Souvent, je me demande pourquoi un dirigeant doté d'un cerveau qui marche engagerait des flagorneurs pour s'entourer, et ce que cela révèle sur le sens des affaires d'un tel individu. Bien entendu, nous savons tous qu'un dirigeant qui s'entoure de flagorneurs fait un choix stratégique — mais pas du tout judicieux. Et ce choix en dit bien plus long sur sa psychologie et ses insécurités que sur son sens des affaires.
En réalité, les leaders embauchent des flagorneurs lorsque la protection de leur ego est plus importante que le bien de l'organisation. Si l'on ne tolère ni la dissidence, ni la remise en question, ni le fait d'avoir tort ou d'être contesté, on embauchera que des personnes qui pourraient vous menacer. Disons qu'il s'agit d'une sécurité émotionnelle déguisée en leadership. Ce type de leader, c'est Trump ; quant aux flagorneurs, ce sont Rubio, Kennedy ou Hegseth, pour n'en citer que quelques-uns.
Si Trump avait la moindre confiance en lui, il s'entourerait de personnes fortes. Au lieu de cela, notre président, rongé par l'insécurité, embauche des personnes complaisantes qui lui apportent une validation constante, l'illusion de compétence, le sentiment de maîtriser la situation et une béquille psychologique.Il est vrai que s'entourer de flagorneurs facilite le quotidien. Il n'y a ni débats, ni résistances, ni vérités inconfortables à entendre. Le coût, cependant, est énorme : une multitude d'angles morts, d'erreurs stratégiques, de pensées de groupe et de stagnation.
Un président comme Trump, qui s'entoure de flagorneurs, manifeste au moins l'un des traits suivants : un jugement déficient, car il est incapable de distinguer la compétence de la docilité, l'alignement de la flatterie, et la loyauté de la dépendance.
Une prise de décision fragile, puisque les mauvaises nouvelles sont filtrées, les risques dissimulés et les erreurs laissées sans contestation ; un manque de maturité stratégique, car les grands leaders savent qu'ils ont besoin de dissidence, de débats, de perspectives variées et de personnes qui osent leur dire : « Vous avez tort ».
Enfin, un dernier trait caractéristique est le leadership fondé sur la peur : puisque Trump a besoin de flatteries pour fonctionner, il ne dirige pas, il gère sa propre anxiété. Les flagorneurs ne se rassemblent pas autour des leaders forts, mais autour de ceux qui ont besoin d'eux ; et ce besoin constitue le véritable problème.










