mercredi, août 19, 2026

La force de la curiosité (Première partie)

Peut-on bien apprendre sans curiosité, et que vaut une vie dépourvue de cette qualité essentielle ? Par ailleurs, la curiosité peut-elle se développer tout au long de l'existence, et comment apprendre à cultiver une belle dose de ce trait de caractère ? Toutes ces questions ont toujours fait partie de mes efforts d’amélioration et j'irais même plus loin en disant que la curiosité n'est pas une simple aide pour apprendre, c'est peut-être aussi notre plus puissant moteur éducatif.

La curiosité n’est pas indispensable pour apprendre — il y a la discipline, la scolarité, l'obligation, la répétition ou la nécessité — mais la qualité et la profondeur de ces outils sont différents. La curiosité transforme notre façon d'apprendre. Il existe une différence majeure entre se dire « Je dois apprendre ceci » et se demander « Pourquoi en est-il ainsi ? ». On peut affirmer que si la première attitude apporte le savoir-faire, la seconde amène davantage à la compréhension. C'est vrai que la curiosité nous pousse à poser les questions qui nous font aller au-delà des évidences : 

  • Pourquoi cela se produit-il ? 
  • Est-ce vraiment vrai ? 
  • Que se passerait-il si… ? 
  • Comment en sommes-nous venus à croire cela ? 
  • Qu'est-ce qui m'échappe ? 
  • Y aurait-il une autre explication ? 
  • Qu'est-ce qui peut me convaincre que j'ai tort ? 

Cette dernière question est particulièrement précieuse. Une curiosité saine implique de s'interroger sur ses propres convictions. Sans elle, l'apprentissage risque de se réduire à une simple accumulation de faits, d'opinions et d'expériences, sans que ceux-ci soient constamment réorganisés pour aboutir à une compréhension plus profonde. 

Cela nous amène à une question tout à fait logique : que devient la vie sans curiosité ? Elle n'est pas nécessairement malheureuse pour autant. Certaines personnes mènent une vie parfaitement confortable, heureuse et riche de sens en étant peu curieuses ; pourtant, dans ce cas, il manque quelque chose d'important. La curiosité confère à la vie une certaine fraîcheur d'esprit. Elle permet aux choses familières de redevenir intéressantes. 

Un arbre n'est pas simplement « un arbre » ; il devient une interrogation : pourquoi pousse-t-il ainsi ? Pourquoi ses feuilles ont-elles cette forme ? Quel âge peut-il avoir ? Que se passe-t-il sous terre ? Il en va de même pour les gens. Au lieu de penser « Je sais comment il est », la curiosité suggère : « Je me demande ce que j'ignore à son sujet. » 

Plus important encore, la curiosité laisse l'avenir ouvert. Elle nous dit : « Il reste peut-être quelque chose de merveilleux que je n'ai pas encore découvert. » C'est une attitude particulièrement puissante à mesure que nous vieillissons. L’avancement en âge réduit inévitablement certaines possibilités, mais la curiosité en ne cesse d’en créer de nouvelles. 

Dans le prochain article, nous verrons comment cultiver ou raviver notre propre curiosité ; alors, restons ensemble …

mardi, août 18, 2026

Alterra sous pression ?

Après des années de croissance effrénée et d'optimisme aveugle face au réchauffement climatique, Alterra Mountain Company doit désormais faire face à des vents contraires croissants — tant au niveau de l'entreprise que sur les plans juridique et opérationnel — qui reflètent des défis structurels de longue date dans l'industrie du ski, le tout culminant avec des départs récents de dirigeants et des suppressions de postes.
Basé à Denver, Alterra est un autre conglomérat de stations de ski ayant copié le modèle de Vail Resorts ; elle possède et exploite aujourd'hui près de 20 destinations de montagne (telles que Steamboat, Deer Valley et Mammoth Mountain) et gère l'Ikon Pass, un forfait multi-stations. Il convient de noter que Park City est la seule station de ski où les deux entreprises sont présentes.

À l'inverse, Vail possède et exploite environ 42 stations dans le monde, misant sur un réseau massif et hautement standardisé. Le portefeuille d'Alterra, environ deux fois moins étendu que celui de Vail Resorts, est largement complété par des partenaires externes associés à l'Ikon Pass. De même, Vail optimise l'accès à un vaste réseau et les flux de clientèle régionaux grâce à son Epic Pass, tout en appliquant une expérience client centralisée et standardisée à l'échelle du groupe ; Alterra, pour sa part, tenait à préserver davantage l'autonomie et le caractère unique de ses stations phares, bien que moins efficacement. 

Jared Smith a quitté son poste de PDG après trois ans et demi de mandat, laissant le comité de direction aux commandes de l'entreprise et venant de procéder à des licenciements touchant son personnel à temps plein (au siège de Denver, en télétravail et sur divers sites), une décision motivée par une structure de coûts inadaptée et un ralentissement de la croissance post-pandémie. Par ailleurs, l'entreprise — tout comme ses concurrents Vail Resorts, Boyne et Powdr, — a fait l'objet d'un recours collectif fédéral pour pratiques anticoncurrentielles en août 2026. 

La plainte dénonce une entente globale visant à gonfler le prix des forfaits saisonniers et des cartes journalières par la coordination et le partage de données tarifaires confidentielles via des plateformes de tarification dynamique. Cette action fait suite à une autre plainte fédérale déposée plus tôt en 2026, ciblant des pratiques de vente groupée anticoncurrentielles qui contraignaient les skieurs à opter pour des forfaits multi-stations coûteux (comme l'Ikon Pass) en augmentant artificiellement le prix des cartes journalières achetés aux guichets. 

Trop de dépendance aux « méga-forfaits » a souvent conduit à une fréquentation dépassant la capacité d'accueil physique des stations les plus prisées. Ces tensions ont été exacerbées par des cycles de chutes de neige historiquement médiocres dans l'Ouest au cours des derniers hivers, suscitant des interrogations quant à la rentabilité des vastes projets d'agrandissement du domaine skiable dans des stations phares telles que Deer Valley, ici même à Park City. 

Sans parler de l'éléphant dans la pièce : le réchauffement climatique, qui représente une menace imminente pour le modèle économique d'Alterra et de Vail Resorts. Je soupçonne que leurs dirigeants et leurs actionnaires commencent sérieusement à s'inquiéter de ce problème qui ne cesse de prendre de l'ampleur ...

lundi, août 17, 2026

Réchauffement climatique et politique américaine

Les chaleurs record de l’été influenceront-elle la politique aux États-Unis ? L'été caniculaire de 2026, pourrait avoir des répercussions politiques outre-Atlantique, bien que pas aussi simples que « la chaleur favorisera le vote démocrate ». Ce qui est intéressant, c'est que les conséquences politiques pourraient passer par des facteurs concrets — notes d'électricité, santé, assurances, accès à l'eau, agriculture, feux de forêt et désagréments du quotidien — plutôt que par le prisme de l'idéologie climatique. 

Juillet 2026 a été le mois le plus chaud jamais enregistré pour les États-Unis continentaux ; chacun des 48 États contigus avec une température supérieure d'au moins 0,5 °C à sa moyenne du XXe siècle. Par ailleurs, la vague de chaleur actuelle en août à touché quelque 97 millions d'Américains. L'impact majeur pourrait être d'ordre psychologique, car il existe une différence considérable entre entendre dire que « les scientifiques affirment que le climat se réchauffe » et constater personnellement « Je n'arrive pas à dormir parce qu'il fait près de 30 °C dans ma chambre, ma facture d'électricité s'élève à 300 dollars et mes enfants ne peuvent pas jouer dehors. »

Cette seconde expérience a une portée politique bien plus forte. Un sondage AP-NORC réalisé fin juillet a révélé que 90 % des Américains estimaient que ces chaleurs extrêmes avaient négativement affecté leur vie. Environ 80 % ont dit que leur facture d'électricité avait grimpé, tandis que près de 70 % ont fait état de problèmes dans leurs activités en plein air. Le changement climatique cesse ainsi d'être une question environnementale abstraite pour devenir liée au coût de la vie. 

Les Républicains sont confrontés à un dilemme politique particulièrement intéressant, Trump ayant activement œuvré à démanteler tout ce qui était en faveur d’un meilleur climat. Une enquête du Pew Research Center menée en mars révélait que 87 % des Démocrates jugeaient insuffisante l'action du gouvernement fédéral face au changement climatique, contre seulement 31 % des Républicains ; toutefois, les chaleurs extrêmes posent problème à ces derniers si leurs électeurs en souffrent. Imaginons un électeur républicain en Arizona, au Texas, en Utah ou en Floride qui déclare : « Je ne veux pas que Washington me dicte comment vivre. 

En revanche, je veux une électricité abordable, un approvisionnement en eau fiable, une protection contre les incendies et quelqu'un qui agisse face à ces journées où la température dépasse les 43 °C. » Cet électeur n'a pas nécessairement besoin de faire du changement climatique sa priorité ; il pourrait tout aussi bien se focaliser sur les questions d'adaptation et de coûts. 

Si, face aux épisodes de chaleur, les responsables politiques réagissent principalement par une hausse des prix de l'énergie, des restrictions visant les voitures à essence ou le gaz naturel, ainsi que par des réglementations coûteuses, des taxes et des interdictions, les électeurs risquent de mal réagir, même s'ils reconnaissent la réalité du réchauffement climatique. C'est pourquoi je pense que l'impact financier de l'énergie pourrait constituer la variable politique clé. 

À mes yeux, la perspective la plus intéressante n'est pas une victoire électorale écrasante des démocrates, mais l'émergence d'une nouvelle politique bipartisane axée sur l'adaptation au climat. Une telle évolution pourrait avoir, à long terme, des conséquences bien plus efficaces que la simple augmentation du nombre de personnes se disant préoccupées par le réchauffement climatique. 

En d'autres termes, l'été 2026 pourrait marquer le moment où le changement climatique cessera d'être une question du type « Y croyez-vous ? » pour devenir une interrogation sur la réponse à apporter à ce que nous subissons. Cela dit, cette question est bien plus périlleuse sur le plan politique pour les deux partis ...

dimanche, août 16, 2026

Combien de temps durera ma Tesla ? (Deuxième partie)

Si, comme nous l'avons vu hier, le moteur principal et sa batterie résistent bien à l'épreuve du temps, certains composants secondaires présentent des signes d'usure récurrents à mesure que les Tesla vieillissent. En raison du poids élevé des batteries, les silentblocs de suspension, les bras de suspension et les rotules subissent une usure accélérée par rapport aux voitures thermiques plus légères. 

Sur les modèles S et X, les bras de suspension supérieurs et inférieurs ainsi que les demi-arbres de transmission avant ont tendance à émettre des grincements ou à vibrer lors de fortes accélérations ; ils nécessitent souvent un remplacement tous les 96 000 à 160 000 km. Sur les modèles 3 et Y, les rotules des bras de suspension supérieurs avant (intégrées à des bras en composite/métal) ont tendance à s'assécher et à grincer avec le temps, nécessitant souvent un remplacement ou un regraissage aux alentours de 80 000 à 128 000 km. 

Les anciens modèles S, X, 3 et Y utilisaient des batteries de démarrage 12 V au plomb conventionnelles pour alimenter l'électronique de l'habitacle, les verrous de porte et les ordinateurs de bord. Ces batteries au plomb tombaient en panne assez rapidement en raison des cycles de charge et décharge constants liés à la batterie haute tension. Sur les modèles produits plus récemment, Tesla a généralisé l'utilisation d'une batterie auxiliaire lithium-ion 16 V, éliminant ainsi les pannes fréquentes des batteries 12 V à courte durée de vie.

Pour la climatisation et le chauffage, les Model 3 et Y modernes utilisent un système complexe combinant pompe à chaleur et collecteur de fluide, gérant simultanément la température de l'habitacle et le refroidissement de la batterie. Bien que très efficaces par temps froid, les vannes thermiques, les pompes à liquide de refroidissement et les capteurs de la pompe à chaleur constituent des points de défaillance courants une fois que le véhicule dépasse les 160 000 km. 

Le freinage régénératif assurant jusqu'à 90 % des décélérations quotidiennes, l'usure des plaquettes et des disques de frein classiques est exceptionnellement lente (leur durée de vie dépasse souvent les 160 000 km. Toutefois, dans les régions où l'on sale abondamment les routes en hiver, la rouille et le grippage des colonnettes d'étrier peuvent survenir par manque d'utilisation si les freins ne sont pas nettoyés et lubrifiés périodiquement. 

En somme, si la batterie, le moteur et la transmission fonctionnent étonnamment bien, le reste du véhicule se situe dans la moyenne, voire parfois en dessous. De nombreux utilisateurs ont signalé des problèmes concernant divers éléments tels que la carrosserie et ses fixations, les vitres et les portières, l'électronique, la suspension et la direction, les systèmes de recharge, les finitions intérieures, ainsi que des défauts d'ajustement, des bruits ou des fuites. 

Vous savez tout désormais, mais il faudra encore une dizaine d'années pour avoir une vue d'ensemble encore plus complète !

samedi, août 15, 2026

Combien de temps durera ma Tesla ? (Première partie)

Voilà une question bien légitime ! Commercialisée en 2012, la Tesla modèle S devrait être le point de départ de données de fiabilité concernant des millions d’autres Teslas vendues à travers le monde. La bonne nouvelle est qu'après plus d'une décennie de présence sur le marché — débutée avec le modèle S et suivie des modèles 3, X et Y — une quantité importante de données a été recueillie par les cabinets d'études automobiles, les associations de consommateurs et les analyses télémétriques de flottes de véhicules.

J'ai trouvé une analyse détaillée d’études à long terme sur le suivi de l'expérience des usagers en matière de fiabilité, de durabilité et du vieillissement des Tesla. En évaluant ces voitures, les analystes distinguent la qualité de fabrication, l'assemblage des composants électroniques et la durabilité du groupe motopropulseur. En termes de finition et d'assemblage, les organismes de défense des consommateurs attribuent souvent à Tesla une note inférieure à la moyenne en raison de problèmes non mécaniques, tels que des écarts entre les panneaux de carrosserie, des défauts de peinture, des fuites de certains joints d'étanchéité, des bruits intérieur et des dysfonctionnements du système d'info-divertissement. 

Toutefois, sur le plan mécanique, le système de propulsion électrique affiche une performance nettement supérieure pour des kilométrages élevés par rapport aux moteurs thermiques traditionnels. Cela s'explique tout simplement par l'absence de composants complexes tels que transmissions élaborées, bougies d'allumage, courroies de distribution, injecteurs de carburant, systèmes d'échappement et turbocompresseurs. 

Par conséquent, les coûts d'entretien courant sur plus de 160 000 km sont en moyenne inférieurs de 40 à 50 % à ceux de véhicules thermiques comparables. L'état de santé de la batterie étant l'aspect le plus suivis en matière de durabilité à long terme des véhicules électriques. La perte de capacité de batterie ne suit pas une courbe linéaire. En moyenne, la batterie d'une Tesla subit sa dégradation relativement rapide les 30 000 à 50 000 premiers kilomètres (perdant environ 3 à 5 % de sa capacité initiale). Après cette baisse, la courbe de dégradation s'aplatit considérablement pour se stabiliser à une perte lente d'environ 1 % de capacité tous les 25 000 à 30 000 kilomètres. 

Les données de Tesla indiquent qu'après 320 000 km de conduite, les batteries des modeles S et X conservent en moyenne 88 % à 90 % de leur capacité initiale. Les modèles S de première génération ont connu des taux de défaillance supérieurs à la moyenne au niveau de leurs unités de propulsion ; la plupart ont été remplacées dans le cadre de la garantie Tesla de 8 ans sans limitation de kilométrage. 

Les moteurs à réluctance à aimants permanents équipant les modèles 3, Y et les versions récentes des modèles S et X se sont révélés exceptionnellement durables. Les ingénieurs de Tesla ont conçu ces unités de propulsion en visant une durée de vie d'un million et demi de km, et les véhicules ayant parcouru de longues distances montrent que les dents d’engrenages n’ont subit qu’une usure minime ainsi qu'une dégradation négligeable du rotor, bien au-delà des 320 000 km. 

Demain, nous verrons comment le reste du véhicule vieillit au fil des ans …

vendredi, août 14, 2026

Fausse alerte !

Dimanche dernier, vers 16 heures, l’alerte stridente de mon téléphone m’a tiré de ma rêverie. Un message en gros caractères indiquait : « Votre domicile est placé en statut "GO" (Départ immédiat). ÉVACUEZ MAINTENANT ! » Comme n'importe qui l'aurait fait, nous avons pris la situation très au sérieux et avons paniqué ; pourtant, aucun incendie n'était visible, pas plus que nous puissions sentir la moindre odeur, aucune sirène ne retentissait et rien d'anormal se passait aux abords de la maison.

Nous sommes donc sortis pour observer les environs et avons aperçu notre voisin sur son vélo électrique, qui partait pour localiser l'incendie. Après avoir discuté avec d'autres voisins, nous avons conclu que, malgré le caractère alarmant du message, il s'agissait sans doute d'une fausse alerte — hypothèse que nous préférions à l’unanimité ! Une bonne dose d'émotions fortes pour clore le week-end. 

Cet avis d'évacuation de niveau « Go », envoyé sur les téléphones portables à travers Park City avait été émis par erreur, selon le bureau du shérif du comté de Summit (qui a 4 874 km² est un peu plus grand que la Haute Savoie). L'alerte ne concernait en réalité que les résidents d’un bled situé à quelque 50 km à vol d'oiseau de Park City. Évidemment, personne n'a pris la peine de nous en avertir. « Il n'y a aucun avis de pré-évacuation ou d'évacuation pour votre coin », a déclaré le service d'incendie. 

Nous savons désormais ce que l'on ressent face à un avis d'évacuation, mais il nous reste encore à élaborer un plan d'action pragmatique qui soit mieux qu’un vœux pieux !

jeudi, août 13, 2026

Jours d'Infantino comptés à FIFA ?

Je ne suis pas un grand amateur de foot professionnel et, par conséquent, je ne connais pas grand-chose à ce sport qui brasse des sommes colossales d’argent.

Pourtant, depuis que Gianni Infantino a imaginé un « Prix de la paix de la FIFA » pour Trump avant de prendre en compte et donner suite à la demande de ce dernier pendant la Coupe du monde de l'été dernier — jusqu'à l'utilisation de l'article 27 du code disciplinaire pour suspendre l'application de la sanction automatique d'un match de suspension (remplaçant la peine par une mise à l'épreuve d'un an pour Balogun, le joueur américain ayant reçu un carton rouge, le rendant immédiatement éligible pour affronter la Belgique), les décisions discutables se sont accumulées. 

Il y a également eu la proposition controversée — aujourd'hui abandonnée — de vendre une participation commerciale de 20 % dans la Coupe du monde à des investisseurs privés, parmi lesquels figurait le gendre de Trump, Jared Kushner. Toute cette série de décisions manquant de professionnalisme me porte à croire que les jours d'Infantino à la présidence de la FIFA pourraient être considérés comme « comptés », en raison d'une grave crise politique et de gouvernance déclenchée par des manœuvres manquant de transparence. 

Il ne fait aucun doute que le poste d'Infantino est très lucratif, sa rémunération annuelle totale s'élevant à environ 6 millions de dollars ! La position d'Infantino est aujourd'hui menacée, surtout à cause du projet à 20 milliards de dollars baptisé « FIFA Forward Enterprise » (FFE), qui visait à créer une filiale commerciale soutenue par des investisseurs privés (dont le fonds de Joshua Kushner). 

Cette initiative audacieuse s'accompagnait d'un ultimatum de 53 jours imposé aux 211 associations membres de la FIFA pour adhérer au projet via un système d'incitations financières ; une démarche qualifiée de coercitive et de « bradage » du sport par les confédérations et les critiques. L'UEFA (Europe) et ses 55 nations membres ont rejeté le plan à l'unanimité, menaçant de boycotter totalement tous les tournois de la FIFA — y compris les Coupes du monde — si le projet était maintenu. 

La CONCACAF et l'AFC se sont également opposées formellement à ce plan. Des alliés clés d'Infantino ainsi que des cadres supérieurs ont pris leurs distances ou démissionné, tandis que les avocats de l'UEFA ont exigé la conservation de documents tout en envisageant des poursuites judiciaires et des plaintes réglementaires. 

D'autres révélations compromettantes concernant la gouvernance passée (comme les indemnités de départ très élevées versées lors de son passage à l'UEFA) ont accru la pression, poussant des personnalités influentes et des confédérations à réclamer ouvertement un audit indépendant ainsi que sa démission avant l'élection présidentielle de mars 2027. L'avenir nous le dira...

mercredi, août 12, 2026

Claviers de téléphone innovants

Un autre rêve récent que je tenais également à partager est tout aussi bizarre dans sa catégorie. 

Bien entendu, il m'a également réveillé. J'essayais de composer un numéro sur un vieux téléphone à cadran. Une fois le chiffre composé et le cadran revenu à sa position initiale, impossible de me rappeler quel était le chiffre suivant (encore une fois, ce n'était qu'un rêve). 

Après quelques tentatives frustrantes et infructueuses, on m'a présenté un autre téléphone : pas le modèle à touches classique que nous connaissons tous, mais un engin étrange ne comportant que trois touches.

Peut-être avais-je simplement oublié à quoi ressemblait un clavier téléphonique classique, ce qui pourrait en dire long sur la fiabilité de ma mémoire ... Résultat : je n'avais apparemment d'autre choix que d'en créer un nouveau à trois touches pour simplifier les choses. 

Cela dit, même dans ce rêve des plus originaux, je ne comprenais pas vraiment son fonctionnement, mais disons qu'il ressemblait à l'illustration ci-dessus. Allez comprendre (lisez, « Creusez-vous la tête ! »)

mardi, août 11, 2026

Rêves : Faire du vélo à l'envers

En ce qui concerne mes rêves, ma capacité à m'en souvenir varie énormément. Je garde un souvenir très net de ceux qui me réveillent brutalement et totalement. 

Quant aux autres, dont je conserve une vague trace au seuil du pré-réveil — même si je les vis presque consciemment sur le moment —, je peux vous assurer que le lendemain matin, je me souviens bien avoir rêvé, mais je suis totalement incapable de dire de quoi il s'agissait ! 

C'est là, en somme, toute la nature de la mémoire onirique, et voici les quelques conclusions que j'en ai tirées : 

  • Les réveils brusques préservent les rêves, 
  • Les transitions en douceur les effacent, La conscience ne garantit pas le souvenir, 
  • Le sommeil paradoxal (REM) produit des rêves intenses mais mal mémorisés. 

Pour illustrer ce fil de pensée, voici un rêve récent. Je pense qu'il a été inspiré par ce que je vois tout au long de l'hiver sur les pistes de ski avec des skieurs qui skient en marche arrière.

Dans ce rêve, j'ai vu trois cyclistes décider de rouler à l'envers, à contre-sens sur une route escarpée — une chose que je n'oserais jamais tenter, même dans mes rêves les plus fous (enfin, je me trompe peut-être sur ce point !). Je me suis dit : « C'est de la folie, une telle pratique devrait être interdite ! » 

J'espère que vous serez d'accord avec moi ; cela compenserait largement le fait de m'être réveillé…


lundi, août 10, 2026

Mise à jour Portillo

 

Après une fermeture de 25 jours, le tronçon chilien de la route menant à Portillo a été déneigé en ce dimanche 9 août 2026. Les autorités ont mis en place une circulation contrôlée, réservée aux personnes ayant une réservation pour le week-end à l’hôtel de la station de ski de Portillo.

Le col Los Libertadores et la route internationale 60-CH vers Mendoza (Argentine) restent officiellement fermés. Si le côté chilien est dégagé, le côté argentin reste toujours le point critique, les opérations de déneigement étant encore en cours. Aujourd'hui, il semblerait que le passage international pourrait ouvrir dans le courant de la semaine, mais aucune date officielle de réouverture n'a encore été annoncée. 

L'hôtel de la station avait prévu sa saison d'hiver 2026 du 27 juin au 27 septembre, mais avait déjà dû reporter son ouverture partielle au 4 juillet, perdant avec plus de 3 semaines de fermeture supplémentaires une part considérable de son revenu potentiel. Cette situation illustre bien les défis que représente la gestion des stations de ski. 

Samedi, j'ai réalisé la vidéo ci-dessous à partir de l'excellent réseau de webcams que compte Portillo, afin de donner un bon aperçu de la situation sur les pistes. Je vous conseille de regarder cette vidéo sur une tablette ou un écran d'ordinateur, car les skieurs sont de petits points minuscules ! 

dimanche, août 09, 2026

En route vers les 80 ans ! (Deuxième partie)

Les personnes de 80 ans que j'ai observées ou avec qui j'ai discuté décrivent cette étape comme une transition à la fois physique et psychologique ; il ne s'agit pas d'une rupture brutale, mais d'une évolution de l'identité, des priorités et de la réalité corporelle. Il existe d'ailleurs des études solides sur la façon dont les gens ressentent et voient les choses à 80 ans. Ce qui suit est un résumé clair et structuré de mes découvertes, fondé à la fois sur mes observations et sur des recherches en gérontologie, en psychologie et sur le vieillissement. 

Atteindre l'âge de 80 ans a tendance à rendre plus conscient des limites physiques, à renforcer la résilience émotionnelle et à réorienter les priorités vers le sens d’exister, les relations et la simplicité. Les recherches montrent systématiquement que de nombreuses personnes de 80 ans sont mentalement plus fortes que ne le suggèrent les stéréotypes, même si le déclin physique devient plus marqué. 

Typiquement, les pensées et ressentis courants à cet âge incluent des réflexions telles que « Mon corps change plus vite maintenant » ; on évoque une mobilité réduite, une perte de force, parfois une fatigue accrue et davantage de temps consacré à la planification et au suivi de rendez-vous médicaux. S'y ajoutent la peur des chutes et la conscience subtile d'un ralentissement cognitif ; ce constat ne suscite généralement pas la panique, mais plutôt un sentiment mêlant acceptation et frustration. 

D'autres affirment : « Je suis toujours moi-même, juste plus âgé », un concept que les psychologues appellent la continuité de l'identité. Malgré un certain déclin physique, beaucoup de personnes de 80 ans se sentent mentalement intactes, stables et émotionnellement matures. Quant au temps, il « semble plus précieux » : les octogénaires se concentrent davantage sur le moment présent et apprécient les petits plaisirs, délaissant la planification à long terme au profit de la transmission, de la famille et de la quête de sens. 

La bonne nouvelle est que les personnes âgées « ne s'inquiètent plus des mêmes choses » : on observe moins d'anxiété et de comparaison sociale, une plus grande stabilité émotionnelle, de la gratitude, et une tolérance réduite envers les relations superficielles. Bien qu’il soit vrai que la plupart des personnes de 80 ans pensent à la mort, leur peur diminue à mesure que leur acceptation grandit et que la dignité, l’autonomie et les relations humaines deviennent ce qui compte vraiment. 

En fait, de nombreux octogénaires connaissent une renaissance psychologique, marquée par une pression moindre, plus d’authenticité, une meilleure stabilité émotionnelle et une conscience plus claire de ce qui est essentiel. C’est peut-être l’une des conclusions les plus constantes des recherches sur le vieillissement — et elle contredit les stéréotypes culturels ; alors si vous êtes prêts à passer ce cap, faites-moi plaisir, gardez le sourire !

samedi, août 08, 2026

En route vers les 80 ans ! (Première partie)

Dans un peu plus d’un an, si Dieu le veut, j’atteindrai le bel âge de 80 ans et, comme beaucoup de personnes de ma génération, je vois cela comme une étape marquante de ma vie. Atteindre ce cap suscite des sentiments partagés mêlant réflexion sur le déclin physique, introspection mentale et limites du quotidien. 

D’après ce que j’ai pu observer auprès des gens qui m’entourent, je risque de vivre des changements accélérés au niveau de mon corps, de mon état d’esprit et de mes liens sociaux. Il s’agira peut-être, au début, de petites trucs — alors que tout le reste ira bien — comme se sentir ralentir, manquer d’énergie ou souffrir de douleurs articulaires et d’une faiblesse musculaire. 

Puis viendront les inévitables évolutions en matière de santé, avec des contraintes simples comme la gestion d’une multitude de médicaments et des visites fréquentes chez le médecin pour se rassurer et préserver sécurité et bien-être. Des problèmes de mobilité pourraient également faire leur apparition, comme la nécessité de redoubler de prudence en marchant sur la neige ou un sol glissant, ou encore, à terme, le recours à une canne ou à un déambulateur, sans oublier la possibilité de chute. 

Sur le plan mental et émotionnel, ce passage à 80 ans offrira de nombreuses occasions de repenser à toute une vie de choix passés — des moments forts et des épreuves de carrière aux grands événements familiaux — avec, je l’espère, un profond sentiment de fierté et de satisfaction. Parallèlement, l’acceptation deviendra une alliée précieuse lorsqu’il faudra trouver la paix face au vieillissement tout en affrontant la perte d’amis proches ou de membres de la famille. 

L'essentiel est de valoriser chaque jour et chaque instant présents, en privilégiant les perspectives sereines et les bonnes nouvelles plutôt que la peur de l'avenir. Demain, nous explorerons des moyens de soutenir la santé mentale des personnes sur le point de fêter leurs 80 ans, avec de nombreux conseils pour pratiquer une activité physique en toute sécurité et conserver un état d'esprit optimiste au-delà de cette étape emblématique !

vendredi, août 07, 2026

Une voie bichonnée vers l’éternité …

Comme les lecteurs de ce blog sont au courant, le cimetière de Park City constitue un important passage quotidien dans notre promenade matinale. 

Pendant des années, l’allée goudronnée montrait des signes de vieillesse, n’ayant fait l’objet que de réparations sommaires et médiocres ; c’est ainsi que la semaine dernière une nouvelle couche d’asphalte, épaisse et lisse, a enfin été posée pour rendre notre traversée bien plus agréable. 

Non seulement la sensation de marche s’en trouve grandement améliorée — on a l’impression de marcher sur un tapis —, mais le trajet est aussi beaucoup moins bruyant pour les résidents, qui peuvent désormais profiter du silence feutré quand quelqu’un (humain ou animal) flâne dans les parages. 

À bien des égards, ce « boulevard des allongés » fraîchement asphalté ressemble désormais au chemin vers l’éternité et offre une perspective bien plus encourageante à ceux qui envisagent un très long séjour ou un simple passage …




jeudi, août 06, 2026

Un rare mois complet de vacances !

Il y a cinquante ans, je travaillais encore pour les fixations Look et, pour la seconde et dernière fois de ma carrière, je profitais d'un mois entier de congés annuels, avantage que les Français trouvent tout à fait normal et auquel ils sont très attachés. J’en garde d’autant plus un souvenir marquant en raison de la forte canicule de cet été-là. 

Je me souviens d’avoir travaillé juste avant, en juillet chez Look, avec de jeunes cadres de notre distributeur américain venu collaborer sur un manuel technique destiné aux techniciens de ski dans une chaleur suffocante. Tout comme moi, Peter Juen et Ted Travis ruisselaient de sueur et peinaient à comprendre l'absence de climatisation dans l’usine toute neuve que les propriétaires de Look venaient de faire construire. 

Pourtant, la canicule de 1976 n'a rien à voir avec celle de cet été en France. Bien qu'elle ne soit pas encore terminée, la canicule de 2026 aura battu tous les records et s'est révélée bien plus intense que celle de 1976 — même si cette dernière reste gravée dans les mémoires des anciens en raison de la sécheresse extrême et des répercussions socio-économiques qu'elle a engendrées.

En termes d'intensité thermique, 2026 l'emporte largement avec un pic national à 30 °C, contre 25,5 °C en 1976 (indice thermique sur 24 heures). Quant à l'étendue géographique, les chaleurs de 1976 touchaient surtout le nord, l'ouest et le centre de la France, le sud étant moins affecté. À l'inverse, en 2026, la canicule a touché plus de 40 % du pays, avec des records historiques dépassant les 40 °C dans de nombreuses régions (Strasbourg 40,4 °C, Noirmoutier 40,1 °C). 

Les nuits furent bien plus chaudes qu'en 1976 avec des températures nocturnes supérieures à 20 °C sur 75 % du territoire, avec jusqu'à 10 nuits chaudes consécutives à Paris et ces nuits tropicales ont considérablement aggravé la sensation de chaleur. 

Enfin, la sécheresse de 1976 fut exceptionnelle, marquée par l'assèchement des cours d'eau, un déficit pluviométrique de 50 à 70 % et une crise agricole majeure qui exacerba les tensions entre le président Valéry Giscard d’Estaing et son Premier ministre, Jacques Chirac. Si la canicule n'en fut pas l'unique cause, elle a porté à son paroxysme un conflit latent, aboutissant finalement à la démission de Chirac. 

Nous ignorons encore quelles seront les répercussions politiques de l'épisode de 2026, mais il est fort probable que nous en entendions parler dans les mois à venir. Il est certain que dès à présent, la sécheresse commence à se manifester, qu’elle n’a pas encore dit son dernier mot et ces jours derniers, le torrent de la Dranse dans mon patelin d’origine, s'est retrouvé à sec par endroits — un phénomène inédit. 

En conclusion, la canicule de 1976 a marqué les esprits, principalement en raison de son intensité et de ses conséquences politiques, mais elle fut aussi une année exceptionnelle pour les vins français, malgré (ou grâce à) la sécheresse estivale extrême. 

Toutefois, la canicule de 2026 s'avère nettement plus sévère en termes de températures en battant des records historiques, en engendrant des nuits tropicales inédites et en atteignant une intensité sans commune mesure avec les épisodes du XXe siècle, sans oublier une saison des feux de forêt d'une violence et d'une ampleur records.

mercredi, août 05, 2026

Lutter contre le changement climatique (Deuxième partie)

Hier, nous avons examiné les outils dont nous disposons pour faire progresser significativement la lutte contre le changement climatique et identifier les méthodes les plus efficaces. Aujourd'hui, nous essaierons de les classer selon leur impact à long terme. Commençons donc. 

  1. L'éducation et la culture scientifique, même si leur impact se fait sentir à long terme, sont une étape nécessaire qui doit constituer le socle de nos efforts pour endiguer le changement climatique. N’oublions pas dans ce domaine une lutte continue et robuste contre la désinformation ! 
  2. Des incitations économiques encourageant les choix plus propres, comme les crédits d'impôt et les rabais pour les énergies renouvelables ou les appareils qui les utilisent. 
  3. L'innovation technologique peut englober des domaines aussi variés que la fusion froide, les énergies thermiques et la transformation de matières dangereuses et autres déchets en nouvelles sources d'énergie. 
  4. Les politiques gouvernementales et la coopération internationale sont essentielles. En effet, les actions individuelles des pays sont vaines et inefficaces si le monde entier n’agit pas de concert. Sans un mouvement unanime, rien ne fonctionnera. 
  5. Donner l'exemple fonctionne bien pour les familles et devrait l'être également à l'échelle planétaire. Dénoncer les pratiques néfastes doit aussi faire partie des outils à utiliser. 
  6. La pression des consommateurs et les boycotts peuvent être efficaces s'ils sont bien expliqués, parfaitement compris et respectés. 
  7. Il est préférable de privilégier un activisme public pacifique et continu plutôt que des révoltes violentes, qui n'ont que peu d'impact positif sur l'environnement et causent souvent des dommages sociaux supplémentaires. 

Le changement climatique pose un problème classique d'action collective. Si tous les pays agissent, chacun a intérêt à laisser les autres supporter une plus grande part des coûts. Pour surmonter ce dilemme, il est nécessaire de faire de l'action climatique non seulement une obligation morale, mais aussi un atout économique et politique.

L'histoire montre que les sociétés évoluent plus rapidement lorsque la responsabilité environnementale s'allie à la prospérité, à la sécurité et au progrès technologique, plutôt que de s'appuyer uniquement sur la persuasion morale. En fin de compte, cette question relève autant de la nature humaine que des sciences du climat : comment convaincre les acteurs économiques ?

mardi, août 04, 2026

Lutter contre le changement climatique (Première partie)

Nous n’avons qu'une seule planète, et pourtant plus de 200 nations partagent la responsabilité de son avenir. Bien que la quasi-totalité des gouvernements reconnaissent l'importance de protéger l'environnement, leur volonté et leur capacité d'agir varient considérablement. Certains privilégient la croissance économique, la sécurité nationale ou des considérations politiques aux politiques climatiques, tandis que d'autres manquent tout simplement des ressources financières nécessaires à la transition. 

Le défi est donc non seulement scientifique, mais aussi politique, économique et moral. Dès lors, comment faire bouger les choses ? L'histoire nous enseigne qu'aucune approche isolée n'est suffisante. Le progrès résulte généralement d'une combinaison de facteurs.

En théorie, l'éducation est sans doute l'outil le plus puissant à long terme. Elle modifie la façon dont les générations futures pensent, votent, consomment et innovent ; malheureusement, son action est très lente. Donner l'exemple peut s'avérer étonnamment influent. Lorsqu'un pays, une ville ou une entreprise démontre que la réduction des émissions peut rimer avec prospérité économique, d'autres sont plus enclins à suivre son exemple. 

La chute spectaculaire du coût des panneaux solaires et de l'énergie éolienne est en partie due aux investissements précoces des pays qui ont prouvé que ces nouvelles technologies pouvaient, de façon surprenante, fonctionner efficacement à grande échelle. Cela dit, les incitations économiques sont souvent plus efficaces que les arguments moraux. Les entreprises et les consommateurs sont sensibles aux prix. 

Les taxes carbone, les systèmes d'échange de quotas d'émission, les crédits d'impôt pour les technologies propres et les subventions aux énergies renouvelables ont généralement produit des changements mesurables, car ils alignent les objectifs environnementaux sur les intérêts financiers. Il est vrai que la pression des consommateurs et les boycotts peuvent influencer le comportement des entreprises, surtout lorsqu'ils mobilisent un grand nombre de personnes. 

Les entreprises réagissent souvent plus rapidement que les gouvernements à l'évolution des préférences des consommateurs. Cependant, les boycotts ne sont généralement efficaces que s'ils sont largement soutenus, ce qui nécessite une explication claire et une parfaite compréhension. En théorie, les accords internationaux comme l'Accord de Paris contribuent à établir des objectifs communs et à encourager la transparence, mais ils reposent en grande partie sur des engagements volontaires et la pression des pairs plutôt que sur la contrainte. 

Un grand espoir, souvent considéré comme un pari risqué, réside dans l'innovation technologique, qui devrait à terme être l'un des principaux moteurs du changement. Les nouvelles technologies deviennent attractives lorsqu'elles sont plus propres et moins chères. L'adoption rapide des véhicules électriques, des batteries améliorées et des énergies renouvelables illustre comment l'innovation peut transformer les marchés sans exiger de sacrifices de la part de tous. 

Pour conclure cette liste d'outils, il y a toujours la protestation publique et la désobéissance civile, qui ont historiquement attiré l'attention sur des problèmes importants et parfois accéléré des changements politiques. Leur efficacité dépend du maintien du soutien du public. Les mouvements pacifiques ont généralement un bilan plus positif à long terme que les révoltes violentes, qui polarisent souvent les sociétés et détournent l'attention du problème de fond. 

Demain, nous tenterons de déterminer quels outils semblent les plus efficaces…

lundi, août 03, 2026

Altitude et température

Montagnard et skieur, j'ai toujours pensé que la règle concernant la variation de température en fonction de l'altitude était de 6 °C pour 1 000 mètres. N'en n’étant pas tout à fait sûr, j'ai décidé d'approfondir le sujet, qui prend de l’importance au moment où le réchauffement climatique s'intensifie. Voici ce que j'ai découvert, en commençant par les causes du phénomène. 

La température baisse avec l'altitude tout simplement parce que la pression atmosphérique diminue, ce qui entraîne une détente et un refroidissement de l'air. Abordons maintenant les chiffres relatifs à ce que l'on appelle le gradient thermique normal (ou gradient adiabatique). En degrés Celsius, elle baisse d'environ 6,5 °C par tranche de 1 000 mètres. Par exemple, si l'on gravit un dénivelé montagneux de 2 000 mètres, on peut généralement s'attendre à ce qu'il fasse environ 13 °C de moins en atteignant le sommet. 

Bien entendu, si la valeur de 6,5 °C pour 1 000 mètres constitue la moyenne standard, les conditions réelles s'écartent souvent de cette règle. Prenons d'abord en compte l'humidité. Si l'air est sec, il se refroidit plus rapidement en s'élevant à un taux d'environ 9,8 °C pour 1 000 mètres. 

En revanche, si l'air se refroidit jusqu'à atteindre son point de rosée et que l'humidité se condense pour former des nuages ​​ou du brouillard, de la chaleur latente est libérée dans l'air environnant. Ce phénomène ralentit le refroidissement, ramenant le taux à environ 5 °C pour 1 000 mètres. 

Il y a aussi les inversions de température. Si celle-ci diminue normalement avec l'altitude, une inversion produit l'effet inverse, de l'air plus chaud venant surplomber une masse d'air froid. Ce phénomène est très courant dans les vallées de montagne (comme celle de l’Arve entre Cluses et Sallanches) en hiver ou lors des nuits claires et sans vent : l'air froid et dense s'accumule au fond de la vallée, tandis que les zones plus élevées, comme Megève, restent nettement plus chaudes. 

Pour finir, la topographie du terrain et le vent jouent également un rôle. Les parois rocheuses sombres et les zones alpines exposées peuvent chauffer considérablement sous l'effet du rayonnement solaire direct, créant ainsi des microclimats chauds en altitude qui s'écartent du gradient thermique habituel de l'air libre. 

À l'inverse, des vents alpins violents peuvent rabattre des masses d'air froid (phénomène connu sous le nom de vents catabatiques) ou accentuer l'effet de refroidissement éolien, donnant une sensation de froid bien plus intense que ne le laisserait supposer le gradient thermique ambiant. 

Voilà, vous savez désormais tout sur cette relation complexe entre altitude et température !

dimanche, août 02, 2026

Les erreurs sont les briques qui bâtissent la sagesse

Un ami me l’a récemment rappelé alors que je partageais une caricature sur le fait de vieillir et de gagner en sagesse. Il a dit : « Je fais encore beaucoup d’erreurs », et j’ai réalisé que la sagesse ne survient pas après les erreurs, mais à travers celles-ci. 

Sans erreurs, la sagesse n’a pas de terreau pour se développer. Chaque faux pas nous apporte un nouvel éclairage, une perspective différente sur nous-mêmes, une nouvelle occasion de mieux comprendre le monde. La sagesse n’est ni une quantité fixe ni une destination finale ; c’est une construction que nous bâtissons sans cesse, brique imparfaite après brique imparfaite. 

Plutôt que de redouter les erreurs, nous devons donc les accueillir comme faisant partie intégrante du cheminement vers d’avantage de sagesse. Non pas parce qu’elles sont plaisantes, mais parce qu’elles sont fécondes. Elles nous permettent de continuer à apprendre, à nous ajuster et à rester en phase avec le monde. 

En ce sens, la sagesse n’est jamais achevée, elle a sans cesse besoin de toutes nos erreurs, petites et grandes — et c’est précisément ce qui rend la vie intéressante.

samedi, août 01, 2026

La peur la plus difficile à surmonter ?

Nous craignons tous des choses différentes. Ce qui effraie une personne peut en laisser une autre totalement indifférente, car chacun de nous possède un seuil de tolérance différent face à l'incertitude et au risque. Certains — y compris ceux dont le métier consiste à prendre des risques — s'habituent tellement au danger que ce qui semblait autrefois intimidant finit par devenir une simple routine. 

En vieillissant, l'expérience nous apprend souvent à accepter que de nombreux événements échappent à notre contrôle. Pourtant, la logique seule ne suffit pas à dissiper la peur, et bien des angoisses nous accompagnent tout au long de notre vie. 

Parmi ces peurs, l'une d'elles se distingue par son intensité particulière : il ne s'agit pas de la peur de mourir, mais de celle d'avoir tort. Admettre que l'on a commis une erreur, fait preuve d'un mauvais jugement ou entretenu une croyance erronée peut s'avérer extrêmement difficile, car cela remet en cause notre fierté, l'image que nous avons de nous-mêmes et, parfois même, notre identité. 

C'est peut-être là l'un des plus grands défis psychologiques auxquels nous sommes confrontés. Si certains apprennent à reconnaître leurs erreurs avec humilité, beaucoup passent leur vie à défendre des opinions dont ils savent, au fond d'eux-mêmes, qu'elles ne sont peut-être plus fondées. 

Paradoxalement, la volonté d'admettre que l'on a tort n'est pas un signe de faiblesse, mais bien l'une des marques les plus évidentes de sagesse et d'épanouissement personnel.

vendredi, juillet 31, 2026

Merci Total Energies !

Nous traversons actuellement une période caniculaire à Park City. Si les températures sont loin d'être insupportables comparées à celles que connaissent la vallée de Salt Lake et bien d'autres endroits, nous avons eu la chance, jusqu'ici, d'être épargnés par la fumée, à l'exception de deux ou trois jours en juin. 

Toutefois, face aux ravages climatiques qui frappent le monde entier — des gigantesques incendies de forêt en Europe aux inondations survenant un peu partout —, le réchauffement climatique reste plus que jamais cet immense problème que tout le monde semble ignorer délibérément. Bien sûr, personne ne parle de ce qui afflige actuellement la planète et menace de causer la perte de l'humanité, les regards étant braqués sur les conflits aux quatre coins du globe et les excentricités des politiciens. 

Pourtant, le retour de bâton est inévitable : les actions passées — en particulier le pillage effréné de notre planète par l'humanité — finiront par nous rattraper tous, et ce que nous vivons aujourd'hui n'en est qu'un avant-goût. Et ce, alors même que de nombreux acteurs de l'industrie des combustibles fossiles ont tenté, pendant des décennies, de nous convaincre qu'il était impossible d'établir un lien de cause à effet entre l'utilisation de ces énergies et le réchauffement climatique, sous prétexte que les modèles de projection étaient trop incertains.

Or, il a été récemment démontré que l'une de ces entreprises, ExxonMobil (anciennement Esso), disposait de ses propres modèles internes prédisant des trajectoires de réchauffement cohérentes avec celles annoncées par les modèles universitaires et gouvernementaux indépendants. Ce qu'ils savaient réellement sur les modèles climatiques contredisait donc ce qu'ils nous avaient fait croire. 

C'est pourquoi j'ai pris une habitude : lors de nos promenades matinales, si mon interlocuteur me dit « Encore une journée qui va etre chaude ! », je réponds systématiquement : « Merci ExxonMobil ! ». Vous n’aurez qu’à traduire, « Merci Total Energies ! » 

jeudi, juillet 30, 2026

Relations de voisinage …

 Mon voisin a l'air jovial et super sympa, mais comme beaucoup de gens, il aime faire les choses « à sa façon ». L'autre jour, il recevait des invités chez lui. Il faisait beau et tout le monde a dîné sur la terrasse, située à moins de 9 mètres de notre chambre à coucher.

Les convives parlaient fort et, lorsque nous sommes allés dans notre chambre à 21 heures, nous les entendions très distinctement. Nous espérions qu'à 22 heures tout le monde rentrerait, mais ils ont oublié et poursuivi leurs échanges bruyants jusqu'à environ 23 h 30. J'étais agacé car je n'ai pas pu dormir. 

Le lendemain soir, le même genre de réunion se renouvelait. Craignant que tout ce petit monde recommence la séquence de la veille, j'ai envoyé un SMS à mon cher voisin juste après 22 h 30 pour lui demander de dire à ses invités de « Baisser un peu le ton, s'il vous plaît ». 

Quelques minutes plus tard, tous se sont tus et sont rentrés, mais mon voisin n'a jamais répondu à mon message, sans doute par gêne. J'ai trouvé que j'avais bien géré l'incident. Auriez-vous réagi différemment et, si oui, qu’auriez vous fait ?

mercredi, juillet 29, 2026

Le « Wooden Nickel » à Jackson Hole

En juillet 1984, alors que je travaillais pour Lange sans être pleinement satisfait de l'étape que je traversais dans ma vie et ma carrière, ma curiosité fut éveillée par une petite annonce parue dans la rubrique « Opportunités d'affaires » du sérieux Wall Street Journal. 

J’avais trouvé un magasin de vêtements de mode à vendre au cœur de la station de montagne de Jackson Hole, dans le Wyoming. J'avais téléphoné et discuté avec le propriétaire ; il m’avait dit que le prix de vente du fonds de commerce (hors murs, bien entendu) avoisinait les 120 000 dollars (soit un peu moins de 400 000 dollars d'aujourd'hui). 

L'enseigne s'appelait le « Wooden Nickel ». À Jackson Hole, ce nom évoquait l'héritage de l'Ouest, des articles uniques, un rapport qualité-prix honnête et un charme rustique, un clin d'œil en quelque sorte à la culture Far West. 

C’est ainsi qu'à cette époque, lors d'un voyage d'affaires qui m’amenait par Denver, j'avais pris l'avion pour Jackson afin de visiter les lieux. Je n'y étais jamais allé et j'avais adoré l'endroit ! Le vendeur m’avait prit à l'aéroport et m'avait fait visiter son commerce. L'affaire me plaisait assez, mais j'hésitais quand même. J'ai donc dit que j'allais y réfléchir et que j'en parlerais à ma femme. 

Le travail et le quotidien reprirent alors leur cours, mais plus tard cette année-là, j'avais commencé à élaborer un projets qui allait aboutir à mon déménagement dans l'Utah en 1985. Mon rêve de l'Ouest était sur les rails et allait marquer un fabuleux tournant dans ma vie !

mardi, juillet 28, 2026

Prévisions météo pour l'hiver prochain …

Les dernières prévisions du Climate Prediction Center de la NOAA viennent de paraître. Elles couvrent l'essentiel de la saison hivernale à venir, y compris les mois de janvier, février et mars 2027.

Elles indiquent l'émergence d'un schéma El Niño assez caractéristique, avec des conditions plus humides sur une grande partie du sud des États-Unis, un temps plus sec sur certaines zones du nord des Rocheuses et une probabilité accrue de températures supérieures à la normale sur de vastes étendues du pays. Ces cartes ne prédisent ni les quantités exactes de neige ni les tempêtes hivernales spécifiques. 

Elles offrent toutefois une première indication quant aux zones où la trajectoire des perturbations pourrait favoriser des conditions plus humides, plus sèches, plus chaudes ou plus froides durant l'hiver 2026-2027. 

Pour ce qui est de Park City, le constat est clair : une tendance à la hausse des températures et des précipitations proches de la normale. Reste à voir ce que l'avenir nous réserve ; début avril, nous comparerons ces prévisions à la réalité pour voir si elles ressemblent aux projections de NOAA …

lundi, juillet 27, 2026

Les excès ne valent rien !

Portillo, la station de ski chilienne, devait ouvrir ses pistes le 27 juin. Elle n'a pas pu le faire, la neige n'étant pas au rendez-vous. Elle a partiellement ouvert le week-end suivant grâce à la production de neige de culture sur les pistes du secteur « Plateau », mais la route d'accès a dû être fermée le 14 juillet en raison d'une tempête de neige massive qui a débuté le mercredi 15 juillet 2026.

Plus de 5 mètres de neige se sont accumulés sur l'ensemble du domaine depuis l'arrivée de la perturbation. La station de Portillo est restée fermée et isolée en raison de l'énorme quantité de neige et des mesures de sécurité. 

Les prévisions locales non officielles et les communications de la station laissent penser que cette fermeture pourrait durer jusqu'aux premiers jours d'août 2026. La gestion de la Route 60 qui mène à;la station est assurée par l’État et les autorités locales de Guardia Vieja. 

Le déneigement nécessitera un temps considérable pour dégager l'épaisse couche de neige, évacuer les camions de marchandises bloqués et mener à bien d'importants travaux de sécurisation contre les avalanches. 

La direction de Portillo a indiqué que dès que la météo le permettra enfin, elle va d’abord essayer d'évacuer les clients bloqués par hélicoptère avant que la route ne soit entièrement rouverte à la circulation. 

Si certaines stations du centre du Chili, comme Valle Nevado, ont réussi à faire en sorte que les résidents, le personnel et les clients munis de véhicules 4x4 puissent passer, l'accès à Portillo reste strictement impraticable. 

Méfiez-vous de ce que vous pouvez souhaiter !

dimanche, juillet 26, 2026

La différence entre mentors et catalyseurs

Quand j’y réfléchis, je ne pense pas avoir eu la chance d'avoir un mentor — quelqu'un qui me repère, me guide, me transmet son savoir et me voit grandir. En tous cas, les personnes que je prenais souvent pour des « mentors » n'étaient en réalité que des rencontres ayant infléchi ma trajectoire et suscité une réflexion. 

Pour reprendre un terme à la mode, « influenceurs » décrirait peut-être mieux le rôle qu'elles ont joué auprès de moi. Je pourrais aussi parler de « catalyseurs », un terme sans doute plus approprié. En fait, ce que je décris est plus courant que le schéma classique « mentor-mentoré » qu’on nous sert habituellement. 

Peut-être que la distinction que j'établis entre mentors et catalyseurs est une chose que la plupart d'entre nous n'expriment jamais, mais que beaucoup finissent par vivre. Encore une fois, si le mentor est celui qui chemine à nos côtés, le catalyseur est celui qui nous percute et modifie notre direction. En réalité, nous croisons bien plus de catalyseurs que de mentors, mais nous les appelons ainsi à tort, car le « mentor » incarne un terme qui « colle » socialement.

Les vrais mentors possèdent trois caractéristiques : ils s'inscrivent dans la durée, ils s'investissent activement dans notre développement et ils offrent une véritable orientation, pas juste une simple influence. C’est l'échange, la présence et l'engagement. Ce sont ces personnes qui disent : « Je vois où tu vas ; laisse-moi t'aider à y parvenir. » 

La plupart d’entre nous en comptent très peu, voire aucun. À l'inverse, les catalyseurs sont bien différents : ils n'apparaissent que brièvement, le temps de bousculer nos idées et de changer notre trajectoire, sans rester pour regarder la suite. 

Les catalyseurs ne sont pas des mentors ; ce sont simplement des points d'inflexion. Il peut s'agir, par exemple, d'un professeur ayant prononcé une phrase marquante, d'un collègue ayant remis en question nos certitudes, d'un inconnu dont la remarque a changé notre vision du monde, ou parfois même d'un livre qui a provoqué un déclic. 

Les catalyseurs ne nous guident pas : ils nous enflamment. Nous confondons généralement les deux rôles parce que notre récit culturel du développement personnel repose sur le mentorat et que l'on nous répète que les personnes qui réussissent ont des mentors. On nous dit aussi que se laisser guider est une voie noble et que cette sagesse ne peut se transmettre que par le biais de relations interpersonnelles. 

Beaucoup d'entre nous n'ont jamais de véritable mentor, non pas par manque de chance, mais parce que le mentorat exige des relations, des ressources, du temps, un alignement, un engagement mutuel et une finalité commune. 

Les catalyseurs, en revanche, peuvent surgir partout, car la vie est faite de rencontres fortuites plutôt que d'apprentissages structurés. Enfin, si certaines personnes s'épanouissent grâce au mentorat, d'autres — peut-être comme moi, qui ont tendance à penser par eux-même, à apprendre en toute autonomie et à privilégier leur indépendance — se développent davantage au fil de rencontres catalytiques. 

Pour les gens comme moi, on pourrait même dire que ces catalyseurs sont les véritables mentors, simplement sous une forme différente.

samedi, juillet 25, 2026

J’oublie de suivre mes propres conseils !

L'autre jour, je discutais au téléphone avec une amie qui est récemment revenue en France avec son mari ; elle m'expliquait qu'elle se sentait submergée par l'ampleur des travaux de rénovation de la maison dans laquelle elle venait de s’installer. 

Je lui ai suggéré de fractionner les tâches pour mieux gérer le chantier, puis je me suis dit que je devrais lui faire part de la méthode que j’applique quand je me sens dépassé par certains projets ou défis. 

Je lui ai conseillé d'aborder l’entreprise qui l’attendait avec toute la combativité qui lui est propre et d'y voir un défi choisi délibérément pour se démarquer de la masse des gens ordinaires et médiocres. Elle a trouvé l'idée géniale... 

Pourtant, quelques jours plus tard, alors que je peinais, moi aussi, à m'attaquer à un gros projet qui ne m'emballe pas du tout, je me suis soudain souvenu de ce que j'avais conseillé à cette jeune femme. 

Je me suis alors rendu compte que j'étais comme le cordonnier mal chaussé et qu'il fallait que je m'applique à moi-même ces mêmes recommandations. C'est ce que j'ai fait, et soudain, cette corvée ingrate a pris des allures attrayantes et motivantes à mes yeux. 

C'est incroyable de voir à quel point notre cerveau adore oublier ou négliger ce qui favorise sa propre survie, sa santé et son plaisir ! 

vendredi, juillet 24, 2026

Devrions-nous rester membre d’Amazon Prime ?

Si vous n’êtes pas au courant, Amazon Prime vend un service donnant la gratuité aux livraisons rapides, au streaming vidéo et à d’autres offres exclusives. Ce service propose la livraison gratuite pour des millions d'articles, sans minimum de commande. Il donne également droit à la livraison gratuite pour les commandes d'Amazon Fresh et des magasins Whole Foods (US et Grande Bretagne).

De plus, il offre la gratuité à ses streamings de films, émissions de télé et événements sportifs en direct — services que nous avons peu utilisés. Une sélection de musique et de podcasts est également incluse, mais nous ne les avons jamais consultés. Le coût du service est de 6,99 € par mois et 69,90 € par an (beaucoup moins cher que 15 $ et 139 $ plus taxes, respectivement aux US). 

Toutefois, les personnes non abonnées à Prime peuvent bénéficier de la livraison Amazon standard gratuite pour toute commande au dessus de 35 € pour articles courants (les commande contenant des livres neufs sont soumises à une réglementation française spéciale imposant des frais de port minimaux de 3 € pour les commandes inférieures à 35 € et de 0,01 € pour celles de 35 € ou plus). 

Aujourd’hui — et comme je ne suis pas un fan de Jeff Bezos —, nous ré-évaluons notre abonnement à Amazon Prime en fonction de la fréquence de nos achats et du coût fixe qu’il représentent. Selon mes calculs, si je passe moins de 20 ou 30 commandes par an, l’abonnement Prime n’est probablement pas rentable, surtout si nous achetons souvent des articles dont la livraison est gratuite sans celui-ci, ou si nous regroupons plusieurs articles pour atteindre le seuil des 35 dollars. 

L’abonnement ne vaudrait peut-être la peine qu’au-delà de ce volume annuel de commandes, ou si nous achetions fréquemment de nombreux petits articles peu coûteux. Je dois aussi prendre en compte certains facteurs comme le fait que Prime nous incite à acheter plus souvent des articles plus petits, à choisir Amazon même quand des alternatives sont moins chères et à privilégier la facilité sans comparer les prix. 

Sans Prime, je dois atteindre un minimum de commande de plus de 35 dollars en articles éligibles (ceux « expédiés par Amazon ») ou en articles portant la mention « Livraison gratuite » sur leur page produit. Si je veux réduire ma dépendance à Amazon, résilier Prime est l’outil le plus efficace dont je dispose. 

Comme mon renouvellement approche, je vais tenter l’expérience en résiliant l’abonnement pour une durée indéterminée et suivre de près les frais de port réellement payés, les désagréments liés aux délais de livraison et les achats que je reporte pour atteindre le seuil de gratuité. 

Ainsi, je disposerai de données concrètes plutôt que de simples suppositions. De cette façon, je ne devrais pas avoir à renouveler mon abonnement, sauf si je commande très souvent sur Amazon ou si je suis sûr d'économiser plus de 139 dollars par an en port. Ceux qui passent peu de commandes constatent qu'ils peuvent éviter la plupart des frais de livraison en regroupant leurs achats pour atteindre le montant minimum requis pour la livraison gratuite. Je vous tiendrai au courant !

jeudi, juillet 23, 2026

Bilan de la Coupe du monde de football

C’est avec un plaisir et un enthousiasme croissants que nous avons suivi la Coupe du monde de football 2026. Sans vouloir répéter ce que vous avez tous vu, lu ou pensé, je tenais simplement à partager mon ressenti, qui pourrait apporter un éclairage nouveau ou offrir une perspective différente sur l’ensemble des compétitions. 

D’abord, il nous a fallu un certain temps pour entrer dans l’ambiance et trouver le rythme, car nous sommes pas des fanatiques de sports collectifs. Nous en regardons très peu, qu’il s’agisse de football américain (NFL), de basket-ball, de hockey ou de baseball. Nous préférons pratiquer le sport plutôt que de le regarder ! 

Ensuite, nous avons été frappés par le comportement brutal des joueurs sur le terrain. Il nous a semblé qu’ils prenaient délibérément le risque que l’arbitre ne voit pas la faute — un pari qui s’est souvent avéré payant. En tant que spectateurs, nous voyons tout très facilement et très clairement grâce à la vue en 3D offerte par les caméras, alors que l’arbitre est loin de bénéficier du même champ visuel ! 

Bien entendu, nous soutenions à la fois les États-Unis et la France ; si les premiers ont été victimes des manigances de Trump, les seconds nous ont déçus quand la compétition s’est durcie et que les adversaires sont devenus plus coriaces. 

En tant que Français expatrié depuis 1977, j’ai eu du mal à m’identifier à une équipe nationale composée en grande majorité de joueurs d’origine africaine. L’Angleterre et l’Espagne alignaient des équipes qui reflétaient davantage la composition de leur populations respectives. 

C’est peut-être le signe qu’il est grand temps pour moi de retourner faire un tour en France … Enfin, nous avons été ravis d’assister à la victoire de l’Espagne. « ¡Viva España ! »

mercredi, juillet 22, 2026

Apprendre une langue avec l’IA (Deuxième partie)

Dans l’article précédent, nous avons vu que lorsqu’un sujet me touche, mon cerveau a plus de chances de le retenir. Aujourd’hui, nous allons voir comment des variations peuvent considérablement booster l’apprentissage linguistique si nous les intégrons à nos conversations. 

Pour y parvenir, je prends un sujet bien spécifique et le traite de différentes manières : d’abord en espagnol tout simple, puis dans une version plus complexe, une autre fois en utilisant le passé ou le futur. Tout cela pour développer ma flexibilité linguistique en plus de mon vocabulaire. Je compte également accorder autant d’importance à la compréhension orale qu’à l’expression en demandant à TalkPal de parler avec un débit naturel, mais aussi à vitesse légèrement réduite et avec des accents régionaux (Espagne, Mexique, Argentine, Chili).

J’ai appris au fil des langues que la compréhension orale reste toujours un énorme obstacle ; si je parviens à comprendre l'espagnol parlé rapidement je vais m'exprimer plus facilement. En plus de la vitesse, je compte également demander des corrections ciblées. Si TalkPal me corrigeait tout mot par mot, je perdrais en fluidité, mais si l'outil ne me corrigeait pas du tout, mes erreurs risqueraient d’être figées pour toujours. 

Je demanderai donc : « Corrige uniquement les erreurs importantes qui modifient le sens » ou « Laisse-moi parler librement et fais les corrections à la fin. » J'espère que cela permettra de garder une conversation naturelle. Une fois que je serai plus à l'aise dans l'échange, je prévois d'aborder des sujets émotionnels et philosophiques ainsi que des thèmes qui me passionnent comme le vieillissement, les rêves, la peur, le sens d’existence, la vie en montagne, les leçons apprises au fil des années et une réflexion sur le temps qui passe bien trop vite. 

Si j'y parviens, je pourrai mesurer mes progrès en privilégiant le confort à la perfection. Pour cela, je ferai ma propre évaluation en me posant les questions suivantes : 

  • Est-ce que j'hésite moins, suis plus instinctif ? 
  • Est-ce que je pense davantage en espagnol ? 
  • Est-ce que je rebondis plus vite après une erreur ? 
  • Est-ce que je prends plus de plaisir à converser ? 

Tous ces éléments sont les véritables indicateurs d'une bonne maîtrise de la langue. Mais encore une fois, le plus grand défi dans l'apprentissage des langues reste la peur d'être jugé ou de paraître ridicule. Je devrais donc me souvenir qu’à tout moment, je parle avec un vulgaire robot dont la voix et la façon de parler sont identiques à celles d'un humain... Pas facile même si cela paraît simple. 

Souhaitez-moi bonne chance !

mardi, juillet 21, 2026

Apprendre une langue avec l'IA (Première partie)

Après avoir appris l'espagnol avec Duolingo il y a deux ans, je pense avoir acquis suffisamment de connaissances pour aborder la conversation — aspect pour lequel cette méthode d'apprentissage très répandue semble peu adaptée.

Je poursuis désormais mon parcours en m'appuyant sur l'IA. Il me faut maintenant pratiquer la conversation, et je pense devoir adapter mon approche pour tirer le meilleur parti de cette nouvelle technologie. Ayant déjà appris plusieurs autres langues, je sais que j'aborde la conversation, l'étape la plus cruciale. 

Après avoir recherché ce qui se trouvait sur le marché, j'ai opté pour TalkPal, car cette application me semblait constituer le meilleur trait d'union entre un apprentissage structuré (comme celui de Duolingo) et une rampe de lancement dans la pratique de la langue. L'enjeu, pour moi, est désormais d'utiliser cet outil de manière à forcer mon cerveau à penser instinctivement en espagnol, plutôt que de juste « traduire ».

TalkPal n’est pas un quiz, mais davantage un professeur (robotique, c’est vrai !). Ce n’est plus le moment de lui demander des listes de vocabulaire ou des explications grammaticales, car je suis censé les connaître déjà grâce à Duolingo. Je dois donc utiliser ce nouvel outil comme un partenaire de conversation. Je dois lui raconter des histoires, décrire ma journée, défendre un point de vue, demander des avis, exprimer des émotions, faire des erreurs et continuer quoi qu’il arrive ; l’objectif est la fluidité, pas la perfection. 

Bien sûr, j’ai appris depuis longtemps que l’apprentissage d’une langue nécessite une immersion totale ; je n’utilise donc ni l’anglais ni le français, sauf en cas de nécessité absolue. Partant de ce principe, si je ne connais pas un mot, j’en utilise plusieurs pour en exprimer le sens et le décrire en espagnol : 

« Es como… » (C’est comme…) 

« Es una cosa que… » (C’est une chose qui…) 

« Sirve para… » (Ça sert à…) 

« Parece… » (Ça ressemble à…) 

C’est un savoir-faire puissant pour gagner en aisance, et je me l’approprie ! Lorsque j’apprenais l’anglais, quelques verres d’alcool m’ont toujours beaucoup aidé, car j’étais timide et j’avais peur de passer pour un idiot. Je n’espère pas à en arriver là ! 

J’utilise TalkPal pour simuler des situations réelles en créant des scénarios qui me tiennent à cœur : réserver un hôtel à Madrid, demander de l’aide lors d’une randonnée en Espagne, discuter d’architecture ou du climat de montagne, évoquer les hivers grandioses de Park City ou simplement planifier un voyage avec ma femme. Je pourrais aussi m’en servir pour expliquer ma philosophie sur le vieillissement et les rêves (en espagnol !). 

Dans le prochain article, nous verrons comment je peux affiner mon apprentissage à mon avantage...

lundi, juillet 20, 2026

Quand vieillir épuise temps et rêves (Deuxième partie)

Pour continuer notre discussion entre ambition et curiosité, permettez-moi d'ajouter que lorsque les rêves rétrécissent en taille, ils gagnent en intensité. La curiosité est l'antidote à la peur du temps limité, car elle n’est pas dans le futur, mais juste au présent. Il arrive un moment où il faut arrêter de trouver une justification pour nos rêves. 

En vieillissant, nous voulons que nos rêves soient pratiques, porteurs de sens, efficaces et qu'ils justifient le temps et l'énergie investis. Bien souvent, les rêves ne survivent pas à l'interrogatoire, ils ont simplement besoin qu'on leur donne la permission d'exister. C’est vrai que les rêves n'ont pas besoin de garanties, mais d'oxygène. Et cet oxygène provient de la liberté que nous nous accordons de ne pas exiger de retour sur notre investissement.

Nous devons également considérer notre mortalité comme une lentille qui focalise notre attention, et non comme une menace. C'est peut-être contre-intuitif, mais très puissant. Quand le temps semble infini, les rêves se dispersent ; lorsqu'il semble limité, ils se précisent. Ajoutons que la conscience du temps limité peut soit étouffer les rêves, soit les distiller pour en extraire l'essence. 

Tout l'art consiste à laisser la mortalité clarifier ce qui compte vraiment, plutôt que de la laisser nous intimider. N'oublions pas non plus que le principal obstacle de rêver tard dans la vie est la conviction que les rêves doivent être grandioses. Pourtant, l'esprit s'épanouit quand le rêve est réalisable, immédiat, adapté à notre temporalité et porteur d'une résonance émotionnelle. 

Un rêve qui commence aujourd'hui est un rêve qui perdure. Vieillir est sans conteste une épreuve délicate, car le temps prend soudain l'allure d'un couloir étroit plutôt que celle d'une vaste plaine ouverte. Lorsque nous sentons que l'avenir est limité ou incertain, nos rêves deviennent timides : ils hésitent, se cachent ou ne voient jamais le jour. 

Pourtant, les rêves ne disparaissent pas parce que nous vieillissons ; ils s'évanouissent quand nous commençons à exiger des garanties. Nous leur demandons de se justifier, de prouver qu'ils valent le temps, l'énergie et les risques qu'ils impliquent. Et sous cette pression, ils se rétractent. Rappelons-nous donc que la voie à suivre consiste à alléger notre manière de rêver. À passer d'ambitions à vie à des ambitions plus courtes. À remplacer l'ambition par la curiosité. 

À laisser la mortalité aiguiser notre regard plutôt que d'étouffer notre imagination. Les rêves s'épanouissent quand ils sont assez modestes pour commencer aujourd'hui, assez doux pour ne pas nous intimider et assez porteurs de sens pour stimuler nos ressources. Le temps est peut-être limité, mais l’imagination ne l’est pas ; l’esprit demeure fertile tant qu’on lui permet de vagabonder, d’explorer et de jouer.