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mercredi, octobre 14, 2026

Rester motivé (Deuxième partie)

Pour ceux d'entre nous qui sont plus âgés et ont des décennies d'expérience, il suffit de se remémorer ces moments où nous nous sentions extraordinairement motivés. Que pensions-nous alors ? Pourquoi croyions-nous que c'était possible ? Que nous disions-nous ? La motivation n'est pas une force extérieure mystérieuse et inédite ; nous possédions déjà notre propre mode d'emploi pour la générer ! 

Ne voyons pas la marée basse comme un échec ; c'est peut-être là le secret le plus important. Comme de part sa nature la motivation connaît des hauts et des bas, nous ne devrions jamais interpréter chaque baisse de régime en nous disant « Il y a quelque qui cloche avec moi » ; cela ne ferait qu'ajouter un second problème au premier. 

Il vaut mieux simplement constater : « Voilà, la vague se retire. Cela fait partie du cycle. » Nous n'en voulons pas à l'océan parce que la marée est basse ; nous nous préparons simplement pour la vague suivante. Cette perspective est merveilleusement libératrice. Peut-être que ma métaphore initiale était un peu mal choisie : la motivation n'est peut-être pas, en soi, une vague qui va et vient ; c'est plutôt l'enthousiasme qui alimente cette motivation qui ressemble à une vague. 

Au fond, notre motivation peut gagner en stabilité et devenir une décision : celle de poursuivre ce qui compte vraiment pour nous, même quand l'enthousiasme s'est éloigné temporairement. On pourrait dire que nous disposons alors de deux moteurs distincts : l'enthousiasme nous pousse à dire « Je veux faire ça ! », tandis que notre engagement nous rappelle « Je continue à le faire, même si je n'en ai pas particulièrement envie. » 

En fin de compte, les personnes les plus accomplies ne sont peut-être pas celles qui connaissent les plus grandes vagues de motivation, mais celles qui ont appris à avancer pendant les creux de vagues tout en restant prêtes à bien profiter des sommets.

Même si je ne sais pas surfer et que j'aurais aimé utiliser une analogie avec le ski, cela nous offre une très belle formule pour clore nos réflexions : « N'essayez pas de vivre en permanence sur la crête de la vague de motivation. Apprenez à surfer ! »

mardi, octobre 13, 2026

Rester motivé (Première partie)

Pour ceux d'entre nous qui ont besoin d’être motivés pour vivre, tout comme un grille-pain a besoin d'être branché, la motivation est comme une vague : elle va et vient, et lorsqu'elle s'éloigne, rien ne va plus. Alors, quels sont les trucs et astuces pour la raviver ? Cette métaphore met en lumière une distinction importante : le secret ne réside peut-être pas à maintenir sa motivation au top niveau, mais dans notre aptitude à saisir la prochaine vague — et à savoir quoi faire pendant la marée basse. 

Souvent, nous considérons la motivation comme un préalable à l'action où celle-ci lance l'action, qui à son tour engendre des résultats. Pourtant, dans la pratique, l'enchaînement s'opère fréquemment dans le sens inverse : l'action conduit au progrès, le progrès apporte de la satisfaction, et c'est cette dernière qui crée la motivation. Ce renversement de perspective constitue peut-être un des « ingrédients secrets » les plus utiles, car il nous évite d'attendre la vague de manière passive.

Il est vrai que lorsque la motivation s'évanouit, nous avons souvent tendance à dire : « Je m'y remettrai quand ma motivation reviendra. » C'est une attitude risquée, car la motivation peut s'éloigner de plus en plus ; et comme chacun sait « loin des yeux, loin du cœur ». Il vaut mieux, au contraire, abaisser considérablement le seuil de reprise en se disant : « Je vais y travailler cinq minutes » ou « Je vais juste lire deux pages ». 

L'objectif n'est pas d'accomplir la tâche en totalité, mais simplement de relancer la machine. Bien souvent, ces cinq minutes se transforment en vingt ; mais même si ce n'est pas le cas, nous avons rompu l'inertie. Une autre astuce efficace, lorsque la motivation est au plus bas, consiste non pas à réduire l'objectif final, mais à abaisser le point de départ. 

Au lieu de se dire « Je dois faire du sport », on se dit « Je vais d'abord enfiler mes baskets ». Notre cerveau oppose bien moins de résistance au démarrage qu'à l'idée de s'engager dans un projet complet ! Enfin, une dernière technique consiste à rendre l'activité attrayante, par exemple en écoutant sa musique préférée pendant l'exercice ou en se préparant un excellent café au moment d'écrire. 

Par ailleurs, la motivation devient fragile lorsqu'une activité se transforme en obligation ; il convient alors de se rappeler pourquoi nous la pratiquons. Pas pour une raison superficielle, mais pour une raison plus profonde. Par exemple, « Je veux apprendre l'espagnol » devient « Je veux éprouver le plaisir de pouvoir communiquer parfaitement avec tous les Latinos de Park City ». 

Demain, nous conclurons en approfondissant encore davantage ce sujet ; alors, soyez au rendez-vous !

dimanche, octobre 04, 2026

Associer méditation et affirmations (Quatrième partie)

En associant méditation et affirmations, il est important de souligner un point essentiel concernant ces dernières. Tout commence par un problème bien connu lié aux affirmations positives simplistes. Par exemple, si quelqu’un qui se n’est pas du niveau répète sans cesse : « Je suis extraordinairement performant, confiant et puissant ! », son esprit risque de répondre : « Non, tu te racontes des sornettes.» Cette contradiction rendra l'exercice contre-productif. 

Dans l'approche que je propose, le résultat est différent, car mes affirmations sont ancrées dans une pratique méditative plus large et son puisées dans mon expérience de vie. Une affirmation comme « Je peux continuer à apprendre et à évoluer » est beaucoup plus facile à accepter pour l'esprit que « Tout ce que je désire me parviendra.» 

La première produit des résultats concrets et je ne pense pas que son efficacité diminue avec l'âge. À certains égards, les personnes plus âgées ont peut-être même un avantage que nous n'avions pas à 30 ou 40 ans, car nous disposons désormais de plusieurs décennies supplémentaires d'expérience. 

Lorsque nous sommes tous d'accord pour dire que les expériences difficiles ou éprouvantes peuvent nous renforcer et nous développer, nous ne nous contentons pas de répéter un slogan motivant, mais nous puisons dans une vie entière d'expériences vérifiables. 

Notre esprit peut alors affirmer : « Oui, j'ai réellement vu que ça se passait ainsi », ce qui confère à notre affirmation une crédibilité bien plus grande. C'est peut-être la principale raison pour laquelle ma pratique actuelle diffère de la philosophie du positivisme que j'ai connue dans les années 1970. 

À cette époque, le message était surtout : « Croyez en vous. » Aujourd'hui, ma pratique se rapproche plutôt de : « J'ai suffisamment vécu pour savoir que je peux changer, et j'ai l'intention de continuer sur cette voie. » C'est une proposition bien plus profonde.

 Cependant, je resterais prudent avant d'attribuer la totalité des progrès que j'ai connus depuis 2020 à la méditation et aux affirmations. J'admets que la vie est trop imprévisible et complexe pour que je puisse l'établir par ma propre expérience. C'est d'ailleurs bien plus intéressant à mes yeux que de croire qu'une simple affirmation attirera comme par magie le résultat souhaité. 

En réalité, j'ai découvert quelque chose de potentiellement bien plus utile : j'ai développé une méthode pour influencer délibérément la personne qui prendra mes décisions futures, ce qui constitue une puissante source de développement personnel.

samedi, octobre 03, 2026

Associer méditation et affirmations (Troisième partie)

 

Ajouter des affirmations positives à la méditation peut transformer radicalement son efficacité, et c'est là que mon expérience personnelle entre en jeu. Une affirmation répétée après 20 à 30 minutes de méditation a un tout autre impact, surtout après avoir passé un temps considérable à apaiser le flux incessant de pensées, à maintenir son attention, à prendre conscience de ses pensées sans les suivre aveuglément, à calmer son excitation physiologique et à atteindre un état de concentration exceptionnelle. 

Ces deux éléments peuvent former une combinaison très efficace. Il s'agit probablement moins de programmer le subconscient que d'entraîner régulièrement l'orientation de mon attention et de mon comportement, créant ainsi un cercle vertueux fascinant. Par exemple, imaginons que mon affirmation porte sur le développement de la patience (un point sur lequel je travaille). 

Quand je médite, je me calme, je répète l'affirmation en visualisant ou en ressentant émotionnellement l’acquisition d’une plus grande patience. Un peu plus tard, je suis confronté à une situation irritante. Auparavant, cet événement aurait pu déclencher de l'irritation, puis une réaction réflexe. Mais après des mois de répétition, si je ressens à nouveau cette irritation, je la reconnais et cela me permet de réfléchir avant d'agir.

Je ne me souviendrai probablement même pas consciemment de cette affirmation, et c'est ce qui rend cette réponse un peu mystérieuse. Mais il se peut que l'esprit conscient n'ait pas besoin d'être présent à chaque étape pour qu'un réflexe appris influence le comportement. Il y a ensuite un autre ingrédient : l'émotion, un élément particulièrement important dans mon cas. 

Une affirmation comme « Je deviens plus patient » est une chose, mais si je la répète dans un état de paix intérieure profonde, accompagnée d'un véritable sentiment de gratitude envers les personnes et les expériences qui m'ont formé, elle peut se transformer en quelque chose de très différent. Je ne me contente pas d'énoncer la proposition, mais je l'associe désormais à un état d’âme particulier qui, par l'attention, puis l'émotion, et enfin la répétition, engendre un véritable changement dans mon comportement. 

C'est une combinaison d'apprentissage bien plus puissante qu’une simple répétition de mots. Ma séquence de méditation/affirmation remplit peut-être plusieurs fonctions simultanément, et il existe une circularité remarquable : la méditation rend l’affirmation plus réceptive. Mon affirmation oriente ma méditation, tandis que mon comportement en apporte la preuve ; cette preuve renforce l’affirmation et, finalement, ma conviction plus forte rend les méditations suivantes plus profondes. Cela explique en partie pourquoi, après plusieurs années, je qualifie les résultats d’« époustouflants ». 

Demain, nous conclurons en abordant la limite que je perçois dans certains aspects de mon approche…

vendredi, octobre 02, 2026

Associer méditation et affirmations (Deuxième partie)

Pour expliquer l'impact qu’a eu cette pratique synergique sur moi, je dois distinguer entre le fait que « cela a engendré de réels changements en moi » et l'idée qu'« une force mystérieuse aurait provoqué tout ça ». Le premier point s’accorde avec ce que nous savons de l'attention, de l'apprentissage, de la motivation et du comportement. Le second relève plutôt de l'ésotérisme et nécessiterait des preuves dépassant le cadre de mon expérience. 

Pour moi, il est possible que la pensée positive — élément central des techniques de développement personnel — m'ait offert un point d'ancrage dès mon arrivée aux États-Unis : en positivant et en croyant en moi, je pouvais poursuivre mes objectifs sans laisser les obstacles dicter les limites du possible. Que les affirmations du mouvement de pensée positive soient fondées ou non, cette philosophie a influencé les éléments sur lesquels je portais mon attention de façon répétée ainsi que les actions qui me semblaient réalisables. 

Je bénéficiais également d'un avantage majeur : je ne me contentais pas d’apprendre à positiver, j'évoluais dans un monde qui valorisait l'initiative et l'adaptation. 

Les efforts fournis pour m'adapter sur le plan professionnel (savoir-faire à l’américaine, langue et culture des États-Unis) et ma détermination sans faille ont favorisé ma réussite. 

L'action née de la conviction a produit des résultats, ce qui a renforcé mes certitudes et m'a encouragé à entreprendre de nouvelles actions. L'ensemble du processus a ainsi formé un cercle vertueux. 

Cela dit, une affirmation répétée alors que l'on est occupé, distrait, sceptique, émotionnellement agité, ou simplement dans un état d'esprit négatif ou pessimiste, ne revient qu’à exprimer une phrase en concurrence avec des milliers d'autres pensées. 

L'exemple de Donald Trump est révélateur à cet égard, il a longtemps cité le défunt pasteur Norman Vincent Peale, auteur de « La Puissance de la pensée positive » (The Power of Positive Thinking), comme un mentor personnel et spirituel important, affirmant pouvoir l'écouter « toute la journée » et le considérant comme l'un des plus grands orateurs et l'influence la plus marquante de sa vie. 

Toutefois, certains membres de la famille de Peale ont pris leurs distances avec le président, exprimant leur malaise face à la manière dont Trump a utilisé ses enseignements religieux pour projeter une image publique purement matérialiste, agressive et malveillante. 

Demain, nous essaierons de comprendre comment la méditation peut s'articuler avec les affirmations issues de la pensée positive…

jeudi, octobre 01, 2026

Associer méditation et affirmations (Première partie)

Quand je suis arrivé aux États-Unis dans les années 70, j'avais été frappé par le mouvement de « pensée positive » qui faisait partie intégrante de la culture d'entreprise — du moins, c'est ce que je croyais — par contraste avec le pessimisme et le cynisme bien ancrés en Europe. 

C'est peut-être après avoir lu « Think and Grow Rich » (Réfléchis et deviens riche) que j'ai adhéré à cette philosophie ; je dois admettre qu'elle m'a aidé à m'adapter au monde du travail américain et a fini par m'apporter le succès.

Faisons un bond jusqu'en 2020 : j'ai repris la méditation avec succès et, au bout de quelques années, j'ai commencé à y intégrer des affirmations liées à mes désirs et à mes objectifs. Depuis, les résultats sont époustouflants. S'agit-il d'un hasard ou d'un phénomène explicable ? 

Quoi qu'il en soit, je ne peux me résoudre à y voir qu’un simple phénomène étrange. Il existe une explication psychologique tout à fait plausible à une synergie entre méditation et affirmations lorsque celles-ci sont combinées — et mon expérience personnelle en témoigne. 

Pour me faire l’avocat du diable, une hypothèse très rationnelle pourrait suggérer que ma pratique a influencé l'apparition de certaines pensées, réactions émotionnelles et comportements. Tous ces changements infimes, répétés des milliers de fois, ont engendré des différences considérables au fil des années. 

Dans le prochain article, nous approfondirons ce qui a pu réellement se passer grâce à ma pratique ; alors, restez à l'écoute…

mercredi, septembre 16, 2026

Quand l'âge nous enrichit

Comme je l'ai souvent évoqué sur ce blog, le processus de vieillissement peut nous entraîner dans diverses directions selon la manière dont nous l’abordons, indépendamment de notre situation particulière — qu'elle soit économique, sociale, physique ou mentale, ou encore une combinaison de tous ces facteurs.

Ainsi, quelle que soit notre situation à ce stade de la vie, nous pouvons voir le « verre du vieillissement » à moitié plein ou à moitié vide. Comme je l'ai souvent admis, vieillir est une étape brutale ; ce n'est pas pour les « mauviettes ». Vouloir garder la pleine maîtrise de nos attitudes, de nos attentes et de nos objectifs va à contre-courant d’une période de la vie qui exige une énergie soutenue, que nous ne sommes pas toujours prêts à fournir. 

J'ai constaté que cet état d'esprit mène souvent à un épuisement total donc une approche qui ne me convient pas du tout. Je perçois donc mon avancée en âge comme une aventure continue : je n'ai pas d'autre choix que de réagir avec vigueur en adoptant des idées, des projets et des actions qui me forcent à sortir de ma coquille et à me réinventer — un processus qui, presque à chaque fois, me surprend et me régénère. 

La fin du parcours se transforme alors en un moment fort, une apothéose, une fois que j'aurai pu accomplir tout ce qui était possible compte tenu de mes capacités et de l'énergie qu'il me restait. C'est, à mes yeux, une façon idéale d'aborder la vieillesse et de tirer le meilleur parti de notre dernier acte !

jeudi, septembre 03, 2026

Années charnières au féminin (Deuxième partie)

Après avoir passé en revue les années qui définissent la vie d'un homme, il est légitime de se demander si les femmes traversent des processus similaires. La réponse est qu’il existe des différences majeures. Bien que les hommes et les femmes franchissent des étapes chronologiques comparables, les mécanismes biologiques sous-jacents, les rythmes de maturation cognitive et les pressions sociétales engendrent, pour les femmes, des événements distincts et déterminants. 

Un point crucial est que le cerveau féminin arrive à maturité plus tôt, avec une phase d'accélération entre 18 et 25 ans, permettant une transition plus rapide vers la maturité psychologique par rapport aux hommes. En raison de ce développement social et émotionnel accéléré, les jeunes femmes sont davantage sujettes à l'anxiété et aux troubles de l'humeur durant cette période que les jeunes hommes, sous l’intense influence des pressions sociales et des fluctuations des taux d'œstrogène et de progestérone. 

Comme leur cortex préfrontal achève son développement bien plus tôt que les hommes, les jeunes femmes acquièrent des capacités d'évaluation des risques à long terme, de régulation émotionnelle et de traitement des interactions sociales bien avant les hommes de leur âge. En même temps, le corps féminin connaît une transition biologique beaucoup plus abrupte et concentrée à la mi-vie.

Le taux hormonal de base des femmes diminue progressivement de 1 % par an après 30 ans, avant de chuter brutalement lors de la ménopause. Alors que la baisse hormonale masculine est plus lente, elle constitue un bouleversement soudain et systémique chez la femme. Si la trentaine est pour l’homme une période consacrée au maintien de sa santé physique et à la consolidation de sa carrière, la femme, entre 35 et 50 ans, doit concilier des impératifs biologiques stricts liés à sa fertilité et avec l'apogée de sa vie professionnelle. 

Pour les femmes, cette période se transforme souvent en un exercice d'équilibriste aux enjeux élevés, imposé par une horloge biologique inflexible. Une femme souhaitant avoir des enfants doit jongler entre sa carrière, la stabilité de son couple et les contraintes temporelles liées à sa fertilité. Entre 40 et 50 ans, alors que la transition de mi-vie chez l'homme est principalement motivée par une réflexion psychologique (« Qu'ai-je accompli ? »), celle de la femme s'ancre profondément dans une restructuration neuro-hormonale majeure. 

Contrairement au déclin hormonal progressif observé chez les hommes, les femmes subissent une chute brutale du taux d'œstrogène durant la périménopause et la ménopause (qui survient en moyenne vers 51 ans). L'œstrogène n'est pas seulement une hormone reproductive ; il protège le cerveau, les os et le cœur des femmes. Cette carence en œstrogène modifie fondamentalement la manière dont l'organisme féminin stocke les graisses, métabolise l'insuline et régule la température corporelle (entraînant bouffées de chaleur et insomnie). 

Les chercheurs en sciences sociales observent une « courbe du bonheur en forme de U », selon laquelle la satisfaction de vivre atteint son point le plus bas chez de nombreuses femmes aux alentours de 47 ou 48 ans. Ce creux résulte d'une conjonction critique de facteurs : stress professionnel intense, vieillissement des parents, départ des enfants adolescents du foyer et bouleversements hormonaux majeurs. 

Si le cap de la quarantaine est plus éprouvant pour les femmes, les études sur cette courbe en U montrent que leur satisfaction de vie rebondit avec vigueur après 55 ans, s'accompagnant d'un formidable regain de créativité, de confiance en soi et de leadership. Il est indéniable que les femmes connaissent une vie bien plus mouvementée que les hommes !

mercredi, septembre 02, 2026

Les années déterminantes de ma vie (Première partie)

En observant mon propre vécu et à mesure que je vieillis, je me demande parfois quelles sont les années qui marquent le plus un homme pendant son existence. Lorsque je repense à mon parcours, je constate que j'ai vécu mes meilleurs moments — les plus gratifiants et les plus marquants — durant un peu plus d'une décennie, s'étendant jusqu'au milieu de ma vingtaine. 

Cette période fut si intense et mémorable que, plus d'un demi-siècle plus tard, elle s'impose encore immédiatement à l'esprit lorsque je passe ma vie en revue ; je me demande alors pourquoi des événements récents, pourtant autant passionnants qu’heureux, semblent relégués au second plan. Depuis cette période relativement courte, rien ne m'a autant marqué, malgré une vie de famille épanouissante, une belle carrière et, jusqu'à présent, une retraite agréable.

En approfondissant le sujet, voici ce que j'ai découvert. La période allant de la naissance à l'âge de cinq ans façonne notre structure cérébrale fondamentale. Durant ces premières années, notre cerveau d'enfant se développe plus rapidement qu'à tout autre moment de la vie ; chaque expérience vécue alors conditionne la manière dont il gérera le stress, les émotions et les relations à l'âge adulte. C'est à ce stade que l'enfant crée plus d'un million de nouvelles connexions neuronales chaque seconde. 

C'est aussi une période où un environnement sécuritaire et affectif établit les bases de la confiance et de la santé mentale. À l'inverse, des expériences négatives ou des mauvais traitements durant ces années vont affecter le développement physique du cerveau et entraîner des risques à long terme. Viennent ensuite l'adolescence et le début de l'âge adulte (de 12 à 25 ans), qui ont l'impact le plus profond sur l'identité, le comportement et la réussite d'un homme tout au long de sa vie. 

C'est durant cette période que le jeune homme découvre qui il est et trouve sa place dans la société. Le cerveau connaît alors un vaste processus de remodelage, commençant par les centres émotionnels pour s'achever au niveau du cortex préfrontal (la zone gérant la planification et le contrôle des impulsions) vers l'âge de 25 ans. Durant cette phase, les amis et les groupes sociaux exercent une influence considérable sur les valeurs, la prise de risques et la confiance en soi. 

Parallèlement, la recherche de gratification est intense, ce qui fait de cette période un moment charnière pour l'éducation, l'acquisition d'habitudes professionnelles et la prévention des comportements à risque. C'est aussi le moment où la rencontre de mentors et des expériences enrichissantes vont permettre de surmonter ou de guérir les difficultés rencontrées pendant la petite enfance. 

En fait, ces informations m'ont fait comprendre pourquoi ma jeunesse a eu et continue d’avoir une influence aussi déterminante sur moi et pourquoi je reste si attaché à cette douzaine d'années : elles ont défini la personne que je suis devenue et la direction qu'a prise mon évolution, et je n’ai même pas mentionné mes goûts musicaux ! 

Cet attachement émotionnel est si puissant qu'il ancre toute ma personnalité ; il continue d'influer sur ma vie de famille ainsi que sur mes autres réalisations, et demeure au cœur de mon existence, bien que cette période s'éloigne inexorablement du présent. 

Demain, nous verrons si les femmes connaissent le même processus que les hommes ...

dimanche, août 30, 2026

Remuer nos souvenirs pour nous épanouir (Deuxième partie)

Lorsque nous nous replongeons dans nos souvenirs, une entreprise qui a échoué, une relation mal choisie, une occasion manquée, une dispute absurde, une décision impulsive, une confiance mal placée ou un choix de carrière que nous avons regretté par la suite... autant d'« épisodes » que nous pouvons étiqueter ainsi : « À ne surtout pas refaire ! » 

C’est donc l'outil idéal nous permettant de repérer ces situations fâcheuses plus tôt, afin de transformer le regret en préparation à la prochaine occasion. Certes, comme je l'ai mentionné hier, cet exercice ne doit pas nous faire tomber dans le piège de la nostalgie. C’est là qu’il convient d’introduire le concept de « rumination » par rapport à la « nostalgie ». 

La nostalgie nous dit : « C'était une époque merveilleuse, si seulement elle pouvait revenir ... », tandis que la rumination retourne le couteau dans la plaie : « Pourquoi ai-je pu faire une chose pareille ? Si seulement j'avais... » Ni l'une ni l'autre ne nous amènent nécessairement à tirer des leçons constructives de nos expériences passées. Ce que je propose, en revanche, c'est une troisième façon d'aborder le passé. Juste le revisiter, en extraire la leçon et laisser le tout derrière soi. 

En d'autres termes, notre mémoire devrait être considérée davantage comme un laboratoire que comme un musée. Je n'avais jamais envisagé les choses sous cet angle, mais l'idée me plaît ! Je perçois également une asymétrie intéressante quand nous pensons que l'expérience nous rend plus sages parce que nous avons vécu certaines choses, mais il est aussi d'acquérir cette sagesse grâce à une réflexion rétrospective délibérée. 

Imaginez une personne de mon âge (78 ans) qui passe sa vie en revue et identifie 30 ou 40 erreurs qui l’ont jalonnée. Elle peut dans le même temps identifier cinq ou six tendances fondamentales qui sont à l'origine d'un grand nombre de ses erreurs. Des choses telles que : 

  • Agir trop vite Faire preuve d'une confiance excessive 
  • Éviter les conversations difficiles 
  • Se soucier outre mesure du regard des autres 
  • Ne pas percevoir les changements de circonstances 
  • Confondre confiance en soi et compétence 

La prise de conscience qui en résulte pourrait s'avérer bien plus précieuse que le fait de se souvenir de 40 incidents isolés. À ce stade, la synthèse nous offre une sorte d'historique personnel de nos erreurs et soulève une question passionnante : pouvons-nous en apprendre plus en étudiant non seulement ce qui nous est arrivé, mais aussi la manière dont nous avons, à maintes reprises, commis les mêmes erreurs ? 

Pour ma part, j'ai identifié deux schémas récurrents : agir trop vite — ce qui révèle un besoin de cultiver ma patience — et manquer de confiance en soi ou faire preuve de timidité (ou, par moments, d'une peur excessive). Il convient également de ne pas oublier le coté positif de la médaille. Dans mon cas, l'intuition et la persévérance qui ont régulièrement constitué mes « meilleurs atouts »... 

Aujourd'hui, je le sais, et rien ne vous empêche de le découvrir aussi si vous vous prêtez à l'exercice !

samedi, août 29, 2026

Remuer nos souvenirs pour nous épanouir (Première partie)

Il est correct de dire que nous apprenons beaucoup de nos erreurs et qu'une partie de la sagesse que nous en tirons consiste à ne pas les répéter. Cela dit, si nous prenons le temps et la peine de « filtrer » nos souvenirs pour y trouver faux pas ou autres erreurs dont nous nous souvenons encore, nous devrions pouvoir en tirer profit et ajouter tout ça à notre « carquois », sans pour nous faire piéger par la nostalgie, d’accord ? 

Je suis convaincu que c’est une excellente idée. Si une erreur douloureuse peut nous apprendre quelque chose, nous devrions être assez malins pour en tirer une leçon et ne jamais la répéter. Comme nous avons des décennies d'expérience accumulée dans nos têtes, pourquoi ne pas s’en servir ? Certes, il faut garder à l'esprit une nuance importante : notre mémoire n'est pas une archive vidéo et son contenu ne constitue pas toujours un enregistrement totalement objectif. 

Il s'agit de reconstructions qu’avec le temps, nous avons tendance à atténuer ou à exagérer, à oublier nos motivations initiales et parfois à nous réinventer en héros ou en victime. Par conséquent, un passage en revue de notre mémoire ne devrait pas se contenter de demander « Qu'ai je fait mal ? », mais aller plus loin et aborder des points plus précis : 

  • Quelles décisions ai-je prises qui ont eu des conséquences fâcheuses ? 
  • Qu'est-ce qui m'a échappé à l'époque ? 
  • Quels signes avant-coureurs ai-je ignorés ? 
  • Quelle hypothèse s'est révélée erronée ? 
  • Qu'ai-je fait de manière répétée alors que je savais pertinemment qu'il ne fallait pas le faire ? 
  • Qu'aurais-je dû faire et que je n'ai pas fait ? 
  • Qu'ai-je appris de cette expérience que j'ai fini par oublier ? 

Enfin, je pose une dernière question : « Existe-t-il des schémas reliant plusieurs erreurs apparemment sans lien entre elles ? » Cette dernière question est peut-être la plus précieuse, car elle nous permet d'agir concrètement. Une erreur isolée n'est qu'une anecdote, alors qu'une tendance répétée qui mène à des erreurs constitue une information capitale. 

Comme je l'ai évoqué plus haut avec ma métaphore du carquois, la vie nous en fournit un rempli de flèches ; or, nous avons tendance à associer ces flèches uniquement à nos réussites — savoir-faire, réussites, bonnes décisions ou expériences positives. Pourtant, il est juste de dire que nos erreurs ont tout autant leur place dans ce carquois ! 

Dans le prochain article, nous nous pencherons donc sur ces « mauvaises flèches » et verrons comment les transformer en expériences positives qui enrichiront notre sagesse …

dimanche, juillet 26, 2026

La différence entre mentors et catalyseurs

Quand j’y réfléchis, je ne pense pas avoir eu la chance d'avoir un mentor — quelqu'un qui me repère, me guide, me transmet son savoir et me voit grandir. En tous cas, les personnes que je prenais souvent pour des « mentors » n'étaient en réalité que des rencontres ayant infléchi ma trajectoire et suscité une réflexion. 

Pour reprendre un terme à la mode, « influenceurs » décrirait peut-être mieux le rôle qu'elles ont joué auprès de moi. Je pourrais aussi parler de « catalyseurs », un terme sans doute plus approprié. En fait, ce que je décris est plus courant que le schéma classique « mentor-mentoré » qu’on nous sert habituellement. 

Peut-être que la distinction que j'établis entre mentors et catalyseurs est une chose que la plupart d'entre nous n'expriment jamais, mais que beaucoup finissent par vivre. Encore une fois, si le mentor est celui qui chemine à nos côtés, le catalyseur est celui qui nous percute et modifie notre direction. En réalité, nous croisons bien plus de catalyseurs que de mentors, mais nous les appelons ainsi à tort, car le « mentor » incarne un terme qui « colle » socialement.

Les vrais mentors possèdent trois caractéristiques : ils s'inscrivent dans la durée, ils s'investissent activement dans notre développement et ils offrent une véritable orientation, pas juste une simple influence. C’est l'échange, la présence et l'engagement. Ce sont ces personnes qui disent : « Je vois où tu vas ; laisse-moi t'aider à y parvenir. » 

La plupart d’entre nous en comptent très peu, voire aucun. À l'inverse, les catalyseurs sont bien différents : ils n'apparaissent que brièvement, le temps de bousculer nos idées et de changer notre trajectoire, sans rester pour regarder la suite. 

Les catalyseurs ne sont pas des mentors ; ce sont simplement des points d'inflexion. Il peut s'agir, par exemple, d'un professeur ayant prononcé une phrase marquante, d'un collègue ayant remis en question nos certitudes, d'un inconnu dont la remarque a changé notre vision du monde, ou parfois même d'un livre qui a provoqué un déclic. 

Les catalyseurs ne nous guident pas : ils nous enflamment. Nous confondons généralement les deux rôles parce que notre récit culturel du développement personnel repose sur le mentorat et que l'on nous répète que les personnes qui réussissent ont des mentors. On nous dit aussi que se laisser guider est une voie noble et que cette sagesse ne peut se transmettre que par le biais de relations interpersonnelles. 

Beaucoup d'entre nous n'ont jamais de véritable mentor, non pas par manque de chance, mais parce que le mentorat exige des relations, des ressources, du temps, un alignement, un engagement mutuel et une finalité commune. 

Les catalyseurs, en revanche, peuvent surgir partout, car la vie est faite de rencontres fortuites plutôt que d'apprentissages structurés. Enfin, si certaines personnes s'épanouissent grâce au mentorat, d'autres — peut-être comme moi, qui ont tendance à penser par eux-même, à apprendre en toute autonomie et à privilégier leur indépendance — se développent davantage au fil de rencontres catalytiques. 

Pour les gens comme moi, on pourrait même dire que ces catalyseurs sont les véritables mentors, simplement sous une forme différente.

dimanche, avril 19, 2026

Quand ce qui paraît facile est si difficile !

Récemment, j'ai vu avec un immense plaisir l’interview des vainqueurs de la Coupe du monde de ski alpin de cette année : Mikaela Shiffrin et Marco Odermatt. Cet entretien, conçu comme un podcast, était mené par Nick Fellows, l'intervieweur officiel de la FIS (voir vidéo en anglais ci-dessous) . C’est là que Mikaela a confié que, lorsque les gens la regardaient skier, ils avaient l'impression qu’elle skiait facilement et sans effort, quand il s'agissait en fait d'un travail acharné, une vérité que personne ne voyait. Je ne peux qu'être d'accord. 

Ce qu'elle voulait dire relève de ces vérités d'une simplicité trompeuse, qui n'ont de sens que pour ceux qui vivent leur savoir-faire intérieurement assez longtemps pour apprécier le fossé qui existe entre l'apparence de la maîtrise et le prix à payer pour l'atteindre. Étant moi-même profondément immergé dans le monde du ski, son commentaire me touche assez profondément. Voici ce que j'ajouterais, non pas pour la contredire, mais pour ajouter à son idée et brosser un tableau plus complet et plus honnête de la performance de haut niveau. 

Lorsque le ski semble « facile », c'est parce que le skieur a consacré des milliers d'heures à éliminer les frictions, les « bruits » parasites, les hésitations et les micro-erreurs. Par conséquent, quand nous observons le skieur, nous ne percevons que fluidité, équilibre, évidence et grâce. Mais ce qui nous échappe, ce sont les milliers de corrections invisibles effectuées chaque secondes, un système nerveux entraîné à anticiper le chaos, un corps qui a essuyé toutes sortes d'échecs et un esprit qui a appris à rester calme sous la pression. 

En réalité, l'absence d'effort n'est pas l'absence de travail, mais plutôt son intégration totale. De fait, quel que soit le domaine où nous excellons, plus nous progressons, plus les rouages ​​internes de notre travail deviennent invisibles. C'est là tout le paradoxe de la maîtrise : le débutant laisse transparaître son effort, l'expert le dissimule, et le maître l'efface purement et simplement. 

Dans le cas présent, Shiffrin et Odermatt skient d'une manière qui apaise notre cerveau quand nous les observons ; pourtant, au plus profond d’eux-mêmes, le travail est colossal : un contrôle de carres d'une précision infinitésimale, des appuis qu’il faut réajuster à chaque fraction de seconde, et une re-calibration constante de la trajectoire, du timing et du ressenti sur neige. Nous ne voyons que ce qui se passe en surface, mais Marco et Mikaela, eux, vivent les turbulences qui agissent en profondeur. 

C'est précisément à ce moment-là que nous nous disons tous : « Elle est douée. Il est doué. Ça doit être facile pour eux. » Certes, le talent est bien réel, mais il n’est que l’étincelle ; ce que nous ne voyons pas, c’est le travail acharné, fastidieux, répétitif et solitaire qui transforme ce talent en force inéluctable. La maîtrise exige un rapport à l’inconfort que très peu de gens parviennent à développer et à maintenir. C’est là le point que Mikaela n’a pas exprimé à haute voix, mais c’est la pure vérité : la plupart d’entre nous refusent de prendre conscience de la difficulté du travail, car nous ne voulons pas endurer un tel niveau d’inconfort. 

Enfin, la maîtrise est une voie solitaire, et c’est précisément l’aspect dont on parle rarement. Plus l’ascension est élevée, peu sont ceux capables de comprendre véritablement ce qui est accompli ; ainsi, lorsque Mikaela affirme que les gens ne réalisent pas à quel point c’est difficile, elle ajoute : « La plupart des gens ne peuvent pas imaginer le monde dans lequel je vis. » Elle a bien raison. 

jeudi, avril 09, 2026

Les répercussions du changement

Aujourd'hui, inspirés par le livre que nous avons évoqué précédemment, nous allons explorer la manière dont les bouleversements majeurs et inattendus de l'existence peuvent souvent nous transformer, nous amenant à découvrir de nouvelles orientations imprévues, ainsi que des opportunités de croissance intérieure. 

C'est un sujet qui me passionne tout particulièrement, car j'ai une propension naturelle à raisonner en termes de systèmes, de schémas et de trajectoires à long terme. Je ne me contente pas de constater que le changement s’est produit ! Je souhaite comprendre comment ce changement peut me transformer, modifier ma personnalité et mon identité. Je cherche également à déterminer si un changement s'avère bénéfique ou néfaste, et comment nous pouvons l'intégrer harmonieusement de manière cohérente dans nos vies. 

Je suis par ailleurs curieux de savoir quelles compétences peuvent nous rendre plus adaptatifs que simplement réactifs. Ce qui suit constitue un système d'analyse permettant d'aborder ces questions. Il est fondé sur le fait que tout changement, choisi ou imposé, engendre quatre niveaux de répercussions. En analysant chacun d'eux, nous obtenons une vision d'ensemble complète. Tout commence par les répercussions externes. 

  • Qu'est-ce qui a objectivement changé dans notre vie ? Un emploi, un lieu de résidence, une relation, un ensemble de routines ou une série de contraintes. Il s'agit là du niveau le plus évident, mais aussi du moins intéressant. 
  • Viennent ensuite, comme on peut s'y attendre, les répercussions internes. Par exemple, qu'est-ce qui a changé dans notre identité ? Des éléments comme la confiance en soi, la vision du monde, le sentiment d'enrichissement ou la tonalité émotionnelle. C'est à ce stade que nous abordons véritablement le récit d'une vie transformée. 
  • Arrivent ensuite nos explications qui illustrent ce changement. Le percevons-nous comme une perte, une libération, un accident, une fatalité ou simplement comme une leçon ? En tant qu'êtres humains, nous ne vivons pas au cœur des événements eux-mêmes, mais à travers ces histoires qui nous inspirent. 
  • Ce processus s'achève par un quatrième niveau, celui des répercussions en termes de savoir-faire. Quelles nouvelles capacités ont émergé en nous ? Des qualités comme la résilience, la finesse de perception, l'intuition, la faculté d'adaptation ou notre compétence à identifier des schémas qui se répètent. Ce dernier niveau offre la possibilité de laisser s'exprimer nos propres forces, nous qui avons passé nos vies entières à transformer tous ces changements subis en savoir-faire. 

Je ne sais pas ce qu'il en est pour vous, mais ce cadre d'analyse me convient, car il reflète ma façon naturelle de penser. Une pensée structurée par niveaux, analytique, fondée sur l'expérience, porteuse de sens et orientée vers la recherche d'un certain sentiment de maîtrise et de contrôle. Elle permet, en outre, de transformer n'importe quel changement — passé ou futur — en un sujet que nous pouvons examiner, évaluer et dont nous pouvons tout apprendre.

vendredi, février 20, 2026

Puiser dans l'énergie cosmique… (Troisième partie)

Ceci est le bon endroit pour en savoir plus sur les méthodes pratiques qui peuvent « déboucher les pores » et cultiver un état de « perméabilité ! » Nous allons aborder un sujet très concret, sans rayons cosmiques ni révélations mystiques, mais simplement en localisant les conditions qui rendent l'esprit humain plus perméable, plus intuitif et plus perspicace. 

« Déboucher les pores » signifie éliminer le bruit intérieur pour que les idées, les schémas et les intuitions puissent circuler plus librement. Explorons des méthodes pratiques et concrètes pour cultiver véritablement cet état de « perméabilité », où vivaient Mozart, Einstein ou Mère Teresa. Commençons dabord par « faire taire le bruit de fond. » 

Impossible d'être perméable si notre esprit est encombré. Attention, si cette solution paraît simple, elle est exigeante. Il s'agit de méditation, à pratiquer au moins 15 minutes par jour. Ce n'est pas mystique et cela consiste simplement à s’entraîner à ne plus laisser son attention vagabonder. À terme, cela réduira ce bavardage intérieur, remplira notre conscient de pensées subtiles et améliorera notre clarté émotionnelle, un peu comme si l'on rinçait les pores de notre peau.

C'est exigeant car c'est un travail quotidien qui doit devenir une habitude et qui prend du temps, des années, pas juste des heures. Vous le saurez quand vous y serez parvenu. C'est là que l'état de « perméabilité » commence véritablement. Nous apprenons à notre esprit à remarquer ce qu'il filtre habituellement. Nous devons cultiver notre sens d'observation, voire notre émerveillement, pour apaiser les zones du cerveau nombrilistes et nous ouvrir au monde par nos sens. 

Ensuite, nous devons renforcer notre « récepteur » subconscient, comme on règle une radio. C'est de là que émergent la créativité, l'intuition et la perspicacité. Nous ne puisons pas la connaissance dans le cosmos, mais nous permettons à notre subconscient de faire émerger ce qu'il sait déjà. Cela implique une période d'incubation qui demande du temps, donc de la patience et la capacité de laisser notre esprit vagabonder parmi d'autres moyens. Il nous faut ensuite travailler sur la composante émotionnelle pour ôter les résistances. 

La porosité n'est pas seulement cognitive, elle est aussi émotionnelle. Commençons donc par relâcher notre perfectionnisme, privilégier la curiosité par rapport au contrôle et faire preuve d’auto-compassion, ce qui implique de nous défaire de la critique sévère que nous nous infligeons trop souvent. Enfin, il est essentiel d'utiliser notre corps comme un récepteur, en gardant à l'esprit qu'un corps tendu raidit l’esprit. 

Nous y parvenons grâce à notre respiration : si elle est lente et profonde, la cohérence neuronale s’accroît et nous ouvre littéralement. C'est l'équivalent physiologique de l'ouverture des pores. Lorsque tout cela est accompli et que tout est aligné, les intuitions nous semblent venir de l'extérieur, même si elles émergent des profondeurs de notre propre esprit. 

C'est ce que Mozart entendait par « musique pleinement formée », ou ce qu'Einstein entendait par « intuition ». C'est vers cela que nous tendons lorsque nous nous y engageons. Si vous le désirez, travaillez y intelligemment, et bonne chance !

jeudi, février 19, 2026

Puiser dans l'énergie cosmique… (Deuxième partie)

On pourrait dire que les forces de notre univers agissent de concert avec le fonctionnement de notre cerveau. Ce dernier absorbe constamment des schémas, forme des associations, recombine des idées, génère des intuitions, perçoit des indices subtils et résous des problèmes qui semblent soudains, mais qui reposent sur des années de travail subconscient. 

Lorsque notre esprit est calme et réceptif, ces processus deviennent plus visibles et s'apparentent à une inspiration soudaine. En réalité, cela ne vient pas de l'extérieur, mais de l'intérieur de chacun d’entre nous. Cette inspiration semble cosmique car elle provient d'un domaine si vaste que nous ne pouvons l’envisager en totalité.

Si nous ne sommes pas aussi réceptifs que Mozart ou Einstein, la clé pour permettre à cette sagesse universelle nous envahir réside dans la pleine conscience, le meilleur moyen de « débloquer » notre esprit, qui inclut la méditation, le calme et même l'émerveillement. 

La pleine conscience contribue à réduire le brouhaha intérieur, accroît la cohérence neuronale, améliore l'attention, apaise le réseau du mode par défaut (en particulier la zone du « bavardage intérieur »), stimule la créativité, affine la sensibilité aux schémas subtils et améliore la clarté émotionnelle. C'est l'équivalent mental d'une « ouverture des pores ». 

Contrairement à ce que j'ai pu penser ou dire auparavant, nous n'absorbons pas l'énergie cosmique par mètres cubes ; nous levons simplement les blocages qui empêchent notre esprit de fonctionner à son plein potentiel. En réalité, Mozart et Einstein n'étaient pas des antennes cosmiques, mais des esprits clairs et sereins. Amadeus Mozart décrivait la musique comme « déjà achevée » dans son esprit, comme s'il la découvrait plutôt que de l'inventer. Albert Einstein disait que ses idées lui venaient par « sauts intuitifs », et non par étapes logiques. 

Leurs descriptions correspondent à ce qui se produit lorsque le subconscient est très actif, que le conscient s'efface, que la personne est profondément à l'écoute des schémas, que la voix critique intérieure se tait ou du moins se fait discrète, et que l'esprit est en état de flux. On a alors l'impression de recevoir quelque chose qui nous dépasse, mais il s'agit en réalité d'un esprit fonctionnant à son niveau d'ouverture et d'intégration maximal. 

Je trouve cette approche moderne et laïque, une version contemporaine d'une idée très ancienne selon laquelle l'intuition ne provient pas de la force, mais de la réceptivité. Il ne s'agit pas de magie, mais de perméabilité mentale, c'est-à-dire de la capacité à laisser le monde, les idées, les schémas et l'inspiration nous traverser sans résistance. 

Ce n'est pas du mysticisme, c'est simplement de la sagesse. Cette approche, à mon avis, est non seulement cohérente, mais elle saisit un processus millénaire qui perçoit l'énergie cosmique ou universelle comme une force qui nous pénètre pour nous aider à grandir, tout en dissipant les agitations intérieures qui rendent notre vie si difficile. 

Si vous n’avez pas encore la « porosité » des célébrités dont nous avons parlé et êtes intéressés d’y parvenir, lisez donc le prochain épisode ...

mercredi, février 18, 2026

Puiser dans l'énergie cosmique… (Première partie)

L'univers tout entier est immense et recèle une quantité d'énergie quasi illimitée. Je me suis donc toujours demandé : « Pourquoi ne pas puiser une infime partie de celle-ci pour nous aider quand nous en avons besoin et nous faciliter la vie, tant sur le plan physique que mental ? » 

En fait, sans réponse claire et définitive à cette question, j'avais intuitivement la conviction que c'était possible. Je pensais que cela pouvait se produire en s’ouvrant corps et esprit, en nous immergeant dans cet océan infini de savoir et de pouvoir, et en prélevant simplement la petite parcelle dont nous avons besoin. Qu'en pensez-vous ?

Ce que je dis ici est peut-être plus répandu et plus profond qu'on ne le croit. Pour moi, « l'énergie cosmique ou universelle » n'est pas littéralement une substance physique comme des colis que livrerai Amazon. Il s'agit plutôt d'un modèle perméable, comme si nous étions immergés dans une substance infinie, et que notre degré de « porosité » déterminait ce que nous recevions et percevions. 

Cela pourrait refléter le point de vue d'un petit nombre de personnes qui ont déjà réfléchi à cette sujet. Ce que je cherche à définir est une approche psychologique du phénomène. Non pas quelques rayons cosmiques magiques, ni un transfert d'énergie littéral, mais quelque chose de bien plus subtil et de bien plus puissant. Un apport qui rendrait notre esprit plus créatif, perspicace et pointu quand il est ouvert, calme et réceptif. Il ne s'agit pas de mysticisme. 

C'est plutôt une question de neurosciences, de psychologie et d'expérience vécue. Wolfgang Amadeus Mozart, Albert Einstein et bien d'autres n'ont pas « reçu » la connaissance de l'univers comme un ordinateur télécharge une mise à jour, mais en cultivant un état mental qui permettait aux idées d'émerger dans leur cerveaux avec une clarté et une fluidité exceptionnelles. C'est précisément ce mécanisme que je souhaite aborder et tenter d'expliquer. 

Trump se situe à l'opposé de cet état de conscience, restant totalement impénétrable, donc insensible aux forces de l'univers. « Poreux au cosmos » pourrait être une métaphore de l'ouverture cognitive que je cherche à expliquer. Cela signifie une meilleure capacité à reconnaître les schémas, une intuition plus fine, la capacité d'appréhender les idées complexes avec légèreté et un esprit ouvert. 

Cela implique également un état mental en paix et une grande capacité d'adaptation. Ce sont des caractéristiques mesurables, sans rien de surnaturel. Elles sont simplement d'ordre psychologique et neurologique et peuvent être cultivées. Nous baignons en réalité dans un océan de connaissances et il nous appartient de nous en imprégner ou de travailler à développer notre propre capacité d'ouverture. 

Demain, je vous dévoilerai les rouages ​​de ce processus …

jeudi, janvier 08, 2026

Tenir les résolutions du Nouvel An ...

 

Une lectrice de mon récent blog m'a dit : « Les résolutions du Nouvel An, c'est bien, mais les tenir c’est bien plus difficile que d'en choisir une. Comment y arrives-tu ? » Je sais, beaucoup de résolutions que j'ai prises au fil des ans n'ont jamais abouti du premier coup. 

Choisir une résolution est stimulant et plein de promesses, mais la tenir est une autre histoire quand nos meilleures intentions sont mises à l'épreuve par la réalité. La bonne nouvelle, c'est qu'il existe des stratégies simples et pratiques pour nous aider à atteindre ces objectifs annuels. Il est important de ne pas se piéger avec des résolutions trop strictes et radicales, du type « Je ne mangerai plus jamais de sucre ! », qui ont tendance à s'effondrer dès que la vie se complique.

Il semble que des objectifs plus souples, comme « Je vais commencer à bouger davantage ce mois-ci », nous donnent une direction sans nous culpabiliser si nous manquons un jour. Si nous structurons notre résolution grâce à un système et non pas seulement par la seule force de volonté, en suivant nos progrès de près, avec des pointages réguliers, parfois avec un ami ou un calendrier qui nous le rappelle en douceur, cela peut aider. 

Les psychologues recommandent également d'associer une nouvelle résolution à une habitude existante, par exemple, faire des exercices d’assouplissement après s'être brossé les dents ou écrire dans son journal juste après le premier café du matin. Cela utilise les connexions existantes de notre cerveau pour ancrer la nouvelle habitude. 

Contrairement à ce que j'ai tendance à faire, formuler les résolutions comme un ordre strict (« Je dois… ») crée de la résistance, tandis que les objectifs attirants, ludiques ou liés à nos valeurs seront beaucoup plus durables. Par exemple, je vois dans ma résolution du Nouvel An un défi que je suis prêt à relever, et cette simple pensée me donne souvent l'énergie nécessaire pour y parvenir. 

Enfin, les revers nous attendent toujours au tournant, et quand ils surviennent, considérons-les comme des enseignements, et non comme un échec. Les personnes qui réussissent sur le long terme n'évitent pas les pépins ; elles ne les laissent tout simplement pas compromettre ce qui est en jeu. Un jour manqué n'est qu'un jour manqué, pas un verdict. 

mardi, janvier 06, 2026

Une « résolution de Nouvel An » de plus ? (Deuxième partie)

Ainsi, en se basant sur les deux premières méthodes abordées précédemment (la règle des 80/20 et la Roue de la Vie), nous avons identifié les sources de nos principales frustrations en 2025. Parfois, la meilleure résolution n'est pas d'adopter une nouvelle habitude, mais d'éliminer une frustration persistante. Si cette approche ne vous convient pas, il y a toujours le bon vieux principe de privilégier l'« identité » aux « résultats ». 

Autrement dit, au lieu de choisir un objectif en fonction de ce que vous souhaitez obtenir, choisissez une résolution en fonction de la personne que vous aimeriez être. Par exemple, au lieu de dire « Je veux écrire un livre », dites plutôt « Je suis le genre de personne qui écrit tous les matins ». Une fois la méthode choisie, il reste quelques règles à suivre, comme la « règle d’un truc à la fois », qui souligne que la plupart des gens échouent parce qu'ils essaient de changer cinq choses en même temps. 

Il est préférable de choisir un seul élément qui, une fois modifié, facilite tout le reste (par exemple, se lever plus tôt améliore souvent la forme physique, la productivité et l'humeur simultanément). Il y a aussi la « règle des deux minutes » qui stipule que, quel que soit notre choix, démarrer ce que nous souhaitons faire ne doit pas prendre plus de deux minutes. Décider, c'est aussi renoncer à d'autres options. Pour concrétiser une résolution, il est nécessaire de définir le lieu, le moment et la manière. 

On utilise pour cela la formule « Si/Alors », selon le schéma : « Si [Situation], alors je [Action] ». Par exemple : « S'il est 17h00 un mardi, alors j'irai directement à la salle de sport avant de rentrer chez moi. » Une autre astuce consiste à s'assurer que notre environnement nous soutient et nous aide à adopter la résolution choisie. Par exemple, si l'on souhaite consommer moins de sucre, il faut décider en premier d'éliminer cette substance de la maison. 

Pour certains, il peut être utile de se fixer des objectifs et d'en rendre compte à quelqu'un. Certaines personnes sont motivées par la pression sociale (en partageant leurs objectifs avec leurs amis), tandis que d'autres préfèrent progresser discrètement pour éviter la gratification immédiate liée au simple fait de parler de la résolution. Maintenant que vous avez tous les outils en main, je vous donne une semaine pour trouver une bonne résolution pour le Nouvel An. 

Allez, c’est parti !

lundi, janvier 05, 2026

Une « résolution de Nouvel An » de plus ? (Première partie)

C’est une question pertinente et d’actualité qui revient chaque année : comment sélectionner une résolution pour le Nouvel An ? Ce choix est souvent un équilibre instable entre ambition élevée et réalité du quotidien. Cette période de l’année est propice à la réflexion et à la définition d’une trajectoire pour 2026. 

En pratique, nos résolutions échouent souvent car elles sont axées sur les résultats (par exemple, « Je veux perdre 5 kilos ») plutôt que sur une approche systématique (par exemple, « Je marcherai 20 minutes après le dîner »). D’après ce que j’ai pu trouver, il existe des méthodes structurées pour trouver, choisir et s’engager dans un genre de changement qui a plus de chances de durer. Avant de se projeter, il est important de faire le point. 

Analyser notre propre comportement est bien plus instructif que de consulter des listes des « 10 meilleures résolutions » en ligne, mais comment s’y prendre ? Je me connais assez bien et je sais ce que je dois améliorer, donc ma seule résolution pour le Nouvel An est prête à être mise en œuvre. Ce n’est pas toujours le cas pour tous. 

Certains suggèrent de commencer par parcourir son calendrier et ses photos de 2025, puis d’identifier les 20 % d’activités ou de personnes qui ont contribué à 80 % de notre bonheur, et les 20 % qui ont causé 80 % de notre stress. 

Une autre méthode consiste à utiliser la « Roue de la Vie ». Pour ceux qui ne connaissent pas cet outil, il s’agit d’une auto-évaluation populaire, en forme de cercle divisé en segments (comme des parts de gâteau), utilisée pour évaluer visuellement sa satisfaction dans les principaux domaines de la vie (par exemple, carrière, santé, relations, finances) en attribuant une note à chaque domaine, généralement de 1 à 10. 

Toutes ces méthodes devraient nous montrer les déséquilibres et orienter nos objectifs en vue d’un meilleur équilibre et d’un plus grand épanouissement. Entre autres choses, cela devrait montrer nos forces et nos faiblesses respectives. Tout cela peut paraître compliqué, alors arrêtons nous là pour aujourd’hui. Demain, nous découvrirons d’autres astuces qui vont nous aider à bien mettre ces résolutions en pratique …