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jeudi, août 06, 2026

Un rare mois complet de vacances !

Il y a cinquante ans, je travaillais encore pour les fixations Look et, pour la seconde et dernière fois de ma carrière, je profitais d'un mois entier de congés annuels, avantage que les Français trouvent tout à fait normal et auquel ils sont très attachés. J’en garde d’autant plus un souvenir marquant en raison de la forte canicule de cet été-là. 

Je me souviens d’avoir travaillé juste avant, en juillet chez Look, avec de jeunes cadres de notre distributeur américain venu collaborer sur un manuel technique destiné aux techniciens de ski dans une chaleur suffocante. Tout comme moi, Peter Juen et Ted Travis ruisselaient de sueur et peinaient à comprendre l'absence de climatisation dans l’usine toute neuve que les propriétaires de Look venaient de faire construire. 

Pourtant, la canicule de 1976 n'a rien à voir avec celle de cet été en France. Bien qu'elle ne soit pas encore terminée, la canicule de 2026 aura battu tous les records et s'est révélée bien plus intense que celle de 1976 — même si cette dernière reste gravée dans les mémoires des anciens en raison de la sécheresse extrême et des répercussions socio-économiques qu'elle a engendrées.

En termes d'intensité thermique, 2026 l'emporte largement avec un pic national à 30 °C, contre 25,5 °C en 1976 (indice thermique sur 24 heures). Quant à l'étendue géographique, les chaleurs de 1976 touchaient surtout le nord, l'ouest et le centre de la France, le sud étant moins affecté. À l'inverse, en 2026, la canicule a touché plus de 40 % du pays, avec des records historiques dépassant les 40 °C dans de nombreuses régions (Strasbourg 40,4 °C, Noirmoutier 40,1 °C). 

Les nuits furent bien plus chaudes qu'en 1976 avec des températures nocturnes supérieures à 20 °C sur 75 % du territoire, avec jusqu'à 10 nuits chaudes consécutives à Paris et ces nuits tropicales ont considérablement aggravé la sensation de chaleur. 

Enfin, la sécheresse de 1976 fut exceptionnelle, marquée par l'assèchement des cours d'eau, un déficit pluviométrique de 50 à 70 % et une crise agricole majeure qui exacerba les tensions entre le président Valéry Giscard d’Estaing et son Premier ministre, Jacques Chirac. Si la canicule n'en fut pas l'unique cause, elle a porté à son paroxysme un conflit latent, aboutissant finalement à la démission de Chirac. 

Nous ignorons encore quelles seront les répercussions politiques de l'épisode de 2026, mais il est fort probable que nous en entendions parler dans les mois à venir. Il est certain que dès à présent, la sécheresse commence à se manifester, qu’elle n’a pas encore dit son dernier mot et ces jours derniers, le torrent de la Dranse dans mon patelin d’origine, s'est retrouvé à sec par endroits — un phénomène inédit. 

En conclusion, la canicule de 1976 a marqué les esprits, principalement en raison de son intensité et de ses conséquences politiques, mais elle fut aussi une année exceptionnelle pour les vins français, malgré (ou grâce à) la sécheresse estivale extrême. 

Toutefois, la canicule de 2026 s'avère nettement plus sévère en termes de températures en battant des records historiques, en engendrant des nuits tropicales inédites et en atteignant une intensité sans commune mesure avec les épisodes du XXe siècle, sans oublier une saison des feux de forêt d'une violence et d'une ampleur records.

mardi, juillet 28, 2026

Prévisions météo pour l'hiver prochain …

Les dernières prévisions du Climate Prediction Center de la NOAA viennent de paraître. Elles couvrent l'essentiel de la saison hivernale à venir, y compris les mois de janvier, février et mars 2027.

Elles indiquent l'émergence d'un schéma El Niño assez caractéristique, avec des conditions plus humides sur une grande partie du sud des États-Unis, un temps plus sec sur certaines zones du nord des Rocheuses et une probabilité accrue de températures supérieures à la normale sur de vastes étendues du pays. Ces cartes ne prédisent ni les quantités exactes de neige ni les tempêtes hivernales spécifiques. 

Elles offrent toutefois une première indication quant aux zones où la trajectoire des perturbations pourrait favoriser des conditions plus humides, plus sèches, plus chaudes ou plus froides durant l'hiver 2026-2027. 

Pour ce qui est de Park City, le constat est clair : une tendance à la hausse des températures et des précipitations proches de la normale. Reste à voir ce que l'avenir nous réserve ; début avril, nous comparerons ces prévisions à la réalité pour voir si elles ressemblent aux projections de NOAA …

mercredi, juin 17, 2026

Dernier névé à Park City

Chaque année, c'est la même chose. Le 16 juin a une signification particulière pour moi. Ce jour-là, en 1985, alors que je cherchais une maison, j'avais loué une grosse caméra pour filmer celle que nous avons finalement achetée à Park City, afin que ma femme puisse la voir et approuver ma sélection. 

Il y avait une fenêtre en œil de bœuf, et à travers celle-ci, j'avais filmé Jupiter Peak avec son tout petit névé juste en dessous du sommet, de la même taille que sur la photo ci-dessous ! 

Le plus étonnant, c'est que cet hiver a été le pire que l’Utah n’ai jamais eu en matière d'enneigement, et pourtant, après l'excellente saison de neige que fut 1984-85, il reste autant de neige cette année, sans parler de la quantité encore plus importante autour de la combe principale et du couloir de Portuguese Gap, grâce à des mois d'avril, mai et juin très frais. 

Étonnant, n'est-ce pas ?


 

mardi, mars 10, 2026

Qualité des prévisions météo à long-terme (Deuxième partie)

Outre les fluctuations d'El Niño et de La Niña, on a également observé des blocages atmosphériques et une instabilité du courant-jet. 

À l'automne 2025, le courant-jet ne s'est pas mis en place selon le schéma classique de La Niña. Au lieu de diriger les tempêtes du Pacifique vers le nord-ouest américain et le nord des Rocheuses, il s'est fréquemment scindé ou a stagné. 

De ce fait, les tempêtes ont complètement manqué l'ouest, tandis que des crêtes chaudes et sèches se formaient au-dessus du Grand Bassin et des Rocheuses. 

De plus, la neige est arrivée plus tard et dans des régions différentes de celles prévues. Selon les spécialistes, ces blocages sont notoirement difficiles à prévoir plus de deux à trois semaines à l'avance. 

Ces mêmes experts affirment également que les effets du relief local amplifient les erreurs de prévision. Par exemple, les régions montagneuses comme les Wasatch (ici, en Utah), la Sierra (Californie) et les Cascades (Colombie-Britannique, Oregon et Washington) dépendent de trajectoires de tempêtes très spécifiques. Un décalage de seulement 150 kilomètres dans la trajectoire d'une tempête peut entraîner d'importantes chutes de neige dans une zone et rien dans une autre. 

Une fois de plus, les modèles saisonniers ne permettent pas de résoudre ces variations à fine échelle. Faut-il préciser que les prévisions de l'Almanach des fermiers reposent sur des méthodes non scientifiques et ne valent pas le papier sur lequel elles sont imprimées ? Contrairement à la NOAA, l'Almanach des fermiers n'utilise pas de modèles climatiques basés sur la physique. 

Ses prévisions à long terme sont basées sur des formules secrètes, des tendances historiques et, probablement, des idées reçues, qui ne tiennent certainement pas compte des brusques variations d'ENSO, du comportement des courants-jet, du couplage océan-atmosphère et des phénomènes climatiques extrêmes. Les prévisions d’enneigement seront toujours entachées d'une grande incertitude, en particulier dans l'Ouest où les montagnes créent des microclimats. 

Les cartes probabilistes de la NOAA (comme les outils de probabilité de chutes de neige auxquels je fais référence) bien qu’un peu plus fiables que l'Almanach des fermiers, ne peuvent toujours pas garantir les résultats à plusieurs mois d'avance. Les prévisions à court terme (1 à 2 semaines) restent bien plus précises pour les chutes de neige que ces prévisions saisonnières. 

Par conséquent, mieux vaut ne pas se fier aux prévisions à long terme, utiliser notre propre imagination, ou demander à son chien si nous en avons un sous la main !

lundi, mars 09, 2026

Qualité des prévisions météo à long-terme (Première partie)

Les prévisions de neige faites à l'automne 2025 pour l'ouest des États-Unis annonçaient des précipitations et des températures similaires à celles d'un hiver moyen dans l'Utah. En réalité, elles se sont avérées totalement erronées, voire opposées (pas de neige et températures très douces), car les signaux climatiques à grande échelle sur lesquels s'appuyaient la NOAA (l’agence météorologique américaine) et l'Almanach des fermiers ont complètement loupés le coche une fois la saison arrivée.

Bien que les sources mentionnées se soient concentrées sur des tendances hivernales généralisées, elles ont mis en évidence leur immense faiblesse qui est que les prévisions saisonnières sont probabilistes et fortement dépendantes des phénomènes ENSO (El Niño-Oscillation australe). Les cycles ENSO sont des variations climatiques naturelles et récurrentes, d'une durée de 2 à 7 ans, impliquant des changements de température dans l'océan Pacifique tropical et dans la circulation atmosphérique. 

Ces oscillations se composent de trois phases : El Niño (chaud), La Niña (froid) et une phase neutre. Toutes influencent le climat mondial, notamment les précipitations, les températures et l'activité cyclonique, particulièrement en hiver. Pour l'hiver 2025-2026, la NOAA anticipait une poursuite de La Niña, avec une transition vers une phase neutre début 2026. Or, l'intensité, le calendrier et les impacts régionaux de La Niña varient considérablement d'une année à l'autre. 

En 2025, le phénomène s'est affaibli plus tôt que prévu et a évolué de manière irrégulière, perturbant ainsi la trajectoire habituelle des tempêtes qui apportent les premières neiges de saison dans l'Ouest. Cela signifie que même en connaissant les grandes tendances climatiques, la répartition exacte des chutes de neige s'est avérée extrêmement difficile à prévoir plusieurs mois à l'avance. 

Nos scientifiques parlent peu du changement climatique et de la multiplication des rivières atmosphériques. C’est à croire que c’est mon imagination ! Il existe cependant d'autres raisons que nous aborderons demain …

dimanche, février 22, 2026

Enfin de la neige !

Le 17 février, notre longue période sans neige a pris fin et j'ai pu goûter aux délices de la légendaire neige poudreuse de l'Utah pour la première fois de la saison.Historiquement, la sécheresse de cette année sur les Rocheuses,l'Utah et Park City est sans précédent. D'après les données SNOTEL et les archives météorologiques, février 2026 a enregistré le plus faible niveau de neige jamais atteint dans l'État, dépassant même le précédent record de 1977. 

Notre niveau de neige actuel se situe autour de 49 % de la médiane. Historiquement, si l'hiver ne rattrape pas son retard à la mi-février, les chances d'atteindre un niveau de neige normal au 1er avril sont inférieures à 10 %, selon le Centre des avalanches de l'Utah. 

Espérons que d’abondantes chutes de neige futures nous aideront à faire mieux ! En consultant les archives écrites et la lecture des anneaux de croissance des arbres (utilisées pour mesurer l'humidité dans le temps), les hivers suivants se distinguent comme les années de sécheresse les plus importantes pour Park City et ses environs. 

Tout a commencé entre 1896 et 1907, période appelée la « Grande Sécheresse », du temps desmines d’argent à Park City, alors qu'aucun d'entre nous n'était encore né. Nous avons connu des hivers particulièrement rigoureux, où nos prairies des hauts plateaux furent complètement asséchées.Les climatologues la considèrent comme la sécheresse la plus sévère depuis la colonisation de l'Utah. Un hiver particulièrement sec eu lieu en 1933-1934, pendant la période du Dust Bowl. 

C'était avant que le ski ne devienne un sport populaire. Pendant cet hiver les plus faibles précipitations hivernales de l'histoire de l'Utah avaient été enregistrées.L'impact fut considérable, en mai 1934, les ruisseaux de montagne qui atteignent leur débit maximal au printemps, ressemblaient, n’étaient plus que de simples filets d'eau.L'agriculture fut dévastée. Cette période (1930-1936) représente le déficit hydrique le plus grave de l'histoire de l'État. 

Puis vint l'hiver1976-1977, surnommé l'« hiver de référence », souvent appelé par les habitants « l'hiver qui n'a jamais eu lieu ». C'était bien avant l'arrivée de la neige artificielle dans l'Ouest, et de nombreuses stations, dont Park City, eurent du mal à ouvrir avant Noël. En novembre et décembre 1976, Alta (la station la plus enneigée de l’Utah) n'avait reçu que 75 cm de neige, la plus faible épaisseur de début de saison jamais enregistrée. 

La grande différence fut que1977 était une « sécheresse froide », un temps très froid associé à une sécheresse extrême. À l'inverse, la sécheresse de 2025-2026 est une «sécheresse hybride »car elle combinait chaleur et manque de précipitations, ce qui fait qu'une grande partie de ce qui aurait dû être de la neige est tombée en pluie ou a fondu immédiatement. 

L'hiver 2014-2015, surnommé« l'hiver court », avait été marqué par le plus faible cumul de neige pour la saison. Par chance, cela tombait lors de la construction de notre nouvelle maison et nous en avions profité.À Park City, les chutes de neige cumulées pour cette saison n'avaient atteint que 391 cm (la moyenne se situant plutôt entre 686 et 762cm). Tout en suivant l'avancement des travaux de notre maison, j'ai quand même skié 87 fois et à parcouru plus de 388 000mètres de dénivelé.

Enfin, nous avons eu l'hiver 2017-2018, assez faible en enneigement, dont je me souvenais pas car j’avais quand même skié 108 fois pour558 831 mètres de dénivelé. Le jour de l'An 2018,l'équivalent en eau de la neige (EEN) dans l'Utah n'était que de7,6 cm. Fin décembre 2025, ce record a été battu avec une chute de l'EEN à 6,9 cm, faisant de cette année la pire jamais enregistrée. 

Rien ne nous dit combien de neige nous aurons le reste de l’hiver, mais pour l'instant, la saison se prolonge !

jeudi, janvier 01, 2026

Le problème avec les rivières atmosphériques (Troisième partie)

Encore une fois, je voulais savoir comment les rivières atmosphériques affectent notre manteau neigeux hivernal dans les montagnes de Park City, ainsi que notre risque d'inondation en haute altitude. Les rivières atmosphériques se comportent comme de puissants jets d'eau sous haute pression. Si elles apportent de fortes pluies sur la côte, leur impact change radicalement lorsqu'elles rencontrent une pente montagneuse, avec tout ce que cela comporte en risques et en avantages. 

D’abord, sur le littoral, la principale menace est le volume d'eau et son intensité. Comme les températures côtières sont généralement bien au-dessus de zéro, toute la rivière atmosphérique tombe sous forme de pluie. Il existe un risque de crues soudaines, le sol se saturant rapidement et entraînant des inondations immédiates et des glissements de terrain. 

Cela ne dure pas très longtemps et prend souvent fin après le passage de la précipitation, l'eau s'écoulant rapidement vers l'océan. Les montagnes présentent différents problèmes appelés « soulèvement orographique ». Quand la rivière atmosphérique arrive en contact avec la montagne, l'air est forcé de monter. C'est ce qu'on appelle soulèvement orographique. 

En montant, l'air se refroidit rapidement, ce qui le pousse à libérer encore plus d'humidité qu'il ne le ferait sur le littoral. Cela fait que les montagnes reçoivent souvent deux ou trois fois plus de précipitations que le niveau de la mer. Il existe aussi un effet « à double tranchant » pour le manteau neigeux en haute altitude, où la rivière atmosphérique devient fortement influencée par les variations de températures. 

Ces tempêtes sont généralement chaudes, ce qui crée deux scénarios très différents. Tout d'abord, il y a le bon coté des choses, si la précipitation est suffisamment froide, elle déposera entre 1,5 à 3 mètres de neige en un seul week-end. Certains de ces événements « anti-sécheresse » ont parfois permis d'approvisionner en eau la majeure partie de l'ouest des États-Unis pendant une année entière ! 

Le mauvais coté des choses, qui semble se produire de plus en plus souvent au fur et à mesure que le changement climatique s’opère, est ce qu'on appelle la neige qui tourne en pluie. Cela crée d’importantes inondations en montagne. Comme les rivières atmosphériques sont chaudes, la limite des chutes de neiges va monter beaucoup plus haut qu’à l’accoutumée, passant de 2 100 (l’altitude de Park City) à 2 700 mètres d’altitude. 

Il en résulte que de la pluie chaude tombe sur l’épaisse couche de neige déjà présente. La pluie ne s'écoule pas simplement ; elle fait fondre la neige en dessous, libérant en quelques heures l'eau accumulée pendant des semaines. Cela provoque des inondations catastrophiques en aval. C'est ce qui s'est produit fréquemment ces derniers temps et c'est ce qui m’a empêché de skier cette saison !

mercredi, décembre 31, 2025

Historique des rivières atmosphériques (Deuxième partie)

Bien que le terme « rivière atmosphérique » n'existait pas au XIXe siècle, il existe des preuves historiques indéniables de leurs effets dévastateurs. Ces phénomènes ont commencé avec la grande inondation de 1862, la plus importante jamais enregistrée en Californie, Oregon et Nevada. Elle avait été causée par une succession de rivières atmosphériques qui ont transformé la vallée centrale de Californie en véritable mer intérieure. 

Auparavant, grâce à l'étude des cernes des arbres et des couches de sédiments, les scientifiques avaient déjà identifié des incidences de « méga-rivières atmosphériques » remontant jusqu'à l'an 212, ce qui suggère qu'elles ont toujours constitué une caractéristique constante du climat terrestre depuis la nuit des temps. 

Au cours de la dernière décennie, notre compréhension est passée de la simple « découverte » à la « classification ». 

En 2019, le Dr F. Martin Ralph et ses collègues de l'Institut d'océanographie Scripps, près de San Diego, avaient mis au point l'échelle des rivières atmosphériques (de 1 à 5). 

À l'instar de l'échelle des ouragans, elle permet au public de comprendre si une rivière atmosphérique imminente sera « bénéfique » (remplissant les réservoirs et protégeant des sécheresses) ou « dangereuse » (provoquant inondations et glissements de terrain).

Des études scientifiques récentes confirment que les rivières atmosphériques deviennent plus fortes, plus chargées d’humidité, plus intenses et plus fréquentes ces dernières années. La principale cause est le changement climatique d'origine humaine. 

Une atmosphère plus chaude retient davantage d'humidité, alimentant ces « rivières du ciel » en vapeur d'eau supplémentaire provenant des océans, ce qui provoque précipitations, inondations et vents violents, affectant particulièrement la côte ouest des États-Unis. 

Combiné à l'augmentation constante des températures, il est désormais à peu près certain que ce phénomène entraînera une diminution progressive de l'enneigement dans nos montagnes de la Sierra Nevada, aux Cascades et dans toutes les Rocheuses aux États-Unis. 

Habitant à Park City, une région montagneuse, je souhaite savoir comment les rivières atmosphériques affectent spécifiquement notre manteau neigeux et le risque d'inondation dans notre communauté montagnarde, par rapport aux zones côtières. Nous aborderons ce sujet dans notre prochain article de blog, donc restez bien connectés !

mardi, décembre 30, 2025

C’est quoi une rivière atmosphérique ? (Première partie)

Ce début d'hiver a été marqué dans l'Ouest américain par une recrudescence de « rivières atmosphériques », un phénomène météorologique dont nous avons souvent parlé sur ce blog, ces dernières années. Tout ça a perturbé mon début de saison de ski, je me suis demandé depuis combien de temps ce phénomène était connu des météorologues ? 

Bien que le terme « rivière atmosphérique » (RA) ne fasse partie du vocabulaire scientifique et public que depuis une trentaine d'années, le phénomène météorologique lui-même est documenté et étudié sous différents noms depuis des siècles. Le terme « rivière atmosphérique » a été inventé en 1992 (et popularisé par une étude en 1994) par deux chercheurs du Massachusetts Institute of Technology (MIT) : Reginald Newell † et Yong Zhu.

En analysant des données mondiales du Centre européen pour les prévisions météorologiques à moyen terme, ils ont découvert que plus de 90 % de l'humidité se déplaçant des tropiques vers les pôles était concentrée dans des « filaments » étroits et rapides, couvrant moins de 10 % de la circonférence de la Terre. 

Avant que Newell et Zhu ne les nomment ainsi, ces tempêtes étaient bien connues des météorologues et des habitants des régions côtières, mais elles étaient généralement appelées « Pineapple Express » (Ananas express), en référence aux rivières atmosphériques qui prennent naissance près d'Hawaï et frappent la côte ouest des États-Unis. 

Certains les appelaient « Warm Conveyor Belts » (courants de transport chauds), un terme utilisé dans les années 1970 pour décrire le flux d'air chaud et humide au sein d'un cyclone. D'autres météorologues les appelaient « panaches d'humidité » ou « connexions tropicales », pour décrire les bandes de nuages ​​visibles sur les images satellite. 

Newell et Zhu ont choisi le terme « rivière atmosphérique » car ces bandes transportaient une quantité d'eau phénoménale : une seule rivière atmosphérique intense pouvait transporter environ 15 fois le débit moyen du Mississippi ! Demain, nous examinerons les événements météorologiques historiques liés à ce phénomène… 

mardi, décembre 23, 2025

Parti skier !

Hier, je suis allée skier, pas pour le plaisir, mais juste pour avoir un aperçu des conditions de que ma fille risquait de rencontrer le jour de Noël lorsqu'elle sera avec nous et si jamais elle décidait d’aller faire quelques virages avec moi. 

Il était 14 heures quand j'ai quitté la maison, la température était de 12 degrés Celsius et quand j'arrive au Canyon Village à Park City Mountain, il y avait peu de skieurs, mais la neige artificielle qui était le seul chemin à suivre était de la même qualité que celle que les skieurs trouveraient à la fin du mois d'avril : de la bonne vieille soupe ! 

Même à mi-montagne, à 2 500 mètres, il ne restait qu'une fine couche de neige naturelle et la neige à canon fondait vite et on pouvait apercevoir les cailloux à travers la fine couche translucide. Le travail acharné déployé par les stations pour produire de la neige semble avoir été en vain.

Les quelques pistes enneigées artificiellement étaient également très délicates, et plutôt dangereuses à parcourir ! Skieurs et surfers avaient du mal à gérer cette neige ultra-molle dans ce qui se transformait en une piste de bosses partout où la piste etait un peu raide. 

Je pense que nous aurons besoin d’une miraculeuse chute de neige froide pour aller skier pendant les Fêtes, mais en regardant les prévisions, je n’y crois pas trop ! 

Al Gore avait raison il y a près de 20 ans, en 2006, lorsqu'il publiait son livre « Une vérité qui dérange ». Nous n’étions alors que 6,6 milliards sur cette planète, aujourd’hui nous sommes presque 8,3 ! Nous n’avons pas bien écouté, nous n’avons presque rien fait et nous allons droit dans le mur.

vendredi, novembre 21, 2025

Où est la neige ?

La semaine dernière, on attendait de la neige, mais celle-ci a boudé Park City et ses montagnes, avec une météo obstinément douce pour la saison. Cela m'a rappelé deux facteurs clés : précipitations et températures. 

Pour avoir de la neige naturelle, il faut les deux, et en l'absence de précipitations, il faut du froid pour produire en dernier recours la neige artificielle. Sans froid, alors c'est la catastrophe, et cette nouvelle réalité pourrait bien confirmer que le réchauffement climatique s'installe lentement. 

Alors, à quoi faut-il s'attendre ? À une hausse continue des températures moyennes et, par conséquent, à une élévation de la limite des chutes de neige, ce qui signifie des saisons de ski beaucoup plus courtes et un avantage persistant pour les stations situées en très haute altitude, comme c'est le cas aujourd'hui dans l'hémisphère sud où la saison de ski se limite désormais à trois mois par an. 

Si cela se produit, espérons que ce changement soit progressif et s'étale sur de très nombreuses années !

jeudi, octobre 16, 2025

Tapis blanc

Nous avons manqué les premiers flocons de la saison à Park City car nous étions sur la route, mais aujourd'hui, c'était l'occasion rêvée de voir un peu de neige fraîche sur le sol dès notre réveil. 

En fait, c'était la façon dont Mère Nature nous déroulait son premier tapis blanc de la saison ! 

Espérons que ce soit le signe avant-coureur de nombreuses et abondantes chutes de neige ainsi qu'une nouvelle belle saison de ski … 


 

vendredi, juin 20, 2025

Mon Solstice

À Park City, c’est aujourd’hui le solstice d'été. Bien sûr, je sais que cela ne tombe pas toujours le 21 juin. Par exemple, cette année, pour moi, c’est le 20 juin et pour certains ce sera le 22, tout en se produisant exactement au même moment. Étrange, n'est-ce pas ? 

Cette variation est due à la différence entre notre calendrier et l'orbite de la Terre autour du Soleil. Comme vous autres, astronomes, le savez parfaitement, le solstice est le moment où le Soleil atteint son point le plus septentrional par rapport à l'équateur. 

Alors pourquoi le fêterai-je à 20h42 le 20 juin, alors que mes amis de la Communauté européenne le fêtent le 21 juin à 4h42 et que les habitants de Sydney, en Australie, le célèbrent pleinement le 22 juin à 2h02 ? Tout simplement parce qu'il a lieu précisément à 2h42 à l’emplacement du méridien de Greenwich, et que les autres endroits y ont droit à leur heure locale ! 

Que dire d'autre ? Évidemment, la durée des journées va se dégrader à partir de maintenant, sauf bien sûr pour mes amis vivant dans les 32 pays situés entièrement ou partiellement dans l'hémisphère sud qui vont voir leurs jours rallonger. Pour compliquer encore les choses, treize de ces pays sont à cheval sur l'équateur, c'est-à-dire dans les deux hémisphères.

Comme on me l'a dit quand j’étais petit, la vie est compliquée, alors au lieu de me lamenter, je vous souhaite à tous un bon solstice, qu’il soit d’été ou d’hiver et quelque soient les degrés de chaleur ou de froid que vous pourrez ressentir !

mardi, juin 03, 2025

Record pour la forêt urbaine de Park City !

Se plaindre de l’envahissement de notre forêt urbaine est devenu un sujet récurrent. Si besoin était, le record de pollen de cette année est une raison tout à fait valable ! Il est vrai que les conifères ne libèrent pas nécessairement la même quantité de pollen chaque année. Leur production varie en raison de nombreux facteurs environnementaux et biologiques, comme le printemps plus chaud que nous venons de connaître dans les Rocheuses, qui a entraîné une production accrue. 

Nos conditions venteuses ont accélérés sa dispersion beaucoup plus efficacement que d'habitude. La situation est également aggravée par des arbres plantés il y a 40 à 50 ans qui produisent maintenant plus de pollen en arrivant à maturité. La production de pollen varie également d'une année à l'autre, car de nombreuses espèces d'épicéas présentent des années synchronisées et intermittentes de forte production de pollen et de graines, suivies d'années de moindre production.

Notre terrace fin mai ...
De toute évidence, il s'agit d'une année record ! Notre hiver doux a permis aux conifères de polliniser plus tôt et plus intensément que jamais. L'augmentation du taux de CO₂ atmosphérique pourrait également avoir joué un rôle dans leur production en hausse. 

Enfin, je me suis toujours demandé si la production de pollen était liée au sexe, et j'ai découvert que les conifères comme les pins, les épicéas ou les sapins produisent à la fois du pollen et des graines sur le même arbre, mais dans des structures distinctes (cônes mâles et cônes femelles). Par exemple, les cônes mâles (petits, souvent groupés) libèrent du pollen, tandis que les cônes femelles (plus gros et ligneux) ne produisent que des graines après la pollinisation. 

Maintenant que j'ai appris tout cela et que j'ai partagé mes connaissances avec vous, allez-vous m'aider à nettoyer ma terrasse lorsque je m'y mettrai vers la mi-juin ?

lundi, mai 05, 2025

Est-ce le printemps à Park City ?

Maintenant que les jonquilles sont sorties et que les pélicans blancs font escale à Park City avant de rejoindre le Canada, il semble que l'hiver soit officiellement terminé et qu'il soit peut-être temps de se mettre en shorts. Je sais, on dit qu’une hirondelle ne fait pas let printemps ! 

Ce matin, c’était encore gelé blanc, mais on dirait que le temps est plus clément et plus chaud. Du moins, c'est généralement le cas au mois de mai ! 

En effet, après avoir comparé les températures diurnes et nocturnes chez nous du 1er janvier au 30 avril, j'ai constaté, à ma grande surprise, que nos températures hivernales pendant ces quatre mois étaient 2,5 % plus froides en 2025 que l'année dernière, alors que ma perception était totalement opposée. En revanche, pendant la même période de 2023 (année record en matière d'enneigement), il faisait 18 % plus froid que cette année. 

J’en conclus qu'il est bien utile de noter les températures pour pouvoir en parler intelligemment !

jeudi, janvier 23, 2025

Un coin super « cool » en Utah !

En début de semaine, il a fait très froid en Utah et alors que Park City affichait -20 degrés Celsius mardi matin, un endroit inconnu de la plupart, appelé Peter Sinks, situé à environ 225 km au nord de chez nous, près de la frontière de l'Idaho, enregistrait -47 degrés Celsius lundi !

Cet endroit, une cuvette naturelle dans le nord de l'Utah, est l'un des endroits les plus froids des États-Unis. Un autre lieu est Grand Forks, dans le Dakota du Nord, en raison de sa latitude élevée, de sa topographie sans relief et de son exposition à l'air arctique. 

Peter Sinks est situé à 2 488 mètres d’altitude, dans le massif de Bear River à environ 30 km à l'est de Logan, où mon fils est allé à l'université. En raison des inversions de température qui retiennent l'air froid nocturne, on y trouve régulièrement les températures les plus basses du continent américain, à l'exception de l'Alaska. Même en été, le fond de la cuvette reste rarement quatre jours consécutifs sans gelées. 

Il fait si froid au fond de celle-ci que les arbres ne peuvent pas y pousser. Je suis content d’avoir enfin découvert cet endroit frais et compte même y aller l’été prochain quand les températures seront trop élevées pour moi à Park City !

mardi, décembre 24, 2024

Saisons sans neige en Utah

Notre enneigement actuel s’annonce plutôt mal. Même si la neige a commencé à tomber en octobre dernier, c’était par petites quantités qui n’ont pas eu le temps de coller très longtemps, et sans neige artificielle et des températures suffisamment froides en fabriquer, ce serait carrément catastrophique.

Ce qui est vrai, c’est que je n’aime pas skier sur neige artificielle, la zone limitée dans laquelle les skieurs doivent évoluer et bien sûr le risque accru de collision. Mais sans plus de chutes naturelles, c’est la seule façon de glisser. 

Il y a déjà eu de mauvaises saisons dans l’Utah, comme en 1948/1949, m’a-t-on dit, et aussi en 1976/1977, quand la neige a finalement fait une apparition notable le 22 février et quand l’ancien directeur des opérations à Deer Valley, se souvient qu’il travaillait à Alta et qu’il devait se rendre régulièrement au mont de piété mormon pour y acheter des skis « jetables » afin de se déplacer sur les pierriers. 

Je me souviens aussi de la saison 1979-1980, lorsque nous avions tenu notre réunion nationale des ventes Look à Park City, début janvier. C’était la toute première fois que je me rendais dans ce qui allait devenir mon lieu de résidence actuel. Nous ne pouvions pas skier parce qu’il n’y avait pas de neige. Tout cela me rappelle qu’une répétition de ces circonstances n’est pas impossible en 2024-2025. 

Cette situation et les températures plus douces apportées par le changement climatique ne sont pas de très bon augure pour l’avenir du ski. Une autre bonne série de raisons pour lesquelles je dois maintenir mes attentes au ras du sol et accueillir un miracle s’il s’en trouve un !

vendredi, novembre 01, 2024

Début d’hiver précoce ?

Ce lundi 28 octobre, Monsieur Winter nous a rendu une visite impromptue à Park City, pour la deuxième fois cette saison. 

Bien que la première chute de neige se soit produite plus tôt vers le milieu du mois, elle n’avait pas duré longtemps. 

Celle-ci pourrait être plus sérieuse et pourrait-être « pour de bon », car les prévisions météorologiques que j’ai vues pour les deux prochaines semaines annoncent une série de journées de neige. Il est rare que notre saison de neige commence si tôt, mais nous l’avons déjà vu. 

Espérons simplement que cela soit le signe d’une excellente saison de ski, enneigée et poudreuse. 

Nos stations l’ont compris et se sont mises à faire de la neige dès le lendemain !

jeudi, octobre 10, 2024

New Delhi en Utah ?

Mardi, la (mauvaise) qualité de l’air à Park City a grimpé à 181, pire que celle de New Delhi, en Inde, qui était à 163 ce même jour ! 

Une pollution de l’air comme celle-ci est clairement malsaine et correspond à fumer 3 cigarettes ce jour-là. Dieu merci, nous n’en sommes pas encore au paquet complet de Gauloises… 

Cette pollution a été causée par des vents changeants qui ont amené la fumée d’un incendie couvrant 80 km², qui brûle à seulement 50 km à l’est de Park City, pour se déplacer sur notre communauté comme c’est le cas depuis trois ou quatre jours. 

Le mardi soir, l’incendie n’était contenu qu’à 21 %. Alors qu’une petite perturbation se déplaçait sur la région, une fumée intense s’est installée dans les vallées environnantes, y compris celle de Park City, avec des cendres dans certaines zones. 

Les vents étaient variables, changeant de direction tout au long de la journée. Cela exigeait la plus grande attention de la part des pompiers, car la direction du vent et le comportement du feu peuvent être erratiques.

Espérons que leurs efforts porteront leurs fruits malgré un temps qui reste obstinément clair et ensoleillé ...

mardi, octobre 01, 2024

Désaccord familial !

Depuis que j’étais tout petit et grandissait au fin fond de la vallée de Morzine, en Haute-Savoie, on m’avais raconté que les premiers gels faisaient changer les couleurs des feuilles à l’automne et je soupçonne qu’aujourd’hui encore, beaucoup de mes contemporains, même les plus jeunes habitants de cette vallée continuent à y croire. 

Ma grande sœur, qui a 9 ans de plus que moi, a non seulement vécu l’occupation allemande, mais a vu et appris des tas de choses au cours de sa longue vie. Pourtant, comme elle est toujours restée dans son vallée natale, elle continue d’adhérer à la croyance populaire selon laquelle les arbres à feuilles caduques changent de couleur à cause du gel 

L’autre jour, pendant notre conversation téléphonique habituelle, j’ai remis sa croyance en question en disant que ce changement de couleur était dû à la photosynthèse. Naturellement, elle n’était pas du tout d’accord et cela m’a forcé à vérifier mon argument.

J'ai découvert que nos deux points de vue sont partiellement corrects, mais la principale raison pour laquelle les arbres à feuilles caduques changent de couleur à l'automne reste bien une combinaison de facteurs liés à la photosynthèse, ce qui, comme vous pouvez l’imaginer, a rassuré mon ego. 

Pourtant, pour être juste, l'observation de ma sœur sur le gel est partiellement exacte. Le gel va parfois contribuer au brunissement des feuilles, car il peut endommager les cellules et les faire mourir, mais ce n'est pas la principale raison. La photosynthèse est donc bien plus proche de la vérité. 

À mesure que les jours raccourcissent et que les températures baissent à l'automne, les arbres commencent à se préparer pour l’hiver. Ils réduisent progressivement leur activité photosynthétique, qui est le processus par lequel ils utilisent la lumière du soleil pour produire leur nourriture. Comme la photosynthèse ralentit, la production de chlorophylle, le pigment vert qui donne aux feuilles leur couleur, diminue également. 

Lorsque la production de chlorophylle diminue, d'autres pigments présents en permanence dans les feuilles prennent le dessus et deviennent plus visibles. Ces pigments comprennent les caroténoïdes (qui donnent aux feuilles leurs teintes jaune et orange) et les anthocyanes (qui donnent aux feuilles leurs couleurs rouge et violette). La combinaison de ces pigments crée le magnifique feuillage d’automne que nous voyons. 

Ainsi, même si le gel peut jouer un rôle dans le brunissement des feuilles, la principale raison du changement de couleur est la réduction de la photosynthèse et tous ces autres pigments qui ressortent. Ma sœur et moi avons tous deux des arguments valables, mais je conclurais (humblement) que c’est moi qui ai gagné ce débat familial !