dimanche, août 23, 2026

Mon astuce pour m’endormir (Première partie)

J’ai toujours eu du mal à m’endormir, que ce soit dans mon lit à la maison mais plus souvent encore, quand je dois voler de nuit. Ce n’est pas que je souffre d’insomnie, mais plutôt d’une activité cérébrale agitée qui me laisse peu de répit — sauf lorsque je médite, bien que cela soit le fruit de nombreuses années de pratique.

Quelles que soient les pensées qui occupent mon esprit — positives, négatives, amusantes, effrayantes ou autres —, elles finissent toujours par prendre de l’ampleur et du volume, devenant un véritable obstacle à mon sommeil. 

Pourtant, je crois avoir enfin trouvé la clé pour les apaiser : il me suffit d’observer intensément ma respiration, au point d’en faire mon unique point de concentration. Et ça marche. Je suis convaincu que ma pratique de la méditation m’aide énormément à y parvenir, mais rien n’empêche quiconque d’essayer ! 

Dans le prochain article, je tenterai de vérifier si cette hypothèse tient la route… ou pas !

samedi, août 22, 2026

Plus de chaleur, moins d'Aiguille du Midi …

L'érosion en montagne n'est pas un phénomène nouveau, mais elle semble s'accélérer à mesure que la planète se réchauffe et que le pergélisol — qui assurait autrefois la cohésion des sommets de haute altitude dans les Alpes et ailleurs dans le monde — ne parvient plus à maintenir en place d'imposantes masses rocheuses. 

Le mercredi 12 août 2026, un gros éboulement s'est produit sur la face nord de l'Aiguille du Midi, dans le massif du Mont-Blanc, au-dessus de Chamonix (France). Environ 15 000 mètres cubes de roche se sont détachés à plus de 3 600 mètres d'altitude, dans le secteur du couloir Mallory, projetant un immense nuage de poussière et de débris vers le bas de la montagne. 

Les vagues de chaleur extrêmes de cet été ont déstabilisé le pergélisol et les parois rocheuses de haute altitude, entraînant des contrôles de sécurité de la part de la Compagnie du Mont-Blanc ainsi que la fermeture du célèbre tunnel de glace du sommet de l’aiguille du midi suite à une fonte accélérée. D'autres sommets emblématiques subissent ces mêmes défaillances structurelles. 

Au Cervin, les fortes chaleurs estivales ont provoqué des chutes de pierres fréquentes et imprévisibles. En Suisse et en Italie, les associations de guides de haute montagne ont été contraintes à plusieurs reprises de suspendre les courses guidées sur des itinéraires majeurs (comme l'arête du Hörnli), car le gel qui assurait traditionnellement la stabilité des passages n’est plus en mesure de le faire. 

Par ailleurs, scientifiques et habitants surveillent actuellement avec inquiétude la formation rocheuse du Spitze Stei, qui surplombe le village suisse de Kandersteg. Sous l'effet de la dégradation du pergélisol, le versant perd activement de la hauteur ; certaines parties se déplacent jusqu'à 70 centimètres par jour durant le pic de fonte estivale. 

Les géologues estiment que si cette formation instable venait à s'effondrer d'un seul bloc, elle libérerait entre 15 et 20 millions de mètres cubes de roche, provoquant un glissement de terrain d'une ampleur bien supérieure à la catastrophe de Blatten de mai 2025. En fin de compte, tout ce qui se trouve en haut finit toujours par redescendre ! 

vendredi, août 21, 2026

La force de la curiosité (Troisième partie)

Si cultiver la curiosité est généralement une bonne chose, restons bien conscient qu’il existe aussi des formes malsaines. Chercher des réponses n'est pas toujours synonyme de sagesse et peut se transformer dans les écarts qui suivent : 

  • Une consommation compulsive d'informations 
  • Une intrusion dans la vie d'autrui 
  • Une fascination pour le sensationnalisme 
  • Une errance sans fin dans les méandres d'Internet 
  • Une accumulation de faits sans en saisir le sens 
  • Une quête incessante de nouveauté au détriment de la concentration. 

Il convient donc de distinguer la recherche de nouveauté de la véritable curiosité. La recherche de nouveauté demande : « Quoi de neuf ? » La curiosité demande : « Qu'y a-t-il d'intéressant ici que je ne comprends pas encore ? » Cette seconde approche est bien plus profonde. C'est peut-être là le plus grand bienfait d'une curiosité saine : elle constitue l'un des meilleurs antidotes à la certitude.

Lorsque nous sommes certains de savoir, l'investigation s'arrête ; mais lorsque nous nous disons « Je me demande... », la porte s'ouvre à nouveau. C'est pourquoi je pense que la curiosité et l'humilité sont étroitement liées. 

La personne curieuse reconnaît implicitement : « Ma vision de la réalité est incomplète », et cette prise de conscience gagne en valeur avec l'âge. Si je devais résumer cette idée en une seule phrase, je dirais ceci : le savoir nous indique ce que nous connaissons, tandis que la curiosité nous rappelle tout ce qu'il reste à découvrir. 

C'est peut-être l'une des raisons pour lesquelles une personne véritablement curieuse peut garder un esprit jeune bien après avoir pris de l'âge .

jeudi, août 20, 2026

La force de la curiosité (Deuxième partie)

Pour ceux d'entre nous qui n'utilisent pas la curiosité autant qu'ils le devraient — ou qui l'utilisent peu —, se pose la question : peut-on la développer tout au long d’une vie ? Personnellement, je ne pense pas que la curiosité ou son absence soit un trait immuable.

Certes, certains d'entre nous naissent naturellement curieux. D'autres le deviennent parce que quelque chose éveille leur intérêt. Et la curiosité peut aussi être cultivée délibérément. En fait, il existe un paradoxe merveilleux : on ne devient pas nécessairement curieux en découvrant des choses intéressantes ; tout comme l'intervieweur professionnel, on le devient en apprenant à chercher des questions intéressantes. 

Je trouve qu'une façon utile de devenir plus inquisitif consiste à prendre l'habitude de poser une question supplémentaire. Voici comment cela fonctionne : lorsque nous tombons sur quelque chose d'intéressant, au lieu de passer immédiatement à la suivante, posons une question supplémentaire. 

Par exemple : nous lisons que des étés exceptionnellement chauds peuvent influencer les élections ; nous nous demandons pourquoi. Nous découvrons qu'un parti politique réagit différemment ; nous nous demandons pourquoi. Nous découvrons que les électeurs ne réagissent pas nécessairement à la température de manière rationnelle ; nous nous interrogeons sur le mécanisme psychologique en jeu. 

Soudain, une simple observation s'est transformée en un parcours riche en enseignements. D'un point de vue pratique, j'aime cultiver et adopter une petite habitude qui commence par « Je me demande... » Ainsi, chaque fois que quelque chose attire mon attention, je formule la pensée suivante : 

  • Je me demande pourquoi... 
  • Je me demande comment... 
  • Je me demande si... 
  • Je me demande ce qui se passerait si... 

Nous ne sommes pas obligés d'approfondir chaque question. C'est important. La curiosité doit rester ludique, et non devenir une obligation rigide et guindée ! Commençons à développer cette habitude en choisissant, une fois par jour, une question à laquelle nous consacrerons 10 à 20 minutes. Au fil des mois, cela peut donner des résultats remarquables : nous commençons à voir des questions partout. 

La prochaine fois, nous verrons que la curiosité peut parfois nous entraîner sur des pentes glissantes, et comment éviter cela …

mercredi, août 19, 2026

La force de la curiosité (Première partie)

Peut-on bien apprendre sans curiosité, et que vaut une vie dépourvue de cette qualité essentielle ? Par ailleurs, la curiosité peut-elle se développer tout au long de l'existence, et comment apprendre à cultiver une belle dose de ce trait de caractère ? Toutes ces questions ont toujours fait partie de mes efforts d’amélioration et j'irais même plus loin en disant que la curiosité n'est pas une simple aide pour apprendre, c'est peut-être aussi notre plus puissant moteur éducatif.

La curiosité n’est pas indispensable pour apprendre — il y a la discipline, la scolarité, l'obligation, la répétition ou la nécessité — mais la qualité et la profondeur de ces outils sont différents. La curiosité transforme notre façon d'apprendre. Il existe une différence majeure entre se dire « Je dois apprendre ceci » et se demander « Pourquoi en est-il ainsi ? ». On peut affirmer que si la première attitude apporte le savoir-faire, la seconde amène davantage à la compréhension. C'est vrai que la curiosité nous pousse à poser les questions qui nous font aller au-delà des évidences : 

  • Pourquoi cela se produit-il ? 
  • Est-ce vraiment vrai ? 
  • Que se passerait-il si… ? 
  • Comment en sommes-nous venus à croire cela ? 
  • Qu'est-ce qui m'échappe ? 
  • Y aurait-il une autre explication ? 
  • Qu'est-ce qui peut me convaincre que j'ai tort ? 

Cette dernière question est particulièrement précieuse. Une curiosité saine implique de s'interroger sur ses propres convictions. Sans elle, l'apprentissage risque de se réduire à une simple accumulation de faits, d'opinions et d'expériences, sans que ceux-ci soient constamment réorganisés pour aboutir à une compréhension plus profonde. 

Cela nous amène à une question tout à fait logique : que devient la vie sans curiosité ? Elle n'est pas nécessairement malheureuse pour autant. Certaines personnes mènent une vie parfaitement confortable, heureuse et riche de sens en étant peu curieuses ; pourtant, dans ce cas, il manque quelque chose d'important. La curiosité confère à la vie une certaine fraîcheur d'esprit. Elle permet aux choses familières de redevenir intéressantes. 

Un arbre n'est pas simplement « un arbre » ; il devient une interrogation : pourquoi pousse-t-il ainsi ? Pourquoi ses feuilles ont-elles cette forme ? Quel âge peut-il avoir ? Que se passe-t-il sous terre ? Il en va de même pour les gens. Au lieu de penser « Je sais comment il est », la curiosité suggère : « Je me demande ce que j'ignore à son sujet. » 

Plus important encore, la curiosité laisse l'avenir ouvert. Elle nous dit : « Il reste peut-être quelque chose de merveilleux que je n'ai pas encore découvert. » C'est une attitude particulièrement puissante à mesure que nous vieillissons. L’avancement en âge réduit inévitablement certaines possibilités, mais la curiosité en ne cesse d’en créer de nouvelles. 

Dans le prochain article, nous verrons comment cultiver ou raviver notre propre curiosité ; alors, restons ensemble …

mardi, août 18, 2026

Alterra sous pression ?

Après des années de croissance effrénée et d'optimisme aveugle face au réchauffement climatique, Alterra Mountain Company doit désormais faire face à des vents contraires croissants — tant au niveau de l'entreprise que sur les plans juridique et opérationnel — qui reflètent des défis structurels de longue date dans l'industrie du ski, le tout culminant avec des départs récents de dirigeants et des suppressions de postes.
Basé à Denver, Alterra est un autre conglomérat de stations de ski ayant copié le modèle de Vail Resorts ; elle possède et exploite aujourd'hui près de 20 destinations de montagne (telles que Steamboat, Deer Valley et Mammoth Mountain) et gère l'Ikon Pass, un forfait multi-stations. Il convient de noter que Park City est la seule station de ski où les deux entreprises sont présentes.

À l'inverse, Vail possède et exploite environ 42 stations dans le monde, misant sur un réseau massif et hautement standardisé. Le portefeuille d'Alterra, environ deux fois moins étendu que celui de Vail Resorts, est largement complété par des partenaires externes associés à l'Ikon Pass. De même, Vail optimise l'accès à un vaste réseau et les flux de clientèle régionaux grâce à son Epic Pass, tout en appliquant une expérience client centralisée et standardisée à l'échelle du groupe ; Alterra, pour sa part, tenait à préserver davantage l'autonomie et le caractère unique de ses stations phares, bien que moins efficacement. 

Jared Smith a quitté son poste de PDG après trois ans et demi de mandat, laissant le comité de direction aux commandes de l'entreprise et venant de procéder à des licenciements touchant son personnel à temps plein (au siège de Denver, en télétravail et sur divers sites), une décision motivée par une structure de coûts inadaptée et un ralentissement de la croissance post-pandémie. Par ailleurs, l'entreprise — tout comme ses concurrents Vail Resorts, Boyne et Powdr, — a fait l'objet d'un recours collectif fédéral pour pratiques anticoncurrentielles en août 2026. 

La plainte dénonce une entente globale visant à gonfler le prix des forfaits saisonniers et des cartes journalières par la coordination et le partage de données tarifaires confidentielles via des plateformes de tarification dynamique. Cette action fait suite à une autre plainte fédérale déposée plus tôt en 2026, ciblant des pratiques de vente groupée anticoncurrentielles qui contraignaient les skieurs à opter pour des forfaits multi-stations coûteux (comme l'Ikon Pass) en augmentant artificiellement le prix des cartes journalières achetés aux guichets. 

Trop de dépendance aux « méga-forfaits » a souvent conduit à une fréquentation dépassant la capacité d'accueil physique des stations les plus prisées. Ces tensions ont été exacerbées par des cycles de chutes de neige historiquement médiocres dans l'Ouest au cours des derniers hivers, suscitant des interrogations quant à la rentabilité des vastes projets d'agrandissement du domaine skiable dans des stations phares telles que Deer Valley, ici même à Park City. 

Sans parler de l'éléphant dans la pièce : le réchauffement climatique, qui représente une menace imminente pour le modèle économique d'Alterra et de Vail Resorts. Je soupçonne que leurs dirigeants et leurs actionnaires commencent sérieusement à s'inquiéter de ce problème qui ne cesse de prendre de l'ampleur ...

lundi, août 17, 2026

Réchauffement climatique et politique américaine

Les chaleurs record de l’été influenceront-elle la politique aux États-Unis ? L'été caniculaire de 2026, pourrait avoir des répercussions politiques outre-Atlantique, bien que pas aussi simples que « la chaleur favorisera le vote démocrate ». Ce qui est intéressant, c'est que les conséquences politiques pourraient passer par des facteurs concrets — notes d'électricité, santé, assurances, accès à l'eau, agriculture, feux de forêt et désagréments du quotidien — plutôt que par le prisme de l'idéologie climatique. 

Juillet 2026 a été le mois le plus chaud jamais enregistré pour les États-Unis continentaux ; chacun des 48 États contigus avec une température supérieure d'au moins 0,5 °C à sa moyenne du XXe siècle. Par ailleurs, la vague de chaleur actuelle en août à touché quelque 97 millions d'Américains. L'impact majeur pourrait être d'ordre psychologique, car il existe une différence considérable entre entendre dire que « les scientifiques affirment que le climat se réchauffe » et constater personnellement « Je n'arrive pas à dormir parce qu'il fait près de 30 °C dans ma chambre, ma facture d'électricité s'élève à 300 dollars et mes enfants ne peuvent pas jouer dehors. »

Cette seconde expérience a une portée politique bien plus forte. Un sondage AP-NORC réalisé fin juillet a révélé que 90 % des Américains estimaient que ces chaleurs extrêmes avaient négativement affecté leur vie. Environ 80 % ont dit que leur facture d'électricité avait grimpé, tandis que près de 70 % ont fait état de problèmes dans leurs activités en plein air. Le changement climatique cesse ainsi d'être une question environnementale abstraite pour devenir liée au coût de la vie. 

Les Républicains sont confrontés à un dilemme politique particulièrement intéressant, Trump ayant activement œuvré à démanteler tout ce qui était en faveur d’un meilleur climat. Une enquête du Pew Research Center menée en mars révélait que 87 % des Démocrates jugeaient insuffisante l'action du gouvernement fédéral face au changement climatique, contre seulement 31 % des Républicains ; toutefois, les chaleurs extrêmes posent problème à ces derniers si leurs électeurs en souffrent. Imaginons un électeur républicain en Arizona, au Texas, en Utah ou en Floride qui déclare : « Je ne veux pas que Washington me dicte comment vivre. 

En revanche, je veux une électricité abordable, un approvisionnement en eau fiable, une protection contre les incendies et quelqu'un qui agisse face à ces journées où la température dépasse les 43 °C. » Cet électeur n'a pas nécessairement besoin de faire du changement climatique sa priorité ; il pourrait tout aussi bien se focaliser sur les questions d'adaptation et de coûts. 

Si, face aux épisodes de chaleur, les responsables politiques réagissent principalement par une hausse des prix de l'énergie, des restrictions visant les voitures à essence ou le gaz naturel, ainsi que par des réglementations coûteuses, des taxes et des interdictions, les électeurs risquent de mal réagir, même s'ils reconnaissent la réalité du réchauffement climatique. C'est pourquoi je pense que l'impact financier de l'énergie pourrait constituer la variable politique clé. 

À mes yeux, la perspective la plus intéressante n'est pas une victoire électorale écrasante des démocrates, mais l'émergence d'une nouvelle politique bipartisane axée sur l'adaptation au climat. Une telle évolution pourrait avoir, à long terme, des conséquences bien plus efficaces que la simple augmentation du nombre de personnes se disant préoccupées par le réchauffement climatique. 

En d'autres termes, l'été 2026 pourrait marquer le moment où le changement climatique cessera d'être une question du type « Y croyez-vous ? » pour devenir une interrogation sur la réponse à apporter à ce que nous subissons. Cela dit, cette question est bien plus périlleuse sur le plan politique pour les deux partis ...