enquêtes ont montré que les effets varient considérablement d'une personne à l'autre. Nombreux sont ceux qui rapportent remarquer leurs habitudes plus tôt, reconnaître les schémas émotionnels récurrents et mieux comprendre leurs motivations personnelles. On observe également une compassion et une empathie accrues, plus de patience et des relations interpersonnelles améliorées. 

Pour conclure cette série, nous poursuivrons demain en examinant les inconvénients et les risques potentiels de la méditation.

vendredi, juin 19, 2026

Mieux comprendre la méditation (deuxième partie)

Pas facile de définir ce qu'est la méditation. Pour commencer, il existe des centaines de techniques, mais la plupart des pratiquants se répartissent en quelques catégories. En tête de liste figure la méditation de pleine conscience (celle qui connaît aujourd’hui la croissance la plus rapide), suivie de la méditation par mantra (plus connue sous le nom de méditation transcendantale), de la méditation zen, de la méditation Vipassanā (vision pénétrante), de la méditation de bienveillance (Metta), de la méditation basée sur le yoga et de la prière contemplative chrétienne (voir tableau). 

À quel âge commence-t-on ? Cela varie selon les cultures. Dans celles qui sont traditionnellement fortement imprégnées de bouddhisme ou d’hindouisme, de nombreux enfants sont initiés avant l’âge de 10 ans, l’apprentissage formel débutant à l’adolescence. Dans les pays occidentaux modernes, les gens commencent beaucoup plus tard, généralement entre 20 et 50 ans. Souvent, l’entrée dans la pratique est motivée par le stress, la maladie, l’épuisement professionnel ou une étape charnière de la vie. 

Aux États-Unis, les adeptes de la méditation sont, de manière disproportionnée, des adultes d’âge moyen. On peut se demander si la méditation devient généralement une pratique qui peut durer toute une vie ; la réponse est oui, du moins traditionnellement. Chez les bouddhistes, hindous, taoïstes et chrétiens contemplatifs, la méditation est généralement considérée comme une discipline à vie, comparable à l’exercice physique ou à la prière. 

Toutefois, la méditation laïque moderne diffère : beaucoup de pratiquants méditent pour réduire leur stress et l’abandonnent souvent dès que le problème immédiat est résolu, tandis que d’autres alternent périodes de pratique avec périodes d’arrêt. Les études sur les applications de méditation montrent systématiquement qu’il est difficile de maintenir la pratique sur le long terme. Il n’existe pas de chiffre global unique, mais les taux d’abandon sont élevés. 

Selon le programme, les formations courtes de pleine conscience perdent souvent entre 20 et 50 % de leurs participants avant leur terme. Les applications de méditation perdent fréquemment la majorité de leurs utilisateurs en quelques mois, et seule une minorité maintient une pratique quotidienne pendant des années.

 Aux États-Unis, une vaste étude a révélé qu’environ 79 % des personnes ayant déjà médité l’avaient également fait au cours de l’année écoulée, ce qui suggère que beaucoup poursuivent la pratique, au moins par intermittence ; la méditation n’est donc généralement pas totalement abandonnée, mais une pratique quotidienne régulière reste bien plus rare qu’une pratique occasionnelle ou intermittente.

Dans le prochain article, nous explorerons les aspects les plus connus et les inconvénients potentiels de la pratique …

jeudi, juin 18, 2026

Mieux comprendre la méditation (Première partie)

Cela fait près de six ans et demi que je médite sans manquer un seul jour. J'avais commencé en 1969, mais j'avais arrêté et repris par intermittence pendant de courtes périodes. Cela dit, ne concluez pas trop vite que la méditation crée une dépendance ; elle n'est généralement pas considérée comme pathologique, même si certains s'attachent aux états mentaux agréables qu'elle peut offrir. 

C'est simplement une pratique difficile à maintenir sur la durée, pour toutes sortes de raisons. Certes, des centaines de millions de personnes méditent à travers le monde et cette pratique gagne rapidement de nouveaux adeptes, en particulier dans le domaine de la pleine conscience. Contrairement à moi, la plupart des gens ne parviennent pas tous à maintenir une pratique quotidienne rigoureuse sur de longues périodes ; les taux d'abandon sont élevés, surtout pendant les premiers mois qui suivent les débuts. 

La méditation peut être pratiquée à tout âge, de l'enfance (dans les cultures traditionnelles) à l'âge mûr (dans des contextes laïcs comme le nôtre, en Occident). Il n'existe pas de statistiques fiables, pays par pays sur la participation ; les taux de participation les plus élevés s'observent là où la méditation est intégrée à la vie religieuse et culturelle (voir tableau). 

La plus grande incertitude concerne l'Asie où la méditation est souvent indissociable de la vie religieuse et n'est pas toujours comptabilisée hors prière, fréquentation des temples, yoga ou autres pratiques spirituelles. 

Pour des pays comme l'Inde, la Thaïlande, le Myanmar, le Sri Lanka, le Bhoutan, la Chine et le Japon, l'importance culturelle de la méditation est évidente, mais les données rigoureuses et représentatives à l'échelle nationale concernant sa prévalence sont étonnamment rares. 

Une conclusion intéressante se dégage des données disponibles : les pays laïcs modernes tels que l'Australie, la Nouvelle-Zélande, le Canada et les États-Unis affichent désormais des taux de participation à la méditation comparables — voire parfois supérieurs — à ceux observés dans de nombreux pays de tradition bouddhiste. 

Tout dépend toutefois de la définition retenue pour la « méditation », un aspect que nous aborderons dans le prochain article.

mercredi, juin 17, 2026

Barbecue : toilette de printemps

Il y a quelques jours, j'ai reçu une carte postale de Bar-B-Clean, une franchise locale, m'invitant à faire nettoyer notre barbecue à domicile. Plus besoin de me salir les mains ! Je l'avais fait moi-même l'an dernier et je dois avouer que ce n'est pas ma corvée préférée !

De plus, les Américains adorent faire inspecter, réparer et lubrifier leurs vélos avant la saison, ou encore faire un nettoyage à fond (intérieur et extérieur) de leur voiture à domicile. Alors pourquoi ne pas faire de même pour ce très précieux barbecue avant l'été ? 

J'ai consulté les tarifs et pour un barbecue de taille moyenne comme le nôtre, cela nous coûterait entre 200 et 300 euros. Le prix final peut varier en fonction de la taille de l'appareil. Par exemple, un grand barbecue ou un modèle encastré pourrait coûter plus de 700 euros. Si des prestations supplémentaires sont nécessaires, prévoyez un tarif de base de 110 euros de l'heure, pièces non comprises. 

L'entreprise utilise un nettoyage en profondeur à la vapeur, et un dégraissage pour que l'intérieur du barbecue soit impeccable, sans résidus et parfaitement propre au toucher. 

Avec environ 20 euros de fournitures, ma femme et moi avons (presque) obtenu un résultat aussi bon en moins de deux heures cet après-midi-là. 

Notre barbecue n'est pas complètement remis à neuf, mais est très propre et ce faisant, nous avons économisé la coquette somme d’au moins 200 euros !

Dernier névé à Park City

Chaque année, c'est la même chose. Le 16 juin a une signification particulière pour moi. Ce jour-là, en 1985, alors que je cherchais une maison, j'avais loué une grosse caméra pour filmer celle que nous avons finalement achetée à Park City, afin que ma femme puisse la voir et approuver ma sélection. 

Il y avait une fenêtre en œil de bœuf, et à travers celle-ci, j'avais filmé Jupiter Peak avec son tout petit névé juste en dessous du sommet, de la même taille que sur la photo ci-dessous ! 

Le plus étonnant, c'est que cet hiver a été le pire que l’Utah n’ai jamais eu en matière d'enneigement, et pourtant, après l'excellente saison de neige que fut 1984-85, il reste autant de neige cette année, sans parler de la quantité encore plus importante autour de la combe principale et du couloir de Portuguese Gap, grâce à des mois d'avril, mai et juin très frais. 

Étonnant, n'est-ce pas ?


 

mardi, juin 16, 2026

Fréquentation décevante !

Les chiffres de fréquentation des stations de ski de l'Utah viennent enfin d’être publiés pour la saison d'hiver 2025-2026. Avec seulement 4,8 millions de visiteurs (un chiffre arrondi vers le haut, semble-t-il, pour arranger les choses), cela représente une baisse de 26,2 % pour nos 15 stations par rapport à la saison précédente. 

Un déclin significatif, même supérieur à celui du Colorado, qui n’a chuté que de 24 %. C'est également bien loin du record de 7,1 millions de journées-skieur enregistrées lors de la saison 2022-2023, marquée par des chutes de neige exceptionnelles. 

Un porte-parole de Ski Utah a déclaré : « … Le principal enseignement de cette année est qu'il s'agit d'une anomalie, et que l'industrie du ski en Utah est véritablement à la merci des caprices de la météo.» 

 J'aimerais pouvoir dire que ce n'est pas qu'une « anomalie », mais plutôt qu'il s'agit du début d'une tendance, démontrant que le réchauffement climatique est là pour durer, qu'il va falloir compter sur lui et qu'il ne disparaîtra pas de sitôt. 

Historiquement, l'Utah a connu son plus faible enneigement jamais enregistré, ce qui reflète la quantité d'eau contenue dans les chutes de neige reçues, mais de nombreuses stations ont également eu du mal à rester ouvertes en raison des températures record enregistrées pendant la majeure partie de l'hiver. De longues périodes douces entre les chutes de neige et des précipitations plus chaudes ont généré davantage de pluie que d’habitude à haute altitude, tout en rendant difficile la production de neige artificielle. 

Cette saison désastreuse est liée aussi à la politique. Les politiciens à courte vue sont désespérément incapables de répondre à long terme, comme le réchauffement climatique, et n'hésitent pas à sacrifier les solutions durables pour des gains à court terme. Non seulement aux États-Unis, où Trump et ses alliés républicains tournent carrément le dos à l'environnement, mais aussi en Europe, où les sacrifices nécessaires à une stratégie efficace de protection du climat semblent trop onéreuses dans leur vision à court terme.

lundi, juin 15, 2026

Comment mieux s’informer (Cinquième partie)

Nous souhaitons tous nous forger une opinion éclairée et nous allons aujourd'hui aborder une méthode qui nous permettra de dépasser les discours partisans. Nous partirons du problème, et non des positions, en nous posant les questions suivantes : 

  • « Quel est le problème sous-jacent ?» 
  • « Quels sont les intérêts des acteurs impliqués ?» 
  • « Quelles contraintes influencent leur comportement ?» 

Nous identifierons ensuite les compromis, et pas simplement la « bonne réponse ». Chaque problème réel comporte des prix à payer, des avantages, des gagnants et des perdants. Ainsi, une opinion éclairée repose sur l'analyse des compromis, et non sur la prise de parti. Rien n'est jamais tout noir ou tout blanc, et les erreurs sont inhérentes à la vie. 

Nous sommes alors prêts à distinguer les faits des interprétations, car les faits sont vérifiables, les interprétations sont des récits et les prédictions ne sont que des conjectures, alors que la plupart des médias ont tendance à mélanger les trois. En fin de compte, n'oublions pas que nous ne cherchons pas de « l’information », mais du sens, et le sens ne se mesure pas en quantité. 

Le sens découle plutôt du contexte, de la synthèse, de la réflexion, de la conversation et des cadres de référence. Si ce sujet de discussion nous intéresse, cela montre aussi que nous en avions déjà l'intuition. Ce qu'il nous faut construire et avec quoi nous sentir à l'aise, c'est une structure qui protège notre attention et canalise notre curiosité. 

Les ressources sont nombreuses ; choisissez-en quelques-unes où vous sentez à l’aise, que vous maîtrisez et tenez-vous-y. Bonne chance !

dimanche, juin 14, 2026

Comment mieux s’informer (Quatrième partie)

Dans cette section, nous verrons comment conserver un regard critique. Si nous cherchons une méthode pour y parvenir (sans devenir cynique), il faut savoir que la pensée critique n'est pas du scepticisme, mais une forme de curiosité structurée. Voici une méthode simple applicable à tout sujet : appelons-la « La méthode des 5 questions ». Face à une information, posons-nous les questions suivantes : 

  • « Est-ce important ou simplement urgent ?» 
  • « S'agit-il d'une information nouvelle ou de vieilles informations recyclées ?» 
  • « À quelle tendance de fond cela se rattache-t-il ?» 
  • « Quelles seraient les conséquences pour moi si j'ignorais cette information ?» 
  • « Quel est l'argument le plus convaincant contre la position présentée ?» 

Si une information ne répond pas aux trois premières questions, nous pouvons l'ignorer sans problème. Ensuite, pour tout sujet que nous souhaitons comprendre, nous appliquons la règle des « deux sources, deux perspectives » : 

Commençons par lire une source reconnue, puis une source externe ou contradictoire. 

Nous lisons une analyse de gauche, puis une analyse de droite. Ce n'est pas pour « équilibrer » les choses, mais pour les recouper. 

Enfin, nous apprenons le principe de la « prise de conscience progressive » : lorsqu'un sujet est émotionnellement chargé, nous attendons 48 heures avant de nous forger une opinion, car la plupart des premières impressions sont erronées, incomplètes ou manipulées. 

Si cela vous semble un luxe, sachez que je n'ai pas non plus vraiment le temps de m’y consacrer ! Dans le prochain article, nous découvrirons une méthode pour se forger des opinions éclairées. Ce n'est donc pas fini.