Avant d'aborder la stratégie — ou son absence — qui est derrière les « marchés » que veut conclure Trump par le biais de négociations de haut niveau au niveau international, passons en revue les qualités requises pour bien négocier diplomatiquement. Cela implique une combinaison d'intelligence stratégique, d'empathie profonde et de résilience émotionnelle, afin de préserver de complexes relations et de sérieux enjeux, plutôt que de simples transactions commerciales.
Voici donc quelques règles issues du bon sens.• Compréhension culturelle et empathie : Un bon diplomate doit comprendre les motivations, le contexte historique et les pressions internes qui animent la partie adverse. Cette empathie permet d'anticiper les arguments et de créer des solutions « gagnant-gagnant » qui permettent à toutes les parties de sauver la face.
• Préparation et analyse rigoureuses : Les meilleurs négociateurs sont mieux préparés que leurs adversaires ; ils connaissent parfaitement les intérêts de leur propre pays et analysent toutes les données disponibles.
• Patience et tempérament stratégique : La diplomatie exige la « patience d'un horloger » et j’en sais quelque chose moi qui ai fait l’école d’horlogerie de Cluses ! Cela requiert un tempérament calme et la faculté de bien se servir du silence, du « timing » et de pauses calculées pour faire avancer les objectifs sans paraître impulsif.
• Écoute active : Les bons diplomates écoutent plus qu'ils ne parlent. L'écoute est un outil puissant pour déceler les motivations cachées, capter les signaux non verbaux et instaurer la confiance, plutôt que d’attendre son tour pour prendre la parole. • Intégrité et fiabilité : Pour bâtir des relations durables, un négociateur fait preuve d'honnêteté et d'équité, afin qu'on puisse lui faire une confiance absolue.
• Flexibilité et créativité : Les négociateurs doivent pouvoir faire des compromis sans sacrifier les intérêts essentiels, en ouvrant des voies créatives et « hors des sentiers battus » pour briser les impasses.
• Maîtrise de la communication : Cela n’implique pas que la maîtrise des langues, mais surtout le don d'utiliser un langage précis et mesuré pour être ferme sans offenser, ainsi que de savoir saisir subtilités et nuances.
• Endurance et courage : Souvent, les négociations diplomatiques représentent des sessions de 12 à 16 heures sous haute pression, exigeant une résilience tant mentale que physique.
En conclusion, la diplomatie de haut niveau est une relation à long terme, pas une transaction ponctuelle et isolée. Elle exige beaucoup de patience et un travail acharné ; elle ne saurait être déléguée à des individus inexpérimentés, aussi « intelligents » soient-ils.
Idéalement, les négociateurs diplomatiques devraient puiser leurs compétences et leur expérience au sein du ministère des affaires étrangères, afin de maîtriser la complexité des relations internationales, la connaissance institutionnelle, et de bénéficier d'une confiance établie dans le temps auprès de leurs homologues étrangers.
Malheureusement — et trop souvent —, les équipes de négociation se composent d'un mélange de professionnels de carrière et d’homme politiques, dépourvus de ce bagage essentiel. L’idée est de garantir que l'issue des négociations serve les intérêts nationaux et s'inscrive dans la durée, bien après que la question immédiate a été résolue.
Demain, nous verrons si Trump est capable de telles missions et si les personnes qu’il charge d'accomplir ce travail en sont capables. Nous commencerons par évaluer les performances de Kushner et Witkoff par rapport aux critères que nous venons de passer en revue …

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