Vieillir n’est pas pour les mauviettes, car nous devenons vite obsédés que le temps qui nous reste est autant limité qu’incertain. Il est donc évident quand nous nous sentons ainsi à l'étroit, le moindre rêve qui pourrait naître en nous a peu de chance et va s’envoler précipitamment ou ne prendra jamais racine en notre esprit...
Ceci amène la question suivante : comment ces rêves pourraient-ils encore surgir et s'épanouir malgré ces contraintes temporelles que nous leur imposons ? Cette interrogation se situe au carrefour de la psychologie, de la philosophie et de l'essence même du vieillissement. Quand le temps semble compté, notre esprit s’arme de prudence.
Les rêves ne meurent pas parce que nous vieillissons ; ils meurent parce que notre esprit se transforme en comptable qui déteste le risque, calculant sans cesse si « cela en vaut la peine » au lieu de se dire « essayons » ou « et si on faisait ceci ou cela ... ? ». Par exemple : « Dois-je vraiment acheter un forfait de ski pour la saison ? Rien ne garantit absolument que je passerai l'hiver, pas vrai ? » Cette pensée traduit bien la réalité émotionnelle de ce changement.Ce que nous pouvons ajouter pour appuyer notre réflexion, c'est une explication qui permettra de définir un moyen par lequel les rêves peuvent émerger et se développer, même sous la pression d'un temps qui devient limité. Je suis convaincu de la réalité du repli psychologique lié au vieillissement : ce sentiment d'être à l'étroit est bien réel.
Il y a aussi le fait que sous la contrainte d’un temps limité, les rêves sont fragilisés et encore mis davantage à l’épreuve entre le besoin de se développer et de la peur de l'horloge qui n’arrête pas de tourner. Une solution à ce dilemme est de passer de « rêves d'une vie » à des « rêves saisonniers ». Quand nous sommes jeunes, nos rêves s'inscrivent dans de vastes trajectoires ; en vieillissant, ils doivent se réduire pour s'adapter à notre horizon temporel et pouvoir ainsi s'épanouir. Ils se transforment en inspirations plus modestes, plus précises et plus immédiates.
Tous les rêves n’ont pas besoin de vingt ans pour se réaliser. Ils peuvent se matérialiser en six mois, en juste trois semaines ou en une simple expérience d'un seul jour. Il nous faut juste une échelle adaptée au laps de temps disponible ! L’autre façon d’y arriver et de remplacer l'ambition par la curiosité. L'ambition est lourde et compliquée, tandis que la curiosité est bien plus légère et agile.
Si l'ambition demande : « Va-t-on pouvoir y parvenir ? » La curiosité demande : « Que va-t-il se passer si j'essaie ? » Nous poursuivrons cette discussion demain et explorerons ce subtil glissement de l'ambition vers la curiosité ; alors, si vous êtes curieux, revenez nous voir !








