Dans quelques jours, mes amis de mon âge (mes « conscrits » comme on dit) se réuniront pour déjeuner ensemble au restaurant du bout du lac à Montriond, afin de méditer sur leurs soixante-dix ans qui sont en train de disparaître (tous sont nés en 1947 — un millésime inégalé ! — mais beaucoup ont déjà fêté leurs soixante-dix-neuf ans). Cela signifie qu'il ne reste plus qu'une année avant de franchir le cap des quatre-vingts.
Waouh ! Bien que la plupart d'entre nous n'aient jamais cru que cela arriverait, cette transition de septuagénaire à octogénaire constitue un jalon incontournable. Elle marque l'entrée officielle dans le grand âge, une période où les changements physiologiques croisent des évolutions sociales notables et une profonde résilience émotionnelle, offrant un mélange unique de sagesse, d'un rythme de vie ralenti et de libération personnelle — à condition de ne se concentrer que sur les aspects positifs de cette étape de la vie.
Certes, il est difficile d'accepter et d'observer le déclin progressif que subit notre corps, notamment la perte de masse musculaire et de densité osseuse, qui nous entraîne à prévenir les chutes, à bouger le plus possible et à bien s’alimenter. Qui plus est, notre métabolisme ralentit, rendant la préservation de l'énergie et la pratique régulière d'exercices à faible impact plus importantes que jamais.Il est vrai que de nombreuses études indiquent que les octogénaires font état de moins d'inquiétudes, d'un niveau de stress plus faible et d'une plus grande stabilité émotionnelle que les personnes plus jeunes. Des années de bons et de moins bons moment créent cette expérience de vie qui entraîne une régulation émotionnelle, plus de stabilité mentale et une perception plus réaliste de notre situation toujours en évolution.
Progressivement, beaucoup d'entre nous commencent à apprécier avec plus d'acuité les joies simples du quotidien, privilégiant la paix intérieure et la gratitude plutôt que la performance et la perfection. Toutefois, le temps qui nous reste se réduit chaque jour au point de faire peur ; il en va de même pour notre cercle social, qui se restreint en raison des pertes naturelles ou des limitations liées à une santé déclinante. Désormais, nos relations deviennent profondément intentionnelles.
Les octogénaires privilégient souvent les conversations riches de sens et de profondeur à la simple fréquentation d'un grand nombre de personnes. Il est également vrai que la retraite, conjuguée à une diminution des attentes sociétales, nous offre l'autorisation suprême de nous consacrer à nos passions personnelles, à la découverte de soi, à nos loisirs et à l'engagement communautaire, le tout à notre propre rythme ; pour nous, cela se traduit par un choix salutaire : privilégier la qualité à la quantité.
Demain, j'essaierai de vous expliquer comment je me prépare à cette transition d'une manière un peu différente ...





