Il est étonnant de constater comment, parfois, alors que nous sommes fatigués et que notre journée de travail est terminée, comment un petit effort supplémentaire peut tant accomplir de choses et, à coup sûr, venir enrichir notre bilan journalier. Cela m’a été confirmé il y a quelques jours, alors que je préparais notre potager : une corvée annuelle que je déteste.
En m'appliquant vraiment, j’ai puisé des ressources, tant mentales que physiques, qui, une fois rendues ont fait toute la différence dans le résultat final.
J'ai ignoré ces voix intérieures qui m'incitaient à arrêter le travail trop tôt, et à laisser le travail inachevé, tant sur le plan qualitatif que quantitatif. Sans trop savoir comment, j’ai rassemblé les ressources nécessaires pour donner ce fameux coup de collier supplémentaire.
S'agissait-il là du vestige d'une habitude observée en grandissant au sein de ma famille, ou d'un réflexe que j'ai instinctivement gardé tout au long de ma vie d'adulte ?
C'est fort possible, mais quoi qu'il en soit, cette impulsion était bel et bien présente pour me donner une longueur d'avance le lendemain, quand j’ai repris le travail. Cela m’a tout simplement stupéfait et cet étonnement était bien justifié. Cela m'a fait prendre conscience qu’un tel « effort en plus » est rarement une question de force physique.
C'est une question d'intention. C'est cette décision silencieuse d'aller de l'avant plutôt que de reculer, même quand personne nous voit et va nous féliciter. C'est peut-être aussi la raison pour laquelle cela procure un sentiment si gratifiant en nous reconnectant à une part de nous-mêmes qui refuse de se contenter du strict minimum. S'agit-il également d'une expression de culpabilité ? C'est fort possible.
Une part de nous qui croit encore à l'importance de bien faire les choses, non pas pour qu’on nous en félicite, mais parce que c’est ce qui nous construit et nous maintient au niveau auquel nous aspirons. En prenant de l’âge, je prends conscience que ces petits choix s'accumulent et finissent par constituer une sorte de signature personnelle dans la manière dont nous nous présentons, y compris dans l'exécution des tâches les plus banales.
C'est peut-être pour cette raison précise qu’une telle réalisation est importante car elle me rappelle que je suis encore capable de cette petite poussée supplémentaire et de ce besoin discret à faire les choses correctement. Et en cela, j’y ai vu un véritable cadeau. En fin de compte, cet effort supplémentaire n'avait rien à voir avec mon potager. Il m'a simplement rappelé que nous avons toujours plus de ressources que nous l'imaginons — réserve que nous ne découvrons quand nous choisissons d'aller la puiser au plus profond de nous-mêmes.


