En plus des facteurs abordés hier, le vieillissement affecte aussi l'oreille interne, les récepteurs articulaires et les voies nerveuses qui nous permettent de nous situer dans l'espace. Cela rend plus difficile la coordination de la séquence « rouler, planter, pousser » nécessaire pour se relever sur la neige.
La diminution de l'équilibre est l'un des principaux facteurs de difficultés liées aux chutes chez les personnes âgées. Sur terrain plat, où la gravité cesse de nous aider, ce déficit devient encore plus évident. Même des athlètes âgés en bonne forme physique présentent des temps de réaction plus lents et une force « explosive » réduite, c'est-à-dire l'impulsion rapide nécessaire pour se relever.
Il ne s'agit pas seulement de masse musculaire ; c'est le système nerveux qui fonctionne plus lentement et moins efficacement. Avec l'âge, les genoux, les hanches et la colonne vertébrale perdent en souplesse et en amplitude de mouvement. Se relever après une chute nécessite une rotation des hanches, une flexion des genoux et des chevilles, et la capacité de ramener le torse au-dessus du centre de gravité.
Nos chaussures de ski bloquent les chevilles, de sorte que les hanches et les genoux doivent fournir un effort encore plus important, là où la raideur a tendance à s'installer. S'ajoute à cela la peur : les personnes âgées hésitent souvent, car elles veulent protéger inconsciemment leurs articulations ou craignent de retomber.
Ce « frein mental » réduit la fluidité nécessaire pour se relever efficacement. Les moniteurs de ski qui travaillent avec des clients âgés soulignent qu'il leur est beaucoup plus difficile de se relever skis aux pieds, sauf si la pente est suffisamment raide pour aider à positionner les hanches au-dessus des pieds. Sur terrain plat, la seule solution est souvent de déchausser.
Les opérateurs d'héliski le savent, c'est pourquoi ils n'amènent plus de skieurs âgés, non pas parce qu'ils ne sont pas assez bons, mais parce qu'ils risquent de ne pas pouvoir se relever après une chute en neige profonde et ralentir inutilement le groupe.La conclusion évidente de cette brève discussion est donc d'éviter les chutes et, si cela arrive, de se rappeler que nous avons une chance incroyable de pouvoir encore skier à soixante-dix ans ou plus !

Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire