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mardi, septembre 01, 2026

Vieux pieds, nouveaux problèmes …

À mesure que nous vieillissons tout en restant très actifs (course à pied, marche, etc.), il est évident que la plante de nos pieds peine davantage à absorber le poids du corps et les chocs, ce qui peut entraîner un nombre de soucis podologiques. C’est une hypothèse logique et qui répond à cette question par l’affirmative. 

Avec l’âge, les pieds absorbent moins efficacement les chocs, ce qui peut favoriser des affections telles que la métatarsalgie, l’atrophie du coussinet adipeux plantaire et l’arthrite. Toutefois, le lien est indirect, et rester actif demeure l’une des meilleures choses à faire pour la santé de nos pieds. 

Il est évident qu’en vieillisant, les pieds perdent une partie de leur capacité naturelle d’amorti, principalement parce que les coussinets adipeux s’affinent, que les ligaments se raidissent et que les tendons perdent de leur élasticité. 

Cela peut accroître les contraintes exercées sur l’avant-pied et les articulations, augmentant ainsi le risque de pathologies comme la métatarsalgie. Mais l’activité en soi n’est pas le problème ; bouger beaucoup, comme je le fais, finit par protéger mes articulations. Certes, le vieillissement n’épargne ni notre corps ni nos pieds : l’amincissement des coussinets sous le talon et les têtes des métatarses réduit l’absorption des chocs et accentue la pression sur les os et les nerfs. 

Nos tendons et ligaments ne sont pas mieux lotis : avec l’âge, le collagène se rigidifie, rendant nos pieds moins aptes à s’adapter aux surfaces irrégulières et aux chocs répétés. La voûte plantaire peut également s’affaisser légèrement avec le temps, déplaçant la charge vers l’avant-pied ; enfin, des années de marche et de course entraînent de légères modifications dégénératives qui reflètent un vieillissement normal, sans pour autant constituer une maladie.

Ces changements ne signifient pas que nos pieds « lâchent », mais simplement qu’ils accusent la charge différemment. C’est pour cette nouvelle réalité que les coureurs et marcheurs âgés optent souvent pour des chaussures plus souples dotées d’un amorti généreux, évitent les longues descentes et réduisent la longueur de leur foulée. 

C’est de l’adaptation, pas de la détérioration ! Nos pieds n’absorbent pas autant de poids parce qu’ils sont faibles, mais parce que leur système d’amorti biologique évolue. Nos muscles peuvent rester puissants et notre système cardiovasculaire excellent, mais les coussinets adipeux et les tissus conjonctifs, eux, n’en ont cure et continuent de s’affiner avec l’âge, quels que soient les efforts déployés pour enrayer ce processus ...

jeudi, août 13, 2026

Jours d'Infantino comptés à FIFA ?

Je ne suis pas un grand amateur de foot professionnel et, par conséquent, je ne connais pas grand-chose à ce sport qui brasse des sommes colossales d’argent.

Pourtant, depuis que Gianni Infantino a imaginé un « Prix de la paix de la FIFA » pour Trump avant de prendre en compte et donner suite à la demande de ce dernier pendant la Coupe du monde de l'été dernier — jusqu'à l'utilisation de l'article 27 du code disciplinaire pour suspendre l'application de la sanction automatique d'un match de suspension (remplaçant la peine par une mise à l'épreuve d'un an pour Balogun, le joueur américain ayant reçu un carton rouge, le rendant immédiatement éligible pour affronter la Belgique), les décisions discutables se sont accumulées. 

Il y a également eu la proposition controversée — aujourd'hui abandonnée — de vendre une participation commerciale de 20 % dans la Coupe du monde à des investisseurs privés, parmi lesquels figurait le gendre de Trump, Jared Kushner. Toute cette série de décisions manquant de professionnalisme me porte à croire que les jours d'Infantino à la présidence de la FIFA pourraient être considérés comme « comptés », en raison d'une grave crise politique et de gouvernance déclenchée par des manœuvres manquant de transparence. 

Il ne fait aucun doute que le poste d'Infantino est très lucratif, sa rémunération annuelle totale s'élevant à environ 6 millions de dollars ! La position d'Infantino est aujourd'hui menacée, surtout à cause du projet à 20 milliards de dollars baptisé « FIFA Forward Enterprise » (FFE), qui visait à créer une filiale commerciale soutenue par des investisseurs privés (dont le fonds de Joshua Kushner). 

Cette initiative audacieuse s'accompagnait d'un ultimatum de 53 jours imposé aux 211 associations membres de la FIFA pour adhérer au projet via un système d'incitations financières ; une démarche qualifiée de coercitive et de « bradage » du sport par les confédérations et les critiques. L'UEFA (Europe) et ses 55 nations membres ont rejeté le plan à l'unanimité, menaçant de boycotter totalement tous les tournois de la FIFA — y compris les Coupes du monde — si le projet était maintenu. 

La CONCACAF et l'AFC se sont également opposées formellement à ce plan. Des alliés clés d'Infantino ainsi que des cadres supérieurs ont pris leurs distances ou démissionné, tandis que les avocats de l'UEFA ont exigé la conservation de documents tout en envisageant des poursuites judiciaires et des plaintes réglementaires. 

D'autres révélations compromettantes concernant la gouvernance passée (comme les indemnités de départ très élevées versées lors de son passage à l'UEFA) ont accru la pression, poussant des personnalités influentes et des confédérations à réclamer ouvertement un audit indépendant ainsi que sa démission avant l'élection présidentielle de mars 2027. L'avenir nous le dira...

jeudi, juillet 23, 2026

Bilan de la Coupe du monde de football

C’est avec un plaisir et un enthousiasme croissants que nous avons suivi la Coupe du monde de football 2026. Sans vouloir répéter ce que vous avez tous vu, lu ou pensé, je tenais simplement à partager mon ressenti, qui pourrait apporter un éclairage nouveau ou offrir une perspective différente sur l’ensemble des compétitions. 

D’abord, il nous a fallu un certain temps pour entrer dans l’ambiance et trouver le rythme, car nous sommes pas des fanatiques de sports collectifs. Nous en regardons très peu, qu’il s’agisse de football américain (NFL), de basket-ball, de hockey ou de baseball. Nous préférons pratiquer le sport plutôt que de le regarder ! 

Ensuite, nous avons été frappés par le comportement brutal des joueurs sur le terrain. Il nous a semblé qu’ils prenaient délibérément le risque que l’arbitre ne voit pas la faute — un pari qui s’est souvent avéré payant. En tant que spectateurs, nous voyons tout très facilement et très clairement grâce à la vue en 3D offerte par les caméras, alors que l’arbitre est loin de bénéficier du même champ visuel ! 

Bien entendu, nous soutenions à la fois les États-Unis et la France ; si les premiers ont été victimes des manigances de Trump, les seconds nous ont déçus quand la compétition s’est durcie et que les adversaires sont devenus plus coriaces. 

En tant que Français expatrié depuis 1977, j’ai eu du mal à m’identifier à une équipe nationale composée en grande majorité de joueurs d’origine africaine. L’Angleterre et l’Espagne alignaient des équipes qui reflétaient davantage la composition de leur populations respectives. 

C’est peut-être le signe qu’il est grand temps pour moi de retourner faire un tour en France … Enfin, nous avons été ravis d’assister à la victoire de l’Espagne. « ¡Viva España ! »

mardi, juillet 07, 2026

La corruption de Trump et d’Infantino

En mettant de côté fierté nationale et préjugés (après tout, je suis citoyen américain), que dire du scandale déclenché par Trump auprès de la FIFA ? Alors que la plupart des Américains ressentaient une fierté nationale et l’instinct de défendre « notre équipe », l’affaire Trump-FIFA relevait fondamentalement d’une ingérence politique dans une instance juridictionnelle sportive internationale, de la volonté de la FIFA de contourner ses propres règles et des conséquences néfastes pour l’équité de la compétition.

La question centrale n’était pas de savoir si le carton rouge infligé à Balogun était sévère ; il s’agissait simplement du fait qu’un chef d’État s’est permit de pressuriser avec succès la FIFA pour annuler une sanction qui, selon le règlement, ne pouvait faire l’objet d’aucun appel. C’est pourquoi les instances mondiales du football ont réagi aussi vivement. 

Pour ceux qui ignoraient les faits ou ne s’en souviennent pas : Trump a personnellement appelé le président de la FIFA, Gianni Infantino, pour lui demander de réexaminer le carton rouge de Folarin Balogun. Il a aussi agi hypocritiquement en ignorant que le cas de Balogun relevait précisément de la citoyenneté par le droit du sol, une pratique que Trump dénonce pourtant avec véhémence. 

En réponse, la FIFA a annulé la suspension automatique d’un match en invoquant l’article 27 — une clause rarement utilisée permettant une suspension discrétionnaire des mesures disciplinaires. Furieux, l’UEFA, la Belgique, d’anciens responsables de la FIFA ainsi que de nombreux joueurs et entraîneurs ont condamné cette décision, la qualifiant d’« inédite », d’« incompréhensible » et de « ligne rouge franchie ». 

Les critiques soutiennent que cette annulation a porté atteinte à l’intégrité du tournoi et créé un précédent dangereux en matière d’influence politique sur l’arbitrage et les procédures disciplinaires ; je partage entièrement ce point de vue. Le scandale ne concerne pas Balogun (le joueur), mais l’avenir de l’équité sportive. 

Les petits pays de football (comme la Belgique) ne disposent pas d’un tel levier d’influence. Trump a fait preuve d’un jugement désastreux et chronique en suivant son instinct : il a donné une mauvaise image de l’équipe américaine et a suscité un tel ressentiment que la Belgique a remporté la victoire sous le coup de la colère, alors même que les Américains étaient, sur le papier, très compétitifs. 

Son intervention a mis en lumière un système à deux vitesses : d’un côté, des nations puissantes capables d’influencer les résultats et, de l’autre, le reste du monde contraint d’accepter des décisions qu’il ne peut contester. Ce déséquilibre est précisément ce que la gouvernance mondiale du sport est censée empêcher ; il ne s’agit pas là de politique footballistique ordinaire, mais d’une crise de gouvernance et d’une hypocrisie flagrante. 

Bien mal acquis ne profite jamais !

samedi, juin 06, 2026

FIS Johan Eliash sur la sellette ?

C’est en 1996 que j’ai rencontré M. Eliash en personne, pour la seule fois. Le milliardaire autoproclamé venait d’acquérir Head Skis en 1995 et allait en être le PDG pendant plus de 25 ans, jusqu’en 2021. Il a quitté son poste de PDG après son élection à la présidence de la Fédération Internationale de Ski (FIS) en juin 2021. Depuis, il a conservé son rôle de président du conseil d’administration de Head, et sa famille reste l’actionnaire majoritaire de l’entreprise. 

J’avais pris l’avion pour New York afin de passer un entretien pour le poste de président de sa filiale américaine. Je pensais avoir fait une excellente présentation, mais Eliash m’a préféré Carl Helmetag de Dynastar, me jugeant trop agressif pour son propre style, et m’évitant ainsi un déménagement dans le Maryland. Helmetag, résident du Vermont, un peu coincé, n’est resté que trois ans à son poste, probablement parce que son grand patron était un tyran. 

Aujourd'hui, Johan Eliasch brigue un nouveau mandat à la présidence de la FIS, mais sa campagne de réélection a provoqué de profondes divisions. Il fait face à une forte opposition de la part des principales nations de ski, notamment concernant sa gestion financière et son pouvoir centralisé sans citer sa nomination atypique par la Géorgie. Eliasch souhaite prolonger son mandat à la tête de la FIS, mais sa campagne est enlisée dans des luttes politiques et des réticences internes. 

Comme ni la Suède ni la Grande-Bretagne, ses pays d'origine, ne le soutiennent, Eliasch a acquis la nationalité géorgienne et a été désigné par la Fédération géorgienne de ski. Les influentes fédérations nationales de ski – dont la Norvège, les États-Unis, l'Autriche, l'Allemagne, l'Espagne, la Suisse et le Canada – ont adressé une lettre commune s'opposant fermement à son maintien à la tête de la FIS. Du fait du poste de secrétaire général occupé par Vion à la FIS à Berne, les fédérations françaises sont restées silencieuses. 

Les critiques et les fédérations d'opposition pointent du doigt deux principaux points de tension. D’abord, ces fédérations affirment que les réserves financières et la stabilité de l’organisation se sont considérablement détériorées depuis l'entrée en fonction d'Eliasch en 2021. 

Ce dernier a imposé une centralisation agressive des droits médiatiques et marketing, allant à l'encontre des souhaits des fédérations européennes traditionnelles qui veulent conserver leur autonomie et leurs revenus, ce qui lui vaut d'être accusé de diriger la FIS de manière autocratique. Eliasch fait face à quatre autres candidats pour la présidence. L'élection et le contrôle de l'instance dirigeante de la FIS se joueront dans cinq jours lors de son prochain congrès à Belgrade, en Serbie. 

Qui trop embrasse souvent mal étreint !

samedi, mai 16, 2026

L'effort de plus

Il est étonnant de constater comment, parfois, alors que nous sommes fatigués et que notre journée de travail est terminée, comment un petit effort supplémentaire peut tant accomplir de choses et, à coup sûr, venir enrichir notre bilan journalier. Cela m’a été confirmé il y a quelques jours, alors que je préparais notre potager : une corvée annuelle que je déteste. 

En m'appliquant vraiment, j’ai puisé des ressources, tant mentales que physiques, qui, une fois rendues ont fait toute la différence dans le résultat final. 

J'ai ignoré ces voix intérieures qui m'incitaient à arrêter le travail trop tôt, et à laisser le travail inachevé, tant sur le plan qualitatif que quantitatif. Sans trop savoir comment, j’ai rassemblé les ressources nécessaires pour donner ce fameux coup de collier supplémentaire. 

S'agissait-il là du vestige d'une habitude observée en grandissant au sein de ma famille, ou d'un réflexe que j'ai instinctivement gardé tout au long de ma vie d'adulte ? 

C'est fort possible, mais quoi qu'il en soit, cette impulsion était bel et bien présente pour me donner une longueur d'avance le lendemain, quand j’ai repris le travail. Cela m’a tout simplement stupéfait et cet étonnement était bien justifié. Cela m'a fait prendre conscience qu’un tel « effort en plus » est rarement une question de force physique. 

C'est une question d'intention. C'est cette décision silencieuse d'aller de l'avant plutôt que de reculer, même quand personne nous voit et va nous féliciter. C'est peut-être aussi la raison pour laquelle cela procure un sentiment si gratifiant en nous reconnectant à une part de nous-mêmes qui refuse de se contenter du strict minimum. S'agit-il également d'une expression de culpabilité ? C'est fort possible. 

Une part de nous qui croit encore à l'importance de bien faire les choses, non pas pour qu’on nous en félicite, mais parce que c’est ce qui nous construit et nous maintient au niveau auquel nous aspirons. En prenant de l’âge, je prends conscience que ces petits choix s'accumulent et finissent par constituer une sorte de signature personnelle dans la manière dont nous nous présentons, y compris dans l'exécution des tâches les plus banales. 

C'est peut-être pour cette raison précise qu’une telle réalisation est importante car elle me rappelle que je suis encore capable de cette petite poussée supplémentaire et de ce besoin discret à faire les choses correctement. Et en cela, j’y ai vu un véritable cadeau. En fin de compte, cet effort supplémentaire n'avait rien à voir avec mon potager. Il m'a simplement rappelé que nous avons toujours plus de ressources que nous l'imaginons — réserve que nous ne découvrons quand nous choisissons d'aller la puiser au plus profond de nous-mêmes.

vendredi, mars 06, 2026

Réflexions olympiques… (Cinquième partie)

Il est souvent surprenant de constater comment se prennent des décisions très importantes. La France a obtenu les Jeux olympiques d’hiver de 2030 en proposant au CIO un plan à faible risque, politiquement soutenu, géographiquement cohérent et axé sur l’héritage culturel, à travers les Alpes françaises. 

En réalité, après le retrait de la Suède, elle est devenue, le 29 novembre 2023, la seule candidate (alors qualifiée de « préférée ») du CIO. Face à une pénurie flagrante de candidats, le « nouveau système » du CIO privilégiait la stabilité, la faisabilité et les garanties politiques plutôt que la compétition. La délégation française était conduite par le président Emmanuel Macron, qui a personnellement exprimé l’engagement total de la France à organiser les Jeux. 

Le CIO a déclaré accorder une importance capitale aux garanties gouvernementales, notamment pour les Jeux d’hiver qui nécessitent des infrastructures complexes et une planification résiliente face au changement climatique. La France a rempli ces conditions dans les délais impartis par le CIO. 

Ce qui a convaincu le CIO d'accepter des Jeux répartis sur l'ensemble des Alpes françaises, c'est la volonté d'utiliser les sites existants et les domaines de sports d'hiver déjà établis, conformément à sa nouvelle stratégie, malgré son accent mis sur le développement durable face aux importants besoins en transport. Le CIO a également été séduit par l'idée que les Alpes françaises alliaient sites olympiques historiques et infrastructures modernes, créant ainsi un mélange harmonieux de patrimoine et de planification tournée vers l'avenir. 

Cette approche a été perçue comme un moyen de réduire les risques et de renforcer l'attrait des Jeux. La France a également dû fournir des engagements financiers concrets au CIO afin de répondre à ses inquiétudes concernant les dépassements de coûts et l'incertitude politique. 

Contrairement à d'autres candidatures récentes qui s'étendaient sur plusieurs pays ou villes éloignées, les Alpes françaises étaient considérées comme formant un corridor de sports d'hiver continu et bien connecté (260 kilomètres à vol d'oiseau). Enfin, le succès récent de la France avec les Jeux olympiques d'été de Paris 2024 a scellé l'accord. Dois-je répéter que le CIO n'avait pas d'autre choix ? 

Edgar Grospiron a été choisi pour diriger le Comité d'organisation des Jeux olympiques d'hiver de 2030 par un vote de l'Assemblée générale du comité, le 18 février 2025. Je connais Edgar quand c’était un bambin au moment où ses parents se sont installés à Avoriaz pour gérer Vuarnet Sports au début des années 1970. 

L'Assemblée générale a justifié son choix par la solide expérience olympique et sportive de M. Grospiron, qui comprend notamment un titre de champion olympique de ski de bosses à Albertville en 1992, son rôle de chef de la candidature d'Annecy pour les Jeux olympiques d'hiver de 2018 et son engagement de longue date dans la gouvernance des sports d'hiver français.

Ces atouts ont été explicitement cités comme raisons de sa nomination. Grospiron, qui aura 57 ans en mars, est d'un tempérament extraverti était sûrement fort en « bosses » mais n'a peut-être pas les compétences diplomatiques ni l'expérience managériale de grand « boss » requises pour le poste. Il n’est pas le seul dans cette situation, j’en sais quelque chose !

Travail très visible et bien rémunéré (probablement entre 25 000 et 35 000 dollars par mois), un détail tenu secret, conformément à la tradition française. Il convient de noter que Giovanni Malagò président de Milan 2026 n’a pris aucun salaire. 

Plus récemment, le comité a connu d'importantes tensions internes, notamment la démission du PDG, du directeur général des opérations, du directeur de la communication et du responsable de la commission des rémunérations. Ces événements qui n'ont aucune incidence sur sa sélection expliquent en partie les critiques dont son leadership fait l'objet. 

L'avenir nous dira comment ce projet complexe évoluera au cours des moins de quatre ans qui nous séparent des Jeux…

jeudi, mars 05, 2026

Réflexions olympiques… (Quatrième partie)

Sans se soucier de transparence, Alberville 1992, Lillehammer 1994, Nagano 1998 et même Salt Lake City 2002 n'ont jamais fourni de budget final détaillé, de comptes de résultats, ni même de chiffres concernant les dépassements de coûts. 

Pourtant, il est évident que ces Jeux ont nécessité d'importants investissements dans les infrastructures, avec la construction de sites majeurs, la modernisation des transports régionaux et des aménagements sur de multiples sites.

Chacune de ces villes prétend avoir équilibré leur budget, mais je n’y crois pas trop. Turin 2006 et Sotchi 2014 sont des cas qui sortent du lot. 


Turin a enregistré un résultat financier désastreux et les Jeux ont laissé un fardeau durable sur la ville et sa région. La source la plus fiable indique que les Jeux de Turin 2006 « ont laissé un lourd héritage de dettes et d'infrastructures inutilisées », qualifiant l'événement d'avertissement pour les futures villes organisatrices. 

Les Jeux n'ont pas été rentables, la ville et la région se sont retrouvées avec une dette considérable. Le bilan financier est négatif, point final. Sotchi a clairement été orchestré par Poutine qui, grâce à ses amis oligarques et à l'argent de ses sujets, s'est offert les Jeux olympiques les plus coûteux de l'histoire, et les conséquences financières sont exceptionnellement bien documentées. 

Les sources disponibles dressent un tableau cohérent de dépassements de coûts massifs, de dépenses totales extrêmement élevées et d'un fardeau économique à long terme, pour des retombées économiques limitées. Des analyses indépendantes montrent que le coût total a atteint 55 milliards de dollars, contre une estimation initiale de $12 milliards. 

Cela représente un dépassement de 4,5 fois le budget initial, l'un des plus importants jamais enregistrés pour des Jeux olympiques. Sur ce montant, $16 milliards étaient liés aux coûts sportifs (infrastructures, opérations), tandis que les $39 milliards restants ont été consacrés aux infrastructures non sportives telles que les routes, les voies ferrées, l'énergie et les hôtels. Ce dépassement de coûts de 51 milliards de dollars constitue manifestement un record ! 

Le bilan des Jeux de Milan-Cortina 2026 qui viennent de se dérouler est encore incertain, mais le budget, les dépassements et les résultats financiers probables sont déjà bien documentés. Le budget de fonctionnement initial s'élevait à 1,77 milliard de dollars et a été officiellement révisé à $2 milliards. Cependant, le budget initial des infrastructures, estimé à $4,5 milliards, pourrait atteindre $4,75 milliards. 

Des estimations plus larges évaluent le coût total entre 6 et $7 milliards en combinant les opérations, les sites et les projets d'héritage. Certaines analyses incluent tous les travaux connexes (routes, transports, améliorations régionales) et atteignent un total de $9,15 milliards, dont seulement $1,9 milliard sont strictement liés aux Jeux. 

Attendons de voir à quel niveau le coût final se situera. Selon certaines sources, le Comité d'organisation de Milan-Cortina 2026 serait en bonne voie de dégager un excédent de $59 à 95 millions. Ceci serait principalement dû aux recettes record du sponsoring national, qui ont dépassé $825 millions. Affaire à suivre ! 

Demain, nous plongerons au cœur des prochains Jeux olympiques, ambitieux et extrêmement complexes : Alpes 2030 !

mercredi, mars 04, 2026

Réflexions olympique… (Troisième partie)

Si l’on examine les Jeux olympiques d’hiver les plus récents, de 1992 à nos jours, on constate des aventures très diverses et, du meilleur au pire, on peut être surpris, mais pas choqué. De manière générale, la transparence totale n’est pas la norme dans ce milieu et cela reflète peut-être la culture du secret qui règne au sein du CIO.

Parmi les sites olympiques d’hiver les plus exemplaires et responsables, un trio sort du lot : Vancouver 2010, PyeongChang (Corée du Sud) 2018 et Pékin 2022. Ces trois villes, à l’instar des plus performantes, se démarquent par leur comportement et leurs résultats. PyeongChang est sans doute le meilleure exemple et l’un des rares Jeux d’hiver à avoir dégagé un excédent financier confirmé, étayé par des chiffres parfaitement clairs. 

Le tableau devient encore plus intéressant lorsqu’on compare le budget de fonctionnement, les dépenses d’infrastructure et les retombées économiques. Sur le plan opérationnel, les Jeux ont généré un excédent confirmé de 55 millions de dollars, pour des recettes de 2,245 milliards de dollars et des dépenses de 2,190 milliards de dollars. 

Si l'on en croit les Chinois, les Jeux olympiques de Pékin 2022 présentent l'un des profils financiers les plus clairs et les plus inhabituels de ces manifestations sportives. Le comité d'organisation a dégagé un nouvel excédent, alors que le coût total des Jeux a largement dépassé les prévisions initiales. Les sources disponibles fournissent des chiffres solides, avec un excédent de 52 millions de dollars sur des recettes de 2,3 milliards. Le CIO a également annoncé qu'il verserait 10,4 millions de dollars de sa part de cet excédent au Comité olympique chinois. 

Vancouver, elle aussi, a affiché un bilan financier impeccable et documenté, offrant une image sans controverse. Les Jeux furent généralement considérés comme bien gérés financièrement, même si le constat varie selon que l'on considère les coûts opérationnels ou les dépenses d'infrastructure. Si le budget de fonctionnement a été équilibré, le budget d'infrastructure – qui comprenait les sites, les routes, les transports en commun et les améliorations urbaines – constitue un cas à part. 

Deux chiffres majeurs se distinguent : 603 millions de dollars pour le développement des sites, un montant conforme au budget, mais 554,3 millions de dollars dépensés par la seule Ville de Vancouver pour les infrastructures et les opérations liées aux Jeux. Mais comme pour la plupart des Jeux olympiques, les coûts d'infrastructure ont été pris en charge par le secteur public et ne sont donc pas inclus dans le calcul du seuil de rentabilité. 

Demain, nous nous pencherons sur les autres Jeux, notamment sur un aperçu de Milan 2026.

mardi, mars 03, 2026

Réflexions olympiques… (Deuxième partie)

 Aujourd'hui, nous allons examiner les résultats financiers des Jeux olympiques (principalement d'été). Nous commencerons par les Jeux olympiques de Los Angeles en 1984, un exemple de réussite frappant. Organisés sans fonds publics, ils allaient dégager un excédent de plus de 200 millions de dollars. Sans surprise, ils sont devenus le modèle d'organisation de Jeux à budget serré et financés par le secteur privé. 

Bien évidemment, cet exemple n'a pas été trop bien suivi. D'autres Jeux ont parfois atteint l'équilibre budgétaire ou s'en sont approchés, mais 1984 reste les seuls J.O. incontestablement rentables. Il y a donc eu de nombreux échecs. La plupart des Jeux depuis les années 1960 ont accusé des déficits considérables. Voici quelques exemples notoires, à commencer par Montréal 1976, dont le budget avait tellement explosé que la ville a mis 30 ans à rembourser sa dette. 

Cela aurait dû servir d'avertissement aux futurs hôtes, mais Athènes est également tombée dans le même piège, avec des dépassements de budget de plusieurs milliards et de nombreux sites abandonnés par la suite. Dans le cas de la Grèce, ces dépassements de coûts ont été le coup de grâce, aggravant les difficultés financières du pays. 

Au Brésil, les Jeux de Rio 2016 ont également connu d'importants dépassements de coûts, de nombreux sites étant tombés en désuétude quelques mois après la fin des Jeux et les retombées économiques à long terme ne s’étant pas concrétisées. Même les Jeux japonais de Tokyo 2020 (organisés en 2021), pourtant préparés avec soin, ont vu leurs coûts exploser en raison des retards liés à la COVID-19, sans parler de l'annulation des retombées touristiques attendues suite à l'interdiction d'accès au public. 

Concernant Paris 2024, les résultats sont encore en cours d'évaluation, mais les premières analyses montrent que l'organisation des Jeux a été « loin d'être bon marché », avec des coûts avoisinant les 8,7 milliards de dollars. Ce bilan plutôt négatif explique pourquoi de moins en moins de villes souhaitent se porter candidates pour les Jeux olympiques. 

Les dépassements de coûts massifs en sont la principale raison, les Jeux olympiques dépassant systématiquement leurs budgets de manière significative. Par conséquent, les villes savent qu'elles prennent un risque financier considérable avec peu de chances de profit. Il y a ensuite la dette à long terme et les coûts d'entretien des infrastructures. Après les Jeux, les villes doivent entretenir les stades, les arènes, les réseaux de transport, les villages des athlètes et les infrastructures spéciales comme les pistes de bobsleigh, qui deviennent souvent des gouffres financiers. 

On observe également une résistance publique croissante, les habitants votant de plus en plus contre l'organisation des Jeux lors des référendums, car ils ne souhaitent pas de hausse d'impôts, de déplacements de population, de perturbations liées aux travaux et d'endettement à long terme. La population du Colorado, qui avait rejeté en masse les Jeux olympiques d'hiver de 1976 à Denver, en est un bon exemple. 

Enfin, le CIO s'est forgé une très mauvaise réputation en raison de ses exigences élevées concernant de nouveaux sites coûteux, du respect onéreux des nouvelles spécifications, de règles strictes en matière de marque, d’une sécurité omniprésente, de sa faible contribution financière et sa fâcheuse habitude de s'accaparer la majeure partie des recettes. Nous allons maintenant nous intéresser à certains des sites olympiques d'hiver les plus réussis de l'histoire récente et analyser leurs performances respectives...

lundi, mars 02, 2026

Réflexions olympiques… (Première partie)

Maintenant que les Jeux olympiques d'hiver sont terminés, l'heure est à l'introspection. Comme je l'ai souvent mentionné sur ce blog, les Jeux olympiques sont devenus une enorme machine à faire de l’argent, mais pas forcément pour tout le monde. 

Comme nous le soupçonnons tous, le Comité international olympique (CIO) et les principaux sponsors en sont les plus gros bénéficiaires, le CIO générant des milliards grâce à la diffusion (61 %) et au marketing (30 %). À l'inverse, les villes hôtes et les contribuables nationaux supportent la majeure partie du fardeau financier, devant souvent couvrir des coûts de construction, de sécurité et d'exploitation colossaux, fréquemment hors budget. 

C'est un divertissement onéreux, et même si vous ne le regardez pas, vous serez là pour payer ! Pourtant, cette fête du sport est, comme toujours, pilotée par nos chers politiciens. Les villes, ou désormais les régions, continuent de postuler malgré ces risques financiers considérables pour des raisons assez simples. C'est un jeu politique facile, qui apporte du prestige et est perçu comme un symbole de réussite internationale. 

De plus, les promoteurs immobiliers locaux font pression car ils en tirent profit quel que soit le résultat. Il est facile d'élaborer des projections économiques optimistes et des coûts abordables, bien avant l'événement. Les comités d'organisation et de candidature n'hésitent jamais à exagérer pour convaincre le public. 

À titre d'exemple, tous les Jeux olympiques depuis 1960 ont dépassé leur budget (à l'exception de Los Angeles en 1984), avec un dépassement moyen de 172 %. Montréal a mis 30 ans à rembourser sa dette olympique, tandis que Rio et Athènes se sont retrouvées avec des sites abandonnés et des difficultés économiques persistantes.

Ne parlons des tremplins de Prelegato pour Turin 2006, devenus de véritables gouffres financiers, et de la reconstruction de ceux-ci dans le Val di Fieme, encore plus éloignés par rapport à Milan. Enfin, il y a le discours sur « l'héritage », les villes et les sites hôtes se voyant promettre des bénéfices à long terme qui se concrétisent rarement. 

Dans un prochain épisode, nous analyserons plus en détail les montagnes russes financières des Jeux olympiques …

mardi, février 17, 2026

Ralentir pour faire durer … (Deuxième partie)

En vieillissant, nous devons aussi faire place à plus de prévisibilité dans nos activités, car les accidents résultent souvent de surprises liées au terrain, aux conditions météorologiques, à la fatigue, à la circulation ou à la présence d'autres personnes. Nous serons plus en sécurité si nous choisissons des conditions que nous maîtrisons bien, par exemple en évitant les jours de forte affluence ou en sachant nous arrêter avant d'être fatigués. Ce n'est pas de la peur, c'est juste une stratégie. 

Ne badinons pas sur un bon équipement qui peut diminuer nos réflexes et notre stabilité avec l'âge. Par exemple, de meilleurs casques, des bonnes lunettes, des fixations et des skis bien entretenus. Des voitures avec des systèmes d'aide à la conduite avancés, un écran de recul, ou des vélos avec des freins à disque et tous les accessoires modernes. 

Nous devrions également nous entraîner à la stabilité, pas seulement à la puissance, car avec l'âge, nos plus grands risques d'accident proviennent d'un temps de réaction plus lent, d'une diminution de l'équilibre et d'une capacité réduite à corriger les erreurs. Ces mesures n’apportent pas seulement plus en sécurité, elles nous remettent « à neuf ». 

Nous devons être attentifs aux « murmures » de notre corps avant qu'ils ne deviennent des « hurlements », car ceux-ci nous donnent toujours des signes avant-coureurs bien avant de flancher. Je parle de légères hésitations, d'un moment de déséquilibre, d'une sensation de malaise, d'une légère raideur ou d'une petite baisse de concentration. Plus jeunes, nous pouvions les ignorer, plus âgés, nous ne pouvons plus. Nous devons également redéfinir ce que signifie le « risque ». Il ne s'agit pas seulement du risque de blessure, mais aussi de la perte de la capacité à continuer à faire ce que nous aimons. 

Cela ne signifie pas, comme le chante BB King, que « The thrill is gone » (le frisson a disparu), car nous n'avons pas à éliminer le plaisir, mais simplement à l’ajuster. Par exemple, skier plus souvent sur des pistes damées au lieu de toujours explorer les barres rocheuses et la forêt, conduire avec joie et libération sur les routes bien dégagées, pas dans les embouteillages, faire du vélo sympas sur des itinéraires familiers, pas sur des voies multiples et encombrées. 

Considérons le vieillissement comme une évolution, pas un déclin. Les personnes âgées les plus actives ne sont pas celles qui luttent contre le vieillissement ; ce sont celles qui s'y adaptent. Restons curieux, disciplinés et conscients de nous-mêmes. Nous n'arrêtons pas de bouger, nous adaptons simplement notre mobilité. 

Cela dit, la chute malheureuse de Lindsey Vonn aux Jeux olympiques n'aura pas été en vain, car elle nous a offert une précieuse leçon à tous ceux qui croient encore avoir 25 ans alors que ce n'est plus le cas ...

lundi, février 16, 2026

Ralentir pour faire durer … (Première partie)

Il y a quelques jours, suite à l'accident de Lindsey Vonn aux Jeux olympiques, je lui ai été reconnaissant de me rappeler qu'avec l'âge, il est essentiel de ralentir ou du moins de modérer nos attentes en matière de performance. 

Face à cette réalité incontestable, je me demande comment les personnes très actives et compétitives peuvent réduire les risques qu'elles prennent et l'effort qu'elles fournissent en vieillissant, afin d'éviter les problèmes ou les accidents graves généralement liés à l'âge ? Il est vrai que les années n'effacent pas totalement l'identité d'une personne active, elles modifient simplement la probabilité de certains risques. Le véritable défi est psychologique.

Nos instincts, notre confiance et notre goût pour l'intensité restent intacts, tandis que nos réflexes, notre équilibre et notre capacité de récupération plongent discrètement et inexorablement. L'astuce n'est pas d'arrêter de vivre pleinement, mais d'adapter notre façon de prendre des risques, afin de rester dans la course au lieu d'être mis hors jeu par des accidents évitables. 

Avec l'âge, la force brute et les réactions instantanées deviennent moins fiables, mais la fluidité, l'habileté, la précision et la planification deviennent nos nouveaux atouts. Par exemple, lorsque je skie, ce nouveau paradigme me pousse à contrôler mes skis avec plus d'aisance et à privilégier des trajectoires plus fluides plutôt que de rechercher la vitesse et les secousses maximales. 

Lorsque je conduis, je suis infiniment plus concentré, je fais preuve d'une attention maximale, je suis beaucoup plus courtois et patient et, dans tous les cas, je ne fais pas moins de choses, mais je les fais de manière beaucoup plus intelligente. Dans mon vocabulaire et mon esprit, je remplace « faire mes preuves » par « me préserver ».

 Les jeunes repoussent souvent leurs limites pour se tester. Les personnes plus âgées repoussent leurs limites pour rester actives et en bonne santé pendant des décennies. Cela devrait nous faire dire : « Je ne suis pas là pour gagner aujourd'hui, je suis là pour bien continuer ces 20 prochaines années ! » Cet état d'esprit réduit naturellement la prise de risques inutiles. 

Demain, nous ajouterons quelques outils essentiels à notre arsenal, alors revenez nous voir ! 

mercredi, février 11, 2026

Qui est à l'origine du parapente ? (Deuxième partie)

En 1985, alors que Jean-Claude Bétemps, Gérard Bosson et André Bohn travaillaient au développement du parapente, Laurent de Kalbermatten fit son apparition. Ce pilote suisse passa des parachutes modifiés au modèle appellé « La Randonneuse », la toute première aile conçue exclusivement pour le parapente (utilisant un tissu non poreux et des suspentes rigides).

C'est à ce moment-là que le parapente cessa d'être une variante du parachutisme pour devenir un sport de vol libre à part entière. Ce modèle fut le point de départ de la production en série. D'autres fabricants et modèles suivirent rapidement. Avec la multiplication des modèles disponibles, le nombre de pratiquants se mis a augmenter, de même que le marketing et la concurrence entre les entreprises, contribuant au développement technique du parapente en termes de facilité d'utilisation, de performances et de sécurité. 

Le premier record de distance en vol libre, de 69,15 km, fut établi par Hans Jörg Bachmair le 10 juin 1989 et officiellement homologué par la Fédération aéronautique internationale (FAI). Le parapente s'organisa rapidement en sport à part entière. Le premier championnat d'Europe eut lieu en 1988 à Saint-Hilaire, en France. L'année suivante, le premier championnat du monde se déroula à Kössen, en Autriche. Bien plus tard, en 2004, le championnat d'Asie eut lieu à Handong, en Corée du Sud, et en 2008, eut lieu un championnat panaméricain à Castelo, au Brésil. 

Mon ami Anselme Baud, ex-professeur à l'ENSA, l'école des guides de montagne et des moniteurs de ski de Chamonix, et l'un des pionniers du ski extrême, joua un rôle dans l'introduction de l'utilisation des skis dans la pratique du parapente. Au début de l’hiver 79/80, à Plan Praz, la station intermédiaire de la télécabine du Brévent, à Chamonix, alors que Jean-Claude Bétemps effectuait des essais avec son « paraplane » (l’ancêtre du parapente), 

Anselme Baud eut l'idée de garder ses skis pour prendre de la vitesse au décollage. Il s'élança le long de la pente, plana sur quelques centaines de mètres avant de se poser à nouveau sur la neige et de repartir à ski. Anselme vit dans le parapente un « outil » lui permettant de descendre plus vite ou de franchir des obstacles infranchissables à skis. 

En conclusion, Jean-Claude Bétemps, avec ses partenaires André Bohn et Gérard Bosson, bien qu'ayant joué un rôle déterminant dans l'invention de ce sport, se sont davantage concentrés sur le développement technique et la promotion du parapente en tant que nouveau sport accessible, plutôt que sur une commercialisation agressive et une monétisation à la manière d'un Steve Jobs ou d'un Georges Salomon. 

L'immense popularité de leur invention a engendré un essor considérable dans les années 1980. Des fabricants indépendants se sont rapidement emparés du marché pour améliorer le matériel, donnant naissance à une industrie florissante dont ils n'ont pas profité. 

Maintenant, comme moi, vous connaissez toute l'histoire …

mardi, février 10, 2026

Qui est à l'origine du parapente ? (Première partie)

Le parapente m'a toujours fasciné et intéressé, même si j'ignorais tout de ses origines. Il a été précédé par le deltaplane, un précurseur clé de l'aviation à décollage à pied, inventé en 1963 par John Dickenson, un ingénieur australien spécialisé dans le remorquage de ski nautique.

Ce sont Bill Bennett et Bill Moyes qui ont perfectionné la conception de Dickenson au début des années 1970, transformant le cerf-volant de ski nautique en un deltaplane à décollage à pied, qui a immédiatement séduit un grand nombre de mes compatriotes français. Le deltaplane a mené au parapente, dont l'histoire est fascinante car elle ne repose pas sur une seule invention, mais sur une série de pionniers qui ont transformé un dispositif de survie (le parachute) en un instrument de loisir. 

En cherchant ceux qui sont véritablement à l'origine de ce sport tel que nous le connaissons aujourd'hui, on découvre un groupe de précurseurs techniques. Avant que le parapente ne devienne un sport, il a fallu inventer l'aile à double surface qui permettrait son fonctionnement. En 1964, un Américain, Domina Jalbert, le véritable inventeur, a breveté le Parafoil. On peut le considérer comme l'acte de naissance de l'aile à caissons. Avant lui, les parachutes étaient ronds ; après, ils sont devenus rectangulaires et capables de générer une véritable portance. 

Un an plus tard, David Barish, consultant pour la NASA, a développé le Sailwing (une aile à simple surface). 

Il fut le premier à pratiquer ce qu'il appelait le « vol de pente » sur une piste de ski à Hunter Mountain, près de New York, descendant quelque 60 mètres. 

Bien que Barish fût techniquement le premier « parapentiste », l'activité est tombée dans l'oubli pendant plus d'une décennie. 

Le 25 juin 1978, à Mieussy (à 27 km de Montriond, mon patelin d’origine en Haute-Savoie), trois parachutistes de l'aéro-club d'Annemasse décidèrent de décoller d'une pente afin déconomiser les frais de vol en avion. L’idée leur était venue en lisant un article du manuel de parachutisme de 1972 qui faisait relatait le vol de pente de David Barish. 

Jean-Claude Bétemps, qui fêtera ses 77 ans cette année, souvent considéré comme le père du parapente, avait réalisé le tout premier essai (un petit saut en bas d'une pente). André Bohn, parachutiste suisse de haut niveau, a ensuite effectué le premier véritable vol soutenu, un peu plus tard la même année, décollant du Mont Pethuiset et atterrissant 1000 mètres plus bas sur le terrain de foot de Mieussy.

Gérard Bosson a ensuite structuré l'activité et a fondé en 1979, avec Michel Didriche et Georges Perret, le premier club et la première école de parapente au monde : « Les Choucas » à Mieussy. Il a joué un rôle déterminant dans la promotion du sport à l'échelle internationale. 

Demain, nous verrons comment les améliorations et les adaptations successives ont façonné la pratique du parapente…

lundi, février 09, 2026

Âge et prise de risques

L'accident dont a été victime Lindsey Vonn aux Jeux olympiques me rappelle un autre retour à la compétition en ski, celui de Bill Johnson, ancien champion olympique de descente aux Jeux de Sarajevo en 1984. À 40 ans, accablé par des problèmes personnels et en quête d’une gloire passée, il avait tenté un improbable retour en vue des Jeux olympiques d'hiver de 2002 à Salt Lake City. 

Cette tentative se terminait brutalement, quand Johnson a chuté lors d'une descente d'entraînement avant la course de descente des Championnats américains dans le Montana. Ses blessures furent catastrophiques : grave traumatisme crânien, langue presque sectionnée et trois semaines de coma. Son corps n'avait tout simplement pas pu suivre le rythme imposé par son instinct de compétiteur. 

Je ne suis pas dans la tête de Lindsey, mais en la voyant arriver à toute vitesse, s'envoler, accrocher la porte et perdre le contrôle, j’ai cru voir l'instant précis où l'instinct et la physiologie se sont désynchronisés. C'est le paradoxe du vieillissement : l'esprit reste jeune, avide de sensations fortes, convaincu de pouvoir encore mobiliser les mêmes réflexes, tandis que le corps redéfinit déjà ses limites. 

L'écart entre intention et exécution devient suffisamment important pour que le désastre se produise. J'appelle ça, en plaisantant à moitié, le « syndrome de Biden » – non pas une allusion politique, mais une façon de désigner cette illusion humaine universelle qui nous fait croire que nous avons toujours 25 ans dans notre tête. 

C'est un rappel que l'expérience ne peut pas toujours pallier à l'érosion progressive du temps de réaction, de l'équilibre et de la résistance. Plus que jamais, j'essaierai d'en tirer la leçon quand je skie ou que je conduis. Respecter ses limites n'a rien à voir avec la peur ; c'est une sagesse acquise à la dure par ceux qui ont dépassé les leurs.

samedi, février 07, 2026

Cérémonie d'ouverture des Jeux olympiques

Hier après-midi, les conditions de ski n'étaient pas mieux que d’habitude, donc ma femme et moi avons regardé toute la cérémonie d'ouverture des Jeux olympiques. C'était la première fois depuis longtemps que nous faisions cela.

Nous avons apprécié certains numéros, comme la présentation des athlètes et le défilé de mode ou le costume le plus tarabiscoté est l'ennemi du bien, mais qui reste toujours un moment fort. Certains étaient un peu excessifs, mais c'est une question de goût personnel. Nous avons trouvé l'événement beaucoup trop long. Près de trois heures, alors que deux auraient suffi. 

J’ai plutôt aimé quand J.D. Vance et Israel se sont fait siffler. Nous avons apprécié le discours de Kirsty Coventry, du Zimbabwe, la nouvelle présidente du Comité international olympique (CIO) depuis juin 2025. 

Nous étions attristés de constater que des gens meurent toujours au Soudan, à Gaza et en Ukraine, tandis que des milliers d'autres s'amusent en Italie, mais je suppose que l'humanité est tout à fait capable de marcher et simultanément de continuer de regarder son smartphone …

mercredi, décembre 17, 2025

Résultats préliminaires chaussures Sketchers …

Cela fait plus de deux semaines que je marche avec ma nouvelle paire de chaussures à « amorti maximal. » Cette dénomination de chaussures de marche ou de course fait référence à leurs semelles intermédiaires épaisses et souples, conçues pour l'absorption des chocs et le confort. Toutes sont offertes par Hoka et Sketchers, mais aussi par des marques comme New Balance (Fresh Foam More), ASICS (Gel-Nimbus) et Brooks (Ghost Max). 

Ces baskets offrent un confort et une absorption des chocs considérables, mais peuvent présenter des inconvénients comme une stabilité réduite et potentiellement des changements biomécaniques. 

Pour ma part, je les ai achetées pour solutionner la métatarsalgie dont je souffre depuis avril dernier, après, je crois avoir porté des chaussures avec une partie antérieure trop étroite. 

Si cela n’était pas vraiment le cas et que je souffre en réalité d'une forme d'arthrite, comme je l'avais initialement soupçonné, tant mieux ! Leurs semelles épaisses absorbent une grande partie des chocs, même en marchant, ce qui procure une sensation de douceur sous le pied. Cela fait une énorme différence par rapport à mes anciennes chaussures et leur semelle ultra-fine à l’avant qui faisait ressentir la moindre aspérité existant sur le sol. 

Cela se traduit évidemment par une expérience plus confortable, surtout avec les surfaces dures comme le béton ou l'asphalte, sur lesquelles je marche habituellement. Les chaussures semblent réduire les forces transmises vers la plante du pied et à tous les os qui s’y trouvent et offrent un bon équilibre entre amorti et retour d'énergie, ce qui pourrait théoriquement améliorer l'efficacité sur de longues distances. 

On m'avait prévenu d'une stabilité latérale réduite, d'un risque d'entorses de la cheville, notamment lors de changements de direction rapides ou sur des surfaces irrégulières, mais je n'ai rien constaté de tel et mes douleurs aux pieds ont été largement réduites, ce qui est jusqu'à présent un bon signe. 

La prochaine phase de mon évaluation concerne la durabilité de ces chaussures, donc, affaire à suivre. 

lundi, décembre 15, 2025

Crise olympique en France (Deuxième partie)

La situation autour des Jeux olympiques et paralympiques d'hiver de 2030 dans les Alpes françaises commence à s'envenimer et semble trouver ses racines dans les mêmes raisons que celles qui ont conduit à la situation scandinave que nous venons d'évoquer, en présentant de nombreux parallèles avec celle-ci. Ces Jeux de 2030 sont récemment devenus une source de tensions palpables. Voici ce que j'ai pu recueillir, ce qui se passe et quels sont les principaux enjeux de ce conflit. 

Les Jeux d'hiver de 2030 ont été officiellement attribués aux Alpes françaises par le Comité international olympique (CIO) lors de sa 142e session en juillet 2024. L'attribution était conditionnelle, mais le gouvernement français a fourni les garanties financières nécessaires. Le projet prévoyait l'organisation des compétitions sur un vaste territoire géographique et quatre zones principales : la Haute-Savoie, la Savoie, Briançon (Hautes-Alpes) et Nice (Alpes-Maritimes), soit pratiquement l'ensemble des Alpes françaises du nord au sud ! 

Tout comme pour les Jeux de l'Utah en 2034, un engagement fort a été pris pour utiliser au maximum les installations existantes, héritage des Jeux d'Albertville de 1992. Trois problèmes sont aujourd'hui au cœur du débat : le climat, les coûts et l'adhésion de la population. Le conflit autour de ces Jeux ne porte pas sur le principe du sport en soi, mais sur la pertinence du projet au regard des réalités climatiques, économiques et sociales actuelles en France. 

Si l'on commence par la question climatique, elle est directement liée au réchauffement planétaire et aux défis environnementaux, notamment au risque de manque de neige (un problème qui ne semble pas préoccuper l'Utah). Dans le contexte du changement climatique, l'organisation des Jeux d'hiver dans les Alpes, même en 2030, est considérée comme irréaliste et irresponsable par les associations citoyennes et les écologistes. 

Leurs inquiétudes portent sur le recours massif à la neige artificielle, qui nécessite d'énormes quantités d'eau et d'énergie, ainsi que sur la construction d'infrastructures (routes, réservoirs, etc.) qui pourraient devenir obsolètes après les Jeux. 

S'ajoute à cela la promesse officielle que ces Jeux seront « durables » et « respectueux de l'équilibre écologique ». Les critiques soulignent qu'aucune de ces promesses de « durabilité » n'est réalisable compte tenu du plan actuel. Vient ensuite la décision précipitée, ou ce qui a été qualifié de « déficit démocratique ». 

La candidature a été montée à la hâte fin 2023, suite au retrait d'autres concurrents. Les critiques dénoncent un processus décisionnel précipité, mené par un groupe très restreint (Comité national olympique et sportif français, collectivités territoriales et État) sans consultation préalable des populations concernées. 

Un collectif de citoyens a même engagé une action en justice pour obtenir un débat public. Enfin, se pose la question du financement et des coûts. Les habitants et les élus locaux s'interrogent sur la transparence des coûts réels et sur les véritables bénéficiaires des emplois et des infrastructures créés. Ils craignent que les coûts d'entretien à long terme des nouvelles installations ne retombent sur les collectivités locales. Plus récemment, le différend a pris une tournure institutionnelle majeure avec l'annonce, début décembre 2025, du retrait du Conseil départemental de la Savoie de la structure organisationnelle du Comité d'organisation. 

La Savoie, où plusieurs épreuves clés sont prévues (notamment à La Plagne et Courchevel), est un partenaire essentiel. Son retrait, même partiel, envoie un signal fort qui pourrait compromettre le projet dans sa forme actuelle et reflète des doutes politiques, budgétaires et environnementaux, y compris parmi les partisans traditionnels des Jeux. 

En résumé, le débat porte sur la question de savoir si la France peut et doit accueillir les Jeux olympiques d'hiver de 2030, compte tenu de l'urgence climatique et de la nécessité d'une consultation démocratique et d'une transparence financière, surtout si cela implique des investissements importants dans des zones vulnérables au changement climatique. 

Une situation à suivre de près.

dimanche, décembre 14, 2025

Appétit en baisse pour les J.O. d'hiver ? (Première partie)

Ces dernières années, la Norvège et la Suède, deux poids lourds historiques des sports d'hiver, possédant l'expertise et les infrastructures nécessaires, se sont retirées à plusieurs reprises de la course à l'organisation des Jeux Olympiques d'hiver. Leurs retraits successifs (notamment Stockholm pour 2022 et 2026, et Oslo pour 2022) s'expliquent par une combinaison de facteurs politiques, financiers et culturels qui reflètent une méfiance croissante à l'égard du modèle économique des Jeux olympiques modernes. 

En premier lieu, la pression budgétaire et le rôle du contribuable constituent la raison la plus directe du retrait de plusieurs candidatures, notamment celles de Stockholm et d'Oslo. Ces pays nordiques disposent de systèmes sociaux solides et d'une tradition de bonne gestion des fonds publics. Les citoyens et les responsables politiques sont très sceptiques quant aux promesses de retombées économiques à long terme. Ils craignent que les Jeux n'engloutissent des ressources pour un événement éphémère.

On observe également un rejet généralisé des « éléphants blancs », ces installations spécialisées comme pistes de bobsleigh et de luge sans utilité après les Jeux et dont l'entretien incombe aux contribuables, surtout compte tenu des dépassements chroniques de coûts des Jeux. Contrairement à des pays comme l'Autriche ou la France, les pays scandinaves ont une forte culture de consultation citoyenne pour les grands projets publics comme les Jeux olympiques, où les candidatures rencontrent généralement un faible soutien populaire, voire un rejet pur et simple lors de référendums ou de sondages clés. 

Les habitants ne perçoivent aucun avantage direct sur leur qualité de vie. Il y a aussi un rejet de l'élitisme dans un pays égalitaire comme la Norvège. L'opulence, les dépenses somptueuses et le caractère « élitiste » des exigences du CIO (Comité international olympique) sont mal perçus par une population qui valorise la simplicité et l'égalité. De plus, ces exigences du CIO n’ont plus la cote dans les pays scandinaves car elles sont perçues comme excessives et souvent déconnectées des réalités locales, une forme d’arrogance que j'ai toujours déplorée. 

Cela explique pourquoi ces retraits des pays scandinaves n’étaient dus ni à un manque de capacité à accueillir les Jeux, mais à un choix politique et éthique. Ils refusaient tout simplement de dépenser des milliards d'euros d'argent public pour un événement dont les bénéfices, selon eux, ne justifient pas le coût, l'impact environnemental et les exigences du CIO, qu'ils jugent trop élitistes. 

Toute cette histoire scandinave fait écho à une situation similaire qui se développe en France, où j'ai récemment appris qu'un vif mécontentement couvait concernant les Jeux olympiques d'hiver de 2030, prévus dans l'ensemble des Alpes françaises. C’est pourquoi demain, j'essaierai d'expliquer de quoi il s'agit.