vendredi, avril 24, 2026

La diplomatie selon Trump (Troisième partie)

L'incursion de JD Vance dans le domaine des relations diplomatiques a débuté lorsqu'il a prononcé un discours assez controversé lors de la Conférence de Munich sur la sécurité en février 2025, donnant le ton d'un style résolument conflictuel. Lors de cette réunion, il a interpellé ses alliés européens, les accusant d'ignorer la volonté démocratique, d'échouer sur la question de l'immigration et d'étouffer toute voix dissidente. 

Son allocution, qui mettait l'accent sur des perspectives populistes, a été qualifiée de « choc » ; elle a suscité la condamnation des responsables de l'UE tout en s'attirant les éloges des médias russes. Elle l'a clairement positionné comme l'antidote à l'art de la persuasion diplomatique classique. Ce fut la salve d'ouverture d'une série de revers sur la scène internationale qui ont amené l'opinion publique à s'interroger sur sa capacité à communiquer de manière intelligente.

J'ai lu son livre, Hillbilly Elegy, et j'en ai conclu qu'il n'avait rien appris de son enfance et de sa jeunesse difficiles. Envoyé en Hongrie pour soutenir le Premier ministre sortant, Viktor Orbán, il s'est ensuite rendu à Islamabad, où il a échoué à organiser un premier cycle de pourparlers avec les Iraniens. Comme l'a souligné la presse, le vice-président américain a, au cours de ces missions dignes de « Mission : Impossible », « bu jusqu'à la lie le calice empoisonné de la politique étrangère trumpiste ». 

Vance est rentré bredouille de ses deux missions à l'étranger, à la suite de l'échec des pourparlers concernant la guerre en Iran — tenus à Islamabad, au Pakistan, le 12 avril — et de la défaite retentissante du Premier ministre hongrois sortant Viktor Orbán, lors des élections législatives organisées en Hongrie ce même jour. 

Ces deux échecs successifs constituent « des revers majeurs pour le vice-président — largement considéré comme l'héritier présomptif de Trump — qui a été dépêché aux quatre coins du globe la semaine dernière pour entreprendre des missions dont les chances de succès étaient minces », analyse le Financial Times. Ceci d'autant plus que JD Vance, converti au catholicisme, est rentré à Washington juste à temps pour assister au bras de fer entre l'occupant de la Maison-Blanche et le pape Léon. 

Une fois de plus, Vance affiche une allure dure et résolue, mais cela est bien loin des qualités requises pour devenir un négociateur diplomatique efficace. À sa décharge — ainsi qu'à celle de Kushner et de Witkoff —, tous trois pâtissent d'un Département d'État exsangue, après le licenciement de 1 300 fonctionnaires en 2025 visant à réduire la bureaucratie à Washington. 

Les critiques — y compris des membres de l'Association du service extérieur américain — soutiennent que cette réorganisation, qui a frappé des bureaux stratégiques tels que ceux consacrés à la Syrie et aux droits de l'homme, a sapé le moral des troupes, tari l'expertise régionale et réduit l'efficacité de la diplomatie américaine. Pour l'heure, Vance n'a d'autre choix que de continuer à faire le dos rond tout en apprenant sur le tas — s'il entend conserver sa casquette de négociateur !

Le monde compte 399 million de journées-skieur !

Le nombre de journées-skieur à l'échelle mondiale a atteint un record de 399 millions au cours de la saison 2024-2025, dépassant le précédent sommet de 392 millions établi en 2018-2019, selon la 18e édition du *Rapport international sur le tourisme de neige et de montagne*, compilé par Laurent Vanat. Ce rapport couvre 68 pays et recense quelque 5 800 « domaines skiables extérieurs équipés et enneigés », dont 2 000 sont considérés stations de ski à part entière. 

Le cap des 399 millions représente une augmentation de 7,8 % des visites en glissement annuel et marque le total de fréquentation le plus élevé du XXIe siècle. Le rapport indique qu'après une chute de près de 50 % du nombre de journées-skieur à l'échelle mondiale lors de la saison « Covid 19 » en 2020-2021, le secteur a retrouvé son élan ; la plupart des marchés atteignent désormais, voire dépassent, leurs moyennes d'avant la pandémie. 

La fréquentation a progressé dans toutes les grandes régions, de 2023-2024 à 2024-2025, de nombreux pays — dont les États-Unis, l'Italie et la Russie — dépassant leurs moyennes précédent la crise sanitaire. Seuls le Japon et l'Allemagne n'auraient pas encore retrouvé leurs niveaux de fréquentation précédent la crise sanitaire. En termes de taille, les très grands domaines skiables (dont le rapport en recense 53) ont généré 22 % du total des visites en 2024-2025, tandis que les grands domaines (687) en ont enregistré 53 %. Les 4 099 petites stations restantes dans le monde ont totalisé 17 % des visites, tandis que les domaines de taille moyenne (961) en ont capté 8 %. 

Le modèle des forfaits saison (tels que les offres Epic ou Ikon) continue de façonner la demande, bien que le rapport suggère qu'il pourrait approcher d'un point d'inflexion aux États-Unis. Parallèlement, à l'échelle mondiale, la hausse des prix des forfaits vendus aux guichets pourrait dépasser celle du revenu par journée-skieur, exerçant ainsi une pression sur le rendement. Fait notable, la saison 2024-2025 a confirmé une tendance croissante du découplage entre fréquentation et enneigement naturel. 

Malgré un enneigement inférieur à la moyenne cette saison, certaines régions d'Europe et d'Amérique du Nord ont vus leur fréquentation se maintenir ou progresser, soutenue par la neige artificielle, l'efficacité des opérations et une forte demande. Sur les quelque 150 millions de skieurs recensés dans le monde, 33 % provenaient d'Asie et du Pacifique, 20 % des Amériques, 20 % d'Europe occidentale, 14 % des pays alpins (Autriche, France, Italie, Liechtenstein, Slovénie et Suisse), 11 % d'Europe de l'Est et d'Asie centrale, et 2 % du Moyen-Orient et d'Afrique. 

Assez de statistiques sur le ski pour aujourd'hui !

jeudi, avril 23, 2026

La diplomatie selon Trump (Deuxième partie)

En tant que membres de la famille et de l'entourage de Trump, il n'a pas fallu grand-chose pour transformer Jared Kushner et Steve Witkoff — deux promoteurs immobiliers — en négociateurs de stature internationale. 

Aujourd'hui, la capacité de ce duo à mener des négociations diplomatiques fait l'objet d'un débat intense, qui divise largement l'opinion entre les trumpistes — qui les considèrent comme de grands « négociateurs » — et les critiques, qui les trouvent hyper légers en matière de savoir-faire ainsi que d'avoir échoué sur d'importantes initiatives. 

Commençons par Jared Kushner : sa mission, au sein de la première administration Trump (2017-2021), consistait à élaborer les Accords d'Abraham, destinés à normaliser les relations entre Israël et plusieurs nations arabes. Au cours du second mandat (depuis 2025), il a travaillé sur les dossiers de Gaza, de la Russie et de l'Ukraine, ainsi que sur l'Iran ; il a par ailleurs été nommé Envoyé Spécial pour la paix à l'époque où Trump courrait après le prix Nobel. 

Il ne me semble pas avoir inventé la poudre. L'un des atouts majeurs de Kushner réside dans sa façon de faire deux choses à la fois : il aime gérer ses affaires immobilières tout en menant, parallèlement, des négociations diplomatiques pour le compte de son beau-père. Bien entendu, les partisans du mouvement MAGA le considèrent comme un « négociateur de classe internationale » doté d'une compréhension approfondie des questions politiques au Moyen-Orient. 

Des critiques plus avisés soutiennent toutefois que ses efforts diplomatiques — notamment en ce qui concerne l'Iran — ont été bâclés en raison d'un manque de compétence technique, ce qui a eu pour effet d'envenimer les conflits plutôt que de favoriser la paix ; de plus, ces initiatives auraient été entachées par ses vastes projets commerciaux avec les États du golfe Persique, auprès desquels sa société, Affinity Partners, a obtenu des financements. Voilà ce que l'on appelle des conflits d'intérêts en bonne et due forme !

Quant à Steve Witkoff, c'est avant tout un promoteur immobilier new-yorkais qui ne possédait aucune formation en politique étrangère ou en diplomatie avant 2025, date à laquelle il a été nommé Envoyé Spécial pour le Moyen-Orient et pour les missions de paix. Il a été chargé de jouer les médiateurs dans la guerre à Gaza, le conflit russo-ukrainien ainsi que dans les négociations avec l'Iran. Rubio — le fidèle toutou de Trump — lui attribue l’emploi de méthodes novatrices (?) pour faire progresser les intérêts des États-Unis. 

Il est décrit comme un négociateur « coriace » qui s'attache à comprendre les attentes de la partie adverse — une approche héritée de sa carrière dans l’immobilier — ce qui signifie, pour lui, que la diplomatie ne diffère en rien de la vente de maisons, d'appartements ou d’autre biens immobiliers. C’est précisément ce qui amène les critiques lucides à soutenir que Witkoff a confondu diplomatie et transaction immobilière, citant sa gestion « amateur » de dossiers complexes et techniques, tels que l’enrichissement nucléaire. 

On lui reproche d’avoir adopté des positions pro-russes lors des négociations, de n’avoir pas saisi les subtilités du protocole diplomatique et d’être perçu — tout comme Kushner — par certains comme un « agent d’influence israélien » poussant les États-Unis vers la guerre et soutenant Israël sans condition, plutôt que d’agir en tant que partie neutre. 

Ce duo plutôt incompétent incarne ce qu’on peu qualifier de « diplomatie transactionnelle », privilégiant les relations personnelles et leur « instinct » aux méthodes de négociation traditionnelles, bureaucratiques et pilotées par le Département d’État. Les partisans de Trump voient leur force dans la relation directe et privilégiée qu’ils entretiennent avec le Président, laquelle leur permet d’agir avec une autorité et une rapidité inaccessibles aux diplomates de carrière. 

Toutefois, s’ils ont contribué à l’obtention d’un cessez-le-feu et d’un échange d’otages à Gaza en 2025, leurs négociations sur des dossiers plus vastes — notamment avec l’Iran — ont été associées à une escalade de la violence régionale. Dans un prochain article, nous verrons si JD Vance s’avère un peu plus moins mauvais pour mener ce type de négociations diplomatiques…

mercredi, avril 22, 2026

La diplomatie selon Trump (Première partie)

Avant d'aborder la stratégie — ou son absence — qui est derrière les « marchés » que veut conclure Trump par le biais de négociations de haut niveau au niveau international, passons en revue les qualités requises pour bien négocier diplomatiquement. Cela implique une combinaison d'intelligence stratégique, d'empathie profonde et de résilience émotionnelle, afin de préserver de complexes relations et de sérieux enjeux, plutôt que de simples transactions commerciales. 

Voici donc quelques règles issues du bon sens. 

• Compréhension culturelle et empathie : Un bon diplomate doit comprendre les motivations, le contexte historique et les pressions internes qui animent la partie adverse. Cette empathie permet d'anticiper les arguments et de créer des solutions « gagnant-gagnant » qui permettent à toutes les parties de sauver la face. 

• Préparation et analyse rigoureuses : Les meilleurs négociateurs sont mieux préparés que leurs adversaires ; ils connaissent parfaitement les intérêts de leur propre pays et analysent toutes les données disponibles. 

• Patience et tempérament stratégique : La diplomatie exige la « patience d'un horloger » et j’en sais quelque chose moi qui ai fait l’école d’horlogerie de Cluses ! Cela requiert un tempérament calme et la faculté de bien se servir du silence, du « timing » et de pauses calculées pour faire avancer les objectifs sans paraître impulsif. 

• Écoute active : Les bons diplomates écoutent plus qu'ils ne parlent. L'écoute est un outil puissant pour déceler les motivations cachées, capter les signaux non verbaux et instaurer la confiance, plutôt que d’attendre son tour pour prendre la parole. • Intégrité et fiabilité : Pour bâtir des relations durables, un négociateur fait preuve d'honnêteté et d'équité, afin qu'on puisse lui faire une confiance absolue. 

• Flexibilité et créativité : Les négociateurs doivent pouvoir faire des compromis sans sacrifier les intérêts essentiels, en ouvrant des voies créatives et « hors des sentiers battus » pour briser les impasses. 

• Maîtrise de la communication : Cela n’implique pas que la maîtrise des langues, mais surtout le don d'utiliser un langage précis et mesuré pour être ferme sans offenser, ainsi que de savoir saisir subtilités et nuances. 

• Endurance et courage : Souvent, les négociations diplomatiques représentent des sessions de 12 à 16 heures sous haute pression, exigeant une résilience tant mentale que physique. 

En conclusion, la diplomatie de haut niveau est une relation à long terme, pas une transaction ponctuelle et isolée. Elle exige beaucoup de patience et un travail acharné ; elle ne saurait être déléguée à des individus inexpérimentés, aussi « intelligents » soient-ils. 

Idéalement, les négociateurs diplomatiques devraient puiser leurs compétences et leur expérience au sein du ministère des affaires étrangères, afin de maîtriser la complexité des relations internationales, la connaissance institutionnelle, et de bénéficier d'une confiance établie dans le temps auprès de leurs homologues étrangers. 

Malheureusement — et trop souvent —, les équipes de négociation se composent d'un mélange de professionnels de carrière et d’homme politiques, dépourvus de ce bagage essentiel. L’idée est de garantir que l'issue des négociations serve les intérêts nationaux et s'inscrive dans la durée, bien après que la question immédiate a été résolue. 

Demain, nous verrons si Trump est capable de telles missions et si les personnes qu’il charge d'accomplir ce travail en sont capables. Nous commencerons par évaluer les performances de Kushner et Witkoff par rapport aux critères que nous venons de passer en revue …

mardi, avril 21, 2026

Park City et l'autoroute 80

Quand nous nous sommes installés à Park City, pendant quatre ans, j’ai fait le trajet quotidien sur I-80 (Interstate 80) jusqu'à Salt Lake City. Je n'avais emprunté l'unique route à 2 voies précédente — la Route 40 — qu'une seule fois, en 1971 ; mais je dormais dans le bus à l'époque et n'en avais gardé aucun souvenir. 

Plus tard, en 1980, je suis retourné à Park City via l'I-80, sans toutefois savoir comment cet impressionnant tronçon d'autoroute avait vu le jour. Je sais désormais que l'I-80 a été achevée autour l'aéroport de Salt Lake City le 22 août 1986, tandis que mon trajet quotidien — entre Salt Lake City et Kimball Junction (Park City) — avait été fini en 1973. 

À cette date, les 4 675 km d'autoroute (entre San Francisco et le New Jersey) devenait la plus longue autoroute du monde. La transformation de l'ancienne US-40 à deux voies en I-80 — qui compte majoritairement six voies — a constitué l'un des exploits d'ingénierie les plus ardus de l'histoire routière de l'Utah, en raison des parois étroites et abruptes du canyon de Parley. La chronologie de l'achèvement qui suit témoigne de l'ampleur des travaux requis, lesquels se sont échelonnés de 1962 à 1973. 

  • 1850 : Parley P. Pratt achève la route à péage du Golden Pass, marquant la première occasion pour les chariots de contourner le canyon d'Emigration, dont la pente était bien plus raide. 
  • Fin des années 1950 : Suite à l'adoption du Federal-Aid Highway Act de 1956, les plans visant à transformer l'US-40 en une autoroute à accès contrôlé sont mis en chantier. 
  • 1962 : Le tronçon reliant Wanship à Silver Creek est inauguré, offrant pour la première fois une véritable sensation d'« autoroute » à l'est de Kimball Junction. 
  • 1969–1970 (La Grande Fermeture) : La phase la plus perturbatrice du chantier. Une section de 5,5 miles (environ 8,8 km) du canyon de Parley a été totalement fermée à la circulation pendant neuf mois (du 1er octobre 1969 au 23 juillet 1970). Les automobilistes devaient effectuer un détour par le canyon d'Emigration ou le canyon de Weber pour rejoindre Park City. 
  • 1971 : Les voies en direction de l'ouest de ce tronçon du canyon ont été officiellement ouvertes en juillet, achevant ainsi l'aménagement à quatre voies « séparées » dans la partie inférieure du canyon. 
  • 1973 : Le dernier segment, situé entre le réservoir de Mountain Dell et Kimball Junction, a été achevé, reliant officiellement la vallée de Salt Lake à Park City par une autoroute à chaussées séparées à grande vitesse. 

La construction d'une autoroute moderne à travers un étroit corridor montagneux devait surmonter des obstacles nécessitant une puissante ingénierie, telle qu’un dynamitage massif du rocher. 

Pour loger six voies de circulation dans la partie inférieure du canyon, les ingénieurs durent utiliser des tonnes de dynamite afin de faire sauter les falaises abruptes de quartzite et de calcaire. 

C'est la raison pour laquelle on observe aujourd'hui des parois rocheuses verticales spectaculaires à l'entrée du canyon. Ce qui m'a toujours stupéfié, c'est que l'autoroute a été essentiellement construite au-dessus du ruisseau dans sa section inférieure ; d'énormes buses ont été installées et le cours d'eau a dû être dévié à plusieurs reprises pour faire place à la chaussée. 

La montée abrupte vers le sommet de Parley, une déclivité de 6 % pour passer de 1 400 à une altitude de 2 170 mètres posait un gros problème de sécurité pour les poids lourds. La conception de « rampes de sécurité » pour les camions en détresse, ainsi que de larges courbes fluides, s'est avérée essentielle pour prévenir les accidents qui étaient légion sur l'ancienne route US-40. 

Les travaux de construction menés en 1967 près de l'entrée du canyon avaient nécessité des quantités massives de remblais, qui ont failli ensevelir « Suicide Rock » un lieu emblématique local (lequel se trouve désormais bien plus bas par rapport à l'autoroute qu'il ne l'était à l'origine). Le sommet culminant à plus de 2 100 mètres, les équipes de chantier ne pouvaient travailler efficacement que quelques mois par an. 

De soudaines tempêtes de neige en montagne interrompaient fréquemment les travaux et endommageaient les chaussées fraîchement posées ; mais en fin de compte, ces efforts ont contribué à faire de Park City la station de ski la plus accessible au monde depuis un aéroport international !

lundi, avril 20, 2026

Un virage explosif ?

Imaginez que tu skies très, très vite. Disons, un virage de type slalom géant à grande vitesse : tu es dans la dernière phase de la courbe et ton pied extérieur se libère soudainement du ski. Non, je ne parle pas d'un déclenchement intempestif de ta fixation, mais bien de ta propre chaussure qui explose — ou mieux encore, qui se désintègre. 

Inutile de préciser que c'est le genre d'incident qu'on ne souhaite pas subir en pleine descente ; c'est pourquoi, il y a quelques jours, Head USA a annoncé le rappel volontaire d'environ 1 890 paires de chaussures de ski haut de gamme à travers l'Amérique du Nord. 

Ce rappel fait suite à des indices indiquant que la coque des chaussures peuvent se détériorer spontanément et se casser, transformant potentiellement une belle descente fluide en une chute spectaculaire. 

Le rappel concerne spécifiquement les matériaux de couleur jaune fluo utilisés dans la fabrication de la coque des chaussures. Selon la marque, ces composants peuvent devenir cassants et se fissurer, compromettant ainsi l'intégrité structurelle de la chaussure. 

Si l'idée de voir sa chaussure se désintégrer en plein virage a de quoi inquiéter n'importe quel skieur, la Commission américaine de sécurité des produits de consommation (CPSC) a confirmé qu'aucun blessé n'avait encore été signalé à ce jour. 

Au cours de mes années passées dans le secteur de la chaussure de ski, nous avions quelques demandes de remplacement de garantie pour nos chaussures cassées, mais d'après mes souvenirs, la rupture survenait généralement durant la période de stockage. 

Head agit de manière proactive pour retirer les modèles encore utilisés et alerter les propriétaires avant que cette « détérioration » ne conduise à un accident à ski. Étant donné que ces chaussures sont sur le marché depuis plus d'une décennie (commercialisées entre fin 2015 et début 2026), de nombreux skieurs pourraient encore les utiliser. 

Si tu habites en Amérique du Nord, n'hésite pas à vérifier si tu as des chaussures Head correspondantes au signalement ! 

dimanche, avril 19, 2026

Quand ce qui paraît facile est si difficile !

Récemment, j'ai vu avec un immense plaisir l’interview des vainqueurs de la Coupe du monde de ski alpin de cette année : Mikaela Shiffrin et Marco Odermatt. Cet entretien, conçu comme un podcast, était mené par Nick Fellows, l'intervieweur officiel de la FIS (voir vidéo en anglais ci-dessous) . C’est là que Mikaela a confié que, lorsque les gens la regardaient skier, ils avaient l'impression qu’elle skiait facilement et sans effort, quand il s'agissait en fait d'un travail acharné, une vérité que personne ne voyait. Je ne peux qu'être d'accord. 

Ce qu'elle voulait dire relève de ces vérités d'une simplicité trompeuse, qui n'ont de sens que pour ceux qui vivent leur savoir-faire intérieurement assez longtemps pour apprécier le fossé qui existe entre l'apparence de la maîtrise et le prix à payer pour l'atteindre. Étant moi-même profondément immergé dans le monde du ski, son commentaire me touche assez profondément. Voici ce que j'ajouterais, non pas pour la contredire, mais pour ajouter à son idée et brosser un tableau plus complet et plus honnête de la performance de haut niveau. 

Lorsque le ski semble « facile », c'est parce que le skieur a consacré des milliers d'heures à éliminer les frictions, les « bruits » parasites, les hésitations et les micro-erreurs. Par conséquent, quand nous observons le skieur, nous ne percevons que fluidité, équilibre, évidence et grâce. Mais ce qui nous échappe, ce sont les milliers de corrections invisibles effectuées chaque secondes, un système nerveux entraîné à anticiper le chaos, un corps qui a essuyé toutes sortes d'échecs et un esprit qui a appris à rester calme sous la pression. 

En réalité, l'absence d'effort n'est pas l'absence de travail, mais plutôt son intégration totale. De fait, quel que soit le domaine où nous excellons, plus nous progressons, plus les rouages ​​internes de notre travail deviennent invisibles. C'est là tout le paradoxe de la maîtrise : le débutant laisse transparaître son effort, l'expert le dissimule, et le maître l'efface purement et simplement. 

Dans le cas présent, Shiffrin et Odermatt skient d'une manière qui apaise notre cerveau quand nous les observons ; pourtant, au plus profond d’eux-mêmes, le travail est colossal : un contrôle de carres d'une précision infinitésimale, des appuis qu’il faut réajuster à chaque fraction de seconde, et une re-calibration constante de la trajectoire, du timing et du ressenti sur neige. Nous ne voyons que ce qui se passe en surface, mais Marco et Mikaela, eux, vivent les turbulences qui agissent en profondeur. 

C'est précisément à ce moment-là que nous nous disons tous : « Elle est douée. Il est doué. Ça doit être facile pour eux. » Certes, le talent est bien réel, mais il n’est que l’étincelle ; ce que nous ne voyons pas, c’est le travail acharné, fastidieux, répétitif et solitaire qui transforme ce talent en force inéluctable. La maîtrise exige un rapport à l’inconfort que très peu de gens parviennent à développer et à maintenir. C’est là le point que Mikaela n’a pas exprimé à haute voix, mais c’est la pure vérité : la plupart d’entre nous refusent de prendre conscience de la difficulté du travail, car nous ne voulons pas endurer un tel niveau d’inconfort. 

Enfin, la maîtrise est une voie solitaire, et c’est précisément l’aspect dont on parle rarement. Plus l’ascension est élevée, peu sont ceux capables de comprendre véritablement ce qui est accompli ; ainsi, lorsque Mikaela affirme que les gens ne réalisent pas à quel point c’est difficile, elle ajoute : « La plupart des gens ne peuvent pas imaginer le monde dans lequel je vis. » Elle a bien raison. 

samedi, avril 18, 2026

Donald Trump, cet imparfait

Comme tout un chacun, Trump n'est pas parfait. Pour commencer sur une note positive, il faut lui reconnaître le mérite d'avoir transformé le temps — qui filait si vite avant qu'il ne soit notre dictateur — pour le faire littéralement s'immobiliser presque éternellement. 

Du côté négatif, Trump collectionne d’horribles traits de caractère que nous abordons maintenant. D’abord, c’est un grand impatient et je soupçonne qu'il manifeste des comportements liés au TDAH (trouble du déficit de l'attention avec ou sans hyperactivité) chez l'adulte, incluant l'inattention, l'impulsivité et l'hyperactivité. Ses détracteurs citent ses interruptions fréquentes et sa faible capacité de concentration qu’une observation attentive du sujet semble confirmer. 

ll est clair que l'impatience n'est pas un trait souhaitable chez un chef d'État, car cela conduit souvent à des décisions hâtives, à un jugement erroné et à la détérioration des relations diplomatiques ou politiques, plutôt qu'à l'élaboration d'une stratégie réfléchie et à long terme. 

Si l’impatience peut parfois créer une urgence, elle provoque souvent des prises de risque excessives, des échecs stratégiques et un niveau de stress élevé au sein de l’administration, de la Nation et aujourd’hui du monde entier. 

Bien entendu, j'ai constaté, au fil de ses deux mandats, que son impatience pourrait n'être que la pointe de l'iceberg si l'on retournait le « glaçon Donald » sur lui-même. 

Au repos, son iceberg révèle un narcissisme et un égoïsme extrêmes. « Moi, moi, moi » : tel est son mantra. Bien qu’elle puisse être assimilée à son impatience, son impulsivité et un comportement erratique s'ensuivent, car il est incapable de maintenir sa concentration ou de suivre les protocoles établis, ce qui l'amène à opérer des changements politiques abrupts par le biais des réseaux sociaux. 

Bien sûr, en tant que fils de chair de Geppetto — le papa de Pinocchio — ses mensonges, sa malhonnêteté et son manque de véracité, documentés par des milliers de déclarations fausses ou trompeuses, enfoncent le clou de son manque de crédibilité. Viennent ensuite l'intimidation et l'attitude agressive, qu'il a sans doute apprises auprès de son père biologique et de la mafia new-yorkaise. 

Pour conclure, il se montre également vindicatif et animé par une volonté inlassable d'obtenir réparation contre ceux qu'il perçoit comme déloyaux ou hostiles. Tout cela lui vaut de remporter le « Prix de la Malveillance Satanique » — à défaut de figurer sur la liste des nommés pour le prix Nobel de la paix !