lundi, février 16, 2026

Ralentir pour faire durer … (Première partie)

Il y a quelques jours, suite à l'accident de Lindsey Vonn aux Jeux olympiques, je lui ai été reconnaissant de me rappeler qu'avec l'âge, il est essentiel de ralentir ou du moins de modérer nos attentes en matière de performance. 

Face à cette réalité incontestable, je me demande comment les personnes très actives et compétitives peuvent réduire les risques qu'elles prennent et l'effort qu'elles fournissent en vieillissant, afin d'éviter les problèmes ou les accidents graves généralement liés à l'âge ? Il est vrai que les années n'effacent pas totalement l'identité d'une personne active, elles modifient simplement la probabilité de certains risques. Le véritable défi est psychologique.

Nos instincts, notre confiance et notre goût pour l'intensité restent intacts, tandis que nos réflexes, notre équilibre et notre capacité de récupération plongent discrètement et inexorablement. L'astuce n'est pas d'arrêter de vivre pleinement, mais d'adapter notre façon de prendre des risques, afin de rester dans la course au lieu d'être mis hors jeu par des accidents évitables. 

Avec l'âge, la force brute et les réactions instantanées deviennent moins fiables, mais la fluidité, l'habileté, la précision et la planification deviennent nos nouveaux atouts. Par exemple, lorsque je skie, ce nouveau paradigme me pousse à contrôler mes skis avec plus d'aisance et à privilégier des trajectoires plus fluides plutôt que de rechercher la vitesse et les secousses maximales. 

Lorsque je conduis, je suis infiniment plus concentré, je fais preuve d'une attention maximale, je suis beaucoup plus courtois et patient et, dans tous les cas, je ne fais pas moins de choses, mais je les fais de manière beaucoup plus intelligente. Dans mon vocabulaire et mon esprit, je remplace « faire mes preuves » par « me préserver ».

 Les jeunes repoussent souvent leurs limites pour se tester. Les personnes plus âgées repoussent leurs limites pour rester actives et en bonne santé pendant des décennies. Cela devrait nous faire dire : « Je ne suis pas là pour gagner aujourd'hui, je suis là pour bien continuer ces 20 prochaines années ! » Cet état d'esprit réduit naturellement la prise de risques inutiles. 

Demain, nous ajouterons quelques outils essentiels à notre arsenal, alors revenez nous voir ! 

dimanche, février 15, 2026

Que faire des menteurs ? (Deuxième partie)

Nous connaissons donc un ou plusieurs menteurs avérés. Qu’allons-nous en faire ? Tenter de les réformer, les mettre au congélateur, espérer un miracle ou les exiler loin de nous ? Quel type de relation choisirons-nous d'entretenir avec eux à l'avenir, si tant est qu'il y en ait une ? 

Si nous voulons rester amis avec quelqu'un qui ment, rappelons-nous que l'amitié repose sur la confiance. Si les mensonges érodent cette confiance, l'amitié devient déséquilibrée et précaire. Peut-on même être ami avec un menteur si les mensonges sont minimes, rares ou liés à un manque de confiance en soi ? Peut-être, si la personne est prête à en parler, à montrer des remords et à changer de comportement. 

Tout cela n'est que théorie ; personnellement, je préfère m'en tenir au proverbe du XVIIe siècle : « Trompe-moi une fois, honte à toi ; trompe-moi deux fois, honte à moi », qui signifie que si la première tromperie est la faute du menteur, la seconde est la faute de la victime qui n'a pas tiré les leçons de l'expérience. Je ne peux donc pas être ami avec un menteur si je me sens anxieux en sa présence ou si je remets constamment en question ce qu'il dit.

Cela est également vrai si le mensonge est employé pour manipuler ou contrôler. N'oublions pas que l'amitié est un choix ; nous ne devons à personne l'accès à notre vie intérieure. Se pose ensuite la question de savoir si les menteurs peuvent changer. La réponse est NON pour moi, mais elle pourrait être OUI, seulement si le manipulateur de vérité le souhaite.

 Rappelons-nous que les gens peuvent changer lorsqu'ils reconnaissent pleinement le mal qu'ils ont causé et se sentent suffisamment en sécurité pour dire la vérité. Ils doivent également être motivés à adopter des comportements plus sains et à pratiquer l'honnêteté même lorsque c'est inconfortable. Les gens ne changeront pas s'ils continuent à considérer le mensonge comme un outil très efficace, s'ils blâment les autres pour leur comportement, s'ils nient leur mensonge et continuent à tirer profit de la tromperie. 

Nous pouvons encourager l'honnêteté, mais nous ne pouvons pas forcer l'intégrité. C'est à chacun de décider, et je ne sais pas pour vous, mais je suis toujours incapable de lire dans les pensées des autres. Enfin, devons-nous rejeter les menteurs ou quel niveau d'accès peut-on accorder ? La confiance n'est pas un jugement moral, c'est un calcul. 

Nous devons absolument prendre nos distances lorsque quelqu'un ment constamment, nous fait du mal ou nuit à autrui. Ce n'est pas de la cruauté, c'est du respect de soi. Ce que nous ne devons pas faire, c'est humilier ou punir les menteurs et les qualifier de « mauvaises personnes ». Nous pouvons plutôt choisir de limiter leurs interactions avec nous, d'éviter de nous mettre en travers de leur chemin et de ne pas compter sur eux. Établir des limites n'est pas un rejet, c'est une question de clarté. 

J'espère que vous disposez désormais d'outils utiles pour naviguer dans les eaux troubles des relations avec une personne dont la fiabilité en matière de vérité est plus que douteuse …

samedi, février 14, 2026

Que faire des menteurs ? (Première partie)

Que peut-on faire des menteurs une fois qu'ils sont identifiés comme tels ? Quelle forme prendra notre relation avec eux ? Ce sont d’importantes questions qu’il n’est ni facile, ni agréable de traiter. Les relations humaines sont complexes, et le mensonge se situe à l'intersection de la confiance, de la peur, de l'insécurité et de l'autoprotection. 

Il n'existe pas de réponse unique et « correcte », mais il y a des pistes qui devraient nous aider à y faire face avec clarté et respect de soi. Nous avons déjà vu que mensonges et menteurs ne se ressemblent pas tous. Les gens mentent pour des raisons très différentes et il est important de comprendre le type de mensonge qu'ils utilisent pour nous aider à choisir notre réponse.

Commençons par les menteurs occasionnels ou motivés par la peur, ceux qui mentent parce qu'ils ont peur des conséquences, de l'embarras ou des conflits. Il y a un peu d'espoir avec ce groupe, car il peut changer et que certains se sentent un peu coupables. En fait, ils peuvent réduire leur mensonge quand ils se sentent suffisamment en sécurité pour être honnêtes. 

Ensuite, nous avons les menteurs compulsifs, ceux qui mentent par réflexe, même lorsque la vérité serait plus simple. Ils ont souvent appris à mentir comme mécanisme réactif et s'ils sont disposés et capables de faire des efforts, ils pourraient changer, mais je ne parierais pas là-dessus. 

Le groupe suivant, et plus inquiétant, est celui des menteurs manipulateurs ou égoïstes qui mentent pour contrôler, exploiter ou obtenir un avantage. Ce sont des individus dangereux. Ils changent rarement sans conséquences majeures ou sans aide professionnelle, alors ne les approchez pas ! Cela m'amène à la question de savoir si nous devrions envisager de travailler avec quelqu'un qui ment. 

Cela peut être envisagé, mais seulement avec des limites. Nous pourrions travailler avec quelqu'un qui utilise des mensonges motivés par la peur ou des mensonges mineurs, s'il reconnaît son comportement, fait de gros efforts pour s'améliorer et si nous sommes lucides quant à quoi s’attendre en pouvant en supporter les conséquences. 

Il est clair qu'il ne faut pas travailler avec quelqu'un qui ment si c'est pour manipuler les résultats, nier ou justifier ses défauts et les utiliser pour nuire aux autres ou miner la confiance au sein d’une équipe. Si une personne malhonnête est candidate à un poste dans un environnement professionnel, la clé est d'établir une structure rigoureuse avec des accords écrits et documentés précisant clairement les attentes, sans se fier aux seules promesses verbales. Il ne s'agit pas d'une punition, mais d'une mesure de protection. 

Demain, nous verrons s'il est possible de maintenir une relation avec des personnes malhonnêtes. Pourrions-nous rester amis avec elles ? Les amener à changer ? Ou devrions-nous simplement les éviter ?

vendredi, février 13, 2026

L’« art » du mensonge… (Deuxième partie)

Même lorsqu’ils sont liés d’une manière ou d’une autre, les mensonges sont tous différents. Aujourd’hui, nous allons essayer d’y voir plus clair dans leur diversité. Existe-t-il une bonne façon de les classer en catégories selon leur intensité, leur immoralité, leur opportunisme et les aspects qui définissent la moralité d’une personne ? 

Ce qui suit constitue une approche qui devrait tenir compte de tous ces éléments. En les classant par intensité, nous mesurons à quel point un mensonge s’éloigne de la réalité. Crée-t-il une distorsion minimale, comme de petites exagérations ? S’agit-il d’une fabrication modérée, mélangeant vérité et fiction ? Est-ce au contraire une invention totale sans lien avec la réalité ? Tout s’aggrave quand un mensonge cherche à tromper dans la durée. 

Ce facteur d’intensité est souvent lié à l’effort nécessaire pour conserver le mensonge indéfiniment. Si nous classons les mensonges selon leur poids moral, quel est le préjudice causé ou intentionnellement infligé par le mensonge ? S’agit-il de mensonges inoffensifs ou de nature sociale destinés à protéger les sentiments d’autrui ? S’agit-il encore de mensonges neutres utilisés par commodité, pour préserver son intimité et éviter des situations embarrassantes. 

On trouve également des mensonges intéressés qui servent à protéger son ego ou à éviter certaines conséquences. La situation s’aggrave quand les mensonges cherchent à nuire et à blesser autrui. C’est également le cas des mensonges malveillants qui visent à tromper pour un gain personnel ou pour faire du mal. Dans ces cas, l’intention néfaste du menteur est totalement dévoilée. 

Lorsque les mensonges deviennent opportunistes, nous mesurons la rapidité avec laquelle ils peuvent résoudre un problème. Comme ces mensonges de soulagement instantané utilisés pour échapper à un moment embarrassant. Les soi-disant « mensonges stratégiques », planifiés, calculés et souvent manipulateurs, sont encore pires. 

Souvent, ce sont des mensonges chroniques, des raccourcis pratiques et habituels utilisés pour éviter les responsabilités. L’opportunisme révèle souvent si le mensonge est impulsif ou délibéré. Enfin, il y a les mensonges qui révèlent la moralité de leur auteur. 

C’est probablement la dimension qui intéresse le plus les gens. Cela commence par des écarts occasionnels et sans grande conséquence qui font partie du comportement humain normal. Puis il y a ceux qui sont utilisés pour éviter d’assumer ses responsabilités, signe d’immaturité ou d’insécurité. En montant en intensité, on trouve les mensonges qui nuisent à autrui pour un gain personnel, révélant d’évidentes failles éthiques. Enfin, lorsque l’esprit devient trop confus, il y a le mensonge compulsif qui signale qu’il est temps de s’assurer les services d’un psychologue ou d’un psychiatre.

Aujourd'hui, avec Trump et ses complices, nous assistons à des mensonges qui réécrivent l'histoire et la réalité, révélant un narcissisme exacerbé ou une personnalité profondément perturbée. Bien sûr, le caractère ne se mesure pas au fait de mentir – tout le monde ment – ​​mais à la nature et aux motivations des mensonges, et à la manière dont leurs auteurs réagissent face à la vérité. 

Pour conclure ce voyage au pays des mensonges, demandons-nous s'il y en a plus aujourd'hui qu'autrefois ? Ils ne sont peut-être pas plus fréquent, mais ils sont bien plus visibles car la communication numérique laisse des traces indélébiles, les réseaux sociaux encouragent l'exagération et la mise en scène, les personnalités publiques font preuve d'une malhonnêteté désinvolte, les gens vivent dans des bulles informationnelles qui normalisent la distorsion de la vérité, et l'anonymat réduit la responsabilité. 

La perception d'une généralisation du mensonge est donc fortement amplifiée. Je crois qu'il n'y a rien de mensonger dans ce propos !

jeudi, février 12, 2026

L’« art » du mensonge… (Première partie)

Il me semble que le mensonge n’ait jamais été aussi répandu. En fait, je pense que Trump a « légalisé » cette pratique. Cela m’amène donc à me demander pourquoi les gens mentent, et si les mensonges peuvent être classés selon des catégories telles que l’intensité, l’immoralité, l’opportunisme, et s’ils peuvent nous aider à évaluer le caractère de ces gens. 

Nous pouvons nous interroger si le mensonge est réellement plus fréquent ou simplement plus visible dans un monde hyperconnecté, mais le sentiment d’être entouré de malhonnêteté est bien réel pour beaucoup d’entre nous. Nous parlons ici de la psychologie de la tromperie et du « spectre » moral du mensonge. En d’autres termes, pourquoi les gens mentent, comment ces mensonges diffèrent et ce qu’ils révèlent sur leur moralité. 

Ce que je me demande vraiment, c’est ce que révèle le mensonge sur ceux qui l’emploient ? Bien sûr, cela dépend du motif, des enjeux et de la manière. Un seul mensonge ne nous apprend presque rien, mais une façon de mentir nous apprend tout ou presque. Approfondissons ces différentes dimensions, en particulier la personnalité du menteur, car c’est là que tout devient intéressant. 

Les gens mentent pour un nombre limité de raisons, même si les formes varient à l’infini. La plupart des mensonges entrent dans une ou plusieurs de ces catégories. D’abord, l’autoprotection, c’est la raison la plus courante. Ils servent à éviter l’embarras, la punition, les conflits ou la perte de statut. Vient ensuite le besoin d’améliorer son image, ses compétences ou son attrait ; nous l’avons tous constaté. Cela inclut l’exagération, la fausse modestie et l’embellissement de CV. 

Il y a aussi le mensonge pour protéger les autres, ce qu’on appelle souvent les « petits mensonges ». Il est utilisé pour apaiser les gens, éviter de les blesser et maintenir une bonne harmonie. Dans une catégorie plus malhonnête, on trouve ceux qui utilisent le mensonge pour gagner un avantage, par la manipulation, l’exploitation ou la tromperie.

C’est là que le mensonge se pervertit moralement. Il y a aussi tous ceux qui mentent comme ils respirent, par habitude ou par compulsion. Ils mentent par réflexe, même quand la vérité serait tout à fait acceptable. Dans ces situations, ces personnes devraient clairement consulter un psy. 

Bien sûr, il y a aussi les mensonges que beaucoup d'entre nous utilisent pour faciliter les interactions sociales, comme de dire « Ça me fait tellement plaisir de te voir » ou « J'adore ta robe – ou ton auto – ou tes nouveaux skis », etc. 

Enfin, il y a ce qu'on appelle le « maintien de l'identité », quand les gens se sentent obligés de mentir pour préserver l'image qu'ils se sont construite d'eux-mêmes ou parce qu’ils « croient » à leur mensonges, tout à fait le mode opérationnel que Trump utilise au quotidien. 

Demain, nous verrons comment classer et mesurer les mensonges, alors restez à bien l'écoute et n'oubliez pas d'apporter un mètre pour mesurer tout ça !

mercredi, février 11, 2026

Qui est à l'origine du parapente ? (Deuxième partie)

En 1985, alors que Jean-Claude Bétemps, Gérard Bosson et André Bohn travaillaient au développement du parapente, Laurent de Kalbermatten fit son apparition. Ce pilote suisse passa des parachutes modifiés au modèle appellé « La Randonneuse », la toute première aile conçue exclusivement pour le parapente (utilisant un tissu non poreux et des suspentes rigides).

C'est à ce moment-là que le parapente cessa d'être une variante du parachutisme pour devenir un sport de vol libre à part entière. Ce modèle fut le point de départ de la production en série. D'autres fabricants et modèles suivirent rapidement. Avec la multiplication des modèles disponibles, le nombre de pratiquants se mis a augmenter, de même que le marketing et la concurrence entre les entreprises, contribuant au développement technique du parapente en termes de facilité d'utilisation, de performances et de sécurité. 

Le premier record de distance en vol libre, de 69,15 km, fut établi par Hans Jörg Bachmair le 10 juin 1989 et officiellement homologué par la Fédération aéronautique internationale (FAI). Le parapente s'organisa rapidement en sport à part entière. Le premier championnat d'Europe eut lieu en 1988 à Saint-Hilaire, en France. L'année suivante, le premier championnat du monde se déroula à Kössen, en Autriche. Bien plus tard, en 2004, le championnat d'Asie eut lieu à Handong, en Corée du Sud, et en 2008, eut lieu un championnat panaméricain à Castelo, au Brésil. 

Mon ami Anselme Baud, ex-professeur à l'ENSA, l'école des guides de montagne et des moniteurs de ski de Chamonix, et l'un des pionniers du ski extrême, joua un rôle dans l'introduction de l'utilisation des skis dans la pratique du parapente. Au début de l’hiver 79/80, à Plan Praz, la station intermédiaire de la télécabine du Brévent, à Chamonix, alors que Jean-Claude Bétemps effectuait des essais avec son « paraplane » (l’ancêtre du parapente), 

Anselme Baud eut l'idée de garder ses skis pour prendre de la vitesse au décollage. Il s'élança le long de la pente, plana sur quelques centaines de mètres avant de se poser à nouveau sur la neige et de repartir à ski. Anselme vit dans le parapente un « outil » lui permettant de descendre plus vite ou de franchir des obstacles infranchissables à skis. 

En conclusion, Jean-Claude Bétemps, avec ses partenaires André Bohn et Gérard Bosson, bien qu'ayant joué un rôle déterminant dans l'invention de ce sport, se sont davantage concentrés sur le développement technique et la promotion du parapente en tant que nouveau sport accessible, plutôt que sur une commercialisation agressive et une monétisation à la manière d'un Steve Jobs ou d'un Georges Salomon. 

L'immense popularité de leur invention a engendré un essor considérable dans les années 1980. Des fabricants indépendants se sont rapidement emparés du marché pour améliorer le matériel, donnant naissance à une industrie florissante dont ils n'ont pas profité. 

Maintenant, comme moi, vous connaissez toute l'histoire …

mardi, février 10, 2026

Qui est à l'origine du parapente ? (Première partie)

Le parapente m'a toujours fasciné et intéressé, même si j'ignorais tout de ses origines. Il a été précédé par le deltaplane, un précurseur clé de l'aviation à décollage à pied, inventé en 1963 par John Dickenson, un ingénieur australien spécialisé dans le remorquage de ski nautique.

Ce sont Bill Bennett et Bill Moyes qui ont perfectionné la conception de Dickenson au début des années 1970, transformant le cerf-volant de ski nautique en un deltaplane à décollage à pied, qui a immédiatement séduit un grand nombre de mes compatriotes français. Le deltaplane a mené au parapente, dont l'histoire est fascinante car elle ne repose pas sur une seule invention, mais sur une série de pionniers qui ont transformé un dispositif de survie (le parachute) en un instrument de loisir. 

En cherchant ceux qui sont véritablement à l'origine de ce sport tel que nous le connaissons aujourd'hui, on découvre un groupe de précurseurs techniques. Avant que le parapente ne devienne un sport, il a fallu inventer l'aile à double surface qui permettrait son fonctionnement. En 1964, un Américain, Domina Jalbert, le véritable inventeur, a breveté le Parafoil. On peut le considérer comme l'acte de naissance de l'aile à caissons. Avant lui, les parachutes étaient ronds ; après, ils sont devenus rectangulaires et capables de générer une véritable portance. 

Un an plus tard, David Barish, consultant pour la NASA, a développé le Sailwing (une aile à simple surface). 

Il fut le premier à pratiquer ce qu'il appelait le « vol de pente » sur une piste de ski à Hunter Mountain, près de New York, descendant quelque 60 mètres. 

Bien que Barish fût techniquement le premier « parapentiste », l'activité est tombée dans l'oubli pendant plus d'une décennie. 

Le 25 juin 1978, à Mieussy (à 27 km de Montriond, mon patelin d’origine en Haute-Savoie), trois parachutistes de l'aéro-club d'Annemasse décidèrent de décoller d'une pente afin déconomiser les frais de vol en avion. L’idée leur était venue en lisant un article du manuel de parachutisme de 1972 qui faisait relatait le vol de pente de David Barish. 

Jean-Claude Bétemps, qui fêtera ses 77 ans cette année, souvent considéré comme le père du parapente, avait réalisé le tout premier essai (un petit saut en bas d'une pente). André Bohn, parachutiste suisse de haut niveau, a ensuite effectué le premier véritable vol soutenu, un peu plus tard la même année, décollant du Mont Pethuiset et atterrissant 1000 mètres plus bas sur le terrain de foot de Mieussy.

Gérard Bosson a ensuite structuré l'activité et a fondé en 1979, avec Michel Didriche et Georges Perret, le premier club et la première école de parapente au monde : « Les Choucas » à Mieussy. Il a joué un rôle déterminant dans la promotion du sport à l'échelle internationale. 

Demain, nous verrons comment les améliorations et les adaptations successives ont façonné la pratique du parapente…