Quand l'emploi idéal — celui qui suscite passion et envie irrésistible de se rendre au travail chaque matin — n'est pas là, voyons comment il est possible d'apprendre à aimer (ou du moins à apprécier) une activité que l'on déteste au départ, à condition toutefois que certaines conditions soient réunies.
En l'absence de passion innée, peut-on la faire naître grâce au sens, à la maîtrise, à l'autonomie et à l'identité ? D’accord, pas question de se forcer à aimer une activité qui va contre nos valeurs ou nous vide de notre énergie ; ce serait de la folie ! En réalité, la question n'est pas de savoir si les emplois de rêve existent, mais plutôt : si je n'adore pas ce que je fais, puis-je apprendre à l'apprécier davantage et, à terme, finir par l'aimer ?
Peut-on cultiver l'attachement à son travail ? C'est une question profonde, à laquelle la psychologie apporte une réponse étonnamment claire. D'après mes recherches, les études en motivation montrent que la passion provient de trois ingrédients :- La maîtrise : lorsque nous gagnons en compétence dans un domaine, nous commençons à l'apprécier davantage, car cette compétence nous apporte plein de satisfaction et finit par faire partie intégrante de notre identité.
- L'autonomie : si nos supérieurs nous le permettent, le fait d'avoir un certain contrôle sur notre travail rend la tâche plus supportable, voire agréable à mesure qu'elle évolue.
- Le sens (ou la finalité) : lorsque nous relions notre travail à quelque chose qui nous dépasse (aider les autres, soutenir sa famille, contribuer à une équipe), il devient émotionnellement gratifiant et nous devenons fiers de notre contribution.
Ces trois éléments peuvent transformer un travail déplaisant en une activité porteuse de sens ; ils ne peuvent toutefois pas métamorphoser un emploi qui va contre nos valeurs ou porte atteinte à notre identité. Dans la prochaine partie de cette série, nous approfondirons le sujet pour découvrir comment apprendre à aimer une activité que nous pensions, au premier abord, détester.

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