mardi, septembre 08, 2026

Quand la pluie salit la laitue

En raison des fortes pluies récentes, la laitue de mon potager n'a jamais été aussi sale. Je me suis donc demandé s'il existait des astuces pour la nettoyer correctement, plus rapidement et en utilisant moins d'eau. Voici ce que j'ai découvert en observant les méthodes des producteurs professionnels. 

Oui, il existe des moyens plus rapides, plus efficaces et plus économes en eau pour laver une laitue très sale, surtout après de fortes pluies qui projettent la terre au cœur des feuilles. Je commence par utiliser un seau, ou à défaut un grand saladier ou une essoreuse à salade comme « bac de lavage ». Je remplis le récipient à moitié — pas entièrement — d'eau froide et j'utilise la même eau pour toute la récolte.

Ensuite, je plonge la laitue tête en bas ; comme la terre s'accumule à la base des feuilles, cette position permet aux saletés de tomber immédiatement. J’imprime une délicate rotation dans les deux sens pendant 5 à 10 secondes, sans frotter, car la terre se détache d'elle-même. Enfin, je sors la laitue de l'eau sans jamais verser d’eau dessus. 

C'est là tout le secret : la terre tombe au fond tandis que la laitue flotte ; je récupère donc une laitue propre alors que la terre reste au fond. Cette méthode consomme très peu d'eau et nettoie bien mieux que l'eau courante. Ensuite, l'essoreuse à salade élimine les derniers résidus de terre et l'humidité. Ce n'est que si la laitue est extrêmement boueuse (après un violent orage, par exemple) que je procède à un « lavage en deux étapes » en répétant la première opération dans un récipient rempli d'eau propre. 

Je n’utilise que de l'eau froide : elle permet à la terre de se détacher plus vite, raffermit les feuilles et les rend croquantes. Une astuce supplémentaire consiste à retirer les feuilles extérieures avant le lavage, car ce sont elles qui accumulent le plus de boue. 

Une autre technique de professionnel consiste à laisser tremper la salade pendant 2 minutes avec un trait de vinaigre (je n'ai pas encore essayé cette méthode). Si la terre est collante (argileuse), ajouter une cuillère à soupe de vinaigre blanc pour 4 litres d'eau. Cela aide à décoller les impuretés et tue les microbes, sans laisser de goût après l'essorage. 

Enfin, je veille à ne jamais rincer la salade sous l'eau courante, car cela gaspille l'eau sans pour autant éliminer les résidus. Je ne secoue pas la salade vigoureusement pour éviter d'abîmer les feuilles et je ne la lave jamais dans une passoire, car la terre y reste piégée. Désormais, tout comme moi, vous pouvez déguster une salade bien propre. Bon appétit !

lundi, septembre 07, 2026

Une clôture que les chevreuils détesteront …

Quand nous avons construit notre maison il y a 13 ans, il y avait une petite clôture rustique au sud de notre terrain. Elle était basse — à peine un mètre de haut — et assez charmante. Cependant, elle était en train de pourrir, ayant été installée avant 1980. Au fil des ans, je l'ai réparée régulièrement du mieux que j'ai pu, mais elle avait atteint la fin de sa vie ; j'ai donc décidé d'agir.

Au début, en 2016, j'envisageais simplement de la remplacer à l'identique et je pensais même faire cela moi-même. Il me suffisait alors de 1 000 dollars en bois et en béton, sans compter mon travail. Il y a un mois environ, j'ai finalement décidé de la remplacer, mais j'ai jugé que j'étais trop âgé pour ce genre d'exercice. 

Les devis obtenus s'élevant jusqu'à six fois le montant envisagé dix ans plus tôt, je me suis dit « Pourquoi ne pas installer une clôture complète de 1,80 mètre autour de l'arrière de la maison ? Je n'avais pas bien réalisé que cela coûterait quatre fois plus cher que la petite clôture de 25 mètres ! Cela permettrait, entre autres, de mettre fin à l'invasion constante de notre jardin par de gros animaux. 

De fil en aiguille, j'ai pensé à Trump et à sa clôture à la frontière sud, qui devait — à coup sûr — être payée par le Mexique. J'ai donc trouvé un entrepreneur mexicain qui parlait peu anglais, mais qui m'a offert une excellente occasion de tester mes rudiments d'espagnol sur lui et son équipe. En quelques jours, un bel enclos était érigé ; réalisant que celui-ci tiendrait enfin à l'écart chevreuils, orignaux, chiens et lynx, ma femme et moi nous en sommes félicités. 

Pourtant, tout comme pour le mur de Trump, ce n'est pas notre entrepreneur mexicain qui a payé la clôture ; bien au contraire ! 

dimanche, septembre 06, 2026

Un métier qu'on adore ! (Troisième partie)

En principe, nous n'aimons pas les activités que nous ne maîtrisons pas ou que nous ne comprenons pas bien. Avec du temps, de la maîtrise et de l'autonomie, ce désintérêt peut se transformer en appréciation. Toutefois, cela ne fonctionne pas si cette aversion découle d'une violation de nos valeurs, d'un conflit d'identité ou d'un stress chronique. 

Personne ne peut finir par aimer un travail qui va contre son éthique, qui étouffe sa personnalité, qui l'épuise et le vide de son énergie en permanence, qui l'isole socialement ou encore qui lui semble totalement dénué de sens. Dans ces cas-là, « apprendre à aimer » n’est pas de l'épanouissement, mais de l'autoflagellation.

En réalité, nous ne tombons pas amoureux d'un emploi en tant que tel ; nous nous attachons plutôt à la compétence acquise, aux liens tissés, à l'impact que nous pouvons avoir sur la société, l'environnement ou la santé d'autrui, au confort de la routine, à l'identité unique que ce travail nous apporte et à la personne qu’il nous fait devenir. 

Un métier devient gratifiant quand il sert de vecteur à notre développement personnel, et pas parce qu’il correspond parfaitement à une passion. Lorsque il n’y pas de passion dans l'activité professionnelle, voici les stratégies qui fonctionnent vraiment : Passer de la « passion » au « métier » (ou savoir-faire) : en cherchant à exceller dans un domaine, nous éprouvons de la fierté. 

Donner du sens « autour » du travail plutôt que « dedans » celui-ci ; ce sens peut naître du soutien apporté à sa famille, de la contribution à une équipe, de l'aide aux clients ou aux utilisateurs, de la construction d'une excellente réputation ou de l'apprentissage de la résilience. Ne pas oublier de cultiver sa passion en dehors du travail, grâce à des loisirs, des relations sociales, du bénévolat ou des activités créatives. Le travail devient alors un moyen de réaliser ces aspirations, et non la pièce maîtresse de notre vie. 

Adapter son travail plutôt que de le remplacer : effectuer de petits changements — comme modifier certaines tâches, changer d'équipe ou d'horaires — peut transformer notre expérience. Personnellement, j'ai transformé les corvées (à la maison ou ailleurs) en jeux : j'essaie d'améliorer la qualité de ce que je fais, d'ajuster certaines procédures de manière créative et de mesurer à la fois la qualité et le temps gagné. Tout, même l'activité la plus pénible, devient alors un jeu ! 

Enfin, accepter que la passion ne soit pas l'unique voie vers l'épanouissement. Ce dernier peut naître de la stabilité, de la maîtrise, de la contribution, de l’équilibre, de l’identité ou des relations. Sous cet angle, la passion n’est qu’un ingrédient parmi d’autres. Je ne déplore pas son absence ; j’explore simplement les possibilités de croissance, d’adaptation et de quête de sens dans des circonstances imparfaites, y voyant un défi supplémentaire que personne d’autre ne sera capable de relever mieux que moi. 

Il est possible d’apprendre à aimer ce que l’on n’appréciait pas auparavant, à condition que le travail devienne un vecteur de compétence, d’autonomie et de sens, sans pour autant aller à l’encontre de notre nature profonde. Essayez, et vous finirez par aimer ce que vous détestiez autrefois !

samedi, septembre 05, 2026

Un métier qu'on adore ! (Deuxième partie)

Quand l'emploi idéal — celui qui suscite passion et envie irrésistible de se rendre au travail chaque matin — n'est pas là, voyons comment il est possible d'apprendre à aimer (ou du moins à apprécier) une activité que l'on déteste au départ, à condition toutefois que certaines conditions soient réunies. 

En l'absence de passion innée, peut-on la faire naître grâce au sens, à la maîtrise, à l'autonomie et à l'identité ? D’accord, pas question de se forcer à aimer une activité qui va contre nos valeurs ou nous vide de notre énergie ; ce serait de la folie ! En réalité, la question n'est pas de savoir si les emplois de rêve existent, mais plutôt : si je n'adore pas ce que je fais, puis-je apprendre à l'apprécier davantage et, à terme, finir par l'aimer ? 

Peut-on cultiver l'attachement à son travail ? C'est une question profonde, à laquelle la psychologie apporte une réponse étonnamment claire. D'après mes recherches, les études en motivation montrent que la passion provient de trois ingrédients : 

  • La maîtrise : lorsque nous gagnons en compétence dans un domaine, nous commençons à l'apprécier davantage, car cette compétence nous apporte plein de satisfaction et finit par faire partie intégrante de notre identité. 
  • L'autonomie : si nos supérieurs nous le permettent, le fait d'avoir un certain contrôle sur notre travail rend la tâche plus supportable, voire agréable à mesure qu'elle évolue. 
  • Le sens (ou la finalité) : lorsque nous relions notre travail à quelque chose qui nous dépasse (aider les autres, soutenir sa famille, contribuer à une équipe), il devient émotionnellement gratifiant et nous devenons fiers de notre contribution. 

Ces trois éléments peuvent transformer un travail déplaisant en une activité porteuse de sens ; ils ne peuvent toutefois pas métamorphoser un emploi qui va contre nos valeurs ou porte atteinte à notre identité. Dans la prochaine partie de cette série, nous approfondirons le sujet pour découvrir comment apprendre à aimer une activité que nous pensions, au premier abord, détester.

vendredi, septembre 04, 2026

Un métier qu'on adore ! (Première partie)

Nous aimerions tous exercer un métier que nous aimons, et c’est ce que nous disons à nos enfants, petits-enfants ou à nos proches ; car l’adéquation parfaite entre nos passions et une activité professionnelle qui correspond à nos goûts est, pour la plupart d’entre nous, bien difficile à trouver. C’est précisément cette réalité qui contraint beaucoup d’entre nous à accepter des compromis et, souvent, à renoncer à cette « carrière de rêve » tant espérée.

Une question légitime se pose alors : que faire lorsqu’il n’y a aucune correspondance entre ce que nous aimerions faire et la réalité d’un métier qui semble incapable de nous procurer le moindre plaisir — sans même parler de « passion » ? Plus précisément, peut-on en venir à aimer une activité qu’on a en horreur ? 

C’est sans doute l’un des dilemmes les plus profonds de nos vies : le fossé qui existe entre le travail dont nous rêvons et celui que nous finissons par exercer. Il faut mettre des mots sur un sentiment que beaucoup éprouvent sans jamais l’exprimer : ce chagrin silencieux de réaliser que passion et métier ne se rejoignent pas toujours, et amène cette interrogation fondamentale : l’amour d’un métier peut-il être cultivé s’il n’est pas au rendez-vous ? 

Ne nous leurrons pas : le « métier de rêve » est une rareté absolue. Faire coïncider passion et activité professionnelle est exceptionnel, non pas parce que les gens manquent de passion, mais parce que nos passions ne sont souvent pas monnayables et qu’elles évoluent avec le temps, alors que les emplois sont façonnés par des impératifs économiques plutôt que par des rêves personnels. 

Dans mon cas, bien que je me sois lancé dans ce que l’on pourrait qualifier de « carrière de rêve », dans le secteur du ski, mon boulot n’a jamais été une sinécure ; il fut parsemé de frustrations causées par des propriétaires déraisonnables, des supérieurs incompétents ou tout simplement par un manque de moyens matériels. Enfin, il existe aussi des aspects imprévus d'un emploi de rêve qui peuvent aussi se transformer en expériences douloureuses ...  

Ainsi, le « rêve » se transformait souvent en une série de petit cauchemars récurrents. La plupart des emplois qui s’offrent à nous impliquent répétition, contraintes et compromis ; l’idée qu’il faille « suivre sa passion » est donc réconfortante mais profondément trompeuse — voire utopique. En effet, la plupart d’entre nous finissent par bâtir leur vie autour d’un travail imparfait, sans jamais découvrir cette carrière idéale ou cette adéquation parfaite. 

Demain, nous verrons si nous pouvons arranger tout ça …

jeudi, septembre 03, 2026

Années charnières au féminin (Deuxième partie)

Après avoir passé en revue les années qui définissent la vie d'un homme, il est légitime de se demander si les femmes traversent des processus similaires. La réponse est qu’il existe des différences majeures. Bien que les hommes et les femmes franchissent des étapes chronologiques comparables, les mécanismes biologiques sous-jacents, les rythmes de maturation cognitive et les pressions sociétales engendrent, pour les femmes, des événements distincts et déterminants. 

Un point crucial est que le cerveau féminin arrive à maturité plus tôt, avec une phase d'accélération entre 18 et 25 ans, permettant une transition plus rapide vers la maturité psychologique par rapport aux hommes. En raison de ce développement social et émotionnel accéléré, les jeunes femmes sont davantage sujettes à l'anxiété et aux troubles de l'humeur durant cette période que les jeunes hommes, sous l’intense influence des pressions sociales et des fluctuations des taux d'œstrogène et de progestérone. 

Comme leur cortex préfrontal achève son développement bien plus tôt que les hommes, les jeunes femmes acquièrent des capacités d'évaluation des risques à long terme, de régulation émotionnelle et de traitement des interactions sociales bien avant les hommes de leur âge. En même temps, le corps féminin connaît une transition biologique beaucoup plus abrupte et concentrée à la mi-vie.

Le taux hormonal de base des femmes diminue progressivement de 1 % par an après 30 ans, avant de chuter brutalement lors de la ménopause. Alors que la baisse hormonale masculine est plus lente, elle constitue un bouleversement soudain et systémique chez la femme. Si la trentaine est pour l’homme une période consacrée au maintien de sa santé physique et à la consolidation de sa carrière, la femme, entre 35 et 50 ans, doit concilier des impératifs biologiques stricts liés à sa fertilité et avec l'apogée de sa vie professionnelle. 

Pour les femmes, cette période se transforme souvent en un exercice d'équilibriste aux enjeux élevés, imposé par une horloge biologique inflexible. Une femme souhaitant avoir des enfants doit jongler entre sa carrière, la stabilité de son couple et les contraintes temporelles liées à sa fertilité. Entre 40 et 50 ans, alors que la transition de mi-vie chez l'homme est principalement motivée par une réflexion psychologique (« Qu'ai-je accompli ? »), celle de la femme s'ancre profondément dans une restructuration neuro-hormonale majeure. 

Contrairement au déclin hormonal progressif observé chez les hommes, les femmes subissent une chute brutale du taux d'œstrogène durant la périménopause et la ménopause (qui survient en moyenne vers 51 ans). L'œstrogène n'est pas seulement une hormone reproductive ; il protège le cerveau, les os et le cœur des femmes. Cette carence en œstrogène modifie fondamentalement la manière dont l'organisme féminin stocke les graisses, métabolise l'insuline et régule la température corporelle (entraînant bouffées de chaleur et insomnie). 

Les chercheurs en sciences sociales observent une « courbe du bonheur en forme de U », selon laquelle la satisfaction de vivre atteint son point le plus bas chez de nombreuses femmes aux alentours de 47 ou 48 ans. Ce creux résulte d'une conjonction critique de facteurs : stress professionnel intense, vieillissement des parents, départ des enfants adolescents du foyer et bouleversements hormonaux majeurs. 

Si le cap de la quarantaine est plus éprouvant pour les femmes, les études sur cette courbe en U montrent que leur satisfaction de vie rebondit avec vigueur après 55 ans, s'accompagnant d'un formidable regain de créativité, de confiance en soi et de leadership. Il est indéniable que les femmes connaissent une vie bien plus mouvementée que les hommes !

mercredi, septembre 02, 2026

Les années déterminantes de ma vie (Première partie)

En observant mon propre vécu et à mesure que je vieillis, je me demande parfois quelles sont les années qui marquent le plus un homme pendant son existence. Lorsque je repense à mon parcours, je constate que j'ai vécu mes meilleurs moments — les plus gratifiants et les plus marquants — durant un peu plus d'une décennie, s'étendant jusqu'au milieu de ma vingtaine. 

Cette période fut si intense et mémorable que, plus d'un demi-siècle plus tard, elle s'impose encore immédiatement à l'esprit lorsque je passe ma vie en revue ; je me demande alors pourquoi des événements récents, pourtant autant passionnants qu’heureux, semblent relégués au second plan. Depuis cette période relativement courte, rien ne m'a autant marqué, malgré une vie de famille épanouissante, une belle carrière et, jusqu'à présent, une retraite agréable.

En approfondissant le sujet, voici ce que j'ai découvert. La période allant de la naissance à l'âge de cinq ans façonne notre structure cérébrale fondamentale. Durant ces premières années, notre cerveau d'enfant se développe plus rapidement qu'à tout autre moment de la vie ; chaque expérience vécue alors conditionne la manière dont il gérera le stress, les émotions et les relations à l'âge adulte. C'est à ce stade que l'enfant crée plus d'un million de nouvelles connexions neuronales chaque seconde. 

C'est aussi une période où un environnement sécuritaire et affectif établit les bases de la confiance et de la santé mentale. À l'inverse, des expériences négatives ou des mauvais traitements durant ces années vont affecter le développement physique du cerveau et entraîner des risques à long terme. Viennent ensuite l'adolescence et le début de l'âge adulte (de 12 à 25 ans), qui ont l'impact le plus profond sur l'identité, le comportement et la réussite d'un homme tout au long de sa vie. 

C'est durant cette période que le jeune homme découvre qui il est et trouve sa place dans la société. Le cerveau connaît alors un vaste processus de remodelage, commençant par les centres émotionnels pour s'achever au niveau du cortex préfrontal (la zone gérant la planification et le contrôle des impulsions) vers l'âge de 25 ans. Durant cette phase, les amis et les groupes sociaux exercent une influence considérable sur les valeurs, la prise de risques et la confiance en soi. 

Parallèlement, la recherche de gratification est intense, ce qui fait de cette période un moment charnière pour l'éducation, l'acquisition d'habitudes professionnelles et la prévention des comportements à risque. C'est aussi le moment où la rencontre de mentors et des expériences enrichissantes vont permettre de surmonter ou de guérir les difficultés rencontrées pendant la petite enfance. 

En fait, ces informations m'ont fait comprendre pourquoi ma jeunesse a eu et continue d’avoir une influence aussi déterminante sur moi et pourquoi je reste si attaché à cette douzaine d'années : elles ont défini la personne que je suis devenue et la direction qu'a prise mon évolution, et je n’ai même pas mentionné mes goûts musicaux ! 

Cet attachement émotionnel est si puissant qu'il ancre toute ma personnalité ; il continue d'influer sur ma vie de famille ainsi que sur mes autres réalisations, et demeure au cœur de mon existence, bien que cette période s'éloigne inexorablement du présent. 

Demain, nous verrons si les femmes connaissent le même processus que les hommes ...

mardi, septembre 01, 2026

Vieux pieds, nouveaux problèmes …

À mesure que nous vieillissons tout en restant très actifs (course à pied, marche, etc.), il est évident que la plante de nos pieds peine davantage à absorber le poids du corps et les chocs, ce qui peut entraîner un nombre de soucis podologiques. C’est une hypothèse logique et qui répond à cette question par l’affirmative. 

Avec l’âge, les pieds absorbent moins efficacement les chocs, ce qui peut favoriser des affections telles que la métatarsalgie, l’atrophie du coussinet adipeux plantaire et l’arthrite. Toutefois, le lien est indirect, et rester actif demeure l’une des meilleures choses à faire pour la santé de nos pieds. 

Il est évident qu’en vieillisant, les pieds perdent une partie de leur capacité naturelle d’amorti, principalement parce que les coussinets adipeux s’affinent, que les ligaments se raidissent et que les tendons perdent de leur élasticité. 

Cela peut accroître les contraintes exercées sur l’avant-pied et les articulations, augmentant ainsi le risque de pathologies comme la métatarsalgie. Mais l’activité en soi n’est pas le problème ; bouger beaucoup, comme je le fais, finit par protéger mes articulations. Certes, le vieillissement n’épargne ni notre corps ni nos pieds : l’amincissement des coussinets sous le talon et les têtes des métatarses réduit l’absorption des chocs et accentue la pression sur les os et les nerfs. 

Nos tendons et ligaments ne sont pas mieux lotis : avec l’âge, le collagène se rigidifie, rendant nos pieds moins aptes à s’adapter aux surfaces irrégulières et aux chocs répétés. La voûte plantaire peut également s’affaisser légèrement avec le temps, déplaçant la charge vers l’avant-pied ; enfin, des années de marche et de course entraînent de légères modifications dégénératives qui reflètent un vieillissement normal, sans pour autant constituer une maladie.

Ces changements ne signifient pas que nos pieds « lâchent », mais simplement qu’ils accusent la charge différemment. C’est pour cette nouvelle réalité que les coureurs et marcheurs âgés optent souvent pour des chaussures plus souples dotées d’un amorti généreux, évitent les longues descentes et réduisent la longueur de leur foulée. 

C’est de l’adaptation, pas de la détérioration ! Nos pieds n’absorbent pas autant de poids parce qu’ils sont faibles, mais parce que leur système d’amorti biologique évolue. Nos muscles peuvent rester puissants et notre système cardiovasculaire excellent, mais les coussinets adipeux et les tissus conjonctifs, eux, n’en ont cure et continuent de s’affiner avec l’âge, quels que soient les efforts déployés pour enrayer ce processus ...

lundi, août 31, 2026

Quarante et un ans à Park City

Discrètement, nous venons de célébrer notre 41e année de vie à temps plein à Park City. Notre expérience a été formidable et le reste à ce jour ; même si nous ne sommes plus aussi jeunes, avons été témoins d'une croissance exponentielle tout autour de nous — la population mondiale a d'ailleurs presque doublé, passant de 4,87 milliards en 1985 à environ 8,31 milliards aujourd'hui ! 

Pourtant, notre petit quartier est resté aussi calme et paisible qu'autrefois, l'accès à la ville et aux pistes de ski demeure très facile, et le temps reste magnifique, même si l'on ressent un réchauffement indéniable (nous n'avons aucun doute quant à la réalité du changement climatique : il est bien là, pour durer et même s'aggraver considérablement).

Autrefois nous disions « Nous n’avons pas besoin de clim à Park City. » Désormais, ça peut se discuter. Côté positif, nous profitons désormais d’une multitude de grands arbres (notre ville s'est transformée en véritable forêt urbaine) et d'une faune en pleine croissance pour nous tenir compagnie — que cela nous plaise ou non — et, enfin, nous avons la conviction grandissante d'avoir fait le bon choix le jour où nous avons décidé de nous installer ici.

dimanche, août 30, 2026

Remuer nos souvenirs pour nous épanouir (Deuxième partie)

Lorsque nous nous replongeons dans nos souvenirs, une entreprise qui a échoué, une relation mal choisie, une occasion manquée, une dispute absurde, une décision impulsive, une confiance mal placée ou un choix de carrière que nous avons regretté par la suite... autant d'« épisodes » que nous pouvons étiqueter ainsi : « À ne surtout pas refaire ! » 

C’est donc l'outil idéal nous permettant de repérer ces situations fâcheuses plus tôt, afin de transformer le regret en préparation à la prochaine occasion. Certes, comme je l'ai mentionné hier, cet exercice ne doit pas nous faire tomber dans le piège de la nostalgie. C’est là qu’il convient d’introduire le concept de « rumination » par rapport à la « nostalgie ». 

La nostalgie nous dit : « C'était une époque merveilleuse, si seulement elle pouvait revenir ... », tandis que la rumination retourne le couteau dans la plaie : « Pourquoi ai-je pu faire une chose pareille ? Si seulement j'avais... » Ni l'une ni l'autre ne nous amènent nécessairement à tirer des leçons constructives de nos expériences passées. Ce que je propose, en revanche, c'est une troisième façon d'aborder le passé. Juste le revisiter, en extraire la leçon et laisser le tout derrière soi. 

En d'autres termes, notre mémoire devrait être considérée davantage comme un laboratoire que comme un musée. Je n'avais jamais envisagé les choses sous cet angle, mais l'idée me plaît ! Je perçois également une asymétrie intéressante quand nous pensons que l'expérience nous rend plus sages parce que nous avons vécu certaines choses, mais il est aussi d'acquérir cette sagesse grâce à une réflexion rétrospective délibérée. 

Imaginez une personne de mon âge (78 ans) qui passe sa vie en revue et identifie 30 ou 40 erreurs qui l’ont jalonnée. Elle peut dans le même temps identifier cinq ou six tendances fondamentales qui sont à l'origine d'un grand nombre de ses erreurs. Des choses telles que : 

  • Agir trop vite Faire preuve d'une confiance excessive 
  • Éviter les conversations difficiles 
  • Se soucier outre mesure du regard des autres 
  • Ne pas percevoir les changements de circonstances 
  • Confondre confiance en soi et compétence 

La prise de conscience qui en résulte pourrait s'avérer bien plus précieuse que le fait de se souvenir de 40 incidents isolés. À ce stade, la synthèse nous offre une sorte d'historique personnel de nos erreurs et soulève une question passionnante : pouvons-nous en apprendre plus en étudiant non seulement ce qui nous est arrivé, mais aussi la manière dont nous avons, à maintes reprises, commis les mêmes erreurs ? 

Pour ma part, j'ai identifié deux schémas récurrents : agir trop vite — ce qui révèle un besoin de cultiver ma patience — et manquer de confiance en soi ou faire preuve de timidité (ou, par moments, d'une peur excessive). Il convient également de ne pas oublier le coté positif de la médaille. Dans mon cas, l'intuition et la persévérance qui ont régulièrement constitué mes « meilleurs atouts »... 

Aujourd'hui, je le sais, et rien ne vous empêche de le découvrir aussi si vous vous prêtez à l'exercice !

samedi, août 29, 2026

Remuer nos souvenirs pour nous épanouir (Première partie)

Il est correct de dire que nous apprenons beaucoup de nos erreurs et qu'une partie de la sagesse que nous en tirons consiste à ne pas les répéter. Cela dit, si nous prenons le temps et la peine de « filtrer » nos souvenirs pour y trouver faux pas ou autres erreurs dont nous nous souvenons encore, nous devrions pouvoir en tirer profit et ajouter tout ça à notre « carquois », sans pour nous faire piéger par la nostalgie, d’accord ? 

Je suis convaincu que c’est une excellente idée. Si une erreur douloureuse peut nous apprendre quelque chose, nous devrions être assez malins pour en tirer une leçon et ne jamais la répéter. Comme nous avons des décennies d'expérience accumulée dans nos têtes, pourquoi ne pas s’en servir ? Certes, il faut garder à l'esprit une nuance importante : notre mémoire n'est pas une archive vidéo et son contenu ne constitue pas toujours un enregistrement totalement objectif. 

Il s'agit de reconstructions qu’avec le temps, nous avons tendance à atténuer ou à exagérer, à oublier nos motivations initiales et parfois à nous réinventer en héros ou en victime. Par conséquent, un passage en revue de notre mémoire ne devrait pas se contenter de demander « Qu'ai je fait mal ? », mais aller plus loin et aborder des points plus précis : 

  • Quelles décisions ai-je prises qui ont eu des conséquences fâcheuses ? 
  • Qu'est-ce qui m'a échappé à l'époque ? 
  • Quels signes avant-coureurs ai-je ignorés ? 
  • Quelle hypothèse s'est révélée erronée ? 
  • Qu'ai-je fait de manière répétée alors que je savais pertinemment qu'il ne fallait pas le faire ? 
  • Qu'aurais-je dû faire et que je n'ai pas fait ? 
  • Qu'ai-je appris de cette expérience que j'ai fini par oublier ? 

Enfin, je pose une dernière question : « Existe-t-il des schémas reliant plusieurs erreurs apparemment sans lien entre elles ? » Cette dernière question est peut-être la plus précieuse, car elle nous permet d'agir concrètement. Une erreur isolée n'est qu'une anecdote, alors qu'une tendance répétée qui mène à des erreurs constitue une information capitale. 

Comme je l'ai évoqué plus haut avec ma métaphore du carquois, la vie nous en fournit un rempli de flèches ; or, nous avons tendance à associer ces flèches uniquement à nos réussites — savoir-faire, réussites, bonnes décisions ou expériences positives. Pourtant, il est juste de dire que nos erreurs ont tout autant leur place dans ce carquois ! 

Dans le prochain article, nous nous pencherons donc sur ces « mauvaises flèches » et verrons comment les transformer en expériences positives qui enrichiront notre sagesse …

vendredi, août 28, 2026

Apprentissage au ralenti

Il y a plus de deux ans, je décidais d'apprendre l'espagnol à partir de zéro. Grâce aux nouveaux outils branchés sur la technologie moderne — y compris maintenant l'IA —, je pensais que ce serait un jeu d'enfant par rapport aux méthodes rudimentaires auxquelles j’avais accès autrefois pendant ma jeunesse, quand j'apprenais l'anglais, l'allemand et l'italien.

Depuis que je me suis mis à l’espagnol, j'ai découvert à mes dépens que mon « don pour les langues étrangères » n’était plus ce qu’il était. 

Aujourd’hui, ma progression semble plus lente et pas plus tard qu'hier, j'ai buté sur une question que me posait mon tuteur d’IA sur quelles fleurs poussaient dans mon jardin. J'ai pu en nommer deux ou trois, comme les marguerites et les ancolies, mais j'ai lamentablement peiné à trouver les équivalents espagnols pour la lavande et le lupin car je n’était même pas fichu de me souvenir de leurs noms en anglais ou en français. 

J'ai cru un instant que ma mémoire me laissait en plan. Bon, il y a une différence entre oublier et avoir du mal à retrouver un mot. Ce qui m'a quand même rassuré, c'est qu'il ne s'agissait pas d'une lacune de connaissances à proprement parler. Je savais parfaitement à quoi ressemblaient la lavande et le lupin ; c'est la récupération de leurs noms qui m'a fait défaut. 

Cette distinction pourrait bien gagner en importance avec l'âge. Peut-être qu'apprendre une langue sur le tard dépend moins de notre capacité d'assimilation que de la rapidité avec laquelle nous pouvons retrouver ce que nous avons déjà appris. Le vocabulaire est peut-être toujours là, quelque part dans le grenier encombré de notre cerveau, mais mettre la main sur le bon carton peut prendre un peu plus de temps. 

Je devrais peut-être cesser de remettre en cause mon « don pour les langues » et tenir compte du fait que le classeur qui se trouve dans ma tête commence à déborder. La bonne nouvelle, c'est que ma curiosité fonctionne toujours à merveille ; tant que ça durera, je compte bien continuer à ouvrir de nouveaux tiroirs, même s'il me faut parfois patienter un peu plus longtemps pour retrouver ce que j'y ai rangé ...

jeudi, août 27, 2026

L'IA comme outil d'achat (Troisième partie)

Les informations sommaires recueillies auprès des artisans, conjuguées aux indications fournies par l'estimation générée par l'IA, m'ont incité à aller visiter le fabricant de clôtures situé à Provo, à une heure de route de Park City. 

J'ai enfin compris ce que les installateurs n'arrivaient pas à m'expliquer au sujet du produit ; ce n'était pas par manque de connaissances, mais parce que ce produit, fruit d'une ingénierie astucieuse, était commercialisé par des ingénieurs incapables de raconter toute l'histoire de leur création ou d'en expliquer clairement le potentiel.

J'ai alors pris conscience de ce qu'est la « malédiction de Park City » aux yeux de ceux qui ne vivent pas dans notre station mais y travaillent en permanence, au contact d'une clientèle plus que aisée qui semble se moquer des tarifs pratiqués. 

Notre environnement conditionne ces entrepreneurs à facturer systématiquement le prix maximal que le marché peut soutenir. Ce faisant, ils perdent de vue que tous leurs clients potentiels ne sont pas tous des millionnaires. 

Ils gagneraient à tenir compte de cette réalité — à savoir que des gens « ordinaires » peuvent aussi côtoyer les ultra-riches — et à laisser la porte entrouverte à une éventuelle demande de remise. 

Pour être précis, il leur suffirait de poser des questions telles que : « Qu'est-ce qui ne vous convient pas dans mon devis ? » ou « Est-ce le coût qui vous empêche de concrétiser le projet que je vous ai présenté ? »

S'ils parviennent aisément à tirer profit des ultra-riches, tant mieux pour eux ; mais ils finissent manifestement par perdre des occasions de travailler davantage en effrayant le commun des mortels, comme moi et beaucoup d'autres ...

mercredi, août 26, 2026

L'IA comme outil d'achat (Deuxième partie)

En effectuant des recherches en ligne, j'ai repéré trois ou quatre artisans qui semblaient capables de réaliser mes travaux et qui bénéficiaient d'une assez bonne réputation. J'avais ainsi rédigé une demande de devis et je la leur ai transmise. 

La première entreprise à répondre a envoyé un métreur ; celui-ci a pris les mesures rapidement et très approximatives, m'a montré quelques échantillons et m'a adressé son devis quelques jours plus tard. Le montant était aussi élevé que je le craignais, voire davantage — bon, une somme exorbitante, comme c'est souvent le cas pour les factures de travaux de nos jours. 

J'aurais pu acheter les matériaux et construire moi-même cette foutue clôture, mais j'estimais avoir passé l'âge de m'infliger une telle punition. 

Je me suis donc tourné vers mes outils d'IA favoris et j'ai demandé au robot d'analyser le devis en détail, en lui fournissant le fichier PDF contenant l'estimation et les conditions de l'entreprise. 

Il a généré une analyse décomposant le coût de ce type précis de clôture, soulignant les lacunes de l'offre et estimant le coût total de la main-d'œuvre en se basant sur les tarifs en vigueur dans une localité aussi chère que Park City. 

L'IA m'a indiqué la marche à suivre pour négocier étape par étape — en précisant ce qu'il fallait dire ou éviter de dire — et m'a suggéré de cibler une réduction de 25 %, tout en notant que je pourrais déjà m'estimer heureux d'obtenir une remise de 20 %. 

C'est ce que j'ai fait avec la meilleure offre reçue et, après quelques discussions, j'ai fini par atteindre mon objectif le plus bas. Merci l'IA ! Demain, je partagerai avec vous les enseignements tirés de cette première expérience approfondie de cette technologie impressionnante pour négocier ...

mardi, août 25, 2026

L'IA comme outil d'achat (Première partie)

Réaliser un achat d'envergure est complexe, cela implique une chaîne de composants et ce n'est jamais chose simple. Cela fait souvent intervenir diverses structures de prix indépendantes les unes des autres.

La construction, les grands projets ou les rénovations résidentielles en sont des exemples parfaits, tant ils intègrent une multitude d'éléments sujets à de nombreuses variations. S'ils ne sont pas bien gérés, ces projets peuvent voir leur coût final grimper en flèche, surtout compte tenu de leur caractère unique et occasionnel. 

Au début du mois, j'ai décidé de construire une clôture d’environ 80 mètres de long dans mon jardin. À l'extrémité sud de mon terrain se trouvait une vieille clôture en bois de 27 mètres de long et d’un mètre de hauteur. 

Vieille de 45 ans, elle était totalement pourrie et menaçait de s'effondrer, si bien qu'il me fallait impérativement intervenir. Bien que je n'ai jamais aimé cette clôture basse, elle avait le mérite de séparer commodément ma propriété de celle de mon voisin au sud. 

Comme toujours, une idée en entraînant une autre, je me suis dit : « Tant qu'à faire... » et j'ai décidé d'en faire une clôture plus haute d’un mètre quatre-vingt, capable de me protéger des chevreuils qui nous enquiquinent depuis 5 ou 6 ans. C'est ainsi qu'est né le projet. 

Demain, nous verrons comment j'ai fait appel à l'IA pour en estimer les coûts ...

lundi, août 24, 2026

Mon astuce pour s'endormir (Deuxième partie)

Mon astuce pour s'endormir semble si simple que vous pourriez vous dire : « Ce n'est pas possible ! » J'ai moi-même voulu vérifier cette idée en approfondissant le sujet et j'ai découvert que ma description du « cerveau hyperactif » tombait à pic. Ce que j'appelle ainsi correspond exactement à ce que les cliniciens nomment l'« hyper-éveil cognitif » : l'esprit génère des pensées, des associations et des récits qui maintiennent le système nerveux en état d'alerte. 

Il n'est pas nécessaire de souffrir d'insomnie pour le constater ; il s'agit simplement d'un esprit qui a du mal à ralentir le rythme. Ma façon de décrire le phénomène — des pensées qui prennent de l'ampleur, s'intensifient et deviennent des obstacles — semble refléter fidèlement la manière dont l'activité mentale peut empêcher le sommeil. En réalité, ma technique de respiration n'est pas seulement intuitive ; elle repose sur des bases scientifiques solides.

L'idée de se concentrer intensément sur sa respiration s'apparente essentiellement à un ancrage de l'attention, un mécanisme fondamental de la méditation et de nombreuses interventions cliniques liées au sommeil. En confiant à mon esprit une tâche unique et simple, je l'empêche de générer de nouvelles pensées ; c'est précisément l'objectif des thérapies fondées sur la pleine conscience. 

En adoptant une respiration lente et attentive, j'invite mon corps à basculer en mode « repos et digestion ». Cela ralentit mon rythme cardiaque, réduit les tensions musculaires et oriente mon cerveau vers des rythmes propices au sommeil. Cette pratique interrompt également les boucles de rumination en devenant l'unique objet de mon attention. 

C'est précisément ce mécanisme qui brise l'engrenage de l'escalade des pensées. Il est indéniable que des années de pratique de la méditation aident beaucoup. Les personnes qui méditent régulièrement s'endorment plus vite, ressentent moins d'anxiété nocturne, régulent mieux leurs émotions et parviennent plus aisément à rediriger leur attention. 

Toutefois, cette technique très simple est accessible à tous, même sans expérience préalable de méditation. Je ne présente pas cette approche comme une solution miracle ou une règle rigide. Je partage simplement mon expérience, mes difficultés, ma découverte et mes encouragements avec tous. Enfin, je ne cherche pas à forcer le sommeil ; je crée simplement les conditions favorables pour qu'il survienne naturellement. Bien sûr, c'est toujours plus facile à dire qu'à faire !

dimanche, août 23, 2026

Mon astuce pour m’endormir (Première partie)

J’ai toujours eu du mal à m’endormir, que ce soit dans mon lit à la maison mais plus souvent encore, quand je dois voler de nuit. Ce n’est pas que je souffre d’insomnie, mais plutôt d’une activité cérébrale agitée qui me laisse peu de répit — sauf lorsque je médite, bien que cela soit le fruit de nombreuses années de pratique.

Quelles que soient les pensées qui occupent mon esprit — positives, négatives, amusantes, effrayantes ou autres —, elles finissent toujours par prendre de l’ampleur et du volume, devenant un véritable obstacle à mon sommeil. 

Pourtant, je crois avoir enfin trouvé la clé pour les apaiser : il me suffit d’observer intensément ma respiration, au point d’en faire mon unique point de concentration. Et ça marche. Je suis convaincu que ma pratique de la méditation m’aide énormément à y parvenir, mais rien n’empêche quiconque d’essayer ! 

Dans le prochain article, je tenterai de vérifier si cette hypothèse tient la route… ou pas !

samedi, août 22, 2026

Plus de chaleur, moins d'Aiguille du Midi …

L'érosion en montagne n'est pas un phénomène nouveau, mais elle semble s'accélérer à mesure que la planète se réchauffe et que le pergélisol — qui assurait autrefois la cohésion des sommets de haute altitude dans les Alpes et ailleurs dans le monde — ne parvient plus à maintenir en place d'imposantes masses rocheuses. 

Le mercredi 12 août 2026, un gros éboulement s'est produit sur la face nord de l'Aiguille du Midi, dans le massif du Mont-Blanc, au-dessus de Chamonix (France). Environ 15 000 mètres cubes de roche se sont détachés à plus de 3 600 mètres d'altitude, dans le secteur du couloir Mallory, projetant un immense nuage de poussière et de débris vers le bas de la montagne. 

Les vagues de chaleur extrêmes de cet été ont déstabilisé le pergélisol et les parois rocheuses de haute altitude, entraînant des contrôles de sécurité de la part de la Compagnie du Mont-Blanc ainsi que la fermeture du célèbre tunnel de glace du sommet de l’aiguille du midi suite à une fonte accélérée. D'autres sommets emblématiques subissent ces mêmes défaillances structurelles. 

Au Cervin, les fortes chaleurs estivales ont provoqué des chutes de pierres fréquentes et imprévisibles. En Suisse et en Italie, les associations de guides de haute montagne ont été contraintes à plusieurs reprises de suspendre les courses guidées sur des itinéraires majeurs (comme l'arête du Hörnli), car le gel qui assurait traditionnellement la stabilité des passages n’est plus en mesure de le faire. 

Par ailleurs, scientifiques et habitants surveillent actuellement avec inquiétude la formation rocheuse du Spitze Stei, qui surplombe le village suisse de Kandersteg. Sous l'effet de la dégradation du pergélisol, le versant perd activement de la hauteur ; certaines parties se déplacent jusqu'à 70 centimètres par jour durant le pic de fonte estivale. 

Les géologues estiment que si cette formation instable venait à s'effondrer d'un seul bloc, elle libérerait entre 15 et 20 millions de mètres cubes de roche, provoquant un glissement de terrain d'une ampleur bien supérieure à la catastrophe de Blatten de mai 2025. En fin de compte, tout ce qui se trouve en haut finit toujours par redescendre ! 

vendredi, août 21, 2026

La force de la curiosité (Troisième partie)

Si cultiver la curiosité est généralement une bonne chose, restons bien conscient qu’il existe aussi des formes malsaines. Chercher des réponses n'est pas toujours synonyme de sagesse et peut se transformer dans les écarts qui suivent : 

  • Une consommation compulsive d'informations 
  • Une intrusion dans la vie d'autrui 
  • Une fascination pour le sensationnalisme 
  • Une errance sans fin dans les méandres d'Internet 
  • Une accumulation de faits sans en saisir le sens 
  • Une quête incessante de nouveauté au détriment de la concentration. 

Il convient donc de distinguer la recherche de nouveauté de la véritable curiosité. La recherche de nouveauté demande : « Quoi de neuf ? » La curiosité demande : « Qu'y a-t-il d'intéressant ici que je ne comprends pas encore ? » Cette seconde approche est bien plus profonde. C'est peut-être là le plus grand bienfait d'une curiosité saine : elle constitue l'un des meilleurs antidotes à la certitude.

Lorsque nous sommes certains de savoir, l'investigation s'arrête ; mais lorsque nous nous disons « Je me demande... », la porte s'ouvre à nouveau. C'est pourquoi je pense que la curiosité et l'humilité sont étroitement liées. 

La personne curieuse reconnaît implicitement : « Ma vision de la réalité est incomplète », et cette prise de conscience gagne en valeur avec l'âge. Si je devais résumer cette idée en une seule phrase, je dirais ceci : le savoir nous indique ce que nous connaissons, tandis que la curiosité nous rappelle tout ce qu'il reste à découvrir. 

C'est peut-être l'une des raisons pour lesquelles une personne véritablement curieuse peut garder un esprit jeune bien après avoir pris de l'âge .

jeudi, août 20, 2026

La force de la curiosité (Deuxième partie)

Pour ceux d'entre nous qui n'utilisent pas la curiosité autant qu'ils le devraient — ou qui l'utilisent peu —, se pose la question : peut-on la développer tout au long d’une vie ? Personnellement, je ne pense pas que la curiosité ou son absence soit un trait immuable.

Certes, certains d'entre nous naissent naturellement curieux. D'autres le deviennent parce que quelque chose éveille leur intérêt. Et la curiosité peut aussi être cultivée délibérément. En fait, il existe un paradoxe merveilleux : on ne devient pas nécessairement curieux en découvrant des choses intéressantes ; tout comme l'intervieweur professionnel, on le devient en apprenant à chercher des questions intéressantes. 

Je trouve qu'une façon utile de devenir plus inquisitif consiste à prendre l'habitude de poser une question supplémentaire. Voici comment cela fonctionne : lorsque nous tombons sur quelque chose d'intéressant, au lieu de passer immédiatement à la suivante, posons une question supplémentaire. 

Par exemple : nous lisons que des étés exceptionnellement chauds peuvent influencer les élections ; nous nous demandons pourquoi. Nous découvrons qu'un parti politique réagit différemment ; nous nous demandons pourquoi. Nous découvrons que les électeurs ne réagissent pas nécessairement à la température de manière rationnelle ; nous nous interrogeons sur le mécanisme psychologique en jeu. 

Soudain, une simple observation s'est transformée en un parcours riche en enseignements. D'un point de vue pratique, j'aime cultiver et adopter une petite habitude qui commence par « Je me demande... » Ainsi, chaque fois que quelque chose attire mon attention, je formule la pensée suivante : 

  • Je me demande pourquoi... 
  • Je me demande comment... 
  • Je me demande si... 
  • Je me demande ce qui se passerait si... 

Nous ne sommes pas obligés d'approfondir chaque question. C'est important. La curiosité doit rester ludique, et non devenir une obligation rigide et guindée ! Commençons à développer cette habitude en choisissant, une fois par jour, une question à laquelle nous consacrerons 10 à 20 minutes. Au fil des mois, cela peut donner des résultats remarquables : nous commençons à voir des questions partout. 

La prochaine fois, nous verrons que la curiosité peut parfois nous entraîner sur des pentes glissantes, et comment éviter cela …

mercredi, août 19, 2026

La force de la curiosité (Première partie)

Peut-on bien apprendre sans curiosité, et que vaut une vie dépourvue de cette qualité essentielle ? Par ailleurs, la curiosité peut-elle se développer tout au long de l'existence, et comment apprendre à cultiver une belle dose de ce trait de caractère ? Toutes ces questions ont toujours fait partie de mes efforts d’amélioration et j'irais même plus loin en disant que la curiosité n'est pas une simple aide pour apprendre, c'est peut-être aussi notre plus puissant moteur éducatif.

La curiosité n’est pas indispensable pour apprendre — il y a la discipline, la scolarité, l'obligation, la répétition ou la nécessité — mais la qualité et la profondeur de ces outils sont différents. La curiosité transforme notre façon d'apprendre. Il existe une différence majeure entre se dire « Je dois apprendre ceci » et se demander « Pourquoi en est-il ainsi ? ». On peut affirmer que si la première attitude apporte le savoir-faire, la seconde amène davantage à la compréhension. C'est vrai que la curiosité nous pousse à poser les questions qui nous font aller au-delà des évidences : 

  • Pourquoi cela se produit-il ? 
  • Est-ce vraiment vrai ? 
  • Que se passerait-il si… ? 
  • Comment en sommes-nous venus à croire cela ? 
  • Qu'est-ce qui m'échappe ? 
  • Y aurait-il une autre explication ? 
  • Qu'est-ce qui peut me convaincre que j'ai tort ? 

Cette dernière question est particulièrement précieuse. Une curiosité saine implique de s'interroger sur ses propres convictions. Sans elle, l'apprentissage risque de se réduire à une simple accumulation de faits, d'opinions et d'expériences, sans que ceux-ci soient constamment réorganisés pour aboutir à une compréhension plus profonde. 

Cela nous amène à une question tout à fait logique : que devient la vie sans curiosité ? Elle n'est pas nécessairement malheureuse pour autant. Certaines personnes mènent une vie parfaitement confortable, heureuse et riche de sens en étant peu curieuses ; pourtant, dans ce cas, il manque quelque chose d'important. La curiosité confère à la vie une certaine fraîcheur d'esprit. Elle permet aux choses familières de redevenir intéressantes. 

Un arbre n'est pas simplement « un arbre » ; il devient une interrogation : pourquoi pousse-t-il ainsi ? Pourquoi ses feuilles ont-elles cette forme ? Quel âge peut-il avoir ? Que se passe-t-il sous terre ? Il en va de même pour les gens. Au lieu de penser « Je sais comment il est », la curiosité suggère : « Je me demande ce que j'ignore à son sujet. » 

Plus important encore, la curiosité laisse l'avenir ouvert. Elle nous dit : « Il reste peut-être quelque chose de merveilleux que je n'ai pas encore découvert. » C'est une attitude particulièrement puissante à mesure que nous vieillissons. L’avancement en âge réduit inévitablement certaines possibilités, mais la curiosité en ne cesse d’en créer de nouvelles. 

Dans le prochain article, nous verrons comment cultiver ou raviver notre propre curiosité ; alors, restons ensemble …

mardi, août 18, 2026

Alterra sous pression ?

Après des années de croissance effrénée et d'optimisme aveugle face au réchauffement climatique, Alterra Mountain Company doit désormais faire face à des vents contraires croissants — tant au niveau de l'entreprise que sur les plans juridique et opérationnel — qui reflètent des défis structurels de longue date dans l'industrie du ski, le tout culminant avec des départs récents de dirigeants et des suppressions de postes.
Basé à Denver, Alterra est un autre conglomérat de stations de ski ayant copié le modèle de Vail Resorts ; elle possède et exploite aujourd'hui près de 20 destinations de montagne (telles que Steamboat, Deer Valley et Mammoth Mountain) et gère l'Ikon Pass, un forfait multi-stations. Il convient de noter que Park City est la seule station de ski où les deux entreprises sont présentes.

À l'inverse, Vail possède et exploite environ 42 stations dans le monde, misant sur un réseau massif et hautement standardisé. Le portefeuille d'Alterra, environ deux fois moins étendu que celui de Vail Resorts, est largement complété par des partenaires externes associés à l'Ikon Pass. De même, Vail optimise l'accès à un vaste réseau et les flux de clientèle régionaux grâce à son Epic Pass, tout en appliquant une expérience client centralisée et standardisée à l'échelle du groupe ; Alterra, pour sa part, tenait à préserver davantage l'autonomie et le caractère unique de ses stations phares, bien que moins efficacement. 

Jared Smith a quitté son poste de PDG après trois ans et demi de mandat, laissant le comité de direction aux commandes de l'entreprise et venant de procéder à des licenciements touchant son personnel à temps plein (au siège de Denver, en télétravail et sur divers sites), une décision motivée par une structure de coûts inadaptée et un ralentissement de la croissance post-pandémie. Par ailleurs, l'entreprise — tout comme ses concurrents Vail Resorts, Boyne et Powdr, — a fait l'objet d'un recours collectif fédéral pour pratiques anticoncurrentielles en août 2026. 

La plainte dénonce une entente globale visant à gonfler le prix des forfaits saisonniers et des cartes journalières par la coordination et le partage de données tarifaires confidentielles via des plateformes de tarification dynamique. Cette action fait suite à une autre plainte fédérale déposée plus tôt en 2026, ciblant des pratiques de vente groupée anticoncurrentielles qui contraignaient les skieurs à opter pour des forfaits multi-stations coûteux (comme l'Ikon Pass) en augmentant artificiellement le prix des cartes journalières achetés aux guichets. 

Trop de dépendance aux « méga-forfaits » a souvent conduit à une fréquentation dépassant la capacité d'accueil physique des stations les plus prisées. Ces tensions ont été exacerbées par des cycles de chutes de neige historiquement médiocres dans l'Ouest au cours des derniers hivers, suscitant des interrogations quant à la rentabilité des vastes projets d'agrandissement du domaine skiable dans des stations phares telles que Deer Valley, ici même à Park City. 

Sans parler de l'éléphant dans la pièce : le réchauffement climatique, qui représente une menace imminente pour le modèle économique d'Alterra et de Vail Resorts. Je soupçonne que leurs dirigeants et leurs actionnaires commencent sérieusement à s'inquiéter de ce problème qui ne cesse de prendre de l'ampleur ...

lundi, août 17, 2026

Réchauffement climatique et politique américaine

Les chaleurs record de l’été influenceront-elle la politique aux États-Unis ? L'été caniculaire de 2026, pourrait avoir des répercussions politiques outre-Atlantique, bien que pas aussi simples que « la chaleur favorisera le vote démocrate ». Ce qui est intéressant, c'est que les conséquences politiques pourraient passer par des facteurs concrets — notes d'électricité, santé, assurances, accès à l'eau, agriculture, feux de forêt et désagréments du quotidien — plutôt que par le prisme de l'idéologie climatique. 

Juillet 2026 a été le mois le plus chaud jamais enregistré pour les États-Unis continentaux ; chacun des 48 États contigus avec une température supérieure d'au moins 0,5 °C à sa moyenne du XXe siècle. Par ailleurs, la vague de chaleur actuelle en août à touché quelque 97 millions d'Américains. L'impact majeur pourrait être d'ordre psychologique, car il existe une différence considérable entre entendre dire que « les scientifiques affirment que le climat se réchauffe » et constater personnellement « Je n'arrive pas à dormir parce qu'il fait près de 30 °C dans ma chambre, ma facture d'électricité s'élève à 300 dollars et mes enfants ne peuvent pas jouer dehors. »

Cette seconde expérience a une portée politique bien plus forte. Un sondage AP-NORC réalisé fin juillet a révélé que 90 % des Américains estimaient que ces chaleurs extrêmes avaient négativement affecté leur vie. Environ 80 % ont dit que leur facture d'électricité avait grimpé, tandis que près de 70 % ont fait état de problèmes dans leurs activités en plein air. Le changement climatique cesse ainsi d'être une question environnementale abstraite pour devenir liée au coût de la vie. 

Les Républicains sont confrontés à un dilemme politique particulièrement intéressant, Trump ayant activement œuvré à démanteler tout ce qui était en faveur d’un meilleur climat. Une enquête du Pew Research Center menée en mars révélait que 87 % des Démocrates jugeaient insuffisante l'action du gouvernement fédéral face au changement climatique, contre seulement 31 % des Républicains ; toutefois, les chaleurs extrêmes posent problème à ces derniers si leurs électeurs en souffrent. Imaginons un électeur républicain en Arizona, au Texas, en Utah ou en Floride qui déclare : « Je ne veux pas que Washington me dicte comment vivre. 

En revanche, je veux une électricité abordable, un approvisionnement en eau fiable, une protection contre les incendies et quelqu'un qui agisse face à ces journées où la température dépasse les 43 °C. » Cet électeur n'a pas nécessairement besoin de faire du changement climatique sa priorité ; il pourrait tout aussi bien se focaliser sur les questions d'adaptation et de coûts. 

Si, face aux épisodes de chaleur, les responsables politiques réagissent principalement par une hausse des prix de l'énergie, des restrictions visant les voitures à essence ou le gaz naturel, ainsi que par des réglementations coûteuses, des taxes et des interdictions, les électeurs risquent de mal réagir, même s'ils reconnaissent la réalité du réchauffement climatique. C'est pourquoi je pense que l'impact financier de l'énergie pourrait constituer la variable politique clé. 

À mes yeux, la perspective la plus intéressante n'est pas une victoire électorale écrasante des démocrates, mais l'émergence d'une nouvelle politique bipartisane axée sur l'adaptation au climat. Une telle évolution pourrait avoir, à long terme, des conséquences bien plus efficaces que la simple augmentation du nombre de personnes se disant préoccupées par le réchauffement climatique. 

En d'autres termes, l'été 2026 pourrait marquer le moment où le changement climatique cessera d'être une question du type « Y croyez-vous ? » pour devenir une interrogation sur la réponse à apporter à ce que nous subissons. Cela dit, cette question est bien plus périlleuse sur le plan politique pour les deux partis ...

dimanche, août 16, 2026

Combien de temps durera ma Tesla ? (Deuxième partie)

Si, comme nous l'avons vu hier, le moteur principal et sa batterie résistent bien à l'épreuve du temps, certains composants secondaires présentent des signes d'usure récurrents à mesure que les Tesla vieillissent. En raison du poids élevé des batteries, les silentblocs de suspension, les bras de suspension et les rotules subissent une usure accélérée par rapport aux voitures thermiques plus légères. 

Sur les modèles S et X, les bras de suspension supérieurs et inférieurs ainsi que les demi-arbres de transmission avant ont tendance à émettre des grincements ou à vibrer lors de fortes accélérations ; ils nécessitent souvent un remplacement tous les 96 000 à 160 000 km. Sur les modèles 3 et Y, les rotules des bras de suspension supérieurs avant (intégrées à des bras en composite/métal) ont tendance à s'assécher et à grincer avec le temps, nécessitant souvent un remplacement ou un regraissage aux alentours de 80 000 à 128 000 km. 

Les anciens modèles S, X, 3 et Y utilisaient des batteries de démarrage 12 V au plomb conventionnelles pour alimenter l'électronique de l'habitacle, les verrous de porte et les ordinateurs de bord. Ces batteries au plomb tombaient en panne assez rapidement en raison des cycles de charge et décharge constants liés à la batterie haute tension. Sur les modèles produits plus récemment, Tesla a généralisé l'utilisation d'une batterie auxiliaire lithium-ion 16 V, éliminant ainsi les pannes fréquentes des batteries 12 V à courte durée de vie.

Pour la climatisation et le chauffage, les Model 3 et Y modernes utilisent un système complexe combinant pompe à chaleur et collecteur de fluide, gérant simultanément la température de l'habitacle et le refroidissement de la batterie. Bien que très efficaces par temps froid, les vannes thermiques, les pompes à liquide de refroidissement et les capteurs de la pompe à chaleur constituent des points de défaillance courants une fois que le véhicule dépasse les 160 000 km. 

Le freinage régénératif assurant jusqu'à 90 % des décélérations quotidiennes, l'usure des plaquettes et des disques de frein classiques est exceptionnellement lente (leur durée de vie dépasse souvent les 160 000 km. Toutefois, dans les régions où l'on sale abondamment les routes en hiver, la rouille et le grippage des colonnettes d'étrier peuvent survenir par manque d'utilisation si les freins ne sont pas nettoyés et lubrifiés périodiquement. 

En somme, si la batterie, le moteur et la transmission fonctionnent étonnamment bien, le reste du véhicule se situe dans la moyenne, voire parfois en dessous. De nombreux utilisateurs ont signalé des problèmes concernant divers éléments tels que la carrosserie et ses fixations, les vitres et les portières, l'électronique, la suspension et la direction, les systèmes de recharge, les finitions intérieures, ainsi que des défauts d'ajustement, des bruits ou des fuites. 

Vous savez tout désormais, mais il faudra encore une dizaine d'années pour avoir une vue d'ensemble encore plus complète !

samedi, août 15, 2026

Combien de temps durera ma Tesla ? (Première partie)

Voilà une question bien légitime ! Commercialisée en 2012, la Tesla modèle S devrait être le point de départ de données de fiabilité concernant des millions d’autres Teslas vendues à travers le monde. La bonne nouvelle est qu'après plus d'une décennie de présence sur le marché — débutée avec le modèle S et suivie des modèles 3, X et Y — une quantité importante de données a été recueillie par les cabinets d'études automobiles, les associations de consommateurs et les analyses télémétriques de flottes de véhicules.

J'ai trouvé une analyse détaillée d’études à long terme sur le suivi de l'expérience des usagers en matière de fiabilité, de durabilité et du vieillissement des Tesla. En évaluant ces voitures, les analystes distinguent la qualité de fabrication, l'assemblage des composants électroniques et la durabilité du groupe motopropulseur. En termes de finition et d'assemblage, les organismes de défense des consommateurs attribuent souvent à Tesla une note inférieure à la moyenne en raison de problèmes non mécaniques, tels que des écarts entre les panneaux de carrosserie, des défauts de peinture, des fuites de certains joints d'étanchéité, des bruits intérieur et des dysfonctionnements du système d'info-divertissement. 

Toutefois, sur le plan mécanique, le système de propulsion électrique affiche une performance nettement supérieure pour des kilométrages élevés par rapport aux moteurs thermiques traditionnels. Cela s'explique tout simplement par l'absence de composants complexes tels que transmissions élaborées, bougies d'allumage, courroies de distribution, injecteurs de carburant, systèmes d'échappement et turbocompresseurs. 

Par conséquent, les coûts d'entretien courant sur plus de 160 000 km sont en moyenne inférieurs de 40 à 50 % à ceux de véhicules thermiques comparables. L'état de santé de la batterie étant l'aspect le plus suivis en matière de durabilité à long terme des véhicules électriques. La perte de capacité de batterie ne suit pas une courbe linéaire. En moyenne, la batterie d'une Tesla subit sa dégradation relativement rapide les 30 000 à 50 000 premiers kilomètres (perdant environ 3 à 5 % de sa capacité initiale). Après cette baisse, la courbe de dégradation s'aplatit considérablement pour se stabiliser à une perte lente d'environ 1 % de capacité tous les 25 000 à 30 000 kilomètres. 

Les données de Tesla indiquent qu'après 320 000 km de conduite, les batteries des modeles S et X conservent en moyenne 88 % à 90 % de leur capacité initiale. Les modèles S de première génération ont connu des taux de défaillance supérieurs à la moyenne au niveau de leurs unités de propulsion ; la plupart ont été remplacées dans le cadre de la garantie Tesla de 8 ans sans limitation de kilométrage. 

Les moteurs à réluctance à aimants permanents équipant les modèles 3, Y et les versions récentes des modèles S et X se sont révélés exceptionnellement durables. Les ingénieurs de Tesla ont conçu ces unités de propulsion en visant une durée de vie d'un million et demi de km, et les véhicules ayant parcouru de longues distances montrent que les dents d’engrenages n’ont subit qu’une usure minime ainsi qu'une dégradation négligeable du rotor, bien au-delà des 320 000 km. 

Demain, nous verrons comment le reste du véhicule vieillit au fil des ans …

vendredi, août 14, 2026

Fausse alerte !

Dimanche dernier, vers 16 heures, l’alerte stridente de mon téléphone m’a tiré de ma rêverie. Un message en gros caractères indiquait : « Votre domicile est placé en statut "GO" (Départ immédiat). ÉVACUEZ MAINTENANT ! » Comme n'importe qui l'aurait fait, nous avons pris la situation très au sérieux et avons paniqué ; pourtant, aucun incendie n'était visible, pas plus que nous puissions sentir la moindre odeur, aucune sirène ne retentissait et rien d'anormal se passait aux abords de la maison.

Nous sommes donc sortis pour observer les environs et avons aperçu notre voisin sur son vélo électrique, qui partait pour localiser l'incendie. Après avoir discuté avec d'autres voisins, nous avons conclu que, malgré le caractère alarmant du message, il s'agissait sans doute d'une fausse alerte — hypothèse que nous préférions à l’unanimité ! Une bonne dose d'émotions fortes pour clore le week-end. 

Cet avis d'évacuation de niveau « Go », envoyé sur les téléphones portables à travers Park City avait été émis par erreur, selon le bureau du shérif du comté de Summit (qui a 4 874 km² est un peu plus grand que la Haute Savoie). L'alerte ne concernait en réalité que les résidents d’un bled situé à quelque 50 km à vol d'oiseau de Park City. Évidemment, personne n'a pris la peine de nous en avertir. « Il n'y a aucun avis de pré-évacuation ou d'évacuation pour votre coin », a déclaré le service d'incendie. 

Nous savons désormais ce que l'on ressent face à un avis d'évacuation, mais il nous reste encore à élaborer un plan d'action pragmatique qui soit mieux qu’un vœux pieux !

jeudi, août 13, 2026

Jours d'Infantino comptés à FIFA ?

Je ne suis pas un grand amateur de foot professionnel et, par conséquent, je ne connais pas grand-chose à ce sport qui brasse des sommes colossales d’argent.

Pourtant, depuis que Gianni Infantino a imaginé un « Prix de la paix de la FIFA » pour Trump avant de prendre en compte et donner suite à la demande de ce dernier pendant la Coupe du monde de l'été dernier — jusqu'à l'utilisation de l'article 27 du code disciplinaire pour suspendre l'application de la sanction automatique d'un match de suspension (remplaçant la peine par une mise à l'épreuve d'un an pour Balogun, le joueur américain ayant reçu un carton rouge, le rendant immédiatement éligible pour affronter la Belgique), les décisions discutables se sont accumulées. 

Il y a également eu la proposition controversée — aujourd'hui abandonnée — de vendre une participation commerciale de 20 % dans la Coupe du monde à des investisseurs privés, parmi lesquels figurait le gendre de Trump, Jared Kushner. Toute cette série de décisions manquant de professionnalisme me porte à croire que les jours d'Infantino à la présidence de la FIFA pourraient être considérés comme « comptés », en raison d'une grave crise politique et de gouvernance déclenchée par des manœuvres manquant de transparence. 

Il ne fait aucun doute que le poste d'Infantino est très lucratif, sa rémunération annuelle totale s'élevant à environ 6 millions de dollars ! La position d'Infantino est aujourd'hui menacée, surtout à cause du projet à 20 milliards de dollars baptisé « FIFA Forward Enterprise » (FFE), qui visait à créer une filiale commerciale soutenue par des investisseurs privés (dont le fonds de Joshua Kushner). 

Cette initiative audacieuse s'accompagnait d'un ultimatum de 53 jours imposé aux 211 associations membres de la FIFA pour adhérer au projet via un système d'incitations financières ; une démarche qualifiée de coercitive et de « bradage » du sport par les confédérations et les critiques. L'UEFA (Europe) et ses 55 nations membres ont rejeté le plan à l'unanimité, menaçant de boycotter totalement tous les tournois de la FIFA — y compris les Coupes du monde — si le projet était maintenu. 

La CONCACAF et l'AFC se sont également opposées formellement à ce plan. Des alliés clés d'Infantino ainsi que des cadres supérieurs ont pris leurs distances ou démissionné, tandis que les avocats de l'UEFA ont exigé la conservation de documents tout en envisageant des poursuites judiciaires et des plaintes réglementaires. 

D'autres révélations compromettantes concernant la gouvernance passée (comme les indemnités de départ très élevées versées lors de son passage à l'UEFA) ont accru la pression, poussant des personnalités influentes et des confédérations à réclamer ouvertement un audit indépendant ainsi que sa démission avant l'élection présidentielle de mars 2027. L'avenir nous le dira...

mercredi, août 12, 2026

Claviers de téléphone innovants

Un autre rêve récent que je tenais également à partager est tout aussi bizarre dans sa catégorie. 

Bien entendu, il m'a également réveillé. J'essayais de composer un numéro sur un vieux téléphone à cadran. Une fois le chiffre composé et le cadran revenu à sa position initiale, impossible de me rappeler quel était le chiffre suivant (encore une fois, ce n'était qu'un rêve). 

Après quelques tentatives frustrantes et infructueuses, on m'a présenté un autre téléphone : pas le modèle à touches classique que nous connaissons tous, mais un engin étrange ne comportant que trois touches.

Peut-être avais-je simplement oublié à quoi ressemblait un clavier téléphonique classique, ce qui pourrait en dire long sur la fiabilité de ma mémoire ... Résultat : je n'avais apparemment d'autre choix que d'en créer un nouveau à trois touches pour simplifier les choses. 

Cela dit, même dans ce rêve des plus originaux, je ne comprenais pas vraiment son fonctionnement, mais disons qu'il ressemblait à l'illustration ci-dessus. Allez comprendre (lisez, « Creusez-vous la tête ! »)

mardi, août 11, 2026

Rêves : Faire du vélo à l'envers

En ce qui concerne mes rêves, ma capacité à m'en souvenir varie énormément. Je garde un souvenir très net de ceux qui me réveillent brutalement et totalement. 

Quant aux autres, dont je conserve une vague trace au seuil du pré-réveil — même si je les vis presque consciemment sur le moment —, je peux vous assurer que le lendemain matin, je me souviens bien avoir rêvé, mais je suis totalement incapable de dire de quoi il s'agissait ! 

C'est là, en somme, toute la nature de la mémoire onirique, et voici les quelques conclusions que j'en ai tirées : 

  • Les réveils brusques préservent les rêves, 
  • Les transitions en douceur les effacent, La conscience ne garantit pas le souvenir, 
  • Le sommeil paradoxal (REM) produit des rêves intenses mais mal mémorisés. 

Pour illustrer ce fil de pensée, voici un rêve récent. Je pense qu'il a été inspiré par ce que je vois tout au long de l'hiver sur les pistes de ski avec des skieurs qui skient en marche arrière.

Dans ce rêve, j'ai vu trois cyclistes décider de rouler à l'envers, à contre-sens sur une route escarpée — une chose que je n'oserais jamais tenter, même dans mes rêves les plus fous (enfin, je me trompe peut-être sur ce point !). Je me suis dit : « C'est de la folie, une telle pratique devrait être interdite ! » 

J'espère que vous serez d'accord avec moi ; cela compenserait largement le fait de m'être réveillé…


lundi, août 10, 2026

Mise à jour Portillo

 

Après une fermeture de 25 jours, le tronçon chilien de la route menant à Portillo a été déneigé en ce dimanche 9 août 2026. Les autorités ont mis en place une circulation contrôlée, réservée aux personnes ayant une réservation pour le week-end à l’hôtel de la station de ski de Portillo.

Le col Los Libertadores et la route internationale 60-CH vers Mendoza (Argentine) restent officiellement fermés. Si le côté chilien est dégagé, le côté argentin reste toujours le point critique, les opérations de déneigement étant encore en cours. Aujourd'hui, il semblerait que le passage international pourrait ouvrir dans le courant de la semaine, mais aucune date officielle de réouverture n'a encore été annoncée. 

L'hôtel de la station avait prévu sa saison d'hiver 2026 du 27 juin au 27 septembre, mais avait déjà dû reporter son ouverture partielle au 4 juillet, perdant avec plus de 3 semaines de fermeture supplémentaires une part considérable de son revenu potentiel. Cette situation illustre bien les défis que représente la gestion des stations de ski. 

Samedi, j'ai réalisé la vidéo ci-dessous à partir de l'excellent réseau de webcams que compte Portillo, afin de donner un bon aperçu de la situation sur les pistes. Je vous conseille de regarder cette vidéo sur une tablette ou un écran d'ordinateur, car les skieurs sont de petits points minuscules ! 

dimanche, août 09, 2026

En route vers les 80 ans ! (Deuxième partie)

Les personnes de 80 ans que j'ai observées ou avec qui j'ai discuté décrivent cette étape comme une transition à la fois physique et psychologique ; il ne s'agit pas d'une rupture brutale, mais d'une évolution de l'identité, des priorités et de la réalité corporelle. Il existe d'ailleurs des études solides sur la façon dont les gens ressentent et voient les choses à 80 ans. Ce qui suit est un résumé clair et structuré de mes découvertes, fondé à la fois sur mes observations et sur des recherches en gérontologie, en psychologie et sur le vieillissement. 

Atteindre l'âge de 80 ans a tendance à rendre plus conscient des limites physiques, à renforcer la résilience émotionnelle et à réorienter les priorités vers le sens d’exister, les relations et la simplicité. Les recherches montrent systématiquement que de nombreuses personnes de 80 ans sont mentalement plus fortes que ne le suggèrent les stéréotypes, même si le déclin physique devient plus marqué. 

Typiquement, les pensées et ressentis courants à cet âge incluent des réflexions telles que « Mon corps change plus vite maintenant » ; on évoque une mobilité réduite, une perte de force, parfois une fatigue accrue et davantage de temps consacré à la planification et au suivi de rendez-vous médicaux. S'y ajoutent la peur des chutes et la conscience subtile d'un ralentissement cognitif ; ce constat ne suscite généralement pas la panique, mais plutôt un sentiment mêlant acceptation et frustration. 

D'autres affirment : « Je suis toujours moi-même, juste plus âgé », un concept que les psychologues appellent la continuité de l'identité. Malgré un certain déclin physique, beaucoup de personnes de 80 ans se sentent mentalement intactes, stables et émotionnellement matures. Quant au temps, il « semble plus précieux » : les octogénaires se concentrent davantage sur le moment présent et apprécient les petits plaisirs, délaissant la planification à long terme au profit de la transmission, de la famille et de la quête de sens. 

La bonne nouvelle est que les personnes âgées « ne s'inquiètent plus des mêmes choses » : on observe moins d'anxiété et de comparaison sociale, une plus grande stabilité émotionnelle, de la gratitude, et une tolérance réduite envers les relations superficielles. Bien qu’il soit vrai que la plupart des personnes de 80 ans pensent à la mort, leur peur diminue à mesure que leur acceptation grandit et que la dignité, l’autonomie et les relations humaines deviennent ce qui compte vraiment. 

En fait, de nombreux octogénaires connaissent une renaissance psychologique, marquée par une pression moindre, plus d’authenticité, une meilleure stabilité émotionnelle et une conscience plus claire de ce qui est essentiel. C’est peut-être l’une des conclusions les plus constantes des recherches sur le vieillissement — et elle contredit les stéréotypes culturels ; alors si vous êtes prêts à passer ce cap, faites-moi plaisir, gardez le sourire !