vendredi, février 13, 2026

L’« art » du mensonge… (Deuxième partie)

Même lorsqu’ils sont liés d’une manière ou d’une autre, les mensonges sont tous différents. Aujourd’hui, nous allons essayer d’y voir plus clair dans leur diversité. Existe-t-il une bonne façon de les classer en catégories selon leur intensité, leur immoralité, leur opportunisme et les aspects qui définissent la moralité d’une personne ? 

Ce qui suit constitue une approche qui devrait tenir compte de tous ces éléments. En les classant par intensité, nous mesurons à quel point un mensonge s’éloigne de la réalité. Crée-t-il une distorsion minimale, comme de petites exagérations ? S’agit-il d’une fabrication modérée, mélangeant vérité et fiction ? Est-ce au contraire une invention totale sans lien avec la réalité ? Tout s’aggrave quand un mensonge cherche à tromper dans la durée. 

Ce facteur d’intensité est souvent lié à l’effort nécessaire pour conserver le mensonge indéfiniment. Si nous classons les mensonges selon leur poids moral, quel est le préjudice causé ou intentionnellement infligé par le mensonge ? S’agit-il de mensonges inoffensifs ou de nature sociale destinés à protéger les sentiments d’autrui ? S’agit-il encore de mensonges neutres utilisés par commodité, pour préserver son intimité et éviter des situations embarrassantes. 

On trouve également des mensonges intéressés qui servent à protéger son ego ou à éviter certaines conséquences. La situation s’aggrave quand les mensonges cherchent à nuire et à blesser autrui. C’est également le cas des mensonges malveillants qui visent à tromper pour un gain personnel ou pour faire du mal. Dans ces cas, l’intention néfaste du menteur est totalement dévoilée. 

Lorsque les mensonges deviennent opportunistes, nous mesurons la rapidité avec laquelle ils peuvent résoudre un problème. Comme ces mensonges de soulagement instantané utilisés pour échapper à un moment embarrassant. Les soi-disant « mensonges stratégiques », planifiés, calculés et souvent manipulateurs, sont encore pires. 

Souvent, ce sont des mensonges chroniques, des raccourcis pratiques et habituels utilisés pour éviter les responsabilités. L’opportunisme révèle souvent si le mensonge est impulsif ou délibéré. Enfin, il y a les mensonges qui révèlent la moralité de leur auteur. 

C’est probablement la dimension qui intéresse le plus les gens. Cela commence par des écarts occasionnels et sans grande conséquence qui font partie du comportement humain normal. Puis il y a ceux qui sont utilisés pour éviter d’assumer ses responsabilités, signe d’immaturité ou d’insécurité. En montant en intensité, on trouve les mensonges qui nuisent à autrui pour un gain personnel, révélant d’évidentes failles éthiques. Enfin, lorsque l’esprit devient trop confus, il y a le mensonge compulsif qui signale qu’il est temps de s’assurer les services d’un psychologue ou d’un psychiatre.

Aujourd'hui, avec Trump et ses complices, nous assistons à des mensonges qui réécrivent l'histoire et la réalité, révélant un narcissisme exacerbé ou une personnalité profondément perturbée. Bien sûr, le caractère ne se mesure pas au fait de mentir – tout le monde ment – ​​mais à la nature et aux motivations des mensonges, et à la manière dont leurs auteurs réagissent face à la vérité. 

Pour conclure ce voyage au pays des mensonges, demandons-nous s'il y en a plus aujourd'hui qu'autrefois ? Ils ne sont peut-être pas plus fréquent, mais ils sont bien plus visibles car la communication numérique laisse des traces indélébiles, les réseaux sociaux encouragent l'exagération et la mise en scène, les personnalités publiques font preuve d'une malhonnêteté désinvolte, les gens vivent dans des bulles informationnelles qui normalisent la distorsion de la vérité, et l'anonymat réduit la responsabilité. 

La perception d'une généralisation du mensonge est donc fortement amplifiée. Je crois qu'il n'y a rien de mensonger dans ce propos !

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