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mercredi, février 11, 2026

Qui est à l'origine du parapente ? (Deuxième partie)

En 1985, alors que Jean-Claude Bétemps, Gérard Bosson et André Bohn travaillaient au développement du parapente, Laurent de Kalbermatten fit son apparition. Ce pilote suisse passa des parachutes modifiés au modèle appellé « La Randonneuse », la toute première aile conçue exclusivement pour le parapente (utilisant un tissu non poreux et des suspentes rigides).

C'est à ce moment-là que le parapente cessa d'être une variante du parachutisme pour devenir un sport de vol libre à part entière. Ce modèle fut le point de départ de la production en série. D'autres fabricants et modèles suivirent rapidement. Avec la multiplication des modèles disponibles, le nombre de pratiquants se mis a augmenter, de même que le marketing et la concurrence entre les entreprises, contribuant au développement technique du parapente en termes de facilité d'utilisation, de performances et de sécurité. 

Le premier record de distance en vol libre, de 69,15 km, fut établi par Hans Jörg Bachmair le 10 juin 1989 et officiellement homologué par la Fédération aéronautique internationale (FAI). Le parapente s'organisa rapidement en sport à part entière. Le premier championnat d'Europe eut lieu en 1988 à Saint-Hilaire, en France. L'année suivante, le premier championnat du monde se déroula à Kössen, en Autriche. Bien plus tard, en 2004, le championnat d'Asie eut lieu à Handong, en Corée du Sud, et en 2008, eut lieu un championnat panaméricain à Castelo, au Brésil. 

Mon ami Anselme Baud, ex-professeur à l'ENSA, l'école des guides de montagne et des moniteurs de ski de Chamonix, et l'un des pionniers du ski extrême, joua un rôle dans l'introduction de l'utilisation des skis dans la pratique du parapente. Au début de l’hiver 79/80, à Plan Praz, la station intermédiaire de la télécabine du Brévent, à Chamonix, alors que Jean-Claude Bétemps effectuait des essais avec son « paraplane » (l’ancêtre du parapente), 

Anselme Baud eut l'idée de garder ses skis pour prendre de la vitesse au décollage. Il s'élança le long de la pente, plana sur quelques centaines de mètres avant de se poser à nouveau sur la neige et de repartir à ski. Anselme vit dans le parapente un « outil » lui permettant de descendre plus vite ou de franchir des obstacles infranchissables à skis. 

En conclusion, Jean-Claude Bétemps, avec ses partenaires André Bohn et Gérard Bosson, bien qu'ayant joué un rôle déterminant dans l'invention de ce sport, se sont davantage concentrés sur le développement technique et la promotion du parapente en tant que nouveau sport accessible, plutôt que sur une commercialisation agressive et une monétisation à la manière d'un Steve Jobs ou d'un Georges Salomon. 

L'immense popularité de leur invention a engendré un essor considérable dans les années 1980. Des fabricants indépendants se sont rapidement emparés du marché pour améliorer le matériel, donnant naissance à une industrie florissante dont ils n'ont pas profité. 

Maintenant, comme moi, vous connaissez toute l'histoire …

mardi, février 10, 2026

Qui est à l'origine du parapente ? (Première partie)

Le parapente m'a toujours fasciné et intéressé, même si j'ignorais tout de ses origines. Il a été précédé par le deltaplane, un précurseur clé de l'aviation à décollage à pied, inventé en 1963 par John Dickenson, un ingénieur australien spécialisé dans le remorquage de ski nautique.

Ce sont Bill Bennett et Bill Moyes qui ont perfectionné la conception de Dickenson au début des années 1970, transformant le cerf-volant de ski nautique en un deltaplane à décollage à pied, qui a immédiatement séduit un grand nombre de mes compatriotes français. Le deltaplane a mené au parapente, dont l'histoire est fascinante car elle ne repose pas sur une seule invention, mais sur une série de pionniers qui ont transformé un dispositif de survie (le parachute) en un instrument de loisir. 

En cherchant ceux qui sont véritablement à l'origine de ce sport tel que nous le connaissons aujourd'hui, on découvre un groupe de précurseurs techniques. Avant que le parapente ne devienne un sport, il a fallu inventer l'aile à double surface qui permettrait son fonctionnement. En 1964, un Américain, Domina Jalbert, le véritable inventeur, a breveté le Parafoil. On peut le considérer comme l'acte de naissance de l'aile à caissons. Avant lui, les parachutes étaient ronds ; après, ils sont devenus rectangulaires et capables de générer une véritable portance. 

Un an plus tard, David Barish, consultant pour la NASA, a développé le Sailwing (une aile à simple surface). 

Il fut le premier à pratiquer ce qu'il appelait le « vol de pente » sur une piste de ski à Hunter Mountain, près de New York, descendant quelque 60 mètres. 

Bien que Barish fût techniquement le premier « parapentiste », l'activité est tombée dans l'oubli pendant plus d'une décennie. 

Le 25 juin 1978, à Mieussy (à 27 km de Montriond, mon patelin d’origine en Haute-Savoie), trois parachutistes de l'aéro-club d'Annemasse décidèrent de décoller d'une pente afin déconomiser les frais de vol en avion. L’idée leur était venue en lisant un article du manuel de parachutisme de 1972 qui faisait relatait le vol de pente de David Barish. 

Jean-Claude Bétemps, qui fêtera ses 77 ans cette année, souvent considéré comme le père du parapente, avait réalisé le tout premier essai (un petit saut en bas d'une pente). André Bohn, parachutiste suisse de haut niveau, a ensuite effectué le premier véritable vol soutenu, un peu plus tard la même année, décollant du Mont Pethuiset et atterrissant 1000 mètres plus bas sur le terrain de foot de Mieussy.

Gérard Bosson a ensuite structuré l'activité et a fondé en 1979, avec Michel Didriche et Georges Perret, le premier club et la première école de parapente au monde : « Les Choucas » à Mieussy. Il a joué un rôle déterminant dans la promotion du sport à l'échelle internationale. 

Demain, nous verrons comment les améliorations et les adaptations successives ont façonné la pratique du parapente…

samedi, juin 08, 2024

En repensant à Portillo 1966

L’autre jour, alors que je regardais si la neige ete déjà au rendez-vous en hémisphère sud, après avoir observé les pistes de ski sans neige en Australie et Nouvelle-Zélande, j’étais ravi de voir enfin de la neige naturelle au sol à Bariloche (Argentine) et à Portillo (Chili), une station de ski dotée d’un seul hôtel située à deux pas de cette même frontière argentine. 

J’ai toujours été fasciné par cet endroit, mais je n’avais jamais eu l’occasion d’y amener mes skis, du moins pour le moment. Ce qui avait toujours captivé mon imagination, c’étaient les Championnats du monde de ski en aout 1966, les premiers et les seuls à s’être déroulés dans l’hémisphère sud. Ce qui m’avait le plus marqué, c’était la victoire éclatante de Jean-Claude Killy sur une piste de descente sans arbres (il en existe une autre à Zermatt-Cervinia, qui n’a pas encore été utilisée dans le cadre d’une compétition internationale). 

Cette piste chilienne, appelée « Juncalillo », est célèbre pour sa zone de départ à la fois raide et longue et sa section médiane vallonnée. La course s'est déroulée le 7 août 1966 dans des conditions météo exceptionnelles. Le départ avait ete remonté 50 mètres au-dessus de la plateforme d'arrivée de la remontée Roca Jack et empruntait ensuite la piste Juncalillo, en passant par les deux tunnels survolant la Route Internationale reliant le Chili à l'Argentine, avec son schuss raide juste avant la ligne d'arrivée près du départ du télésiège Juncalillo. 

À l’époque, certains critiques avaient qualifié cette descente de slalom géant glorifié, alors qu’elle avait tous les ingrédients nécessaires pour cette discipline et qu’elle était parfaitement adaptée à un championnat du monde. Pourtant, ses 4 ou 5 premiers virages sur une pente très raide faisaient toute la différence, car ils exigeaient un carving parfait que Schranz, Nenning ou Brugmann, les grands favoris du jour, ne sont pas parvenu à fournir, tandis que Killy, selon les propres mots d’Honoré Bonnet, le fameux directeur de l’équipe de France qui observait depuis le mi-parcours: « coupait dans le parcours sans faire de fumée … »

Killy s’était imposé en 1 minute 35 secondes et 16/100e à une vitesse moyenne de 100,51 km/h devant son compatriote Léo Lacroix et l'Allemand Franz Vogler. Aujourd'hui, ce parcours de descente est principalement utilisé par les équipes de ski des États-Unis et certaines équipes canadiennes et européennes pour leur entraînement d’été ... 

vendredi, septembre 22, 2023

Critique de la mini-série sur Tapie

Nous avons parcouru les sept épisodes de la mini-série Netflix sur ce cher Nanard, et pour la plupart, nous l’avons beaucoup aimé. 

Tapie en ressort comme une sorte de frère jumeau de Donald Trump, bien que quand même, meilleur vendeur, ce qui fait de Bernard Tapie un démagogue nettement supérieur a son homologue américain, peut-être tout simplement en raison de la manière dont il a grandi. 

Cela dit, contrairement à Trump, Tapie semblait avoir compris (dans une certaine mesure) qu’il était plus facile d’attraper des mouches avec du miel qu’avec du vinaigre ! Ce qui est remarquable pour les deux, c'est leur capacité à générer une foule de supporters inconditionnels qui aiment la façon dont les deux personnages se moquent de la civilité, des règles sociales, de la moralité et de l’état de droit en général. 

Ils laissent dans leur sillage de puissants exemples qu'il est possible de tout faire en outrepassant l’ordre établi et en marchant sur les petits copains gênants. Aussi, ils savaient donner une avant goût de ce qu’ils feraient le jour où ils accéderaient au pouvoir suprême. 

Tous deux ont donné à leurs fans des procurations pour ce qu’ils convoitaient secrètement mais n’osaient pas faire ouvertement … Regarder ces épisodes a conforté la première réaction que j’avais eu en 2015, quand j’ai découvert le modus operandi de Trump, et me suis exclamé : « C’est la version américaine de Tapie ! » 

Ceci dit, et sur les sept épisodes, j'ai beaucoup aimé les deux premiers et je pense que le tout dernier (septième épisode) est de loin le meilleur, quand Tapie se retrouve face à face avec le procureur qui va l'envoyer en prison. Cette recréation n’a pas de prix et ressemble à une allégorie du jugement final divin !

Donc mon impression finale est assez simple, regardez cette série, c’est un bon divertissement et plus encore, une excellente initiation dans les techniques d’intimidation, d’abus d’autrui, et de prises de pouvoir autoritaires !

jeudi, septembre 21, 2023

Pourquoi Look a-t-il couru après Tapie ? (Suite et fin)

Depuis, quelqu’un m’a raconté le côté caché de cette histoire, qui pourrait s’appeler version d’initié, et qui explique tout. En fait, des contacts entre les propriétaires de Look et le PDG de Rossignol duraient depuis assez longtemps. 

Quand les chose commençaient à mal tourner pour Look, M. Boix-Vives etait venu à Nevers en 1981 et avait mis un chèque de 100 millions de francs (15 million euros) sur la table. 

A l'époque, Madame Beyl avait d'autres projets. Le précédent directeur général, Philippe Blime, venait de partir et Roland Cattin, le gendre des Beyl, allait selon Mme Beyl, prendre le relais, maintenant Look en vie dans le court terme avant de retourner complètement la situation. 

M. Beyl avait acquiescé à contrecœur malgré la bouée de sauvetage que lui avait lancé Rossignol. Après cela, la situation allait passer de mal en pis au cours de 1982. Les Beyl sentaient qu’une tempête se préparait mais ne voulaient pas toujours pas lâcher la barre. 

Cela entraîna une tentative de fusion avec Franco Vaccari, l'un des propriétaires de Nordica qui avait conduit à un accord de principe au premier trimestre de 1983, pour que la société italienne injecte des liquidités dans la société moribonde, avec une date limite fixée au 19 juillet 1983. 

La banque de Look, la BNP, était parfaitement au courant de cet accord mais au dernier moment, le 10 juillet, avait refusé de débloquer les fonds nécessaires se montant à 4 millions de francs (610 000 euros). Sous pression, les Beyls prélevèrent ce montant sur leur trésorerie personnelle, espérant que Nordica respecterait son engagement. 

Cela n’allait pas se produire, car le 19 juillet, Nordica renonçait à honorer son offre. À ce moment-là, l’entreprise était fichue. Roland Cattin sauta alors dans un avion pour rencontrer Tapie qui était en vacances à Tahiti et lui remettre les clés de l'entreprise. 

Le 23 juillet, l'entourage de Tapie arrivait à Nevers et se présentait ensuite au tribunal de commerce ou il demandait la mise en redressement judiciaire de Look, ce qui lui fut accordé alors que l'entreprise venait juste d’être mise en faillite.

lundi, juin 19, 2023

C’est quoi Juneteenth ?

Je suis à peu près certain qu'un grand nombre d'Américains ne savent même pas ce qu'est « Juneteenth » ?, alors pour être sûr que nous sommes tous au courant, rappelez-vous simplement que Juneteenth est un jour férié fédéral aux États-Unis, officiellement appelé « Juneteenth Fête de l'Indépendance Nationale ». 

Les services, postaux, gouvernementaux et la bourse sont fermés ainsi que certaines grandes entreprises. La plupart des gens vont prebablement se rendre au travail. Ce jour férié, qui tombe aujourd'hui, commémore l'émancipation des esclaves venus d’Afrique.

Ce nom de fête plutôt insolite est la combinaison de « June » et de « nineteen » qui veulent dire « 19 juin », car c’est la date à laquelle l'ordre, délivré par l

e major général Gordon Granger le 19 juin 1865, avait ainsi proclamé la liberté des esclaves du Texas. Originaire de Galveston, dans ce même état, Juneteenth a depuis été observé chaque année dans diverses régions des États-Unis, célébrant ainsi la culture afro-américaine. 

La journée a été reconnue pour la première fois comme jour férié fédéral en 2021, lorsque le président Biden a promulgué la loi du 19 juin instituant cette fête nationale. C'est donc assez nouveau et cela explique pourquoi si peu d'entre nous sont capables d’expliquer son sens et son origine ...

vendredi, mai 05, 2023

Saison de neige et de ski record !

Il m’aura fallu passer la barre des trois quarts de siècle pour skier autant que je l'ai fait cet hiver. 

Et cela dans les conditions les plus incroyables que j'aie jamais pu rencontrer au cours de mes 70 saisons passées sur la planète Ski. 

La neige était bonne, profonde (quand même pas aussi légère que nous la connaissions en Utah d’habitude), abondante et mes semelles et carres de ski sont toujours immaculées en dépit de l’impressionnante distance parcourue. 

Cette saison d'hiver, tout a donc battu tous les records : 

  • Jamais vu autant de neige, autant de profonde et de si bonnes conditions de ski 
  • Jamais vu si peu de soleil 
  • Jamais évité autant de nids-de-poule au volant, sur routes et parkings 
  • Jamais pelleté et fraisé autant de neige, aussi souvent 
  • Jamais vu autant de toitures transformées en passoires et si surchargées qu’il fallait les décharger 
  • Jamais vu autant de skieurs heureux (comme moi) 
  • Jamais skié autant de fois et d'heures 
  • Jamais skié autant de dénivelé 
  • Jamais, mais jamais, jamais été fatigué en skiant (bizarre !)
  • Jamais vécu avec autant de chevreuils (une douzaine) coincés dans notre jardin
  • Jamais vu nos arbres dévorés par ces mêmes chevreuils affamés 
  • Jamais eu autant de pétoles (crottes de biques) à ramasser 
  • Jamais été aussi heureux et serein

 ... et le meilleur pour la fin : 

  • Jamais été aussi vieux !

mardi, avril 18, 2023

Les pompes du gouverneur de l'Utah

En 2022, la population de l'Utah a réalisé que la méga-sécheresse qui affectait l'État persistait et que nous étions sur le point de perdre notre Grand Lac Salé à cause d'une mauvaise gestion de l'eau, d'une irrigation excessive et d'une croissance démographique explosive. 

Avec le retrait partiel du lac, toute la saleté serait exposée et les métaux lourds qui y sont incrustés seraient emportés par le vent et allaient tous nous empoisonner. Tout le monde a paniqué pour trouver des solutions et de l'argent pour « sauver le lac ». 

Revenons maintenant à la fin des années 1980 lorsque nous sommes arrivés en Utah. Les hivers 81-82, 82-83 et 83-84 avaient été parmi les plus enneigés de mémoire récente, et avec cela le niveau du Grand Lac Salé n'avait cessé de croître jusqu’à atteindre 1 283 m d’altitude en 1986, au point que l'aéroport était menacé. 

Cela a conduit le gouverneur de l'Utah de l'époque, Norm Bangerter, à approuver, en 1987, un plan de lutte contre les inondations de 71,7 millions de dollars pour pomper l'eau du Grand Lac Salé vers le désert occidental, juste au nord de la célèbre piste de vitesse de « Bonneville Salt Flats ». Aujourd'hui, avec encore plus de corruption et d'inflation que par le passé, ces travaux aurait pu coûter 2 milliards de dollars sans que personne ne s’en soucie trop.

 
Pendant 2 ans, 3,3 milliards de mètres cubes d'eau, à partir d’avril 1987, ont été pompés du Grand Lac Salé vers ce bassin d'évaporation dans le désert près de l’état du Nevada, jusqu’à leur arrêt en juin 1989. Notre méga-sécheresse a commencé. Après la mort du gouverneur Bangerter d'un AVC il y a à peine 8 ans, on se souvient surtout de lui pour le genre d'éléphants blancs que ses pompes représentaient et pour une autoroute qui porte son nom près de l'aéroport. 

Aujourd'hui, après l'énorme accumulation de neige de cet hiver, Salt Lake City se prépare à d’inquiétantes inondations, tout comme au printemps 1984. Cela m'a fait me demander si nous devions enfin remettre ces pompes en marche si le phénomène de rivière atmosphérique que nous avons eu cet hiver devaient se répéter. 

Dans le passé, le lac s'est élevé de 6 mètres en 20 ans, et 60 % de cette augmentation s’est produite en 5 ans, ce qui montre que le niveau du lac peut varier considérablement. Le 3 juillet 2022, le niveau du lac était à 1 271 m et aujourd'hui, après notre première fonte des neiges, il vient d’augmenter de près d’un mètre.

vendredi, avril 07, 2023

Le Rossignol Strato 102

Ce 4 avril était ma 102e journée de ski de la saison. Alors que j'étais ravi d'avoir skié bien au-delà de mon âge, mon attention s'est alors portée sur le chiffre 102 et a évoqué l'image de l’évolution du Rossignol Strato, ce ski célèbre dans la collection de la marque de ski française sous l’appellation « Strato 102 ».

Dans la culture américaine, le chiffre 101 qui le précède représente un nouveau départ et l’idée de croissance. Si l’on se sent un peu coincé ou malheureux, c'est le moment idéal pour effectuer un changement salutaire. Cela désigne également un cours d'introduction au collège ou à l'université dans un sujet donné, donc à partir de là, on pourrait en déduire que "102" était l’évolution logique vers l’avant et le progrès. 

J'ai aussi demandé à Maurice Woehrle, qui a dirigé la R&D chez Rossignol pendant de nombreuses années les raisons pour ce choix. Il m'a dit qu’il ne souvenait pas d’une raison précise pour avoir ajouté « 102 », sauf peut-être que « 2 » marquait un léger progrès dans la finition du ski. Rossignol avait en effet tenté, pendant un année, de remplacer la laque et le vernis recouvrant la couverture en ABS par de la cire qui aurait été moins chère à fabriquer.

Pour finir, j’ai aussi cherché à contacter Laurent Boix Vives, l’ancien PDG de Rossignol, au Paradis où il passe en ce moment ses vacances. C’est lui qui a relevé et ressuscité l'entreprise grâce à son génie financier. Il m’a dit « Cent-deux ? Vous savez là où je me trouve, les chiffres ne m’intéressent plus ! » 

Vous connaissez donc maintenant l'histoire derrière ce nom et ne soyez pas surpris si un jour, vous découvrez un nouveau Rossignol Strato 103 marquant un sérieux progrès technologique sur cette fameuse lignée de skis ...

mercredi, mars 29, 2023

Le pouvoir d’inspirer …

Hier soir, je regardais « American Experience » sur la chaîne américaine PBS, qui retraçait, en 1969, la confrontation entre le président Nixon, son conseiller Kissinger et le mouvement anti-guerre. 

Raconté au travers de témoignages originaux, le film révélait comment les dirigeants du mouvement avaient mobilisé des groupes disparates pour créer deux manifestations massives, les moratoriums des 15 octobre et 15 novembre 1969, qui avaient en fait changé l'histoire. 

Cet ardent militantisme de jeunes est en fait ce qui m'a toujours attiré vers les États-Unis à cet époque et avoir été un élément d’inspiration important qui allait motiver mon désir de m’y installer. Plus que le niveau de confort et d’activité créatrice, c’est cet activisme et ce courage de la jeunesse que j’admirais, qu'ils aient étés mise en œuvre pour lutter pour les droits civiques ou contre la guerre du Vietnam. 

Je n'étais pourtant pas du tout de tendance gauchiste à cette époque, étant probablement plus apolitique que je ne l'ai jamais été, mais j'avais trouvé une formidable source d'inspiration qui a aujourd’hui totalement disparu d’une société américaine, pervertie, entre autres, par ma propre génération de baby-boomers. 

Où toute cette énergie est-elle donc passée ? C'est ce qui me manque aujourd'hui à l'Amérique moderne ... 

dimanche, novembre 20, 2022

Qui a vraiment inventé la combinaison de vitesse à ski ?

J'ai toujours cru que la première combinaison de course aérodynamique avait été inventée par le fabricant français de vêtements de sport Fusalp, qui l’avait officiellement introduite lors des Championnats du monde de Portillo en 1966.

Ceux-ci avaient étés clairement dominés par l'équipe de France de ski. Selon certains, un programme d'entraînement physique intense et bien planifiée était à l'origine des 16 médailles sur 24 possibles gagnées par les français, mais il est certain que leurs nouvelles combinaisons de ski profilées et inédites avaient eu un impact fort en termes des quelques fractions de secondes gagnées sur les pistes et, dès le départ, avaient porté un sérieux coup au moral des autres concurrents. 

Aujourd'hui, avec la disparition de Hans Hess à 90 ans, l'histoire est une fois de plus en train d'être révisée. Apparemment, ce brave Helvète avait eu l'idée d'utiliser les connaissances de son voisin et pionnier de la plongée, Hannes Keller, pour développer une combinaison de course alpine aérodynamique. 

C’est en se rendant en spectateur aux courses du Lauberhorn qu’il avait ete frappé par les pantalons des coureurs qui battait au vent alors qu’ils franchissaient le saut de la « tête du chien » faisant comme s’en souvenait Hess « Un bruit aussi fort que si un train passait là ». En 1969, les deux hommes avaient ainsi fondé Skin AG, dans le but de produire des combinaisons de ski qui s'adapteraient aux athlètes comme une seconde peau. 

Finalement, Hess a pu affiner son produit et, à partir de 1971, Skin AG est devenu le fournisseur de l'équipe de ski suisse. La même année, Descente, le fabricant textile japonais, découvrait ces combinaisons high-tech de Hess. L'intérêt de collaborer ensemble était né après les victoires suisses aux Jeux olympiques de Sapporo en 1972. À partir de ce moment et jusqu'à ce jour, Descente a toujours été utilisé par l’équipe de ski Suisse. 

Même après avoir pris connaissance de cette belle histoire, je ne suis toujours pas convaincu que Hess et Keller aient vraiment « inventé » l'élégante combinaison une-pièce que les coureurs alpins portent aujourd'hui. 

Juste avant Portillo, Léo Lacroix, alors membre de l'équipe de France, toujours à la recherche de moyens d’améliorer la performances des coureurs, avait convaincu la direction de Fusalp de faire des tests en soufflerie pour évaluer le comportement des vêtements de ski de l'époque. 

Il se souvient : « Il fallait réfléchir comment on pourrait bien empêcher nos anoraks, nos dossards et nos pantalons de flotter au vent, ce qui nous tiraient littéralement vers l’arrière ». Il fallait donc perfectionner ces vêtements sous toutes leurs coutures en recherchant de nouvelles solutions. 

Trois mois plus tard, des combinaisons intégrales « hors-normes » pour reprendre les mots de Léo Lacroix, étaient prêtes juste à temps pour les championnats du monde au Chili et allaient devenir les symboles tangibles d'une razzia française historique et écrasante. 

Il est en effet impossible d'ignorer le rôle capital que Léo Lacroix et Fusalp avaient joué en temps qu'instigateur, inventeurs et producteur de ces vêtements aérodynamiques, que Skin AG n'a fait simplement que peaufiner (excusez le un jeu de mot). 

Qui pourrait être en désaccord avec cela ?

lundi, septembre 19, 2022

Combinaison ski-fixation unique et historique

Récemment, Marielle Goitschel, la championne de ski qui décoiffe, a offert à une association caritative l'un des skis (200 cm) qu'elle a utilisés lorsque sa sœur Christine et elle-même ont remporté une médaille d'or et d'argent aux Jeux olympiques d'hiver d'Innsbruck en 1964. 

Ce qui est frappant dans le ski présenté ici par Christine, est qu'il s'agit d'un Dynamic Compound RG5, pas du légendaire VR7, fabriqué à l'usine Dynamic de Sillans en Isère, mais également fabriqué à Sallanches, en Haute-Savoie par Starflex dans ce qui allait devenir l'usine Dynastar. 

Ce qui est encore plus significatif pour moi, c'est qu'un an plus tard, j'ai acheté une paire d'un modèle similaire Compound RG5 vendu sous la nouvelle marque Dynastar, qui était une contraction (Dyna-Star) de Dynamic et Starflex. 

Enfin, mes nouvelles planches, tout comme celles des sœurs Goitschel, étaient montées avec une butée Salomon, pivot simple, "Émile Allais", associée à une plaque tournante Look très légère. 

L'utilisation d'un tel piège à rat par de vrais championnes avait suffi à valider mon choix. Les puristes qui connaissent bien les fixations de ski, dont j’ai fait partie par la suite, auraient qualifié cet attelage en qualité de « casse-jambe » potentiel. 

Cela dit, si la butée Salomon ne pouvait pas libérer la chaussure en forçant la pression de la bille sous tension, elle semblait être divinement intelligente pour se casser d’elle-même si le skieur se trouvait face à une situation de vie et de mort, comme en témoigne la photo, si votre vue et bonne et si vous regardez celle-ci d'assez près !

mercredi, septembre 15, 2021

Onze Septembre

Une semaine avant le 20e anniversaire des événements du 11 septembre, nous avons été inondés de rappels, de souvenirs, d'informations, de témoignages de toutes sortes et d'analyses, reliant cette période de notre histoire récente à ce qui se passe aujourd'hui en Amérique. 

Au delà de la tragédie elle-même et des souffrance des victimes et de leur proches, ma conclusion de ces 20 dernières années est assez tranchée. 

Je travaillais à Vail Colorado quand les avions se sont écrasés dans les tours jumelles du World Trade Center. Je me suis tout de suite dit : « C'est la résultat de ce que nous avons laissé se produire en Palestine. » 

Je pensais que Bush, qui ressemblait jusqu’alors à un cerf aveuglé par les phares d’une auto, était déjà vraiment stupide, mais il avait enfin trouvé là une cause pour ancrer sa présidence. Cheney, le diabolique, a sauté sur l'occasion de revenir et de se battre près des pays de l’or noir et, en tant que maître marionnettiste, a poussé Bush à se lancer dans des guerres insensées. 

D'abord, nous aurions dû bombarder les talibans encore plus fort, attraper Oussama ben Laden tout de suite et foutre le camp. Fin de discussion. Nous aurions sauvé 170 000 vies et des milliers de milliards de dollars. 

Ensuite, nous nous sommes embarqués en Irak, sans la moindre idée, sans plans et sans raisons valables sous le couvert d’un énorme mensonge, qui a également tué plus de 500 000 personnes et a coûté encore quelques milliers de milliards de dollars, en plus de l'Afghanistan, le tout financé à crédit. 

Aujourd'hui, alors que j'envoie mes impôts (tiers-provisionnel) au gouvernement, je suis particulièrement en colère de voir l'usage qui est fait de mon argent. Bush, Cheney, feu Rumsfeld, Rice et Powell sont une bande de criminels de guerre qui devraient toujours tous être en prison. 

Obama n'a pas eu le courage personnel et politique de sortir d'Afghanistan alors que Trump n'a pas compris qu'il devait inclure le gouvernement afghan dans ses négociations avec les talibans. 

Un autre enseignement à retenir de nos guerres afghano-irakiennes est que les puissances mondiales ne devraient jamais plus tenter de renverser la culture et les coutumes d'un pays médiéval. Cela ne fonctionne simplement pas, ou s'il semble que cela « marche » pendant un certain temps, tout comme un élastique, cela revient très vite à la situation d’origine.  

Au moins Biden, aussi diabolisé qu'il l'a été ces derniers temps, a eu le courage nécessaire pour nous sortir de là. 

Ensuite, il y a nos militaires qui pendant 20 ans n’ont pas arrêté de nous raconter que les choses iraient mieux « la semaine prochaine ! » 

Si nous prenons pour exemple de la récente victoire des talibans sur le géant Américain, leur budget n’était que de 1,5 milliard de dollars par an, contre environ 500 à 750 milliards de dollars pour notre formidable machine de guerre américaine. 

Sans discuter davantage, les Talibans, ces gaillards mal fringués et barbus nous ont bel et bien battus. Ils étaient beaucoup, beaucoup plus efficaces, et nous devrions faire sous-traiter notre défense nationale à ces gars sur leurs camionnettes Toyota. Ils pourraient peut-être réussir à nous débarrasser des « Proud Boys » et de McConnell pendant qu'ils y sont.

vendredi, août 06, 2021

La légende de Zerno ou Jhérnoz

Pour faire suite au blog d'hier, je vais vous présenter aujourd'hui la légende d'un des premiers habitants de ma vallée natale, connu sous le nom de Zerno ou Jhérnoz, mais pour nous faciliter la tâche à tous, nous l'appellerons Zerno. 

Cet homme est antérieur à l'établissement de la religion catholique dans la vallée alpine de Morzine qui était alors très isolée, et aux premiers moines qui ont établi l'abbaye d'Aulph, à 8 km en aval de Morzine. L'abbaye avait été fondée à la fin du XIe siècle par des moines de l'abbaye de Molesme en Bourgogne, dont l'éventuel second abbé d'Aulph, Guarinus de Sitten, allait plus tard devenir saint Guérin. 

Le nom de l'abbaye tire son origine du mot latin alpibus qui signifie « alpages » et qui donnera plus tard son nom au village de St Jean d'Aulps. À son arrivée, l'abbé chercha les éventuels habitants déjà etablis dans le fond de la vallee et identifia trois groupes distincts. 

L'un d'eux, le Zerno, habitait du coté d'Avoriaz, la station de ski bien connue qui domine Morzine, Un autre, Grou Braichard, habitait la vallée de la Manche, et un groupe de trois femmes appelées Dreffena, résidaient autour de ce qui est aujourd'hui le massif skiable de Nyon. 

Une fois installé, l'abbé les convoqua tous car il voulait bien les avoir et les tenir sous son contrôle. Alors que tous les autres avait répondu à l’appel de l’Abbaye, le Zerno n'avait aucune envie de rencontrer l'abbé. Il fallu donc que ce dernier insiste et qu’à force d’être harcelé par l'abbaye, et aussi par curiosité naturelle, il finisse par s’y présenter. 

Là, dans une démonstration de mise en scène bien préparée et quasiment hollywoodienne, le Zerno avait nonchalamment jeté son manteau en peau de loup sur le rayon de soleil qui entrait dans la pièce obscure. À la surprise de tous, y compris de l'abbé, la peau de bête resta en suspension autour du rayon solaire. 

De toute évidence, le Zarno en savait long sur la domestication des photons ! Certain auraient pu penser que c’était un sorcier. Moi, je crois simplement qu’il avait sauté dans une machine à traverser le temps, et en avait profité pour faire quelques semestres d’études au Massachusetts Institute of Technology en 2065 pour étudier la transformation de photons en matériaux d’éclairage solides ! 

C'est alors qu'il se mit à marcher, faisant trois pas en avant et trois pas en arrière. Face à cette tournure d’événements plutôt inhabituelle et au comportement unique du Zerno, l'abbé pensa qu’il était tombé sur un « os » et le laissa partir en paix. 

Mon point de vue personnel est que le Zerno était à la fois un frondeur et un sceptique débordant de bon sens. En suspendant son manteau aux rayons du soleil, il voulait indiquer que ce dernier brillait également pour tout le monde et les moines, qui croyaient être les nouveaux maîtres de la vallée, n'avaient pas le droit de chasser ou de contrôler ceux qui s’y trouvaient déjà. 

Les trois pas en avant et en arrière auraient pu indiquer que le Zerno n'était pas un gros bonnet, qu'il n'avait pas l'intention de défier l'autorité de l'abbé, mais qu'il n'avait nullement besoin de sa religion, voulait vivre librement, au jour le jour, à sa guise, en suivant le flux naturel de prospérité et d'adversité, et qu'en fin de compte, il ne gagnerait pas plus de terrain qu’il n’en perdrait. 

On pourrait appeler cela un esprit indépendant, iconoclaste et libre-penseur, bien avant l'heure. Ce type m’a séduit instantanément. Certes, il s’avère vrai que des légendes similaires existent aussi dans d'autres régions de France et sont là sans doute pour démontrer que certains individus n'avait nul besoin de la chrétienté pour surmonter les peurs que pouvaient susciter leur environnement et leur propre condition humaine.

Aujourd'hui, Jean-Christophe Richard, un artiste local, est également tombé sous le charme du Zerno. Il veut honorer ce personnage en lui érigeant une statue de grande taille, haute de 3,5 mètres, quelque part sur la station de ski d'Avoriaz, le lieu où Zerno habitait.

Pour y parvenir et mener son projet à terme, il lui faut maintenant trouver quelque 40 000 euros. Si quelqu'un est prêt à financer une portion ou l'intégralité des travaux nécessaires, qu’il contacte Jean-Christophe sur son site.

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jeudi, août 05, 2021

Des souris et des hommes

Ou plutôt « Des rats et des hommes », si je ne veux pas usurper le titre du fameux livre de John Steinbeck afin d’évoquer une singularité culturelle de Morzine, cette petite ville de montagne, touchant mon village natal de Montriond, en Haute-Savoie, où j'ai grandi. 

À cette époque, la religion était farouchement ancrée dans la culture locale, avec un mélange de superstition et de sorcellerie, bien avant que cette vallée, autrefois inaccessible, ne soit évangélisée par les moines de Saint Jean d’Aulps. 

Morzine avait déjà du faire face un groupe de femmes possédées et hystériques qui avait rendu la commune tristement célèbre et devait aussi lutter avec deux factions distinctes et opposées, les rats rouges et les rats blancs. Encore une fois, Morzine était blottie au fond d’une vallée difficilement accessible et bloquée par la ligne de crêtes définissant la frontière suisse. 

La rivière Dranse traversait Morzine, avec sur sa rive droite, la mairie, l'église et le domaine skiable d'Avoriaz, et sur sa rive gauche où se situent La Crusaz, sa nouvelle place principale, et les domaines skiables de Nyon et du Pleney. 

Les habitants de la rive droite étant appelés « les rats blancs » et ceux de la rive gauche « les rats rouges ». 

Les "rats blancs" avaient la réputation d'être extrêmement religieux, assez conservateurs, mais aussi selon certains, un peu sournois et obsédés par les affaires et les profits, tandis que les "rats rouges" étaient plutôt des paysans beaucoup moins hypocrites et plus progressistes. 

Les deux clans se disputaient de façon quasi-permanente et les mariages entre rats blancs et rats rouges étaient assez rares, voire impensables. 

Aujourd'hui, sous « l'occupation britannique », les choses se sont un peu adoucies, mais il n'est pas inhabituel que quelqu'un blâme un rat d'une certaine couleur pour quelque chose qui déplait ou qui est contraire à l'éthique communautaire. 

Comme je n’y vois encore pas très clairement à travers ce sujet épineux, j'envisage d’intensifier mes recherches et quand j’en saurai plus, je vous fournirai une explication plus élaborée de cette longue querelle entre ces « rongeurs » blancs et rouges !

samedi, décembre 19, 2020

Napoléon était-il un dictateur ?

Récemment, quelqu’un disait à la radio que Napoléon était « un autre dictateur » et cela m’a fait sourire, car au fond de moi, je sais qu'il y avait une part de vérité dans cette vue là, mais à travers ma scolarité en France, Napoléon était surtout dépeint comme un grand général, un homme d'État et souvent même un héros. 

En tant que pays, la France était fière de son fils l’Empereur ! Au début de sa carrière militaire, il a fait preuve de suffisamment d'intelligence, de leadership et de charisme pour aider à abolir la monarchie et à renforcer la république. 

Le problème avec l’apport du pouvoir et du respect qui l’accompagne est que cela peut souvent amener certains à développer un besoin insatiable d'encore plus de pouvoir et d'adulation. Plutôt que d'aider à assurer le développement de la France en tant que république libre, Napoléon avait décidé que la France et toute l'Europe avaient besoin d'un meneur fort pour diriger le continent. 

Napoléon s'est également intéressé au système juridique français, car il estimait qu'un système judiciaire centralisé lui permettrait de renforcer son régime et de prévenir les menaces politiques. On pourrait dire la même chose de l’institution de 18 000 gendarmes qui rendaient compte quotidiennement à Fouché et du contrôle des médias qui, réprimant la liberté d’expression et de parole, devenaient ainsi le porte-parole du gouvernement pour toute sa propagande officielle. 

Bien sûr, Napoléon n'était peut-être pas aussi mauvais qu'Hitler ou Staline, mais il avait certainement prit le pouvoir et était déterminé à le garder. Dans les derniers jours de la dictature-en-herbe de Trump, il est rafraîchissant de voir que les dictateurs se présentent sous des tas de formes et de styles. 

Peut-être que Napoléon était une version « light » dans le genre, mais à mon avis, il faisait néanmoins partie de cette confrérie assez peu recommandable !

jeudi, septembre 17, 2020

Qu’est devenu Mt. Buller ?

Je suis allé, là-bas, au fin fond de l’Australie, à Mt. Buller, pour y enseigner le ski pendant les hivers 1971 et 1972, et j’ai gardé de très bons souvenirs de ces moments et de cet endroit. 

À l’époque, deux sociétés de remontées mécaniques se partageaient le massif ; les remontées Bleues et les Oranges. Les premières offraient les cours de l'école de ski français, les autres la bonne vieille méthode autrichienne. Les deux sociétés ont finalement fusionné en 1985 quand les « Blue Lifts » ont acheté la moitié des parts des « Orange Lifts », créant ainsi la « Bourke Street Ski Lift Company ». 

L’enneigement est peu fiable en Australie et s’il y a parfois quelques bonnes saisons, il y en a bien plus qui sont franchement mauvaises. Comme le bas de Mt. Buller n'est qu'à 1 375 mètres et que son point culminant atteint 1 780 mètres, ne comptez pas sur cette station pour y organiser une descente de coupe du monde ! 

Cela dit, il y a d’assez bonnes pistes bien raides sur une neige très humide qui tient bien quand elle devient dure. La station compte plus de 22 remontées mécaniques, desservant 300 ha de terrain et 80 km de pistes. Comptez environ entre 300 et 400 000 journées-skieurs selon la saison. L'Australie avec ses 12 station (dont 2 petites en Tasmanie) compte autour d'un million de journées-skieurs par saison pour environ deux millions de skieurs pratiquant le sport, ce qui en dit long sur leur niveau de fréquentation … 

Le Ski Club of Victoria (SCV), à l'origine de la station, avait déjà envisagé le développement du village alors que se créaient remontées mécaniques, école de ski et service des pistes. Le Club, fondé en 1924, avait construit son refuge près de Boggy Creek en 1933, et avait installé un fil-neige sur Bourke Street en 1949.

Dans les années 50, John Hilton-Wood, notre ancien patron et son épouse Marjorie, avaient installé un fil-neige sur Bull Run pour satisfaire les besoins des bons skieurs. Celui-ci avait été remplacé en 1955 par une remontée un peu plus moderne, allant plus bas dans la pente raide, et celle-ci est restée en service pendant des années. 

Hilton-Wood, qui est décédé en 2016 à l'âge de 90 ans après  une longue vie bien remplie, a finalement développé plus de remontées mécaniques aux pylônes peints de leur bleu caractéristique, a créé Bull Run Enterprises. 

Peu après, il a installé une remontée sur la piste Skyline et fait venir des moniteurs français pour enseigner aux Australiens la bonne façon de skier. L'an passé, un télésiège débrayable, six-places flambant neuf, venait s’ajouter aux autres 21 remontées mécaniques du massif.

Cette saison aura été horrible ; d’abord la neige n’était pas au rendez-vous et ensuite, en raison d’une résurgence du Covid-19 autour de Melbourne, la station a du fermer pour de bon le 8 août. Espérons que 2021 sera meilleur pour que Mt. Buller puisse survivre malgré le réchauffement climatique !

mercredi, juillet 01, 2020

L’importance de la vraie histoire

Si les gens en savaient plus sur la vraie histoire, ils pourraient avoir une compréhension bien différente de leur environnement, de leurs origines et cela pourrait avoir un impact considérable sur leurs valeurs et leur culture.

En Europe ou en Amérique, les écoles ont été particulièrement mauvaises à couvrir le colonialisme et dissimuler les problèmes comme l'esclavage, le racisme ou les préjugés, créant souvent de drôles d’histoires alternatives.

Si les enfants sont aveugles, mal informés ou sont fortement biaisés sur ces sujets, ils ne comprendront pas le véritable sens de leur histoire, celui de la société et de leur culture.

L'éradication du racisme et des préjugés commence à l'école et bien sûr à la maison, mais si les parents ne reçoivent que le récit biaisé qui était de rigueur pendant leur éducation, ne nous attendons pas à des miracles ni à une aide significative de leur part.

Le changement sera lent, exigera une attention continue et une concentration constante pendant de nombreuses années et probablement pendant plusieurs générations à venir ...

jeudi, avril 23, 2020

La Grande Dépression, vous vous rappelez ?

On parlons beaucoup d’une dépression économique imminente par les temps qui courent. À moins que vous ayez au moins 95 ans et que soyez américain, vous ne vous souvenez sans doute pas de la Grande Dépression qui avait commencé en 1929 aux États-Unis.

Moi non plus, mais je me souviens d'une façon de vivre qui n'en n’était pas si éloigné que cela.

Quand je grandissais dans les Alpes et que j'avais environ 3-4 ans (ouais, je suis le petit gars désigné comme « Go11 », en rouge, sur cette photo prises par des touristes qui devaient faire une étude d’anthropologie), pendant 4 mois de l'année, nous montions aux alpages et vivions dans un chalet dont le sol de la cuisine était en terre battue, sans électricité, sans eau courante et où toute la famille (cinq personnes) dormait dans la même chambre, sur des paillasses.

La seule bon coté de notre existence est que nous n’avons jamais eu faim et que nous avions toujours assez à manger grâce au travail acharné de nos parents.

Pourtant, aujourd'hui encore, il ne m’arrive jamais d’oublier d'où je viens et je serais toujours prêt à faire les sacrifices nécessaires, s’il fallait revenir à ces temps difficiles ...

vendredi, avril 05, 2019

À la poursuite du temps passé

Mercredi dernier, j’étais invité à une réception organisée par l’ISHA (association internationale d’histoire du ski), dont la mission est de préserver et de faire connaître le patrimoine de mon sport favori, grâce entre autre à sa publication « Skiing History » (histoire du ski) et à son site Internet.

Je suis abonné à ce magazine qui n'a aucune publicité. Je le reçois six fois par an et je ne manque jamais de le lire fr bout en bout avec beaucoup de plaisir, car l'histoire en général est une sujet qui m'a toujours intéressé et a fortiori l'histoire du ski, ma grande passion.

Quand je me suis retrouvé parmi ces gens, je me suis senti tout jeune parce que certains d'entre eux avaient presque 20 ans de plus que moi !

Mon attitude n’est donc pas de voir l’âge avancé de ces personnes, mais plutôt la richesse de toute leur expérience, du genre : « que pourrais-je bien apprendre de ces personnes, avec tout leur vécu, que je pourrais appliquer au reste de ma vie ? »

Maintenant, vous comprenez, pourquoi je suis si souvent à la poursuite du temps passé. Ce n'est donc pas une chose que je cherche à éviter, mais plutôt que je recherche, parce que j'y trouve avant tout qualité et valeur.