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samedi, septembre 19, 2026

Les langues étrangères, ma botte secrète !

S’il me fallait deviner, je dirais que les germes de mon attirance pour l'Amérique et la langue anglaise furent semés le jour où je suis tombé sur un magazine intitulé « Europe-Amérique » dans les années 1950 ; je l'ai dévoré dès que j’ai su lire. Il était publié par l'Economic Cooperation Administration (ECA), l'agence américaine chargée de gérer le plan Marshall. 

Par la suite, j'ai remporté un concours scolaire qui m'a emmené à Paris, Bruxelles, Stuttgart, Munich, Innsbruck, au col du Stelvio, au lac de Côme et jusqu'au siège de l'ONU à Genève. Cette expérience m'a donné le vertige, éveillant en moi le goût de l'internationalisme et une soif insatiable de découverte. 

L'automne suivant, alors que j'entrais au collège, j'ai commencé à apprendre l'anglais ; si mon assiduité initiale laissait à désirer, mon intérêt s'est soudainement cristallisé et a explosé durant mon service militaire obligatoire de 16 mois, période où je me suis procuré la méthode Assimil, véritable sésame français pour l'apprentissage des langues. C'est ainsi que j'ai appris l'anglais, en commençant par la célèbre phrase « My tailor is rich... ». 

Si bien qu'à ma libération, j'ai décroché un poste de mécanicien aéronautique chez TWA à Genève, où je faisais équipe avec des Suisses alémaniques avec qui je devais communiquer quotidiennement en anglais. Une bonne maîtrise de l'anglais courant m'a permis, sans diplômes, d'intégrer l'école de ski d'Avoriaz et de donner des cours à des élèves ne s'exprimant que dans la langue de Shakespeare. 

J'avais trouvé ma voie ; à mesure que je passais mes diplômes d’enseignement du ski et que je progressais en tant que moniteur bilingue, je me suis essayé à l'allemand en acquérant une deuxième méthode Assimil, toujours sans les enregistrements audio, car je ne possédais pas encore de lecteur de cassettes. Entre-temps, j'ai enseigné le ski en Australie pendant deux saisons — durant l'hiver austral — suivies de deux séjours en Allemagne où je me suis inscrit au Sprachinstitut de Tübingen pour des sessions de six semaines. 

Là-bas, j'ai peaufiné mes capacités de conversation, prêt à ajouter cette compétence à mon arc dès le début de la saison d'hiver. J'ai ensuite jugé opportun d'ajouter l'italien à mes acquis ; je me suis donc procuré un troisième volume Assimil, cette fois avec les cassettes, puisque je pouvais enfin le écouter ! L'italien étant très proche du français et du patois savoyard, je n'ai pas ressenti le besoin d'approfondir outre mesure son étude de cette langue, mais je l’ai bien revendiquée comme une atout supplémentaire. 

Cela a coïncidé avec le moment où j'ai décroché un superbe poste chez Look, précisément parce que je parlais quatre langues ! J'ai fini par utiliser l'italien — et par le perfectionner considérablement — lorsque j'ai travaillé pour la marque de chaussures de ski Lange et que j'ai commencé à passer énormément de temps dans l'usine italienne de l'entreprise. 

Plus tard, vers la fin de ma carrière, j'ai passé pas mal de temps au Japon, ce qui m'a incité à apprendre les bases du japonais, même si j'ai trouvé cet exercice extrêmement difficile. Il y a deux ans, pour préparer des vacances en Andalousie, je me suis mis à l'espagnol ; les efforts fournis et le plaisir que je retire de l'apprentissage de cette nouvelle langue me motivent aujourd'hui encore à poursuivre dans cette voie. 

Comme on peut le constater, tout mon temps consacré aux langues n'a pas été en vain !

jeudi, août 27, 2026

L'IA comme outil d'achat (Troisième partie)

Les informations sommaires recueillies auprès des artisans, conjuguées aux indications fournies par l'estimation générée par l'IA, m'ont incité à aller visiter le fabricant de clôtures situé à Provo, à une heure de route de Park City. 

J'ai enfin compris ce que les installateurs n'arrivaient pas à m'expliquer au sujet du produit ; ce n'était pas par manque de connaissances, mais parce que ce produit, fruit d'une ingénierie astucieuse, était commercialisé par des ingénieurs incapables de raconter toute l'histoire de leur création ou d'en expliquer clairement le potentiel.

J'ai alors pris conscience de ce qu'est la « malédiction de Park City » aux yeux de ceux qui ne vivent pas dans notre station mais y travaillent en permanence, au contact d'une clientèle plus que aisée qui semble se moquer des tarifs pratiqués. 

Notre environnement conditionne ces entrepreneurs à facturer systématiquement le prix maximal que le marché peut soutenir. Ce faisant, ils perdent de vue que tous leurs clients potentiels ne sont pas tous des millionnaires. 

Ils gagneraient à tenir compte de cette réalité — à savoir que des gens « ordinaires » peuvent aussi côtoyer les ultra-riches — et à laisser la porte entrouverte à une éventuelle demande de remise. 

Pour être précis, il leur suffirait de poser des questions telles que : « Qu'est-ce qui ne vous convient pas dans mon devis ? » ou « Est-ce le coût qui vous empêche de concrétiser le projet que je vous ai présenté ? ». 

S'ils parviennent aisément à tirer profit des ultra-riches, tant mieux pour eux ; mais ils finissent manifestement par perdre des occasions de travailler davantage en effrayant le commun des mortels, comme moi et beaucoup d'autres ...

mercredi, août 26, 2026

L'IA comme outil d'achat (Deuxième partie)

En effectuant des recherches en ligne, j'ai repéré trois ou quatre artisans qui semblaient capables de réaliser mes travaux et qui bénéficiaient d'une assez bonne réputation. J'avais ainsi rédigé une demande de devis et je la leur ai transmise. 

La première entreprise à répondre a envoyé un métreur ; celui-ci a pris les mesures rapidement et très approximatives, m'a montré quelques échantillons et m'a adressé son devis quelques jours plus tard. Le montant était aussi élevé que je le craignais, voire davantage — bon, une somme exorbitante, comme c'est souvent le cas pour les factures de travaux de nos jours. 

J'aurais pu acheter les matériaux et construire moi-même cette foutue clôture, mais j'estimais avoir passé l'âge de m'infliger une telle punition. 

Je me suis donc tourné vers mes outils d'IA favoris et j'ai demandé au robot d'analyser le devis en détail, en lui fournissant le fichier PDF contenant l'estimation et les conditions de l'entreprise. 

Il a généré une analyse décomposant le coût de ce type précis de clôture, soulignant les lacunes de l'offre et estimant le coût total de la main-d'œuvre en se basant sur les tarifs en vigueur dans une localité aussi chère que Park City. 

L'IA m'a indiqué la marche à suivre pour négocier étape par étape — en précisant ce qu'il fallait dire ou éviter de dire — et m'a suggéré de cibler une réduction de 25 %, tout en notant que je pourrais déjà m'estimer heureux d'obtenir une remise de 20 %. 

C'est ce que j'ai fait avec la meilleure offre reçue et, après quelques discussions, j'ai fini par atteindre mon objectif le plus bas. Merci l'IA ! Demain, je partagerai avec vous les enseignements tirés de cette première expérience approfondie de cette technologie impressionnante pour négocier ...

mardi, août 25, 2026

L'IA comme outil d'achat (Première partie)

Réaliser un achat d'envergure est complexe, cela implique une chaîne de composants et ce n'est jamais chose simple. Cela fait souvent intervenir diverses structures de prix indépendantes les unes des autres.

La construction, les grands projets ou les rénovations résidentielles en sont des exemples parfaits, tant ils intègrent une multitude d'éléments sujets à de nombreuses variations. S'ils ne sont pas bien gérés, ces projets peuvent voir leur coût final grimper en flèche, surtout compte tenu de leur caractère unique et occasionnel. 

Au début du mois, j'ai décidé de construire une clôture d’environ 80 mètres de long dans mon jardin. À l'extrémité sud de mon terrain se trouvait une vieille clôture en bois de 27 mètres de long et d’un mètre de hauteur. 

Vieille de 45 ans, elle était totalement pourrie et menaçait de s'effondrer, si bien qu'il me fallait impérativement intervenir. Bien que je n'ai jamais aimé cette clôture basse, elle avait le mérite de séparer commodément ma propriété de celle de mon voisin au sud. 

Comme toujours, une idée en entraînant une autre, je me suis dit : « Tant qu'à faire... » et j'ai décidé d'en faire une clôture plus haute d’un mètre quatre-vingt, capable de me protéger des chevreuils qui nous enquiquinent depuis 5 ou 6 ans. C'est ainsi qu'est né le projet. 

Demain, nous verrons comment j'ai fait appel à l'IA pour en estimer les coûts ...

lundi, juin 15, 2026

Comment mieux s’informer (Cinquième partie)

Nous souhaitons tous nous forger une opinion éclairée et nous allons aujourd'hui aborder une méthode qui nous permettra de dépasser les discours partisans. Nous partirons du problème, et non des positions, en nous posant les questions suivantes : 

  • « Quel est le problème sous-jacent ?» 
  • « Quels sont les intérêts des acteurs impliqués ?» 
  • « Quelles contraintes influencent leur comportement ?» 

Nous identifierons ensuite les compromis, et pas simplement la « bonne réponse ». Chaque problème réel comporte des prix à payer, des avantages, des gagnants et des perdants. Ainsi, une opinion éclairée repose sur l'analyse des compromis, et non sur la prise de parti. Rien n'est jamais tout noir ou tout blanc, et les erreurs sont inhérentes à la vie. 

Nous sommes alors prêts à distinguer les faits des interprétations, car les faits sont vérifiables, les interprétations sont des récits et les prédictions ne sont que des conjectures, alors que la plupart des médias ont tendance à mélanger les trois. En fin de compte, n'oublions pas que nous ne cherchons pas de « l’information », mais du sens, et le sens ne se mesure pas en quantité. 

Le sens découle plutôt du contexte, de la synthèse, de la réflexion, de la conversation et des cadres de référence. Si ce sujet de discussion nous intéresse, cela montre aussi que nous en avions déjà l'intuition. Ce qu'il nous faut construire et avec quoi nous sentir à l'aise, c'est une structure qui protège notre attention et canalise notre curiosité. 

Les ressources sont nombreuses ; choisissez-en quelques-unes où vous sentez à l’aise, que vous maîtrisez et tenez-vous-y. Bonne chance !

dimanche, juin 14, 2026

Comment mieux s’informer (Quatrième partie)

Dans cette section, nous verrons comment conserver un regard critique. Si nous cherchons une méthode pour y parvenir (sans devenir cynique), il faut savoir que la pensée critique n'est pas du scepticisme, mais une forme de curiosité structurée. Voici une méthode simple applicable à tout sujet : appelons-la « La méthode des 5 questions ». Face à une information, posons-nous les questions suivantes : 

  • « Est-ce important ou simplement urgent ?» 
  • « S'agit-il d'une information nouvelle ou de vieilles informations recyclées ?» 
  • « À quelle tendance de fond cela se rattache-t-il ?» 
  • « Quelles seraient les conséquences pour moi si j'ignorais cette information ?» 
  • « Quel est l'argument le plus convaincant contre la position présentée ?» 

Si une information ne répond pas aux trois premières questions, nous pouvons l'ignorer sans problème. Ensuite, pour tout sujet que nous souhaitons comprendre, nous appliquons la règle des « deux sources, deux perspectives » : 

Commençons par lire une source reconnue, puis une source externe ou contradictoire. 

Nous lisons une analyse de gauche, puis une analyse de droite. Ce n'est pas pour « équilibrer » les choses, mais pour les recouper. 

Enfin, nous apprenons le principe de la « prise de conscience progressive » : lorsqu'un sujet est émotionnellement chargé, nous attendons 48 heures avant de nous forger une opinion, car la plupart des premières impressions sont erronées, incomplètes ou manipulées. 

Si cela vous semble un luxe, sachez que je n'ai pas non plus vraiment le temps de m’y consacrer ! Dans le prochain article, nous découvrirons une méthode pour se forger des opinions éclairées. Ce n'est donc pas fini.

samedi, juin 13, 2026

Comment mieux s’informer (Troisième partie)

Face au déluge d'informations qui nous assaille, il est évident que nous devons construire une architecture d'information personnelle. Au lieu de dire « Quels sont les bons médias ? », nous devrions nous demander « De quelles informations ai-je besoin pour bien vivre, penser clairement et agir de manière pertinente ?» 

Partant de là, nous devrions structurer nos sources d'information autour de ces questions. Cela commence par trois niveaux d'information fonctionnant comme un filtre efficace : 

Niveau 1 — Informations structurelles (à forte valeur ajoutée, sans bruit de fond) Il s'agit des forces à long terme qui façonnent notre monde, telles que la démographie, l'économie, la technologie, le climat, la géopolitique et les institutions. J’ai appris que de bonnes sources pour ces informations sont The Economist (hebdomadaire), le Financial Times (édition du week-end), Foreign Affairs (magazine, 6 numéros par an), MIT Technology Review (magazine bimestriel) et les podcasts longs (Ezra Klein, Sean Carroll, Conversations with Tyler). Actuellement, je ne suis abonné à aucun de ces médias et je ne les lis jamais, à l'exception occasionnellement de l’Economist. Il faudrait que je m'y intéresse sérieusement mais mon temps pour cela à d’énormes limites ! 

Niveau 2 — Analyses ciblées (pertinence moyenne, bruit de fond moyen) Ces analyses sont conçues pour nous aider à interpréter les événements sans nous y noyer : il s'agit de newsletters rédigées par des experts du domaine, des auteurs de Substack de confiance (plateforme de publication en ligne permettant aux auteurs, podcasteurs et créateurs de vidéos de publier du contenu directement auprès de leur public via des newsletters et un site web dédié). On trouve également des analyses explicatives de think-tanks (Brookings, RAND, CSIS) qu'il convient de survoler. 

Niveau 3 — Actualités quotidiennes (faible pertinence, bruit de fond élevé) C'est ce que j'utilise et, d'après les experts, c'est là que l'on peut se perdre dans les méandres d'informations. Un environnement de recherche apparemment simple qui peut conduire à une chaîne complexe et chronophage de découvertes connexes, rendant difficile d'arrêter d'explorer ou de revenir à sa tâche initiale. Parmi ces sites d'actualités quotidiennes, on peut citer AP News, Reuters, la BBC et NPR Morning Briefing. 

Ce sont des informations factuelles, sans sensationnalisme ni manipulation, et AP News ainsi que NPR font partie de mon menu médiatique quotidien et vont sans doute y rester. Dans le prochain article, nous essaierons de privilégier une approche critique directe et simple …

vendredi, juin 12, 2026

Comment mieux s’informer (Deuxième partie)

Hier, nous nous sommes interrogés sur la manière de trouver une méthode structurée et pratique pour recueillir des informations de qualité. Il ne s'agit pas nécessairement d'une liste de « meilleurs médias », mais d'identifier un système qui nous permette de rester informés sans nous noyer sous un flot d'informations. 

Or, aujourd'hui, dans notre quête d'informations de qualité, trois forces nous freinent : A. Le problème du flux incessant d'informations De loin le pire de tous, il s'agit d'un excès d'informations, diffusées de manière trop intensive. 

L'actualité n'est plus un résumé quotidien, mais un flux continu 24h/24 et 7j/7, optimisé pour susciter l'engagement plutôt que pour stimuler la réflexion et approfondir la compréhension. 

Ce flux crée une nouveauté constante, un contexte superficiel, une surcharge émotionnelle et l'illusion que tout est urgent. Résultat : notre cerveau est constamment en train de trier les informations sans avoir le temps de les digérer. B. Le problème de la fragmentation Chaque sujet est décomposé en micro-controverses, chacune engendrant ses propres complications. 

C'est la recette idéale pour se retrouver avec encore plus d'informations, des données éparpillées, moins de sens, plus d'incertitude et beaucoup moins de confiance. C. Le manque d'applicabilité Par « applicable », j'entends fournir les informations, les outils ou les éléments nécessaires pour obtenir un résultat concret et immédiat. 

Ceci étant dit, il est vrai que la plupart des actualités ne sont ni exploitables, ni pertinentes pour notre vie, et totalement déconnectées des tendances à long terme. Résultat : une fois la lecture terminée, nous avons l'impression que rien n'a vraiment changé. 

Pour remédier à ces problèmes, nous verrons dans notre prochain article comment développer une méthode bien plus efficace pour produire une information qui nous soit utile. Restez connectés !

jeudi, juin 11, 2026

Comment mieux s’informer (Première partie)

Force est de constater qu'il est de plus en plus difficile de trouver une information suffisamment pertinente pour susciter notre réflexion et bien nous aider à nous forger une opinion éclairée sur les enjeux quotidiens, qu'ils soient politiques ou sociétaux. L'information est si abondante qu'il devient de plus en plus ardu de distinguer ce qui est important, utile et surtout exploitable. 

C'est pourquoi je me demande s'il existe une meilleure façon d'accéder à l'essentiel sans avoir l'impression de perdre mon temps à me perdre dans des digressions qui ne font qu'accroître mes incertitudes sans améliorer ma compréhension. Où trouver les bons médias ? Comment conserver un regard critique ? 

J'ai le sentiment de décrire un sentiment partagé par beaucoup d'entre nous : l'impression que l'information abonde, mais que la compréhension est rare. Non pas par manque de curiosité ou d'intelligence, mais parce que l'environnement informationnel moderne est conçu pour fragmenter l'attention, amplifier le bruit ambiant et privilégier la réaction émotionnelle au détriment du jugement réfléchi. 

Avant d'approfondir notre recherche de solutions, voici un bref résumé de ce qui serait possible pour y voir plus clair. Restreindre nos sources d'information, structurer notre consommation d'actualités et adopter une méthode réfléchie pour se forger une opinion, en s'affranchissant du flux incessant d'informations. 

C'est ce que nous commencerons à explorer dans notre prochain article.

mercredi, juin 03, 2026

Un bel outil de communication (Deuxième partie)

Voici une série de questions pratiques pour clarifier les choses quand une conversation s'envenime. 

Courtes et neutres, elles sont conçues pour apaiser les tensions, inviter à la réflexion et maintenir un dialogue courtois et constructif : 

  • « Que voulez-vous dire par là ?» Cette question témoigne de curiosité, et non de confrontation. Elle aide l'autre personne à développer ses idées. 
  • « Peux-tu clarifier ton point de vue ?» Elle ouvre la porte à l'explication et montre que nous sommes à l'écoute. 
  • « Pourquoi est-ce important pour toi ?» Elle déplace le débat de l'argument vers les valeurs ou les préoccupations sous-jacentes. 
  • « Je ne suis pas sûr(e) de comprendre — pourriez-vous reformuler ?» Cette question permet de gagner du temps, de réduire la tension et d'inviter à reformuler. 
  • « Quel résultat te semblerait juste ?» Cette réponse permet de passer du conflit à la résolution de problèmes. 
  • « Comment cette situation va t’affecter personnellement ?» On humanise le problème, le rendant moins abstrait et plus empathique. Recommandations importantes : Le ton est primordial : posons la question calmement, sans sarcasme. 

Le timing est crucial : utilisons cette technique de questionnement dès qu’on sent que la conversation s’envenime. Le suivi est essentiel : après avoir posé la question, écoutons activement et ne nous précipitons jamais pour répondre. 

Ces conseils sont de simples soupapes de sécurité conversationnelles. Ils ne solutionnent pas les désaccords, mais les empêchent de dégénérer. Pour conclure, voici une méthode simple, étape par étape, à appliquer en temps réel dès qu’une conversation commence à se tendre. Utilisons la comme une formule de désescalade : 

  1. Faire une pause et respirer. Avant de répondre, prendre son temps. Même juste 2 secondes apaiserons les tensions. 
  2. Clarifier en douceur. Poser une question neutre : « Que veux-tu dire par là ?» Cela ralentit le rythme et manifeste de la curiosité plutôt qu’une confrontation. 
  3. Explorer les sentiments et inviter l’interlocuteur à les partager : « Pourquoi est-ce important pour vous ?» Cela déplace l’attention du conflit vers des valeurs sous-jacentes. 
  4. Reformuler ce que nous avons entendu : « Vous avez donc le sentiment d’être ignoré(e) ?» Reformuler montre que nous écoutons activement, même si nous ne sommes pas d’accord. 
  5. Orienter vers les solutions Demandons : « Quelle solution te semblerait équitable ?» Cela fait passer la conversation du conflit à la résolution de problèmes. 
  6. Conclure avec respect en terminant calmement : « J’apprécie ton explication ; voyons comment nous pouvons trouver une solution.» 

Cela nous montre une excellente alternative à la technique colérique et insultante qu’utilise Trump, car elle renforce la dignité tout en maintenant le dialogue ouvert. Nous avons maintenant de tous les outils nécessaires pour essayer cette méthode. Bonne chance !

mardi, juin 02, 2026

Un bel outil de communication (Première partie)

 Voici une excellente stratégie pour désamorcer la plupart des conflits : poser des questions simples comme : « Que veux-tu dire ? », « Pourquoi penses-tu ainsi ? », « Je ne comprends pas bien ?», etc. 

Lorsqu’une tension s’installe, qu’elle soit réelle ou perçue, il est facile de faire dégénérer une conversation en un échange déplaisant et conflictuel. Certaines questions sont posées dans le but de provoquer, que ce soit involontairement, sous l’effet du stress ou par pure méchanceté. 

Il me semble bon de répondre par une question visant à clarifier la situation ou à gagner du temps. En effet, ces questions de clarification peuvent se révéler étonnamment efficaces dans les conversations tendues, et voici pourquoi : elles ralentissent le rythme lorsque les émotions sont fortes, car on a souvent tendance à parler plus vite et plus fort.

Un simple « Que voulez-vous dire ?» crée une pause, offrant à chacun un moment de répit. Cela recentre aussi la conversation : au lieu de contre-attaquer ou de se défendre, on invite l’autre personne à s’expliquer. Cela transforme la dynamique de la confrontation en exploration. De plus, ces questions permettent de valider un point de vue sans pour autant l'approuver. 

En effet, demander « Pourquoi penses-tu de cette manière ? » montre qu'on écoute, même si on ne partage pas cet avis. Cette simple reconnaissance contribue à apaiser les tensions. Comme mentionné plus haut, ces questions peuvent nous faire gagner du temps. Par exemple, dire « Je ne comprends pas bien » est une façon délicate de dire : « J'ai besoin d'un moment avant de répondre. » 

Cela évite les réactions impulsives qui dégénèrent souvent en conflit. Enfin, elles révèlent les intentions de provocation, car la question de clarification va montrer que nous avons décelé cette intention et que nous l'avons désamorcée avec tact. En théorie de communication, cette approche est appelée écoute active ou questionnement défensif. 

C'est une façon de transformer des désaccords potentiels en dialogue. Le ton est essentiel : les mêmes mots peuvent paraître curieux ou sarcastiques selon la façon dont ils sont énoncés. Bien que cette stratégie astucieuse ne garantisse pas l'accord, elle permet souvent d'éviter que les conversations ne dégénèrent et de un climat de respect mutuel. 

Dans le prochain article, nous passerons en revue une série de questions pour des situations spécifiques, alors restez connectés …

vendredi, avril 24, 2026

La diplomatie selon Trump (Troisième partie)

L'incursion de JD Vance dans le domaine des relations diplomatiques a débuté lorsqu'il a prononcé un discours assez controversé lors de la Conférence de Munich sur la sécurité en février 2025, donnant le ton d'un style résolument conflictuel. Lors de cette réunion, il a interpellé ses alliés européens, les accusant d'ignorer la volonté démocratique, d'échouer sur la question de l'immigration et d'étouffer toute voix dissidente. 

Son allocution, qui mettait l'accent sur des perspectives populistes, a été qualifiée de « choc » ; elle a suscité la condamnation des responsables de l'UE tout en s'attirant les éloges des médias russes. Elle l'a clairement positionné comme l'antidote à l'art de la persuasion diplomatique classique. Ce fut la salve d'ouverture d'une série de revers sur la scène internationale qui ont amené l'opinion publique à s'interroger sur sa capacité à communiquer de manière intelligente.

J'ai lu son livre, Hillbilly Elegy, et j'en ai conclu qu'il n'avait rien appris de son enfance et de sa jeunesse difficiles. Envoyé en Hongrie pour soutenir le Premier ministre sortant, Viktor Orbán, il s'est ensuite rendu à Islamabad, où il a échoué à organiser un premier cycle de pourparlers avec les Iraniens. Comme l'a souligné la presse, le vice-président américain a, au cours de ces missions dignes de « Mission : Impossible », « bu jusqu'à la lie le calice empoisonné de la politique étrangère trumpiste ». 

Vance est rentré bredouille de ses deux missions à l'étranger, à la suite de l'échec des pourparlers concernant la guerre en Iran — tenus à Islamabad, au Pakistan, le 12 avril — et de la défaite retentissante du Premier ministre hongrois sortant Viktor Orbán, lors des élections législatives organisées en Hongrie ce même jour. 

Ces deux échecs successifs constituent « des revers majeurs pour le vice-président — largement considéré comme l'héritier présomptif de Trump — qui a été dépêché aux quatre coins du globe la semaine dernière pour entreprendre des missions dont les chances de succès étaient minces », analyse le Financial Times. Ceci d'autant plus que JD Vance, converti au catholicisme, est rentré à Washington juste à temps pour assister au bras de fer entre l'occupant de la Maison-Blanche et le pape Léon. 

Une fois de plus, Vance affiche une allure dure et résolue, mais cela est bien loin des qualités requises pour devenir un négociateur diplomatique efficace. À sa décharge — ainsi qu'à celle de Kushner et de Witkoff —, tous trois pâtissent d'un Département d'État exsangue, après le licenciement de 1 300 fonctionnaires en 2025 visant à réduire la bureaucratie à Washington. 

Les critiques — y compris des membres de l'Association du service extérieur américain — soutiennent que cette réorganisation, qui a frappé des bureaux stratégiques tels que ceux consacrés à la Syrie et aux droits de l'homme, a sapé le moral des troupes, tari l'expertise régionale et réduit l'efficacité de la diplomatie américaine. Pour l'heure, Vance n'a d'autre choix que de continuer à faire le dos rond tout en apprenant sur le tas — s'il entend conserver sa casquette de négociateur !

jeudi, avril 23, 2026

La diplomatie selon Trump (Deuxième partie)

En tant que membres de la famille et de l'entourage de Trump, il n'a pas fallu grand-chose pour transformer Jared Kushner et Steve Witkoff — deux promoteurs immobiliers — en négociateurs de stature internationale. 

Aujourd'hui, la capacité de ce duo à mener des négociations diplomatiques fait l'objet d'un débat intense, qui divise largement l'opinion entre les trumpistes — qui les considèrent comme de grands « négociateurs » — et les critiques, qui les trouvent hyper légers en matière de savoir-faire ainsi que d'avoir échoué sur d'importantes initiatives. 

Commençons par Jared Kushner : sa mission, au sein de la première administration Trump (2017-2021), consistait à élaborer les Accords d'Abraham, destinés à normaliser les relations entre Israël et plusieurs nations arabes. Au cours du second mandat (depuis 2025), il a travaillé sur les dossiers de Gaza, de la Russie et de l'Ukraine, ainsi que sur l'Iran ; il a par ailleurs été nommé Envoyé Spécial pour la paix à l'époque où Trump courrait après le prix Nobel. 

Il ne me semble pas avoir inventé la poudre. L'un des atouts majeurs de Kushner réside dans sa façon de faire deux choses à la fois : il aime gérer ses affaires immobilières tout en menant, parallèlement, des négociations diplomatiques pour le compte de son beau-père. Bien entendu, les partisans du mouvement MAGA le considèrent comme un « négociateur de classe internationale » doté d'une compréhension approfondie des questions politiques au Moyen-Orient. 

Des critiques plus avisés soutiennent toutefois que ses efforts diplomatiques — notamment en ce qui concerne l'Iran — ont été bâclés en raison d'un manque de compétence technique, ce qui a eu pour effet d'envenimer les conflits plutôt que de favoriser la paix ; de plus, ces initiatives auraient été entachées par ses vastes projets commerciaux avec les États du golfe Persique, auprès desquels sa société, Affinity Partners, a obtenu des financements. Voilà ce que l'on appelle des conflits d'intérêts en bonne et due forme !

Quant à Steve Witkoff, c'est avant tout un promoteur immobilier new-yorkais qui ne possédait aucune formation en politique étrangère ou en diplomatie avant 2025, date à laquelle il a été nommé Envoyé Spécial pour le Moyen-Orient et pour les missions de paix. Il a été chargé de jouer les médiateurs dans la guerre à Gaza, le conflit russo-ukrainien ainsi que dans les négociations avec l'Iran. Rubio — le fidèle toutou de Trump — lui attribue l’emploi de méthodes novatrices (?) pour faire progresser les intérêts des États-Unis. 

Il est décrit comme un négociateur « coriace » qui s'attache à comprendre les attentes de la partie adverse — une approche héritée de sa carrière dans l’immobilier — ce qui signifie, pour lui, que la diplomatie ne diffère en rien de la vente de maisons, d'appartements ou d’autre biens immobiliers. C’est précisément ce qui amène les critiques lucides à soutenir que Witkoff a confondu diplomatie et transaction immobilière, citant sa gestion « amateur » de dossiers complexes et techniques, tels que l’enrichissement nucléaire. 

On lui reproche d’avoir adopté des positions pro-russes lors des négociations, de n’avoir pas saisi les subtilités du protocole diplomatique et d’être perçu — tout comme Kushner — par certains comme un « agent d’influence israélien » poussant les États-Unis vers la guerre et soutenant Israël sans condition, plutôt que d’agir en tant que partie neutre. 

Ce duo plutôt incompétent incarne ce qu’on peu qualifier de « diplomatie transactionnelle », privilégiant les relations personnelles et leur « instinct » aux méthodes de négociation traditionnelles, bureaucratiques et pilotées par le Département d’État. Les partisans de Trump voient leur force dans la relation directe et privilégiée qu’ils entretiennent avec le Président, laquelle leur permet d’agir avec une autorité et une rapidité inaccessibles aux diplomates de carrière. 

Toutefois, s’ils ont contribué à l’obtention d’un cessez-le-feu et d’un échange d’otages à Gaza en 2025, leurs négociations sur des dossiers plus vastes — notamment avec l’Iran — ont été associées à une escalade de la violence régionale. Dans un prochain article, nous verrons si JD Vance s’avère un peu plus moins mauvais pour mener ce type de négociations diplomatiques…

mercredi, avril 22, 2026

La diplomatie selon Trump (Première partie)

Avant d'aborder la stratégie — ou son absence — qui est derrière les « marchés » que veut conclure Trump par le biais de négociations de haut niveau au niveau international, passons en revue les qualités requises pour bien négocier diplomatiquement. Cela implique une combinaison d'intelligence stratégique, d'empathie profonde et de résilience émotionnelle, afin de préserver de complexes relations et de sérieux enjeux, plutôt que de simples transactions commerciales. 

Voici donc quelques règles issues du bon sens. 

• Compréhension culturelle et empathie : Un bon diplomate doit comprendre les motivations, le contexte historique et les pressions internes qui animent la partie adverse. Cette empathie permet d'anticiper les arguments et de créer des solutions « gagnant-gagnant » qui permettent à toutes les parties de sauver la face. 

• Préparation et analyse rigoureuses : Les meilleurs négociateurs sont mieux préparés que leurs adversaires ; ils connaissent parfaitement les intérêts de leur propre pays et analysent toutes les données disponibles. 

• Patience et tempérament stratégique : La diplomatie exige la « patience d'un horloger » et j’en sais quelque chose moi qui ai fait l’école d’horlogerie de Cluses ! Cela requiert un tempérament calme et la faculté de bien se servir du silence, du « timing » et de pauses calculées pour faire avancer les objectifs sans paraître impulsif. 

• Écoute active : Les bons diplomates écoutent plus qu'ils ne parlent. L'écoute est un outil puissant pour déceler les motivations cachées, capter les signaux non verbaux et instaurer la confiance, plutôt que d’attendre son tour pour prendre la parole. • Intégrité et fiabilité : Pour bâtir des relations durables, un négociateur fait preuve d'honnêteté et d'équité, afin qu'on puisse lui faire une confiance absolue. 

• Flexibilité et créativité : Les négociateurs doivent pouvoir faire des compromis sans sacrifier les intérêts essentiels, en ouvrant des voies créatives et « hors des sentiers battus » pour briser les impasses. 

• Maîtrise de la communication : Cela n’implique pas que la maîtrise des langues, mais surtout le don d'utiliser un langage précis et mesuré pour être ferme sans offenser, ainsi que de savoir saisir subtilités et nuances. 

• Endurance et courage : Souvent, les négociations diplomatiques représentent des sessions de 12 à 16 heures sous haute pression, exigeant une résilience tant mentale que physique. 

En conclusion, la diplomatie de haut niveau est une relation à long terme, pas une transaction ponctuelle et isolée. Elle exige beaucoup de patience et un travail acharné ; elle ne saurait être déléguée à des individus inexpérimentés, aussi « intelligents » soient-ils. 

Idéalement, les négociateurs diplomatiques devraient puiser leurs compétences et leur expérience au sein du ministère des affaires étrangères, afin de maîtriser la complexité des relations internationales, la connaissance institutionnelle, et de bénéficier d'une confiance établie dans le temps auprès de leurs homologues étrangers. 

Malheureusement — et trop souvent —, les équipes de négociation se composent d'un mélange de professionnels de carrière et d’homme politiques, dépourvus de ce bagage essentiel. L’idée est de garantir que l'issue des négociations serve les intérêts nationaux et s'inscrive dans la durée, bien après que la question immédiate a été résolue. 

Demain, nous verrons si Trump est capable de telles missions et si les personnes qu’il charge d'accomplir ce travail en sont capables. Nous commencerons par évaluer les performances de Kushner et Witkoff par rapport aux critères que nous venons de passer en revue …

mardi, avril 07, 2026

Ce qu'on apprend en lisant (Deuxième partie)

Il est en réalité très facile d’apprécier un livre comme « The Other Side of Change » de Maya Shankar et en ressortir avec le sentiment qu’on s’est souvenu de rien de ce que nous avons lu. Et cette sensation d’apport nul ne témoigne pas d’un échec de ma part à comprendre, mais constitue plutôt un indice quant à la manière dont mon esprit traite les idées qui lui sont proposées. 

Tentons d’explorer cette question de style de communication, pour ensuite offrir une approche plus efficace pour réfléchir et débattre des conséquences du changement. Les récits présentés dans ce livre ne s’inscrivent dans aucun cadre structuré. Toutefois, la lecture en fut agréable et émotionnellement touchante, mais difficile à restituer et cognitivement insaisissable. 

Je dois avoir davantage besoin de cadres conceptuels, de systèmes et de processus remplis de sens. Un livre qui n’offre pas explicitement ces éléments laisse généralement peu d’empreinte durable chez moi. Pour commencer, le sujet abordé (le changement) est par nature trop universel. Lorsqu’un livre décrit des expériences que nous avons vécues en profondeur et nombre d’entre nous ont mené une vie jalonnée de réinventions, d’adaptations et de résilience à cet égard, les idées exposées peuvent nous sembler être du « déjà vu ». 

En conséquence, notre esprit réagit ainsi : « Oui, oui, j’ai déjà vécu ça, c’est pas nouveau ! » Il est vrai que la familiarité nuit à la mémorisation. Une autre façon d’analyser l’impact des livres sur notre esprit consiste à dire que, sans frottements, il n’y a pas de rétention. Nous avons tous tendance à mieux retenir les idées qui nous bousculent, nous provoquent ou contredisent nos a priori. Lorsque le ton d’un livre est doux, bienveillant et non conflictuel, il ne vient pas heurter notre vision du monde, ne nous incite pas, sans provocation, à redoubler d’attention. 

On pourrait dire qu’une lecture agréable ne génère presque aucune tension cognitive et ne laisse que peu de traces en nous. Un livre trop facile à lire agit davantage comme un miroir que comme un outil d’ouverture d’esprit. S’agissant précisément du thème du « changement », un ouvrage devrait être à la fois philosophique (pourquoi le changement est-il important ?), psychologique (comment le changement affecte-t-il l’identité ?) et pratique (comment naviguer à travers le changement ?). 

Ce livre couvrait les deux premiers aspects, mais m’a laissé sur ma faim quant au troisième. Dans un prochain article de ce blog, nous reviendrons sur le sujet de cet ouvrage pour explorer, cette fois-ci, la manière concrète de débattre des conséquences du changement.

lundi, avril 06, 2026

Ce qu'on apprend en lisant (Première partie)

Je viens de terminer la lecture de « The Other Side of Change » (l’autre côté du changement), un livre de Maya Shankar, une américaine spécialiste en sciences cognitives. Cet ouvrage explore la manière dont des bouleversements majeurs et inattendus dans nos vies peuvent mener à de profondes transformations personnelles. 

Mêlant récits intimes et recherches scientifiques, ce récit propose un guide pour traverser les périodes de tumulte et découvrir en soi un sens nouveau ainsi qu'un potentiel insoupçonné. 

Maya Shankar, animatrice du podcast « A Slight Change of Plans », s'appuie sur les témoignages de personnes confrontées à des épreuves telles que la perte d'un emploi, la maladie ou la fin d'une relation, pour illustrer des leçons universelles sur la résilience, l'identité et l'épanouissement, invitant ainsi les lecteurs à envisager le changement comme une occasion de réinventer la personne qu'ils peuvent devenir. 

J'ai pris plaisir à lire ce livre, mais je dois avouer que son contenu m’est passé par une oreille et sorti par l’autre. L'ouvrage relevait davantage de l'expérience vécue que de l'enseignement didactique, l'auteure ayant opté pour un style narratif et réflexif. C'est un livre chaleureux, empreint d'empathie et porté par des récits intéressants, mais n'est en aucun cas prescriptif. 

J’ai bien aimé la fluidité du texte, mais n'y a trouvé aucun « point d'ancrage » clair sur lequel m'appuyer pour mémoriser l'information. Cela vous est-il déjà arrivé ? Retenir les connaissances qu’on apprend en lisant est un sujet que je souhaite approfondir afin de vous faire part de mes frustrations et de mes découvertes. 

Ce sujet sera traite un peu plus en détail dans mon prochain blog.

mardi, janvier 27, 2026

Qui empoisonne la source de l'humanité ?

Pas un jour ne passe sans que je me demande si le cycle dépressif actuel, dans lequel le monde entier semble plonger, n'est pas dû au fait que nous sommes asphyxié par Donald Trump, qui intimide des nations entières, monopolise l'espace médiatique et représente une menace omniprésente. 

Beaucoup se sentent épuisés, tendus ou découragés, et lorsqu'une seule figure politique domine les gros titres, les conversations et les réseaux sociaux, il est naturel de penser que cette saturation contribue au poids émotionnel que nous ressentons. L'humeur mondiale est morose et anxieuse car la saturation médiatique amplifie le stress quand un seul homme domine l'actualité, apparaissant de tous cotés. 

Lorsque chaque controverse devient un sujet de conversation mondial, les algorithmes des réseaux sociaux privilégient les contenus les plus chargés émotionnellement, ce qui crée un sentiment d'être « assiégé », même si l'impact politique réel varie selon les régions. 

La plupart d'entre nous interprètent cela comme un fardeau émotionnel personnel, alors qu'il s'agit en réalité d'un fardeau véhiculé par nos médias. 

Ceux-ci sont indéniablement coupables de mettre en avant les conflits, l'indignation, les menaces, les scandales et la polarisation. Lorsque la couverture médiatique est uniquement négative, les gens se sentent tendus. Ce malaise est aggravé par l'incertitude mondiale, car la plupart d'entre nous font face à l'instabilité économique, à l'anxiété liée au changement climatique, aux mutations technologiques rapides, à la fragmentation sociale et à la fatigue post-pandémique. 

Quand ces pressions s'accumulent, la présence d'une figure publique aussi polarisante que Trump peut être la goutte d'eau qui fait déborder le vase. Cela crée une véritable contagion émotionnelle, car l'ambiance générale est exacerbée par des amis stressés, des flux sociaux négatifs et colériques, des informations alarmantes et des conversations contaminées par tout ce bruit de fond. 

Encore une fois, pour protéger notre équilibre intérieur et notre santé mentale, nous ne pouvons retrouver la sérénité qu'en limitant notre exposition aux informations en continu, en nous ressourçant auprès de notre famille, de nos amis proches et de notre communauté, en nous concentrant sur des actions concrètes et significatives et en nous rappelant que le monde est plus vaste que le cycle étroit de l'actualité. 

Si nous ressentons la lourdeur de notre époque, ne restons pas impuissants face à elle !

dimanche, janvier 04, 2026

Bilan d'année en « moments choisis »

Je connais un type qui m'envoie chaque année un compte rendu impressionnant de son année écoulée. Ce document, mélange de photos et de texte, présente toutes ses réalisations et celles de sa famille au cours des douze derniers mois : grands événements, voyages exotiques ou coûteux, activités sportives, etc., le tout dépeignant un style de vie presque princier qui, à mon avis, suscite plus d'envie et de jalousie que d'admiration. 

Il est facile de discerner tout un écosystème de psychologie sociale derrière ces bilans de fin d'année impeccables et hyper-soignés, qui s'apparentent moins à un véritable partage qu'à de la pure vantardise. 

Ce sont des récits construits pour communiquer un mélange de statut (« Regardez comme nous réussissons bien »), de compétence (« Nous sommes cool, organisés, performants »), d'appartenance à une certaine classe sociale (« Nous voyageons partout, nous faisons ceci et cela, nous vivons comme ça ») et de maîtrise (« Notre vie est bien organisée et impressionnante »). 

Cette mise en scène n'est pas délibérément mal intentionnée, mais elle est soigneusement orchestrée. Et cette mise en scène a toujours un public en tête. Comme la plupart des gens, ma réaction face à la perfection n'est pas le réconfort, mais le scepticisme et la distance. 

J'ai du mal à m'identifier à l'histoire de l'expéditeur ; son auto-promotion excessive active mon instinct de comparaison et donne à n’importe qui le sentiment d'être « inférieur », instaurant une compétition tacite, même si personne ne l'admet. Nous avons tendance à nous connecter à travers les difficultés partagées, et non grâce aux triomphes sans faille. 

Tout cela en dit long sur l'expéditeur : une insécurité déguisée en réussite, car les personnes qui se sentent profondément en sécurité ont rarement besoin de produire un rapport annuel aussi flatteur sur leur vie. Après avoir parcouru le document, j'ai levé les yeux au ciel et lui ai répondu ainsi : 

« Merci d'avoir partagé votre année avec nous ! Quels douze mois impressionnants… Je suis sûr que la lecture de tout cela rend beaucoup de gens envieux, voire carrément jaloux ! Notre message, ci-dessous, ne contient pas de grands moments, mais davantage de difficultés qui nous ont beaucoup appris. Nous essayons de nous concentrer sur les aspects authentiques de la vie, les moments chaotiques, drôles et inattendus, car nous trouvons que ce sont eux qui nous rapprochent des autres. Bonne année ! »

samedi, décembre 27, 2025

Une vidéo de fin d’année de plus …

Depuis des années, nous envoyons une petite vidéo pour remplacer les traditionnelles cartes de Noël ou de vœux. Si on m'avait posé la question, j'aurais pensé que nous avions débuté cette tradition il y a environ douze ans. 

Après avoir consulté mes archives, j'ai découvert que nous avions en fait commencé en 2010, ce qui fait de cette année notre seizième vidéo des Fêtes. Au début, nos messages – comme tant d'autres – consistaient principalement en un résumé de tout ce que nous avions fait les douze derniers mois : activités sportives, voyages et autres moments marquants. 

Heureusement, le format a évolué vers quelque chose de plus réfléchi, offrant une vision plus approfondie de notre ressenti sur l'année écoulée. C'est beaucoup plus agréable à regarder, évitant ainsi vantardises et autres exploits tout en passant sous silence les moments moins glorieux. 

Aujourd'hui, nos vidéos durent seulement quelques minutes et sont produites en deux versions : anglais et français. Voici l'édition 2025. Quelle que soit sa qualité, chaque vidéo représente beaucoup de travail. Au début, il me fallait plus de 50 heures pour l'écrire, la produire et l'envoyer. 

Avec l'expérience, j'ai réussi à réduire ce temps à environ 25 heures – ce qui représente tout de même un investissement de temps non négligeable. Combien de temps encore cet effort annuel se poursuivra-t-il ? Comme on dit : l'avenir nous le dira ! 

vendredi, décembre 26, 2025

Le double sens de « Woke » (Troisième partie)

La première raison de la confusion autour du terme « Woke » est que ce mot est devenu un « signifiant flottant ». 

Cela veut dire qu’il ne s'agit pas seulement d'un mot, mais d'un symbole ou d'une image au sens vague et instable. Différents groupes peuvent alors se l'approprier à leurs propres fins, permettant ainsi de véhiculer d’importants messages, parfois contradictoires, à un public diversifié, en fait, selon ce que l'orateur souhaite lui faire signifier à un moment donné. Un nœud impossible à démêler ! 

La deuxième raison est qu'il est utilisé davantage comme un signal que comme une définition. Il sert à indiquer à quel « camp » appartient une personne, plutôt qu'à décrire ce qu'elle défend. 

La troisième raison est son utilité rhétorique, précisément grâce à son imprécision. Pour rappel, la rhétorique désigne l'utilisation habile et persuasive du langage (oral ou écrit) pour influencer, convaincre ou faire valoir un point de vue, souvent dans un but d'effet plutôt que d'explication. Si un mot peut signifier n'importe quoi, il peut s'appliquer à tout. 

Enfin, la quatrième raison est qu'il est plus facile de condamner une étiquette que d'expliquer une politique. C'est pourquoi on parle d'« entreprises woke », d'écoles « woke », d'« armée woke », de « science woke », sans jamais donner d'explication claire de ce à quoi le mot fait référence. Alors, en fin de compte, comment dissiper cette confusion ? 

Voici la définition la plus précise et la moins politisée que nous puissions utiliser : Essentiellement, être « Woke » signifie être conscient des injustices sociales et penser que la société doit y remédier. 

Cette définition est ensuite opposée à celle utilisée par ses détracteurs : Pour ces derniers, être « Woke » correspond à un activisme excessif ou coercitif qui impose des normes idéologiques. Comme on peut le constater, les deux définitions coexistent. 

C'est pourquoi le mot est si insaisissable. Si nous voulons une règle simple et pratique, lorsqu'une personne utilise le mot « woke », nous devrions lui demander : « À quel comportement ou à quelle politique spécifique faites-vous référence ? » Si elle ne peut pas répondre, elle utilise le mot comme un procédé rhétorique, et non comme une description. 

Si j'ai été suffisamment clair, nous devrions tous comprendre à quoi nous sommes confrontés, connaître la signification choisie et, surtout, déterminer la véritable raison pour laquelle certaines personnes utilisent ce mot !