vendredi, janvier 09, 2026

Où étaient les extincteurs automatiques ? (Première partie)

Après l'incendie mortel de la discothèque suisse, je me suis demandé pourquoi les extincteurs automatiques n'étaient pas obligatoires dans des lieux publics comme celui de la station de Crans-Montana, contrairement à Park City, dans l'Utah, où je vis ? La question de la sécurité incendie au bar et discothèque Le Constellation est devenue un sujet de débat national en Suisse suite au tragique incendie du 1er janvier 2026. 

L'absence d'extincteurs automatiques dans cet établissement – ​​et dans de nombreux espaces publics similaires en Europe – est le résultat d'une philosophie réglementaire spécifique et d'une « lacune » dans les codes européens de sécurité incendie existants, qui est actuellement en cours de réévaluation urgente. 

Aux États-Unis et au Canada, la sécurité incendie repose largement sur la suppression active (extincteurs automatiques). En revanche, les codes de sécurité incendie suisses et de nombreux pays européens privilégient traditionnellement la protection passive. 

Cela inclut l'utilisation de murs et de portes coupe-feu pour contenir un incendie dans une seule pièce pendant 30 à 60 minutes. Les voies d'évacuation sont conçues en fonction de leur nombre, de leur largeur et de leur visibilité afin que les personnes puissent sortir avant que le feu ne se propage. La réglementation de l'inflammabilité des matériaux de construction est également prise en compte. 

Selon les normes suisses actuelles, les extincteurs automatiques ne sont généralement obligatoires que pour les catégories à haut risque, comme de grands immeubles, les hôpitaux et les grands sites industriels. Les petits établissements publics comme Le Constellation respectaient souvent les exigences légales en disposant simplement d'un nombre suffisant d'extincteurs et de sorties de secours signalées. 

Dans de nombreux cantons suisses, un établissement doit atteindre une capacité très élevée (souvent plus de 1 000 à 2 000 personnes) avant que la suppression automatique ne devienne une obligation légale. Le Constellation pouvait accueillir environ 300 personnes. Comme il se situait en dessous de ce seuil élevé, la loi lui permettait de fonctionner avec des mesures de sécurité manuelles (extincteurs) plutôt qu'avec un système d'extinction automatique coûtant très cher. 

Le canton du Valais (où se trouve Crans-Montana) est historiquement connu des experts en sécurité incendie pour son interprétation assez laxiste de ces règles, comparé à des cantons plus stricts comme Zurich ou Berne. Il y a aussi la question de « clauses d’antériorité » pour les bâtiments anciens des stations alpines, avec leurs structures traditionnelles en bois ou leurs sous-sols en pierre. Il est clair que l'installation d'un système d'extinction automatique moderne dans un bâtiment ancien représente un coût d'infrastructure jugé trop élevé pour des petits exploitants. 

Cela s'applique pourtant aux anciennes villes minières transformées en stations de ski comme à Park City, où je vis, Aspen ou Telluride, et n'y a pas d'exception : les systèmes d'extinction automatique d'incendie doivent être installés, quel qu'en soit le coût. Plus récemment, en 2014, nous avons construit une nouvelle maison à Park City qui a nécessité l'installation de tels systèmes. 

Notre ville a été l'une des premières à adopter des normes de sécurité incendie pour les habitations. Une ordonnance locale de 2002 a rendu obligatoire l'installation de gicleurs dans toutes les nouvelles constructions résidentielles, y compris les maisons individuelles. Demain, nous allons voir si des systèmes d'extinction automatique auraient pu sauver des vies au Constellation…

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