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lundi, septembre 14, 2026

La question oubliée du 11 septembre

Quand j'ai appris la nouvelle des attentats terroristes du 11 septembre, je prenais mon petit-déjeuner à Vail, dans le Colorado, après ma course à pied matinale. En apprenant ce qui se passait à New York, la première pensée qui m'est venue à l'esprit fut : « Des années d'humiliation et de châtiment infligées à la population palestinienne sont la cause de ces attaques ».

Dans son ensemble, l'Amérique n'a pas perçu cette aspect de l'attaque dévastatrice. Animée par sa conviction d'être dans son bon droit et par un sentiment d'exceptionnalisme profondément ancré, elle s'est indignée : « Comment a-t-on pu nous attaquer de la sorte ? C'est totalement injuste, nous ne méritions absolument pas un tel traitement. » 

Je n'ai entendu nulle part la question : « Pourquoi nous a-t-on infligé ce châtiment atroce ? » Certes, se demander « pourquoi » aurait été logique, mais cette interrogation a été manifestement absente de notre réaction nationale. Du moins, c'est ainsi que je l'ai perçu. 

Il n'y a eu aucune analyse approfondie a posteriori, mais plutôt une immédiate guerre de vingt ans — jugée « bien méritée » — pour venger cette attaque, d'abord contre l'Afghanistan, suivie presque simultanément d'une autre, tout aussi coûteuse en vies humaines et en ressources, contre l'Irak. 

Une tragédie pour tous, mais aussi un rappel puissant : pour tirer les leçons d'une catastrophe, il faut toujours remonter à la cause profonde de celle-ci en posant une question toute simple : « Pourquoi ? »

vendredi, août 14, 2026

Fausse alerte !

Dimanche dernier, vers 16 heures, l’alerte stridente de mon téléphone m’a tiré de ma rêverie. Un message en gros caractères indiquait : « Votre domicile est placé en statut "GO" (Départ immédiat). ÉVACUEZ MAINTENANT ! » Comme n'importe qui l'aurait fait, nous avons pris la situation très au sérieux et avons paniqué ; pourtant, aucun incendie n'était visible, pas plus que nous puissions sentir la moindre odeur, aucune sirène ne retentissait et rien d'anormal se passait aux abords de la maison.

Nous sommes donc sortis pour observer les environs et avons aperçu notre voisin sur son vélo électrique, qui partait pour localiser l'incendie. Après avoir discuté avec d'autres voisins, nous avons conclu que, malgré le caractère alarmant du message, il s'agissait sans doute d'une fausse alerte — hypothèse que nous préférions à l’unanimité ! Une bonne dose d'émotions fortes pour clore le week-end. 

Cet avis d'évacuation de niveau « Go », envoyé sur les téléphones portables à travers Park City avait été émis par erreur, selon le bureau du shérif du comté de Summit (qui a 4 874 km² est un peu plus grand que la Haute Savoie). L'alerte ne concernait en réalité que les résidents d’un bled situé à quelque 50 km à vol d'oiseau de Park City. Évidemment, personne n'a pris la peine de nous en avertir. « Il n'y a aucun avis de pré-évacuation ou d'évacuation pour votre coin », a déclaré le service d'incendie. 

Nous savons désormais ce que l'on ressent face à un avis d'évacuation, mais il nous reste encore à élaborer un plan d'action pragmatique qui soit mieux qu’un vœux pieux !

mardi, mai 12, 2026

Un bon coup sur le genou

Pour marquer le 1er mai, nous sommes arrivés en fin d'après-midi à San Francisco. Alors que nous gravissions l'une des nombreuses rues raides de la ville, je n'ai pas eu de meilleure idée que de lever les yeux pour admirer un détail architectural victorien. Mon pied droit a heurté un obstacle, j'ai perdu l'équilibre et suis tombé directement sur mon genou gauche. 

Lorsqu'une telle chute se produit, la douleur est toujours intense. En effet, tomber sur le genou peut causer de graves blessures, du genre fractures de la rotule, déchirures ligamentaires ou méniscales, et de sévères contusions, entraînant souvent un enflement immédiat, des ecchymoses et une incapacité à prendre appui sur la jambe. 

Dans mon cas, une ecchymose sanglante était bien visible sur la rotule, mais la bête que je suis a continué à arpenter les rues en hauts et en bas. Je me sentais mieux quand je me suis couché, mais je me suis réveillé à minuit, saisi par une douleur intense, particulièrement à l'arrière du genou. J'ai médité, n'ai pris aucun médicament et ai fini par me rendormir. 

Le lendemain matin, mon genou était à la fois raide et enflé ; j'ai donc pris un antidouleur et décidé malgré tout de faire une marche de plus de 12 km à destination et à travers le Golden Gate Park. 

Vive au début, la douleur s'est progressivement estompée en fil de journée, et j'ai pensé être tiré d'affaires. La nuit s'est bien passée, mais le matin suivant, la douleur et la raideur de mon genou étaient de nouveau intenses. 

J'ai avalé un autre antidouleur et suivi ma femme et ma fille pour une randonnée dans le comté de Marin, vers le mont Tamalpais — connu localement sous le nom de « Mount Tam » — en empruntant un sentier de VTT. 

Peu à peu, l'horrible douleur a disparu et après 10 km, en fin de journée, tout semblait aller bien. À partir de ce jour-là, une douleur se manifestait le matin, mais s'effaçait rapidement dès que l'activité reprenait et que la circulation sanguine s'activait. 

Si j'avais écouté mon corps, je serais resté à la maison, j'aurais appliqué une poche de glace sur mon genou, surélevé ma jambe et j'aurais probablement souffert bien davantage. Tout cela pour démontrer que, lorsque rien n'est cassé, l'activité physique favorisant la circulation sanguine constitue un bien meilleur remède que le repos forcé !

lundi, avril 20, 2026

Un virage explosif ?

Imaginez que tu skies très, très vite. Disons, un virage de type slalom géant à grande vitesse : tu es dans la dernière phase de la courbe et ton pied extérieur se libère soudainement du ski. Non, je ne parle pas d'un déclenchement intempestif de ta fixation, mais bien de ta propre chaussure qui explose — ou mieux encore, qui se désintègre. 

Inutile de préciser que c'est le genre d'incident qu'on ne souhaite pas subir en pleine descente ; c'est pourquoi, il y a quelques jours, Head USA a annoncé le rappel volontaire d'environ 1 890 paires de chaussures de ski haut de gamme à travers l'Amérique du Nord. 

Ce rappel fait suite à des indices indiquant que la coque des chaussures peuvent se détériorer spontanément et se casser, transformant potentiellement une belle descente fluide en une chute spectaculaire. 

Le rappel concerne spécifiquement les matériaux de couleur jaune fluo utilisés dans la fabrication de la coque des chaussures. Selon la marque, ces composants peuvent devenir cassants et se fissurer, compromettant ainsi l'intégrité structurelle de la chaussure. 

Si l'idée de voir sa chaussure se désintégrer en plein virage a de quoi inquiéter n'importe quel skieur, la Commission américaine de sécurité des produits de consommation (CPSC) a confirmé qu'aucun blessé n'avait encore été signalé à ce jour. 

Au cours de mes années passées dans le secteur de la chaussure de ski, nous avions quelques demandes de remplacement de garantie pour nos chaussures cassées, mais d'après mes souvenirs, la rupture survenait généralement durant la période de stockage. 

Head agit de manière proactive pour retirer les modèles encore utilisés et alerter les propriétaires avant que cette « détérioration » ne conduise à un accident à ski. Étant donné que ces chaussures sont sur le marché depuis plus d'une décennie (commercialisées entre fin 2015 et début 2026), de nombreux skieurs pourraient encore les utiliser. 

Si tu habites en Amérique du Nord, n'hésite pas à vérifier si tu as des chaussures Head correspondantes au signalement ! 

vendredi, février 27, 2026

Mourir en faisant ce qu'on aime !

C’est une expression que j'ai souvent entendu à propos de skieurs décédant sur les pistes. Attention, je ne parle pas d'accidents tragiques du genre avalanches, collisions, dévissages sur pistes raides, etc., mais de « mort naturelle », le plus souvent due à un arrêt cardiaque sur la piste. Bien sûr, dire « Il est mort en faisant ce qu'il aimait » est en réalité une réaction défensive, pas une vérité littérale. 

Cela peut s’appliquer à la victime, si l'hypothèse est correcte (ce que nous ne vérifions généralement pas), mais c'est tragique pour le veuf ou la veuve et les proches qui doivent gérer la situation dans un moment imprévu et délicat. Quand quelqu'un s'effondre sur une piste de ski suite à une crise cardiaque, les personnes qui l’entourent cherchent instinctivement une explication pour atténuer le choc. 

Dire « il est mort en faisant ce qu’il aimait » permet de diminuer le caractère aléatoire de l’événement, de lui conférer une certaine dignité et de rassurer tout le monde en montrant que la personne n’a pas souffert dans un lit d’hôpital. Il y a aussi une dimension culturelle : le ski, l’escalade ou la voile sont des activités chargées de mythologie. 

Ceux qui les pratiquent en parlent souvent comme une aspiration, et non comme un simple loisir. Ainsi, lorsqu’une personne décède dans ce contexte, le récit s’écrit presque de lui-même. Ce n’est pas que le sentiment soit faux ; il est simplement incomplet. Je me souviens de deux personnes décédées de cette manière.

L'un était Max Marolt, représentant des fixations Look lorsque je suis arrivé en Amérique en 1977, une figure emblématique du ski et de la politique à Aspen, décédé à 67 ans d'une crise cardiaque alors qu'il skiait à Las Leñas en Argentine le 28 juillet 2003. L'autre était le champion et « testeur » des skis Rossignol, Adrien Duvillard, décédé à ski sur sa station natale de Megève, au Mont d'Arbois, le 14 février 2017 à l'âge de 82 ans. 

J'aimerais moi aussi mourir ainsi, mais je ne pense pas que ma femme serait ravie !

samedi, janvier 10, 2026

Où étaient les extincteurs automatiques ? (Deuxième partie)

Après avoir appris l'incendie de Crans-Montana et constaté l'absence d'extincteurs automatiques, je me suis demandé s'il y aurait eu moins de victimes si la discothèque avait été équipée de ce dispositif au plafond ? D'après les connaissances en matière de sécurité incendie et les décennies de données statistiques d'organismes tels que l'American National Fire Protection Association et l'European Fire Safety Alliance, la réponse est presque certainement oui. 

Bien qu'aucun système de sécurité ne soit infaillible à 100 %, les ingénieurs en protection incendie s'accordent généralement à dire que les extincteurs automatiques sont l'outil le plus efficace pour prévenir les catastrophes faisant de nombreuses victimes dans les lieux très fréquentés comme les discothèques. 

Comme ce qui s'est passé au Constellation, le moment le plus meurtrier d'un incendie est l'embrasement généralisé, un point où la chaleur dans une pièce devient si intense que toutes les surfaces combustibles s'enflamment simultanément. Dans cet incendie, la mousse non ignifugée a agi comme un « combustible solide », permettant au feu de se propager rapidement au plafond. S'il y avait eu des extincteurs automatiques, ils se seraient déclenchés à une température spécifique (généralement autour de 68 °C). 

En pulvérisant de l'eau directement sur la source dès le début, ils auraient maintenu la température de la pièce en dessous du seuil d'embrasement généralisé, « confinant » ainsi le feu à son point d'origine, ce qui aurait permis de gagner du temps, un élément crucial dans une discothèque où se trouvaient 300 personnes avec des sorties limitées, où la différence entre la vie et la mort se mesure en secondes. 

De plus, les extincteurs automatiques auraient dissous les grosses particules de carbone présentes dans la fumée, ce qui aurait contribué à maintenir la visibilité. Les survivants de l'incendie du Constellation ont rapporté que la pièce était devenue « complètement noire » en 90 secondes à cause de l'épaisse fumée. 

Enfin, les extincteurs automatiques auraient également refroidi les gaz chauds et la fumée. Dans de nombreux incendies, les victimes meurent de lésions pulmonaires thermiques (inhalation d'air à plusieurs centaines de degrés) avant même que les flammes ne les atteignent. 

Les extincteurs automatiques auraient permis de maintenir l'air respirable beaucoup plus longtemps. Les données sur l'efficacité des extincteurs automatiques dans les lieux publics sont accablantes, car ils réduisent le taux de mortalité d'environ 80 % à 90 % dans les bâtiments équipés de ce système par rapport à ceux qui n'en n’ont pas. 

Autre avantage non négligeable : dans plus de 95 % des incendies survenus dans des bâtiments équipés de systèmes d'extinction automatique, le feu est soit complètement éteint, soit maîtrisé par l'activation d'une ou deux têtes d'extinction seulement. 

L'incendie de Crans-Montana présente une ressemblance troublante avec celui de la discothèque Station Nightclub à Rhode Island, près de Boston, en 2003. Lors de cet incendie, des feux d'artifice avaient enflammé de la mousse isolante, et 100 personnes avaient péri en cinq minutes. 

Une simulation informatique réalisée par le National Institute of Standards and Technology a démontré par la suite que si des extincteurs automatiques avaient été installés, tous les occupants auraient probablement survécu, car le feu aurait été maîtrisé en 30 secondes. 

À vous de juger.

vendredi, janvier 09, 2026

Où étaient les extincteurs automatiques ? (Première partie)

Après l'incendie mortel de la discothèque suisse, je me suis demandé pourquoi les extincteurs automatiques n'étaient pas obligatoires dans des lieux publics comme celui de la station de Crans-Montana, contrairement à Park City, dans l'Utah, où je vis ? La question de la sécurité incendie au bar et discothèque Le Constellation est devenue un sujet de débat national en Suisse suite au tragique incendie du 1er janvier 2026. 

L'absence d'extincteurs automatiques dans cet établissement – ​​et dans de nombreux espaces publics similaires en Europe – est le résultat d'une philosophie réglementaire spécifique et d'une « lacune » dans les codes européens de sécurité incendie existants, qui est actuellement en cours de réévaluation urgente. 

Aux États-Unis et au Canada, la sécurité incendie repose largement sur la suppression active (extincteurs automatiques). En revanche, les codes de sécurité incendie suisses et de nombreux pays européens privilégient traditionnellement la protection passive. 

Cela inclut l'utilisation de murs et de portes coupe-feu pour contenir un incendie dans une seule pièce pendant 30 à 60 minutes. Les voies d'évacuation sont conçues en fonction de leur nombre, de leur largeur et de leur visibilité afin que les personnes puissent sortir avant que le feu ne se propage. La réglementation de l'inflammabilité des matériaux de construction est également prise en compte. 

Selon les normes suisses actuelles, les extincteurs automatiques ne sont généralement obligatoires que pour les catégories à haut risque, comme de grands immeubles, les hôpitaux et les grands sites industriels. Les petits établissements publics comme Le Constellation respectaient souvent les exigences légales en disposant simplement d'un nombre suffisant d'extincteurs et de sorties de secours signalées. 

Dans de nombreux cantons suisses, un établissement doit atteindre une capacité très élevée (souvent plus de 1 000 à 2 000 personnes) avant que la suppression automatique ne devienne une obligation légale. Le Constellation pouvait accueillir environ 300 personnes. Comme il se situait en dessous de ce seuil élevé, la loi lui permettait de fonctionner avec des mesures de sécurité manuelles (extincteurs) plutôt qu'avec un système d'extinction automatique coûtant très cher. 

Le canton du Valais (où se trouve Crans-Montana) est historiquement connu des experts en sécurité incendie pour son interprétation assez laxiste de ces règles, comparé à des cantons plus stricts comme Zurich ou Berne. Il y a aussi la question de « clauses d’antériorité » pour les bâtiments anciens des stations alpines, avec leurs structures traditionnelles en bois ou leurs sous-sols en pierre. Il est clair que l'installation d'un système d'extinction automatique moderne dans un bâtiment ancien représente un coût d'infrastructure jugé trop élevé pour des petits exploitants. 

Cela s'applique pourtant aux anciennes villes minières transformées en stations de ski comme à Park City, où je vis, Aspen ou Telluride, et n'y a pas d'exception : les systèmes d'extinction automatique d'incendie doivent être installés, quel qu'en soit le coût. Plus récemment, en 2014, nous avons construit une nouvelle maison à Park City qui a nécessité l'installation de tels systèmes. 

Notre ville a été l'une des premières à adopter des normes de sécurité incendie pour les habitations. Une ordonnance locale de 2002 a rendu obligatoire l'installation de gicleurs dans toutes les nouvelles constructions résidentielles, y compris les maisons individuelles. Demain, nous allons voir si des systèmes d'extinction automatique auraient pu sauver des vies au Constellation…

mercredi, août 13, 2025

Le jour où j'ai failli y passer

Vendredi dernier, alors que nous marchions et que nous étions sur le point de traverser le passage piéton d'un carrefour doté de quatre panneaux Stop, une Ford Mustang électrique a failli me transformer en lapin aplati sur la chaussée. 

Par réflexe, j'ai instantanément reculé, le conducteur a freiné, mais si je ne l'avais pas esquivé, je n'aurais pas écrit ce blog et ma femme aurait rédigé mon avis de décès. Le conducteur en faute m'a regardé comme un cerf pris dans les phares, n'a pas osé baisser sa vitre, a grimacé quelques mots que je n'ai pas pu entendre et a filé à toute vitesse.

J'ai sorti mon téléphone et j'ai à peine pris deux photos de sa voiture. Je ne sais guère ce que je vais en faire, mais j'ai identifié sa plaque d'immatriculation en Utah : G51 1YU. 

Ce qui est sûr, c'est que je suis reconnaissant d'être en vie et en bonne santé et que je vais bien m'en souvenir si cela devait se reproduire !

vendredi, janvier 03, 2025

Séquelles d’une chute (suite)

Plus tard dans l’après-midi, alors que je réfléchissais encore à ce que j’avais, j’ai appelé notre clinique qui débordait de patients blessés au ski et on m’a demandé de les rappeler le lendemain. Ma fesse était toute enflée, je pouvais à peine marcher mais je ne ressentait aucune grosse douleur. 

Progressivement, la douleur a gagné en intensité et après un bon déjeuner, je n’ai pas rejoint mes compagnes pour leur promenade d’après-midi, car j’avais choisi de faire un peu de « ménage » sur mon ordinateur. 

Depuis plus de 10 ans, j’utilise un bureau où je reste constamment en position debout et ce jour là, de façon inhabituelle, j’ai dû alterner des pauses fréquentes suite à des sensations de douleur accrues entre cette position debout et ma chaise de bureau, au point que j’ai ressentis de sévères nausées avant de devoir rester prostré sur mon fauteuil. 

Quand ma femme et ma fille sont revenues, je ne pouvais plus parler et n’avais plus aucune force, j’avais parait-il l’apparence d’un mort-vivant. Elles ont appelé le Samu, l’ambulance est arrivée, on m’a fait un électrocardiogramme rapide qui n’était peut-être pas parfait et qui a conduit à la décision de m’emmener dans l’un des principaux centres de cardiologie de Salt Lake City où j’ai été admis aux soins intensifs. 

Là, après avoir passé la nuit et y être resté autour de 16 heures, subissant scanners, échographie, et tests sanguin de toutes sortes, les docteurs n'ont rien pu trouver côté cardiaque, à l'exception d'une certaine calcification autour de ma valve aortique qui n'est qu'un marqueur de vieillesse. 

Donc, après m'être débarrassé de tous les fils qui me retenaient au lit et une nuit sans sommeil, je suis rentré chez moi pour profiter du dernier jour de l'année, avec les meilleurs vœux des médecins, sans intervention directe et sans ordonnance pharmaceutique ! 

Comme les toubibs ne m’ont rien trouvé, j’ai fait un peu plus de recherches à la maison et j'en ai conclu que j'avais subi un malaise vagal, qui se produit lorsque le nerf vagal est stimulé. Ce nerf aussi appelé « vague » ou pneumogastrique, est le dixième nerf crânien qui régule notre digestion, la fréquence cardiaque, le larynx et donc notre voix. Il contrôle aussi notre pression artérielle, notre respiration entre autres fonctions corporelles. 

Lorsqu'il est sollicité, le cœur ralentit et les vaisseaux sanguins se dilatent, ce qui peut provoquer une accumulation de sang dans les jambes et priver le cerveau d'oxygène. Cela peut entraîner un évanouissement ou une syncope vasovagale, ce qui m'est arrivé ce jour-là. Pour bien traiter la situation, j’aurais dû m’allonger et élever mes jambes pour rétablir le flux sanguin vers le cerveau et m’aider à reprendre conscience. 

Ces sensations de nausée n’étaient pas nouvelles pour moi et sont clairement liées à une position debout trop prolongée à mon bureau, donc la prochaine fois, je ferai une bonne pause, je m’assoirai plus souvent, resterai un peu moins debout et tout devrait continuer à bien se passer en 2025 !

jeudi, janvier 02, 2025

Un « déambulateur » sophistiqué mais dangereux

L’évolution est partout et existe depuis la nuit des temps. Prenons l’exemple des déambulateurs (je parle de ces aides à la mobilité qui permettent aux gens de garder équilibre et stabilité en marchant). 

Ce genre d’appareil a d’humbles origines comme support de base pour des gens ayant des difficultés à marcher en raison de problèmes de mobilité liés à l’âge, comme l’arthrite, la faiblesse des jambes ou des problèmes d’équilibre, ou même pour des convalescents après une fracture au pied ou à la jambe.

Juste au cas où vous vous poseriez la question, je n’utilise pas le « déambulateur » de base, mais les deux types à droite de la photos, à savoir une tondeuse à gazon et une fraise à neige, qui pourraient être interprétés comme des versions modernes de déambulateurs motorisés. 

Je m’en sers toujours assez bien et le jour de mon 77e anniversaire, il y a quelques jours à peine, alors que je déneigeais mon entrée, j’ai fait demi-tour avec mon « déambulateur motorisé » sur la rue, mon pied a glissé sur la chaussée très lisse et je suis tombé sur ma fesse droite. 

J’ai ressenti une forte douleur au début, mais elle a rapidement disparu. Après avoir fini de déneiger, j’ai rejoint ma femme et ma fille pour notre promenade matinale. Une quinzaine de minutes plus tard, j’ai ressenti une douleur atroce se développer à l’endroit où j’avais atterri, au point que j’ai dû interrompre ma sortie et rentrer chez moi pour avaler un analgésique. 

Plus tard dans l’après-midi, alors que je réfléchissais encore à ce que j’avais, j’ai appelé la clinique familiale qui était pleine de patients blessés en ski et on m’a demandé de les rappeler le lendemain. Ma fesse est alors toute enflée, je peux à peine marcher mais je ne ressens aucune douleur et c’est dans ces conditions que je me suis mis à table pour déjeuner, malgré tout rempli d’un excellent appétit. 

Demain, vous aurez la suite des événements ! (à suivre...)

mardi, septembre 10, 2024

Un goitre pendant dix jours ?

Pour ceux d’entre vous qui ne le savent pas, un goitre est une réaction adaptative des cellules de la glande thyroïde à tout processus qui bloque sa production d’hormones. Bien que la cause la plus courante du goitre soit une carence en iode, d’autres conditions peuvent en être la cause. 

Je viens d’en avoir un après avoir été piqué par une guêpe, juste en dessous du menton, dans la région du cou. Une piqûre dans cette zone si proche du larynx et de la trachée peut la faire gonfler rapidement, obstruant potentiellement les voies respiratoires et provoquant des difficultés respiratoires. 

Tout cela peut entraîner un essoufflement ou même un blocage respiratoire. Pour couronner le tout, si l’on est allergique au venin de guêpe, il peut se produire une réaction allergique grave appelée anaphylaxie qui dans certains cas peut être mortelle. En plus des difficultés respiratoires, l’anaphylaxie peut inclure un gonflement du visage et de la gorge, de l’urticaire et une accélération des pulsations cardiaques. 

Le lendemain matin, alors que je me brossais les dents, j’ai été frappé de voir une énorme masse de chair se balancer de gauche à droite au beau milieu mon cou ! Mon cou ridé était maintenant lisse et bien arrondi ! J’ai immédiatement réalisé qu’en me piquant, la guêpe m’avait carrément défiguré. Je ne sais pas si la piqûre a touché la glande thyroïde, mais elle a créé un gonflement massif, similaire au goitre photographié ici.

Cet incident prendra du temps, l’enflure durant une dizaine de jours. Je ne peux qu’espérer que bien vite, je vais récupérer mon cou ridé et redevenir moi-même !

jeudi, juin 20, 2024

Le danger d’incendie vu par Park City

Mardi, nous avons reçu la visite de Cherie Wellmon. C’est elle qui est responsable de la sécurité incendie pour Park City et, à ce titre, est responsable de l’administration et des inspections du code d’interface entre zones urbaines et sauvages dans notre petite ville, des permis d’incendie opérationnels et des inspections annuelles dans les commerces du centre-ville. 

J’avais annoncé précédemment que je vous tiendrais au courant de sa visite. Lors de celle-ci, elle a jeté un œil aux propriétés de nos voisins, puis a fait le tour de notre maison et a dit que tout allait bien et que nous n’avions pas à avoir de soucis. D’après elle, notre municipalité ne veut pas trop empiéter sur la liberté de ses résidents qui ne font peu ou rien pour minimiser le danger d’incendie. 

Pour en arriver à une réglementation plus stricte, nous devrions amener le conseil municipal à modifier le code municipal, donc pour l’instant, croisons-nous les doigts et espérons que tout aille bien. Comme toujours, les choses ne peuvent évoluer que lorsque survient une catastrophe. 

Nous avons également appris. qu’en cas de sinistre, nos pompiers locaux trient les maisons ou les bâtiments qui méritent d’être sauvés en fonction de leur qualité et de leur environnement, ce qui était un commentaire rassurant pour notre propre qui est à la fois récente et bien entretenue. 

Ce n’était pas exactement ce que nous voulions entendre, mais encore une fois, « You can’t always get what you want » (Tu n’as pas toujours ce que tu veux), comme le dit si bien cette fameuse chanson des Rolling Stones…

dimanche, juin 16, 2024

Prêts pour les incendies de forêt ?

L’Utah est fameux pour ses beaux étés, son air très sec et avec cela, le danger d’incendie n’est jamais bien loin. 

L’autre jour, nous avons reçu une brochure de notre municipalité nous demandant de nous préparer à une saison pendant laquelle les risques d’incendies sont importants. Il est vrai que le périmètre où nous vivons est saturé d’arbres, avec trop de conifères saturés de sève, certains d’entre eux « morts sur pied », représentant un grand danger d’incendie. 

Lorsque nous avons construit notre maison (point bleu sur la carte) il y a plus de dix ans, nous n’avons eu à planter que deux seuls arbres à l’avant (que les chevreuils ont dévorés l’an passé), le reste était déjà planté, le long des propriétés adjacentes de nos voisins, empiétant sur la nôtres dans de nombreux cas. 

Au fil des ans, les entreprises paysagistes ont vendu beaucoup trop d’arbres dans de trop nombreuses espèces (beaucoup non adaptées à notre climat) et les ont plantés beaucoup trop densément et bien trop près des maisons, oubliant – non, ignorant probablement – ​​que les arbres finissent toujours par grandir démesurément et nous voici trois décennies plus tard. au milieu d'une forêt urbaine devenue une véritable poudrière ! 

En fait notre principal problème n'est pas notre maison, ce sont les arbres des voisins qui nous étouffent, et c'est pourquoi nous avons demandé une évaluation de notre risque d'incendie par un employé municipal qui devra chercher chez nos voisins des solutions efficaces ! Nous vous tiendrons au courant de ce qui ressort de cette visite ...


lundi, janvier 15, 2024

Expérience hors du commun …

Vendredi, je suis allé skier avec mon petit-fils Finn. Il faisait froid, il neigeait et il y avait beaucoup de vent, mais la neige était fabuleuse. 

Après le déjeuner, je suis allé aux toilettes et comme, quand le temps est trop rigoureux, je porte un long manteau Descente vieux de trente-cinq ans, j'avais besoin de me voir dans le miroir pour pouvoir fermer correctement certains des nombreux boutons-pression du vêtement en question, qui se trouvent invisibles pour moi, car situés juste sous le menton. 

Mon compagnon de ski m'attendait dehors, là où nous avions laissé nos skis. J'avais placé mes gants sur le panier au-dessus du lavabo, mais quand j'ai posé mon casque à l'envers sur le comptoir, il n'était pas stable et menaçait de rouler au sol. J'ai donc décidé de le sécuriser momentanément en le plaçant à l'intérieur de la cuvette du lavabo. 

Soudain, à ma plus grande horreur, j'ai vu de l’eau jaillir du robinet, inondant mon casque. Je l'ai sorti aussi vite que possible, mais tout l’intérieur était trempé. 

Ce sont des robinets activés par des cellules photoélectriques qui s'ouvrent lorsque les mains ou autre objet étranger se glissent entre la cellule et l'intérieur de l'évier. 

J'ai secoué mon casque, essayé de le sécher du mieux que je pouvais avec des serviettes et des mouchoirs en papier et n'ai eu d'autre choix que de le remettre sur ma tête et de reprendre le ski malgré l'horrible humidité et le froid glacial de la journée. Dieu merci, je suis un dur à cuire ! 

Demain, j’essayerai de vous expliquer la signification de cet incident ...

dimanche, décembre 31, 2023

Aller de l’avant entre âge et accidents

Vendredi, j'ai rechaussé les skis, après une longue pause depuis l'accident qui m'avait laissé très raide et tuméfié le 18 décembre dernier. 

J'ai encore mal autour du thorax, surtout au saut du lit le matin et lorsque je cherche à pivoter latéralement, mais pendant la journée et surtout quand je suis debout, je ne sens quasiment plus rien. En revenant sur les pistes, j'ai eu peur de voir mon âge avancé et un accident supplémentaire grignoter encore un peu plus de terrain sur mon ski. 

Cela m’a aussi fait davantage ressentir ma blessure, notamment en mettant et en enlevant mes chaussures de ski qui sont affreusement rigides, de porter mes skis sur l'épaule et de faire des mouvements peu communs mais propres à la pratique du ski, mais rien de trop grave ou alarmant ne s'est produit.

J'ai skié sur mes pistes de ski habituelles et j'ai constaté que leurs conditions ne s'étaient pas améliorées du tout pendant mes onze jours d'absence, mais plutôt largement dégradées et l'ombre de l'après-midi de décembre n'a pas aidé non plus, ni la dégradation de l’état de mes ski à caillasse. 

Cela dit, je suis retourné à la maison sain et sauf et je suis maintenant prêt à redémarrer comme s’il ne s’était rien passé. Je dois juste me rappeler que maintenant c’est désormais « qualité avant quantité ... »

samedi, mai 27, 2023

Park City se moque de sa foret

Il y a quelques jours, notre station de ski, Park City Mountain (PCM), s’est vu promettre une amende de 2 500 dollars pour avoir enfreint les normes de sécurité lors d'un accident où un arbre est tombé sur la ligne d’une remontées mécaniques, le matin du 2 janvier dernier, tuant Christian Helger, un employé de 29 ans qui, sous la violence du choc avait été éjecte de son siège et était tombé d’environ 15 mètres en contrebas. 

L'accident s'est produit après qu’un mètre vingt de neige soient tombés sur Park City pendant deux jours. La veille de l'accident, un arbre était également tombé sur cette même remontée de « Short Cut » selon des employés de la station. La remontée a bien été arrêtée aussitôt permettant au personnel d’enlever l’arbre et allait rester fermée toute la saison. 

Travis Heggie, un professeur de l’université de Bowling Green, qui étudie blessures et décès liés aux industries des loisirs, a déclaré que la mort d’Helger était complètement évitable, en disant: « Les employés ne sont pas formés comme ils le devraient » en parlant de PCM. 

Il a continué : « Les opérateurs de remontées mécaniques, contrairement aux pisteurs-secouristes n'ont pas de formation et ne sont pas préparés pour discerner les dangers présents avant d’ouvrir leur remontée mécanique chaque matin. » 

Pour ce décès, Park City Mountain n’aura donc à payer qu’une amende de 2 500 dollars pour avoir n’avoir pas suffisamment sécurisé son lieux de travail, par l'Utah Occupational Safety and Health (agence d’état pour la sécurité et la santé au travail). 

Cette pénalité, qui pourrait faire l'objet d'un appel de la part de PCM, est infime par rapport à la perte d'une vie causée par la négligence totale et de l'attitude je-m’en-foutiste de la station en ce qui concerne sa gestion des arbres et de la végétation sur ses pistes et leur abords. C'est quelque chose que j'ai du reste toujours décrié. Vail Resorts, la maison mère de PCM, n'est intéressée que par ses bénéfice et la montée de son titre sur Wall Street. 

M. Heggie semble du reste être d'accord avec moi lorsqu'il dit « Je pense qu'il faudrait une amende d’environ 2,5 millions de dollars », et il a ajouté : « Juste 2 500 dollars ne vont rien changer. » Tout cela finira inévitablement par le payement de l’amende, suivit d’un procès civil qui coûtera des millions de dollars à notre station et qui lui fera voir foret et végétation de la bonne façon !

samedi, décembre 17, 2022

Anatomie d'une collision à ski

D'habitude, j'essaie de skier vite pour prendre de l'avance sur la masse des autres skieurs et ainsi éviter les collisions. 

Il y a quelques jours, je skiais sous une remontée mécanique que j'apprécie particulièrement par temps froid et brumeux, mais qui croise en son bas une piste très fréquentée. J'étais donc là, faisant des montées et des descentes, et sur mon chemin, skiant assez vite, mais en contrôlant bien ma vitesse, je skiais en direction du télésiège en question quand j’ai vu un homme masculin assez grand et costaud sur ma droite en train de me dépasser et skiant dans la même direction que moi. 

Devant nous et dans l'espace qui nous séparait se trouvait une snowboardeuse se déplaçant vers ce skieur, en travers de la pente. Une fraction de seconde plus tard, l’homme percutait la surfeuse sur sa droite, la faisant rebondir violemment dans la direction opposée, c’est à dire vers moi. Elle arrivait comme une bombe sur mon chemin et il n'y avait rien que je puisse faire pour éviter le contact. J’ai immédiatement pensé « Je vais la tuer ». 

C’est là que je me suis retrouvé « les quatre fers en l’air » au niveau de cette personne tombée elle-aussi avec mes skis de part et d’autre et en ressentant une douleur atroce au coin de l'épaule gauche. Le skieur en fuite qui a provoqué cette réaction en chaîne avait disparu depuis longtemps. Je me souvenais qu'il portait une veste jaune pâle mais c'est à peu près tout. 

Heureusement, la surfeuse s'est relevée et allait bien. Immédiatement, des skieurs et même un secouriste se sont arrêtés pour demander si nous avions besoin d'aide. Pour ma part, j’étais incapable de fournir une description précise du skieur à l’origine de la collision mise à part la couleur de son blouson. Ma douleur était terrible, mais j'étais sous l’effet de l'adrénaline, et j’ai rechaussé aussitôt et décidé de faire une piste de plus pour exorciser l'accident. 

Là j'ai encore réussi à pas mal skier mais la douleur était incessante. Le pire fut d’ôter mes chaussures de ski qui étaient très froides (il faisait -6 degrés) et j’arrivais a conduire mon auto jusqu’à la maison sans trop de difficulté. Maintenant que le flux d'adrénaline était épuisé, j'avais vraiment très mal. J'ai pris un analgésique et j'ai essayé de reconstituer l'incident.

D'après ce que j'ai pu me remémorer la scène (je ne prétend pas cependant pas que j'ai parfaitement raison dans mon interprétation), le skieur rapide a dû taper sur la planche de la surfeuse, la renvoyant violemment dans la direction opposée, un peu comme une balle de billard, sur moi à une vitesse et une énergie extrêmement élevées, puis la pointe de sa planche a dû toucher le flanc de ma chaussure droite, provoquant l’ouverture de mes fixations, m’envoyant ainsi dans les airs avant de tomber sur mon épaule gauche. 

Une réaction en chaîne chanceuse qui a empêché un coup direct et potentiellement mortel entre moi et la snowboardeuse. 

Maintenant, cela ouvre la question de savoir comment résoudre le problème des skieurs prenant la fuite après ce genre d’impact ? Comment les retrouver après la collision ? J’ai quelques idées sur la question ...

vendredi, octobre 28, 2022

Jamais trop prudent …

Des dangers de toutes sortes nous guettent de partout… 

Mardi après-midi alors qu’il neigeait très fort, je suis sorti chercher le courrier, et tout en me rendant à la boîte aux lettres, j'ai pris ma pelle à neige et j’ai poussé la neige qui était sur mon chemin.


À un certain moment, il y avait tellement de neige accumulée contre la pelle qu'elle s’est littéralement bloquée net et comme j'avais mis des baskets avec des semelles dangereusement lisses, j'ai glissé en arrière et suis tombé la tête la première sur le manche de mon outil.
Mon front montrait clairement la marque. J'aurais pu mourir, mais comme on dit « ce n'était pas (encore) mon heure ... »