lundi, novembre 02, 2026

Un Halloween de plus en chiffres et en vidéo

Nous espérons toujours faire mieux que l’année précédente en matière de visites lors de la fête de Halloween, et cette année n’a pas fait exception. 

Au moment de fermer la porte d’entrée et d’éteindre les lumières, nous avons constaté une progression de 5 % par rapport à l’an dernier — ce qui est quand même mieux que notre taux d’inflation ! 

Sept groupes, totalisant 21 visiteurs — soit un de plus que l’an dernier — sont venus nous voir. À titre de comparaison, notre meilleure année (dans notre ancienne maison) remonte à 2007, avec 82 gamins, contre seulement 12 en 2011. 

Malheureusement, les familles latinas qui venait d’habitude accompagner leurs enfants, ont tout comme l’an passé préféré ne pas se déplacer, par crainte des rafles menées par l’ICE — ces opérations brutales qui ont repris récemment de l’ampleur. 

Espérons que la situation s’améliorera un peu d’ici l’an prochain. Pour finir sur une note positive, j’ai ajouté une courte vidéo qui permettra de vous faire une idée de cette soirée, qui s’est déroulée dans une ambiance très calme !

dimanche, novembre 01, 2026

Bilan de l'épreuve de Sölden

Comme beaucoup de passionnés de ski, j'ai suivi la course d'ouverture à Sölden. 

Si certains considèrent la piste du Rettenbach comme l'une des plus exigeantes du circuit — avec des pentes atteignant 68 % (environ 34 degrés) dans sa section la plus abrupte —, elle s'avère particulièrement brutale et, à mon sens, manque du genre de variété qu'on trouve à Adelboden ou Alta Badia. Le départ à 3 040 mètres d'altitude, présente un dénivelé d'environ 370 mètres sur un tracé long de près de 1,2 kilomètre.

Ce passage, très long et très pentu, constitue le cœur du glacier du Rettenbach. Pour rompre la monotonie de la section finale, plus plate, le profil a été « enrichi » par l'ajout volontaire de trois bosses en forme de vagues. 

En l'absence de neige naturelle, la qualité de la neige était plutôt bonne grâce à un effort logistique colossal : 60 000 m³ de neige, stockés depuis le printemps précédent et préservés tout l'été a permit de conserver 70 à 80 % du volume initial. 

Cette neige ancienne, combinée à des systèmes de production de neige de culture très performants activés lors de la vague de froid précédant les épreuves, a permis de créer une base compacte offrant une piste dure, glacée et homogène, telle que la Coupe du monde exige. Cela étant, il était difficile de ne pas remarquer l'aspect terreux du glacier du Rettenbach juste avant les courses, la piste préparée ressortant comme un étroit ruban blanc dans un paysage dénudé. 

La neige présente a finalement été mise à rude épreuve par des conditions météorologiques difficiles et capricieuses le jour de la course — un élément qui a largement alimenté les commentaires, le slalom géant féminin ayant été retardé de 30 minutes en raison des chutes de neige et du vent sur le glacier, semant le chaotique en cette première journée. 

La course s’est alors transformée en une lutte non seulement contre le chronomètre, mais aussi contre les éléments, les conditions météorologiques changeantes devenant un facteur décisif dans l’issue de l’épreuve. Mikaela Shiffrin, en tête après la première manche, a dû affronter du brouillard et un manque de visibilité grandissante lors de son second passage. 

De son côté, Paula Moltzan — qui a fini par s’imposer — a bénéficié d’une éclaircie providentielle, lui permettant de réaliser une seconde manche impeccable et de rafler la victoire. Shiffrin a confié : « Difficile, c’est le moins qu’on puisse dire, cette seconde manche... la piste s’est totalement obscurcie. » 

Pour ma part, je n’ai pas particulièrement aimé cette course, mais, à en juger par les articles de presse que j’ai lus, je devais être le seul !

samedi, octobre 31, 2026

Le comité du prix Nobel n’a rien compris

La Norvège est unanimement reconnue comme une nation hautement développée, dotée de l’un des niveaux de vie les plus élevés, de l’un des systèmes de protection sociale les plus solides et de l’un des plus importants fonds souverains au monde. 

Pourtant, Donald Trump est désormais d’un avis tout différent. Dimanche dernier, lors d’un rassemblement dans le Michigan, il a qualifié ce pays de « trou à merde » — une expression qu’il affectionne pour désigner les nations qu’il a en horreur. 

Cette terminologie remonte à 2018 : lors d’une réunion sur l’immigration dans le Bureau ovale, Trump avait opposé certains pays, qu’il avait qualifiés de « trou à merde », à la Norvège, se demandant pourquoi les États-Unis n’accueillaient pas davantage d’immigrants en provenance de pays comme celle-ci (bien qu’il ait, par le passé, vanté l’économie et les relations commerciales de la Norvège). 

Peut-être cherchait-il déjà, à l’époque, à décrocher ce prix Nobel qu’il convoite tant. 

Arrivons-en au dimanche 25 octobre et voilà que la Norvège — pourtant aux antipodes d’un « trou à merde » — se retrouve, par un curieux hasard, reléguée dans cette catégorie peu flatteuse, suite à la décision du comité Nobel norvégien (indépendant) d’attribuer le prix Nobel de la paix 2026 à un juriste sud-africain. 

Il est stupéfiant de constater à quelle vitesse les choses évoluent avec Trump ; l’homme est d’une imprévisibilité totale, ce qui témoigne, à n’en pas douter, d’un profond déséquilibre mental. 

Quelqu’un devrait enfin lui expliquer ce que signifie la paix, ce qu’est le bon sens, et lui rappeler qu’on attire bien plus de mouches avec du miel qu’avec du vinaigre.

vendredi, octobre 30, 2026

S’attaquer aux projets qui nous rebutent …

Nous avons tous des projets qui nous hantent : des tâches dont nous savons qu’elles doivent être accomplies, qui nous taraudent chaque fois que nous passons devant, mais qui, pour une raison ou une autre, ne démarrent pas. Elles sont là, tels des juges silencieux, nous rappelant notre propension bien ancrée à la procrastination. 

Dans mon cas, récemment, il s’agissait de travaux de réparation à la maison — compliqués, comportant de multiples étapes et prenant beaucoup de temps. À chaque fois que je les voyais, j’éprouvais un mélange de culpabilité et d’agacement. Je pouvais bien sûr embaucher quelqu’un pour les faire, mais je savais aussi que je pourrais faire ça moi-même, à condition de briser la barrière psychologique. 

La première astuce que j’utilise est simple : j’arrête d’éviter la tâche et je la regarde droit dans les yeux. Je me dis que, si je pense que je suis compétent, c’est précisément le genre de travail que je devrais pouvoir faire. C’est une forme d’auto-responsabilisation — douce mais ferme — qui frôle parfois l’auto-culpabilisation. 

Le second outil qui me vient à l’esprit est la « technique du saucisson » : découper le projet en tranches fines et à ma portée. Une tâche qui semble insurmontable dans sa globalité devient étonnamment faisable quand on la fragmente en petites étapes autonomes. Et c’est alors que je me souviens de la sagesse de Lao Tseu : « Un voyage de mille lieues commence par un premier pas. »

Cette phrase est devenue mon déclencheur. Une fois ce premier pas franchi — aussi infime soit-il —, le projet perd son emprise sur moi. C’est ainsi que je me suis enfin attaqué à ces réparations que je redoutais depuis si longtemps. 

En fin de compte, les projets qui nous rebutent ne démarrent pas par pure volonté. Ils finissent par céder lorsque nous cessons de les fuir et commençons à les apprivoiser en les découpant en tranches, puis en effectuant ce premier petit pas. 

Une fois cette démarche entreprise, le projet que je détestais depuis des mois a enfin commencé à bouger — non pas parce qu’il est devenu plus facile, mais parce qu’il a enfin cessé de m’intimider.

jeudi, octobre 29, 2026

Plaque d’immatriculation « invisible »

Depuis 2026, la plaque d’immatriculation à l’avant des véhicules n’est plus obligatoire en Utah. Bien que cette pratique était largement tolérée auparavant, elle est désormais officielle, du reste l’État ne délivre plus qu’une seule plaque destinée à l’arrière du véhicule. 

Par ailleurs, les cyclistes qui transportent leurs vélos sur leur voiture utilisent souvent des porte-vélos fixés à l’attelage arrière. 

Or, presque toujours ce type d’installation masque la plaque d’immatriculation, empêchant sa lecture par les caméras des péages ou autres zones à accès payant. Dès lors, on peut se demander que fait la police à ce sujet ? Est-elle même consciente de cet état de fait ? 

Depuis l’apparition de ces porte-vélos, je me suis interrogé sur ce petit détail, problème, non seulement en Utah, mais aussi dans le reste des États-Unis et ailleurs. Mes recherches confirment que les forces de l’ordre sont bien au courant de la situation. Voici donc la réglementation concernant les États-Unis, ainsi que la manière dont la police traite cette question. 

En Utah, la règle de la plaque unique (en vigueur depuis 2026) ne modifie en rien les exigences de visibilité. La loi impose donc que la plaque soit clairement visible, non obstruée et éclairée la nuit, rendant une plaque masquée illégale. Ce problème est connu à l’échelle nationale, et les services de police y sont confrontés, la plaque arrière constituant le seul élément d’identification. 

En effet, les caméras de péage, les dispositifs de contrôle aux feux rouges ou de vitesse, les systèmes de lecture automatisée des plaques et les patrouilles de police dépendent tous exclusivement de cette visibilité. En pratique, la façon dont la police gère cette situation varie. Elle peut adresser des avertissements ou dresser des contraventions, notamment dans les États dotés de routes à péage ou de systèmes de lecture automatisée des plaques. 

Cela étant, l’application de la loi semble assez limitée à Park City, probablement en raison de l’importance qu’a le tourisme sur l’économie locale. Ailleurs, il m’a été rapporté que si un agent constate qu’une plaque est partiellement ou totalement masquée, il peut intercepter le véhicule et émettre une injonction de mise en conformité ou une amende pour défaut de visibilité en mettant en place des supports de plaque permettant de déplacer celle-ci à l’arrière du porte-vélos. 

Au Canada, la plupart des provinces imposent la même règle. Dans la plupart des pays européens ainsi qu’en Australie, deux plaques d’immatriculation sont exigées ; aucune obstruction n’est tolérée, et le déplacement de la plaque est obligatoire si un porte-vélos la masque. Voilà, vous savez désormais à quoi vous en tenir. Bonne route et bonne balade à vélo !

mercredi, octobre 28, 2026

Marcel Grivel-Delillaz, 1946-2026

Marcel et moi nous sommes rencontrés pour la première fois à Chamonix, en mai 1971, lors d’une réunion d’organisation avant notre départ pour l’Australie, où nous allions enseigner le ski à Mt. Buller durant l’hiver austral. 

Nous nous sommes retrouvés mi-juillet dans cette petite station du Victoria, après un long périple de six semaines en mer, que j’avais effectué en compagnie de JP Chatellard. Marcel était un skieur passionné, débordant d’énergie et d’enthousiasme ; il a conservé cette intensité remarquable jusqu’à la fin du mois de septembre quand prit fin la saison de ski. 

Après cette expérience riche en bons moments, nous nous sommes quelque peu perdus de vue ; je savais simplement qu’il venait d’épouser Nadia et qu’il avait, par conséquent, choisi de ne pas nous accompagner pour une saison de plus dans l’hémisphère sud. 

Nos chemins devaient brièvement se croiser à nouveau, le 13 avril 1974, quand je suis tombé sur Marcel et Nadia à la salle de bal « Le Robinson » à Morzine, dans des circonstances mémorables. 

Après cela, il fallut attendre près de trois décennies pour que nous reprenions contact, au moment où, ayant pris ma retraite, j’ai eu le temps de renouer avec mes anciennes connaissances. Le ski, le VTT et nos souvenirs communs ont alimenté nos nombreuses conversations téléphoniques et nos échanges sur les réseaux sociaux. 

Enfin, le 14 octobre 2023, Evelyne et moi partagions un agréable déjeuner avec Marcel à Annemasse, près de Genève. Par la suite, nous avons continué à échanger par téléphone et via les réseaux sociaux ; notre dernière conversation remontant au 23 janvier de cette année, et notre dernier échange sur WhatsApp ce 24 septembre. 

Marcel a été emporté par un arrêt cardiaque ce 26 octobre, à peine un mois avant son 80e anniversaire le 30 novembre. Il laissera un grand vide auprès de sa famille et de tous ses amis amoureux de la montagne.

mardi, octobre 27, 2026

Socialisme et Économie « à la française »

La France, mon pays natal, présente une combinaison singulière : un socialisme confortable, des concepts économiques et financiers « élastiques », et une certaine réticence à affronter des réalités difficiles, voire douloureuses. Plus simplement, l’ensemble des acquis sociaux accumulés au fil du temps fonctionne comme un mécanisme irréversible — comparable au système de cliquet que l’on trouve sur un treuil, empêchant tout retour en arrière. 

Cet « effet cliquet » ne s’est pas mis en place du jour au lendemain ; il est issu du contrat social d’après-guerre, consolidé par des syndicats puissants et une culture politique où la rue est perçue comme l’arène la plus légitime et la plus efficace de l’expression démocratique. 

En d’autres termes, tout avantage social acquis au fil des ans est considéré comme intangible ; toute tentative — quelle qu’en soit la raison — de le remettre en cause déclenche quasi systématiquement des manifestations dans la rue, s’accompagnant parfois de dégradations, d’incendies et de pillages. On pourrait y voir une forme de prise d’otages, et c’est sans doute le cas. 

Ainsi, qu’il s’agisse de l’âge de départ à la retraite (62 ans), de la durée hebdomadaire du travail (35 heures) ou de tout un éventail d’autres acquis — sans oublier l’un des filets de sécurité sociale les plus solides au monde —, toute idée de réforme ou de réduction est, en pratique, exclue. 

C’est, d’une certaine manière, comparable à la Constitution américaine : gravé dans le marbre et quasiment immuable. L’architecture sociale française, admirable à bien des égards, se heurte aujourd’hui à une économie mondiale qui valorise la flexibilité, l’innovation et une adaptation rapide — autant de qualités que le système français tend, au contraire, à étouffer. 

Pourtant, le monde qui nous entoure évolue ; chaque nation se retrouve en concurrence économique avec ses voisines, et ce filet de protection sociale, devenu un boulet, paralyse désormais un gouvernement français pris en otage par des mouvements sociaux qui menacent, à tout moment, de paralyser la nation tout entière. Les manifestations en France oscillent entre mobilisations pacifiques de grande ampleur et troubles violents. 

Ces deux formes s’inscrivent dans une longue tradition où la contestation publique fait office de contre-pouvoir. Changer cet état de fait exigerait un courage politique dont Emmanuel Macron — tout comme la droite traditionnelle avant lui — s’est montré cruellement dépourvu. 

Aujourd’hui, en s’inspirant des méthodes de Donald Trump, Marine Le Pen oserait peut-être franchir le pas, si toutefois elle parvenait à se faire élire — ce dont je continue, pour ma part, à douter. Le candidat suivant qui s’impose, le représentant de la gauche Jean-Luc Mélenchon, ne parviendrait probablement pas non plus à accomplir grand-chose s’il était élu, compte tenu d’un parlement divisé. 

Les gouvernements successifs — de gauche, de droite comme du centre — se sont heurtés à des difficultés pour réformer le système, car toute tentative de modifier ce mécanisme à cliquet suscite une résistance massive. Il reste incertain de savoir si les futurs dirigeants parviendront à surmonter cette dynamique. 

Si le système français, comme ce mécanisme à cliquet, a permis de préserver remarquablement les acquis sociaux, il a également instauré un équilibre politique au sein duquel tout changement est devenu quasi impossible. La question de savoir si cet équilibre peut perdurer dans un monde en mutation rapide auquel la France devra, tôt ou tard, faire face.