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mardi, septembre 22, 2026

L'archétype américain du « pinhead »

Aujourd’hui je vais vous promener dans le jargon américain. Que veut donc dire exactement un « pinhead ? » Cette expression américaine désigne littéralement la tête plate ou arrondie d'une épingle ordinaire en métal ou en plastique. 

Au sens figuré, toutefois, elle défini aussi une personne sotte ; c'est un terme familier et insultant pour désigner quelqu'un de stupide, d'idiot ou dépourvu de bon sens. Cela me fait penser à mon président, et l'on peut se demander pourquoi.

Tout simplement parce que « PIN » qui veut dire « Personal identification number » est utilisé dans tous nos mots de passe outre-Atlantique et constitue aussi les premières lettres des noms PINOCchio et PINOChet (en réalité, c'est même « PINOC »). 

Le sympathique bonhomme italien est connu pour son irrésistible penchant à mentir — bien qu'il nous avertisse inconsciemment de son défaut par un nez qui s'allonge —, alors que Trump, lui, ne se soucie même pas de cette habitude condamnable et méprisable. 

Quant à Augusto Pinochet, c'était un officier de l'armée chilienne et un dictateur militaire qui a gouverné le Chili de 1973 à 1990. Il s’est emparé du pouvoir en menant un coup d'État militaire violent, soutenu par les États-Unis, le 11 septembre 1973, renversant ainsi le président socialiste démocratiquement élu, Salvador Allende. 

Pinochet a instauré une junte militaire et a officiellement assumé la présidence en 1974. Son régime, qui a duré 17 ans, a été marqué par de graves violations des droits de l'homme ainsi que par des réformes économiques libérales d'envergure. Il était probablement bien plus intelligent que Trump, mais tout aussi cruel, mesquin et obsédé par lui-même. 

La prochaine fois qu'on vous demandera votre code PIN aux États-Unis, souvenez-vous simplement de ces deux personnages qui constituent l’ADN de notre président.

 

lundi, août 17, 2026

Réchauffement climatique et politique américaine

Les chaleurs record de l’été influenceront-elle la politique aux États-Unis ? L'été caniculaire de 2026, pourrait avoir des répercussions politiques outre-Atlantique, bien que pas aussi simples que « la chaleur favorisera le vote démocrate ». Ce qui est intéressant, c'est que les conséquences politiques pourraient passer par des facteurs concrets — notes d'électricité, santé, assurances, accès à l'eau, agriculture, feux de forêt et désagréments du quotidien — plutôt que par le prisme de l'idéologie climatique. 

Juillet 2026 a été le mois le plus chaud jamais enregistré pour les États-Unis continentaux ; chacun des 48 États contigus avec une température supérieure d'au moins 0,5 °C à sa moyenne du XXe siècle. Par ailleurs, la vague de chaleur actuelle en août à touché quelque 97 millions d'Américains. L'impact majeur pourrait être d'ordre psychologique, car il existe une différence considérable entre entendre dire que « les scientifiques affirment que le climat se réchauffe » et constater personnellement « Je n'arrive pas à dormir parce qu'il fait près de 30 °C dans ma chambre, ma facture d'électricité s'élève à 300 dollars et mes enfants ne peuvent pas jouer dehors. »

Cette seconde expérience a une portée politique bien plus forte. Un sondage AP-NORC réalisé fin juillet a révélé que 90 % des Américains estimaient que ces chaleurs extrêmes avaient négativement affecté leur vie. Environ 80 % ont dit que leur facture d'électricité avait grimpé, tandis que près de 70 % ont fait état de problèmes dans leurs activités en plein air. Le changement climatique cesse ainsi d'être une question environnementale abstraite pour devenir liée au coût de la vie. 

Les Républicains sont confrontés à un dilemme politique particulièrement intéressant, Trump ayant activement œuvré à démanteler tout ce qui était en faveur d’un meilleur climat. Une enquête du Pew Research Center menée en mars révélait que 87 % des Démocrates jugeaient insuffisante l'action du gouvernement fédéral face au changement climatique, contre seulement 31 % des Républicains ; toutefois, les chaleurs extrêmes posent problème à ces derniers si leurs électeurs en souffrent. Imaginons un électeur républicain en Arizona, au Texas, en Utah ou en Floride qui déclare : « Je ne veux pas que Washington me dicte comment vivre. 

En revanche, je veux une électricité abordable, un approvisionnement en eau fiable, une protection contre les incendies et quelqu'un qui agisse face à ces journées où la température dépasse les 43 °C. » Cet électeur n'a pas nécessairement besoin de faire du changement climatique sa priorité ; il pourrait tout aussi bien se focaliser sur les questions d'adaptation et de coûts. 

Si, face aux épisodes de chaleur, les responsables politiques réagissent principalement par une hausse des prix de l'énergie, des restrictions visant les voitures à essence ou le gaz naturel, ainsi que par des réglementations coûteuses, des taxes et des interdictions, les électeurs risquent de mal réagir, même s'ils reconnaissent la réalité du réchauffement climatique. C'est pourquoi je pense que l'impact financier de l'énergie pourrait constituer la variable politique clé. 

À mes yeux, la perspective la plus intéressante n'est pas une victoire électorale écrasante des démocrates, mais l'émergence d'une nouvelle politique bipartisane axée sur l'adaptation au climat. Une telle évolution pourrait avoir, à long terme, des conséquences bien plus efficaces que la simple augmentation du nombre de personnes se disant préoccupées par le réchauffement climatique. 

En d'autres termes, l'été 2026 pourrait marquer le moment où le changement climatique cessera d'être une question du type « Y croyez-vous ? » pour devenir une interrogation sur la réponse à apporter à ce que nous subissons. Cela dit, cette question est bien plus périlleuse sur le plan politique pour les deux partis ...

mardi, juin 16, 2026

Fréquentation décevante !

Les chiffres de fréquentation des stations de ski de l'Utah viennent enfin d’être publiés pour la saison d'hiver 2025-2026. Avec seulement 4,8 millions de visiteurs (un chiffre arrondi vers le haut, semble-t-il, pour arranger les choses), cela représente une baisse de 26,2 % pour nos 15 stations par rapport à la saison précédente. 

Un déclin significatif, même supérieur à celui du Colorado, qui n’a chuté que de 24 %. C'est également bien loin du record de 7,1 millions de journées-skieur enregistrées lors de la saison 2022-2023, marquée par des chutes de neige exceptionnelles. 

Un porte-parole de Ski Utah a déclaré : « … Le principal enseignement de cette année est qu'il s'agit d'une anomalie, et que l'industrie du ski en Utah est véritablement à la merci des caprices de la météo.» 

 J'aimerais pouvoir dire que ce n'est pas qu'une « anomalie », mais plutôt qu'il s'agit du début d'une tendance, démontrant que le réchauffement climatique est là pour durer, qu'il va falloir compter sur lui et qu'il ne disparaîtra pas de sitôt. 

Historiquement, l'Utah a connu son plus faible enneigement jamais enregistré, ce qui reflète la quantité d'eau contenue dans les chutes de neige reçues, mais de nombreuses stations ont également eu du mal à rester ouvertes en raison des températures record enregistrées pendant la majeure partie de l'hiver. De longues périodes douces entre les chutes de neige et des précipitations plus chaudes ont généré davantage de pluie que d’habitude à haute altitude, tout en rendant difficile la production de neige artificielle. 

Cette saison désastreuse est liée aussi à la politique. Les politiciens à courte vue sont désespérément incapables de répondre à long terme, comme le réchauffement climatique, et n'hésitent pas à sacrifier les solutions durables pour des gains à court terme. Non seulement aux États-Unis, où Trump et ses alliés républicains tournent carrément le dos à l'environnement, mais aussi en Europe, où les sacrifices nécessaires à une stratégie efficace de protection du climat semblent trop onéreuses dans leur vision à court terme.

vendredi, mai 29, 2026

Arrogance et mauvais jugement

Ma ville de Park City compte un peu moins de 9 000 habitants et son équipe municipale comprend un maire et cinq conseillers. 

La semaine dernière, ce groupe a décidé de s'octroyer une forte augmentation de salaire, une démarche parfaitement légale puisque, selon la loi de l'Utah et le code municipal de Park City, le maire et le conseil municipal sont légalement autorisés à voter leur propre rémunération, à condition que la procédure respecte les exigences de transparence des réunions et d'approbation du budget, ce qui a été le cas.

Ce vote, qui a plus que doublé les salaires des élus de Park City, est profondément troublant. La rémunération annuelle du maire Ryan Dickey est passée de 55 209 à 116 666 dollars, tandis que celle des conseillers est passée de 28 520 à 58 333 dollars. 

Ces chiffres placent Park City bien au-dessus de stations de ski comparables et même de grandes villes comme Phoenix et Dallas, où les mêmes officiels gagnent moins malgré des responsabilités bien plus importantes. Le moment choisi rend cette décision encore plus grave. 

Quelques mois seulement après leur entrée en fonction, la majorité a choisi de s'enrichir personnellement plutôt que d'attendre les prochaines élections. Cela détruit la confiance du public et donne l'impression de conflit d'intérêt. 

Un seul conseiller, Bill Ciraco (à gauche sur la photo), a voté contre, rappelant que le service public est un engagement désintéressé, et non une carrière à temps plein assortie d'une rémunération de cadre supérieur. L'arrogance peut être tolérée, une erreur de jugement peut être pardonnée. 

Mais l'arrogance alliée à une erreur de jugement est un mélange dangereux. Les habitants de Park City devront se souvenir de ce vote lors des prochaines élections. Cela sera notre seul moyen de rectifier à ce geste déplorable.

Le déclin mental de Trump

Après avoir observé les conséquences de la guerre américano-israélienne contre l'Iran, il m'apparaît clairement que Trump s'est surestimé en attaquant les Iraniens et qu'il n'avait absolument aucune idée des conséquences de son action. 

Il se retrouve désormais confronté à des dirigeants iraniens capables de perturber l'approvisionnement mondial en pétrole et en gaz, renforcé en pensant qu'ils ont remporté le conflit et se montrant bien plus résilients que ne le laissait supposer l’idéologie suprémaciste blanche qui est celle du président américain.

De plus, il aimerait récupérer un important stock d'uranium enrichi qu'il prétend avoir « enfoui » lors du premier bombardement, mais dont l'emplacement exact reste inconnu. Enfin, ses contradictions concernant l'état des négociations avec l'Iran lui ont fait perdre toute crédibilité. 

À mes yeux, ce raisonnement erratique est un signe évident du déclin mental de Trump et cela fait de lui un individu particulièrement dangereux, vu l'arsenal nucléaire américain qu'il a à sa portée.

samedi, avril 18, 2026

Donald Trump, cet imparfait

Comme tout un chacun, Trump n'est pas parfait. Pour commencer sur une note positive, il faut lui reconnaître le mérite d'avoir transformé le temps — qui filait si vite avant qu'il ne soit notre dictateur — pour le faire littéralement s'immobiliser presque éternellement. 

Du côté négatif, Trump collectionne d’horribles traits de caractère que nous abordons maintenant. D’abord, c’est un grand impatient et je soupçonne qu'il manifeste des comportements liés au TDAH (trouble du déficit de l'attention avec ou sans hyperactivité) chez l'adulte, incluant l'inattention, l'impulsivité et l'hyperactivité. Ses détracteurs citent ses interruptions fréquentes et sa faible capacité de concentration qu’une observation attentive du sujet semble confirmer. 

ll est clair que l'impatience n'est pas un trait souhaitable chez un chef d'État, car cela conduit souvent à des décisions hâtives, à un jugement erroné et à la détérioration des relations diplomatiques ou politiques, plutôt qu'à l'élaboration d'une stratégie réfléchie et à long terme. 

Si l’impatience peut parfois créer une urgence, elle provoque souvent des prises de risque excessives, des échecs stratégiques et un niveau de stress élevé au sein de l’administration, de la Nation et aujourd’hui du monde entier. 

Bien entendu, j'ai constaté, au fil de ses deux mandats, que son impatience pourrait n'être que la pointe de l'iceberg si l'on retournait le « glaçon Donald » sur lui-même. 

Au repos, son iceberg révèle un narcissisme et un égoïsme extrêmes. « Moi, moi, moi » : tel est son mantra. Bien qu’elle puisse être assimilée à son impatience, son impulsivité et un comportement erratique s'ensuivent, car il est incapable de maintenir sa concentration ou de suivre les protocoles établis, ce qui l'amène à opérer des changements politiques abrupts par le biais des réseaux sociaux. 

Bien sûr, en tant que fils de chair de Geppetto — le papa de Pinocchio — ses mensonges, sa malhonnêteté et son manque de véracité, documentés par des milliers de déclarations fausses ou trompeuses, enfoncent le clou de son manque de crédibilité. Viennent ensuite l'intimidation et l'attitude agressive, qu'il a sans doute apprises auprès de son père biologique et de la mafia new-yorkaise. 

Pour conclure, il se montre également vindicatif et animé par une volonté inlassable d'obtenir réparation contre ceux qu'il perçoit comme déloyaux ou hostiles. Tout cela lui vaut de remporter le « Prix de la Malveillance Satanique » — à défaut de figurer sur la liste des nommés pour le prix Nobel de la paix ! 

samedi, avril 04, 2026

Voyage vers la Lune ou guerre en Iran ?

Alors que nous regardions le lancement d'Artemis II ce mercredi, ma femme m'a demandé combien cette balade autour de la Lune va coûter aux contribuables américains, alors même que nous avons tant d'autres priorités qui restent ignorées. 

Avant d'aller plus loin, gardez à l'esprit que nous parlons ici d'argent que les États-Unis n’ont pas et qui viendra s'empiler sur notre dette, qui atteindra bientôt les 40 000 milliards de dollars. 

Et bien la réponse est plus de 4 milliards de dollars par voyage. Si l'on considère les quatre missions Artemis I à IV, leur coût total s'élèvera à environ 16,4 milliards de dollars, selon les estimations de l'Inspecteur général de la NASA. 

Ce chiffre reflète les coûts opérationnels par mission (SLS + Orion + systèmes au sol) et n'inclut pas les coûts massifs de développement du programme Artemis dans son ensemble. Au total, le coût global — en incluant chaque mission — devrait avoisiner les 100 milliards de dollars, en esperant que le budget initial soit respecté. 

Le programme Artemis consiste essentiellement à reconstruire, en partant de zéro, l'intégralité de l'infrastructure américaine d'exploration spatiale; il comprend de nouveaux lanceurs lourds (SLS), un véhicule habité pour l'espace lointain (Orion), des infrastructures lunaires (Gateway, atterrisseurs), de nouveaux systèmes au sol ainsi que la planification des opérations lunaires à long terme. 

Comme c'est presque toujours le cas pour ces projets titanesques, il faut s'attendre à ce que les 93 milliards de dollars budgétés finissent par coûter aux Américains bien plus de 100 milliards… 

Nous pouvons désormais mettre cela en perspective avec la guerre en Iran — ou « l'excursion », comme Trump aime qualifier sa dernière entreprise belliqueuse — laquelle nous a déjà coûté entre 30 et 40 milliards de dollars selon les estimations (sans prendre en compte les lourdes conséquences économiques à l'échelle mondiale) ; ce bilan ne comptabilise ni les 2 000 morts et 25 000 blessés, ni les dégâts matériels du côté iranien, et l'affaire est loin d'être terminée. 

Ainsi, quand je compare ces deux dépenses, je choisis sans hésiter l'exploration spatiale s’il fallait trancher entre celle-ci et une guerre insensée et inutile.

dimanche, mars 15, 2026

Trump et l'idée de « changement de régime » …

Depuis le début de la guerre en Iran, Trump n'a cessé de tergiverser quant aux nombreuses raisons qui l'ont poussé à s'allier à Bibi Netanyahu pour infliger des souffrances au régime iranien et à son peuple. 

Après nous avoir donné une multitude de raisons, notre président et son administration ont fini par évoquer la nécessité d'un « changement de régime », une entreprise pour le moins ambitieuse quand on sait à quel point les mollahs sont profondément enracinés dans la gouvernance du pays.


En réalité, Trump et son équipe auraient dû mieux préparer le terrain, mais il faut reconnaître qu'ils n'avaient aucune idée de ce qui les attendait ou ne voulait pas regarder les conséquences en face. C'est généralement ce qui arrive quand on est à la fois paresseux, impatient, menteur et hypocrite. 

Nous y voilà donc : nous attendons avec impatience ce changement de régime, une entreprise toujours périlleuse et incertaine. La seule question légitime qui reste est de savoir où ce changement se produira en premier, en Iran ou aux États-Unis ?

samedi, mars 07, 2026

Démolisseurs professionnels !

Avec l'arrivée du printemps, nous avons tous des projets à entreprendre, que ce soit chez à la maison ou sur d'autres propriétés. Mais qui dit rénovation dit souvent démolition, et cette opération est parfois nécessaire. Pourtant, personne ne fait mieux que le duo « Bibi » et Donald pour tout casser.

Ils débarquent avec leurs plus gros engins et s'attaquent à tout ce qui est en travers de leur chemin sans se soucier des dégâts. De Gaza à Téhéran, on les voit détruire toutes les infrastructures et nous annoncer qu'ils remplaceront les ruines par un magnifique complexe hôtelier… 

Bien sûr, Bibi agit ainsi pour éviter de perdre son immunité politique et d'aller en prison, tandis que Donald le fait pour détourner l'attention d'Epstein, de sa chute de popularité et de nos problèmes de pouvoir d'achat. Par pure curiosité et pour ma propre sécurité, je me demande bien quel sera leur prochain chantier ?

jeudi, janvier 29, 2026

Message à mes représentants au Congrès US


 Chers membres du Congrès,

Après les événements de Minneapolis, j'ai vraiment l'impression que Trump, Noem et Miller se comportent comme des assassins. 

Je comprends que vous soyez terrorisés par Trump, c’est pourquoi, en tant que complices du président, tout comme la plupart des élus républicains, pourriez-vous, s'il vous plaît, le supplier de se débarrasser de Kristi Noem et de Stephen Miller ? 

Merci.

Forum économique mondial compromis ? (Deuxième partie)

Hier, nous évoquions la mainmise de Trump sur le Forum de Davos, et aujourd'hui, nous allons examiner les conséquences probables de cette nouvelle donne. Tout d'abord, l'attention médiatique s'est considérablement réduite, se concentrant sur les personnalités et les célébrités les plus en vue du moment, au détriment du contenu des sessions. 

On pourrait également assister à une instrumentalisation du forum à des fins de communication politique, certains dirigeants cherchant à exploiter ce rassemblement mondial important pour afficher leur puissance, imposer leur propre version des fait, tenter d'influencer les marchés et, idéalement, rassurer leurs alliés ou, au contraire, semer davantage le chaos dans l'ordre mondial. 

Toutes ces transformations non seulement éclipsent, mais pervertissent la vocation initiale du Forum de Davos. N'oublions pas que la confiance du public s’effrite dès que le débat semble biaisé. Nous attendons tous des forums mondiaux qu'ils s'attaquent aux problèmes fondamentaux, mais quand on constate un dérapage vers la mise en scène politique, il est clair que l'institution a perdu sa crédibilité. 

Les plus optimistes d'entre nous pourraient espérer (tant mieux pour eux !) que le travail de fond (modélisation économique, coordination climatique, cadres politiques) se poursuive discrètement en coulisses. Bien sûr, une question plus pertinente que « Le forum est-il devenu inutile ? » serait de se demander si le forum continue de mener un travail constructif en coulisses, même si le discours public est déformé. 

Peut-être, et espérons-le, la réponse sera oui, mais la visibilité de ce travail sera occultée par l'influence prépondérante d'une seule figure politique dominant l'actualité. Je ne suis pas certain que ce soit le cas, et je suis convaincu que mon analyse de la situation n'est pas si éloignée de la réalité, car les institutions mondiales peinent à maintenir le cap à une époque où l'attention médiatique est façonnée par les provocations, la polarisation et le spectacle médiatique.

mercredi, janvier 28, 2026

Forum économique mondial compromis ? (Première partie)

Vous n'êtes peut-être pas d'accord, mais il me semble que le Forum économique mondial a été détourné par Trump et que ses obsessions ont été le seul sujet débattu lors de cet événement, s'éloignant largement de l'objet initial de la réunion. Ce sommet économique annuel est-il devenu discrédité et sans pertinence ? Je sais que je ne suis pas le seul à me le demander. 

Il est clair que les grandes rencontres internationales comme le Forum économique mondial, le G20, les sommets de la COP ou les assemblées des Nations Unies sont extrêmement sensibles à ce qui domine l'actualité médiatique mondiale. 

Lorsqu'une personnalité politique comme Trump fait la une des médias, provoque de vives réactions, alimente l'incertitude géopolitique et influence les marchés ou les alliances, sa présence ou son absence peut éclipser tout le reste. 

Historiquement, les dirigeants très polarisants ou imprévisibles ont souvent attiré l'attention sur eux, même lorsque l'ordre du jour officiel était tout autre. L'objectif déclaré du Forum économique de Davos est d'aborder les tendances économiques mondiales, le climat et le développement durable, les changements technologiques, la stabilité géopolitique et les risques systémiques à long terme. 

Mais comme nous venons de le constater, l'écosystème médiatique privilégie les conflits, les personnalités, le sensationnel et les controverses. Ainsi, même si les sessions officielles portent sur le climat, la gouvernance de l'IA, les chaînes d'approvisionnement ou les inégalités mondiales, le débat public peut être détourné par quelqu'un qui cherche à s'emparer du Groenland. 

Cela crée un décalage de perception, tant au sein du forum qu'à l'extérieur, l'attention étant focalisée sur le participant le plus controversé. Ce décalage peut donner l'impression que l'événement est « discrédité » ou « hors sujet », même si l'ordre du jour interne n'a pas changé. Ce forum est-il devenu sans pertinence ? Pas nécessairement, mais son image publique est déformée. 

Demain, nous examinerons les conséquences de cette situation et ce qu'elle implique pour nous tous.

mardi, janvier 27, 2026

Qui empoisonne la source de l'humanité ?

Pas un jour ne passe sans que je me demande si le cycle dépressif actuel, dans lequel le monde entier semble plonger, n'est pas dû au fait que nous sommes asphyxié par Donald Trump, qui intimide des nations entières, monopolise l'espace médiatique et représente une menace omniprésente. 

Beaucoup se sentent épuisés, tendus ou découragés, et lorsqu'une seule figure politique domine les gros titres, les conversations et les réseaux sociaux, il est naturel de penser que cette saturation contribue au poids émotionnel que nous ressentons. L'humeur mondiale est morose et anxieuse car la saturation médiatique amplifie le stress quand un seul homme domine l'actualité, apparaissant de tous cotés. 

Lorsque chaque controverse devient un sujet de conversation mondial, les algorithmes des réseaux sociaux privilégient les contenus les plus chargés émotionnellement, ce qui crée un sentiment d'être « assiégé », même si l'impact politique réel varie selon les régions. 

La plupart d'entre nous interprètent cela comme un fardeau émotionnel personnel, alors qu'il s'agit en réalité d'un fardeau véhiculé par nos médias. 

Ceux-ci sont indéniablement coupables de mettre en avant les conflits, l'indignation, les menaces, les scandales et la polarisation. Lorsque la couverture médiatique est uniquement négative, les gens se sentent tendus. Ce malaise est aggravé par l'incertitude mondiale, car la plupart d'entre nous font face à l'instabilité économique, à l'anxiété liée au changement climatique, aux mutations technologiques rapides, à la fragmentation sociale et à la fatigue post-pandémique. 

Quand ces pressions s'accumulent, la présence d'une figure publique aussi polarisante que Trump peut être la goutte d'eau qui fait déborder le vase. Cela crée une véritable contagion émotionnelle, car l'ambiance générale est exacerbée par des amis stressés, des flux sociaux négatifs et colériques, des informations alarmantes et des conversations contaminées par tout ce bruit de fond. 

Encore une fois, pour protéger notre équilibre intérieur et notre santé mentale, nous ne pouvons retrouver la sérénité qu'en limitant notre exposition aux informations en continu, en nous ressourçant auprès de notre famille, de nos amis proches et de notre communauté, en nous concentrant sur des actions concrètes et significatives et en nous rappelant que le monde est plus vaste que le cycle étroit de l'actualité. 

Si nous ressentons la lourdeur de notre époque, ne restons pas impuissants face à elle !

lundi, janvier 26, 2026

Trump est-il un tigre de papier ?

Quand Donald Trump a promis qu'il « viendrait en aide » aux manifestants si les autorités iraniennes commençaient à tirer, les manifestants l'ont cru, car c'était la première fois de leur vie qu’un président américain promettait d'aider ces manifestants. Rassurés, ils sont descendus dans la rue, rejoignant les foules grandissantes, pour finalement se faire tirer dessus sans que les États-Unis n'interviennent. 

Le 8 janvier, Internet a été coupé, l'Iran a été plongé dans le noir et des milliers de personnes ont été abattues. Trump a exhorté les Iraniens à continuer de manifester et à « prendre le contrôle de leurs institutions », leur assurant que « l'aide était en route », alors que les rumeurs d'une frappe imminente contre l'Iran se multipliaient. 

Mais un jour plus tard, Trump a fait volte-face, déclarant aux journalistes qu'il avait reçu l'assurance que les autorités iraniennes n'exécuteraient personne, renonçant ainsi à une intervention militaire en Iran. De même, 

Trump a fait un virage à 180 degrés concernant sa menace de prendre le Groenland par la force et d'imposer des droits de douane à certains pays de l'UE qui s'opposaient à ses actions, condamnaient sa rhétorique et menaçaient de représailles économiques et diplomatiques immédiates. 

Ce revirement de Trump a fait suite à une réunion avec les dirigeants de l'OTAN, au cours de laquelle un « cadre » pour un accord de sécurité dans l'Arctique aurait soit-disant été établi, répondant aux préoccupations de sécurité des États-Unis sans acquisition complète du territoire. En fin de compte, dans les deux cas,

Trump a reculé face à ses déclarations fracassantes, montrant que sous la pression, il n'était rien de plus qu'un « tigre de papier ». Certains diront qu'il s'agit d'un point de vue subjectif, fondé sur ses actions ou sa rhétorique perçues comme incohérentes, tandis que ses partisans (y compris Trump lui-même, qui a utilisé cette expression pour qualifier la Russie) y voient une description des faiblesses perçues chez ses adversaires ou ses alliés. 

Les partisans de cette image de « tigre de papier » mettent en avant des exemples où Trump aurait reculé face à des positions fermes, utilisé la Chine comme levier, ou eu du mal à concrétiser ses menaces auprès des dirigeants mondiaux, tandis que certaines personnalités politiques, comme Chris Christie, l'ont qualifié ainsi pour suggérer l'absence de réelle menace derrière ses fanfaronnades. 

Quoi qu'il en soit, il faut toujours oser s’opposer à cet homme, comme à tout tyran, pour qu'il perde sa virulence, son influence et sa façade de toute-puissance. Ce roi est nu !

dimanche, janvier 18, 2026

Je déteste Trump, que faire ?

Comme je ne supporte pas Trump et son régime, que puis-je faire pour rendre la situation plus supportable, et mieux encore, que puis-je faire pour lutter efficacement contre ce connard ? Je sais que je ne suis pas le seul à penser comme cela, et il est normal de rechercher à la fois résilience émotionnelle et action efficace quand le leader d’un pays est parfaitement incompétent, cruel, dangereux et en conflit avec mes valeurs. Voici mes pistes pour trancher cette situation. 

Mes approches constructives et concrètes que nous pouvons tous adopter quand nous nous sentons découragés politiquement ou que nous désirons un changement. La première chose à faire est d’améliorer une situation insupportable. Le stress politique est réel et peut nous épuiser si nous ne le prenons pas par les cornes. 

Voici donc des idées qui devraient nous être utiles, à commencer par la protection de notre espace mental en limitant le temps passé à consulter compulsivement les réseaux sociaux sur nos smartphones et à la place privilégier des sources d'information sérieuses. Nous devons également fixer des limites aux conversations politiques qui nous épuisent et nous démoralisent. Il ne s'agit pas d'éviter le sujet, mais simplement de préserver notre capacité d'agir. 

Nous devons aussi veiller à rester en contact avec des personnes qui partagent nos valeurs, car la communauté est un puissant antidote à la frustration politique. Avant tout, concentrons-nous sur ce que nous pouvons changer ou influencer. Ainsi, quand la politique nationale nous semble trop accablante, tournons nous vers le « local » qui offre souvent un impact plus immédiat et reste plus rassurant sur le plan émotionnel. 

Cela dit, je vote à chaque élection et j'encourage les autres à s'inscrire sur les listes électorales et à participer. Je communique également régulièrement avec mes sénateurs et mon représentant au congrès (qui sont des des partisans de Trump, car nous vivons en Utah, un État républicain et fasciste). Je le fais de manière concise, mais aussi suffisamment percutante et originale pour que mon message ne soit pas ignoré. 

Si vous vivez en dehors des Etats-Unis, c'est facile de boycotter tout ce qui est américain depuis Amazon jusqu'à X (ex Tweeter) en passant par Apple, Boeing, Google, Meta, Microsoft, etc. Vous verrez, il y a de quoi faire si vous en avez le courage !

En fin de compte, je ne manque jamais une occasion d'exprimer mon opinion et de dire les choses telles que je les vois. La liberté et la démocratie sont trop importantes pour moi !

samedi, janvier 17, 2026

IA pour diriger le monde ? (Troisième partie)

Vous avez maintenant découvert la plupart des réponses à ma question. Toutes ces réponses sont, pour la plupart, hypothétiques. Cela dit, et malgré ses défauts, je crois toujours qu'une gestion par l'IA serait de loin préférable au style de leadership désastreux de Trump, Poutine ou Netanyahou. De plus, l'IA auto-apprend et, tant qu'elle est programmée pour bien se comporter et respecter une constitution mondiale, il y a de très bonnes raisons de penser qu'elle peut continuer à aller indéfiniment dans la bonne direction. 

Encore une fois, je crois que, compte tenu de l'état lamentable de notre leadership politique, nous devons nous inquiéter de la capacité de l'humanité à se gouverner sagement à une époque d'instabilité climatique, de pressions sur les ressources, de changements technologiques rapides, de polarisation idéologique, de points de vue et de programmes politiques à court terme, de corruption généralisée, et nous demander si un système fondé sur des principes mondiaux partagés pourrait nous aider à éviter des catastrophes auto-infligées. 

C'est une préoccupation urgente, sérieuse et profondément humaine. Si la question est de savoir à quoi ressemblerait une « IA guidée par une éthique mondiale », cela ne sera pas un président robot ni un dictateur numérique. C'est plutôt un système d'exploitation planétaire qui aide l'humanité à faire des choix plus judicieux tout en restant ancrée dans des engagements moraux partagés. 

Imaginez un système qui combine l'intelligence technique avec des garde-fous éthiques issus de cadres mondiaux tels que la Charte des Nations Unies, la Déclaration universelle des droits de l'homme et les principes de protection climatique. 

Un système qui pourrait être tenu responsable, qu'il s'agisse d'aider à résoudre les problèmes climatiques, les conflits ou les inégalités, et ce, malgré les nombreuses fois où le leadership humain a échoué en raison de préjugés ou d'approches à court terme. 

En conclusion, ma vision de la gestion de la planète par l'IA est une vision de la perfection, mais à bien y réfléchir, il n'y a peut-être rien d'aussi ennuyeux et démotivant que la perfection. Bien sûr, le jour où nous changerons d'avis, nous regretterons vite le bon vieux temps où Trump, Poutine ou Netanyahou n'existaient pas en tant qu'hommes politiques ! Pourrions-nous tous vivre avec ce concept et qui parmi nous est totalement allergique à la perfection ?

vendredi, janvier 16, 2026

IA pour diriger le monde ? (Deuxième partie)

Toutes grandes idées s'accompagnent d'effets imprévus, bons et mauvais. 

Commençons par ce qui est bien : dans quels domaines l'IA pourrait-elle surpasser le leadership humain, non pas nécessairement en tant que dirigeant, mais en tant que système d'aide à la décision ? En matière de politiques fondées sur des données probantes, l'IA pourrait analyser les données climatiques, la surpopulation, les modèles économiques et les tendances démographiques sans subir de pressions politiques. 

En termes de planification à long terme, elle pourrait exceller, car les êtres humains et leurs dirigeants politiques, souvent très myopes, ont tendance à privilégier les gains à court terme. L'IA pourrait optimiser les conditions de vie humaines pendant des décennies, voire des siècles. Devenue un outil de gouvernance mondiale, l'IA ne serait pas soumise aux frontières ni aux intérêts nationaux. Elle pourrait également être conçue et ajustée pour minimiser certains biais humains (même si elle peut aussi en hériter si elle n'est pas conçue avec soin).

Les sceptiques peuvent objecter qu'il existe des domaines où l'IA, telle que nous la concevons aujourd’hui, ne pourra jamais remplacer le leadership humain. Même l'IA la plus éthique a ses limites, notamment en termes de légitimité, car les citoyens acceptent un leadership lorsqu'il est responsable et humain. Or, en l'état actuel des choses, l'IA ne pourrait pas remplacer le consentement démocratique ni la légitimité culturelle. 

De plus, certains estiment que certaines décisions requièrent des valeurs humaines, de l'empathie et une expérience vécue. Se pose également la question de la responsabilité. Si une IA prend une décision néfaste, qui est responsable ? Il s'agit là d'une question éthique majeure non résolue. Parmi les autres limites, il existe des risques de mauvaise utilisation de l'IA, car tout système puissant peut être détourné par des gouvernements autoritaires, des entreprises ou des forces militaires. 

Même si l'IA est éthique, ses opérateurs ne le sont pas forcément. En réalité, la plupart des experts n'envisagent pas un remplacement des dirigeants par l'IA, mais plutôt son utilisation comme un outil de réflexion ou de conseil pour évaluer les politiques, prédire les conséquences à long terme et signaler les risques pour les droits humains. 

Elle pourrait jouer un rôle majeur dans la modélisation des impacts climatiques et des ressources et aider les dirigeants à éviter les décisions catastrophiques. Peut-être devrions-nous la considérer comme une gardienne de la pensée à long terme, alignée sur les Nations Unies, et non comme une dirigeante. 

Ce modèle hybride préserverait la responsabilité humaine, la légitimité démocratique et les nuances culturelles, tout en offrant des analyses fondées sur les données, une perspective planétaire à long terme et une réduction de l'impulsivité. Demain, nous verrons comment répondre concrètement à cette question …

jeudi, janvier 15, 2026

IA pour diriger le monde ? (Première partie)

Compte tenu de la médiocrité affligeante de nos dirigeants élus, je me demande souvent si une intelligence artificielle (IA) fondée sur les principes généraux des Nations Unies ne serait pas plus efficace que nos dirigeants élus et nos dictateurs pour gérer et guider l'humanité et la planète Terre ? 

Je ne suis sans doute pas le seul à me poser cette question. Je parie que beaucoup de gens s'interrogent si un système fondé sur des principes mondiaux partagés pourrait-il surpasser le comportement chaotique et incohérent de nos dirigeants actuels ?

D'abord, quand je parle des « principes généraux des Nations Unies », je fais référence à la Charte des Nations Unies et aux cadres associées qui mettent l'accent sur les droits de l'homme, la paix et la prévention des conflits, la protection de l'environnement, l'égalité et la non-discrimination, la coopération internationale et le développement durable.  

Hypothétiquement, si une IA était conçue pour suivre strictement ces principes, elle serait orientée vers le bien-être planétaire à long terme, minimisant les dommages, recherchant l'équité entre les populations et prenant des décisions fondées sur des données scientifiques prouvées. 

On constate une différence énorme avec la manière dont de nombreux dirigeants humains opèrent, car ils sont souvent confrontés à des cycles électoraux courts, privilégient les intérêts nationaux aux intérêts mondiaux, subissent la corruption de leurs donateurs, des partis ou des élites, et restent fortement influencés par leurs ambitions personnelles et leurs biais cognitifs. 

Tout cela signifie qu'en théorie, une IA pourrait être plus cohérente, moins égoïste et davantage tournée vers le long terme que nos politiciens. Dans le prochain article, nous examinerons les véritables possibilités et les défis d'un gouvernement dirigé par une IA …

vendredi, décembre 26, 2025

Le double sens de « Woke » (Troisième partie)

La première raison de la confusion autour du terme « Woke » est que ce mot est devenu un « signifiant flottant ». 

Cela veut dire qu’il ne s'agit pas seulement d'un mot, mais d'un symbole ou d'une image au sens vague et instable. Différents groupes peuvent alors se l'approprier à leurs propres fins, permettant ainsi de véhiculer d’importants messages, parfois contradictoires, à un public diversifié, en fait, selon ce que l'orateur souhaite lui faire signifier à un moment donné. Un nœud impossible à démêler ! 

La deuxième raison est qu'il est utilisé davantage comme un signal que comme une définition. Il sert à indiquer à quel « camp » appartient une personne, plutôt qu'à décrire ce qu'elle défend. 

La troisième raison est son utilité rhétorique, précisément grâce à son imprécision. Pour rappel, la rhétorique désigne l'utilisation habile et persuasive du langage (oral ou écrit) pour influencer, convaincre ou faire valoir un point de vue, souvent dans un but d'effet plutôt que d'explication. Si un mot peut signifier n'importe quoi, il peut s'appliquer à tout. 

Enfin, la quatrième raison est qu'il est plus facile de condamner une étiquette que d'expliquer une politique. C'est pourquoi on parle d'« entreprises woke », d'écoles « woke », d'« armée woke », de « science woke », sans jamais donner d'explication claire de ce à quoi le mot fait référence. Alors, en fin de compte, comment dissiper cette confusion ? 

Voici la définition la plus précise et la moins politisée que nous puissions utiliser : Essentiellement, être « Woke » signifie être conscient des injustices sociales et penser que la société doit y remédier. 

Cette définition est ensuite opposée à celle utilisée par ses détracteurs : Pour ces derniers, être « Woke » correspond à un activisme excessif ou coercitif qui impose des normes idéologiques. Comme on peut le constater, les deux définitions coexistent. 

C'est pourquoi le mot est si insaisissable. Si nous voulons une règle simple et pratique, lorsqu'une personne utilise le mot « woke », nous devrions lui demander : « À quel comportement ou à quelle politique spécifique faites-vous référence ? » Si elle ne peut pas répondre, elle utilise le mot comme un procédé rhétorique, et non comme une description. 

Si j'ai été suffisamment clair, nous devrions tous comprendre à quoi nous sommes confrontés, connaître la signification choisie et, surtout, déterminer la véritable raison pour laquelle certaines personnes utilisent ce mot !

jeudi, décembre 25, 2025

Comment utilise-t-on le terme « woke » aujourd'hui ? (Deuxième partie)

Cette évolution en matière de terminologie nous conduit à la complexité liée au sens de « woke » et surtout à son interprétation. 

Dans les années 2020, ce mot s'est politisé et a été instrumentalisé, au point qu'il possède aujourd'hui deux significations très différentes, selon la personne qui l'utilise. D'une part, il y a le sens positif ou neutre de « woke », qui désigne une conscience sociale remplie d'empathie et une attention portée aux inégalités. 

D'autre part, il y a un nouveau sens négatif ou critique, perverti par le mouvement MAGA de Trump, qui dénote un excès d'activisme social, de moralisation ou d'imposition d'une conformité idéologique. 

Ce sens négatif est devenu extrêmement répandu et souvent se trouve utilisé comme une forme d’insulte passe-partout pour toute idée progressiste, ou initiative en faveur de la diversité, d’un langage inclusif, de théories universitaire ou pédagogique, de communication d'entreprise, ou plus généralement pour tout ce qui est perçu comme « trop politiquement correct ». 

En raison de son usage si large, le terme « woke » perd souvent de sa précision et de nombreux auteurs et autres individus qui l’utilisent peinent à le définir. Ce n'est donc pas une simple impression, mais la réalité est que beaucoup trop de personnes qui utilisent trop fréquemment ce mot sont incapables de le définir clairement. 

Demain, j'essaierai d'expliquer les raisons de cette confusion, alors restez à l'écoute.