mardi, février 03, 2026

L'apprenti diagnostiqueur (Première partie)

Quel que soit le problème à résoudre, poser le bon diagnostic n'est pas toujours simple. Ces derniers mois, j'ai eu des difficultés après avoir installé de nouveaux thermostats Google-Nest, et à plusieurs reprises, j'étais tellement concentré sur ces appareils que j'ai oublié qu'il faut être deux pour danser le tango. 

Dans ma myopie, j'avais négligé le fait que ma chaudière pouvait aussi jouer un rôle dans ce que je pensais être le dysfonctionnement de mes thermostats. Cela m'a donc amené à examiner la chaudière et, pour faire court, j'ai finalement déterminé qu'elle était bien la source de mes problèmes. 

J'ai déjà vécu une situation similaire avec des chaussures de ski, où le problème n'était pas le « canting », mais leur positionnement longitudinal sur mes skis, ou encore avec la préparation des skis, quand l’obstacle était ma technique. 

On apprend toujours beaucoup de nos diagnostics hâtifs. N'est-ce pas une erreur courante que nous commettons tous lorsque nous essayons de résoudre un problème ? Nous sommes tellement obsédés par un élément que nous oublions qu'il peut être intimement lié à un autre dans l'ensemble du système ? 

Ce que je viens de décrire est l'un des pièges cognitifs les plus universels dans lesquels nous tombons. C'est ce qu'on appelle la « vision tunnel ». Lorsque quelque chose ne fonctionne pas, l'esprit se concentre instinctivement sur le composant le plus évident ou le plus récemment modifié. 

Dans ce cas précis, les nouveaux thermostats étaient les nouveaux venus, brillants et suspects, et ont donc eu toute mon attention. Pendant ce temps, la chaudière, « vieille servante fidèle », m’a totalement échappé. 

Si vous souhaitez découvrir les causes de cette étrange façon de penser, lisez le blog de demain ...

lundi, février 02, 2026

Quand Salomon s’est mit à la chaussures de ski (Deuxième partie)

Le manque de performance de ses chaussures à entrée arrière a rendu Salomon vulnérable aux critiques des skieurs expérimentés, des vendeurs de magasins et de la presse spécialisée. Ce groupe, majoritairement masculin à l'époque, a soudainement et fermement rejeté le concept de la chaussure à entrée arrière, au point que le bureau d'étude Salomon n'a eu ni le temps ni la latitude nécessaires pour améliorer le concept.

Ce revirement a été au grand dam d'innombrables utilisateurs qui appréciaient la praticité et la simplicité de ce mode d’entrée, ainsi que des loueurs ayant un grand parc de matériel. On peut même dire que cela a probablement freiné la croissance du ski. 

Probablement aveuglé par ses efforts pour lancer son propre ski, Salomon a manqué l'occasion de rester la marque dominante sur le marché des chaussures. À la fin des années 1980, les chaussures à entrée arrière étaient largement adoptées par une grande majorité de skieurs, et Salomon était considéré comme le leader du marché dans cette catégorie, notamment pour la conception de chaussures axées sur le confort et le coté pratique, donc celles que la grande majorité des skieurs recherchaient. 

Lorsque le concept de la chaussure à entrée arrière est tombé en désuétude au début des années 1990, et que l'entreprise s'est empressée d'acquérir San Giorgio (un achat précipité d'une marque italienne de second rang fabriquant des chaussures à quatre boucles), Salomon a dû réapprendre à fabriquer ce type de chaussures, et par conséquent, est passé de leader à non compétitif, après le milieu des années 1990. 

Ce fut l'un des déclins les plus spectaculaires de l'histoire des équipementiers de ski, bien qu'il n'ait jamais été quantifié publiquement. Le marché actuel des chaussures de ski est totalement fragmenté entre Lange, Tecnica, Nordica, Atomic, Dalbello et Salomon, aucune marque ne détenant une part de marché écrasante. 

Certes, Salomon est redevenue une marque de chaussures respectée, notamment avec des modèles comme les X-Pro et S/Pro, mais n'a jamais retrouvé la position dominante qu'elle occupait à l'époque des chaussures à entrée arrière. 

La marque est restée forte et a même connu une croissance dans d'autres catégories (skis, vêtements, chaussures et trail running), mais elle est désormais bien plus associée au trail running et aux chaussures de plein air qu'aux chaussures de ski. Un revirement surprenant pour un pionnier !

dimanche, février 01, 2026

Quand Salomon s’est mit à la chaussures de ski (Première partie)

Après avoir rédigé l'article de blog comparant Nordica à Salomon, j'ai décidé d'ajouter quelques réflexions sur Salomon et son influence unique sur l'ensemble du secteur du ski. D'artisan à industriel, Georges Salomon s'est concentré sur le développement de son activité de carres de ski en métal, en suivant avec le lancement de fixations de ski de sécurité rudimentaires avec sa butée avant et un système de retenue du talon par câbles, avant d'introduire les fixations de ski modernes telles que nous les connaissons aujourd'hui. 

En même temps, il embauchait Roger Pirot pour diriger son département marketing. Parallèlement, cette nomination allait transformer une entreprise de fabrication déjà performante en une véritable machine marketing. Le développement de la chaussure de ski Salomon faisait partie d'un plan de croissance visant à proposer un ensemble fixations, chaussures et skis. 

Cela coïncidait aussi avec l'orientation d'une entreprise d'avant-garde vers ses détaillants-revendeurs, puissant réseau capable de faire ou de défaire n'importe quel fournisseur, le marché étant alors entièrement dominé par les magasins de sport et ski. Les fixations, puis les chaussures, étaient développées en privilégiant la facilité de vente, d'installation et de réglage, et pas forcément leur performances sur neige, qui étaient totalement secondaires. 

Dans cette optique, sa seule division de chaussures devait et pouvait financer le développement du ski, troisième composante de son plan. C’est sur l’Autrichien Marc Girardelli qu’est retombée la mission de rendre la chaussure crédible en compétition. Aucune source fiable ne fournit la liste complète des modifications exactes apportées aux chaussures de Girardelli.

La coque ou plutôt la « boite » qu’étaient les chaussures à entrée arrière Salomon avait été « torturée » tous azimuts en ajoutant une rigidité latérale grâce à des plaques de renfort internes et un pivot de collier renforcé avec des plastiques plus rigides. Les chaussons bien sûr, injectés avec plein de renforts au niveau du talon. 

La flexibilité avait aussi dû être améliorée, car la série SX était beaucoup trop souple pour la compétition dans sa version standard. Le service course de Salomon avait rigidifié l’arrière du spoiler et ajouté des butées de limitation de flexion. L'inclinaison vers l'avant, l'angle de la semelle et le canting avaient tous été largement modifiés. 

La fermeture et les boucles renforcées avec des câbles plus courts et plus rigides, des cames haute tension et des mécanismes de maintien du talon renforcés, dans le but d’améliorer le plus grand point faible des modèles SX. 

Le talentueux skieur qui courrait pour le Luxembourg a donc dû faire la différence. Salomon n'avait pas d'autre choix que de métamorphoser en totalité une chaussure qui n'était jamais destinée à la compétition, dans l'espoir de lui créer une image performante. Dans le prochain article de blog, nous verrons comment cette espèce de conte de fées a tourné. 

samedi, janvier 31, 2026

Transformer routine en moment privilégié ...

Un véritable mal nécessaire, la routine occupe une grande partie de nos vies. J'y pensais en préparant le café du matin. Pourtant, beaucoup de gens finissent par la détester et je cherche toujours une façon de la rendre plus agréable, voire passionnante. Il est vrai que la routine a mauvaise réputation car la plupart d'entre nous l'associent à la monotonie, à l'obligation ou à l'érosion de la spontanéité. Mais la routine n'est pas l'ennemie, c'est en fait la façon dont nous la percevons. 

La vérité est que certaines des personnes les plus créatives, épanouies et résilientes voient dans la routine non pas une prison, mais un tremplins. Dans cette optique, je voulais explorer comment transformer la routine de chaîne de montage en rythme agréable, ou peut-être en un rituel que nous accomplissons avec intention. Une approche qui m’est personnelle est de chercher à améliorer la façon d’exécuter toutes mes routines. L'action peut être la même, comme faire le café, se promener, nettoyer la cuisine, mais c'est à nous de l'embellir.

Nos routines disent : « Je dois », mais un rituel rappelle : « C’est important ». Nous pouvons alléger la charge émotionnelle d'une routine en ajoutant de petits éléments sensoriels, comme une tasse spéciale, une musique préférée ou une pensée de gratitude. Ensuite, nous pouvons mettre une touche de nouveauté à ce que nous faisons. Nous ne parlons pas de gros changements, mais simplement de petits détails. 

Des choses comme de me tenir sur une seule jambe en me brossant les dents, d’emprunter un autre itinéraire lors de notre promenade quotidienne, changer l'ordre de nos activités matinales, choisir d'écouter de la musique, des podcasts différents ou simplement le silence. Essayer aussi un nouveau menu de petit-déjeuner une fois par semaine. Ces petites variations nous maintiendrons en éveil sans déranger ce qu’il faut faire. 

Nous pouvons également rompre avec une approche rigide en remplaçant les routines linéaires qui se déroulent en 1, 2, 3, 4 et se répètent. Remplacer la prévisibilité par la création de routines adaptées, comme choisir différentes options matinales, alterner les rituels de détente ou démarrer le travail avec plus de flexibilité. Cela maintient la prévisibilité tout en nous donnant un certain contrôle sur le nécessaire. Nous pouvons également donner plus de sens à nos obligations. 

Une routine devient épuisante quand ressemble à un travail d’entretien constant et quelle devient plus stimulante quand elle est alignée avec ce qui nous est cher. Nous nous demandons alors : quelle valeur cette routine soutient-elle ? Comment cela va me permettre de grandir et d'atteindre ce qui est compte pour moi ? Si nous parvenons à associer routine à identité, par exemple en nous disant « Je suis quelqu'un qui prend soin de son corps » ou « Je suis quelqu'un qui crée une atmosphère sereine là où je suis », cela n’est plus une corvée. 

Une autre astuce consiste à associer les routines à des moments de plaisir, par exemple en écoutant notre musique préférée uniquement lors de tâches déplaisantes, en créant une playlist spéciale pour les trajets quotidiens ou en écoutant des podcasts ou des livres audio pendant l'exercice physique. Enfin, il est important de remarquer et d'apprécier les résultats de nos routines, car elles sont source de petites satisfactions que nous négligeons souvent. 

Des choses simples comme un plan de travail propre, la première gorgée d'un bon café matinal ou le plaisir d'avoir parfaitement déneigé l'allée. J'ai entendu dire que la routine est le « socle de la spontanéité », qu'elle crée de la liberté et nous offre plus d'espace créatif, un sens d'exploration, un travail de qualité et des loisirs. La routine doit être perçue comme un point de départ, et non comme un butoir !

vendredi, janvier 30, 2026

Nordica HF Pro contre Salomon SX92

Mon grand niveau de satisfaction à l’égard de la nouvelle Nordica HF Pro a modifié mon préjugé sur les chaussures de ski à entrée arrière. Pour illustrer ce point, je compare ce nouveau produit à la Salomon SX92, commercialisée il y a 35 ans. 

Je m'efforce ici de réaliser une comparaison équitable entre les deux produits. Bien que les deux modèles partagent le concept d'entrée arrière, ils ont très peu en commun en termes de skiabilité, de confort et de construction. La Nordica HF Pro, si elle est bien ajustée, n'est peut-être pas aussi facile à enfiler et à retirer que son homologue Salomon, mais elle reste d’une utilisation plus facile qu'une chaussure classique à 4 boucles, surtout si la coque est rigide, que les températures sont basses et que l'utilisateur est âgé. 

La Nordica utilise un chausson plus épais, thermoformable en liège, qui offre un soutien uniforme, sans points de pression. La Salomon possédait des chaussons beaucoup plus fins, un système de serrage par câble sur le cou-de-pied qui pouvait constituer un point de pression et une languette rigide offrant le confort que les skieurs acceptaient encore dans les années 1990, avec un chaussant souvent trop large et un manque de souplesse vert l’avant selon les skieurs ainsi qu’une précision et une tenue de pied inférieures.

En termes de skiabilité, la Nordica HF Pro (flex 110 ou 120) est dotée d'une coque plus rigide latéralement, offrant une excellente transmission d'énergie pour une utilisation loisir à performance, avec un comportement fluide, progressif et prévisible. Ce n'est peut-être pas une chaussure parfaitement adaptée à la compétition, mais elle pourrait facilement être modifiée et adaptée à cet usage. 

En revanche, la Salomon était rigide à l'avant mais manquait de rigidité latérale, offrant une transmission d'énergie limitée, notamment sur les skis de carving modernes, avec un manque notable de progressivité, présentant parfois un comportement « tout ou rien ». L'une des caractéristiques remarquables de la Nordica est son excellent maintien du talon, à cause de son seuil élevé à l'arrière, rendant le chaussage un peu difficile si la pointure de la chaussure est parfaitement bien sélectionnée, et le retrait du chausson presque impossible. 

La tenue de pied de la Nordica est assurée par des matériaux de coque rigides, comme le PU ou le Grilamid selon la version. Son poids est raisonnable et, s'agissant d'un nouveau produit, sa durabilité reste encore à prouver. En résumé, la Nordica HF Pro a beau ressembler à une « SX modernisée », elle est infiniment meilleure, reprenant tous les avantages de la chaussure à entrée arrière, tout en corrigeant la plupart de ses défauts. 

C'est sans doute pourquoi je suis conquis par ce produit après seulement 15 jours d’utilisation.

jeudi, janvier 29, 2026

Message à mes représentants au Congrès US


 Chers membres du Congrès,

Après les événements de Minneapolis, j'ai vraiment l'impression que Trump, Noem et Miller se comportent comme des assassins. 

Je comprends que vous soyez terrorisés par Trump, c’est pourquoi, en tant que complices du président, tout comme la plupart des élus républicains, pourriez-vous, s'il vous plaît, le supplier de se débarrasser de Kristi Noem et de Stephen Miller ? 

Merci.

Forum économique mondial compromis ? (Deuxième partie)

Hier, nous évoquions la mainmise de Trump sur le Forum de Davos, et aujourd'hui, nous allons examiner les conséquences probables de cette nouvelle donne. Tout d'abord, l'attention médiatique s'est considérablement réduite, se concentrant sur les personnalités et les célébrités les plus en vue du moment, au détriment du contenu des sessions. 

On pourrait également assister à une instrumentalisation du forum à des fins de communication politique, certains dirigeants cherchant à exploiter ce rassemblement mondial important pour afficher leur puissance, imposer leur propre version des fait, tenter d'influencer les marchés et, idéalement, rassurer leurs alliés ou, au contraire, semer davantage le chaos dans l'ordre mondial. 

Toutes ces transformations non seulement éclipsent, mais pervertissent la vocation initiale du Forum de Davos. N'oublions pas que la confiance du public s’effrite dès que le débat semble biaisé. Nous attendons tous des forums mondiaux qu'ils s'attaquent aux problèmes fondamentaux, mais quand on constate un dérapage vers la mise en scène politique, il est clair que l'institution a perdu sa crédibilité. 

Les plus optimistes d'entre nous pourraient espérer (tant mieux pour eux !) que le travail de fond (modélisation économique, coordination climatique, cadres politiques) se poursuive discrètement en coulisses. Bien sûr, une question plus pertinente que « Le forum est-il devenu inutile ? » serait de se demander si le forum continue de mener un travail constructif en coulisses, même si le discours public est déformé. 

Peut-être, et espérons-le, la réponse sera oui, mais la visibilité de ce travail sera occultée par l'influence prépondérante d'une seule figure politique dominant l'actualité. Je ne suis pas certain que ce soit le cas, et je suis convaincu que mon analyse de la situation n'est pas si éloignée de la réalité, car les institutions mondiales peinent à maintenir le cap à une époque où l'attention médiatique est façonnée par les provocations, la polarisation et le spectacle médiatique.

mercredi, janvier 28, 2026

Forum économique mondial compromis ? (Première partie)

Vous n'êtes peut-être pas d'accord, mais il me semble que le Forum économique mondial a été détourné par Trump et que ses obsessions ont été le seul sujet débattu lors de cet événement, s'éloignant largement de l'objet initial de la réunion. Ce sommet économique annuel est-il devenu discrédité et sans pertinence ? Je sais que je ne suis pas le seul à me le demander. 

Il est clair que les grandes rencontres internationales comme le Forum économique mondial, le G20, les sommets de la COP ou les assemblées des Nations Unies sont extrêmement sensibles à ce qui domine l'actualité médiatique mondiale. 

Lorsqu'une personnalité politique comme Trump fait la une des médias, provoque de vives réactions, alimente l'incertitude géopolitique et influence les marchés ou les alliances, sa présence ou son absence peut éclipser tout le reste. 

Historiquement, les dirigeants très polarisants ou imprévisibles ont souvent attiré l'attention sur eux, même lorsque l'ordre du jour officiel était tout autre. L'objectif déclaré du Forum économique de Davos est d'aborder les tendances économiques mondiales, le climat et le développement durable, les changements technologiques, la stabilité géopolitique et les risques systémiques à long terme. 

Mais comme nous venons de le constater, l'écosystème médiatique privilégie les conflits, les personnalités, le sensationnel et les controverses. Ainsi, même si les sessions officielles portent sur le climat, la gouvernance de l'IA, les chaînes d'approvisionnement ou les inégalités mondiales, le débat public peut être détourné par quelqu'un qui cherche à s'emparer du Groenland. 

Cela crée un décalage de perception, tant au sein du forum qu'à l'extérieur, l'attention étant focalisée sur le participant le plus controversé. Ce décalage peut donner l'impression que l'événement est « discrédité » ou « hors sujet », même si l'ordre du jour interne n'a pas changé. Ce forum est-il devenu sans pertinence ? Pas nécessairement, mais son image publique est déformée. 

Demain, nous examinerons les conséquences de cette situation et ce qu'elle implique pour nous tous.