mercredi, juillet 08, 2026

La saga Spyder de Dave Jacobs (Deuxième partie) 

Au départ, Jacobs a commencé à concevoir des pulls de ski de course pour ses fils, convaincu que l'équipement alors disponible pour les jeunes skieurs laissait à désirer : il n'était ni assez rapide, ni suffisamment protecteur, et n'avait pas été pensé pour la course à ski. 

Plutôt que d'attendre que l'industrie se mette à ce niveau, il décida de créer lui-même un meilleur produit. Il  débuta son activité de vente par correspondance depuis sa maison à Boulder, proposant un pull de course conçu avec ce dont avaient besoin les jeunes coureurs. L'entreprise n'allait pas rester petite bien longtemps. 

Le tournant s'est produit quand Jacobs a dessiné un pantalon de ski bleu marine doté de protections jaunes côtelées. Les jeunes skieurs trouvaient que ces protections ressemblaient à des pattes d'araignée ; Jacobs, toujours à l'affût des bonnes idées, avait sauté sur l'idée. En 1978, il baptisait sa société « Spyder », en référence à la Ferrari Spyder, l'une de ses voitures préférées. 

Ce qui avait commencé comme une solution artisanale pour de jeunes skieurs en compétition a rapidement grandi en une entreprise mondiale de vêtements de ski. Jacobs a orienté Spyder vers de multiples perfectionnements en matière d'aérodynamisme et de science des matériaux, traquant les mêmes gains marginaux qui comptaient pour lui lorsqu'il était compétiteur : des fractions de seconde, des degrés de chaleur, des grammes de poids en moins.,  

Cette stratégie a payé et Spyder est devenu fournisseur officiel des équipes de ski des États-Unis et du Canada, équipant des athlètes au plus haut niveau, y compris lors des Jeux olympiques d'hiver. Collègues et concurrents ont longtemps classé Jacobs parmi ce cercle restreint de pionniers de la branche du ski qui ont bâti leur entreprise à l'image de leur façon de courir en identifiant un problème sur la piste et en refusant de s'en accommoder. 

Son parcours, de la petite entreprise de vente par correspondance née sur sa table de cuisine jusqu'aux podiums olympiques, est devenu légendaire au sein de la communauté du ski. Malheureusement, après être passée entre les mains de divers fonds d'investissement et d'investisseurs incompétents, la marque a fini par disparaître ; c'est bien regrettable. 

En nous quittant, Jacobs laisse sa famille et  ses fils dont les débuts en compétition l'avaient inspiré de prendre aiguille et fil pour améliorer leur expérience. Sa légacie s'étend toutefois encore plus loin en touchant d'innombrables skieurs à travers le monde qui ont couru — en restant mieux protégés du froid, plus en sécurité et plus rapides — grâce à de l'équipement conçu selon les principes qu'il avait esquissés il y a des décennies. 

David Jacobs est un véritable visionnaire de l'industrie du ski ; il laissera un vide énorme. 

mardi, juillet 07, 2026

Dave Jacobs, 1933-2026 (Première partie)

 

L'ancien skieur alpin et entraîneur qui a fondé les vêtements de ski Spyder, vient de décéder au début du mois. Il avait 92 ans. La vie de Jacobs a été intimement liée au ski de compétition sous presque tous ses aspects, du portillon de départ jusqu'aux ateliers de fabrication. Il a débuté comme coureur en 1957 en remportant le championnat national de descente au Canada, exploit qui l'a propulsé parmi les meilleurs skieurs du pays à cette époque. 

Né à Montréal, Jacobs a commencé a skier à 13 ans. À 21 ans, il remportait le Kandahar du Québec et devenait membre de l'équipe nationale canadienne de 1957 à 1961. 

Il est ensuite passé de la compétition à l'entraînement, occupant le poste de chef entraîneur-chef à plein temps des skieurs canadiens de 1964 à 1966. À ce titre, Jacobs a travaillé en étroite collaboration avec une nouvelle génération d'athlètes canadiens, mettant à profit la technique acquise quand il courait. 

En 1965, Bob Lange avait contacté Jacobs pour savoir si l'équipe canadienne était prête à tester ses chaussures de ski. Après les avoir essayées, Dave Jacobs avait dit qu’elles étaient de « très mauvaises chaussures » et s’était rendu à l'usine de Dubuque (Iowa) pour suggérer plusieurs améliorations techniques. 

En juin 1966, trois paires de chaussures améliorées, étaient mises à la disposition de l'équipe canadienne lors d'un stage d'entraînement au mont Hood ; Gerry Rinaldi, Rod Hebron et Nancy Greene les avaient essayées et les avaient adorées. À Portillo, Jacobs réparait et modifiait sur place les Langes des skieurs tout en envoyant des rapports détaillés à l'usine. Ainsi, la chaussure évolua, gagnant en hauteur et en rigidité. 

C'est alors qu'elle se mit à séduire les skieurs de plus haut niveaux. Nancy Greene commença à remporter des victoires sur le tout nouveau circuit de la Coupe du monde avec ses Lange. C'est cette même année, en 1967, que fut fondée la société Lange-Jacobs Inc. qui ouvrit une petite usine à Saint-Jérôme, près de Montréal, pour y assembler les chaussures de ski. 

C'est aussi à cette époque que j'ai entendu parler de Jacobs pour la première fois. Après la fusion de son unité canadienne avec Lange USA en 1969, David s'installa à Boulder dans le Colorado. Il allait siéger au conseil d'administration et devenir vice-président de la société de 1969 à 1972. Durant cette période, il conçut la première chaussure de ski de compétition Lange, qui devint une référence en Coupe du monde et le modèle précurseur des chaussures de course Lange utilisées aujourd'hui. 

Toutefois, la contribution la plus marquante de Jacobs survint après la fin de sa carrière d'entraîneur et son activité chez Lange. C'est en effet en 1978, dans sa cuisine, à Boulder, qu'il lança ce qui allait devenir une entreprise de vêtements de sport de renommée mondiale. 

Restez avec nous pour découvrir la suite de l'histoire ...

La corruption de Trump et d’Infantino

En mettant de côté fierté nationale et préjugés (après tout, je suis citoyen américain), que dire du scandale déclenché par Trump auprès de la FIFA ? Alors que la plupart des Américains ressentaient une fierté nationale et l’instinct de défendre « notre équipe », l’affaire Trump-FIFA relevait fondamentalement d’une ingérence politique dans une instance juridictionnelle sportive internationale, de la volonté de la FIFA de contourner ses propres règles et des conséquences néfastes pour l’équité de la compétition.

La question centrale n’était pas de savoir si le carton rouge infligé à Balogun était sévère ; il s’agissait simplement du fait qu’un chef d’État s’est permit de pressuriser avec succès la FIFA pour annuler une sanction qui, selon le règlement, ne pouvait faire l’objet d’aucun appel. C’est pourquoi les instances mondiales du football ont réagi aussi vivement. 

Pour ceux qui ignoraient les faits ou ne s’en souviennent pas : Trump a personnellement appelé le président de la FIFA, Gianni Infantino, pour lui demander de réexaminer le carton rouge de Folarin Balogun. Il a aussi agi hypocritiquement en ignorant que le cas de Balogun relevait précisément de la citoyenneté par le droit du sol, une pratique que Trump dénonce pourtant avec véhémence. 

En réponse, la FIFA a annulé la suspension automatique d’un match en invoquant l’article 27 — une clause rarement utilisée permettant une suspension discrétionnaire des mesures disciplinaires. Furieux, l’UEFA, la Belgique, d’anciens responsables de la FIFA ainsi que de nombreux joueurs et entraîneurs ont condamné cette décision, la qualifiant d’« inédite », d’« incompréhensible » et de « ligne rouge franchie ». 

Les critiques soutiennent que cette annulation a porté atteinte à l’intégrité du tournoi et créé un précédent dangereux en matière d’influence politique sur l’arbitrage et les procédures disciplinaires ; je partage entièrement ce point de vue. Le scandale ne concerne pas Balogun (le joueur), mais l’avenir de l’équité sportive. 

Les petits pays de football (comme la Belgique) ne disposent pas d’un tel levier d’influence. Trump a fait preuve d’un jugement désastreux et chronique en suivant son instinct : il a donné une mauvaise image de l’équipe américaine et a suscité un tel ressentiment que la Belgique a remporté la victoire sous le coup de la colère, alors même que les Américains étaient, sur le papier, très compétitifs. 

Son intervention a mis en lumière un système à deux vitesses : d’un côté, des nations puissantes capables d’influencer les résultats et, de l’autre, le reste du monde contraint d’accepter des décisions qu’il ne peut contester. Ce déséquilibre est précisément ce que la gouvernance mondiale du sport est censée empêcher ; il ne s’agit pas là de politique footballistique ordinaire, mais d’une crise de gouvernance et d’une hypocrisie flagrante. 

Bien mal acquis ne profite jamais !

lundi, juillet 06, 2026

À quelle vitesse les ans nous font-ils vieillir ? (Deuxième partie)

Après avoir examiné les risques de mortalité et les performances physiques, nous aborderons aujourd'hui la fonction des organes et les marqueurs biologiques. Des recherches récentes, portant sur des milliers de protéines, de métabolites et de marqueurs d'ADN, ont montré que le vieillissement se déroulait par à-coups plutôt qu'à un rythme parfaitement constant. 

Certaines études ont identifié des transitions biologiques majeures autour de 

40-45 ans

60-65 ans

75-80 ans

L'âge exact varie selon les études, mais le constat général est que les systèmes biologiques subissent souvent des périodes d'accélération plutôt qu'un déclin régulier. Le vieillissement double-t-il donc à 70 ans ? 

Pas vraiment. Une description plus juste serait de dire que le rythme de déclin de nombreuses fonctions corporelles s'accélère après 70 ans, et souvent encore après 80 ans et 90 ans. Si l'on tentait d'exprimer cela mathématiquement, il n'existe pas de coefficient multiplicateur unique. 

Le tableau ci-contre en donne une illustration conceptuelle simplifiée. Certaines personnes semblent échapper à ce processus, ce qui témoigne d'une grande variabilité chez les gens âgées. À 80 ans, on trouve des individus qui ont besoin d'une aide au quotidien, d’autres qui font de la randonnée en montagne, qui skient régulièrement, qui voyagent à l'étranger et qui apprennent de nouvelles langues. 

Cette différence s'explique souvent par la génétique (peut-être 20 à 30 %), l'activité physique pratiquée tout au long de la vie, les antécédents de tabagisme, la composition corporelle, l'engagement social, la stimulation cognitive, la qualité du sommeil et tout simplement la chance ! En fait, chez les octogénaires en bonne santé et actifs, la trajectoire ressemble souvent à celle de personnes 10 à 15 ans plus jeunes. 

En réalité, le vieillissement ressemble moins à une voiture qui s'use kilomètre par kilomètre qu'à un barrage qui retient l'eau. Pendant des décennies, de minuscules défauts s'accumulent sans que cela n'ait d'effet visible. Puis, à mesure que les réserves diminuent, chaque défaut supplémentaire a un impact plus important. 

La résilience du corps – sa capacité à se remettre d'une maladie, d'une blessure, du stress ou d'un manque de sommeil – décline. De nombreux gérontologues considèrent la perte de résilience comme l'un des principaux indicateurs du vieillissement avancé. 

C'est pourquoi une type de 30 ans peut se remettre d'une mauvaise chute, d'une grippe ou d'une nuit blanche en quelques jours, tandis qu'à 80 ans, le même incident peut avoir des conséquences qui traînent pendant des semaines, voire des mois. 

Ainsi, la remarque de mon ami n'est pas littéralement exacte, mais elle illustre un phénomène réel : après 70 ans environ, et plus encore après 80 ans, de nombreux aspects du vieillissement deviennent de plus en plus non linéaires, car les réserves et la capacité de réparation du corps diminuent. 

Le corps ne vieillit pas nécessairement « deux fois plus vite », mais les effets du vieillissement deviennent progressivement plus visibles et plus importants.

dimanche, juillet 05, 2026

À quelle vitesse les ans nous font-ils vieillir ? (Première partie)

Un ami me disait souvent : « À 70 ans, notre corps vieillit deux fois plus vite qu’avant… » Je me suis toujours demandé si cette expression populaire française recelait une part de vérité et, si oui, si le coefficient « deux » était correct à 70 ans, mais de combien fallait-il l’augmenter à 75, 80, 85, 90 ans et au-delà ? 

Je me suis demandé s’il existait des études sur ce sujet, quelles étaient les mesures objectives et quelles en étaient les conclusions. Après quelques recherches, j’ai vite compris que l’adage de mon ami contenait une part de vérité, mais pas au sens littéral de « vieillir deux fois plus vite à 70 ans ». Les chercheurs qui étudient le vieillissement ont constaté que ce processus n’est pas linéaire. 

De nombreux aspects de la physiologie humaine déclinent progressivement pendant des décennies, puis s’accélèrent à certains âges. Cependant, cette accélération varie selon les paramètres mesurés. Il existe en réalité au moins quatre façons de mesurer le vieillissement : Le risque de mortalité (probabilité de décès au cours d’une année donnée) Les performances physiques (force, équilibre, vitesse de marche, endurance) 

La fonction des organes (cœur, poumons, reins, système immunitaire, etc.) Les marqueurs biologiques (ADN, protéines, inflammation, modifications cellulaires) Ces catégories ou aspects ne vieillissent pas tous simultanément. Concernant le risque de mortalité, l’une des découvertes les plus sérieuses en démographie est la loi de Gompertz, qui remonte aux années 1820. Elle démontre qu’après l’âge adulte, le risque de décès augmente de façon quasi exponentielle avec l’âge. 

On peut estimer que ce risque double tous les 7 à 9 ans après la quarantaine. Par exemple, si une personne en bonne santé de 60 ans présente un certain risque annuel de décès, ce risque est environ deux fois plus élevé à 68-69 ans, quatre fois plus élevé à 76-78 ans, et huit fois plus élevé à 84-87 ans. Cela ne veut pas dire que le corps vieillit deux fois plus vite ; cela signifie que les conséquences du vieillissement cumulé deviennent de plus en plus apparentes. 

En termes de capacités physiques, plusieurs fonctions corporelles déclinent à un rythme accéléré, à commencer par la masse et la force musculaires. Après 30 ans, la masse musculaire diminue lentement (environ 3 à 8 % par décennie), mais après 60-70 ans, la perte s'accélère souvent considérablement, la force diminuant plus rapidement que la masse musculaire elle-même. 

C'est pourquoi beaucoup de personnes constatent qu'à 80 ans, elles peuvent perdre en un an la force qu'elles auraient perdue en plusieurs années à 50 ans. La vitesse de marche et l'équilibre diminuent progressivement jusqu'à environ 70 ans, puis le déclin s'accentue après 75-80 ans. Ces mesures figurent parmi les meilleurs indicateurs de santé et de longévité futures. 

Demain, nous aborderons l'impact du vieillissement sur les fonctions organiques et d'autres marqueurs biologiques …

samedi, juillet 04, 2026

Purger rancune et ressentiment (Quatrième partie)

Pour éradiquer la rancune, j'ai commencé par un inventaire chronologique de mémoire, dressant la liste des ressentiments que j'éprouvais envers certaines personnes, en les classant par ordre d'intensité et en précisant les raisons. Parallèlement, j'ai établi une liste similaire, incluant les personnes envers lesquelles j'éprouve de la gratitude : mentors, amis, proches, collègues et même adversaires qui ont semé la graine qui a fait de moi ce que je suis aujourd'hui. 

Comme vous le savez peut-être déjà, la gratitude est importante dans ma méditation, et ces deux listes m'ont permis de constater que ma liste de gratitude est plus longue et plus significative que celle des ressentiments. L'avantage de cet exercice est que les rancunes se manifestent souvent comme un nuage émotionnel flou. 

Les identifier explicitement m'aide à les transformer d'une influence inconsciente en quelque chose que je peux voir et examiner consciemment. Cela dit, il y a deux façons acons très différentes d'établir cette liste : soit en dressant un inventaire détaillé des offenses et en les revivant sans cesse (une mauvaise approche), soit en la considérant comme un bilan visant à clore le chapitre. Voir l'exemple ci-dessous.

Les trois dernières questions de la liste sont cruciales. Au lieu de m'attarder sur « À quel point ai-je été mal traité ? », je me tourne progressivement vers « Qu'est-ce qui m'a vraiment blessé ? », « Quelle leçon en ai-je tiré ? », « Pourquoi ne pas pardonner maintenant ? ». Nombreux sont ceux qui découvrent que l'offense visible n'est pas la blessure la plus profonde. 

Par exemple, une trahison peut masquer un besoin d'amour, un conflit familial peut cacher un besoin affectif. Un léger manquement professionnel peut révéler un orgueil blessé, une rupture amicale peut dissimuler une déception. Une fois la blessure la plus profonde identifiée, le ressentiment s'atténue souvent considérablement. 

À mon âge, une autre dimension mérite d'être soulignée. J'ai découvert que certaines des personnes qui m'ont blessé étaient immatures ; la peur les faisait agir, elles avaient des tas d’autres problèmes ou encore elles étaient gravement malades ou décédées. Cela n'excuse pas leurs actes, mais cela modifie souvent le point de vue émotionnel. 

Beaucoup de personnes de mon âge font également état d'un changement intéressant : ce qui semblait autrefois de la malice apparaît de plus en plus comme de la fragilité, ce qui peut faciliter le pardon. Une fois toutes vos entrées terminées, je vous suggère d’utiliser cette phrase : « Cet événement fait partie de mon histoire, mais il n’a plus sa place dans mon avenir.» 

Nul besoin de vous forcer à pardonner immédiatement. L’objectif n’est pas de vous convaincre que la souffrance n’a jamais compté, mais simplement de cesser de payer une vieille dette émotionnellement. À bien des égards, ma démarche s’apparente à un bilan de fin de vie – non pas dans un sens morbide, mais plutôt comme la fermeture des comptes avant de passer à autre chose. 

Mon intérêt pour la méditation, la gratitude et le développement personnel continu fait que cet exercice se transforme moins en un catalogue de griefs qu’en une cartographie de la façon dont les difficultés de la vie ont contribué à me construire. En conclusion, entretenir du ressentiment, c’est comme tenir un charbon ardent dans la main avec l’intention de le jeter sur quelqu’un, c’est notre propre main qu’on brûle ! 

Lâchez prise et bonne chance ...

vendredi, juillet 03, 2026

Purger rancune et ressentiment (Troisième partie)

Éradiquer le ressentiment et la rancune de nos vies nous apporte une plus grande sérénité, nous évite de ressasser sans cesse les événements passés et améliore nos relations. Le ressentiment que nous pouvons nourrir envers une personne se répercute souvent sur nos interactions avec les autres. S'en libérer nous rend plus ouverts, patients et généreux. 

De plus, nous sommes moins vulnérables à la réouverture constante de vieilles blessures. Nombreux sont ceux qui finissent par comprendre que ceux qui leur ont fait du mal étaient eux-mêmes mus par la peur, l'ignorance, l'insécurité ou la souffrance. Comprendre n'excuse pas les comportements, mais cela peut apaiser la haine. Le sentiment de liberté accru qui découle du lâcher-prise est peut-être le plus grand bienfait. 

La liberté ne se limite pas à pouvoir faire ce que l'on veut. C'est aussi être libre des compulsions qui nous asservissent intérieurement, et le ressentiment en est précisément une. Je ne dis pas que la colère n'a jamais d'utilité. Si une personne est victime d'abus, d'exploitation ou de mauvais traitements, la colère peut signaler la nécessité d'établir des limites. Vouloir « pardonner et oublier » trop tôt peut parfois étouffer des besoins légitimes de protection, de responsabilité ou de justice. 

Personnellement, je ne crois pas qu'une personne immorale et hors-la-loi comme Trump doive être pardonnée avant d'assumer ses actes. Le mieux est souvent de reconnaître l'offense, d'accueillir ses émotions avec sincérité et d'en tirer les leçons nécessaires. Il faut ensuite établir des limites appropriées, puis se libérer du ressentiment. 

C'est là que je trouve le lien direct entre le processus de pardon et ma pratique de la méditation. J'éprouve de la gratitude, de la reconnaissance envers ceux qui ont marqué ma vie. Vient ensuite mon désir de faire des dernières années de ma vie une sorte d'apogée de développement personnel, et me défaire des rancunes s'inscrit naturellement dans cette démarche. Nombreux sont ceux qui constatent que gratitude et ressentiment se disputent le même espace mental. 

Plus on apprécie profondément les bienfaits, les leçons et les relations qui ont façonné notre vie, plus il devient difficile de rester préoccupé par de vieux griefs. Cela ne signifie pas devenir naïf ou passif. Cela signifie choisir les expériences qui méritent de rester présentes dans notre esprit. 

Dans mon prochain article de blog, je proposerai une démarche étape par étape pour préparer ce changement et lui donner toutes les chances de réussir !

jeudi, juillet 02, 2026

Purger rancune et ressentiment (Deuxième partie)

Effacer le ressentiment de nos esprits et de nos cœurs est très efficace mais implique plusieurs mécanismes. Le premier est qu’il nous faut cesser de nier la réalité. Typiquement, un événement douloureux s'est produit. Il n'aurait pas dû arriver, mais il est nous est tombé dessus. 

Notre esprit va pourtant passer des années à se battre contre un fait incontournable. Lâcher prise signifie enfin reconnaître la réalité sans toutefois l'approuver, ce qui libère une énergie mentale considérable. Ensuite, il est facile de comprendre que tant que notre état émotionnel s’accroche à des excuses, une punition ou le changement total d’une tierce personne, une grande partie de notre bien-être reste à sa merci.

Nous libérer du ressentiment, nous redonne le contrôle de notre vie intérieure. C'est précisément à ce moment-là que le message devient : « Ce qui s'est passé était horrible, mais je refuse de le laisser empoisonner mon présent. » À ce stade, notre stress se calme, car la colère et le chagrin retournent nos systèmes de défense contre nous. 

Le fait de ressasser sans cesse les blessures va entretenir un stress des plus élevé, des tensions musculaires, une vigilance accrue et une réactivité émotionnelle exacerbée. Dès que la rancune perd son emprise émotionnelle, le corps se détend, la tension disparaît. À cet instant, l'attention redevient disponible. 

Nous savons tous que l'attention est une ressource limitée qui va enfin bénéficier de toute l’énergie qui était gaspillée pour gérer ce ressentiment. Cette énergie supplémentaire pourra être redirigée vers nos relations, notre créativité, l'aide aux autres, l'apprentissage, la spiritualité et tout simplement le plaisir de vivre. 

En substance, pardonner, ce n'est pas donner quelque chose à celui qui nous a offensés, mais c’est bien récupérer une ressource qui nous appartenait avant ! Il est temps maintenant de faire la liste de toutes les rancunes que nous avons accumulées – et croyez-moi, il y en a bien plus que nous ne le pensons – et ensuite, de les faire disparaître. 

Boum ! Je l'ai fait et croyez-moi, c'est libérateur ! Demain, nous verrons quels bienfaits nous retirerons …