jeudi, mai 21, 2026

L’évolution de l’image d’Avoriaz (Deuxième partie)

L’expérience des rennes utilisés comme mascottes d’Avoriaz fut de courte durée quand on réalisa qu’ils ne parvenaient pas à trouver sur place une nourriture et un climat adaptés. Pire encore, quelques-uns s’enfuirent et durent être récupérés en Suisse voisine. Parallèlement, à mesure que la station gagnait en popularité, il fallut opérer une transition vers des traîneaux tirés par des chevaux, acheminés depuis la vallée avec leurs cochers-propriétaires. 

Cela explique pourquoi le logo représentant un renne fut abandonné, même si l’on aurait pu opter pour des silhouettes stylisées de skieurs, de snowboardeurs, d’alpinistes, de vététistes, etc., à la manière des pictogrammes olympiques. De plus, l’école de ski locale finit par céder aux pressions du syndicat national des moniteurs de ski français et adopta leur uniforme national. 

La ville de Morzine imposa également la fusion de son nom avec celui d’Avoriaz, entraînant la création d’un nouveau logo et l’abandon de toute l’identité visuelle propre à Avoriaz. Le « Festival du Film Fantastique » (festival de cinéma de science-fiction) ne fut lui aussi qu’une tentative fragile d’attirer les célébrités françaises vers la station ; il perdit sa raison d’être à mesure que l’offre d’hébergement se développait, mais sans offrir la qualité ni les équipements que recherchaient les skieurs aisés. 

La station devint alors le produit idéal pour les voyagistes, sacrifiant par là même la clientèle plus huppée visée à l’origine et accélérant la stagnation de la qualité de ses hébergements, qui ne répondait bientôt plus aux attentes d’une clientèle plus fortunée. Par ailleurs, l’identité d’Avoriaz se trouva diluée au sein du vaste domaine interconnecté des « Portes du Soleil », ce qui contribua également à brouiller son image singulière. 

L’« invasion britannique » — stimulée par l’installation d’un hub EasyJet à Genève sur les cendres de Swissair — n’arrangea rien à l’affaire, attirant sur les pistes des hordes de jeunes semant la zizanie. 

Avec un peu plus de soin et une meilleure stratégie, Avoriaz aurait pu demeurer une station de ski de prestige, à l’instar de Courchevel ou de Saint-Moritz en Suisse ; mais l’attrait du gain rapide et facile est sans doute ce qui a convaincu le promoteur Gérard Brémond de changer de cap pour s’orienter vers le tourisme de masse (notamment via le Club Med) et de modifier ses plans initiaux. 

La suite, comme on dit, appartient désormais à l’histoire ...

mercredi, mai 20, 2026

L'évolution de l'image d'Avoriaz (Première partie)

Dès sa création en 1963, la station de ski d'Avoriaz s’était dotée d'une très forte et unique image, qui la plaçait véritablement en avance sur son temps d'un point de vue marketing. Cette identité fut par la suite abandonnée — un peu par paresse, manque de réflexion et mauvaises décisions ; mais ce n’est que mon opinion. 

Ce qui demeure incontestable, c'est que l'image de marque originelle d'Avoriaz s'ancrait dans son architecture avant-gardiste, son caractère entièrement piétonnier, la promotion d'un concept de « repère de skieurs » symbolisé par son emplacement au sommet d'une falaise située plein sud, face au massif des Hauts-Forts, et par son architecture mimétique. 

Son logo était destiné à évoquer tout cela, avec cette calèche tirée par des rennes, élément autant exotique qu’un peu gratuit. Il est communément admis que le premier logo, représentant ce renne stylisé, fut conçu au milieu des années 1960 sous la direction de Gérard Brémond, le promoteur d'Avoriaz. 

Contrairement aux stations traditionnelles qui confiaient leur communication à des agences externes, l'identité graphique initiale d'Avoriaz fut créée directement au sein du Studio d'Architecture d'Avoriaz (dirigé par Jacques Labro, Jean-Jacques Orzoni et Jean-Marc Roques). 

Le choix du renne relevait en partie du hasard et découlait directement du concept d'une station totalement piétonne. En 1966, afin d'assurer les déplacements sur les pistes interdites aux voitures, Gérard Brémond fit venir de véritables rennes de Laponie pour tirer les quelques traîneaux disponibles ; c'est ainsi que l'animal devint instantanément le symbole graphique de la station. 

Le design original jouait sur l'ambiguïté visuelle : les lignes épurées et géométriques des bois du renne étaient tracées de manière asymétrique, faisant directement écho aux lignes brisées et à la silhouette des premiers bâtiments de la station (notamment l'Hôtel des Dromonts). Quelques années plus tard, pour la création d'affiches publicitaires et autres déclinaisons graphiques, des graphistes allaient maintenir cette identité visuelle unique et avant-gardiste. 

Le traitement de l'image de marque reflétait la modernité d'Avoriaz comme nulle autre station de ski à l'époque. Le personnel lui-même portait des uniformes aux couleurs noir et orange ! 

Un employé clé d'Avoriaz — le regretté François Fallin — s'est révélé être l’artiste essentiel qui a peint inlassablement, à la main, la majeure partie de la signalétique de la station de ski : des lettres blanches sur fond noir, bordées d'un liseré jaune et orange aux angles arrondis, assurant ainsi, durant de nombreuses années, une identité visuelle cohérente et unique… 

Demain, nous verrons pourquoi l'image de marque d'Avoriaz s'est dégradée et ce qu'il aurait fallu faire à la place …


mardi, mai 19, 2026

Revoir enfin l’Eurovision de la chanson

Le dernier Eurovision de la chanson que j'ai pu voir a dû se dérouler entre 1967 et 1975, mais cela reste assez flou pour moi. Comme mes parents n'ont eu la télévision qu'en 1967, ce n'est pas avant cette époque que j'ai commencé à regarder l'émission. 

Bien sûr, je savais que la chanteuse italienne Gigliola Cinquetti avait remporté le concours de 1964 pour l'Italie avec sa chanson « Non ho l'età ». Elle fut suivie par France Gall en 1965 avec « Poupée de cire, poupée de son » ; mais au-delà de ces dates, ma mémoire flanche. Peut-être ai-je regardé les éditions de 1967, 1968, et peut-être quelques autres encore, avant de déménager en Amérique en 1977, mais je ne m'en souviens plus vraiment. 

Ai-je même vu la prestation d'ABBA avec « Waterloo » en 1974 ? Je n'en suis pas sûr non plus. J'ai simplement le sentiment d'avoir aimé les quelques émissions que j'ai eu l'occasion de voir quand j'étais jeune et passionné par la culture pop ; mais depuis, le Concours Eurovision de la chanson a cessé de faire partie de mon univers musical. 

Ce n'est que le week-end dernier — en regardant une bonne partie de la 70e édition du concours à Vienne — que j'ai pu apprécier ce que la version de 2026 proposait au public, diffusée pour la première fois via YouTube. 

Je n'ai pas été emballé par toutes ces chansons « formatées » et sur produites, qui n'ont ne vont pas me motiver à regarder l'émission de l'année prochaine. Je dirais que la chanteuse bulgare Dara — qui a remporté le concours cette année avec son hymne festif « Bangaranga » — a livré la prestation la moins mauvaise de l'émission, mais cela ne veut pas dire grand-chose. 

Elle a devancé l'Israélien Noam Bettan — que j'ai trouvé vraiment médiocre — ainsi que l'Australienne Delta Goodrem, qui ont terminé respectivement deuxième et troisième. 

Comme beaucoup, je me suis demandé pourquoi l'Australie participait à l'Eurovision ; mais la raison est tout simplement que le pays des antipodes adore cette émission, et que cela s'explique par les efforts de diffusion de longue date du réseau australien SBS, qui retransmet l'événement depuis 1983. 

Voilà, vous savez désormais tout sur ma relation avec l’Eurovision de la chanson ! 

lundi, mai 18, 2026

Panne d'électricité solaire

Un onduleur est l’appareil qui convertit le courant continu qui sort des panneaux solaires en courant alternatif qui va alimenter notre maison et dont l’excédent va aller le réseau électrique public. Sans que nous le sachions, notre onduleur solaire est tombé en panne le 16 mars. 

L'onduleur est un composant essentiel qui agit comme le « cerveau » du système, assurant l'activation, la gestion et la surveillance de notre consommation d'électricité. J'aurais dû m'en apercevoir si j'avais pris la peine de consulter l'application de mon smartphone qui m'informe du fonctionnement de notre installation solaire ; mais, comme tout marchait bien, je ne m’en suis pas soucié. 

Ce n'est qu'en avril que j'ai vérifié l'application, et j’ai réalisé que plus rien ne fonctionnait. Quelques jours plus tard, j'ai reçu la facture mensuelle d'électricité, d’un montant trois fois supérieur à la normale. J'ai contacté l'entreprise qui avait installé le système et, dix jours plus tard, un technicien est venu remplacer l'onduleur défectueux et a rétabli le courant en provenance du soleil. 

Pour ceux d'entre vous qui envisagent l'installation de panneaux solaires, sachez qu'il existe deux méthodes pour convertir le courant : soit à l'aide d'un onduleur central — comme le nôtre — soit en équipant chaque panneau d'un onduleur individuel (une solution bien préférable car elle n’implique qu’un panneau au lieu du système complet !). 

Nous sommes désormais de retour en pleine production et remercions le soleil, notre installation solaire, ainsi que tous ceux qui ont conçu cette invention si pratique et si utile !

dimanche, mai 17, 2026

Mon potager

Notre potager est de taille modeste, moins de 25 m², mais représente quand même beaucoup de travail. Il faut l'aménager et l'aérer en début de saison, le clôturer, y mettre de l’engrais et irriguer régulièrement pendant nos longs étés qui sont parfois assez chauds. Alors, tous ces efforts en valent-ils vraiment la peine ? 

Pour l'instant, je dirais que oui, bien que je n’en sois pas trop sûr, car cela représente pas mal de travail et de dépenses. Que puis-je donc espérer de ce hobby que je poursuis depuis une vingtaine d'années ? 

Bon, ce qui y pousse n'est pas du diversifié ; nous nous concentrons sur la laitue, les fraises et les herbes aromatiques, étant donné la petite surface que nous avons et une brève saison de croissance en montagne. 

Cela dit, ce que nous récoltons est à la fois frais et délicieux. De plus, nous avons acquis suffisamment d’expérience au fil des ans et prenons plaisir à nous en occuper et à récolter. Je suis également devenu plus patient en m'occupant d'un potager, car il n'existe pas de raccourcis : il faut simplement laisser le temps au soleil et à l'eau de faire pousser tout ça. 

Ainsi, même si notre laitue, notre persil, notre romarin et nos fraises sont bien plus chers qu’au magasin, nous les apprécions d'autant plus qu'ils sont le fruit de notre travail et qu'ils sont délicieux ; c'est pourquoi j'ai décidé que si Dieu le veut je continuerai à cultiver notre potager jusqu'à je passe la barre des 80 ans ...

samedi, mai 16, 2026

L'effort de plus

Il est étonnant de constater comment, parfois, alors que nous sommes fatigués et que notre journée de travail est terminée, comment un petit effort supplémentaire peut tant accomplir de choses et, à coup sûr, venir enrichir notre bilan journalier. Cela m’a été confirmé il y a quelques jours, alors que je préparais notre potager : une corvée annuelle que je déteste. 

En m'appliquant vraiment, j’ai puisé des ressources, tant mentales que physiques, qui, une fois rendues ont fait toute la différence dans le résultat final. 

J'ai ignoré ces voix intérieures qui m'incitaient à arrêter le travail trop tôt, et à laisser le travail inachevé, tant sur le plan qualitatif que quantitatif. Sans trop savoir comment, j’ai rassemblé les ressources nécessaires pour donner ce fameux coup de collier supplémentaire. 

S'agissait-il là du vestige d'une habitude observée en grandissant au sein de ma famille, ou d'un réflexe que j'ai instinctivement gardé tout au long de ma vie d'adulte ? 

C'est fort possible, mais quoi qu'il en soit, cette impulsion était bel et bien présente pour me donner une longueur d'avance le lendemain, quand j’ai repris le travail. Cela m’a tout simplement stupéfait et cet étonnement était bien justifié. Cela m'a fait prendre conscience qu’un tel « effort en plus » est rarement une question de force physique. 

C'est une question d'intention. C'est cette décision silencieuse d'aller de l'avant plutôt que de reculer, même quand personne nous voit et va nous féliciter. C'est peut-être aussi la raison pour laquelle cela procure un sentiment si gratifiant en nous reconnectant à une part de nous-mêmes qui refuse de se contenter du strict minimum. S'agit-il également d'une expression de culpabilité ? C'est fort possible. 

Une part de nous qui croit encore à l'importance de bien faire les choses, non pas pour qu’on nous en félicite, mais parce que c’est ce qui nous construit et nous maintient au niveau auquel nous aspirons. En prenant de l’âge, je prends conscience que ces petits choix s'accumulent et finissent par constituer une sorte de signature personnelle dans la manière dont nous nous présentons, y compris dans l'exécution des tâches les plus banales. 

C'est peut-être pour cette raison précise qu’une telle réalisation est importante car elle me rappelle que je suis encore capable de cette petite poussée supplémentaire et de ce besoin discret à faire les choses correctement. Et en cela, j’y ai vu un véritable cadeau. En fin de compte, cet effort supplémentaire n'avait rien à voir avec mon potager. Il m'a simplement rappelé que nous avons toujours plus de ressources que nous l'imaginons — réserve que nous ne découvrons quand nous choisissons d'aller la puiser au plus profond de nous-mêmes.

vendredi, mai 15, 2026

La mentalité « 2CV »

Aussi peu croyable que cela puisse paraitre, j’ai énormément appris en possédant et en conduisant une Citroën 2CV. Elle a fait de moi un véritable obsédé de l’efficacité, grâce à sa motorisation modeste, à sa conception ingénieuse et à son design inspirant — littéralement, de la tête aux pieds. 

Tout au long de ma vie, elle a suscité en moi une soif d’efficacité dans les domaines les plus variés : de la conception architecturale à celle de toutes sortes d’objets et d’appareils. 

Grâce à cela, je suis devenu un consommateur bien plus avisé, tout en développant une quête inlassable du meilleur équilibre entre design et performance. Elle a agi comme une sorte de catalyseur, tout comme bien d’autres objets ou situations peuvent l’être pour d’autres personnes. 

Merci à toi, humble 2CV !