mercredi, septembre 02, 2026

Les années déterminantes de ma vie (Première partie)

En observant mon propre vécu et à mesure que je vieillis, je me demande parfois quelles sont les années qui marquent le plus un homme pendant son existence. Lorsque je repense à mon parcours, je constate que j'ai vécu mes meilleurs moments — les plus gratifiants et les plus marquants — durant un peu plus d'une décennie, s'étendant jusqu'au milieu de ma vingtaine. 

Cette période fut si intense et mémorable que, plus d'un demi-siècle plus tard, elle s'impose encore immédiatement à l'esprit lorsque je passe ma vie en revue ; je me demande alors pourquoi des événements récents, pourtant autant passionnants qu’heureux, semblent relégués au second plan. Depuis cette période relativement courte, rien ne m'a autant marqué, malgré une vie de famille épanouissante, une belle carrière et, jusqu'à présent, une retraite agréable.

En approfondissant le sujet, voici ce que j'ai découvert. La période allant de la naissance à l'âge de cinq ans façonne notre structure cérébrale fondamentale. Durant ces premières années, notre cerveau d'enfant se développe plus rapidement qu'à tout autre moment de la vie ; chaque expérience vécue alors conditionne la manière dont il gérera le stress, les émotions et les relations à l'âge adulte. C'est à ce stade que l'enfant crée plus d'un million de nouvelles connexions neuronales chaque seconde. 

C'est aussi une période où un environnement sécuritaire et affectif établit les bases de la confiance et de la santé mentale. À l'inverse, des expériences négatives ou des mauvais traitements durant ces années vont affecter le développement physique du cerveau et entraîner des risques à long terme. Viennent ensuite l'adolescence et le début de l'âge adulte (de 12 à 25 ans), qui ont l'impact le plus profond sur l'identité, le comportement et la réussite d'un homme tout au long de sa vie. 

C'est durant cette période que le jeune homme découvre qui il est et trouve sa place dans la société. Le cerveau connaît alors un vaste processus de remodelage, commençant par les centres émotionnels pour s'achever au niveau du cortex préfrontal (la zone gérant la planification et le contrôle des impulsions) vers l'âge de 25 ans. Durant cette phase, les amis et les groupes sociaux exercent une influence considérable sur les valeurs, la prise de risques et la confiance en soi. 

Parallèlement, la recherche de gratification est intense, ce qui fait de cette période un moment charnière pour l'éducation, l'acquisition d'habitudes professionnelles et la prévention des comportements à risque. C'est aussi le moment où la rencontre de mentors et des expériences enrichissantes vont permettre de surmonter ou de guérir les difficultés rencontrées pendant la petite enfance. 

En fait, ces informations m'ont fait comprendre pourquoi ma jeunesse a eu et continue d’avoir une influence aussi déterminante sur moi et pourquoi je reste si attaché à cette douzaine d'années : elles ont défini la personne que je suis devenue et la direction qu'a prise mon évolution, et je n’ai même pas mentionné mes goûts musicaux ! 

Cet attachement émotionnel est si puissant qu'il ancre toute ma personnalité ; il continue d'influer sur ma vie de famille ainsi que sur mes autres réalisations, et demeure au cœur de mon existence, bien que cette période s'éloigne inexorablement du présent. 

Demain, nous verrons si les femmes connaissent le même processus que les hommes ...

mardi, septembre 01, 2026

Vieux pieds, nouveaux problèmes …

À mesure que nous vieillissons tout en restant très actifs (course à pied, marche, etc.), il est évident que la plante de nos pieds peine davantage à absorber le poids du corps et les chocs, ce qui peut entraîner un nombre de soucis podologiques. C’est une hypothèse logique et qui répond à cette question par l’affirmative. 

Avec l’âge, les pieds absorbent moins efficacement les chocs, ce qui peut favoriser des affections telles que la métatarsalgie, l’atrophie du coussinet adipeux plantaire et l’arthrite. Toutefois, le lien est indirect, et rester actif demeure l’une des meilleures choses à faire pour la santé de nos pieds. 

Il est évident qu’en vieillisant, les pieds perdent une partie de leur capacité naturelle d’amorti, principalement parce que les coussinets adipeux s’affinent, que les ligaments se raidissent et que les tendons perdent de leur élasticité. 

Cela peut accroître les contraintes exercées sur l’avant-pied et les articulations, augmentant ainsi le risque de pathologies comme la métatarsalgie. Mais l’activité en soi n’est pas le problème ; bouger beaucoup, comme je le fais, finit par protéger mes articulations. Certes, le vieillissement n’épargne ni notre corps ni nos pieds : l’amincissement des coussinets sous le talon et les têtes des métatarses réduit l’absorption des chocs et accentue la pression sur les os et les nerfs. 

Nos tendons et ligaments ne sont pas mieux lotis : avec l’âge, le collagène se rigidifie, rendant nos pieds moins aptes à s’adapter aux surfaces irrégulières et aux chocs répétés. La voûte plantaire peut également s’affaisser légèrement avec le temps, déplaçant la charge vers l’avant-pied ; enfin, des années de marche et de course entraînent de légères modifications dégénératives qui reflètent un vieillissement normal, sans pour autant constituer une maladie.

Ces changements ne signifient pas que nos pieds « lâchent », mais simplement qu’ils accusent la charge différemment. C’est pour cette nouvelle réalité que les coureurs et marcheurs âgés optent souvent pour des chaussures plus souples dotées d’un amorti généreux, évitent les longues descentes et réduisent la longueur de leur foulée. 

C’est de l’adaptation, pas de la détérioration ! Nos pieds n’absorbent pas autant de poids parce qu’ils sont faibles, mais parce que leur système d’amorti biologique évolue. Nos muscles peuvent rester puissants et notre système cardiovasculaire excellent, mais les coussinets adipeux et les tissus conjonctifs, eux, n’en ont cure et continuent de s’affiner avec l’âge, quels que soient les efforts déployés pour enrayer ce processus ...