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mardi, juillet 28, 2026

Prévisions météo pour l'hiver prochain …

Les dernières prévisions du Climate Prediction Center de la NOAA viennent de paraître. Elles couvrent l'essentiel de la saison hivernale à venir, y compris les mois de janvier, février et mars 2027.

Elles indiquent l'émergence d'un schéma El Niño assez caractéristique, avec des conditions plus humides sur une grande partie du sud des États-Unis, un temps plus sec sur certaines zones du nord des Rocheuses et une probabilité accrue de températures supérieures à la normale sur de vastes étendues du pays. Ces cartes ne prédisent ni les quantités exactes de neige ni les tempêtes hivernales spécifiques. 

Elles offrent toutefois une première indication quant aux zones où la trajectoire des perturbations pourrait favoriser des conditions plus humides, plus sèches, plus chaudes ou plus froides durant l'hiver 2026-2027. 

Pour ce qui est de Park City, le constat est clair : une tendance à la hausse des températures et des précipitations proches de la normale. Reste à voir ce que l'avenir nous réserve ; début avril, nous comparerons ces prévisions à la réalité pour voir si elles ressemblent aux projections de NOAA …

lundi, juillet 27, 2026

Les excès ne valent rien !

Portillo, la station de ski chilienne, devait ouvrir ses pistes le 27 juin. Elle n'a pas pu le faire, la neige n'étant pas au rendez-vous. Elle a partiellement ouvert le week-end suivant grâce à la production de neige de culture sur les pistes du secteur « Plateau », mais la route d'accès a dû être fermée le 14 juillet en raison d'une tempête de neige massive qui a débuté le mercredi 15 juillet 2026.

Plus de 5 mètres de neige se sont accumulés sur l'ensemble du domaine depuis l'arrivée de la perturbation. La station de Portillo est restée fermée et isolée en raison de l'énorme quantité de neige et des mesures de sécurité. 

Les prévisions locales non officielles et les communications de la station laissent penser que cette fermeture pourrait durer jusqu'aux premiers jours d'août 2026. La gestion de la Route 60 qui mène à;la station est assurée par l’État et les autorités locales de Guardia Vieja. 

Le déneigement nécessitera un temps considérable pour dégager l'épaisse couche de neige, évacuer les camions de marchandises bloqués et mener à bien d'importants travaux de sécurisation contre les avalanches. 

La direction de Portillo a indiqué que dès que la météo le permettra enfin, elle va d’abord essayer d'évacuer les clients bloqués par hélicoptère avant que la route ne soit entièrement rouverte à la circulation. 

Si certaines stations du centre du Chili, comme Valle Nevado, ont réussi à faire en sorte que les résidents, le personnel et les clients munis de véhicules 4x4 puissent passer, l'accès à Portillo reste strictement impraticable. 

Méfiez-vous de ce que vous pouvez souhaiter !

dimanche, avril 19, 2026

Quand ce qui paraît facile est si difficile !

Récemment, j'ai vu avec un immense plaisir l’interview des vainqueurs de la Coupe du monde de ski alpin de cette année : Mikaela Shiffrin et Marco Odermatt. Cet entretien, conçu comme un podcast, était mené par Nick Fellows, l'intervieweur officiel de la FIS (voir vidéo en anglais ci-dessous) . C’est là que Mikaela a confié que, lorsque les gens la regardaient skier, ils avaient l'impression qu’elle skiait facilement et sans effort, quand il s'agissait en fait d'un travail acharné, une vérité que personne ne voyait. Je ne peux qu'être d'accord. 

Ce qu'elle voulait dire relève de ces vérités d'une simplicité trompeuse, qui n'ont de sens que pour ceux qui vivent leur savoir-faire intérieurement assez longtemps pour apprécier le fossé qui existe entre l'apparence de la maîtrise et le prix à payer pour l'atteindre. Étant moi-même profondément immergé dans le monde du ski, son commentaire me touche assez profondément. Voici ce que j'ajouterais, non pas pour la contredire, mais pour ajouter à son idée et brosser un tableau plus complet et plus honnête de la performance de haut niveau. 

Lorsque le ski semble « facile », c'est parce que le skieur a consacré des milliers d'heures à éliminer les frictions, les « bruits » parasites, les hésitations et les micro-erreurs. Par conséquent, quand nous observons le skieur, nous ne percevons que fluidité, équilibre, évidence et grâce. Mais ce qui nous échappe, ce sont les milliers de corrections invisibles effectuées chaque secondes, un système nerveux entraîné à anticiper le chaos, un corps qui a essuyé toutes sortes d'échecs et un esprit qui a appris à rester calme sous la pression. 

En réalité, l'absence d'effort n'est pas l'absence de travail, mais plutôt son intégration totale. De fait, quel que soit le domaine où nous excellons, plus nous progressons, plus les rouages ​​internes de notre travail deviennent invisibles. C'est là tout le paradoxe de la maîtrise : le débutant laisse transparaître son effort, l'expert le dissimule, et le maître l'efface purement et simplement. 

Dans le cas présent, Shiffrin et Odermatt skient d'une manière qui apaise notre cerveau quand nous les observons ; pourtant, au plus profond d’eux-mêmes, le travail est colossal : un contrôle de carres d'une précision infinitésimale, des appuis qu’il faut réajuster à chaque fraction de seconde, et une re-calibration constante de la trajectoire, du timing et du ressenti sur neige. Nous ne voyons que ce qui se passe en surface, mais Marco et Mikaela, eux, vivent les turbulences qui agissent en profondeur. 

C'est précisément à ce moment-là que nous nous disons tous : « Elle est douée. Il est doué. Ça doit être facile pour eux. » Certes, le talent est bien réel, mais il n’est que l’étincelle ; ce que nous ne voyons pas, c’est le travail acharné, fastidieux, répétitif et solitaire qui transforme ce talent en force inéluctable. La maîtrise exige un rapport à l’inconfort que très peu de gens parviennent à développer et à maintenir. C’est là le point que Mikaela n’a pas exprimé à haute voix, mais c’est la pure vérité : la plupart d’entre nous refusent de prendre conscience de la difficulté du travail, car nous ne voulons pas endurer un tel niveau d’inconfort. 

Enfin, la maîtrise est une voie solitaire, et c’est précisément l’aspect dont on parle rarement. Plus l’ascension est élevée, peu sont ceux capables de comprendre véritablement ce qui est accompli ; ainsi, lorsque Mikaela affirme que les gens ne réalisent pas à quel point c’est difficile, elle ajoute : « La plupart des gens ne peuvent pas imaginer le monde dans lequel je vis. » Elle a bien raison. 

vendredi, avril 10, 2026

Mise à jour sur la saison hivernale

 

Juste quelques observations supplémentaires : 

J’ai traversé trois pénuries de neige au cours de mon existence et de mes 72 saisons de ski : la première en 1963-1964, en France, puis dans l’Ouest américain durant la saison 1976-1977 — alors que je vivais encore à New York — et enfin, lors de cette saison hivernale 2025-2026. 

Quelle conclusion en tirer ? D’une part, un hiver avec peu ou pas de neige est totalement démoralisant. Il suscite des interrogations telles que : « Un hiver normal reviendra-t-il un jour ? » Il jette le doute sur l’avenir du ski et ferme la porte à toute perspective optimiste. Certes, nous ressentons l’exact opposé des habitants de la Nouvelle-Angleterre, de l’Europe ou d’Hokkaidō, qui ont bénéficiés d’un merveilleux enneigement ; mais nous sommes, hélas, bien incapables de partager leur allégresse… 

Bien entendu, au regard de ce qui se joue actuellement à Gaza, en Iran, au Liban, au Soudan et en Ukraine, ces considérations paraissent bien dérisoires … 

Parallèlement, nous savons tous que tout est cyclique — le bon comme le moyen ou le mauvais — et nous tentons de nous rappeler que les situations difficiles vont et viennent, tout comme le bon et le médiocre. Il est donc permis d’espérer que des meilleures périodes finiront par revenir ; toutefois, nous devrons garder à l’esprit que l’excellence, la normalité et la détérioration sont toutes trois indissociables de ce même cycle. 

Enfin, il nous est impossible d’occulter cet élément qui nous ramène brutalement à la réalité — cet « éléphant dans la pièce » que constitue le changement climatique. Cette tendance sournoise, non seulement n’est pas prête de nous quitter, mais risque fort de s’accentuer : elle rendra l’excellence moins probable et la normalité moins satisfaisante, tandis que les années exceptionnelles se feront plus rares et que les circonstances désastreuses tendront à devenir la nouvelle norme. 

mercredi, avril 08, 2026

Décrocher mon diplôme de moniteur de ski

Il y a un peu plus de cinquante ans, j'obtenais enfin mon diplôme de moniteur de ski français, à l'issue d'un stage de formation de quatre semaines à Chamonix. Entre le diplôme d’auxiliaire et le national j’avais dépensé 2 100 Francs. Aujourd’hui, le coût global est entre 15 000 € et 25 000 € sur l'ensemble du cursus (qui dure en moyenne 4 à 6 ans). 

Depuis, la formation des moniteurs au sein de l'École nationale de ski et d'alpinisme (ENSA) a connu une profonde transformation, passant du statut d'artisanat montagnard traditionnel à celui de profession hautement qualifiée en éducation sportive. D'abord, le bagage scolaire et les exigences ont considérablement évolué. 

Dans les années 1970, la formation était accessible à des candidats ne justifiant que d'un niveau d'instruction primaire. Le diplôme de plus haut niveau était alors une validation de maîtrise technique. Bon nombre de moniteurs étaient des « gens du pays » — agriculteurs, employés de commerce ou artisans durant les mois d'été — pour qui le ski constituait un savoir-faire inné plutôt que le fruit d'une formation encadrée.

Aujourd'hui, bien qu'aucun diplôme universitaire ne soit requis pour s'inscrire, la complexité des examens théoriques (anatomie, physiologie, théorie du ski et aspects juridiques de la profession) exige un niveau de compréhension équivalent, au minimum, à celui du baccalauréat. Le cursus est désormais intégré au système LMD (Licence-Master-Doctorat) en termes de crédits de formation, reflétant ainsi la sophistication croissante de la profession. 

Vient ensuite la maîtrise des langues étrangères. Dans les années 1970, les compétences linguistiques étaient, au mieux, rudimentaires et souvent limitées à quelques phrases clés utilisées pour mener un cours (telles que l’expression comique « Pliez les genoux », « Suivez-moi » ou « Ça fera 50 euros ! »). L'enseignement était essentiellement visuel et reposait sur l'imitation. Aujourd'hui, la connaissance et la maîtrise d'une langue étrangère sont devenues un élément clé de la profession. 

L'examen final (comprenant l'« Eurotest » et un test spécifique de compétence linguistique) exige une vraie maîtrise. Compte tenu de l'internationalisation de la clientèle, le moniteur doit souvent jongler entre l'anglais (qui est obligatoire) et, fréquemment, une seconde langue comme le néerlandais ou le portugais — afin d'expliquer des concepts techniques complexes et d'assurer la sécurité. 

Viennent ensuite ce que j'ai toujours considéré comme une lacune majeure du cursus français, les compétences techniques et pédagogiques. À mon époque, l'accent était principalement mis sur le « schuss » et le virage « Christiania ». L'approche pédagogique était directive et standardisée : le moniteur faisait la démonstration, et l'élève reproduisait le geste. On brossait sur la sécurité, c’est tout. 

Aujourd'hui, l'avènement des skis paraboliques a révolutionné l'enseignement, en mettant davantage l'accent sur les virages coupés (carving) plutôt que sur les virages dérapés (un « dérapage » très discutable!) Sur le plan pédagogique, on a désormais recours à une méthode par laquelle le moniteur s'adapte à la psychologie de l'élève, à son niveau d'énergie et à ses objectifs personnels. De plus, les moniteurs d'aujourd'hui sont, en plus du ski alpin, formés au snowboard, au télémark, au ski de fond et au ski adapté. 

Enfin, la sécurité est désormais prise au sérieux. Si dans les années 70 la connaissance du milieu montagnard était empirique, transmise par les « vieux », le ski hors-piste n’était guère réglementé et les outils de secours (comme les détecteurs de victimes d'avalanches) étaient rares, aujourd'hui la formation du moniteur intègre des cours approfondis en nivologie, en météorologie et en gestion du risque d'avalanche. L'utilisation adéquate des détecteurs de victimes d'avalanches (DVA), des sondes et des pelles fait l'objet d'un examen rigoureux. 

Ainsi, comme vous pouvez le constater, c'est un véritable bond en avant en matière de compétences qui est proposé aux skieurs ayant besoin — ou l'envie — d’aller à l’école de ski !

jeudi, avril 02, 2026

Ce que cette saison de ski m’appris …

Un hiver s’achève et il est temps de procéder au bilan annuel et de déterminer ce que j'ai appris en tant que skieur, mais surtout en tant qu'être humain, au fil de mes virages. 

Cette saison s'est distinguée par un manque de neige exceptionnel et, par conséquent, par sa brièveté dans tout l'ouest des États-Unis. C'est surtout pour cette raison que le ski m’a parfois semblé relever davantage d’une corvée que d’une expérience exaltante ; pourtant, je me suis fait violence pour y aller, afin de découvrir de nouvelles façons de m'amuser malgré le manque de neige dans un univers de rareté et de continuer à acquérir de nouvelles connaissances et compétences en « repoussant mes limites » vers la pratique de « choses difficiles ». 

Souvent, quand des skieurs confirmés skiaient comme des débutants face à des conditions devenues trop ardues, je faisais de mon mieux pour glisser avec grâce et agilité comme si de rien n’était. J'ai appris de nouvelles astuces créative comme d’utiliser le bord de la piste pour me frayer un chemin dans les encombrements là où personne n'aurait eu l'idée de passer, aussi en allant plus vite pour me protéger des autres usagers ou encore de me frayer un passage dans la soupe, la glace vive ou d'autres types de neiges hostiles.

À plus d'un titre, j'ai découvert l’importance de savoir m'adapter. Tout d'abord, m'adapter à un âge avancé ; j'ai peut-être skié moins d'heures et accumulé moins de dénivelé, mais je l'ai fait avec beaucoup plus d'efficacité tout en me faisant plaisir. J'ai également su tempérer ma témérité et éviter les situations dangereuses, ce qui m'a permis de faire moins de chutes, sauf une seule, dans un champ de bosses particulièrement difficile mais sans conséquence. J'ai appris à faire plus avec moins, et à rentrer chez moi satisfait. 

Au chapitre des satisfactions, j'ai apprécié mes nouvelles chaussures Nordica à entrée arrière ; bien qu'elles ne soient pas parfaites, leur chaussage et déchaussage auront été à la hauteur de mes attentes. Quelques ajustements suffiraient à les hisser vers une perfection absolue, mais ce sera pour une autre fois. J'ai également apprécié le confort offert par le nouveau parking couvert à Canyons Village, où le désagrément de patauger dans la boue appartient désormais au passé. 

Je comprends désormais mieux l’acceptation du changement qui vient avec mes 78 ans, surtout quand des skieurs plus jeunes et plus forts me dépassent en me laissant sur place. Je n'en restais pas moins satisfait de moi-même, voyant dans la fermeture d'une porte l'ouverture d'une autre. Dans l'ensemble, et malgré quelques faiblesses musculaires, j'ai skiè dans tous les passages difficiles que j'avais l'habitude d'aborder les années précédentes, et je suis très content de ma 72e saison d’hiver.

 Je suis tout aussi reconnaissant d'avoir pu accomplir ce que tant de personnes de mon âge — et même plus jeunes — ne sont plus en mesure de faire. Je compte faire bien mieux encore l'année prochaine, si neige et météo sont au rendez-vous !

lundi, mars 30, 2026

Fin d'une saison de ski qu’on veut oublier

Vendredi dernier a marqué pour moi la fin de la saison de ski la plus médiocre de toute ma vie. La bonne neige n'est jamais vraiment arrivée et, pour la toute première fois, j'ai dû littéralement me forcer à sortir pour faire quelques pistes. 

Mes skis ont été régulièrement mis à rude épreuve, m'obligeant à passer de nombreuses heures à les réparer ; et, à l'exception de deux ou trois bons moments, l'expérience de glisse fut tout simplement exécrable.

Le nombre de jours skiés (58) et le volume de dénivelé accumulé (201 294 mètres) étaient comparables à ce que j'accomplissais il y a 25 ans, à l'époque où j'étais encore en activité professionnelle et le quart de ce que j’avais fait il y a 3 ans (bon, il y a l’âge, mais quand même) ... 

Cela ne signifie pas pour autant que cela s’est passé sans efforts. J'ai fait de mon mieux pour skier le mieux possible dans des conditions qui furent les pires jamais rencontrées ; mais, pesant sur mes épaules et hantant mes pensées, je n'ai pu chasser le spectre selon lequel cette saison n'était qu'un avant-goût de ce qui nous attend dans un monde en mutation, confronté au réchauffement climatique. 

C'est là, comme j'aime à le dire, « le mammouth laineux au milieu du salon » : ce sujet colossal que personne ne souhaite ni reconnaître, ni même évoquer, préférant balayer d'un revers de main cette mauvaise saison et se forcer à croire que l'année prochaine sera bien meilleure. Ah ! Comme j'aimerais que ces gens-là aient raison !

mercredi, mars 25, 2026

Skier au nord de l’enfer …

Ces deux derniers jours, j’ai fait un effort particulier pour aller skier, afin de constater par moi-même l’état des pistes de ski à Park City Mountain. Dimanche, j’ai skié sur le versant Park City et j’ai pu faire quelques belles descentes autour du télésiège Thaynes ; le lundi, j’ai décidé d’explorer le versant Canyons, mais j’ai été déçu de constater que le télésiège Ninety-nine-90 venait tout juste d’être fermé en raison des risques d’avalanche. 

Déçu, je suis rentré chez moi, devant skier dans une « soupe » parmi les pires que j’aie jamais rencontrées. C’était presque l’enfer ; c’est pourquoi j’ai intitulé cet épisode : « Un peu au nord de l’enfer ! » Franchement, je me sens terriblement désolé pour nos visiteurs qui ont dû skier dans d’épouvantables conditions.

J’ai consulté le calendrier de Ski Utah et j’ai vu que Park City prévoyait toujours de rester ouvert jusqu’au 20 avril, histoire de devancer son voisin Deer Valley d’une journée seulement (ce dernier prévoit de fermer le 19 avril). 

À mon avis, le ski ne pourra guère se pratiquer alors que sur de la neige « virtuelle » — du moins à Park City, qui étale sa neige artificielle aussi finement que possible pour économiser un peu plus ! J’ai également remarqué que Snowbasin, une station à une heure de chez nous, par respect pour sa clientèle, avait déjà fermé le 22 avril. 

Lors de ma dernière remontée en télésiège ce jour-là, j’ai discuté avec un homme âgé d’origine indienne qui, au vu des conditions actuelles, m’a dit qu’il ne voyait pas plus que cinq années de ski restant à Park City ; il a ajouté : « Quand la Terre sera fichue, des voix s’élèveront pour dire qu’il n’a fallu que 2 000 ans à l’espèce humaine pour détruire la planète… Quel gâchis ! »

samedi, mars 21, 2026

Gâteau glacé à Park City !

Dimanche après-midi dernier, j'ai skié — ou plutôt, je devrais dire fait du patin à glace — sur les pistes de Park City Mountain, en compagnie de ma fille ; et nous avons eu de la chance à bien des égards. Celle, notamment, de ne pas percuter un arbre ou des rochers, de ne pas chuter et de dévisser la pente comme un mannequin inanimé sans arrêt alors que nous étions constamment sur de la glace vive. Imaginez la scène : nous avancions « à la grâce de Dieu » ! 

Une expérience si exécrable que je n'en avais jamais vécu de pareille en 72 saisons de ski, aux quatre coins du globe, de l'Australie à Zermatt ! 

C'est dire le sérieux de la situation. De la glace bleue était visible un peu partout — y compris sur les bosses — la surface n’étant pas seulement lisse, mais d'une dureté extrême qui ne permettait pas aux carres d’accrocher. 

Ce n'est que sur les sections peu inclinées que le passage des skieurs avait suffisamment râpé la neige pour la transformer en semoule, facilitant un peu notre « patinage ». 

Comme la combinaison du bruit et des vibrations était un peu trop pour nos nerfs délicats, nous nous sommes efforcés d'être « expéditifs » et de ne pas nous attarder sur les zones les plus dures ; ce qui aurait pu donner à quiconque nous observait la fausse impression que nous étions parfaitement « à l'aise » sur ce terrain maudit. 

Pour la petite histoire, j'ai toujours pensé — et affirmé sans me gêner — que le ski sur glace exigeait d’être extrêmement bref, je maintiens ce postulat ! En réalité, nous étions tout simplement terrifiés et nous voulions en finir le plus rapidement possible avec nos descentes. Cela dit, nous sommes restés sur les pistes jusqu'à l'heure de fermeture, explorant toutes les options disponibles dans l'espoir de trouver de meilleures conditions... mais celles-ci n'étaient pas au rendez-vous. 

Au terme de cette journée, nous nous sentions comme les survivants que nous étions devenus ...

mercredi, mars 11, 2026

Faire de belles choses avec presque rien …

Cette saison bien maigre en matière de neige m'aura rappelé une précieuse leçon : on peut toujours s'amuser énormément avec des ressources limitées. La quantité n'a en réalité pas grand chose à voir avec la qualité. Tout est une question de perspective : il faut savoir mettre en valeur le positif, le potentiel, et améliorer ce qui paraît mauvais au premier abord. En bref, un changement radical de point de vue ! 

Il y a quelques jours, je skiais sur ce qui a toujours été, et reste encore aujourd'hui, ma piste préférée aux alentours de Park City : « Thaynes ». Elle est desservie par un vieux télésiège à pinces fixes Yan de 1975 qui vous emmène 267 mètres plus haut en un peu plus de 6 minutes. 

Un terrain idéal pour y tracer un slalom de compétition. 

La photo ne rend pas justice à la difficulté et à la haute technicité de cette piste. J'ai souvent écrit à propos de cet endroit et je l'aime toujours autant, malgré son télésiège qui a largement dépassé l’âge de la retraite ! 

dimanche, mars 08, 2026

Bon pied, bon œil …

Quand j’ai su qu’il était tombé vingt centimètres de neige pendant la nuit, je me suis dit « Sautons sur l’occasion pour aller faire quelques virages ! » Ne pouvant pas skier le matin, j’ai reporté ça à l’après-midi, persuadé qu’il resterait de la bonne poudreuse en altitude. 

Depuis le télésiège, tout semblait prometteur : traces croisées, certes, mais invitantes. Mais dès que mes skis ont touché la surface, ce fut tout autre chose. Ce qui ressemblait à de la poudreuse s’était transformé en véritable plâtre bien compact, du genre neige lourde qui s’agrippe aux skis et force à durement négocier chaque virage. 

J’ai quitté ce secteur et suis allé ailleurs, pour y retrouver le même genre de neige. Pourtant, quelque chose en moi a tourné ma déception en curiosité. Au lieu de lutter contre ces conditions défavorables, je les ai acceptées comme un problème à résoudre. Très vite, j’ai trouvé le moyen d’y prendre plaisir. Le défi s’est transformé en récompense.

C’est là que j’ai vraiment réalisé que toutes ces années passées à skier m’ont permis d’accumuler d’infinies sensations bien ancrées sous la plante de mes pieds – d’infimes variations de pression, d’angle de carres et d’équilibre, auxquels je ne pense pas consciemment, mais sur lesquelles je m’appuie constamment. 

Mes yeux, eux aussi, ont été entraînés par les milliers de descentes et de terrains variés qu’ils ont du décrypter en repérant opportunités et dangers bien avant qu’ils viennent à mon contact. Dans des conditions difficiles, ces deux systèmes – vue et sensations au niveau des pieds – se mettent à dialoguer. Mes pieds reconnaissent les échos de situations passées et proposent discrètement des solutions. 

Mes yeux scrutent l’horizon et choisissent la trajectoire qui offre les meilleures chances de réussite à ces solutions. Quand ces deux sens se mettent d’accord, même une neige épouvantable, le tout devient un jeu. La frustration se dissipe, remplacée par un sentiment d’adéquation, de présence et de fluidité. 

Et c’est là que je me suis souvenu, une fois de plus, qu’il n’existait pas de mauvais moment à ski, mais une myriade d'instants différents – chacun ajoutant une nouvelle dimension à la maîtrise du mouvement, aux souvenirs et à la joie qui me donnent envie d’y revenir.

samedi, février 28, 2026

Park City Mountain, le point à mi-saison

Notre charmante ville de Park City compte deux stations de ski concurrentes. Deer Valley (appelons-la DEAR Valley, car elle est très chère, voire hors de prix) et l'autre, que j'appellerais « Fail Valley » par souci de symétrie. En réalité, son nom est Park City Mountain (PCM), et c'est là que je skie le plus souvent. 

Le surnom « Fail Valley » que je lui ai donné repose sur trois raisons. Premièrement, la symétrie ; deuxièmement, comme je l'ai dit, « Fail » est la prononciation allemande de « Vail », nom de Vail Resorts (VR), sa société mère, et signifie « échouer » au sens de ne rien réussir, si ce n'est soutirer de l'argent aux clients et les décevoir en masse. 

Eh oui, PCM fait tout « pas assez et bien trop tard ». Ses efforts en matière d'enneigement artificiel sont « récalcitrants », car Vail Resorts est bien trop près de ses sous pour investir. Non seulement la station peine à entretenir ses remontées mécaniques, mais néglige également l'entretien de ses pistes, envahies par une végétation massive, et de pousses d’arbres et n'effectue pas l'élagage aussi régulièrement qu'il le faudrait par avarice.

 C'est catastrophique lorsque la neige est si mince, comme cette saison, car cette végétation devient alors très dangereuse. Ses remontées mécaniques sont pour la plupart anciennes et lentes (à pinces fixes) et seraient plus dignes d'un musée (le Kazakhstan et l'Ouzbékistan achètent des remontées mécaniques débrayables d'occasion aux Alpes pour équiper leurs pistes ; ils ne s'intéressent plus aux systèmes à pinces fixes !).

Cependant, il y a du bon par rapport au passé : le nouveau parking aux Canyons est spacieux et propre. Mais là encore, VR a dû acheter des nids-de-poule en gros pour les placer stratégiquement sur les voies d'accès et de sortie. Incroyable ! Impossible de rater ça. De plus, une fois à l'intérieur, il est assez difficile de trouver la sortie et une meilleure signalisation faciliterait grandement celle-ci en toute sécurité. 

Par ailleurs, les télésièges s'arrêtent sans cesse, ce qui annule l'avantage des chaises débrayables (je commence à comprendre l'obsession de VR pour les télésièges à pinces fixes – le jeu de mots est volontaire). Et tant qu'on parle de télésièges, la mise en place d’un télésièges à 8 place pour Silverlode est une autre mauvaise idée. 

Vu la façon de faire fonctionner ses remontées mécaniques, VR ne pourra pas contrôler huit skieurs qui partent et arrivent en même temps sans bloquer la marche de sa remontée ou embarquement et débarquement entraîneront encore plus d'arrêts qu'actuellement (effet domino amplifié). 

Mon idée d'une déviation reliant le pied de Silverlode à un départ abaissé de Motherlode, plus bas dans le vallon et atteignant Puma Ridge, serait bien meilleure. Enfin, j'espère que VR proposera l'année prochaine un forfait plus attractif pour les seniors. 

Sinon, je risque de quitter Fail Valley pour DEAR Valley ! 

vendredi, février 27, 2026

Mourir en faisant ce qu'on aime !

C’est une expression que j'ai souvent entendu à propos de skieurs décédant sur les pistes. Attention, je ne parle pas d'accidents tragiques du genre avalanches, collisions, dévissages sur pistes raides, etc., mais de « mort naturelle », le plus souvent due à un arrêt cardiaque sur la piste. Bien sûr, dire « Il est mort en faisant ce qu'il aimait » est en réalité une réaction défensive, pas une vérité littérale. 

Cela peut s’appliquer à la victime, si l'hypothèse est correcte (ce que nous ne vérifions généralement pas), mais c'est tragique pour le veuf ou la veuve et les proches qui doivent gérer la situation dans un moment imprévu et délicat. Quand quelqu'un s'effondre sur une piste de ski suite à une crise cardiaque, les personnes qui l’entourent cherchent instinctivement une explication pour atténuer le choc. 

Dire « il est mort en faisant ce qu’il aimait » permet de diminuer le caractère aléatoire de l’événement, de lui conférer une certaine dignité et de rassurer tout le monde en montrant que la personne n’a pas souffert dans un lit d’hôpital. Il y a aussi une dimension culturelle : le ski, l’escalade ou la voile sont des activités chargées de mythologie. 

Ceux qui les pratiquent en parlent souvent comme une aspiration, et non comme un simple loisir. Ainsi, lorsqu’une personne décède dans ce contexte, le récit s’écrit presque de lui-même. Ce n’est pas que le sentiment soit faux ; il est simplement incomplet. Je me souviens de deux personnes décédées de cette manière.

L'un était Max Marolt, représentant des fixations Look lorsque je suis arrivé en Amérique en 1977, une figure emblématique du ski et de la politique à Aspen, décédé à 67 ans d'une crise cardiaque alors qu'il skiait à Las Leñas en Argentine le 28 juillet 2003. L'autre était le champion et « testeur » des skis Rossignol, Adrien Duvillard, décédé à ski sur sa station natale de Megève, au Mont d'Arbois, le 14 février 2017 à l'âge de 82 ans. 

J'aimerais moi aussi mourir ainsi, mais je ne pense pas que ma femme serait ravie !

jeudi, février 26, 2026

La bizarrerie du ski … (Troisième partie)

Après avoir abordé de nombreux aspects du ski rarement évoqués, je propose d'essayer de comprendre pourquoi ce sport peut devenir dangereux avec l'âge. En fait, cela s'explique en grande partie par son apparente facilité et la sensation de liberté qu'il procure. Comme nous l’avons vu précédemment, le ski cache souvent notre véritable état physique et mental jusqu'au moment où nous en avons le plus besoin. 

Il y a cette « illusion du rechargement de batterie », le télésiège nous offre l'occasion de nous reposer et de nous ressourcer, sans que nous ressentions la fatigue progressive qui nous avertit qu’il est temps de s’arrêter. Nous pensons être en pleine forme, jusqu'à ce que ce ne soit plus le cas. Nous savons tous que notre temps de réaction diminue avec l'âge ; ainsi, même un infime retard dans la correction de notre équilibre, le contrôle de nos carres, le transfert de notre poids et nos réactions aux variations du terrain et aux conditions de neige peuvent transformer une petite erreur en chute grave.

Comme la plupart des seniors le savent bien, les chutes ne sont ni souhaitables ni bonnes à un âge avancé ! De plus, le ski exige des réactions instantanées, or l'âge les ralentit et le côté ludique du sport masque cette réalité. Enfin, notre force décline plus vite que notre confiance. Notre esprit se souvient de nos performances passées, mais notre corps n'est pas toujours capable de les reproduire, ce qui peut engendrer un décalage dangereux. 

L'adrénaline, combinée au froid, nous donne une fausse impression de performance. Nous nous sentons plus vifs, plus forts et plus confiants que nous ne le sommes réellement. À grande vitesse, les petites erreurs sont amplifiées et, à 50-65 km/h, une erreur de 1 % se transforme rapidement en un problème majeur. De plus, la vision et le sens du relief se dégradent subtilement avec l'âge, rendant une faible luminosité, des conditions neigeuses et une vitesse élevée beaucoup plus difficiles à bien appréhender. 

Enfin, la fatigue nous frappe d'un coup, car le ski la dissimule si bien que, lorsqu'elle se présente, elle arrive souvent plus vite que nous n'avons le temps de réagir. Nos jambes flanchent, notre équilibre est en désarroi, notre attention se relâche et nos réflexes disparaissent. C'est à ce moment-là que la plupart des accidents se produisent, lors de la dernière descente, pendant la dernière heure ou lors de cette maudite « dernière piste ». 

En conclusion, il est indéniable que le ski donne l'impression d'être un sport de jeunes, même à un âge avancé, car il est particulièrement bon à dissimuler les signes habituels de fatigue liés au vieillissement. Voilà le grand paradoxe, nous ne nous sentons jamais essoufflés, nos muscles ne brûlent pas, pas plus de transpiration que de douleur, nous ne voyons pas la fatigue arriver, nous nous sentons toujours dans la peau d’un skieur de 25 ans jusqu’à ce que notre corps nous rappelle qu’on est un peu plus vieux. 

C’est là le danger. Essayons tous de bien nous souvenir de ces dures réalités !

mercredi, février 25, 2026

La bizarrerie du ski… (Deuxième partie)

Comme promis, je vous propose d’explorer pourquoi le ski procure cette sensation à la fois si facile et si intense. Nous verrons ensuite comment il peut devenir dangereux, car il « masque » notre véritable condition physique et mentale, et peut avoir des conséquences dramatiques en termes d'accidents potentiels. 

Il est vrai que le ski est un sport bien particulier, car il crée une illusion parfaite de facilité, de fluidité et d'apesanteur, tout en exigeant d'énormes ressources matérielles, physiques et mentales, en proportions variables. Comme beaucoup l'ont déjà dit : « Quand on skie, c’est un peu comme si on volait, enfin libéré de la tyrannie de la gravité… » 

Ce décalage entre facilité et sensations fortes explique aussi pourquoi ce sport peut être sournoisement dangereux, surtout avec l'âge. Le ski peut parfaitement masquer notre véritable condition physique jusqu'au moment où nous en avons le plus besoin. Comment cela se produit-il et pourquoi l'« effet trompeur » du ski est-il si fort ?

 C'est clairement l'un des rares sports où la gravité joue un rôle crucial. En ski, on ne se propulse pas vraiment, on gère surtout son élan. Le télésiège fait le plus gros du travail : on ne grimpe pas au sommet, on ne « mérite » pas vraiment nos virages et notre descente (contrairement à la randonnée alpine), mais on repart rechargés à fond à chaque nouvelle piste ! 

Cela signifie beaucoup moins de fatigue physique, pas de signes avant-coureurs de problèmes cardiovasculaires, et une fatigue moins progressive, car les skieurs passent instantanément d’un état de repos à une performance athlétique à vitesse élevée. 

Au delà de la remontée mécanique, la propulsion est assurée par une combinaison de gravité et de travail musculaire, et cet équilibre hybride varie énormément selon l’expérience du skieur, les conditions météorologiques, son esprit de compétition, sa maîtrise de la neige et des facteurs externes comme l’état de la neige, la pente et la visibilité, car le corps doit travailler dur pour se stabiliser, absorber les chocs et réagir le plus vite possible. 

Les skieurs expérimentés et les skieurs plus âgés, comme moi, dépendent de plus en plus de la gravité à mesure que leur force brute diminue. Il y a néanmoins des formes d’effort plus subtiles. L’adrénaline, fruit de la vitesse et du risque, cache la faiblesse et renforce la confiance. Elle masque aussi la douleur et la fatigue en aiguisant temporairement la concentration ! Bien que le ski paraisse facile, il peut être très intense, même sans donner l'impression de « faire un effort » au sens traditionnel du terme. 

Il demande grande concentration et prise de décision rapide, car nous effectuons des micro-ajustements à chaque fraction de seconde. Cela peut être mentalement épuisant, sans que nous nous en rendions compte immédiatement. Le ski sollicite également les muscles de manière excentrique et constante : nos quadriceps, nos fessiers et nos muscles abdominaux absorbent la force au lieu de la produire. 

Ce travail paraît plus facile, mais fatigue les muscles plus rapidement et sans que l'on s'en aperçoive. Notre cerveau est également très sollicité : il doit analyser la qualité de la neige, les difficultés du terrain, la présence d'autres skieurs, la vitesse et la visibilité. Tout cela consomme aussi de l'énergie mentale sans que l'on ait l'impression de la dépenser. Enfin, notre corps corrige constamment sa position sur les skis, en utilisant des muscles stabilisateurs qui se fatiguent eux aussi rapidement, mais silencieusement. 

Comme vous pouvez le constater, le corps est soumis à rude épreuve sans que nous en soyons conscients. Nous poursuivrons demain avec quelques aspects plus inquiétants liés au ski, alors revenez les découvrir ici ! 

mardi, février 24, 2026

La bizarrerie du ski… (Première partie)

Ma vie toute entière s'est déroulée dans l'univers des sports d'hiver, et c'est grâce à eux que j'ai pu faire vivre ma famille. C'est pourquoi le ski a dominé ma vie et ma carrière : un sport paradoxal, en grande partie « assisté », puisque la majorité de l'effort physique requis est fournie par une remontée mécanique (télésiège, téléphérique, etc.), un petite portion par la force de gravité et le reste par l’aide musculaire.

J'ai toujours aimé dire, un peu en rigolant, que le ski était un « sport de fainéants », et c'est sans doute vrai ! Cela m'a amené à me demander quels autres sports, le cas échéant, pourraient entrer dans cette catégorie. Il est vrai que le ski et le snowboard sont uniques, car la partie la plus difficile physiquement, la montée, est déléguée à une machine. 

Dans cette série, j'utiliserai le terme « ski » par souci de simplicité et l'appliquerai également au « snowboard ». L'activité en elle-même est perçue comme étant très dynamique et comme un « sport » à part entière, mais la majeure partie de l'énergie nécessaire est fournie par un système externe (le télésiège et autres moyens de grimper sur la montagne). 

Si l'on définit un « sport assisté » comme un sport où un système mécanique élève le participant, le propulse ou lui offre l'accès nécessaires à la pratique, plusieurs autres activités tombent dans cette catégorie. En voici un bref aperçu : 

1. VTT (descente en remontée mécanique), 

2. Parapente et deltaplane (avec remorquage par bateau), 

3. Plongée sous-marine avec assistance nautique, 

4. Escalade en salle avec auto-assurage ou bloqueurs mécaniques, 

5. Sports motorisés comme la motoneige, le jet ski, le motocross, etc., 

7. Chute libre en soufflerie (vent vertical créant portance et résistance), 

8. Surf tracté par jet ski, 

9.D’autres sports « assistés » différemment, comme le golf avec voiturette, la voile (propulsion par le vent), la randonnée glaciaire (avec téléphérique) et l’escalade en salle avec auto-assurage. 

Le ski, quant à lui, se distingue par sa nature unique qui en fait un sport de gravité utilisant un système d’accès motorisé, offrant des sensations plutôt grisantes à grande vitesse et ne demandant qu’un effort métabolique minimal au départ de chaque descente. 

Rares sont les sports de cette liste qui combinent ces quatre atouts. Seuls le VTT de descente et le parapente tracté offrent des expériences comparables. Demain, nous explorerons ce qui rend le ski à la fois si facile et si exaltant. Pour le découvrir, lisez le prochain épisode …

dimanche, février 08, 2026

Quand les vieux skieurs ont du mal à se relever (Deuxième partie)

En plus des facteurs abordés hier, le vieillissement affecte aussi l'oreille interne, les récepteurs articulaires et les voies nerveuses qui nous permettent de nous situer dans l'espace. Cela rend plus difficile la coordination de la séquence « rouler, planter, pousser » nécessaire pour se relever sur la neige. 

La diminution de l'équilibre est l'un des principaux facteurs de difficultés liées aux chutes chez les personnes âgées. Sur terrain plat, où la gravité cesse de nous aider, ce déficit devient encore plus évident. Même des athlètes âgés en bonne forme physique présentent des temps de réaction plus lents et une force « explosive » réduite, c'est-à-dire l'impulsion rapide nécessaire pour se relever. 

Il ne s'agit pas seulement de masse musculaire ; c'est le système nerveux qui fonctionne plus lentement et moins efficacement. Avec l'âge, les genoux, les hanches et la colonne vertébrale perdent en souplesse et en amplitude de mouvement. Se relever après une chute nécessite une rotation des hanches, une flexion des genoux et des chevilles, et la capacité de ramener le torse au-dessus du centre de gravité. 

Nos chaussures de ski bloquent les chevilles, de sorte que les hanches et les genoux doivent fournir un effort encore plus important, là où la raideur a tendance à s'installer. S'ajoute à cela la peur : les personnes âgées hésitent souvent, car elles veulent protéger inconsciemment leurs articulations ou craignent de retomber. 

Ce « frein mental » réduit la fluidité nécessaire pour se relever efficacement. Les moniteurs de ski qui travaillent avec des clients âgés soulignent qu'il leur est beaucoup plus difficile de se relever skis aux pieds, sauf si la pente est suffisamment raide pour aider à positionner les hanches au-dessus des pieds. Sur terrain plat, la seule solution est souvent de déchausser.

Les opérateurs d'héliski le savent, c'est pourquoi ils n'amènent plus de skieurs âgés, non pas parce qu'ils ne sont pas assez bons, mais parce qu'ils risquent de ne pas pouvoir se relever après une chute en neige profonde et ralentir inutilement le groupe. 

La conclusion évidente de cette brève discussion est donc d'éviter les chutes et, si cela arrive, de se rappeler que nous avons une chance incroyable de pouvoir encore skier à soixante-dix ans ou plus !

samedi, février 07, 2026

Quand les vieux skieurs ont du mal à se relever (Première partie)

Après 70 ans, les skieurs ont de plus en plus de difficultés à se relever après une chute, surtout sur terrain plutôt plat. Ce problème est tel que les compagnies d'héliski déconseillent, voire interdisent, l’activité aux skieurs âgés. Au-delà de la baisse de masse musculaire, nous allons voir aujourd'hui ce qui se cache réellement derrière cette difficulté. 

La réponse est évidemment plus complexe que « moins musclé ». La perte musculaire est un facteur important, mais elle ne représente qu'une partie d'un changement plus global lié à l'âge, qui affecte la façon dont le corps bouge, se stabilise et est capable d’une force coordonnée.

Les recherches sur les personnes âgées et la capacité à se relever après une chute mettent en évidence plusieurs facteurs interdépendants qui rendent le fait de se relever du sol, surtout avec des chaussures de ski, sur la neige et avec les skis aux pieds, particulièrement difficile après 70 ans. 

Se relever du sol nécessite une séquence de mouvements que beaucoup d'entre nous cessent de pratiquer en vieillissant. Les kinés expliquent que se relever du sol exige une bonne mobilité des hanches, un engagement des muscles abdominaux, une stabilité des épaules et un contrôle de la rotation, autant de capacités qui diminuent avec l'âge, même chez des adultes actifs. 

Les chaussures et les skis amplifient ce problème : ils limitent la flexion de la cheville, réduisent l'effet de levier et empêchent de positionner les pieds sous le corps comme le font instinctivement les jeunes skieurs. Nous sommes donc confrontés à une combinaison de mobilité réduite, d'équilibre précaire, de réponse neuromusculaire diminuée, de manque de confiance en soi et d'un équipement de ski qui devient trop encombrant. 

La perte musculaire n'est qu'un facteur parmi d'autres ; nous aborderons donc le reste du problème plus profondément demain !

dimanche, janvier 25, 2026

Quand le ski est vraiment mauvais …

Jusqu'à présent, je n'ai pas encore atteint les 20 jours car je n’ai jamais vécu des conditions aussi exécrables. On pourrait donc se demander quel intérêt j'y trouve. 

La neige est dure, irrégulière et semble vouloir accrocher mes skis sans raison, si bien que skier dans ces conditions ne présente aucun avantage, mais comme le disent certains sportifs un peu cyniques : « Si le ski était facile, ça s'appellerait snowboard ! » 

Pourtant je prétends être la gars qui s'épanouit dans les conditions difficiles, face à toutes sortes de défis, sur les terrains les plus terrifiants, reprenant à mon compte la citation de Nietzsche : « Si les conditions de neige ne me tuent pas, elles me rendront beaucoup plus malin ! » 

Comme vous le voyez, la proposition est tentante et si je veux atteindre ce à quoi j’aspire. Je dois donc avoir le courage d'affronter les éléments déchaînés. Est-ce logique ? Probablement pas, mais c'est sans doute le meilleur combat que je puisse mener contre ces conditions de ski peu engageantes…

mercredi, janvier 14, 2026

Test de chaussures de ski peu orthodoxe !

En début de week-end, je n'étais toujours pas trop rassuré par mes nouvelles chaussures à entrée arrière Nordica et j'ai ressenti l’urgence de les évaluer davantage. Au cours de ma carrière dans le secteur du ski, j'ai surtout commercialisé de ce genre de produit et cette activité, ainsi que mon expérience de skieur, m'avaient amené à maintes reprises à tester des chaussures de skis au cours des ans. 

J'ai ainsi acquis une connaissance approfondie des méthodes de test (et de leur nature extrêmement subjective) et j'ai analysé avec soin tous les résultats qui m’étaient soumis, y compris ceux conduits par les publications spécialisées. Aujourd'hui, j'ai réalisé que notre façon de tester les chaussures était plutôt amateure et imparfaite, car nous négligions la « comparaison directe » lors de l'évaluation de différentes paires. 

Nous enfilions une paire de chaussures A, puis passions aux chaussures B, et C, etc., et nous essayions alors de nous souvenir des sensations ressenties avec A, B et C. Se souvenir du ressenti est extrêmement difficile, voire impossible, de cette manière. 

C'est peut-être pourquoi, le samedi précédant ce nouveau test, j'ai eu l'idée que la meilleure façon de bien tester mes nouvelles chaussures était de mettre un pied dans la chaussure A et l’autre dans la chaussure B (les longueurs de semelles étant identiques et ne nécessitant aucun ajustement), et c'est exactement ce que j'ai fait le lendemain.

Sur les pistes, personne n'a remarqué que je portais deux chaussures différentes, et dès que je me suis retrouvé sur le télésiège, je pouvais comparer les points de pression sur chaque pied, en appliquant mon poids ou en laissant pendre le ski, et il en fut de même quand je déclenchais mes virages, que je carvais ou que je dérapais. 

Très vite, j'ai pu sentir la différence qui, à ma grande surprise, étaient des points de pression autour des malléoles, phénomène fréquent avec des chaussures toutes neuves, n'ayant pas encore épousé la forme des os. J'ai néanmoins été impressionné par l'excellente skiabilité de cette nouvelle chaussure à entrée arrière, que j'ai pu clairement ressentir et juger sur les portions damées des pistes. 

En fait, ce qui rend cette chaussure à entrée arrière si performante techniquement, c'est son incroyable tenue de talon. À ce sujet, et comme je l'avais déjà constaté, mettre le pied dans la chaussure n'était pas si facile que ça car le talon devait franchir une espèce de « seuil » lui permettait de bien se caller dans une cavité de talon bien conçue qui le maintenait le pied parfaitement bien en place pendant le ski. Encore une fois, l'atout majeur de cette chaussure ! 

Ce maintien sécurisé du talon rendait également le retrait des chaussures assez difficile, car le talon devait sortir de son logement pour franchir ce même seuil, ce qui nécessitait un effort particulier. Ce m’occasionna fut une petite déception concernant le produit, car j'avais justement acheté ces chaussures pour faciliter leur retrait après avoir skié. 

Malgré cela, en fin d'après-midi, j'étais plus que jamais impressionné par mes nouvelles chaussures ainsi que par ma méthode de test à comparaison simultanée et les sensations ressenties en testant une chaussure différente sur chaque pied !