mardi, août 04, 2026

Lutter contre le changement climatique (Première partie)

Nous n’avons qu'une seule planète, et pourtant plus de 200 nations partagent la responsabilité de son avenir. Bien que la quasi-totalité des gouvernements reconnaissent l'importance de protéger l'environnement, leur volonté et leur capacité d'agir varient considérablement. Certains privilégient la croissance économique, la sécurité nationale ou des considérations politiques aux politiques climatiques, tandis que d'autres manquent tout simplement des ressources financières nécessaires à la transition. 

Le défi est donc non seulement scientifique, mais aussi politique, économique et moral. Dès lors, comment faire bouger les choses ? L'histoire nous enseigne qu'aucune approche isolée n'est suffisante. Le progrès résulte généralement d'une combinaison de facteurs.

En théorie, l'éducation est sans doute l'outil le plus puissant à long terme. Elle modifie la façon dont les générations futures pensent, votent, consomment et innovent ; malheureusement, son action est très lente. Donner l'exemple peut s'avérer étonnamment influent. Lorsqu'un pays, une ville ou une entreprise démontre que la réduction des émissions peut rimer avec prospérité économique, d'autres sont plus enclins à suivre son exemple. 

La chute spectaculaire du coût des panneaux solaires et de l'énergie éolienne est en partie due aux investissements précoces des pays qui ont prouvé que ces nouvelles technologies pouvaient, de façon surprenante, fonctionner efficacement à grande échelle. Cela dit, les incitations économiques sont souvent plus efficaces que les arguments moraux. Les entreprises et les consommateurs sont sensibles aux prix. 

Les taxes carbone, les systèmes d'échange de quotas d'émission, les crédits d'impôt pour les technologies propres et les subventions aux énergies renouvelables ont généralement produit des changements mesurables, car ils alignent les objectifs environnementaux sur les intérêts financiers. Il est vrai que la pression des consommateurs et les boycotts peuvent influencer le comportement des entreprises, surtout lorsqu'ils mobilisent un grand nombre de personnes. 

Les entreprises réagissent souvent plus rapidement que les gouvernements à l'évolution des préférences des consommateurs. Cependant, les boycotts ne sont généralement efficaces que s'ils sont largement soutenus, ce qui nécessite une explication claire et une parfaite compréhension. En théorie, les accords internationaux comme l'Accord de Paris contribuent à établir des objectifs communs et à encourager la transparence, mais ils reposent en grande partie sur des engagements volontaires et la pression des pairs plutôt que sur la contrainte. 

Un grand espoir, souvent considéré comme un pari risqué, réside dans l'innovation technologique, qui devrait à terme être l'un des principaux moteurs du changement. Les nouvelles technologies deviennent attractives lorsqu'elles sont plus propres et moins chères. L'adoption rapide des véhicules électriques, des batteries améliorées et des énergies renouvelables illustre comment l'innovation peut transformer les marchés sans exiger de sacrifices de la part de tous. 

Pour conclure cette liste d'outils, il y a toujours la protestation publique et la désobéissance civile, qui ont historiquement attiré l'attention sur des problèmes importants et parfois accéléré des changements politiques. Leur efficacité dépend du maintien du soutien du public. Les mouvements pacifiques ont généralement un bilan plus positif à long terme que les révoltes violentes, qui polarisent souvent les sociétés et détournent l'attention du problème de fond. 

Demain, nous tenterons de déterminer quels outils semblent les plus efficaces…

lundi, août 03, 2026

Altitude et température

Montagnard et skieur, j'ai toujours pensé que la règle concernant la variation de température en fonction de l'altitude était de 6 °C pour 1 000 mètres. N'en n’étant pas tout à fait sûr, j'ai décidé d'approfondir le sujet, qui prend de l’importance au moment où le réchauffement climatique s'intensifie. Voici ce que j'ai découvert, en commençant par les causes du phénomène. 

La température baisse avec l'altitude tout simplement parce que la pression atmosphérique diminue, ce qui entraîne une détente et un refroidissement de l'air. Abordons maintenant les chiffres relatifs à ce que l'on appelle le gradient thermique normal (ou gradient adiabatique). En degrés Celsius, elle baisse d'environ 6,5 °C par tranche de 1 000 mètres. Par exemple, si l'on gravit un dénivelé montagneux de 2 000 mètres, on peut généralement s'attendre à ce qu'il fasse environ 13 °C de moins en atteignant le sommet. 

Bien entendu, si la valeur de 6,5 °C pour 1 000 mètres constitue la moyenne standard, les conditions réelles s'écartent souvent de cette règle. Prenons d'abord en compte l'humidité. Si l'air est sec, il se refroidit plus rapidement en s'élevant à un taux d'environ 9,8 °C pour 1 000 mètres. 

En revanche, si l'air se refroidit jusqu'à atteindre son point de rosée et que l'humidité se condense pour former des nuages ​​ou du brouillard, de la chaleur latente est libérée dans l'air environnant. Ce phénomène ralentit le refroidissement, ramenant le taux à environ 5 °C pour 1 000 mètres. 

Il y a aussi les inversions de température. Si celle-ci diminue normalement avec l'altitude, une inversion produit l'effet inverse, de l'air plus chaud venant surplomber une masse d'air froid. Ce phénomène est très courant dans les vallées de montagne (comme celle de l’Arve entre Cluses et Sallanches) en hiver ou lors des nuits claires et sans vent : l'air froid et dense s'accumule au fond de la vallée, tandis que les zones plus élevées, comme Megève, restent nettement plus chaudes. 

Pour finir, la topographie du terrain et le vent jouent également un rôle. Les parois rocheuses sombres et les zones alpines exposées peuvent chauffer considérablement sous l'effet du rayonnement solaire direct, créant ainsi des microclimats chauds en altitude qui s'écartent du gradient thermique habituel de l'air libre. 

À l'inverse, des vents alpins violents peuvent rabattre des masses d'air froid (phénomène connu sous le nom de vents catabatiques) ou accentuer l'effet de refroidissement éolien, donnant une sensation de froid bien plus intense que ne le laisserait supposer le gradient thermique ambiant. 

Voilà, vous savez désormais tout sur cette relation complexe entre altitude et température !

dimanche, août 02, 2026

Les erreurs sont les briques qui bâtissent la sagesse

Un ami me l’a récemment rappelé alors que je partageais une caricature sur le fait de vieillir et de gagner en sagesse. Il a dit : « Je fais encore beaucoup d’erreurs », et j’ai réalisé que la sagesse ne survient pas après les erreurs, mais à travers celles-ci. 

Sans erreurs, la sagesse n’a pas de terreau pour se développer. Chaque faux pas nous apporte un nouvel éclairage, une perspective différente sur nous-mêmes, une nouvelle occasion de mieux comprendre le monde. La sagesse n’est ni une quantité fixe ni une destination finale ; c’est une construction que nous bâtissons sans cesse, brique imparfaite après brique imparfaite. 

Plutôt que de redouter les erreurs, nous devons donc les accueillir comme faisant partie intégrante du cheminement vers d’avantage de sagesse. Non pas parce qu’elles sont plaisantes, mais parce qu’elles sont fécondes. Elles nous permettent de continuer à apprendre, à nous ajuster et à rester en phase avec le monde. 

En ce sens, la sagesse n’est jamais achevée, elle a sans cesse besoin de toutes nos erreurs, petites et grandes — et c’est précisément ce qui rend la vie intéressante.

samedi, août 01, 2026

La peur la plus difficile à surmonter ?

Nous craignons tous des choses différentes. Ce qui effraie une personne peut en laisser une autre totalement indifférente, car chacun de nous possède un seuil de tolérance différent face à l'incertitude et au risque. Certains — y compris ceux dont le métier consiste à prendre des risques — s'habituent tellement au danger que ce qui semblait autrefois intimidant finit par devenir une simple routine. 

En vieillissant, l'expérience nous apprend souvent à accepter que de nombreux événements échappent à notre contrôle. Pourtant, la logique seule ne suffit pas à dissiper la peur, et bien des angoisses nous accompagnent tout au long de notre vie. 

Parmi ces peurs, l'une d'elles se distingue par son intensité particulière : il ne s'agit pas de la peur de mourir, mais de celle d'avoir tort. Admettre que l'on a commis une erreur, fait preuve d'un mauvais jugement ou entretenu une croyance erronée peut s'avérer extrêmement difficile, car cela remet en cause notre fierté, l'image que nous avons de nous-mêmes et, parfois même, notre identité. 

C'est peut-être là l'un des plus grands défis psychologiques auxquels nous sommes confrontés. Si certains apprennent à reconnaître leurs erreurs avec humilité, beaucoup passent leur vie à défendre des opinions dont ils savent, au fond d'eux-mêmes, qu'elles ne sont peut-être plus fondées. 

Paradoxalement, la volonté d'admettre que l'on a tort n'est pas un signe de faiblesse, mais bien l'une des marques les plus évidentes de sagesse et d'épanouissement personnel.

vendredi, juillet 31, 2026

Merci Total Energies !

Nous traversons actuellement une période caniculaire à Park City. Si les températures sont loin d'être insupportables comparées à celles que connaissent la vallée de Salt Lake et bien d'autres endroits, nous avons eu la chance, jusqu'ici, d'être épargnés par la fumée, à l'exception de deux ou trois jours en juin. 

Toutefois, face aux ravages climatiques qui frappent le monde entier — des gigantesques incendies de forêt en Europe aux inondations survenant un peu partout —, le réchauffement climatique reste plus que jamais cet immense problème que tout le monde semble ignorer délibérément. Bien sûr, personne ne parle de ce qui afflige actuellement la planète et menace de causer la perte de l'humanité, les regards étant braqués sur les conflits aux quatre coins du globe et les excentricités des politiciens. 

Pourtant, le retour de bâton est inévitable : les actions passées — en particulier le pillage effréné de notre planète par l'humanité — finiront par nous rattraper tous, et ce que nous vivons aujourd'hui n'en est qu'un avant-goût. Et ce, alors même que de nombreux acteurs de l'industrie des combustibles fossiles ont tenté, pendant des décennies, de nous convaincre qu'il était impossible d'établir un lien de cause à effet entre l'utilisation de ces énergies et le réchauffement climatique, sous prétexte que les modèles de projection étaient trop incertains.

Or, il a été récemment démontré que l'une de ces entreprises, ExxonMobil (anciennement Esso), disposait de ses propres modèles internes prédisant des trajectoires de réchauffement cohérentes avec celles annoncées par les modèles universitaires et gouvernementaux indépendants. Ce qu'ils savaient réellement sur les modèles climatiques contredisait donc ce qu'ils nous avaient fait croire. 

C'est pourquoi j'ai pris une habitude : lors de nos promenades matinales, si mon interlocuteur me dit « Encore une journée qui va etre chaude ! », je réponds systématiquement : « Merci ExxonMobil ! ». Vous n’aurez qu’à traduire, « Merci Total Energies ! » 

jeudi, juillet 30, 2026

Relations de voisinage …

 Mon voisin a l'air jovial et super sympa, mais comme beaucoup de gens, il aime faire les choses « à sa façon ». L'autre jour, il recevait des invités chez lui. Il faisait beau et tout le monde a dîné sur la terrasse, située à moins de 9 mètres de notre chambre à coucher.

Les convives parlaient fort et, lorsque nous sommes allés dans notre chambre à 21 heures, nous les entendions très distinctement. Nous espérions qu'à 22 heures tout le monde rentrerait, mais ils ont oublié et poursuivi leurs échanges bruyants jusqu'à environ 23 h 30. J'étais agacé car je n'ai pas pu dormir. 

Le lendemain soir, le même genre de réunion se renouvelait. Craignant que tout ce petit monde recommence la séquence de la veille, j'ai envoyé un SMS à mon cher voisin juste après 22 h 30 pour lui demander de dire à ses invités de « Baisser un peu le ton, s'il vous plaît ». 

Quelques minutes plus tard, tous se sont tus et sont rentrés, mais mon voisin n'a jamais répondu à mon message, sans doute par gêne. J'ai trouvé que j'avais bien géré l'incident. Auriez-vous réagi différemment et, si oui, qu’auriez vous fait ?

mercredi, juillet 29, 2026

Le « Wooden Nickel » à Jackson Hole

En juillet 1984, alors que je travaillais pour Lange sans être pleinement satisfait de l'étape que je traversais dans ma vie et ma carrière, ma curiosité fut éveillée par une petite annonce parue dans la rubrique « Opportunités d'affaires » du sérieux Wall Street Journal. 

J’avais trouvé un magasin de vêtements de mode à vendre au cœur de la station de montagne de Jackson Hole, dans le Wyoming. J'avais téléphoné et discuté avec le propriétaire ; il m’avait dit que le prix de vente du fonds de commerce (hors murs, bien entendu) avoisinait les 120 000 dollars (soit un peu moins de 400 000 dollars d'aujourd'hui). 

L'enseigne s'appelait le « Wooden Nickel ». À Jackson Hole, ce nom évoquait l'héritage de l'Ouest, des articles uniques, un rapport qualité-prix honnête et un charme rustique, un clin d'œil en quelque sorte à la culture Far West. 

C’est ainsi qu'à cette époque, lors d'un voyage d'affaires qui m’amenait par Denver, j'avais pris l'avion pour Jackson afin de visiter les lieux. Je n'y étais jamais allé et j'avais adoré l'endroit ! Le vendeur m’avait prit à l'aéroport et m'avait fait visiter son commerce. L'affaire me plaisait assez, mais j'hésitais quand même. J'ai donc dit que j'allais y réfléchir et que j'en parlerais à ma femme. 

Le travail et le quotidien reprirent alors leur cours, mais plus tard cette année-là, j'avais commencé à élaborer un projets qui allait aboutir à mon déménagement dans l'Utah en 1985. Mon rêve de l'Ouest était sur les rails et allait marquer un fabuleux tournant dans ma vie !