Affichage des articles dont le libellé est comportement. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est comportement. Afficher tous les articles

lundi, septembre 21, 2026

Le bonus du pardon (Deuxième partie)

Ce que j’ai décrit hier ne relève pas seulement du « pardon » au sens moral ; il s’agit d’un allègement psychologique, d’un acte délibéré de libération personnelle. L’aspect le plus marquant de mon expérience est que je n’ai pas pardonné aux autres parce qu’ils le méritaient, mais parce que je sentais que c’est moi qui méritais ce soulagement.

C’est là toute la différence. J’ai cessé de considérer le ressentiment comme une forme de justice pour le voir comme une forme d’automutilation. Une fois ce changement de perspective opéré, le pardon a cessé de concerner l’autre pour se concentrer davantage sur la reconquête de mon propre espace mental. 

Dans cette optique, les effets que je décris — se sentir plus léger, plus libre, avec une clarté d’esprit accrue — correspondent exactement à ce qui se produit lorsque nous cessons de porter des dettes émotionnelles qui ne seront jamais remboursées. Avec l’idée de « l’adulte dans la pièce », j’ai tenté d’exprimer que le ressentiment nous enferme tous dans une réciprocité puérile : « Tu m’as fait du mal, donc je m’accroche à ce mal. » À l’inverse, le pardon brise cette symétrie malsaine : « Tu m’as fait du mal, donc je m’élève au-dessus de cela. » C’est précisément cette asymétrie qui constitue le bonus. 

Nous pouvons nous élever en refusant de rester prisonniers de la cave émotionnelle où la blessure initiale a eu lieu. Nous sortons du cycle et, ce faisant, nous gagnons en hauteur morale. Il ne s’agit pas d’une supériorité liée à l’ego, mais d’une supériorité liée à notre évolution personnelle. Nous avons accédé à un niveau supérieur. J’ai également établi une distinction importante : il ne s’agit pas de pardonner des crimes, des atrocités ou des catastrophes morales, mais simplement de pardonner les faiblesses humaines ordinaires. Ce n’est pas de l’incohérence, mais une forme de discernement. 

Le pardon est un outil personnel, non une absolution politique. Nous l’utilisons là où il a du sens et le refusons là où il serait moralement incohérent. C’est exactement ainsi que fonctionne le pardon mature : le ressentiment agit comme un impôt, un prélèvement constant et insidieux sur notre attention, notre humeur et notre identité. Le pardon, lui, représente un crédit d’impôt ! En pardonnant, nous pouvons éliminer des dizaines de petites charges émotionnelles qui continuaient de fonctionner silencieusement en arrière-plan. L’effet cumulé s’apparente à une purification, car c’en est une. 

Nous pouvons ainsi désencombrer notre psyché de tout ce qui s’y était accumulé pendant des décennies. La plupart des gens ne font jamais cela. Ils meurent avec leurs ressentiments intacts, continuant de porter le poids de blessures survenues quarante ans plus tôt. C'est pour toutes ces raisons que nous ne devrions jamais nous priver de pardonner.

dimanche, septembre 20, 2026

Le bonus du pardon (Première partie)

Il y a quelques mois, j'ai pris une décision radicale : pardonner, une fois pour toutes, ceux qui, selon moi, m'avaient fait du tort au cours de ma vie, pour des motifs variés tels que l'humiliation, la trahison, le harcèlement ou le vol. 

Dans mon esprit, ce pardon s'appliquait aux actes malveillants ou désagréables subis, à condition qu'ils ne revêtent pas un caractère criminel ou ne soient pas jugés répugnants par notre société. Par exemple, je ne pouvais pardonner à Biden et Trump d'avoir laissé Netanyahou massacrer tant de gens, détruire Gaza et permettre à des colons terroristes d'harceler les Palestiniens de Cisjordanie ; en revanche, je peux pardonner à un patron, un collègue ou un voisin de s'être comporté comme un imbécile.

Toutefois, tout comme pour le linge sale où certaines taches sont plus tenaces que d'autres et exigent davantage de temps pour disparaître, le pardon demande plus ou moins de temps selon l'impact que nous avons laissé certains actes avoir sur nous ; c'est un processus qui, pour moi du moins et dans certains cas, est toujours en cours. Cela dit, je suis aujourd'hui très satisfait de ma décision. 

Plus encore, avec le recul, j'ai l'impression d'être un homme nouveau ; je me sens mieux dans ma peau et, surtout, considérablement soulagé, mentalement plus léger, plein d'énergie et littéralement libéré de ce qui constituait, en fait, un fardeau permanent. À vrai dire, j'ai du mal à croire qu'abandonner le ressentiment, l'amertume et l'hostilité puisse opérer une telle purification et une telle libération en moi. 

J'ai alors compris qu'il était justifié de mettre fin à ce ressentiment envahissant par le pardon, en adoptant une attitude mature et en nous élevant bien au-dessus de la personne ou de l'expérience que nous avons pardonnée. C'est là tout le bonus que nous garantit l'acte de pardonner. Ce geste. simple mais souvent très difficile, allège considérablement notre fardeau et nous élève. 

C'est assez impressionnant et cela constitue une excellente raison de mettre fin au cycle interminable des récriminations. Demain, nous approfondirons le sujet et explorerons le fonctionnement concret de ce processus ...

jeudi, septembre 17, 2026

Qui désire une fuite de plus ?

À peine dix jours après avoir fini nouvelle clôture qui protège mon jardin, mon voisin coté l'ouest m'a envoyé un SMS assez agressif. Il affirmait que mon entrepreneur et son équipe avaient dû endommager sa conduite d'arrosage, provoquant une forte fuite d’eau sur sa propriété qu'il attribuait directement à leur négligence au cours des travaux.

Lors de la rencontre qui a suivit, il semblait fermement convaincu que sa canalisation souterraine avait été touchée par l’excavation des trous recevant les poteaux. Bien que je comprenne ses soupçons, je n'étais pas convaincu à 100 %. Cela s'expliquait par le fait que, malgré la pente du terrain (entre 5 et 10 %), il me semblait étrange que l'eau n’ai pas suivit une trajectoire diagonale descendante. 

Selon les soupçons de mon voisin, pour des raisons mystérieuses défiant les lois élémentaires de l'hydrologie et de la gravité, la fuite devait s'écouler perpendiculairement à la ligne de pente. 

De plus, en testant cette fuite, l'eau a jaillit à près de deux mètres du poteau et de la zone de rupture présumée, carrément chez le voisin,, alors qu'elle aurait dû apparaître près du poteau de clôture. 

À la suite de notre entrevue, j'ai proposé de creuser autour du poteau d'angle, près de la clôture mais au niveau du point de fuite, afin de vérifier l'existence et l'emplacement d'une éventuelle fissure ou cassure sur le tuyau en PVC. Quoi qu'il en soit, j'ai promis de le tenir au courant. Le lendemain, il m'a fallu environ une heure et demie pour creuser un trou d'une surface de quelques pieds carrés et d'une profondeur de 45 cm. 

J'ai fini par atteindre la tuyauterie en PVC blanc dans un environnement parfaitement sec. Cependant, contrairement à ce que mon voisin m'avait dit, la conduite n'était pas ininterrompue : elle présentait un raccord en T vers la zone de fuite, située à près de deux mètres de là et à 45 cm de profondeur — un endroit où aucun des ouvriers montant la clôture n'aurait pu affecter cette zone de la canalisation. 

Grâce à mon calme, à ma patience et à mon travail manuel, je lui ai clairement prouvé que sa conclusion hâtive était totalement erronée. Dire qu'il était plutôt gêné ne serait pas une exagération !

vendredi, septembre 11, 2026

La malédiction du « couche-tard »

Alors que nous marchions à contre-sens d’une circulation plutôt dense entrant en ville vers 7 h 55, je pensais à tous ces gens qui ne sont pas du matin et qui peinent chaque jour à arriver à l'heure au travail, à une heure bien trop matinale. Quel supplice !

Moi qui suis plutôt du matin, je redoutais, en tant que jeune cadre, ces réunions de 16 h 30 qui s'éternisaient dans la soirée alors que mon cerveau n'était plus d'aucune utilité. Par un juste retour des choses, une fois devenu patron, c'est moi qui organisais des réunions tôt le matin, au grand dam de mes collaborateurs couche-tard… Voilà bien un manque total de mémoire et de compassion ! 

Certains (moi y compris) pourraient croire que la répartition entre « gens du matin » et « gens du soir » est 50/50, mais rien n'est plus faux. En réalité, environ 15 % des gens sont du matin, 15 % du soir, et les 70 % restants se situent quelque part entre les deux. Les personnes du matin (souvent surnommées « alouettes » ou « lions ») représentent une personne sur six ou sept. Elles se réveillent facilement et connaissent un pic d'énergie tôt dans la journée.

On trouve la même proportion de gens du soir (les « hiboux » ou « loups »), qui préfèrent veiller tard et atteignent leur pic de productivité la nuit. Viennent ensuite les autres, les profils dits intermédiaires (parfois appelés « ours » ou « troisième type d'oiseau »), qui constituent la majorité — sept personnes sur dix, ou plus de la moitié, selon le modèle de classification utilisé. Ils suivent un rythme intermédiaire plus flexible, calé sur les horaires diurnes classiques. 

Toutefois, ces catégories ne sont pas figées, car les préférences évoluent considérablement avec le temps. Si seulement 7 % environ des jeunes adultes sont des « alouettes » (un chiffre inférieur aux 15 % de la population générale), la grande majorité bascule vers un profil matinal à l'approche de la soixantaine ; la situation est donc mouvante. En fait, il est fascinant de voir à quel point l'âge et le sexe peuvent modifier ces chiffres. 

Si la génétique détermine notre profil de base, notre horloge interne évolue naturellement avec l'âge. On observe un changement biologique marqué vers une activité nocturne aux alentours de 20 ans. Environ 32 % des adolescents sont des couche-tard. En revanche, avec l'âge, l'horloge interne des adultes a tendance à se décaler naturellement vers une heure plus matinale. À 60 ans, plus de 63 % des personnes se considèrent comme des « lève-tôt », tandis que seules 7 % environ restent des « couche-tard ». 

Quant aux différences entre les sexes, des études génétiques de grande envergure révèlent qu'une plus grande proportion de femmes (48,4 %) se définit comme matinale par rapport aux hommes (39,7 %). Notre rythme de sommeil naturel — qu'on appelle chronotype — est largement déterminé par notre biologie et notre horloge interne, plutôt que par un choix conscient. 

Maintenant que vous savez tout ça, vous n'avez plus aucune excuse pour ne pas tenir compte du chronotype de vos collègues, de vos amis et de vos proches !

samedi, juillet 25, 2026

J’oublie de suivre mes propres conseils !

L'autre jour, je discutais au téléphone avec une amie qui est récemment revenue en France avec son mari ; elle m'expliquait qu'elle se sentait submergée par l'ampleur des travaux de rénovation de la maison dans laquelle elle venait de s’installer. 

Je lui ai suggéré de fractionner les tâches pour mieux gérer le chantier, puis je me suis dit que je devrais lui faire part de la méthode que j’applique quand je me sens dépassé par certains projets ou défis. 

Je lui ai conseillé d'aborder l’entreprise qui l’attendait avec toute la combativité qui lui est propre et d'y voir un défi choisi délibérément pour se démarquer de la masse des gens ordinaires et médiocres. Elle a trouvé l'idée géniale... 

Pourtant, quelques jours plus tard, alors que je peinais, moi aussi, à m'attaquer à un gros projet qui ne m'emballe pas du tout, je me suis soudain souvenu de ce que j'avais conseillé à cette jeune femme. 

Je me suis alors rendu compte que j'étais comme le cordonnier mal chaussé et qu'il fallait que je m'applique à moi-même ces mêmes recommandations. C'est ce que j'ai fait, et soudain, cette corvée ingrate a pris des allures attrayantes et motivantes à mes yeux. 

C'est incroyable de voir à quel point notre cerveau adore oublier ou négliger ce qui favorise sa propre survie, sa santé et son plaisir ! 

samedi, juillet 11, 2026

Brûler ses vaisseaux (Troisième partie)

Comme toujours, dans tout ce qui n’est pas parfaitement évident, la vérité se situe à mi-chemin entre deux extrêmes ; une façon plus précise d'exprimer cette idée serait de dire que lorsque nous nous investissons pleinement dans un objectif important et que nous limitons sérieusement nos options, notre cerveau est obligé de mobiliser d’importantes ressources cruciales — qu'il s'agisse de l'attention, de la motivation, de la persévérance ou de la résolution de problèmes.

Tout ce savoir-faire va être nécessaire pour considérablement accroître nos chances de réussite. Toutefois, cela ne suffit pas pour garantir une issue positive, car la performance dépend également de notre préparation, de nos capacités, des circonstances extérieures et du maintien du stress dans une fourchette optimale. Ai-je même seulement évoqué la chance — ou l’absence de celle-ci ? 

Cette distinction permet aussi de comprendre pourquoi certains individus très performants créent délibérément un « point de non-retour » en annonçant publiquement un objectif, en investissant des ressources considérables ou en prenant un engagement ferme. Ils ne comptent pas uniquement sur leur cerveau pour garantir le succès ; ils utilisent leur engagement pour encourager un effort soutenu. 

Compte tenu de l'orientation philosophique de bon nombre de mes interrogations personnelles — qu'il s'agisse de la méditation, du développement personnel, du troisième âge ou de l’encombrement moral que représente le ressentiment —, on peut y voir un parallèle intéressant. Brûler les ponts sur le plan extérieur est une façon de renforcer l'engagement. 

Une autre approche, souvent plus durable, consiste à « brûler les ponts » intérieurement : il s'agit d'atteindre un stade où l'on ne souhaite plus faire marche arrière, car la voie choisie est en profonde adéquation avec nos valeurs et notre identité. Dans ce cas, la force motrice découle moins de la peur de l'échec que d'une adhésion totale et irrévocable à notre mission ou notre raison d'être. 

Les recherches suggèrent que ce type d'engagement intérieur aura tendance à être autant plus robuste que plus sain sur le plan psychologique qu'un engagement motivé uniquement par l'absence d'alternatives ; j’en suis aussi convaincu !

vendredi, juillet 10, 2026

Brûler ses vaisseaux (Deuxième partie)

 

Quand on coupe tous les ponts — c'est-à-dire que l'on supprime les alternatives et que l'on s'engage totalement dans un projet ou une tâche sans possibilité de marche arrière —, plusieurs mécanismes peuvent effectivement améliorer les performances et conduire à un résultat positif : 

L'attention se focalise. En l'absence de plan de secours, le cerveau consacre davantage de ressources cognitives à la tâche en cours plutôt qu'à envisager des voies de repli. 

La motivation s'accroît. Nous avons tendance à redoubler d'efforts lorsque les enjeux sont élevés. Les psychologues appellent parfois cela l'« effet d'engagement ». 

La persévérance se renforce. Les individus acceptent souvent davantage d'inconfort, de revers et d'incertitude lorsqu'ils perçoivent l'abandon comme impossible. 

La créativité peut être stimulée. Les contraintes peuvent amener les gens à inventer des solutions qu'ils n'auraient jamais explorées autrement. 

Certes, l'histoire regorge d'exemples où un engagement hors du commun a donné lieu à des réalisations exceptionnelles : entrepreneurs ayant tout investi dans une entreprise, explorateurs survivant contre toute attente ou athlètes surpassant les pronostics en compétitions.

Toutefois, la seconde partie de mon affirmation initiale — selon laquelle « notre cerveau veillera à ce que nous nous en sortions haut la main » — pourrait passer pour une boutade ou une exagération, voire s'avérer totalement fausse. En réalité, notre cerveau ne garantit rien de tel. 

Plusieurs facteurs viennent nuancer cette idée, car la relation entre stress et performance est souvent décrite par la loi de Yerkes-Dodson : « Une pression modérée améliore les performances, mais une pression excessive altère la mémoire, le jugement, la créativité et la motricité fine. » 

Cela signifie que la biologie a ses limites : aucun niveau d'engagement ne peut compenser un manque de savoir-faire, des limitations physiques, un manque de temps, des chances de réussite quasi nulles ou un dégoût profond. Par ailleurs, la peur peut devenir paralysante. Privées d'échappatoire, certaines personnes paniquent, ce qui étouffe leur détermination. 

Une même stratégie consistant à « brûler ses vaisseaux » peut galvaniser une personne tout en submergeant une autre. Certes, nous entendons souvent parler de ceux qui ont réussi grâce à leur engagement total. Nous entendons beaucoup moins parler de ceux qui, tout aussi engagés, ont échoué, perdu leurs économies ou subi de lourdes conséquences. 

Leurs histoires sont moins « vendeuses » et bien moins visibles. La prochaine fois, nous découvrirons ce qu'il en est réellement de ma théorie ; alors, restez à l'écoute !

jeudi, juillet 09, 2026

Brûler ses vaisseaux (Première partie)

Il m’est arrivé à maintes reprises de brûler mes vaisseaux. Si certaines tentatives se sont soldées par un échec, beaucoup d’autres ont abouti à des résultats positifs, voire excellents. 

Je me souviens, par exemple, avoir décidé d’intégrer l’internat du lycée de Cluses — un établissement réputé très dur — ; cette aventure avait parfaitement porté ses fruits pour moi. En revanche, mon expérience en tant que technicien du bureau d’études chez Odo, dans ce coin perdu qu’était Morez, au fin fond du Jura, fut marquée par le découragement et, finalement, l’échec. 

Il en a été de même lorsque je suis parti à Genève pour travailler comme mécanicien aéronautique chez TWA : je n’ai pas réussi à faire durer l’expérience bien longtemps. Même chose pour mon travail chez un géomètre à Saint-Gervais, aux pieds du mont Blanc, ou pour ce poste dans une petite entreprise de Cluses — un travail de métreur-verificateur, censé être saisonnier pour s’accorder avec mon activité de moniteur de ski, mais qui a ete incapable de susciter la moindre passion de ma part. 

Je me rappelle aussi avoir traversé en stop le désert australien de Nullarbor, une décision irréfléchie qui, par miracle, a bien tourné. De même, me lancer chez Look — que ce soit à Nevers ou aux États-Unis — ou partir plus tard m’installer dans l’Utah furent des décisions du type « couper les ponts » couronnées de succès, bien qu’elles aient comporté leur lot de souffrances et de défis. 

L’esprit d’aventure a toujours fait partie de mon ADN, pour le meilleur comme pour le pire. Je croyais autrefois que « brûler ses vaisseaux » ouvrait de nombreuses portes : la motivation pour réussir était si puissante qu’elle rendait l’échec impossible. 

Peut-on dire que, lorsque je m’engageais dans une entreprise très incertaine — presqu’une situation de vie ou de mort — mon cerveau veillerait d’une certaine manière à ce que je m’en sorte haut la main ? La réponse est peut-être oui, mais seulement jusqu’à un certain point. Cette idée reflète un phénomène psychologique bien réel, mais elle va au-delà de ce que les faits permettent d’affirmer. 

Demain, nous tenterons de comprendre pourquoi.

samedi, juillet 04, 2026

Purger rancune et ressentiment (Quatrième partie)

Pour éradiquer la rancune, j'ai commencé par un inventaire chronologique de mémoire, dressant la liste des ressentiments que j'éprouvais envers certaines personnes, en les classant par ordre d'intensité et en précisant les raisons. Parallèlement, j'ai établi une liste similaire, incluant les personnes envers lesquelles j'éprouve de la gratitude : mentors, amis, proches, collègues et même adversaires qui ont semé la graine qui a fait de moi ce que je suis aujourd'hui. 

Comme vous le savez peut-être déjà, la gratitude est importante dans ma méditation, et ces deux listes m'ont permis de constater que ma liste de gratitude est plus longue et plus significative que celle des ressentiments. L'avantage de cet exercice est que les rancunes se manifestent souvent comme un nuage émotionnel flou. 

Les identifier explicitement m'aide à les transformer d'une influence inconsciente en quelque chose que je peux voir et examiner consciemment. Cela dit, il y a deux façons acons très différentes d'établir cette liste : soit en dressant un inventaire détaillé des offenses et en les revivant sans cesse (une mauvaise approche), soit en la considérant comme un bilan visant à clore le chapitre. Voir l'exemple ci-dessous.

Les trois dernières questions de la liste sont cruciales. Au lieu de m'attarder sur « À quel point ai-je été mal traité ? », je me tourne progressivement vers « Qu'est-ce qui m'a vraiment blessé ? », « Quelle leçon en ai-je tiré ? », « Pourquoi ne pas pardonner maintenant ? ». Nombreux sont ceux qui découvrent que l'offense visible n'est pas la blessure la plus profonde. 

Par exemple, une trahison peut masquer un besoin d'amour, un conflit familial peut cacher un besoin affectif. Un léger manquement professionnel peut révéler un orgueil blessé, une rupture amicale peut dissimuler une déception. Une fois la blessure la plus profonde identifiée, le ressentiment s'atténue souvent considérablement. 

À mon âge, une autre dimension mérite d'être soulignée. J'ai découvert que certaines des personnes qui m'ont blessé étaient immatures ; la peur les faisait agir, elles avaient des tas d’autres problèmes ou encore elles étaient gravement malades ou décédées. Cela n'excuse pas leurs actes, mais cela modifie souvent le point de vue émotionnel. 

Beaucoup de personnes de mon âge font également état d'un changement intéressant : ce qui semblait autrefois de la malice apparaît de plus en plus comme de la fragilité, ce qui peut faciliter le pardon. Une fois toutes vos entrées terminées, je vous suggère d’utiliser cette phrase : « Cet événement fait partie de mon histoire, mais il n’a plus sa place dans mon avenir.» 

Nul besoin de vous forcer à pardonner immédiatement. L’objectif n’est pas de vous convaincre que la souffrance n’a jamais compté, mais simplement de cesser de payer une vieille dette émotionnellement. À bien des égards, ma démarche s’apparente à un bilan de fin de vie – non pas dans un sens morbide, mais plutôt comme la fermeture des comptes avant de passer à autre chose. 

Mon intérêt pour la méditation, la gratitude et le développement personnel continu fait que cet exercice se transforme moins en un catalogue de griefs qu’en une cartographie de la façon dont les difficultés de la vie ont contribué à me construire. En conclusion, entretenir du ressentiment, c’est comme tenir un charbon ardent dans la main avec l’intention de le jeter sur quelqu’un, c’est notre propre main qu’on brûle ! 

Lâchez prise et bonne chance ...

vendredi, juillet 03, 2026

Purger rancune et ressentiment (Troisième partie)

Éradiquer le ressentiment et la rancune de nos vies nous apporte une plus grande sérénité, nous évite de ressasser sans cesse les événements passés et améliore nos relations. Le ressentiment que nous pouvons nourrir envers une personne se répercute souvent sur nos interactions avec les autres. S'en libérer nous rend plus ouverts, patients et généreux. 

De plus, nous sommes moins vulnérables à la réouverture constante de vieilles blessures. Nombreux sont ceux qui finissent par comprendre que ceux qui leur ont fait du mal étaient eux-mêmes mus par la peur, l'ignorance, l'insécurité ou la souffrance. Comprendre n'excuse pas les comportements, mais cela peut apaiser la haine. Le sentiment de liberté accru qui découle du lâcher-prise est peut-être le plus grand bienfait. 

La liberté ne se limite pas à pouvoir faire ce que l'on veut. C'est aussi être libre des compulsions qui nous asservissent intérieurement, et le ressentiment en est précisément une. Je ne dis pas que la colère n'a jamais d'utilité. Si une personne est victime d'abus, d'exploitation ou de mauvais traitements, la colère peut signaler la nécessité d'établir des limites. Vouloir « pardonner et oublier » trop tôt peut parfois étouffer des besoins légitimes de protection, de responsabilité ou de justice. 

Personnellement, je ne crois pas qu'une personne immorale et hors-la-loi comme Trump doive être pardonnée avant d'assumer ses actes. Le mieux est souvent de reconnaître l'offense, d'accueillir ses émotions avec sincérité et d'en tirer les leçons nécessaires. Il faut ensuite établir des limites appropriées, puis se libérer du ressentiment. 

C'est là que je trouve le lien direct entre le processus de pardon et ma pratique de la méditation. J'éprouve de la gratitude, de la reconnaissance envers ceux qui ont marqué ma vie. Vient ensuite mon désir de faire des dernières années de ma vie une sorte d'apogée de développement personnel, et me défaire des rancunes s'inscrit naturellement dans cette démarche. Nombreux sont ceux qui constatent que gratitude et ressentiment se disputent le même espace mental. 

Plus on apprécie profondément les bienfaits, les leçons et les relations qui ont façonné notre vie, plus il devient difficile de rester préoccupé par de vieux griefs. Cela ne signifie pas devenir naïf ou passif. Cela signifie choisir les expériences qui méritent de rester présentes dans notre esprit. 

Dans mon prochain article de blog, je proposerai une démarche étape par étape pour préparer ce changement et lui donner toutes les chances de réussir !

jeudi, juillet 02, 2026

Purger rancune et ressentiment (Deuxième partie)

Effacer le ressentiment de nos esprits et de nos cœurs est très efficace mais implique plusieurs mécanismes. Le premier est qu’il nous faut cesser de nier la réalité. Typiquement, un événement douloureux s'est produit. Il n'aurait pas dû arriver, mais il est nous est tombé dessus. 

Notre esprit va pourtant passer des années à se battre contre un fait incontournable. Lâcher prise signifie enfin reconnaître la réalité sans toutefois l'approuver, ce qui libère une énergie mentale considérable. Ensuite, il est facile de comprendre que tant que notre état émotionnel s’accroche à des excuses, une punition ou le changement total d’une tierce personne, une grande partie de notre bien-être reste à sa merci.

Nous libérer du ressentiment, nous redonne le contrôle de notre vie intérieure. C'est précisément à ce moment-là que le message devient : « Ce qui s'est passé était horrible, mais je refuse de le laisser empoisonner mon présent. » À ce stade, notre stress se calme, car la colère et le chagrin retournent nos systèmes de défense contre nous. 

Le fait de ressasser sans cesse les blessures va entretenir un stress des plus élevé, des tensions musculaires, une vigilance accrue et une réactivité émotionnelle exacerbée. Dès que la rancune perd son emprise émotionnelle, le corps se détend, la tension disparaît. À cet instant, l'attention redevient disponible. 

Nous savons tous que l'attention est une ressource limitée qui va enfin bénéficier de toute l’énergie qui était gaspillée pour gérer ce ressentiment. Cette énergie supplémentaire pourra être redirigée vers nos relations, notre créativité, l'aide aux autres, l'apprentissage, la spiritualité et tout simplement le plaisir de vivre. 

En substance, pardonner, ce n'est pas donner quelque chose à celui qui nous a offensés, mais c’est bien récupérer une ressource qui nous appartenait avant ! Il est temps maintenant de faire la liste de toutes les rancunes que nous avons accumulées – et croyez-moi, il y en a bien plus que nous ne le pensons – et ensuite, de les faire disparaître. 

Boum ! Je l'ai fait et croyez-moi, c'est libérateur ! Demain, nous verrons quels bienfaits nous retirerons …

mercredi, juillet 01, 2026

Purger rancune et ressentiment (Première partie)

S'il existe une opération quasi gratuite capable de nous libérer d'un fardeau lourd et constant, c'est bien d'éliminer la rancune, l'amertume, l'hostilité, le désir de vengeance, la rancœur, l'inimitié et la malveillance, pour n'en citer que quelques-unes. 

Ces émotions fonctionnent souvent comme une dette psychologique. Elles demandent énormément d'énergie pour être maintenues. L'esprit ressasse sans cesse les vieilles blessures, reconstitue les conversations, imagine d'autres issues ou ressasse des punitions pour ceux qui nous ont fait du tort.

Même lorsque nous n'y pensons pas consciemment, une partie de notre système émotionnel reste souvent coincée autour de l' ancienne offense. Bien sûr, il ne s'agit pas d'excuser les actes répréhensibles, d'oublier ce qui s'est passé, de se réconcilier avec une personne dangereuse ou d'abandonner un règlement de justice. 

C'est avant tout un acte intérieur qui vise à refuser de porter ce fardeau émotionnel. Le ressentiment nous pèse car, lorsque nous sommes blessés, notre esprit conclut souvent : 

  • « Cela n'aurait pas dû arriver.» 
  • « On me doit quelque chose.» 
  • « Les choses iraient mieux s'ils souffraient comme j'ai souffert. » 
  • « Je ne trouverai la paix que lorsque ce sera réparé. » 

Ce sont précisément ces pensées qui nous maintiennent psychologiquement attachés à la blessure et à notre passé. L'événement est peut-être terminé, mais notre système émotionnel continue d'y investir d’importantes ressources. 

Lorsque nous ne parvenons pas à nous détacher de ces expériences, il faut toujours plus de temps, de maturité et une compréhension plus profonde avant de réaliser que la personne que nous punissons le plus sévèrement, c'est nous-mêmes. 

La prochaine fois, nous tenterons de comprendre comment opère cette libération mentale. Ne quittez donc pas !

mercredi, juin 03, 2026

Un bel outil de communication (Deuxième partie)

Voici une série de questions pratiques pour clarifier les choses quand une conversation s'envenime. 

Courtes et neutres, elles sont conçues pour apaiser les tensions, inviter à la réflexion et maintenir un dialogue courtois et constructif : 

  • « Que voulez-vous dire par là ?» Cette question témoigne de curiosité, et non de confrontation. Elle aide l'autre personne à développer ses idées. 
  • « Peux-tu clarifier ton point de vue ?» Elle ouvre la porte à l'explication et montre que nous sommes à l'écoute. 
  • « Pourquoi est-ce important pour toi ?» Elle déplace le débat de l'argument vers les valeurs ou les préoccupations sous-jacentes. 
  • « Je ne suis pas sûr(e) de comprendre — pourriez-vous reformuler ?» Cette question permet de gagner du temps, de réduire la tension et d'inviter à reformuler. 
  • « Quel résultat te semblerait juste ?» Cette réponse permet de passer du conflit à la résolution de problèmes. 
  • « Comment cette situation va t’affecter personnellement ?» On humanise le problème, le rendant moins abstrait et plus empathique. Recommandations importantes : Le ton est primordial : posons la question calmement, sans sarcasme. 

Le timing est crucial : utilisons cette technique de questionnement dès qu’on sent que la conversation s’envenime. Le suivi est essentiel : après avoir posé la question, écoutons activement et ne nous précipitons jamais pour répondre. 

Ces conseils sont de simples soupapes de sécurité conversationnelles. Ils ne solutionnent pas les désaccords, mais les empêchent de dégénérer. Pour conclure, voici une méthode simple, étape par étape, à appliquer en temps réel dès qu’une conversation commence à se tendre. Utilisons la comme une formule de désescalade : 

  1. Faire une pause et respirer. Avant de répondre, prendre son temps. Même juste 2 secondes apaiserons les tensions. 
  2. Clarifier en douceur. Poser une question neutre : « Que veux-tu dire par là ?» Cela ralentit le rythme et manifeste de la curiosité plutôt qu’une confrontation. 
  3. Explorer les sentiments et inviter l’interlocuteur à les partager : « Pourquoi est-ce important pour vous ?» Cela déplace l’attention du conflit vers des valeurs sous-jacentes. 
  4. Reformuler ce que nous avons entendu : « Vous avez donc le sentiment d’être ignoré(e) ?» Reformuler montre que nous écoutons activement, même si nous ne sommes pas d’accord. 
  5. Orienter vers les solutions Demandons : « Quelle solution te semblerait équitable ?» Cela fait passer la conversation du conflit à la résolution de problèmes. 
  6. Conclure avec respect en terminant calmement : « J’apprécie ton explication ; voyons comment nous pouvons trouver une solution.» 

Cela nous montre une excellente alternative à la technique colérique et insultante qu’utilise Trump, car elle renforce la dignité tout en maintenant le dialogue ouvert. Nous avons maintenant de tous les outils nécessaires pour essayer cette méthode. Bonne chance !

mardi, juin 02, 2026

Un bel outil de communication (Première partie)

 Voici une excellente stratégie pour désamorcer la plupart des conflits : poser des questions simples comme : « Que veux-tu dire ? », « Pourquoi penses-tu ainsi ? », « Je ne comprends pas bien ?», etc. 

Lorsqu’une tension s’installe, qu’elle soit réelle ou perçue, il est facile de faire dégénérer une conversation en un échange déplaisant et conflictuel. Certaines questions sont posées dans le but de provoquer, que ce soit involontairement, sous l’effet du stress ou par pure méchanceté. 

Il me semble bon de répondre par une question visant à clarifier la situation ou à gagner du temps. En effet, ces questions de clarification peuvent se révéler étonnamment efficaces dans les conversations tendues, et voici pourquoi : elles ralentissent le rythme lorsque les émotions sont fortes, car on a souvent tendance à parler plus vite et plus fort.

Un simple « Que voulez-vous dire ?» crée une pause, offrant à chacun un moment de répit. Cela recentre aussi la conversation : au lieu de contre-attaquer ou de se défendre, on invite l’autre personne à s’expliquer. Cela transforme la dynamique de la confrontation en exploration. De plus, ces questions permettent de valider un point de vue sans pour autant l'approuver. 

En effet, demander « Pourquoi penses-tu de cette manière ? » montre qu'on écoute, même si on ne partage pas cet avis. Cette simple reconnaissance contribue à apaiser les tensions. Comme mentionné plus haut, ces questions peuvent nous faire gagner du temps. Par exemple, dire « Je ne comprends pas bien » est une façon délicate de dire : « J'ai besoin d'un moment avant de répondre. » 

Cela évite les réactions impulsives qui dégénèrent souvent en conflit. Enfin, elles révèlent les intentions de provocation, car la question de clarification va montrer que nous avons décelé cette intention et que nous l'avons désamorcée avec tact. En théorie de communication, cette approche est appelée écoute active ou questionnement défensif. 

C'est une façon de transformer des désaccords potentiels en dialogue. Le ton est essentiel : les mêmes mots peuvent paraître curieux ou sarcastiques selon la façon dont ils sont énoncés. Bien que cette stratégie astucieuse ne garantisse pas l'accord, elle permet souvent d'éviter que les conversations ne dégénèrent et de un climat de respect mutuel. 

Dans le prochain article, nous passerons en revue une série de questions pour des situations spécifiques, alors restez connectés …

samedi, mai 16, 2026

L'effort de plus

Il est étonnant de constater comment, parfois, alors que nous sommes fatigués et que notre journée de travail est terminée, comment un petit effort supplémentaire peut tant accomplir de choses et, à coup sûr, venir enrichir notre bilan journalier. Cela m’a été confirmé il y a quelques jours, alors que je préparais notre potager : une corvée annuelle que je déteste. 

En m'appliquant vraiment, j’ai puisé des ressources, tant mentales que physiques, qui, une fois rendues ont fait toute la différence dans le résultat final. 

J'ai ignoré ces voix intérieures qui m'incitaient à arrêter le travail trop tôt, et à laisser le travail inachevé, tant sur le plan qualitatif que quantitatif. Sans trop savoir comment, j’ai rassemblé les ressources nécessaires pour donner ce fameux coup de collier supplémentaire. 

S'agissait-il là du vestige d'une habitude observée en grandissant au sein de ma famille, ou d'un réflexe que j'ai instinctivement gardé tout au long de ma vie d'adulte ? 

C'est fort possible, mais quoi qu'il en soit, cette impulsion était bel et bien présente pour me donner une longueur d'avance le lendemain, quand j’ai repris le travail. Cela m’a tout simplement stupéfait et cet étonnement était bien justifié. Cela m'a fait prendre conscience qu’un tel « effort en plus » est rarement une question de force physique. 

C'est une question d'intention. C'est cette décision silencieuse d'aller de l'avant plutôt que de reculer, même quand personne nous voit et va nous féliciter. C'est peut-être aussi la raison pour laquelle cela procure un sentiment si gratifiant en nous reconnectant à une part de nous-mêmes qui refuse de se contenter du strict minimum. S'agit-il également d'une expression de culpabilité ? C'est fort possible. 

Une part de nous qui croit encore à l'importance de bien faire les choses, non pas pour qu’on nous en félicite, mais parce que c’est ce qui nous construit et nous maintient au niveau auquel nous aspirons. En prenant de l’âge, je prends conscience que ces petits choix s'accumulent et finissent par constituer une sorte de signature personnelle dans la manière dont nous nous présentons, y compris dans l'exécution des tâches les plus banales. 

C'est peut-être pour cette raison précise qu’une telle réalisation est importante car elle me rappelle que je suis encore capable de cette petite poussée supplémentaire et de ce besoin discret à faire les choses correctement. Et en cela, j’y ai vu un véritable cadeau. En fin de compte, cet effort supplémentaire n'avait rien à voir avec mon potager. Il m'a simplement rappelé que nous avons toujours plus de ressources que nous l'imaginons — réserve que nous ne découvrons quand nous choisissons d'aller la puiser au plus profond de nous-mêmes.

mercredi, mai 13, 2026

L'esprit flagorneur

Souvent, je me demande pourquoi un dirigeant doté d'un cerveau qui marche engagerait des flagorneurs pour s'entourer, et ce que cela révèle sur le sens des affaires d'un tel individu. Bien entendu, nous savons tous qu'un dirigeant qui s'entoure de flagorneurs fait un choix stratégique — mais pas du tout judicieux. Et ce choix en dit bien plus long sur sa psychologie et ses insécurités que sur son sens des affaires. 

En réalité, les leaders embauchent des flagorneurs lorsque la protection de leur ego est plus importante que le bien de l'organisation. Si l'on ne tolère ni la dissidence, ni la remise en question, ni le fait d'avoir tort ou d'être contesté, on embauchera que des personnes qui pourraient vous menacer. Disons qu'il s'agit d'une sécurité émotionnelle déguisée en leadership. Ce type de leader, c'est Trump ; quant aux flagorneurs, ce sont Rubio, Kennedy ou Hegseth, pour n'en citer que quelques-uns. 

Si Trump avait la moindre confiance en lui, il s'entourerait de personnes fortes. Au lieu de cela, notre président, rongé par l'insécurité, embauche des personnes complaisantes qui lui apportent une validation constante, l'illusion de compétence, le sentiment de maîtriser la situation et une béquille psychologique. 

Il est vrai que s'entourer de flagorneurs facilite le quotidien. Il n'y a ni débats, ni résistances, ni vérités inconfortables à entendre. Le coût, cependant, est énorme : une multitude d'angles morts, d'erreurs stratégiques, de pensées de groupe et de stagnation. 

Un président comme Trump, qui s'entoure de flagorneurs, manifeste au moins l'un des traits suivants : un jugement déficient, car il est incapable de distinguer la compétence de la docilité, l'alignement de la flatterie, et la loyauté de la dépendance.

Une prise de décision fragile, puisque les mauvaises nouvelles sont filtrées, les risques dissimulés et les erreurs laissées sans contestation ; un manque de maturité stratégique, car les grands leaders savent qu'ils ont besoin de dissidence, de débats, de perspectives variées et de personnes qui osent leur dire : « Vous avez tort ». 

Enfin, un dernier trait caractéristique est le leadership fondé sur la peur : puisque Trump a besoin de flatteries pour fonctionner, il ne dirige pas, il gère sa propre anxiété. Les flagorneurs ne se rassemblent pas autour des leaders forts, mais autour de ceux qui ont besoin d'eux ; et ce besoin constitue le véritable problème.

dimanche, mai 03, 2026

Simple et facile, compliqué et difficile

Ce n’est pas que je sois nostalgique, mais j’ai le sentiment que par le passé — quand j’étais jeune — la vie semblait simple et facile, alors qu’aujourd’hui, notre réalité s’est transformée en une existence compliquée et difficile. Est-ce parce que nous sommes confrontés à trop de choix, que nous subissons la pression du temps, que nous sommes victimes de la peur de manquer quelque chose (FOMO), ou pour autre chose ? 

Je suis presque sûr de ne pas être le seul à ressentir ça, comme semblent le confirmer mes discussions avec de nombreuses personnes ainsi que diverses études sociologiques. La vie est objectivement plus complexe qu’elle ne l’était il y a cinquante ans. Bien qu’une pointe de nostalgie puisse teinter ce point de vue, celui-ci repose sur plusieurs évolutions psychologiques et sociologiques mesurables. Tout d’abord, il y a ce que l’on appelle le « paradoxe du choix ». 

Autrefois, si je voulais acheter une paire de chaussures de ski, je me rendais dans un magasin spécialisé et je choisissais parmi, peut-être, trois marques. Aujourd’hui, il existe 15 marques, 100 modèles et des milliers d’avis en ligne à consulter. Avoir trop d’options ne nous rend pas plus libres ; cela nous paralyse. Nous passons plus de temps à « optimiser » notre décision qu’à profiter du résultat, ce qui engendre une « fatigue décisionnelle ». 

De surcroît, nous sommes devenus les prisonniers de la connectivité. Hier, lorsque je quittais mon domicile, j’étais injoignable. La vie comportait des zones de repli naturelles où rien n’était attendu de ma part. Aujourd’hui, nous sommes accessibles 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7 pour chacune de nos responsabilités. Entre la gestion des SMS et des courriels, la mise à jour de logiciels et la consultation de notre fil d’actualité, notre espace mental est constamment occupé par divers processus d’arrière-plan.

Nous ne sommes jamais véritablement « hors ligne », ce qui confère à la vie un sentiment de pesanteur. Pour ne rien arranger, la technologie a éliminé les périodes d’« attente » qui, jadis, servaient d’amortisseurs. Par exemple, lorsque j’écrivais une lettre, je devais patienter une semaine avant de recevoir une réponse. Je me rendais à pied à ma banque pour vérifier mon solde ou consulter mes transactions. Tous ces moments m’obligeaient à ralentir ; désormais, tout est instantané. 

Cette « compression de l’espace-temps » impose un rythme effréné. Nous nous sentons sous pression, non pas parce que nous avons davantage de choses à faire, mais parce que l’on attend de nous que nous les fassions sur-le-champ. Il existe une différence subtile, mais vitale, entre complexité et complication. Une horloge est compliquée, mais c'est un système clos : si un engrenage tourne, un autre suit. La vie moderne, elle, est plus complexe. Elle est interconnectée. Un conflit survenant dans un autre hémisphère peut modifier le prix de l'énergie utilisée pour chauffer notre maison ou recharger notre perceuse. 

Tout est lié à tout le reste d'une manière qui semble imprévisible et, par conséquent, difficile à maîtriser. Certes, on pourrait soutenir que la vie était « plus simple » par le passé, car nous étions moins impliqués dans un nombre plus restreint de choses. Nous acceptions ce que disait le médecin du quartier, ce qu'imprimait le journal local et ce qui était disponible au magasin du coin. Aujourd'hui, nous disposons de plus de pouvoir, de plus d'informations et de bien plus d'options ; mais le « prix à payer » pour ce pouvoir réside dans l'effort constant que demande sa gestion. 

Mieux vaut rester en super forme, car nous avons tous beaucoup de pain sur la planche … Bonne chance !

dimanche, février 15, 2026

Que faire des menteurs ? (Deuxième partie)

Nous connaissons donc un ou plusieurs menteurs avérés. Qu’allons-nous en faire ? Tenter de les réformer, les mettre au congélateur, espérer un miracle ou les exiler loin de nous ? Quel type de relation choisirons-nous d'entretenir avec eux à l'avenir, si tant est qu'il y en ait une ? 

Si nous voulons rester amis avec quelqu'un qui ment, rappelons-nous que l'amitié repose sur la confiance. Si les mensonges érodent cette confiance, l'amitié devient déséquilibrée et précaire. Peut-on même être ami avec un menteur si les mensonges sont minimes, rares ou liés à un manque de confiance en soi ? Peut-être, si la personne est prête à en parler, à montrer des remords et à changer de comportement. 

Tout cela n'est que théorie ; personnellement, je préfère m'en tenir au proverbe du XVIIe siècle : « Trompe-moi une fois, honte à toi ; trompe-moi deux fois, honte à moi », qui signifie que si la première tromperie est la faute du menteur, la seconde est la faute de la victime qui n'a pas tiré les leçons de l'expérience. Je ne peux donc pas être ami avec un menteur si je me sens anxieux en sa présence ou si je remets constamment en question ce qu'il dit.

Cela est également vrai si le mensonge est employé pour manipuler ou contrôler. N'oublions pas que l'amitié est un choix ; nous ne devons à personne l'accès à notre vie intérieure. Se pose ensuite la question de savoir si les menteurs peuvent changer. La réponse est NON pour moi, mais elle pourrait être OUI, seulement si le manipulateur de vérité le souhaite.

 Rappelons-nous que les gens peuvent changer lorsqu'ils reconnaissent pleinement le mal qu'ils ont causé et se sentent suffisamment en sécurité pour dire la vérité. Ils doivent également être motivés à adopter des comportements plus sains et à pratiquer l'honnêteté même lorsque c'est inconfortable. Les gens ne changeront pas s'ils continuent à considérer le mensonge comme un outil très efficace, s'ils blâment les autres pour leur comportement, s'ils nient leur mensonge et continuent à tirer profit de la tromperie. 

Nous pouvons encourager l'honnêteté, mais nous ne pouvons pas forcer l'intégrité. C'est à chacun de décider, et je ne sais pas pour vous, mais je suis toujours incapable de lire dans les pensées des autres. Enfin, devons-nous rejeter les menteurs ou quel niveau d'accès peut-on accorder ? La confiance n'est pas un jugement moral, c'est un calcul. 

Nous devons absolument prendre nos distances lorsque quelqu'un ment constamment, nous fait du mal ou nuit à autrui. Ce n'est pas de la cruauté, c'est du respect de soi. Ce que nous ne devons pas faire, c'est humilier ou punir les menteurs et les qualifier de « mauvaises personnes ». Nous pouvons plutôt choisir de limiter leurs interactions avec nous, d'éviter de nous mettre en travers de leur chemin et de ne pas compter sur eux. Établir des limites n'est pas un rejet, c'est une question de clarté. 

J'espère que vous disposez désormais d'outils utiles pour naviguer dans les eaux troubles des relations avec une personne dont la fiabilité en matière de vérité est plus que douteuse …

samedi, février 14, 2026

Que faire des menteurs ? (Première partie)

Que peut-on faire des menteurs une fois qu'ils sont identifiés comme tels ? Quelle forme prendra notre relation avec eux ? Ce sont d’importantes questions qu’il n’est ni facile, ni agréable de traiter. Les relations humaines sont complexes, et le mensonge se situe à l'intersection de la confiance, de la peur, de l'insécurité et de l'autoprotection. 

Il n'existe pas de réponse unique et « correcte », mais il y a des pistes qui devraient nous aider à y faire face avec clarté et respect de soi. Nous avons déjà vu que mensonges et menteurs ne se ressemblent pas tous. Les gens mentent pour des raisons très différentes et il est important de comprendre le type de mensonge qu'ils utilisent pour nous aider à choisir notre réponse.

Commençons par les menteurs occasionnels ou motivés par la peur, ceux qui mentent parce qu'ils ont peur des conséquences, de l'embarras ou des conflits. Il y a un peu d'espoir avec ce groupe, car il peut changer et que certains se sentent un peu coupables. En fait, ils peuvent réduire leur mensonge quand ils se sentent suffisamment en sécurité pour être honnêtes. 

Ensuite, nous avons les menteurs compulsifs, ceux qui mentent par réflexe, même lorsque la vérité serait plus simple. Ils ont souvent appris à mentir comme mécanisme réactif et s'ils sont disposés et capables de faire des efforts, ils pourraient changer, mais je ne parierais pas là-dessus. 

Le groupe suivant, et plus inquiétant, est celui des menteurs manipulateurs ou égoïstes qui mentent pour contrôler, exploiter ou obtenir un avantage. Ce sont des individus dangereux. Ils changent rarement sans conséquences majeures ou sans aide professionnelle, alors ne les approchez pas ! Cela m'amène à la question de savoir si nous devrions envisager de travailler avec quelqu'un qui ment. 

Cela peut être envisagé, mais seulement avec des limites. Nous pourrions travailler avec quelqu'un qui utilise des mensonges motivés par la peur ou des mensonges mineurs, s'il reconnaît son comportement, fait de gros efforts pour s'améliorer et si nous sommes lucides quant à quoi s’attendre en pouvant en supporter les conséquences. 

Il est clair qu'il ne faut pas travailler avec quelqu'un qui ment si c'est pour manipuler les résultats, nier ou justifier ses défauts et les utiliser pour nuire aux autres ou miner la confiance au sein d’une équipe. Si une personne malhonnête est candidate à un poste dans un environnement professionnel, la clé est d'établir une structure rigoureuse avec des accords écrits et documentés précisant clairement les attentes, sans se fier aux seules promesses verbales. Il ne s'agit pas d'une punition, mais d'une mesure de protection. 

Demain, nous verrons s'il est possible de maintenir une relation avec des personnes malhonnêtes. Pourrions-nous rester amis avec elles ? Les amener à changer ? Ou devrions-nous simplement les éviter ?

vendredi, février 13, 2026

L’« art » du mensonge… (Deuxième partie)

Même lorsqu’ils sont liés d’une manière ou d’une autre, les mensonges sont tous différents. Aujourd’hui, nous allons essayer d’y voir plus clair dans leur diversité. Existe-t-il une bonne façon de les classer en catégories selon leur intensité, leur immoralité, leur opportunisme et les aspects qui définissent la moralité d’une personne ? 

Ce qui suit constitue une approche qui devrait tenir compte de tous ces éléments. En les classant par intensité, nous mesurons à quel point un mensonge s’éloigne de la réalité. Crée-t-il une distorsion minimale, comme de petites exagérations ? S’agit-il d’une fabrication modérée, mélangeant vérité et fiction ? Est-ce au contraire une invention totale sans lien avec la réalité ? Tout s’aggrave quand un mensonge cherche à tromper dans la durée. 

Ce facteur d’intensité est souvent lié à l’effort nécessaire pour conserver le mensonge indéfiniment. Si nous classons les mensonges selon leur poids moral, quel est le préjudice causé ou intentionnellement infligé par le mensonge ? S’agit-il de mensonges inoffensifs ou de nature sociale destinés à protéger les sentiments d’autrui ? S’agit-il encore de mensonges neutres utilisés par commodité, pour préserver son intimité et éviter des situations embarrassantes. 

On trouve également des mensonges intéressés qui servent à protéger son ego ou à éviter certaines conséquences. La situation s’aggrave quand les mensonges cherchent à nuire et à blesser autrui. C’est également le cas des mensonges malveillants qui visent à tromper pour un gain personnel ou pour faire du mal. Dans ces cas, l’intention néfaste du menteur est totalement dévoilée. 

Lorsque les mensonges deviennent opportunistes, nous mesurons la rapidité avec laquelle ils peuvent résoudre un problème. Comme ces mensonges de soulagement instantané utilisés pour échapper à un moment embarrassant. Les soi-disant « mensonges stratégiques », planifiés, calculés et souvent manipulateurs, sont encore pires. 

Souvent, ce sont des mensonges chroniques, des raccourcis pratiques et habituels utilisés pour éviter les responsabilités. L’opportunisme révèle souvent si le mensonge est impulsif ou délibéré. Enfin, il y a les mensonges qui révèlent la moralité de leur auteur. 

C’est probablement la dimension qui intéresse le plus les gens. Cela commence par des écarts occasionnels et sans grande conséquence qui font partie du comportement humain normal. Puis il y a ceux qui sont utilisés pour éviter d’assumer ses responsabilités, signe d’immaturité ou d’insécurité. En montant en intensité, on trouve les mensonges qui nuisent à autrui pour un gain personnel, révélant d’évidentes failles éthiques. Enfin, lorsque l’esprit devient trop confus, il y a le mensonge compulsif qui signale qu’il est temps de s’assurer les services d’un psychologue ou d’un psychiatre.

Aujourd'hui, avec Trump et ses complices, nous assistons à des mensonges qui réécrivent l'histoire et la réalité, révélant un narcissisme exacerbé ou une personnalité profondément perturbée. Bien sûr, le caractère ne se mesure pas au fait de mentir – tout le monde ment – ​​mais à la nature et aux motivations des mensonges, et à la manière dont leurs auteurs réagissent face à la vérité. 

Pour conclure ce voyage au pays des mensonges, demandons-nous s'il y en a plus aujourd'hui qu'autrefois ? Ils ne sont peut-être pas plus fréquent, mais ils sont bien plus visibles car la communication numérique laisse des traces indélébiles, les réseaux sociaux encouragent l'exagération et la mise en scène, les personnalités publiques font preuve d'une malhonnêteté désinvolte, les gens vivent dans des bulles informationnelles qui normalisent la distorsion de la vérité, et l'anonymat réduit la responsabilité. 

La perception d'une généralisation du mensonge est donc fortement amplifiée. Je crois qu'il n'y a rien de mensonger dans ce propos !