mardi, septembre 15, 2026

Le concert de Céline Dion à Paris

Bien que le retour de Céline Dion sur scène ait été précédé d'une campagne marketing percutante et soignée, nous avons pu regarder son concert de deux heures du 12 septembre sur notre grand écran grâce à des images filmées par des fans dans le public — ce qu'on appelle communément du « bootleg » — plutôt que via une diffusion officielle. 

La vidéo avait été tournée par des spectateurs présents à son spectacle parisien. Nous n'avons pas particulièrement aimé les tenues de la star (elle a changé de costume au moins cinq fois) ni par sa coiffure : le chignon lui donnait une allure sévère et, à mon avis, faisait trop ressortir ses traits de visage. 

Malgré la qualité amateur du film, nous avons trouvé que les tentatives de Céline Dion pour engager son public manquaient de naturel et ne suscitaient pas l'enthousiasme que l'on aurait pu attendre de la part de l’audience. 

Bien qu'elle se soit montrée très émouvante par moments, elle est tombée dans le piège de se prendre, elle et son spectacle, un peu trop au sérieux. Quant à la qualité de la prestation, les chansons en anglais étaient dans l'ensemble excellentes — en particulier « All by Myself » —, alors que les titres en français de Jean-Jacques Goldman passaient moins bien, tant sur le plan du contenu que de l'interprétation. 

Ma femme a un peu plus apprécié le spectacle que moi, mais aucun de nous n'aurait été tenté d'assister à l'un de ses concerts suivants, même si nous nous étions trouvés à Paris à ce moment-là et avions pu obtenir des billets. Le 14 septembre, la vidéo n'était plus disponible sur YouTube ... 

lundi, septembre 14, 2026

La question oubliée du 11 septembre

Quand j'ai appris la nouvelle des attentats terroristes du 11 septembre, je prenais mon petit-déjeuner à Vail, dans le Colorado, après ma course à pied matinale. En apprenant ce qui se passait à New York, la première pensée qui m'est venue à l'esprit fut : « Des années d'humiliation et de châtiment infligées à la population palestinienne sont la cause de ces attaques ».

Dans son ensemble, l'Amérique n'a pas perçu cette aspect de l'attaque dévastatrice. Animée par sa conviction d'être dans son bon droit et par un sentiment d'exceptionnalisme profondément ancré, elle s'est indignée : « Comment a-t-on pu nous attaquer de la sorte ? C'est totalement injuste, nous ne méritions absolument pas un tel traitement. » 

Je n'ai entendu nulle part la question : « Pourquoi nous a-t-on infligé ce châtiment atroce ? » Certes, se demander « pourquoi » aurait été logique, mais cette interrogation a été manifestement absente de notre réaction nationale. Du moins, c'est ainsi que je l'ai perçu. 

Il n'y a eu aucune analyse approfondie a posteriori, mais plutôt une immédiate guerre de vingt ans — jugée « bien méritée » — pour venger cette attaque, d'abord contre l'Afghanistan, suivie presque simultanément d'une autre, tout aussi coûteuse en vies humaines et en ressources, contre l'Irak. 

Une tragédie pour tous, mais aussi un rappel puissant : pour tirer les leçons d'une catastrophe, il faut toujours remonter à la cause profonde de celle-ci en posant une question toute simple : « Pourquoi ? »

dimanche, septembre 13, 2026

Une journée gratifiante !

Mon aventure avec l'espagnol a débuté en 2015, mais a été rapidement abandonnée faute d'un engagement suffisant de ma part ; toutefois, le mois de juillet 2024 et la perspective d'un voyage en Andalousie relançait très sérieusement mon effort. L'outil utilisé était Duolingo, un système qui a littéralement relégué aux oubliettes les méthodes Assimil de ma jeunesse que j’utilisais pour apprendre l'anglais, l'allemand et l'italien... 

En juillet dernier, je suis passé de Duolingo à TalkPal, un système d'IA basé sur ChatGPT. Il y a juste quelques jours de cela, j'étais franchement stupéfait de mes progrès en conversation, ce qui confirmait, s'il en était besoin, que j'avais fait le bon choix.

Certes, cette nouvelle méthode est bien plus douce pour un cerveau vieillissant comme le mien, mais elle ne peut pas pour autant réduire le temps d'assimilation et d'apprentissage aussi vite qu'on le souhaiterait. 

C'est comparable à faire pousser des laitues : les raccourcis temporels sont rares ou ont des conséquences ; pour l'apprentissage des langues aussi, les informations doivent se mettre en place et infuser lentement avant de révéler leurs merveilleux résultats. 

Ce processus, qui prend le temps de mûrir pour aboutir à un résultat gratifiant, est précisément ce que j'ai vécu il y a quelques jours. Ce fut une fantastique expérience de gratification différée, qui m'a rendu à la fois fier et heureux ! 

samedi, septembre 12, 2026

Les mésaventures d’Edgar Grospiron

L'actualité récente autour d'Edgar Grospiron concerne principalement la présidence du Comité d'organisation des Jeux olympiques et paralympiques d'hiver 2030 (COJOP) dans les Alpes françaises. Après le retrait de Martin Fourcade début 2025 en raison de désaccords avec les collectivités locales, Edgar Grospiron avait repris la tête du comité d'organisation. 

Ce qu’offrait l’ancien champion olympique de bosses était sa carrière de motivateur et aussi par son implication dans la candidature d'Annecy pour les Jeux olympiques d'hiver de 2018 qui s’était soldée par un échec cuisant et une nette défaite face à la ville sud-coréenne de Pyeongchang. La structure de pilotage avait souffert de retards à l'allumage, de luttes de pouvoir locales et du départ de figures clés, notamment de la démission d'Edgar Grospiron de son poste de directeur général fin 2010. 

Sur ces points, le choix de Grospiron était fortement discutable, comme je l’avais évoqué en mars dernier, car mis à part son expérience professionnelle qui n’apportait rien au programme complexe et logistique que représentait des JO prenant place sur l’ensemble des Alpes françaises, il n’avait pas l’exceptionnelle expérience qui demandait une mission aussi difficile. 

De part sa nature, Grospiron était un individualiste et non pas un individu animé par l’esprit d’équipe si important pour mener à bien sa tâche. Il n’a aussi rien fait pour effacer d'importantes turbulences internes, notamment des frictions persistantes entre l'État, les régions d'accueil (Auvergne-Rhône-Alpes et PACA) et le comité sur les arbitrages budgétaires et la carte définitive des sites d'épreuves. 

De plus, en matière de gestion interne, des départs successifs au sein des équipes ont eu lieu ainsi que des retards opérationnels et la commande d'un audit sur le climat social au sein du COJOP. Entre autres problèmes, les parlementaires ainsi que le CNOSF ont publiquement remis en question la gestion et la transparence du comité, menant à une crise de confiance. 

Face à tout cela et au risque d'impasse à moins de quatre ans des Jeux, le bureau exécutif du COJOP s'est réuni avant-hier pour mettre en place une restructuration majeure de sa gouvernance, poussant l'ancien champion olympique vers la sortie. 

vendredi, septembre 11, 2026

La malédiction du « couche-tard »

Alors que nous marchions à contre-sens d’une circulation plutôt dense entrant en ville vers 7 h 55, je pensais à tous ces gens qui ne sont pas du matin et qui peinent chaque jour à arriver à l'heure au travail, à une heure bien trop matinale. Quel supplice !

Moi qui suis plutôt du matin, je redoutais, en tant que jeune cadre, ces réunions de 16 h 30 qui s'éternisaient dans la soirée alors que mon cerveau n'était plus d'aucune utilité. Par un juste retour des choses, une fois devenu patron, c'est moi qui organisais des réunions tôt le matin, au grand dam de mes collaborateurs couche-tard… Voilà bien un manque total de mémoire et de compassion ! 

Certains (moi y compris) pourraient croire que la répartition entre « gens du matin » et « gens du soir » est 50/50, mais rien n'est plus faux. En réalité, environ 15 % des gens sont du matin, 15 % du soir, et les 70 % restants se situent quelque part entre les deux. Les personnes du matin (souvent surnommées « alouettes » ou « lions ») représentent une personne sur six ou sept. Elles se réveillent facilement et connaissent un pic d'énergie tôt dans la journée.

On trouve la même proportion de gens du soir (les « hiboux » ou « loups »), qui préfèrent veiller tard et atteignent leur pic de productivité la nuit. Viennent ensuite les autres, les profils dits intermédiaires (parfois appelés « ours » ou « troisième type d'oiseau »), qui constituent la majorité — sept personnes sur dix, ou plus de la moitié, selon le modèle de classification utilisé. Ils suivent un rythme intermédiaire plus flexible, calé sur les horaires diurnes classiques. 

Toutefois, ces catégories ne sont pas figées, car les préférences évoluent considérablement avec le temps. Si seulement 7 % environ des jeunes adultes sont des « alouettes » (un chiffre inférieur aux 15 % de la population générale), la grande majorité bascule vers un profil matinal à l'approche de la soixantaine ; la situation est donc mouvante. En fait, il est fascinant de voir à quel point l'âge et le sexe peuvent modifier ces chiffres. 

Si la génétique détermine notre profil de base, notre horloge interne évolue naturellement avec l'âge. On observe un changement biologique marqué vers une activité nocturne aux alentours de 20 ans. Environ 32 % des adolescents sont des couche-tard. En revanche, avec l'âge, l'horloge interne des adultes a tendance à se décaler naturellement vers une heure plus matinale. À 60 ans, plus de 63 % des personnes se considèrent comme des « lève-tôt », tandis que seules 7 % environ restent des « couche-tard ». 

Quant aux différences entre les sexes, des études génétiques de grande envergure révèlent qu'une plus grande proportion de femmes (48,4 %) se définit comme matinale par rapport aux hommes (39,7 %). Notre rythme de sommeil naturel — qu'on appelle chronotype — est largement déterminé par notre biologie et notre horloge interne, plutôt que par un choix conscient. 

Maintenant que vous savez tout ça, vous n'avez plus aucune excuse pour ne pas tenir compte du chronotype de vos collègues, de vos amis et de vos proches !

jeudi, septembre 10, 2026

Indice de Gini et bonheur (deuxième partie)

Si l'on compare les États-Unis, la France, la Suisse et les pays nordiques, on constate que les pays affichant de faibles inégalités (indice de Gini bas) ont tendance à obtenir de meilleurs résultats sur l'indice du bonheur, bien que la relation ne soit pas parfaitement linéaire. Toutefois, une tendance claire se dessine : les pays nordiques et la Suisse conjuguent faibles inégalités et niveau de bonheur très élevé ; la France se situe dans la moyenne ; quant aux États-Unis, ils affichent un niveau de bonheur élevé malgré des inégalités importantes, grâce à une forte croissance du PIB et aux effets bénéfiques des biens publics.

Vous trouverez ci-dessous une comparaison structurée, pays par pays, fondée sur les meilleures recherches disponibles. 

États-Unis :

  • Inégalités élevées, bonheur stable Les États-Unis présentent des inégalités de revenus exceptionnellement élevées, en augmentation depuis quatre décennies. Pourtant, le niveau moyen de bonheur est resté globalement stable, et les inégalités en matière de bonheur ont même diminué. 
  • Pourquoi ? Les recherches suggèrent que la croissance économique et le développement des biens publics (infrastructures, services) contribuent à compenser les effets négatifs des inégalités. 
  • Interprétation : Les États-Unis constituent l'exemple type où un indice de Gini élevé ne signifie pas automatiquement un faible niveau de bonheur, car la croissance et les biens publics réduisent la dispersion du bonheur, même lorsque les inégalités augmentent. 

France :

  • Inégalités modérées, bonheur modéré Les inégalités sont plus faibles en France qu'aux États-Unis, mais plus élevées que dans les pays nordiques. Des travaux d'économistes français (Clark, Flèche, Senik) montrent que les inégalités de bonheur diminuent lorsque le PIB augmente, même si les inégalités de revenus s'accroissent. La France correspond à ce modèle : bonheur stable, inégalités modérées et services publics solides. 
  • Interprétation : La combinaison, en France, d'une forte couverture sociale et d'inégalités modérées se traduit par des scores de bonheur situés dans la moyenne — meilleurs que ceux des États-Unis en matière d'égalité, mais inférieurs à ceux des pays nordiques en matière de bonheur. 

Suisse :

  • Faibles inégalités, bonheur très élevé La Suisse figure parmi les pays les plus riches (PIB par habitant d'environ 100 000 $). Elle occupe également la 13e place du classement mondial du bonheur (score de 6,94). Son coefficient de Gini est faible, grâce à une forte cohésion sociale, des salaires élevés et une gouvernance décentralisée. 
  • Interprétation : La Suisse est un cas d'école illustrant la combinaison de faibles inégalités et d'un niveau de bonheur élevé, conformément à la tendance mondiale dominante. 

Pays nordiques (Finlande, Danemark, Suède, Islande) : 

  • Très faibles inégalités, niveaux de bonheur les plus élevés au monde La Finlande, le Danemark, l'Islande et la Suède occupent les quatre premières places des classements mondiaux du bonheur (scores compris entre 7,35 et 7,74). Ces pays affichent également certains des coefficients de Gini les plus bas au monde. Leur bonheur repose sur des filets de sécurité sociale solides, une grande confiance envers les institutions, un large accès aux services publics, de faibles inégalités et une mobilité sociale élevée. 
  • Interprétation : Les pays nordiques constituent la preuve la plus manifeste qu'il existe une corrélation entre de faibles inégalités et un niveau de bonheur élevé. 

 Ce que révèle cette comparaison : De faibles inégalités favorisent grandement un niveau de bonheur élevé (pays nordiques, Suisse). Des inégalités modérées engendrent un niveau de bonheur modéré (France). Des inégalités élevées ne réduisent pas nécessairement le bonheur si la croissance et les biens publics viennent compenser la situation (États-Unis). 

Ce n'est pas aussi simple qu'il y paraît, et j'espère ne pas vous avoir trop embrouillés !

mercredi, septembre 09, 2026

Indice de Gini et bonheur (première partie)

Pour ceux qui l’ignorent ou l’ont oublié, l’indice de Gini (ou coefficient de Gini) est un outil statistique servant à mesurer les inégalités économiques au sein d’une population. Un indice de zéro (0) correspond à une égalité parfaite, où chaque individu ou ménage perçoit exactement le même revenu. Un indice de un (1) représente une inégalité totale, où une seule personne perçoit la totalité des revenus tandis que les autres ne gagnent rien. 

Ce n’est pas une mesure que vous verrez dans votre fil d’actualité ni dont parleront les hommes politiques ! Je me suis demandé s’il existait une corrélation entre ce qui est publié sous le nom d’« indice de bonheur » et cette mesure des inégalités. Il existe manifestement une corrélation entre l’indice de bonheur d’un pays et son indice de Gini. Toutefois, la relation n’est pas linéaire. Les recherches révèlent trois schémas différents selon le pays, la culture et le niveau d’inégalité.

Une vaste étude internationale portant sur 30 pays a montré qu’une forte inégalité est associée à une proportion moindre de gens heureux et à une proportion plus élevée de malheureux. L’ampleur de cet effet est comparable à celle de l’impact du revenu médian sur le bonheur. Comme on pouvait s’y attendre, il s’agit du « sens attendu » : plus d’inégalités signifient moins de bonheur. Cela dit, la relation n’est PAS toujours linéaire. 

D’importantes études ont mis en évidence une courbe en forme de U inversé entre inégalités et bonheur. Quand les inégalités sont faibles, les gens y voient généralement un signe d’opportunités et de mobilité sociale ascendante, et pensent que leur bonheur peut croître. 

En revanche, quand les inégalités deviennent élevées, la jalousie, la frustration et une mobilité réduite prennent le dessus, et le bonheur diminue. Ce schéma a été confirmé par des données longitudinales aux États-Unis et des données comparatives en Europe. 

On peut donc dire qu’un certain niveau d’inégalité peut accroître le bonheur, mais qu’un excès d’inégalités le réduit. Une autre étude montre que le bonheur dépend de la manière dont les individus se comparent à leurs semblables (même sexe, même origine ethnique, etc.). Dans ce contexte, les personnes capables d’effectuer des comparaisons tant ascendantes que descendantes se sentent plus heureuses dans les pays où les inégalités sont fortes, car leur position relative y est plus claire. Lorsque les inégalités sont faibles, les comparaisons sont moins significatives et cet effet disparaît. 

Cela signifie que les inégalités affectent aussi le bonheur par des facteurs psychologiques, et pas justes économiques. Comme on peut s’y attendre, l’effet des inégalités sur le bonheur varie considérablement selon les régions, la culture locale, les systèmes de protection sociale et les attentes en matière de mobilité. 

En somme, il existe bien une corrélation, mais elle est complexe : lorsque les inégalités sont faibles, le bonheur peut augmenter et les inégalités sont perçues comme une source d'opportunités ; à l'inverse, lorsque les inégalités sont fortes, le bonheur diminue car les individus se sentent bloqués, envieux ou pessimistes quant à la mobilité sociale. 

Cela explique pourquoi les pays nordiques (faible indice de Gini, niveau de bonheur élevé) obtiennent de bons résultats, alors que les pays marqués par de très fortes inégalités sont souvent moins bien classés, mais aussi pourquoi certains pays aux inégalités modérées peuvent tout de même afficher un niveau de bonheur élevé. La prochaine fois, nous approfondirons le sujet en examinant quelques pays en particulier...