vendredi, février 27, 2026

Mourir en faisant ce qu'on aime !

C’est une expression que j'ai souvent entendu à propos de skieurs décédant sur les pistes. Attention, je ne parle pas d'accidents tragiques du genre avalanches, collisions, dévissages sur pistes raides, etc., mais de « mort naturelle », le plus souvent due à un arrêt cardiaque sur la piste. Bien sûr, dire « Il est mort en faisant ce qu'il aimait » est en réalité une réaction défensive, pas une vérité littérale. 

Cela peut s’appliquer à la victime, si l'hypothèse est correcte (ce que nous ne vérifions généralement pas), mais c'est tragique pour le veuf ou la veuve et les proches qui doivent gérer la situation dans un moment imprévu et délicat. Quand quelqu'un s'effondre sur une piste de ski suite à une crise cardiaque, les personnes qui l’entourent cherchent instinctivement une explication pour atténuer le choc. 

Dire « il est mort en faisant ce qu’il aimait » permet de diminuer le caractère aléatoire de l’événement, de lui conférer une certaine dignité et de rassurer tout le monde en montrant que la personne n’a pas souffert dans un lit d’hôpital. Il y a aussi une dimension culturelle : le ski, l’escalade ou la voile sont des activités chargées de mythologie. 

Ceux qui les pratiquent en parlent souvent comme une aspiration, et non comme un simple loisir. Ainsi, lorsqu’une personne décède dans ce contexte, le récit s’écrit presque de lui-même. Ce n’est pas que le sentiment soit faux ; il est simplement incomplet. Je me souviens de deux personnes décédées de cette manière.

L'un était Max Marolt, représentant des fixations Look lorsque je suis arrivé en Amérique en 1977, une figure emblématique du ski et de la politique à Aspen, décédé à 67 ans d'une crise cardiaque alors qu'il skiait à Las Leñas en Argentine le 28 juillet 2003. L'autre était le champion et « testeur » des skis Rossignol, Adrien Duvillard, décédé à ski sur sa station natale de Megève, au Mont d'Arbois, le 14 février 2017 à l'âge de 82 ans. 

J'aimerais moi aussi mourir ainsi, mais je ne pense pas que ma femme serait ravie !

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