mardi, octobre 13, 2026

Rester motivé (Première partie)

Pour ceux d'entre nous qui ont besoin d’être motivés pour vivre, tout comme un grille-pain a besoin d'être branché, la motivation est comme une vague : elle va et vient, et lorsqu'elle s'éloigne, rien ne va plus. Alors, quels sont les trucs et astuces pour la raviver ? Cette métaphore met en lumière une distinction importante : le secret ne réside peut-être pas à maintenir sa motivation au top niveau, mais dans notre aptitude à saisir la prochaine vague — et à savoir quoi faire pendant la marée basse. 

Souvent, nous considérons la motivation comme un préalable à l'action où celle-ci lance l'action, qui à son tour engendre des résultats. Pourtant, dans la pratique, l'enchaînement s'opère fréquemment dans le sens inverse : l'action conduit au progrès, le progrès apporte de la satisfaction, et c'est cette dernière qui crée la motivation. Ce renversement de perspective constitue peut-être un des « ingrédients secrets » les plus utiles, car il nous évite d'attendre la vague de manière passive.

Il est vrai que lorsque la motivation s'évanouit, nous avons souvent tendance à dire : « Je m'y remettrai quand ma motivation reviendra. » C'est une attitude risquée, car la motivation peut s'éloigner de plus en plus ; et comme chacun sait « loin des yeux, loin du cœur ». Il vaut mieux, au contraire, abaisser considérablement le seuil de reprise en se disant : « Je vais y travailler cinq minutes » ou « Je vais juste lire deux pages ». 

L'objectif n'est pas d'accomplir la tâche en totalité, mais simplement de relancer la machine. Bien souvent, ces cinq minutes se transforment en vingt ; mais même si ce n'est pas le cas, nous avons rompu l'inertie. Une autre astuce efficace, lorsque la motivation est au plus bas, consiste non pas à réduire l'objectif final, mais à abaisser le point de départ. 

Au lieu de se dire « Je dois faire du sport », on se dit « Je vais d'abord enfiler mes baskets ». Notre cerveau oppose bien moins de résistance au démarrage qu'à l'idée de s'engager dans un projet complet ! Enfin, une dernière technique consiste à rendre l'activité attrayante, par exemple en écoutant sa musique préférée pendant l'exercice ou en se préparant un excellent café au moment d'écrire. 

Par ailleurs, la motivation devient fragile lorsqu'une activité se transforme en obligation ; il convient alors de se rappeler pourquoi nous la pratiquons. Pas pour une raison superficielle, mais pour une raison plus profonde. Par exemple, « Je veux apprendre l'espagnol » devient « Je veux éprouver le plaisir de pouvoir communiquer parfaitement avec tous les Latinos de Park City ». 

Demain, nous conclurons en approfondissant encore davantage ce sujet ; alors, soyez au rendez-vous !

 Ces dernières semaines, à l'approche des élections de mi-mandat, les panneaux électoraux ont commencé à envahir la plupart des jardins de Park City. L'un d'eux se distingue nettement : il est apolitique et se concentre sur ce qui fait vivre notre communauté, suffisamment de neige pour l’hiver ! 

« Votez pour Super El Niño » est une campagne communautaire et marketing pleine d'humour, lancée par Ski Utah en en prévision de la saison 2026-2027 pour rassembler skieurs et surfeurs après un hiver précédent médiocre et sans neige. Ski Utah est l'association professionnelle des stations du ski dans notre État, dirigée par Nathan Rafferty. 

L’idee, cette saison, est de nous offrir une parenthèse ludique et apolitique loin de l'agitation électorale, en unissant résidents et visiteurs autour d'un bel espoir commun : d'abondantes chutes de neige. Cette campagne amusante coïncide avec des prévisions météorologiques annonçant un phénomène El Niño puissant, voire « super », dans le Pacifique. 

Toutefois, comme le dit l'adage : « Fais attention à ce que tu souhaites, car cela risque de t'arriver », une grosse quantité de neige risquerait peut-être de se transformer en un excès problématique, à l'image de ce qui s'est passé l'été dernier et de ce qui continue de se produire à Portillo, au Chili !

lundi, octobre 12, 2026

Les vrais outils de persuasion (Troisième partie)

Pour affiner notre stratégie de persuasion, nous devons trouver ce bon « juste milieu » — l'élément manquant que je recherchais en posant ma question initiale. Voici le créneau dans lequel nous devons viser pour être là où il faut. Un manque d'affirmation de soi nous pousse à trop nous adapter, tandis qu'une exigence excessive suscite la résistance. Trop d'émotion dans notre ton risque de nous faire perdre en clarté stratégique. 

À l'inverse, une logique trop froide empêche de créer un lien avec l'interlocuteur. Il en va de même pour la parole : si nous ne pouvons pas nous taire, nous offrons à l'autre davantage d'occasions de formuler des objections. À l'inverse, une trop grande écoute peut nous faire manquer l'occasion de dire ce que nous voulons. Le juste milieu se situe donc quelque part entre ces extrêmes, en passant successivement de la clarté à l'empathie, puis à l'assurance, à la flexibilité et enfin au détachement. 

Ce dernier trait — le détachement — est peut-être le plus difficile à acquérir, mais aussi le plus puissant. Lorsqu'on est un vieux septuagénaire, comme c'est mon cas, on bénéficie parfois d'un avantage inexistant quelques décennies plus tôt. Nous avons accumulé des milliers d'expériences en matière d'influence : réussites, échecs, négociations, désaccords, malentendus, compromis et ces moments de révélation soudaine où l'on se dit : « Ah ! C'est exactement ce qui a amené cette personne à dire oui. » 

Nous avons en fait constitué un laboratoire personnel remarquable, une véritable base de données regroupant toute une vie de tentatives de persuasion. Désormais, au lieu de nous demander « Pourquoi n'ai-je pas obtenu ce que je voulais ? », nous devrions nous interroger : « Que se passait-il dans l'esprit de mon interlocuteur au moment où j'ai réussi — ou échoué — à l'influencer ? » 

C'est ainsi qu'avec le temps, nous pourrions élaborer notre propre théorie d'influence. C'est peut-être là l'élément insaisissable que je cherchais : non pas une formule magique pour contrôler autrui, mais une capacité, progressivement affinée, à savoir quand insister, quand écouter, quand faire une proposition, quand prendre du recul et quand laisser l'autre croire que la décision lui appartient entièrement. À mon avis, cela fait davantage appel au processus d'influence que de celui de la persuasion. 

Si j'avais mis cela un peu mieux en pratique quand j'étais jeune, j'aurais vendu plus de cours de ski ainsi que beaucoup plus de matériel de ski, et je serais parti à la retraite encore plus tôt !

dimanche, octobre 11, 2026

Les vrais outils de persuasion (Deuxième partie)

La persuasion regorge de paradoxes, à l'instar de celui-ci : plus nous tentons de contrôler la soumission d'une personne, plus celle-ci risque de résister à ce contrôle. En réalité, pour être puissante et efficace, la persuasion doit se faire aussi discrètement que possible. Songez simplement à la différence entre : « Vous devriez faire ceci parce que... » et « Comment voyez-vous la situation ? » 

Si la seconde proposition semble plus faible et moins impérative, elle invite en revanche l'interlocuteur à élaborer lui-même le raisonnement. C'est là que tout se joue : une fois que les individus ont formulé une idée dans leur propre esprit et avec leurs propres mots, ils ne se contentent plus de recevoir l'argument d'un tiers. Ils s'investissent pleinement dans la création de la conclusion. 

C'est l'une des raisons pour lesquelles les bons négociateurs, les thérapeutes et les personnes avisées posent souvent des questions plutôt que d'imposer ou d'exiger des actions précises. Ils ont compris que l'objectif n'est pas nécessairement de forcer quelqu’un à accepter une idée ou un règlement, mais de l'impliquer dans l’adhésion à la proposition. Plus important encore, ce que j'évoquais hier comme mon « besoin impérieux » de convaincre, repose sur une série de variables décisives qui encadrent souvent notre demande. 

Voici comment cela se passe : supposons que nous ayons désespérément besoin que quelqu'un soit d'accord avec nous. S'il ignore la raison précise de ce besoin, il peut souvent le ressentir à travers les changements de notre ton ou si notre débit de paroles s’amplifie. 

Nous anticipons les objections avant même qu'elles ne surviennent. Nous nous attachons à certains mots et réagissons émotionnellement à une résistance supposée ; toute cette mise en scène finit par affaiblir notre influence et le résultat final. Il y a une immense puissance à pouvoir se dire : « Je préférerais vraiment que vous soyez d'accord avec moi, mais je n'en ai pas besoin. » 

Cette posture psychologique nous laisse l'espace nécessaire pour écouter, nous adapter et même nous retirer ; paradoxalement, elle rend souvent l'accord plus probable. On pourrait soutenir que le véritable objectif n'est pas la persuasion, et c'est là que mon propos initial m'aide à orienter la suite de la discussion. Comme je l'ai écrit, j'ai passé toute ma vie dans des situations où j'avais besoin qu'on me fournisse ce dont j’avais besoin et où je devais persuader quelqu’un de me l'accorder ou simplement d'accomplir l’action désirée. 

Cela dit, au fil des ans, j'ai réalisé que viser ce type de résultat était souvent improductif. Peut-être que vouloir une victoire totale n'était pas le bon critère ? Si, ​​au lieu de me demander « Comment amener cette personne à me donner tout ce que je veux ? », je m'étais plutôt demandé « Comment faire évoluer la situation, autant que possible, vers une issue mutuellement acceptable ? », j'aurais peut-être ouvert la voie à beaucoup plus de démarche productive, car plus réalisable. 

Ce changement, bien que subtil, est considérable : on cesse de vouloir « tout gagner » en se concentrant sur une résultat quasiment total. Il faut garder à l'esprit que la meilleure stratégie d'influence consiste parfois à concéder quelque chose qui nous coûte peu, mais qui a de la valeur pour l'interlocuteur. Pour clore cette discussion, nous approfondirons cette stratégie dans notre prochain article, restez à l'écoute !

Une façon simplifiée de créer des vidéos ?

La création de vidéos est l'un de mes passe-temps favoris bien que cela me frustre souvent : l'élaboration du scénario, le tournage et, surtout, le montage prennent énormément de temps. 

Il y a peu, un ancien camarade de l’école d’horlogerie de Cluses m'a envoyé la photo d'un homme très athlétique sur lequel il avait superposé mon visage, accompagnée de cette légende : « Un lion en laisse... Il est prêt à tout pour frimer !... » 

J'ai répliqué en envoyant une de mes photos prise deux jours plus tôt, après une intervention chirurgicale à la joue pour ôter un sarcome. 

J'y ai ajouté ce commentaire : « Arrête tes bêtises, Robert : regarde ce qui m'est arrivé à cause de ton lion ! » Il n'a pas désarmé et a répondu : « C'est quoi ça ?... Ta femme t'a mordu ??? » 

Ce soir-là, je suis tombé sur un reportage présentant « EyeTell », un nouveau procédé révolutionnaire de production cinématographique. Il s'agit d'une plateforme vidéo et d'un studio virtuel pilotés par l'IA, créés par Chad Hurley (cofondateur de YouTube) ; l'outil permet aux utilisateurs d'écrire, de choisir les acteurs, de réaliser, de générer, de monter et d'exporter des vidéos courtes et des histoires interactives créées par intelligence artificielle. 

N'étant pas du genre à baisser les bras, je me suis dit : « Accroche-toi bien, Robert, je vais te rendre la pareille ! » Le lendemain, après une prise en main rapide du site, j'ai consacré une minute ou deux à donner à EyeTell les instructions pour le scénario d'une courte vidéo, j'y ai intégré ces deux photos et j'ai lancé le processus. 

Il a fallu deux ou trois heures au système pour traiter les informations fournies ; j'ai fini par obtenir sept courtes vidéos racontant ma mésaventure imaginaire avec le lion. J'aurais pu peaufiner la narration, mais je l'ai enregistrée spontanément, en une seule prise ; j'ai ensuite monté la vidéo et l'ai mise en ligne sur YouTube. Cette étape finale ne m'a pris que 10 à 15 minutes. 

Pour vous donner une idée et un point de comparaison, je réalise depuis plus d’une décennie une vidéo de fin d’année qui me demande habituellement entre 65 et 100 heures de travail. C’est stupéfiant – non, c’est terrifiant de voir comment, avec un bon scénario et les bonnes photos ou vidéos, je peux tout faire en une heure (au moins 65 fois plus vite). 

Ce programme EyeTell n’est pas destiné au genre de bricolage que je fais pour m’amuser, mais aux longs métrages complets. Hollywood a de très bonnes raisons de s’inquiéter de l’IA ! 

samedi, octobre 10, 2026

Les vrais outils de persuasion (Première partie)

Pendant toute ma vie — et probablement parce que j'en ai passé la majeure partie dans la vente — j'ai passé beaucoup de temps à essayer de convaincre les gens et à maîtriser un peu toutes les formes possibles de persuasion, avec des résultats qui tombaient rarement à cent pour cent de mes objectifs. Il est vrai que nous apprenons énormément sur le terrain, en essayant et en se trompant. 

Aujourd'hui à la retraite et bien moins impliqué dans les négociations qu’autrefois, je m'interroge toujours sur l'orientation actuelle de la recherche et de la réflexion quant aux meilleures pratiques pour approcher et maîtriser cet art bien difficile à maîtriser. À première vue, ma réflexion aurait pu porter sur la question de base : « Comment devient-on plus persuasif ? » ; pourtant, ce n'était pas tout à fait la voie que je suivais ni le résultat que je cherchais.

En réalité, je me demandais s’il était possible de mieux comprendre, mettre en œuvre et améliorer le processus de persuasion en le transformant peut-être en quelque chose de bien plus puissant, prévisible et efficace que ce que je pratiquais auparavant. Cet élément insaisissable que j'essaie de décrire est, en fait, l'influence : la capacité d'infléchir la pensée ou le comportement d'une autre personne alors que nous n'exerçons aucun contrôle direct sur elle. 

Comme on peut l'imaginer, ce sujet a fait l'objet de recherches et de découvertes considérables ; or, l'une des conclusions les plus intéressantes est que l'influence ne repose pas essentiellement sur le fait d'avoir le meilleur argument — contrairement à ce que j'ai souvent pensé. Cela m'a poussé à approfondir le sujet, et j'ai découvert que la clé réside dans la compréhension de ce qui se passe dans la tête de notre interlocuteur entre le moment où il entend notre argument et celui où il décide de la suite à donner. 

Contrairement aux idées reçues, le premier obstacle est rarement d'ordre logique ou simpliste — comme dans l'enchaînement suivant : je présente des faits convaincants, l'individu les comprend, y adhère, puis passe à l'action. En réalité, le fonctionnement humain est loin d'être aussi linéaire ; les individus filtrent l'information à travers le prisme de leur personnalité, de leurs émotions, de leurs expériences passées, de leurs intérêts personnels, de la confiance qu’on projette et — point peut-être le plus important — de leur désir de préserver leur autonomie. 

Pour préciser les choses : si quelqu'un a le sentiment que vous cherchez à le rallier à votre point de vue, un phénomène curieux risque de se produire : il opposera davantage de résistance, précisément parce qu'il percevra là une menace pour sa liberté. Dans notre prochain blog, nous examinerons des stratégies alternatives pour mieux convaincre tous ceux qui ont besoin de l’être ...

vendredi, octobre 09, 2026

Une auto plutôt chère

Il n'y a pas si longtemps, je pensais connaître toutes les voitures produites sur terre, donc je n'ai pas été trop surpris de m'interroger sur un modèle que je n'arrivais pas à identifier, il y a quelques matins de cela, alors que je vaquais à quelques occupations sur Main Street, à Park City. 

J'ai demandé à un passant de quel modèle il s'agissait alors qu'il prenait l’auto en photo ; il m'a répondu : « C'est une Aston Martin Valhalla ! » Je lui ai alors demandé : « Savez-vous combien coûte ce petit bijou ? » Il a répliqué : « Non, mais je peux vous dire que c'est bien au-dessus de mes moyens ! »

Depuis, j'ai fait mes propres recherches et découvert que l'Aston Martin Valhalla est l'une des supercars hybrides les plus sophistiquées et exclusives jamais construites : un bolide hybride rechargeable à moteur central combinant une aérodynamique issue de la Formule 1, un châssis en fibre de carbone et un V8 biturbo de 4,0 litres associé à trois moteurs électriques, le tout développant une puissance combinée de 1 064 ch et un couple de 1100 Nm. 

Elle est dotée d'une cellule de survie et de panneaux de carrosserie en fibre de carbone assurant une aérodynamique active, capable de générer plus de 600 kg d'appui aérodynamique à environ 240 km/h. Elle dispose de portes en élytre (ou portes papillon), qui pivotent sur une charnière fixée près du montant avant. À l'ouverture, la porte se déploie simultanément vers le haut et vers l'extérieur, offrant un large accès à l'habitacle tout en conférant à la voiture une allure caractéristique de supercar. 

Bien entendu, le véhicule est équipé d'une transmission intégrale avec vectorisation du couple sur l'essieu avant, et sa production est limitée à 999 exemplaires dans le monde. Elle peut passer de 0 à 100 km/h) en 2,5 secondes et atteindre une vitesse de pointe de 350 km/h. Le prix de ce monstre aux États-Unis est de 1 051 700 dollars tandis qu'il s'établit à 850 000 livres au Royaume-Uni et à 980 000 euros dans le reste de l'Europe. Eh oui, une « bonne affaire » à moins d'un million ! 

On m'a aussi dit que les modèles d'occasion se vendaient encore plus cher, alors je ne suis pas près d’en ramener une à la maison ...

jeudi, octobre 08, 2026

Le danger de l’abondance de choix(Quatrième partie)

Tout cela nous conduit à un paradoxe fascinant : un nombre restreint d’options est de nature à brider la créativité, tandis qu'une profusion de choix risque de l'étouffer. Cela veut dire que la créativité s'épanouira entre contrainte et liberté. Une interprétation intéressante pour faire avancer notre réflexion serait d'envisager un « budget de choix ». Cette idée ne vient pas de moi — elle m’a été suggérée par une autre source — mais je me suis dit : « Quelle excellente idée ! » 

D'ordinaire, l’idée de budget s’applique aux finances, mais pourquoi ne pas appliquer cette mesure pour nos décisions, sachant que chaque choix, même anodin, consomme une petite quantité d'énergie mentale et un temps limité qui devraient eux-aussi faire l’objet d’un budget. 

Quelle chemise porter ? Dans quel restaurant aller ? Quel podcast écouter ? Quel itinéraire emprunter ? Quelle marque choisir ? À quel e-mail répondre en premier ? Laquelle de ces 47 versions acheter ? 

Prises individuellement, ces décisions sont certes triviales, mais elles occupent une place considérable dans notre vie et consomment temps et ressources. La sagesse consisterait donc peut-être, en partie, à établir des choix par défaut. 

Cela pourrait se traduire comme toujours prendre le même petit-déjeuner, conserver une garde-robe réduite, avoir juste quelques restaurants favoris, une poignée de sources d'information fiables, un nombre limité de loisirs et une routine d'exercice prédéfinie. 

À cela s'ajouterait une règle simple : « Je ne remplace un objet ou une pratique que lorsque je n’en ai plus besoin ou qu'il me lâche ou me crée des problèmes. » Sans oublier sans doute l'une des règles les plus puissantes : « Une fois que j'ai pris une décision suffisamment bonne, j’arrête de chercher quelque chose de mieux. » Ce principe puissant permettrait de nous attaquer directement au phénomène du FOMO (la peur de manquer quelque chose). 

En approfondissant cette réflexion, nous pouvons voir au final que mon idée initiale mène vers une perspective plus profonde que le simple constat selon lequel « trop de choix m’épuise ». Cela soulève évidemment la question de la véritable nature de la liberté, que nous avons tendance à définir ainsi : « Je peux tout choisir. » 

Peut-être devrions-nous plutôt la définir comme suit : « Je ne suis pas obligé de tout envisager. » La première option nous offre un menu infini, tandis que la seconde nous apporte la sérénité dont nous avons tous besoin. Gardant cela à l'esprit, vous avez désormais toutes les cartes en main pour maîtriser et gérer l'immense éventail de choix qui continueront de vous assaillir au quotidien !

mercredi, octobre 07, 2026

Le danger de l’abondance de choix (Troisième partie)

Limiter délibérément nos choix peut-il nous rendre plus heureux, plus libres et même plus créatifs ? Je le crois, et je pense que c'est peut-être la conclusion la plus intéressante de notre réflexion sur la malédiction d’avoir trop de choix. Restreindre volontairement nos choix pourrait bien accroître notre liberté. Cela peut sembler contradictoire, à moins de distinguer la liberté de son potentiel par rapport à l'indécision. 

Si nous avons 10 000 possibilités devant nous, nous avons l’illusion d'une liberté illimitée. Mais si le fait de choisir parmi ces options dévore notre temps et notre attention, suscite de l'anxiété et nous laisse douter du bien-fondé de notre décision, nous pouvons nous sentir moins libres qu'une personne ayant délibérément réduit ses options à trois. Imaginez que vous décidiez de ne fréquenter que cinq restaurants. Cela peut passer pour une privation, mais un phénomène intéressant se produit : la nécessité de choisir disparaît.

Nous n'avons plus besoin de passer 30 minutes à lire des critiques, comparer des menus, regarder des photos et nous demander s'il existe mieux ailleurs. Nous choisissons simplement et, puisque nous avons cessé de comparer, nous pouvons bien apprécier le repas. Ce principe peut s'appliquer à bien d'autres domaines : vêtements, voyages, technologies, livres, loisirs et même amitiés. 

Une fois que nous cessons de comparer sans cesse ce que nous avons avec ce que nous pourrions avoir, ce que nous possédons devient plus satisfaisant. En fait, en faisant preuve d'un minimum de bon sens, le bonheur ne dépend pas uniquement de ce que nous possédons, mais aussi, en partie, de la place que nous laissons à comparer dans notre vie — moins il y en a, mieux c'est. 

Limiter le nombre de comparaisons peut nous rendre notre liberté ! Supposons que nous décidions de ne pas examiner chaque nouvel appareil électronique (téléphone, télévision, etc.), de ne pas visiter toutes les destinations, de ne pas lire tous les livres qu'on nous recommande ni de répondre à toutes les notifications de notre smartphone ; si, de surcroît, nous n'éprouvons pas le besoin de savoir ce que font les autres, nous n'avons rien perdu de notre liberté : nous avons reconquis notre attention, ce qui constitue peut-être l'une des formes de liberté les plus rares qui soient. 

Cela signifie que dire non à 95 % des possibilités offertes peut nous procurer davantage de temps et de liberté pour nous investir pleinement dans les 5 % restants. Enfin, les limites peuvent stimuler notre créativité, un fait bien connu des artistes. 

Prenez l'exemple d'un écrivain face à une page entièrement blanche et à des possibilités infinies : ce vide peut s'avérer paralysant. En revanche, si l'on donne à ce même écrivain un sujet précis, une longueur imposée, une date butoir et peut-être quelques mots devant impérativement figurer dans le texte, sa créativité trouve soudain un point d'appui contre lequel se mesurer. Il en va de même pour la musique, l'architecture, la cuisine ou la science. 

Les contraintes engendrent des problèmes à résoudre, et ces problèmes stimulent la créativité. Un peintre limité à trois couleurs peut découvrir des combinaisons qu'il n'aurait jamais envisagées avec une palette illimitée. Un cuisinier disposant de seulement cinq ingrédients peut inventer un plat d'une originalité remarquable. Un écrivain qui s'impose d'écrire 500 mots chaque matin peut produire davantage qu'une personne attendant indéfiniment le moment idéal ou l'inspiration. 

On pourrait multiplier ces exemples à l'infini, mais pour conclure notre réflexion, voyons enfin comment trouver l'équilibre parfait ? C'est ce que nous allons voir dans le prochain blog ...