jeudi, mai 07, 2026

Un parc national de plus

Nous avons visité de nombreux parcs nationaux américains et, sans tomber dans le piege de les « collectionner », il est toujours tentant d'en ajouter un de plus à la liste. C'est précisément ce que j'ai fait cette fois-ci en ajoutant le parc national de la Vallée de la Mort (Death Valley) à notre palmarès personnel. 

Non pas que j'aie jamais entendu dire grand-chose de bon sur cet endroit, mais parce qu'il se trouve être l'un des favoris des visiteurs français, et je voulais comprendre ce qui, aux yeux de mes frères gaulois, faisait le charme de ce lieu. C’est vrai que, mis à part Zabriskie Point et les dunes de sable, je n'ai pas été tellement impressionné. Je ne sais toujours pas pourquoi mes compatriotes sont si épris de ce parc. 

Je soupçonne que cela tienne au fait qu'en juillet 1966, un aventurier français et ancien parachutiste nommé Jean-Pierre Marquant — alors âgé de 28 ans — a réussi à parcourir à pied plus de 160 km à travers la Vallée de la Mort, bravant des températures estivales extrêmes et records, oscillant entre 38 à 54 °C ; un exploit dont de nombreux experts prédisaient qu'il lui serait fatal. 

Cette anecdote a sans doute laissé une empreinte indélébile dans l'esprit des touristes français. Nous avons terminé cette deuxième journée sur la route à Lone Pine, en Californie. Fondée dans les années 1860 en tant que centre d'approvisionnement pour les mines d'or et d'argent, Lone Pine était à l'origine une ville pionnière, rude et turbulente. 

Elle fut décimée par un violent tremblement de terre en 1872. Plus tard, elle devint le « Far West d'Hollywood », servant de décor principal au tournage de centaines de westerns classiques dans Alabama Hills, juste entre la bourgade et la Sierra. 

Aujourd'hui, son économie repose sur le tourisme ; la ville fait office de porte d'entrée vers le mont Whitney (le plus haut sommet de nos 48 États contigus a 4 421 m ) et les Alabama Hills. Elle devrait logiquement prospérer grâce aux randonneurs, aux amateurs de plein air et aux passionnés d'histoire du cinéma. 

On peut toutefois se demander si les services locaux, les activités minières et d'extraction, ainsi que les infrastructures d'hébergement suffisent à soutenir la communauté, d'autant qu'une part non négligeable de la population est constituée de fonctionnaires. Quoi qu'il en soit — du moins à mes yeux —, la ville semble se mourir lentement, paraissant incapable de tirer parti d’un cadre montagneux d'une beauté époustouflante.


mercredi, mai 06, 2026

Retour à Las Vegas !

Voci un petit résumé de notre tout dernier périple sur les routes a débuté fin avril ; nous nous étions donné pour mission d'acheminer la voiture de notre fille pour la toute dernière étape d'un voyage transcontinental entamé en octobre 2025. Cette fois, nous avons commencé par une première étape reliant Park City à Las Vegas, dans le Nevada. 

Je me suis rendu à Las Vegas — cette ville folle si emblematique de l’amérique — plus de vingt fois, et j'y ai passé près de 120 jours durant les salons annuels de l'industrie du ski. Je pensais bien connaître le coin mais c'était sans compter sur le fait que ma dernière visite remontait à vingt ans, en 2006, avec pour objectif — entre autres — d'assister à un concert d'Elton John dans l'un des casinos de la ville. 

Lorsque nous sommes arrivés sur place en fin d'après-midi, ce 28 avril, je n'en croyais pas mes yeux : la ville avait tellement changé qu'elle en était devenue méconnaissable. Et ce n'est pas tout : l'enregistrement s'effectue désormais comme dans les aéroports, via des bornes automatiques, sans la moindre interaction humaine. 

Le système s'est avéré inopérant, non seulement pour nous, les « vieux », mais aussi pour la plupart des clients, totalement déconcertés par l'impossibilité d'accomplir sans problème cette simple formalité. Nous étions tout bonnement furieux — et à juste titre. 

Nous avons fini par obtenir nos clés, poser nos affaires dans la chambre, et nous nous sommes rendus dans un hôtel voisin pour assister au spectacle “KÀ”, cette production inédite du Cirque du Soleil qui défie les lois de la gravité et propulse l'aventure vers de nouveaux sommets. 

Nous nous sommes laissés émerveiller par un décor théâtral dynamique, avec un lors qu'un empire tout entier surgit sur la scène colossale de "KÀ" avecet qu'un ballet captivant d'acrobaties aériennes qui enveloppait toute l’audiencee le public. 

Ce spectacle a largement compensé la désastreuse expérience d'enregistrement vécue à notre hôtel et a presque suffi à rendre le voyage digne d'intérêt. Je n'irais peut-être pas jusqu'à affirmer que Las Vegas vaut les six heures et demie de route depuis chez nous... mais l'avenir nous le dira ! 

mardi, mai 05, 2026

D'une côte à l'autre

Mon premier voyage américain d'une côte à l'autre remonte à 1971 ; à peine arrivé d'Australie, je suis montais à bord d'un bus Greyhound à Los Angeles et j'ai voyagé de ville en ville jusqu'à New York, avant de me rendre à Montréal pour y prendre mon vol de retour vers la France.
Je ne me doutais pas que ce voyage serait le précurseur d’une série de longs périples sur les routes américaines pendant plus de 55 ans. Le deuxième grand voyage, auquel participaient ma femme et nos deux jeunes enfants turbulents (alors âgés de 5 et 3 ans), nous a conduits de Chappaqua, dans l'État de New York, jusqu'à Park City — notre nouvelle terre promise — en 1985.
Entre 2007 et 2012, nous avons effectué quelques trajets en voiture entre l'Utah et Berkeley, en Californie, où notre fille venait de décrocher son premier emploi. En 2012, j'ai accompagné ma fille en Californie alors qu'elle troquait sa petite voiture pour un break plus confortable. En novembre de cette même année, après avoir obtenu un poste au sein de l'administration fédérale à Washington, notre fille a ramené sa voiture dans l'Utah ; ma femme et moi avons ensuite pris le relais pour la conduire jusqu'en Virginie, où elle s'était installée.
Ce n'est qu'en octobre 2025 — alors que la situation commençait à se dégrader sous l'ère Trump — que notre fille a quitté ce poste qu’elle aimait tant pour retourner en Californie. Nous avons gardé sa voiture dans notre garage, avec l'intention de la ramener à San Francisco au printemps suivant.
C'est précisément ce que nous avons fait entre avril et mai, profitant ainsi de l'occasion pour faire un détour par Las Vegas, la Vallée de la Mort, la côte Pacifique et pour remonter une seconde fois vers le nord par la Highway 5, le long du littoral californien.
Si l'on fait le total de tous ces trajets, on atteint un chiffre de 22 000 km. Il serait peut-être un peu présomptueux de dire que la boucle est bouclée, mais nous avons ainsi découvert une grande partie de l'Amérique au fil des années, et sommes ravis de l'avoir fait. Dans nos prochains blogs, nous vous raconterons les aventures vécues lors de cette ultime étape ...

lundi, mai 04, 2026

Outil modernes pour planifier un voyage

Par le passé, quand j’organisais un voyage c’était 20 % de planification contre 80 % d’improvisation ; mais je ne sais pas pour vous, mais en ce qui me concerne, ce processus a lui aussi été carrément retourné ! 

Dans le prochain article de ce blog, vous découvrirez le récit de notre récent voyage en Californie, au cours duquel nous avons livré la voiture de notre fille — celle-là même que nous avions conduite l'automne dernier de Washington, D.C., jusqu'à Park City. Cette fois-ci, notre mission consistait à acheminer le véhicule jusqu'à San Francisco, après avoir effectué quelques détours pour visiter des lieux inédits et revisiter d'autres endroits qui nous avaient beaucoup plu. 

Pour échafauder ce plan, j'ai commencé, dix jours avant le départ, à jongler avec Google Maps afin de déterminer nos étapes et nos lieux d'hébergement, d'évaluer la durée des trajets et d'esquisser une sorte d'itinéraire. Soucieux de ne rien laisser au hasard, j'ai même sollicité l'avis d'une IA pour obtenir une certaine forme de validation ; n'ayant pas réussi à l'obtenir, j'ai dû me remettre plusieurs fois à la tâche.

Entre-temps, j'ai également recherché des divertissements — une escale étant prévue à Las Vegas, et nous voulions aussi en profiter pour découvrir au moins un nouveau Parc National. J'ai ainsi établi un budget prévisionnel rapide sur un tableur (en tenant compte du coût élevé de l'essence, puisque nous n'utiliserions pas d’auto électrique pour ce voyage aller simple), et j'ai, bien entendu, acheté nos billets d'avion pour le vol retour vers la maison. Tout un programme ! 

Trop de choix en toutes directions, et il a fallu beaucoup de temps pour digérer le tout et laisser mûrir l’ensemble en un plan parfaitement ficelé. Ce qui est certain, c'est que la technologie a considérablement rallongé un processus de décision déjà complexe mais quand même assez disproportionné pour une simple balade en auto !

dimanche, mai 03, 2026

Simple et facile, compliqué et difficile

Ce n’est pas que je sois nostalgique, mais j’ai le sentiment que par le passé — quand j’étais jeune — la vie semblait simple et facile, alors qu’aujourd’hui, notre réalité s’est transformée en une existence compliquée et difficile. Est-ce parce que nous sommes confrontés à trop de choix, que nous subissons la pression du temps, que nous sommes victimes de la peur de manquer quelque chose (FOMO), ou pour autre chose ? 

Je suis presque sûr de ne pas être le seul à ressentir ça, comme semblent le confirmer mes discussions avec de nombreuses personnes ainsi que diverses études sociologiques. La vie est objectivement plus complexe qu’elle ne l’était il y a cinquante ans. Bien qu’une pointe de nostalgie puisse teinter ce point de vue, celui-ci repose sur plusieurs évolutions psychologiques et sociologiques mesurables. Tout d’abord, il y a ce que l’on appelle le « paradoxe du choix ». 

Autrefois, si je voulais acheter une paire de chaussures de ski, je me rendais dans un magasin spécialisé et je choisissais parmi, peut-être, trois marques. Aujourd’hui, il existe 15 marques, 100 modèles et des milliers d’avis en ligne à consulter. Avoir trop d’options ne nous rend pas plus libres ; cela nous paralyse. Nous passons plus de temps à « optimiser » notre décision qu’à profiter du résultat, ce qui engendre une « fatigue décisionnelle ». 

De surcroît, nous sommes devenus les prisonniers de la connectivité. Hier, lorsque je quittais mon domicile, j’étais injoignable. La vie comportait des zones de repli naturelles où rien n’était attendu de ma part. Aujourd’hui, nous sommes accessibles 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7 pour chacune de nos responsabilités. Entre la gestion des SMS et des courriels, la mise à jour de logiciels et la consultation de notre fil d’actualité, notre espace mental est constamment occupé par divers processus d’arrière-plan.

Nous ne sommes jamais véritablement « hors ligne », ce qui confère à la vie un sentiment de pesanteur. Pour ne rien arranger, la technologie a éliminé les périodes d’« attente » qui, jadis, servaient d’amortisseurs. Par exemple, lorsque j’écrivais une lettre, je devais patienter une semaine avant de recevoir une réponse. Je me rendais à pied à ma banque pour vérifier mon solde ou consulter mes transactions. Tous ces moments m’obligeaient à ralentir ; désormais, tout est instantané. 

Cette « compression de l’espace-temps » impose un rythme effréné. Nous nous sentons sous pression, non pas parce que nous avons davantage de choses à faire, mais parce que l’on attend de nous que nous les fassions sur-le-champ. Il existe une différence subtile, mais vitale, entre complexité et complication. Une horloge est compliquée, mais c'est un système clos : si un engrenage tourne, un autre suit. La vie moderne, elle, est plus complexe. Elle est interconnectée. Un conflit survenant dans un autre hémisphère peut modifier le prix de l'énergie utilisée pour chauffer notre maison ou recharger notre perceuse. 

Tout est lié à tout le reste d'une manière qui semble imprévisible et, par conséquent, difficile à maîtriser. Certes, on pourrait soutenir que la vie était « plus simple » par le passé, car nous étions moins impliqués dans un nombre plus restreint de choses. Nous acceptions ce que disait le médecin du quartier, ce qu'imprimait le journal local et ce qui était disponible au magasin du coin. Aujourd'hui, nous disposons de plus de pouvoir, de plus d'informations et de bien plus d'options ; mais le « prix à payer » pour ce pouvoir réside dans l'effort constant que demande sa gestion. 

Mieux vaut rester en super forme, car nous avons tous beaucoup de pain sur la planche … Bonne chance !

samedi, mai 02, 2026

Hubris et domination du marché (Troisième partie)

Nokia a connu un échec total en perdant l'intégralité de son leadership sur le marché des smartphones, finissant par céder cette activité, ce qui a marqué la fin de la marque en tant que leader du secteur. Fondée en 1865 par l'ingénieur des mines Fredrik Idestam, Nokia était une papeterie à ses débuts en Finlande. 

En 1967, la papeterie Nokia fusionnait avec des entreprises spécialisées dans le caoutchouc et les câbles ; ce n'est que vers les années 70 et 80 que l'entreprise opérait un virage stratégique majeur vers l'électronique et la téléphonie mobile, créant la filiale Mobira Oy en 1979, lançant son premier téléphone de voiture, le Mobira Senator, en 1982. Elle sortit ensuite son premier téléphone portable, le Mobira Cityman 900, en 1987, avant de recentrer ses activités sur les télécommunications au début des années 1990. 

C'est à cette époque que Jorma Ollila, PDG de 1992 à 2006 fut accusé d’être resté « trop longtemps » (14 ans) aux commandes de l'entreprise finlandaise. Il avait pourtant fait de Nokia le premier fabricant mondial de téléphones, mais l'entreprise a peiné d’effectuer la transition vers les smartphones, prenant du retard avec son logiciel Symbian et ne parvenant pas à réagir efficacement au lancement de l'iPhone. Ollila fut remplacé au poste de PDG par Stephen Elop (2010-2014), lequel fera l'objet de vives critiques pour sa stratégie qui mit fin à Nokia en le vendant à Microsoft.

Parallèlement, Jean Beyl — l'inventeur des premières fixations de ski de marque Look — est lui aussi resté trop longtemps aux commandes, devenant un frein pour l'entreprise ; en effet, le savoir-faire requis pour concevoir ses inventions (créativité, passion, expertise technique approfondie) étaient en conflit avec celles nécessaires développement l’entreprise à grande échelle (délégation, rigueur opérationnelle, marketing stratégique, gestion financière). Bien que visionnaire à sa manière, 

Beyl a toujours eu du mal à passer du statut de « faiseur » à celui de « dirigeant » ; pratiquant le micro-management, il créait des goulots d'étranglement dans le processus décisionnel et entretenait un véritable « syndrome du fondateur », une situation où l'organisation se retrouvait bridée par son style de gestion, son ego, ses relations amoureuses avec de jeunes allemandes et son refus de déléguer. Malgré tout, l'entreprise Look a survécu. 

Ayant lancé sa « série 9 » trop tard pour en tirer profit, l'entreprise fit faillite ; elle fut alors rachetée pour un franc symbolique* par Bernard Tapie, un raider français dont l'unique objectif était de se remplir les poches, ce qui conduisit à une nouvelle revente rapide, suivie d'une longue période d'incertitude, jusqu'à ce que les skis Rossignol reprennent les rênes. 

Ces derniers simplifièrent la gamme avec intelligence, la transformant en un complément à leur propre ligne de skis plutôt que de vendre l'intangible « sécurité. » Ainsi, contrairement à Nokia, la marque Look ne disparut pas, mais poursuivit sa route, avançant à son rythme, opérant une transition progressive.

L'iPhone, quant à lui, fut un véritable « tsunami » qui métamorphosa l'industrie en l'espace de deux ou trois ans. Bien qu'il existe des parallèles entre ces deux histoires, leurs dénouements furent radicalement différents : Nokia ne changea de mains qu'une fois qu'il fut trop tard, tandis que Look profita de périodes de flottement engendrées par la succession de deux ou trois propriétaires différents. 

Par ailleurs, la nature même du secteur du ski reste particulièrement unique, marqué par une forte saisonnalité, une trésorerie courte et délicate de trois mois, ainsi qu'un nombre restreint de pratiquants (environ 75 à 100 millions de skieurs à la fin des années 2000 ?). 

De surcroît, l'écart colossal de taille entre téléphones portables et fixations de ski représente une différence de volume de ventes mille fois supérieure, et constitue un facteur dont l'importance ne saurait être surestimée, bien que ces deux marchés aient tous deux une portée mondiale … 

*Contrairement au rachat de Salomon par Adidas en 1997, pour un montant de 1,4 milliard de dollars.

vendredi, mai 01, 2026

Hubris et domination du marché (Deuxième partie)

Quand il s'agit de comparer la manière dont l'iPhone a supplanté Nokia à ce que Salomon a fait subir à Look dans l'industrie du ski, je ne peux m'exprimer que sur la base de mon expérience personnelle en tant qu'ancien employé de Look. Je pense notamment à la façon dont Salomon a acquis sa prééminence sur les fixations de ski Look dans les années 1970, un processus qui a culminé avec le lancement, à la fin de cette décennie, de la série S727. 

Cette évolution présente un parallèle indéniable avec l’absorption du marché de Nokia par Apple, car elle illustre un pivot technologique : le passage d'une conception établie, fortement axée sur l'ingénierie, vers une solution centrée sur l'utilisateur — plus fonctionnelle et mieux acceptée — qui a redéfini les standards de l'industrie. Dès les années 1960, Look s'imposait comme le leader des fabricants de fixations de ski, très fiable, performant et prestigieux, grâce à son modèle Nevada - N17.

Salomon, toutefois, a changé la donne en transformant le concept assez abstrait de « sécurité à ski » en produits résolument orientés vers l'utilisateur. La différence majeure résidait dans l'hubris de l'inventeur de Look, Jean Beyl, qui ne croyait ni à la nécessité de financer un bureau d’étude musclé, ni à celle d'être à l'écoute de son marché ; une attitude qui contrastait fortement avec l'ouverture d'esprit et le bon sens dont faisait preuve Georges Salomon, menant ainsi leurs entreprises respectives dans des directions radicalement opposées. 

Les fixations Look nécessitaient souvent installation et ajustements plus compliqués sur les skis, ainsi que des réglages chaussures plus minutieux ; mais, plus important encore, elles s'avéraient assez peu pratiques à l'usage sur neige. Salomon a commencé par simplifier son ingénierie, rendant la fabrication moins coûteuse et concevant des fixations plus faciles à installer et à régler en magasin, pour finalement offrir un produit bien plus simple d'utilisation pour le consommateur final. 

Après des années de tâtonnements avec ses séries 404 et 505 — puis 555 —, Salomon a progressivement introduit plusieurs innovations « révolutionnaires ». Tout d'abord la 444, une fixation de milieu de gamme offrant une facilité de chaussage et déchaussage inégalée ; puis son frein à ski fonctionnel, qui a rendu les lanières de sécurité obsolètes ; et enfin, le lancement à la fin des années 1970 de la Salomon S727, qui a sonné le glas de la marque Look.

Contrairement à Look, qui à cause du « barrage » de brevet qu’avait posé Salomon et de la configuration de ses fixations à pivot avait tardé à intégrer le frein à ski par rapport à Salomon, qui faisait figure de pionnier en intégrant une technologie de freins élégante qui en plus attachait les skis ; celle-ci s'est rapidement imposée comme le standard remplaçant les lanières de sécurité traditionnelles. 

Par la suite, au niveau de l’atelier, est apparu le système de « prémontage », dont les vis de fixation étaient déjà solidaires des fixations, prêtes à être insérées dans les trous prévus à cet effet — sans oublier ses gabarits de montage, bien plus pratiques. Salomon a su se mettre à la place de l'utilisateur final (qu'il s'agisse des employés de magasins ou des consommateurs), là où Look s'y refusait purement et simplement. 

Demain, nous examinerons les similitudes, mais aussi les différences fondamentales, entre ces deux trajectoires ...