Il y a des choses que j'aurais dû savoir il y a plus de soixante ans, mais il n'est jamais trop tard pour les connaître, pourvu que cela arrive avant de mourir. Il y a quelques jours, une très vieille chanson française m'est revenue en tête, et je me suis demandé si je pourrais la retrouver quelque part. Après quelques recherches infructueuses, j'ai sollicité l’aide de bons amis restés en France ; l'un d'eux m'a orienté directement vers la chanson en question, précisément sur YouTube.
Par la même occasion — et à ma totale surprise —, j'ai découvert que Guy Périllat — célèbre membre de l'équipe de France de ski dans les années 60, médaillé de bronze aux Jeux olympiques de 1960, vainqueur de la plupart des descentes classiques en 1961, champion du monde de slalom géant en 1966 et médaillé d'argent derrière Killy aux Jeux de 1968 — avait enregistré quelques chansons, surfant sur la vague de ses succès sportifs et de sa notoriété nationale.
Juste après sa médaille aux Jeux de Squaw Valley en 1960 et son exceptionnelle saison 1960-1961, Périllat s’était laissé tenter par une carrière de chanteur. Ce fut une brève incursion dans le monde de la musique pop, marquée par l'enregistrement d'un EP en 1961 chez Polydor ; on y trouvait notamment le titre « L'amour me brûle », dont le texte avait été écrit par Ralph Bernet (l'un des paroliers de Johnny Hallyday) et la musique composée par Danyel Gérard, un autre chanteur français. Cette chanson était tout à fait emblématique du début des années 60 (dans le style « crooner »).À l'époque, la « Périllat-mania » battait son plein en France, au point que les maisons de disques cherchèrent à capitaliser sur son image de « gendre idéal » et de héros national. Si sa carrière sur les pistes fut légendaire, sa carrière de chanteur ne resta qu'une simple curiosité qui s'est évanouie assez rapidement.
Ce disque se trouve encore aujourd'hui chez les collectionneurs de vinyles ; il est souvent recherché davantage pour la photo du champion figurant sur la pochette que pour ses qualités musicales. S'il s'était consacré un peu plus au ski au lieu de se laisser distraire par cette escapade dans le show-business, il aurait peut-être battu Killy !

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