jeudi, novembre 05, 2026

L’horloge qui ne voulait pas mourir

C’est à la fameuse École d’Horlogerie de Cluses que j’ai reçu l’essentiel de mon éducation. Je ne suis donc pas quelqu’un qui plaisante avec le temps ! En 2005, chez un ami à Reno, j’avais remarqué une horloge numérique atomique au design séduisant. Quelques mois plus tard, en janvier 2006, je me suis procuré la même que j’avais accrochée au mur de notre cuisine ; je l’adorais. 

Depuis, elle nous a toujours indiqué l’heure avec une précision absolue, tout en affichant les températures intérieure et extérieure. Le premier souci est apparu en 2018 : l’horloge s’était arrêtée sans raison apparente, mais est repartie après que je lui ai donné un bon coup. L’incident s’est reproduit, sous différentes formes, à quelques reprises par la suite.

Il y a quelques jours, lors du changement d’heure, j’ai décroché l’horloge du mur, et elle s’est arrêtée. Son écran LED s’est soudainement complètement effacé, sans plus jamais réapparaître. J’ai alors appliqué ma routine habituelle — changer les piles, manipuler les boutons situés derrière l’appareil de toutes les manières possibles —, avant de lui asséner quelques bon coups et de le laisser tomber par terre. Rien n’y a fait. 

Après quelques minutes de vains efforts, j’ai demandé à mon épouse de jeter cet objet mort à la poubelle, tandis que je commandais un modèle de remplacement sur Amazon. La journée a suivi son cours … 

Le lendemain matin, en voyant les trois piles AA que j’avais laissées traîner sur mon bureau, je me suis dit, sans trop savoir pourquoi : « Essayons une dernière fois ». Je suis allé au garage, j’ai fouillé dans la grande poubelle, récupéré l’horloge et et j’ai remis les piles en place et… bingo ! 

L’horloge a émis un signal sonore et, comme par miracle, l’écran s’est rallumé. L’appareil, qui affichait alors la température glaciale du garage, a repris vie ; peu après, ayant capté le signal atomique, il a de nouveau affiché l’heure — presque exacte, si l’on excepte le décalage lié au changement d’heure. 

Finalement, j’ai conservé l’horloge que je venais de recevoir, et je dois maintenant décider où installer l’autre horloge, vieille de plus de vingt ans… 

mercredi, novembre 04, 2026

S’attaquer à d’immenses projets (deuxième partie)

L’acceptation peut-elle réellement servir de déclencheur pour des entreprises ardues ? Voilà un principe puissant, issu de la psychologie comportementale et de la productivité personnelle. Il reconnait la réalité d’une tâche difficile — avec tout ce qu’elle comporte de stress, d’ennuis ou de complexité — constitue précisément l’étincelle nécessaire pour passer à l’action.

Lorsque nous cessons de lutter contre l’idée de la difficulté d’une tâche, nous libérons l’énergie mentale requise pour l’entreprendre. L’acceptation favorise l’action en neutralisant la procrastination ; celle-ci relève rarement d’un problème de gestion du temps, mais plutôt d’une difficulté de régulation émotionnelle. 

Admettre qu’une tâche puisse être inconfortable atténue notre envie de l’éviter. Cela abaisse également nos barrières mentales et le stress qui les accompagne, réduisant ainsi les frictions internes. Résultat : l’attention se déplace vers l’exécution, et notre cerveau passe du stade de l’appréhension à celui de la résolution de problèmes. 

Pour y parvenir, il faut identifier et reconnaître explicitement l’inconfort ressenti. Il s’agit de se convaincre que la tâche sera extrêmement fastidieuse, voire désagréable — du moins au début. Il faut aussi accepter que nos premiers pas puissent être brouillons ou imparfaits, en nous autorisant à produire un premier jet médiocre, simplement pour amorcer une certaine dynamique. 

Enfin, il convient de se concentrer exclusivement sur la plus petite action possible pour lancer le travail en accomplissant une tâche précise, aussi modeste ou insignifiante puisse-t-elle paraître. Cela dit : « À vos marques, prêts, partez !

mardi, novembre 03, 2026

S’attaquer à d’immenses projets (Première partie)

Les entreprises qui semblent insurmontables sont souvent difficiles à appréhender et à accepter ; tout dépend de la motivation de chacun et de sa propension à vouloir les mener à bien. 

Parfois, l’engagement et les efforts requis sont purement facultatifs, voire superflus ; dans d’autres situations, en revanche, il est impératif de faire face, quels que soient les obstacles, car il n’y a tout simplement pas d’autre choix ou d’échappatoire.

Dans ce dernier cas, l’acceptation constitue l’étape la plus ardue, mais aussi la plus nécessaire, car sans elle, l’exécution — inévitable — devra tout de même avoir lieu, mais dans des conditions bien plus pénibles, ardues et interminables. 

L’acceptation est donc la clé qui permet d’aborder des tâches titanesques et ingrates, et de les mener à terme de la meilleure façon possible tout en minimisant leur impact. Pour ma part, cette acceptation naît d’un défi que je lance à moi-même, en l’inscrivant dans le cadre de ce que je crois être mes capacités et ma réputation : « Un type comme moi devrait être capable d’accomplir ça … » 

Cette réflexion me pousse à me lancer dans la tâche, tout en espérant obtenir le meilleur résultat possible. Le doute et la peur ferment les portes, tandis que l’acceptation les ouvre toutes grandes… Dans un prochain article, nous verrons comment cela fonctionne.

lundi, novembre 02, 2026

Un Halloween de plus en chiffres et en vidéo

Nous espérons toujours faire mieux que l’année précédente en matière de visites lors de la fête de Halloween, et cette année n’a pas fait exception. 

Au moment de fermer la porte d’entrée et d’éteindre les lumières, nous avons constaté une progression de 5 % par rapport à l’an dernier — ce qui est quand même mieux que notre taux d’inflation ! 

Sept groupes, totalisant 21 visiteurs — soit un de plus que l’an dernier — sont venus nous voir. À titre de comparaison, notre meilleure année (dans notre ancienne maison) remonte à 2007, avec 82 gamins, contre seulement 12 en 2011. 

Malheureusement, les familles latinas qui venait d’habitude accompagner leurs enfants, ont tout comme l’an passé préféré ne pas se déplacer, par crainte des rafles menées par l’ICE — ces opérations brutales qui ont repris récemment de l’ampleur. 

Espérons que la situation s’améliorera un peu d’ici l’an prochain. Pour finir sur une note positive, j’ai ajouté une courte vidéo qui permettra de vous faire une idée de cette soirée, qui s’est déroulée dans une ambiance très calme !

dimanche, novembre 01, 2026

Bilan de l'épreuve de Sölden

Comme beaucoup de passionnés de ski, j'ai suivi la course d'ouverture à Sölden. 

Si certains considèrent la piste du Rettenbach comme l'une des plus exigeantes du circuit — avec des pentes atteignant 68 % (environ 34 degrés) dans sa section la plus abrupte —, elle s'avère particulièrement brutale et, à mon sens, manque du genre de variété qu'on trouve à Adelboden ou Alta Badia. Le départ à 3 040 mètres d'altitude, présente un dénivelé d'environ 370 mètres sur un tracé long de près de 1,2 kilomètre.

Ce passage, très long et très pentu, constitue le cœur du glacier du Rettenbach. Pour rompre la monotonie de la section finale, plus plate, le profil a été « enrichi » par l'ajout volontaire de trois bosses en forme de vagues. 

En l'absence de neige naturelle, la qualité de la neige était plutôt bonne grâce à un effort logistique colossal : 60 000 m³ de neige, stockés depuis le printemps précédent et préservés tout l'été a permit de conserver 70 à 80 % du volume initial. 

Cette neige ancienne, combinée à des systèmes de production de neige de culture très performants activés lors de la vague de froid précédant les épreuves, a permis de créer une base compacte offrant une piste dure, glacée et homogène, telle que la Coupe du monde exige. Cela étant, il était difficile de ne pas remarquer l'aspect terreux du glacier du Rettenbach juste avant les courses, la piste préparée ressortant comme un étroit ruban blanc dans un paysage dénudé. 

La neige présente a finalement été mise à rude épreuve par des conditions météorologiques difficiles et capricieuses le jour de la course — un élément qui a largement alimenté les commentaires, le slalom géant féminin ayant été retardé de 30 minutes en raison des chutes de neige et du vent sur le glacier, semant le chaotique en cette première journée. 

La course s’est alors transformée en une lutte non seulement contre le chronomètre, mais aussi contre les éléments, les conditions météorologiques changeantes devenant un facteur décisif dans l’issue de l’épreuve. Mikaela Shiffrin, en tête après la première manche, a dû affronter du brouillard et un manque de visibilité grandissante lors de son second passage. 

De son côté, Paula Moltzan — qui a fini par s’imposer — a bénéficié d’une éclaircie providentielle, lui permettant de réaliser une seconde manche impeccable et de rafler la victoire. Shiffrin a confié : « Difficile, c’est le moins qu’on puisse dire, cette seconde manche... la piste s’est totalement obscurcie. » 

Pour ma part, je n’ai pas particulièrement aimé cette course, mais, à en juger par les articles de presse que j’ai lus, je devais être le seul !

samedi, octobre 31, 2026

Le comité du prix Nobel n’a rien compris

La Norvège est unanimement reconnue comme une nation hautement développée, dotée de l’un des niveaux de vie les plus élevés, de l’un des systèmes de protection sociale les plus solides et de l’un des plus importants fonds souverains au monde. 

Pourtant, Donald Trump est désormais d’un avis tout différent. Dimanche dernier, lors d’un rassemblement dans le Michigan, il a qualifié ce pays de « trou à merde » — une expression qu’il affectionne pour désigner les nations qu’il a en horreur. 

Cette terminologie remonte à 2018 : lors d’une réunion sur l’immigration dans le Bureau ovale, Trump avait opposé certains pays, qu’il avait qualifiés de « trou à merde », à la Norvège, se demandant pourquoi les États-Unis n’accueillaient pas davantage d’immigrants en provenance de pays comme celle-ci (bien qu’il ait, par le passé, vanté l’économie et les relations commerciales de la Norvège). 

Peut-être cherchait-il déjà, à l’époque, à décrocher ce prix Nobel qu’il convoite tant. 

Arrivons-en au dimanche 25 octobre et voilà que la Norvège — pourtant aux antipodes d’un « trou à merde » — se retrouve, par un curieux hasard, reléguée dans cette catégorie peu flatteuse, suite à la décision du comité Nobel norvégien (indépendant) d’attribuer le prix Nobel de la paix 2026 à un juriste sud-africain. 

Il est stupéfiant de constater à quelle vitesse les choses évoluent avec Trump ; l’homme est d’une imprévisibilité totale, ce qui témoigne, à n’en pas douter, d’un profond déséquilibre mental. 

Quelqu’un devrait enfin lui expliquer ce que signifie la paix, ce qu’est le bon sens, et lui rappeler qu’on attire bien plus de mouches avec du miel qu’avec du vinaigre.

vendredi, octobre 30, 2026

S’attaquer aux projets qui nous rebutent …

Nous avons tous des projets qui nous hantent : des tâches dont nous savons qu’elles doivent être accomplies, qui nous taraudent chaque fois que nous passons devant, mais qui, pour une raison ou une autre, ne démarrent pas. Elles sont là, tels des juges silencieux, nous rappelant notre propension bien ancrée à la procrastination. 

Dans mon cas, récemment, il s’agissait de travaux de réparation à la maison — compliqués, comportant de multiples étapes et prenant beaucoup de temps. À chaque fois que je les voyais, j’éprouvais un mélange de culpabilité et d’agacement. Je pouvais bien sûr embaucher quelqu’un pour les faire, mais je savais aussi que je pourrais faire ça moi-même, à condition de briser la barrière psychologique. 

La première astuce que j’utilise est simple : j’arrête d’éviter la tâche et je la regarde droit dans les yeux. Je me dis que, si je pense que je suis compétent, c’est précisément le genre de travail que je devrais pouvoir faire. C’est une forme d’auto-responsabilisation — douce mais ferme — qui frôle parfois l’auto-culpabilisation. 

Le second outil qui me vient à l’esprit est la « technique du saucisson » : découper le projet en tranches fines et à ma portée. Une tâche qui semble insurmontable dans sa globalité devient étonnamment faisable quand on la fragmente en petites étapes autonomes. Et c’est alors que je me souviens de la sagesse de Lao Tseu : « Un voyage de mille lieues commence par un premier pas. »

Cette phrase est devenue mon déclencheur. Une fois ce premier pas franchi — aussi infime soit-il —, le projet perd son emprise sur moi. C’est ainsi que je me suis enfin attaqué à ces réparations que je redoutais depuis si longtemps. 

En fin de compte, les projets qui nous rebutent ne démarrent pas par pure volonté. Ils finissent par céder lorsque nous cessons de les fuir et commençons à les apprivoiser en les découpant en tranches, puis en effectuant ce premier petit pas. 

Une fois cette démarche entreprise, le projet que je détestais depuis des mois a enfin commencé à bouger — non pas parce qu’il est devenu plus facile, mais parce qu’il a enfin cessé de m’intimider.