jeudi, septembre 17, 2026

Qui désire une fuite de plus ?

À peine dix jours après avoir fini nouvelle clôture qui protège mon jardin, mon voisin coté l'ouest m'a envoyé un SMS assez agressif. Il affirmait que mon entrepreneur et son équipe avaient dû endommager sa conduite d'arrosage, provoquant une forte fuite d’eau sur sa propriété qu'il attribuait directement à leur négligence au cours des travaux.

Lors de la rencontre qui a suivit, il semblait fermement convaincu que sa canalisation souterraine avait été touchée par l’excavation des trous recevant les poteaux. Bien que je comprenne ses soupçons, je n'étais pas convaincu à 100 %. Cela s'expliquait par le fait que, malgré la pente du terrain (entre 5 et 10 %), il me semblait étrange que l'eau n’ai pas suivit une trajectoire diagonale descendante. 

Selon les soupçons de mon voisin, pour des raisons mystérieuses défiant les lois élémentaires de l'hydrologie et de la gravité, la fuite devait s'écouler perpendiculairement à la ligne de pente. 

De plus, en testant cette fuite, l'eau a jaillit à près de deux mètres du poteau et de la zone de rupture présumée, carrément chez le voisin,, alors qu'elle aurait dû apparaître près du poteau de clôture. 

À la suite de notre entrevue, j'ai proposé de creuser autour du poteau d'angle, près de la clôture mais au niveau du point de fuite, afin de vérifier l'existence et l'emplacement d'une éventuelle fissure ou cassure sur le tuyau en PVC. Quoi qu'il en soit, j'ai promis de le tenir au courant. Le lendemain, il m'a fallu environ une heure et demie pour creuser un trou d'une surface de quelques pieds carrés et d'une profondeur de 45 cm. 

J'ai fini par atteindre la tuyauterie en PVC blanc dans un environnement parfaitement sec. Cependant, contrairement à ce que mon voisin m'avait dit, la conduite n'était pas ininterrompue : elle présentait un raccord en T vers la zone de fuite, située à près de deux mètres de là et à 45 cm de profondeur — un endroit où aucun des ouvriers montant la clôture n'aurait pu affecter cette zone de la canalisation. 

Grâce à mon calme, à ma patience et à mon travail manuel, je lui ai clairement prouvé que sa conclusion hâtive était totalement erronée. Dire qu'il était plutôt gêné ne serait pas une exagération !

mercredi, septembre 16, 2026

Quand l'âge nous enrichit

Comme je l'ai souvent évoqué sur ce blog, le processus de vieillissement peut nous entraîner dans diverses directions selon la manière dont nous l’abordons, indépendamment de notre situation particulière — qu'elle soit économique, sociale, physique ou mentale, ou encore une combinaison de tous ces facteurs.

Ainsi, quelle que soit notre situation à ce stade de la vie, nous pouvons voir le « verre du vieillissement » à moitié plein ou à moitié vide. Comme je l'ai souvent admis, vieillir est une étape brutale ; ce n'est pas pour les « mauviettes ». Vouloir garder la pleine maîtrise de nos attitudes, de nos attentes et de nos objectifs va à contre-courant d’une période de la vie qui exige une énergie soutenue, que nous ne sommes pas toujours prêts à fournir. 

J'ai constaté que cet état d'esprit mène souvent à un épuisement total donc une approche qui ne me convient pas du tout. Je perçois donc mon avancée en âge comme une aventure continue : je n'ai pas d'autre choix que de réagir avec vigueur en adoptant des idées, des projets et des actions qui me forcent à sortir de ma coquille et à me réinventer — un processus qui, presque à chaque fois, me surprend et me régénère. 

La fin du parcours se transforme alors en un moment fort, une apothéose, une fois que j'aurai pu accomplir tout ce qui était possible compte tenu de mes capacités et de l'énergie qu'il me restait. C'est, à mes yeux, une façon idéale d'aborder la vieillesse et de tirer le meilleur parti de notre dernier acte !

mardi, septembre 15, 2026

Le concert de Céline Dion à Paris

Bien que le retour de Céline Dion sur scène ait été précédé d'une campagne marketing percutante et soignée, nous avons pu regarder son concert de deux heures du 12 septembre sur notre grand écran grâce à des images filmées par des fans dans le public — ce qu'on appelle communément du « bootleg » — plutôt que via une diffusion officielle. 

La vidéo avait été tournée par des spectateurs présents à son spectacle parisien. Nous n'avons pas particulièrement aimé les tenues de la star (elle a changé de costume au moins cinq fois) ni par sa coiffure : le chignon lui donnait une allure sévère et, à mon avis, faisait trop ressortir ses traits de visage. 

Malgré la qualité amateur du film, nous avons trouvé que les tentatives de Céline Dion pour engager son public manquaient de naturel et ne suscitaient pas l'enthousiasme que l'on aurait pu attendre de la part de l’audience. 

Bien qu'elle se soit montrée très émouvante par moments, elle est tombée dans le piège de se prendre, elle et son spectacle, un peu trop au sérieux. Quant à la qualité de la prestation, les chansons en anglais étaient dans l'ensemble excellentes — en particulier « All by Myself » —, alors que les titres en français de Jean-Jacques Goldman passaient moins bien, tant sur le plan du contenu que de l'interprétation. 

Ma femme a un peu plus apprécié le spectacle que moi, mais aucun de nous n'aurait été tenté d'assister à l'un de ses concerts suivants, même si nous nous étions trouvés à Paris à ce moment-là et avions pu obtenir des billets. Le 14 septembre, la vidéo n'était plus disponible sur YouTube ... 

lundi, septembre 14, 2026

La question oubliée du 11 septembre

Quand j'ai appris la nouvelle des attentats terroristes du 11 septembre, je prenais mon petit-déjeuner à Vail, dans le Colorado, après ma course à pied matinale. En apprenant ce qui se passait à New York, la première pensée qui m'est venue à l'esprit fut : « Des années d'humiliation et de châtiment infligées à la population palestinienne sont la cause de ces attaques ».

Dans son ensemble, l'Amérique n'a pas perçu cette aspect de l'attaque dévastatrice. Animée par sa conviction d'être dans son bon droit et par un sentiment d'exceptionnalisme profondément ancré, elle s'est indignée : « Comment a-t-on pu nous attaquer de la sorte ? C'est totalement injuste, nous ne méritions absolument pas un tel traitement. » 

Je n'ai entendu nulle part la question : « Pourquoi nous a-t-on infligé ce châtiment atroce ? » Certes, se demander « pourquoi » aurait été logique, mais cette interrogation a été manifestement absente de notre réaction nationale. Du moins, c'est ainsi que je l'ai perçu. 

Il n'y a eu aucune analyse approfondie a posteriori, mais plutôt une immédiate guerre de vingt ans — jugée « bien méritée » — pour venger cette attaque, d'abord contre l'Afghanistan, suivie presque simultanément d'une autre, tout aussi coûteuse en vies humaines et en ressources, contre l'Irak. 

Une tragédie pour tous, mais aussi un rappel puissant : pour tirer les leçons d'une catastrophe, il faut toujours remonter à la cause profonde de celle-ci en posant une question toute simple : « Pourquoi ? »

dimanche, septembre 13, 2026

Une journée gratifiante !

Mon aventure avec l'espagnol a débuté en 2015, mais a été rapidement abandonnée faute d'un engagement suffisant de ma part ; toutefois, le mois de juillet 2024 et la perspective d'un voyage en Andalousie relançait très sérieusement mon effort. L'outil utilisé était Duolingo, un système qui a littéralement relégué aux oubliettes les méthodes Assimil de ma jeunesse que j’utilisais pour apprendre l'anglais, l'allemand et l'italien... 

En juillet dernier, je suis passé de Duolingo à TalkPal, un système d'IA basé sur ChatGPT. Il y a juste quelques jours de cela, j'étais franchement stupéfait de mes progrès en conversation, ce qui confirmait, s'il en était besoin, que j'avais fait le bon choix.

Certes, cette nouvelle méthode est bien plus douce pour un cerveau vieillissant comme le mien, mais elle ne peut pas pour autant réduire le temps d'assimilation et d'apprentissage aussi vite qu'on le souhaiterait. 

C'est comparable à faire pousser des laitues : les raccourcis temporels sont rares ou ont des conséquences ; pour l'apprentissage des langues aussi, les informations doivent se mettre en place et infuser lentement avant de révéler leurs merveilleux résultats. 

Ce processus, qui prend le temps de mûrir pour aboutir à un résultat gratifiant, est précisément ce que j'ai vécu il y a quelques jours. Ce fut une fantastique expérience de gratification différée, qui m'a rendu à la fois fier et heureux ! 

samedi, septembre 12, 2026

Les mésaventures d’Edgar Grospiron

L'actualité récente autour d'Edgar Grospiron concerne principalement la présidence du Comité d'organisation des Jeux olympiques et paralympiques d'hiver 2030 (COJOP) dans les Alpes françaises. Après le retrait de Martin Fourcade début 2025 en raison de désaccords avec les collectivités locales, Edgar Grospiron avait repris la tête du comité d'organisation. 

Ce qu’offrait l’ancien champion olympique de bosses était sa carrière de motivateur et aussi par son implication dans la candidature d'Annecy pour les Jeux olympiques d'hiver de 2018 qui s’était soldée par un échec cuisant et une nette défaite face à la ville sud-coréenne de Pyeongchang. La structure de pilotage avait souffert de retards à l'allumage, de luttes de pouvoir locales et du départ de figures clés, notamment de la démission d'Edgar Grospiron de son poste de directeur général fin 2010. 

Sur ces points, le choix de Grospiron était fortement discutable, comme je l’avais évoqué en mars dernier, car mis à part son expérience professionnelle qui n’apportait rien au programme complexe et logistique que représentait des JO prenant place sur l’ensemble des Alpes françaises, il n’avait pas l’exceptionnelle expérience qui demandait une mission aussi difficile. 

De part sa nature, Grospiron était un individualiste et non pas un individu animé par l’esprit d’équipe si important pour mener à bien sa tâche. Il n’a aussi rien fait pour effacer d'importantes turbulences internes, notamment des frictions persistantes entre l'État, les régions d'accueil (Auvergne-Rhône-Alpes et PACA) et le comité sur les arbitrages budgétaires et la carte définitive des sites d'épreuves. 

De plus, en matière de gestion interne, des départs successifs au sein des équipes ont eu lieu ainsi que des retards opérationnels et la commande d'un audit sur le climat social au sein du COJOP. Entre autres problèmes, les parlementaires ainsi que le CNOSF ont publiquement remis en question la gestion et la transparence du comité, menant à une crise de confiance. 

Face à tout cela et au risque d'impasse à moins de quatre ans des Jeux, le bureau exécutif du COJOP s'est réuni avant-hier pour mettre en place une restructuration majeure de sa gouvernance, poussant l'ancien champion olympique vers la sortie. 

vendredi, septembre 11, 2026

La malédiction du « couche-tard »

Alors que nous marchions à contre-sens d’une circulation plutôt dense entrant en ville vers 7 h 55, je pensais à tous ces gens qui ne sont pas du matin et qui peinent chaque jour à arriver à l'heure au travail, à une heure bien trop matinale. Quel supplice !

Moi qui suis plutôt du matin, je redoutais, en tant que jeune cadre, ces réunions de 16 h 30 qui s'éternisaient dans la soirée alors que mon cerveau n'était plus d'aucune utilité. Par un juste retour des choses, une fois devenu patron, c'est moi qui organisais des réunions tôt le matin, au grand dam de mes collaborateurs couche-tard… Voilà bien un manque total de mémoire et de compassion ! 

Certains (moi y compris) pourraient croire que la répartition entre « gens du matin » et « gens du soir » est 50/50, mais rien n'est plus faux. En réalité, environ 15 % des gens sont du matin, 15 % du soir, et les 70 % restants se situent quelque part entre les deux. Les personnes du matin (souvent surnommées « alouettes » ou « lions ») représentent une personne sur six ou sept. Elles se réveillent facilement et connaissent un pic d'énergie tôt dans la journée.

On trouve la même proportion de gens du soir (les « hiboux » ou « loups »), qui préfèrent veiller tard et atteignent leur pic de productivité la nuit. Viennent ensuite les autres, les profils dits intermédiaires (parfois appelés « ours » ou « troisième type d'oiseau »), qui constituent la majorité — sept personnes sur dix, ou plus de la moitié, selon le modèle de classification utilisé. Ils suivent un rythme intermédiaire plus flexible, calé sur les horaires diurnes classiques. 

Toutefois, ces catégories ne sont pas figées, car les préférences évoluent considérablement avec le temps. Si seulement 7 % environ des jeunes adultes sont des « alouettes » (un chiffre inférieur aux 15 % de la population générale), la grande majorité bascule vers un profil matinal à l'approche de la soixantaine ; la situation est donc mouvante. En fait, il est fascinant de voir à quel point l'âge et le sexe peuvent modifier ces chiffres. 

Si la génétique détermine notre profil de base, notre horloge interne évolue naturellement avec l'âge. On observe un changement biologique marqué vers une activité nocturne aux alentours de 20 ans. Environ 32 % des adolescents sont des couche-tard. En revanche, avec l'âge, l'horloge interne des adultes a tendance à se décaler naturellement vers une heure plus matinale. À 60 ans, plus de 63 % des personnes se considèrent comme des « lève-tôt », tandis que seules 7 % environ restent des « couche-tard ». 

Quant aux différences entre les sexes, des études génétiques de grande envergure révèlent qu'une plus grande proportion de femmes (48,4 %) se définit comme matinale par rapport aux hommes (39,7 %). Notre rythme de sommeil naturel — qu'on appelle chronotype — est largement déterminé par notre biologie et notre horloge interne, plutôt que par un choix conscient. 

Maintenant que vous savez tout ça, vous n'avez plus aucune excuse pour ne pas tenir compte du chronotype de vos collègues, de vos amis et de vos proches !