Comme promis, je vous propose d’explorer pourquoi le ski procure cette sensation à la fois si facile et si intense. Nous verrons ensuite comment il peut devenir dangereux, car il « masque » notre véritable condition physique et mentale, et peut avoir des conséquences dramatiques en termes d'accidents potentiels.
Il est vrai que le ski est un sport bien particulier, car il crée une illusion parfaite de facilité, de fluidité et d'apesanteur, tout en exigeant d'énormes ressources matérielles, physiques et mentales, en proportions variables. Comme beaucoup l'ont déjà dit : « Quand on skie, c’est un peu comme si on volait, enfin libéré de la tyrannie de la gravité… »
Ce décalage entre facilité et sensations fortes explique aussi pourquoi ce sport peut être sournoisement dangereux, surtout avec l'âge. Le ski peut parfaitement masquer notre véritable condition physique jusqu'au moment où nous en avons le plus besoin. Comment cela se produit-il et pourquoi l'« effet trompeur » du ski est-il si fort ?
C'est clairement l'un des rares sports où la gravité joue un rôle crucial. En ski, on ne se propulse pas vraiment, on gère surtout son élan. Le télésiège fait le plus gros du travail : on ne grimpe pas au sommet, on ne « mérite » pas vraiment nos virages et notre descente (contrairement à la randonnée alpine), mais on repart rechargés à fond à chaque nouvelle piste !Cela signifie beaucoup moins de fatigue physique, pas de signes avant-coureurs de problèmes cardiovasculaires, et une fatigue moins progressive, car les skieurs passent instantanément d’un état de repos à une performance athlétique à vitesse élevée.
Au delà de la remontée mécanique, la propulsion est assurée par une combinaison de gravité et de travail musculaire, et cet équilibre hybride varie énormément selon l’expérience du skieur, les conditions météorologiques, son esprit de compétition, sa maîtrise de la neige et des facteurs externes comme l’état de la neige, la pente et la visibilité, car le corps doit travailler dur pour se stabiliser, absorber les chocs et réagir le plus vite possible.
Les skieurs expérimentés et les skieurs plus âgés, comme moi, dépendent de plus en plus de la gravité à mesure que leur force brute diminue. Il y a néanmoins des formes d’effort plus subtiles. L’adrénaline, fruit de la vitesse et du risque, cache la faiblesse et renforce la confiance. Elle masque aussi la douleur et la fatigue en aiguisant temporairement la concentration ! Bien que le ski paraisse facile, il peut être très intense, même sans donner l'impression de « faire un effort » au sens traditionnel du terme.
Il demande grande concentration et prise de décision rapide, car nous effectuons des micro-ajustements à chaque fraction de seconde. Cela peut être mentalement épuisant, sans que nous nous en rendions compte immédiatement. Le ski sollicite également les muscles de manière excentrique et constante : nos quadriceps, nos fessiers et nos muscles abdominaux absorbent la force au lieu de la produire.
Ce travail paraît plus facile, mais fatigue les muscles plus rapidement et sans que l'on s'en aperçoive. Notre cerveau est également très sollicité : il doit analyser la qualité de la neige, les difficultés du terrain, la présence d'autres skieurs, la vitesse et la visibilité. Tout cela consomme aussi de l'énergie mentale sans que l'on ait l'impression de la dépenser. Enfin, notre corps corrige constamment sa position sur les skis, en utilisant des muscles stabilisateurs qui se fatiguent eux aussi rapidement, mais silencieusement.
Comme vous pouvez le constater, le corps est soumis à rude épreuve sans que nous en soyons conscients. Nous poursuivrons demain avec quelques aspects plus inquiétants liés au ski, alors revenez les découvrir ici !

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