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lundi, septembre 14, 2026

La question oubliée du 11 septembre

Quand j'ai appris la nouvelle des attentats terroristes du 11 septembre, je prenais mon petit-déjeuner à Vail, dans le Colorado, après ma course à pied matinale. En apprenant ce qui se passait à New York, la première pensée qui m'est venue à l'esprit fut : « Des années d'humiliation et de châtiment infligées à la population palestinienne sont la cause de ces attaques ».

Dans son ensemble, l'Amérique n'a pas perçu cette aspect de l'attaque dévastatrice. Animée par sa conviction d'être dans son bon droit et par un sentiment d'exceptionnalisme profondément ancré, elle s'est indignée : « Comment a-t-on pu nous attaquer de la sorte ? C'est totalement injuste, nous ne méritions absolument pas un tel traitement. » 

Je n'ai entendu nulle part la question : « Pourquoi nous a-t-on infligé ce châtiment atroce ? » Certes, se demander « pourquoi » aurait été logique, mais cette interrogation a été manifestement absente de notre réaction nationale. Du moins, c'est ainsi que je l'ai perçu. 

Il n'y a eu aucune analyse approfondie a posteriori, mais plutôt une immédiate guerre de vingt ans — jugée « bien méritée » — pour venger cette attaque, d'abord contre l'Afghanistan, suivie presque simultanément d'une autre, tout aussi coûteuse en vies humaines et en ressources, contre l'Irak. 

Une tragédie pour tous, mais aussi un rappel puissant : pour tirer les leçons d'une catastrophe, il faut toujours remonter à la cause profonde de celle-ci en posant une question toute simple : « Pourquoi ? »

mardi, juillet 07, 2026

La corruption de Trump et d’Infantino

En mettant de côté fierté nationale et préjugés (après tout, je suis citoyen américain), que dire du scandale déclenché par Trump auprès de la FIFA ? Alors que la plupart des Américains ressentaient une fierté nationale et l’instinct de défendre « notre équipe », l’affaire Trump-FIFA relevait fondamentalement d’une ingérence politique dans une instance juridictionnelle sportive internationale, de la volonté de la FIFA de contourner ses propres règles et des conséquences néfastes pour l’équité de la compétition.

La question centrale n’était pas de savoir si le carton rouge infligé à Balogun était sévère ; il s’agissait simplement du fait qu’un chef d’État s’est permit de pressuriser avec succès la FIFA pour annuler une sanction qui, selon le règlement, ne pouvait faire l’objet d’aucun appel. C’est pourquoi les instances mondiales du football ont réagi aussi vivement. 

Pour ceux qui ignoraient les faits ou ne s’en souviennent pas : Trump a personnellement appelé le président de la FIFA, Gianni Infantino, pour lui demander de réexaminer le carton rouge de Folarin Balogun. Il a aussi agi hypocritiquement en ignorant que le cas de Balogun relevait précisément de la citoyenneté par le droit du sol, une pratique que Trump dénonce pourtant avec véhémence. 

En réponse, la FIFA a annulé la suspension automatique d’un match en invoquant l’article 27 — une clause rarement utilisée permettant une suspension discrétionnaire des mesures disciplinaires. Furieux, l’UEFA, la Belgique, d’anciens responsables de la FIFA ainsi que de nombreux joueurs et entraîneurs ont condamné cette décision, la qualifiant d’« inédite », d’« incompréhensible » et de « ligne rouge franchie ». 

Les critiques soutiennent que cette annulation a porté atteinte à l’intégrité du tournoi et créé un précédent dangereux en matière d’influence politique sur l’arbitrage et les procédures disciplinaires ; je partage entièrement ce point de vue. Le scandale ne concerne pas Balogun (le joueur), mais l’avenir de l’équité sportive. 

Les petits pays de football (comme la Belgique) ne disposent pas d’un tel levier d’influence. Trump a fait preuve d’un jugement désastreux et chronique en suivant son instinct : il a donné une mauvaise image de l’équipe américaine et a suscité un tel ressentiment que la Belgique a remporté la victoire sous le coup de la colère, alors même que les Américains étaient, sur le papier, très compétitifs. 

Son intervention a mis en lumière un système à deux vitesses : d’un côté, des nations puissantes capables d’influencer les résultats et, de l’autre, le reste du monde contraint d’accepter des décisions qu’il ne peut contester. Ce déséquilibre est précisément ce que la gouvernance mondiale du sport est censée empêcher ; il ne s’agit pas là de politique footballistique ordinaire, mais d’une crise de gouvernance et d’une hypocrisie flagrante. 

Bien mal acquis ne profite jamais !

vendredi, mai 29, 2026

Le déclin mental de Trump

Après avoir observé les conséquences de la guerre américano-israélienne contre l'Iran, il m'apparaît clairement que Trump s'est surestimé en attaquant les Iraniens et qu'il n'avait absolument aucune idée des conséquences de son action. 

Il se retrouve désormais confronté à des dirigeants iraniens capables de perturber l'approvisionnement mondial en pétrole et en gaz, renforcé en pensant qu'ils ont remporté le conflit et se montrant bien plus résilients que ne le laissait supposer l’idéologie suprémaciste blanche qui est celle du président américain.

De plus, il aimerait récupérer un important stock d'uranium enrichi qu'il prétend avoir « enfoui » lors du premier bombardement, mais dont l'emplacement exact reste inconnu. Enfin, ses contradictions concernant l'état des négociations avec l'Iran lui ont fait perdre toute crédibilité. 

À mes yeux, ce raisonnement erratique est un signe évident du déclin mental de Trump et cela fait de lui un individu particulièrement dangereux, vu l'arsenal nucléaire américain qu'il a à sa portée.

jeudi, mai 14, 2026

Le petit garçon visite la Chine

L’homme au QI d’un enfant de six ans, aux portes de la sénilité — celui qui adore tout démolir d’abord et réfléchir longtemps après, tout en ignorant les éléments de base d’arithmétique — est en Chine pour rencontrer et négocier avec Xi Jinping, le dirigeant chinois. 

Il s’agira d’y aborder une variété de sujets d’une importance capitale, notamment les échanges commerciaux entre les États-Unis et la Chine et, bien entendu, la sortie élégante – si possible – de cette guerre insensée américano-israélienne contre l’Iran. 

Il est fort probable que Xi affiche un sourire de façade pour mieux manipuler Trump, le flattant afin d’obtenir exactement ce qu’il désire, tout en laissant transparaître son mépris pour un homme qu’il ne respecte pas du tout. Dans ce contexte, ma confiance en une issue favorable pour les États-Unis est extrêmement faible. 

Nous aurions pu envoyer n’importe quel américain faisant la manche au bord d’une bretelle d’autoroute, pour arriver à un bien meilleur résultat et nous sortir du bourbier iranien en faisant preuve d’un minimum de bon sens — et espérer un résultat bien meilleur. 

Alors, comme dirait l’enfant de six ans : « On verra bien… »

vendredi, avril 24, 2026

La diplomatie selon Trump (Troisième partie)

L'incursion de JD Vance dans le domaine des relations diplomatiques a débuté lorsqu'il a prononcé un discours assez controversé lors de la Conférence de Munich sur la sécurité en février 2025, donnant le ton d'un style résolument conflictuel. Lors de cette réunion, il a interpellé ses alliés européens, les accusant d'ignorer la volonté démocratique, d'échouer sur la question de l'immigration et d'étouffer toute voix dissidente. 

Son allocution, qui mettait l'accent sur des perspectives populistes, a été qualifiée de « choc » ; elle a suscité la condamnation des responsables de l'UE tout en s'attirant les éloges des médias russes. Elle l'a clairement positionné comme l'antidote à l'art de la persuasion diplomatique classique. Ce fut la salve d'ouverture d'une série de revers sur la scène internationale qui ont amené l'opinion publique à s'interroger sur sa capacité à communiquer de manière intelligente.

J'ai lu son livre, Hillbilly Elegy, et j'en ai conclu qu'il n'avait rien appris de son enfance et de sa jeunesse difficiles. Envoyé en Hongrie pour soutenir le Premier ministre sortant, Viktor Orbán, il s'est ensuite rendu à Islamabad, où il a échoué à organiser un premier cycle de pourparlers avec les Iraniens. Comme l'a souligné la presse, le vice-président américain a, au cours de ces missions dignes de « Mission : Impossible », « bu jusqu'à la lie le calice empoisonné de la politique étrangère trumpiste ». 

Vance est rentré bredouille de ses deux missions à l'étranger, à la suite de l'échec des pourparlers concernant la guerre en Iran — tenus à Islamabad, au Pakistan, le 12 avril — et de la défaite retentissante du Premier ministre hongrois sortant Viktor Orbán, lors des élections législatives organisées en Hongrie ce même jour. 

Ces deux échecs successifs constituent « des revers majeurs pour le vice-président — largement considéré comme l'héritier présomptif de Trump — qui a été dépêché aux quatre coins du globe la semaine dernière pour entreprendre des missions dont les chances de succès étaient minces », analyse le Financial Times. Ceci d'autant plus que JD Vance, converti au catholicisme, est rentré à Washington juste à temps pour assister au bras de fer entre l'occupant de la Maison-Blanche et le pape Léon. 

Une fois de plus, Vance affiche une allure dure et résolue, mais cela est bien loin des qualités requises pour devenir un négociateur diplomatique efficace. À sa décharge — ainsi qu'à celle de Kushner et de Witkoff —, tous trois pâtissent d'un Département d'État exsangue, après le licenciement de 1 300 fonctionnaires en 2025 visant à réduire la bureaucratie à Washington. 

Les critiques — y compris des membres de l'Association du service extérieur américain — soutiennent que cette réorganisation, qui a frappé des bureaux stratégiques tels que ceux consacrés à la Syrie et aux droits de l'homme, a sapé le moral des troupes, tari l'expertise régionale et réduit l'efficacité de la diplomatie américaine. Pour l'heure, Vance n'a d'autre choix que de continuer à faire le dos rond tout en apprenant sur le tas — s'il entend conserver sa casquette de négociateur !

jeudi, avril 23, 2026

La diplomatie selon Trump (Deuxième partie)

En tant que membres de la famille et de l'entourage de Trump, il n'a pas fallu grand-chose pour transformer Jared Kushner et Steve Witkoff — deux promoteurs immobiliers — en négociateurs de stature internationale. 

Aujourd'hui, la capacité de ce duo à mener des négociations diplomatiques fait l'objet d'un débat intense, qui divise largement l'opinion entre les trumpistes — qui les considèrent comme de grands « négociateurs » — et les critiques, qui les trouvent hyper légers en matière de savoir-faire ainsi que d'avoir échoué sur d'importantes initiatives. 

Commençons par Jared Kushner : sa mission, au sein de la première administration Trump (2017-2021), consistait à élaborer les Accords d'Abraham, destinés à normaliser les relations entre Israël et plusieurs nations arabes. Au cours du second mandat (depuis 2025), il a travaillé sur les dossiers de Gaza, de la Russie et de l'Ukraine, ainsi que sur l'Iran ; il a par ailleurs été nommé Envoyé Spécial pour la paix à l'époque où Trump courrait après le prix Nobel. 

Il ne me semble pas avoir inventé la poudre. L'un des atouts majeurs de Kushner réside dans sa façon de faire deux choses à la fois : il aime gérer ses affaires immobilières tout en menant, parallèlement, des négociations diplomatiques pour le compte de son beau-père. Bien entendu, les partisans du mouvement MAGA le considèrent comme un « négociateur de classe internationale » doté d'une compréhension approfondie des questions politiques au Moyen-Orient. 

Des critiques plus avisés soutiennent toutefois que ses efforts diplomatiques — notamment en ce qui concerne l'Iran — ont été bâclés en raison d'un manque de compétence technique, ce qui a eu pour effet d'envenimer les conflits plutôt que de favoriser la paix ; de plus, ces initiatives auraient été entachées par ses vastes projets commerciaux avec les États du golfe Persique, auprès desquels sa société, Affinity Partners, a obtenu des financements. Voilà ce que l'on appelle des conflits d'intérêts en bonne et due forme !

Quant à Steve Witkoff, c'est avant tout un promoteur immobilier new-yorkais qui ne possédait aucune formation en politique étrangère ou en diplomatie avant 2025, date à laquelle il a été nommé Envoyé Spécial pour le Moyen-Orient et pour les missions de paix. Il a été chargé de jouer les médiateurs dans la guerre à Gaza, le conflit russo-ukrainien ainsi que dans les négociations avec l'Iran. Rubio — le fidèle toutou de Trump — lui attribue l’emploi de méthodes novatrices (?) pour faire progresser les intérêts des États-Unis. 

Il est décrit comme un négociateur « coriace » qui s'attache à comprendre les attentes de la partie adverse — une approche héritée de sa carrière dans l’immobilier — ce qui signifie, pour lui, que la diplomatie ne diffère en rien de la vente de maisons, d'appartements ou d’autre biens immobiliers. C’est précisément ce qui amène les critiques lucides à soutenir que Witkoff a confondu diplomatie et transaction immobilière, citant sa gestion « amateur » de dossiers complexes et techniques, tels que l’enrichissement nucléaire. 

On lui reproche d’avoir adopté des positions pro-russes lors des négociations, de n’avoir pas saisi les subtilités du protocole diplomatique et d’être perçu — tout comme Kushner — par certains comme un « agent d’influence israélien » poussant les États-Unis vers la guerre et soutenant Israël sans condition, plutôt que d’agir en tant que partie neutre. 

Ce duo plutôt incompétent incarne ce qu’on peu qualifier de « diplomatie transactionnelle », privilégiant les relations personnelles et leur « instinct » aux méthodes de négociation traditionnelles, bureaucratiques et pilotées par le Département d’État. Les partisans de Trump voient leur force dans la relation directe et privilégiée qu’ils entretiennent avec le Président, laquelle leur permet d’agir avec une autorité et une rapidité inaccessibles aux diplomates de carrière. 

Toutefois, s’ils ont contribué à l’obtention d’un cessez-le-feu et d’un échange d’otages à Gaza en 2025, leurs négociations sur des dossiers plus vastes — notamment avec l’Iran — ont été associées à une escalade de la violence régionale. Dans un prochain article, nous verrons si JD Vance s’avère un peu plus moins mauvais pour mener ce type de négociations diplomatiques…

mercredi, avril 22, 2026

La diplomatie selon Trump (Première partie)

Avant d'aborder la stratégie — ou son absence — qui est derrière les « marchés » que veut conclure Trump par le biais de négociations de haut niveau au niveau international, passons en revue les qualités requises pour bien négocier diplomatiquement. Cela implique une combinaison d'intelligence stratégique, d'empathie profonde et de résilience émotionnelle, afin de préserver de complexes relations et de sérieux enjeux, plutôt que de simples transactions commerciales. 

Voici donc quelques règles issues du bon sens. 

• Compréhension culturelle et empathie : Un bon diplomate doit comprendre les motivations, le contexte historique et les pressions internes qui animent la partie adverse. Cette empathie permet d'anticiper les arguments et de créer des solutions « gagnant-gagnant » qui permettent à toutes les parties de sauver la face. 

• Préparation et analyse rigoureuses : Les meilleurs négociateurs sont mieux préparés que leurs adversaires ; ils connaissent parfaitement les intérêts de leur propre pays et analysent toutes les données disponibles. 

• Patience et tempérament stratégique : La diplomatie exige la « patience d'un horloger » et j’en sais quelque chose moi qui ai fait l’école d’horlogerie de Cluses ! Cela requiert un tempérament calme et la faculté de bien se servir du silence, du « timing » et de pauses calculées pour faire avancer les objectifs sans paraître impulsif. 

• Écoute active : Les bons diplomates écoutent plus qu'ils ne parlent. L'écoute est un outil puissant pour déceler les motivations cachées, capter les signaux non verbaux et instaurer la confiance, plutôt que d’attendre son tour pour prendre la parole. • Intégrité et fiabilité : Pour bâtir des relations durables, un négociateur fait preuve d'honnêteté et d'équité, afin qu'on puisse lui faire une confiance absolue. 

• Flexibilité et créativité : Les négociateurs doivent pouvoir faire des compromis sans sacrifier les intérêts essentiels, en ouvrant des voies créatives et « hors des sentiers battus » pour briser les impasses. 

• Maîtrise de la communication : Cela n’implique pas que la maîtrise des langues, mais surtout le don d'utiliser un langage précis et mesuré pour être ferme sans offenser, ainsi que de savoir saisir subtilités et nuances. 

• Endurance et courage : Souvent, les négociations diplomatiques représentent des sessions de 12 à 16 heures sous haute pression, exigeant une résilience tant mentale que physique. 

En conclusion, la diplomatie de haut niveau est une relation à long terme, pas une transaction ponctuelle et isolée. Elle exige beaucoup de patience et un travail acharné ; elle ne saurait être déléguée à des individus inexpérimentés, aussi « intelligents » soient-ils. 

Idéalement, les négociateurs diplomatiques devraient puiser leurs compétences et leur expérience au sein du ministère des affaires étrangères, afin de maîtriser la complexité des relations internationales, la connaissance institutionnelle, et de bénéficier d'une confiance établie dans le temps auprès de leurs homologues étrangers. 

Malheureusement — et trop souvent —, les équipes de négociation se composent d'un mélange de professionnels de carrière et d’homme politiques, dépourvus de ce bagage essentiel. L’idée est de garantir que l'issue des négociations serve les intérêts nationaux et s'inscrive dans la durée, bien après que la question immédiate a été résolue. 

Demain, nous verrons si Trump est capable de telles missions et si les personnes qu’il charge d'accomplir ce travail en sont capables. Nous commencerons par évaluer les performances de Kushner et Witkoff par rapport aux critères que nous venons de passer en revue …

dimanche, mars 15, 2026

Trump et l'idée de « changement de régime » …

Depuis le début de la guerre en Iran, Trump n'a cessé de tergiverser quant aux nombreuses raisons qui l'ont poussé à s'allier à Bibi Netanyahu pour infliger des souffrances au régime iranien et à son peuple. 

Après nous avoir donné une multitude de raisons, notre président et son administration ont fini par évoquer la nécessité d'un « changement de régime », une entreprise pour le moins ambitieuse quand on sait à quel point les mollahs sont profondément enracinés dans la gouvernance du pays.


En réalité, Trump et son équipe auraient dû mieux préparer le terrain, mais il faut reconnaître qu'ils n'avaient aucune idée de ce qui les attendait ou ne voulait pas regarder les conséquences en face. C'est généralement ce qui arrive quand on est à la fois paresseux, impatient, menteur et hypocrite. 

Nous y voilà donc : nous attendons avec impatience ce changement de régime, une entreprise toujours périlleuse et incertaine. La seule question légitime qui reste est de savoir où ce changement se produira en premier, en Iran ou aux États-Unis ?

samedi, mars 07, 2026

Démolisseurs professionnels !

Avec l'arrivée du printemps, nous avons tous des projets à entreprendre, que ce soit chez à la maison ou sur d'autres propriétés. Mais qui dit rénovation dit souvent démolition, et cette opération est parfois nécessaire. Pourtant, personne ne fait mieux que le duo « Bibi » et Donald pour tout casser.

Ils débarquent avec leurs plus gros engins et s'attaquent à tout ce qui est en travers de leur chemin sans se soucier des dégâts. De Gaza à Téhéran, on les voit détruire toutes les infrastructures et nous annoncer qu'ils remplaceront les ruines par un magnifique complexe hôtelier… 

Bien sûr, Bibi agit ainsi pour éviter de perdre son immunité politique et d'aller en prison, tandis que Donald le fait pour détourner l'attention d'Epstein, de sa chute de popularité et de nos problèmes de pouvoir d'achat. Par pure curiosité et pour ma propre sécurité, je me demande bien quel sera leur prochain chantier ?

jeudi, janvier 29, 2026

Forum économique mondial compromis ? (Deuxième partie)

Hier, nous évoquions la mainmise de Trump sur le Forum de Davos, et aujourd'hui, nous allons examiner les conséquences probables de cette nouvelle donne. Tout d'abord, l'attention médiatique s'est considérablement réduite, se concentrant sur les personnalités et les célébrités les plus en vue du moment, au détriment du contenu des sessions. 

On pourrait également assister à une instrumentalisation du forum à des fins de communication politique, certains dirigeants cherchant à exploiter ce rassemblement mondial important pour afficher leur puissance, imposer leur propre version des fait, tenter d'influencer les marchés et, idéalement, rassurer leurs alliés ou, au contraire, semer davantage le chaos dans l'ordre mondial. 

Toutes ces transformations non seulement éclipsent, mais pervertissent la vocation initiale du Forum de Davos. N'oublions pas que la confiance du public s’effrite dès que le débat semble biaisé. Nous attendons tous des forums mondiaux qu'ils s'attaquent aux problèmes fondamentaux, mais quand on constate un dérapage vers la mise en scène politique, il est clair que l'institution a perdu sa crédibilité. 

Les plus optimistes d'entre nous pourraient espérer (tant mieux pour eux !) que le travail de fond (modélisation économique, coordination climatique, cadres politiques) se poursuive discrètement en coulisses. Bien sûr, une question plus pertinente que « Le forum est-il devenu inutile ? » serait de se demander si le forum continue de mener un travail constructif en coulisses, même si le discours public est déformé. 

Peut-être, et espérons-le, la réponse sera oui, mais la visibilité de ce travail sera occultée par l'influence prépondérante d'une seule figure politique dominant l'actualité. Je ne suis pas certain que ce soit le cas, et je suis convaincu que mon analyse de la situation n'est pas si éloignée de la réalité, car les institutions mondiales peinent à maintenir le cap à une époque où l'attention médiatique est façonnée par les provocations, la polarisation et le spectacle médiatique.

mercredi, janvier 28, 2026

Forum économique mondial compromis ? (Première partie)

Vous n'êtes peut-être pas d'accord, mais il me semble que le Forum économique mondial a été détourné par Trump et que ses obsessions ont été le seul sujet débattu lors de cet événement, s'éloignant largement de l'objet initial de la réunion. Ce sommet économique annuel est-il devenu discrédité et sans pertinence ? Je sais que je ne suis pas le seul à me le demander. 

Il est clair que les grandes rencontres internationales comme le Forum économique mondial, le G20, les sommets de la COP ou les assemblées des Nations Unies sont extrêmement sensibles à ce qui domine l'actualité médiatique mondiale. 

Lorsqu'une personnalité politique comme Trump fait la une des médias, provoque de vives réactions, alimente l'incertitude géopolitique et influence les marchés ou les alliances, sa présence ou son absence peut éclipser tout le reste. 

Historiquement, les dirigeants très polarisants ou imprévisibles ont souvent attiré l'attention sur eux, même lorsque l'ordre du jour officiel était tout autre. L'objectif déclaré du Forum économique de Davos est d'aborder les tendances économiques mondiales, le climat et le développement durable, les changements technologiques, la stabilité géopolitique et les risques systémiques à long terme. 

Mais comme nous venons de le constater, l'écosystème médiatique privilégie les conflits, les personnalités, le sensationnel et les controverses. Ainsi, même si les sessions officielles portent sur le climat, la gouvernance de l'IA, les chaînes d'approvisionnement ou les inégalités mondiales, le débat public peut être détourné par quelqu'un qui cherche à s'emparer du Groenland. 

Cela crée un décalage de perception, tant au sein du forum qu'à l'extérieur, l'attention étant focalisée sur le participant le plus controversé. Ce décalage peut donner l'impression que l'événement est « discrédité » ou « hors sujet », même si l'ordre du jour interne n'a pas changé. Ce forum est-il devenu sans pertinence ? Pas nécessairement, mais son image publique est déformée. 

Demain, nous examinerons les conséquences de cette situation et ce qu'elle implique pour nous tous.

mardi, janvier 27, 2026

Qui empoisonne la source de l'humanité ?

Pas un jour ne passe sans que je me demande si le cycle dépressif actuel, dans lequel le monde entier semble plonger, n'est pas dû au fait que nous sommes asphyxié par Donald Trump, qui intimide des nations entières, monopolise l'espace médiatique et représente une menace omniprésente. 

Beaucoup se sentent épuisés, tendus ou découragés, et lorsqu'une seule figure politique domine les gros titres, les conversations et les réseaux sociaux, il est naturel de penser que cette saturation contribue au poids émotionnel que nous ressentons. L'humeur mondiale est morose et anxieuse car la saturation médiatique amplifie le stress quand un seul homme domine l'actualité, apparaissant de tous cotés. 

Lorsque chaque controverse devient un sujet de conversation mondial, les algorithmes des réseaux sociaux privilégient les contenus les plus chargés émotionnellement, ce qui crée un sentiment d'être « assiégé », même si l'impact politique réel varie selon les régions. 

La plupart d'entre nous interprètent cela comme un fardeau émotionnel personnel, alors qu'il s'agit en réalité d'un fardeau véhiculé par nos médias. 

Ceux-ci sont indéniablement coupables de mettre en avant les conflits, l'indignation, les menaces, les scandales et la polarisation. Lorsque la couverture médiatique est uniquement négative, les gens se sentent tendus. Ce malaise est aggravé par l'incertitude mondiale, car la plupart d'entre nous font face à l'instabilité économique, à l'anxiété liée au changement climatique, aux mutations technologiques rapides, à la fragmentation sociale et à la fatigue post-pandémique. 

Quand ces pressions s'accumulent, la présence d'une figure publique aussi polarisante que Trump peut être la goutte d'eau qui fait déborder le vase. Cela crée une véritable contagion émotionnelle, car l'ambiance générale est exacerbée par des amis stressés, des flux sociaux négatifs et colériques, des informations alarmantes et des conversations contaminées par tout ce bruit de fond. 

Encore une fois, pour protéger notre équilibre intérieur et notre santé mentale, nous ne pouvons retrouver la sérénité qu'en limitant notre exposition aux informations en continu, en nous ressourçant auprès de notre famille, de nos amis proches et de notre communauté, en nous concentrant sur des actions concrètes et significatives et en nous rappelant que le monde est plus vaste que le cycle étroit de l'actualité. 

Si nous ressentons la lourdeur de notre époque, ne restons pas impuissants face à elle !

samedi, décembre 20, 2025

Américains à double nationalité, attention ! (Troisième partie)

J'ai récemment appris que Bernie Moreno, sénateur de l'Ohio, avait présenté le projet de loi « Exclusive Citizenship Act of 2025 » (Loi sur la citoyenneté exclusive de 2025) visant à mettre fin à la double nationalité aux États-Unis. Moreno, membre du Parti républicain (MAGA), est né en Colombie dans une famille qui a immigré aux États-Unis et a grandi en Floride. 

Cette mauvaise idée n'est pas de nature à réjouir une personne comme moi, possédant la double nationalité française et américaine. Ce projet de loi exigerait des citoyens américains comme moi, titulaires d'une autre nationalité, de renoncer à l'une des deux, voire plus si applicable, dans un délai de 12 mois, sous peine de perdre leur citoyenneté américaine. 

Moreno, lui-même citoyen naturalisé d'origine colombienne, affirme que la citoyenneté américaine devrait impliquer une « allégeance unique et exclusive » aux États-Unis. Pas si vite ! Le 14e amendement de la Constitution protège le droit de naissance à la citoyenneté américaine et stipule qu'elle ne peut être révoquée involontairement. Les tribunaux ont constamment statué que la citoyenneté est un droit fondamental et que sa perte ne peut survenir que par renonciation volontaire ou fraude lors de la naturalisation. 

De nombreux groupes de défense des droits des minorités ethniques et des immigrants (par exemple, le Portuguese American Leadership Council) se mobilisent contre cette idée, car elle affecterait des millions d'Américains. Heureusement, jusqu'à présent, le projet de loi n'a pas dépassé le stade de la présentation. Aucune audition ni aucun vote n'ont encore été programmés. 

Même s'il était adopté, sa mise en œuvre serait extrêmement complexe, obligeant des millions de personnes à choisir entre leur héritage et leur citoyenneté américaine, sans compter une multitude d'autres problèmes épineux. 

En bref, la proposition du sénateur Bernie Moreno d'interdire la double nationalité relève davantage d'une posture politique visant à plaire à Trump. Elle reste symbolique et a peu de chances d'être adoptée. Le cadre juridique américain protège fermement contre la perte involontaire de la citoyenneté, et cette mesure se heurte à d'importants obstacles politiques et constitutionnels. 

Autant dire que je devrais être tranquille pour un bon moment

vendredi, décembre 19, 2025

« Méli-mélo » et multi-citoyenneté (Deuxième partie)

En tant que citoyen français et américain, je me demande toujours ce qu'il en est de ce statut particulier, car j'entends constamment des versions divergentes à ce sujet. Voici donc ce que j'ai appris. À ce jour, environ la moitié des pays du monde autorisent la double ou la multiple nationalité, tandis que d'autres la restreignent ou l'interdisent. Un plus petit groupe protège explicitement la citoyenneté contre toute révocation. 

Commençons par les pays qui autorisent la double ou la multiple nationalité. La plupart des pays d'Europe, des Amériques et de nombreuses nations d'Asie-Pacifique autorisent ce statut. Par exemple, en Europe, on trouve le Royaume-Uni, la France, l'Italie, l'Irlande, le Portugal, l'Espagne (avec des restrictions), la Grèce, Malte, Chypre, la Hongrie, la Lettonie et la Turquie. Aux Amériques, il y a les États-Unis, le Canada, le Mexique, le Brésil, l'Argentine, la Colombie et l'Uruguay. 

Dans la région Asie-Pacifique, on trouve l'Australie, la Nouvelle-Zélande, les Philippines, ainsi que le Pakistan et la Corée du Sud avec certaines limites. Ce statut est plus rare en Afrique et au Moyen-Orient, avec seulement l'Afrique du Sud, l'Égypte, Israël, le Nigeria et la Tunisie. Si vous êtes intéressé par les Caraïbes, vous trouverez Antigua-et-Barbuda, la Dominique, la Grenade, Saint-Kitts-et-Nevis et Sainte-Lucie. Tous ces pays vous permettent généralement de détenir plusieurs passeports et de jouir des droits dans chaque nation. 

Il existe cependant certains pays qui appliquent un strict statut de citoyenneté unique. Si vous acquérez une autre nationalité, vous risquez de perdre votre nationalité d'origine. Par exemple, en Europe, c’est l'Andorre, l'Autriche (avec des exceptions), l'Estonie, la Lituanie et Monaco. En Asie, on trouve la Chine, l'Inde, le Japon, le Népal, le Bhoutan, la Malaisie, Singapour et l'Indonésie. Quant au Moyen-Orient, on trouve l'Arabie saoudite, Oman et Bahreïn. En Afrique, il n'y a que le Botswana et dans les Caraïbes, les Bahamas. Dans ces pays, une naturalisation dans un autre pays peut entraîner la perte de la citoyenneté d'origine. 

Enfin, il existe des pays où, tout comme la batterie de votre nouveau smartphone, la citoyenneté ne peut pas être retirée. Il s'agit notamment des États-Unis, où la citoyenneté de naissance en vertu du 14e amendement ne peut être révoquée ; seule une renonciation volontaire ou une fraude lors de la naturalisation peut entraîner sa perte. Au Canada, les citoyens de naissance ne peuvent être déchus de leur nationalité ; seule une renonciation volontaire est possible. 

Après la réforme, les citoyens allemands ne peuvent généralement pas perdre leur nationalité contre leur gré, sauf dans de rares cas, par exemple s'ils rejoignent les forces armées étrangères. En France, la citoyenneté est considérée comme un droit fondamental ; sa révocation est limitée aux cas de fraude ou de terrorisme, et aucune déchéance arbitraire n'est possible. 

Demain, nous découvrirons comment un membre du Congrès américain souhaiterait modifier ces règles pour les citoyens américains.

jeudi, décembre 18, 2025

Un passeport de l'ONU ? (Première partie)

Il n'y a qu'une planète bleue, mais près de 200 pays créés par l'homme s'y répartissent, chacun avec ses règles, systèmes de gouvernement, frontières et … passeports ! J'aime me considérer comme un citoyen du monde et je me suis souvent demandé si je pourrais échanger mes passeports américain et français contre un passeport bleu clair de l'ONU ? 

Eh bien non, ce n'est pas possible. Bon, il existe un document de voyage appelé Laissez-Passer des Nations Unies (UNLP), mais ce n'est pas un passeport au sens traditionnel du terme (il n'indique pas la nationalité). 

Il identifie son titulaire comme fonctionnaire de l'ONU pour des missions officielles uniquement, et est délivré au personnel, aux experts en mission et aux hauts fonctionnaires. Il faut donc être employé par l'ONU ou ses agences spécialisées et voyager pour le travail. 

Différentes couleurs (bleu pour le personnel, rouge pour les hauts fonctionnaires) offrent des avantages variés, comme une immunité fonctionnelle, mais pas une immunité diplomatique complète. Les rares personnes qui en bénéficient sont les fonctionnaires et employés de l'ONU et de ses agences spécialisées (comme l'OIT, l'AIEA, la CPI). 

S'y ajoutent quelques personnes désignées comme experts pour des missions spécifiques de l'ONU. Il existe également un laissez-passer spécial rouge de l'ONU (comme celui qu'utilise António Guterres), offrant davantage d'avantages diplomatiques aux hauts fonctionnaires. 

Donc, si vous ne faites pas partie de ce club restreint, oubliez ce document de voyage exclusif. Demain, nous parlerons de ceux qui revendiquent plusieurs nationalités et les règles qui s’y rattachent. 

Alors, si les voyages internationaux vous intéressent, ne manquez pas la suite !

dimanche, octobre 19, 2025

Le petit jeu entre Poutine et Trump …

Il est difficile de dissocier la volonté de Trump d’amener la paix en Ukraine de sa campagne pour le prix Nobel principalement portée par ses alliés politiques capitalisant sur des victoires diplomatiques à court terme, mais sans le large consensus international ni l'impact durable généralement requis pour l'attribution de ce genre de récompense.

Ceci dit, la naïveté de Trump a été sérieusement mise à mal lorsqu'il a tenté son rapprochement avec le dictateur russe. Poutine est extrêmement intelligent et sait reconnaître un intimidateur quand il en rencontre un. Il a bien remis Trump à sa juste place, l'humiliant en lui montrant que c’était lui qui tenait « les cartes en main ». 

Je pense que Trump n'aime pas Zelensky, ne souhaite pas la victoire de l’Ukraine, et accepte de « jouer la montre » en suivant la stratégie de Poutine. Globalement, Poutine a un plan et Trump aucun, préférant les actions impulsives qui lui permettent de rester visible sur la scène internationale, et il a visiblement peur de Poutine. 

Profondément cruel, Trump gaspille le précieux temps qui reste à l’Ukraine et ne cherche qu'à exploiter l'impasse militaire pour mieux vendre ses armes et entretenir la guerre. Si votre théorie est différente, j'aimerais l'entendre …

mardi, août 19, 2025

Le Diable et le Bouffon

Trump aime aller vite et est tellement sûr de lui qu'il adore prendre des décisions improvisées, tandis que Poutine semble beaucoup plus réservé, intelligent et extrêmement patient. 

Il s'entoure de personnages expérimentés et aussi malfaisants que lui, comme son ministre des Affaires étrangères Lavrov, qui fait passer son homologue Rubio pour un enfant de chœur. 

Le problème, c'est que Poutine, le criminel et le diable qu'il est vraiment, a été accueilli comme un héros à Anchorage, tout en faisant passer Trump pour un imbécile. 

Triste journée pour l'Amérique et son dirigeant autoritaire qui n’aime pas effectuer le travail de base nécessaire, collaborer avec son équipe et ne peut s'empêcher de prendre des raccourcis. 

Apprendra-t-il un jour ?

jeudi, juillet 10, 2025

Notre nouveau pape américain

Après que le pape François ait snobé cet avantage en nature durant son pontificat, Léon XIV est à Castel Gandolfo afin de se ressourcer « corps et esprit », comme il l'a récemment déclaré. C'est un retour à une tradition séculaire qui amène le nouveau pape dans sa résidence d'été perchée à 425 mètres, au-dessus du lac d'Albano, offrant un air plus frais et une atmosphère plus saine que la chaleur Romaine.

Outre cette bonne nouvelle, le nouveau pape s'est montré clair dans son intervention sur les conflits en Ukraine, à Gaza et en Iran depuis le début de son pontificat. Concernant la guerre en Ukraine, il l'a condamnée comme « absurde ». Il a également exprimé sa solidarité avec les gréco-catholiques ukrainiens lors d'un pèlerinage jubilaire, reconnaissant leurs souffrances et les exhortant à la foi dans l'adversité. Dans son tout premier discours dominical en tant que pape, 

Léon a appelé à un cessez-le-feu à Gaza, à la libération des otages et à une aide humanitaire sans restriction. Suite aux frappes aériennes américaines sur les sites nucléaires iraniens en juin, le pape Léon XIV a lancé un appel à la paix, avertissant que la guerre ne faisait qu'« amplifier les problèmes » et causer de « profondes blessures ». Il a également condamné « l'intimidation et la vengeance », exhortant toutes les parties – y compris Israël, l'Iran et les États-Unis – à poursuivre le dialogue et la diplomatie. Les interventions papales ont été peu relayées par des médias largement obsédés par Trump. 

Outre ces prises de position, le pape Léon XIV pourrait considérablement renforcer son influence en s'appuyant sur le rôle unique du Vatican en tant qu'organisme neutre et autorité spirituelle. Il pourrait par exemple convoquer un sommet interreligieux pour la paix réunissant de hauts responsables du christianisme, de l'islam et du judaïsme – en particulier ceux influents au Moyen-Orient et en Europe de l'Est – et en profiter pour condamner la violence et appeler à des cessez-le-feu, à des couloirs humanitaires et à des négociations. 

Il pourrait également lancer une campagne mondiale de « pèlerinage pour la paix » avec des partenaires interconfessionnels afin d'organiser des événements synchronisés – prières, jeûnes et forums publics – axés sur la paix en Ukraine, à Gaza et en Iran. Il pourrait aussi s'engager plus activement et plus directement auprès des dirigeants politiques pour contester l'accumulation d'armes et l'érosion du droit international. 

D'un point de vue religieux, il devrait soutenir évêques, imams et rabbins dans les zones de conflit en leur fournissant des ressources et des plateformes pour lutter contre les discours de haine et promouvoir la réconciliation et protéger les civils. 

De même, il pourrait encourager les conseils interreligieux d'Ukraine, de Gaza et d'Iran à publier des déclarations communes et à apaiser les tensions locales. Fort de sa clarté morale et de son rayonnement international, je suis convaincu que le pape Léonard de Vinci a le pouvoir de traduire ses paroles en actions coordonnées, notamment avec d'autres chefs religieux, et de contribuer à faire passer le discours de la vengeance à la réconciliation. 

En attendant qu’il se mette vraiment au travail, je lui souhaite un bon séjour à Castel Gandolfo !

jeudi, juin 26, 2025

La guerre entre l'Iran, Israël et les États-Unis

« Taco* » Trump, l'homme sans plan, a voulu démontrer sa puissance militaire et a une fois de plus cédé à Netanyahou en testant les bombes pénétrantes américaines, espérant « anéantir » le programme nucléaire iranien une fois pour toutes. Le succès de cette opération reste à voir, mais ce dont nous sommes quasiment certains, c'est son coût pour nous, les contribuables américains. 

Il semblerait qu' « Opération du Marteau de Minuit », impliquant des bombardiers furtifs B-2 et des bombes anti-bunker, nous coûterait environ 68,84 milliards de dollars, si on compte les avions, les armes, le matériel, le personnel, le carburant et l’entretien. Espérons qu'elle ait cassé un peu d’infrastructure et tué quelques marmottes au lieu de ne faire que des gros trous. 

Ce qu'elle a réussi, c'est d‘unir 92 millions d'Iraniens en colère sous l'égide de leurs chefs religieux, tous animés d'un profond désir de vengeance, malgré un cessez-le-feu orchestré par Trump qui ne semble pas trop bien tenir la route. 

Je parie que les Iraniens en colère vont être copains-copains avec les russes, et que Poutine verra comment les aider à botter les fesses de l'Occident et des États-Unis, avec des armes nucléaires tactiques ou des « bombes sales », soit-disant concoctées par l'Iran, mais fournies par le Kremlin. 

Espérons que Trump, qui fait tout au pif, en tirera les leçons qui s'imposent. 

Je propose qu'il facture 80 milliards de dollars à Bibi Netanyahou pour les trous qu'il a creusés afin de défrayer ses contribuables, et qu'il en mette 10 dans sa poche, mais comme toujours, ça ne peut être que mon imagination … 

* TACO = Le nouveau surnom de Donald « Trump always chickens out » (Trump se dégonfle toujours)

dimanche, juin 22, 2025

Iran, Israël et le nucléaire

Dans la guerre actuelle déclenchée par Israël pour éliminer la menace nucléaire perçue de l'Iran, une question devrait précéder toute discussion sur le sujet : « Pourquoi Israël ne veut-il rien dire sur son programme nucléaire secret et, selon la Fédération des scientifiques américains, sur son arsenal nucléaire estimé à 90 ogives ?» 

En effet, pourquoi Israël s'oppose-t-il hypocritement à ce que l'Iran se dote également de l'arme nucléaire, alors que le premier n'a jamais reconnu en posséder ? Mon sentiment est que Netanyahou doit livrer bataille quelque part pour se maintenir au pouvoir et échapper aux poursuites qui le menacent, et ce aux frais des contribuables américains. Juste comme le ferait un cycliste qui doit continuer à pédaler pour rester debout sur son vélo. 

Certains affirment que la capacité nucléaire implicite d'Israël constitue son ultime recours contre les menaces existentielles pouvant venir de ses voisins hostiles. 

D'autres spéculent qu’en ne confirmant, ni en niant son arsenal, Israël espère éviter une escalade dans la course aux armements régionale, tout en laissant entendre qu'il pourrait riposter de manière catastrophique en cas d'attaque. 

Déclarer ouvertement posséder des armes nucléaires pourrait inciter ses adversaires à frapper en premier ou à justifier leurs propres programmes. L'ambiguïté laisse les ennemis dans l'incertitude. Bien sûr, Israël n'a jamais signé le Traité de non-prolifération nucléaire (TNP), évitant ainsi les inspections et les obligations de désarmement. Cela lui permet de maintenir ses capacités sans contrôle juridique. 

L'hypocrisie est également omniprésente, à commencer par les États-Unis qui tolèrent l'ambiguïté d'Israël (malgré les normes de non-prolifération) parce que cela va dans le sens des intérêts nationaux en matière de stabilité au Moyen-Orient. Une telle reconnaissance obligerait Washington à sanctionner juridiquement Israël en vertu de l'amendement Symington (interdisant l'aide aux proliférateurs nucléaires). 

Il est clair que, sans la complicité d'autres alliés des États-Unis qui prétendent ignorer qu'Israël dispose d'un important arsenal nucléaire livrable par missiles, sous-marins ou avions, cette mascarade est perçue comme un moyen d'éviter les crises diplomatiques. 

Tout cela confirme l'hypocrisie d'Israël, qui condamne le programme iranien tout en ignorant le sien et se cache derrière son masque de démocratie qui prétend privilégier la transparence tout en prônant le secret militaire. Le secret nucléaire israélien ne se limite pas aux bombes : c'est un jeu d'échecs psychologique et géopolitique aux enjeux considérables. 

Cette politique perdure car elle permet (jusqu'à présent) de dissuader les menaces sans déclencher une course aux armements généralisée. Mais à mesure que le Moyen-Orient évolue, cette théorie pourrait déboucher sur une impasse.