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samedi, août 22, 2026

Plus de chaleur, moins d'Aiguille du Midi …

L'érosion en montagne n'est pas un phénomène nouveau, mais elle semble s'accélérer à mesure que la planète se réchauffe et que le pergélisol — qui assurait autrefois la cohésion des sommets de haute altitude dans les Alpes et ailleurs dans le monde — ne parvient plus à maintenir en place d'imposantes masses rocheuses. 

Le mercredi 12 août 2026, un gros éboulement s'est produit sur la face nord de l'Aiguille du Midi, dans le massif du Mont-Blanc, au-dessus de Chamonix (France). Environ 15 000 mètres cubes de roche se sont détachés à plus de 3 600 mètres d'altitude, dans le secteur du couloir Mallory, projetant un immense nuage de poussière et de débris vers le bas de la montagne. 

Les vagues de chaleur extrêmes de cet été ont déstabilisé le pergélisol et les parois rocheuses de haute altitude, entraînant des contrôles de sécurité de la part de la Compagnie du Mont-Blanc ainsi que la fermeture du célèbre tunnel de glace du sommet de l’aiguille du midi suite à une fonte accélérée. D'autres sommets emblématiques subissent ces mêmes défaillances structurelles. 

Au Cervin, les fortes chaleurs estivales ont provoqué des chutes de pierres fréquentes et imprévisibles. En Suisse et en Italie, les associations de guides de haute montagne ont été contraintes à plusieurs reprises de suspendre les courses guidées sur des itinéraires majeurs (comme l'arête du Hörnli), car le gel qui assurait traditionnellement la stabilité des passages n’est plus en mesure de le faire. 

Par ailleurs, scientifiques et habitants surveillent actuellement avec inquiétude la formation rocheuse du Spitze Stei, qui surplombe le village suisse de Kandersteg. Sous l'effet de la dégradation du pergélisol, le versant perd activement de la hauteur ; certaines parties se déplacent jusqu'à 70 centimètres par jour durant le pic de fonte estivale. 

Les géologues estiment que si cette formation instable venait à s'effondrer d'un seul bloc, elle libérerait entre 15 et 20 millions de mètres cubes de roche, provoquant un glissement de terrain d'une ampleur bien supérieure à la catastrophe de Blatten de mai 2025. En fin de compte, tout ce qui se trouve en haut finit toujours par redescendre ! 

mardi, août 18, 2026

Alterra sous pression ?

Après des années de croissance effrénée et d'optimisme aveugle face au réchauffement climatique, Alterra Mountain Company doit désormais faire face à des vents contraires croissants — tant au niveau de l'entreprise que sur les plans juridique et opérationnel — qui reflètent des défis structurels de longue date dans l'industrie du ski, le tout culminant avec des départs récents de dirigeants et des suppressions de postes.
Basé à Denver, Alterra est un autre conglomérat de stations de ski ayant copié le modèle de Vail Resorts ; elle possède et exploite aujourd'hui près de 20 destinations de montagne (telles que Steamboat, Deer Valley et Mammoth Mountain) et gère l'Ikon Pass, un forfait multi-stations. Il convient de noter que Park City est la seule station de ski où les deux entreprises sont présentes.

À l'inverse, Vail possède et exploite environ 42 stations dans le monde, misant sur un réseau massif et hautement standardisé. Le portefeuille d'Alterra, environ deux fois moins étendu que celui de Vail Resorts, est largement complété par des partenaires externes associés à l'Ikon Pass. De même, Vail optimise l'accès à un vaste réseau et les flux de clientèle régionaux grâce à son Epic Pass, tout en appliquant une expérience client centralisée et standardisée à l'échelle du groupe ; Alterra, pour sa part, tenait à préserver davantage l'autonomie et le caractère unique de ses stations phares, bien que moins efficacement. 

Jared Smith a quitté son poste de PDG après trois ans et demi de mandat, laissant le comité de direction aux commandes de l'entreprise et venant de procéder à des licenciements touchant son personnel à temps plein (au siège de Denver, en télétravail et sur divers sites), une décision motivée par une structure de coûts inadaptée et un ralentissement de la croissance post-pandémie. Par ailleurs, l'entreprise — tout comme ses concurrents Vail Resorts, Boyne et Powdr, — a fait l'objet d'un recours collectif fédéral pour pratiques anticoncurrentielles en août 2026. 

La plainte dénonce une entente globale visant à gonfler le prix des forfaits saisonniers et des cartes journalières par la coordination et le partage de données tarifaires confidentielles via des plateformes de tarification dynamique. Cette action fait suite à une autre plainte fédérale déposée plus tôt en 2026, ciblant des pratiques de vente groupée anticoncurrentielles qui contraignaient les skieurs à opter pour des forfaits multi-stations coûteux (comme l'Ikon Pass) en augmentant artificiellement le prix des cartes journalières achetés aux guichets. 

Trop de dépendance aux « méga-forfaits » a souvent conduit à une fréquentation dépassant la capacité d'accueil physique des stations les plus prisées. Ces tensions ont été exacerbées par des cycles de chutes de neige historiquement médiocres dans l'Ouest au cours des derniers hivers, suscitant des interrogations quant à la rentabilité des vastes projets d'agrandissement du domaine skiable dans des stations phares telles que Deer Valley, ici même à Park City. 

Sans parler de l'éléphant dans la pièce : le réchauffement climatique, qui représente une menace imminente pour le modèle économique d'Alterra et de Vail Resorts. Je soupçonne que leurs dirigeants et leurs actionnaires commencent sérieusement à s'inquiéter de ce problème qui ne cesse de prendre de l'ampleur ...

lundi, août 17, 2026

Réchauffement climatique et politique américaine

Les chaleurs record de l’été influenceront-elle la politique aux États-Unis ? L'été caniculaire de 2026, pourrait avoir des répercussions politiques outre-Atlantique, bien que pas aussi simples que « la chaleur favorisera le vote démocrate ». Ce qui est intéressant, c'est que les conséquences politiques pourraient passer par des facteurs concrets — notes d'électricité, santé, assurances, accès à l'eau, agriculture, feux de forêt et désagréments du quotidien — plutôt que par le prisme de l'idéologie climatique. 

Juillet 2026 a été le mois le plus chaud jamais enregistré pour les États-Unis continentaux ; chacun des 48 États contigus avec une température supérieure d'au moins 0,5 °C à sa moyenne du XXe siècle. Par ailleurs, la vague de chaleur actuelle en août à touché quelque 97 millions d'Américains. L'impact majeur pourrait être d'ordre psychologique, car il existe une différence considérable entre entendre dire que « les scientifiques affirment que le climat se réchauffe » et constater personnellement « Je n'arrive pas à dormir parce qu'il fait près de 30 °C dans ma chambre, ma facture d'électricité s'élève à 300 dollars et mes enfants ne peuvent pas jouer dehors. »

Cette seconde expérience a une portée politique bien plus forte. Un sondage AP-NORC réalisé fin juillet a révélé que 90 % des Américains estimaient que ces chaleurs extrêmes avaient négativement affecté leur vie. Environ 80 % ont dit que leur facture d'électricité avait grimpé, tandis que près de 70 % ont fait état de problèmes dans leurs activités en plein air. Le changement climatique cesse ainsi d'être une question environnementale abstraite pour devenir liée au coût de la vie. 

Les Républicains sont confrontés à un dilemme politique particulièrement intéressant, Trump ayant activement œuvré à démanteler tout ce qui était en faveur d’un meilleur climat. Une enquête du Pew Research Center menée en mars révélait que 87 % des Démocrates jugeaient insuffisante l'action du gouvernement fédéral face au changement climatique, contre seulement 31 % des Républicains ; toutefois, les chaleurs extrêmes posent problème à ces derniers si leurs électeurs en souffrent. Imaginons un électeur républicain en Arizona, au Texas, en Utah ou en Floride qui déclare : « Je ne veux pas que Washington me dicte comment vivre. 

En revanche, je veux une électricité abordable, un approvisionnement en eau fiable, une protection contre les incendies et quelqu'un qui agisse face à ces journées où la température dépasse les 43 °C. » Cet électeur n'a pas nécessairement besoin de faire du changement climatique sa priorité ; il pourrait tout aussi bien se focaliser sur les questions d'adaptation et de coûts. 

Si, face aux épisodes de chaleur, les responsables politiques réagissent principalement par une hausse des prix de l'énergie, des restrictions visant les voitures à essence ou le gaz naturel, ainsi que par des réglementations coûteuses, des taxes et des interdictions, les électeurs risquent de mal réagir, même s'ils reconnaissent la réalité du réchauffement climatique. C'est pourquoi je pense que l'impact financier de l'énergie pourrait constituer la variable politique clé. 

À mes yeux, la perspective la plus intéressante n'est pas une victoire électorale écrasante des démocrates, mais l'émergence d'une nouvelle politique bipartisane axée sur l'adaptation au climat. Une telle évolution pourrait avoir, à long terme, des conséquences bien plus efficaces que la simple augmentation du nombre de personnes se disant préoccupées par le réchauffement climatique. 

En d'autres termes, l'été 2026 pourrait marquer le moment où le changement climatique cessera d'être une question du type « Y croyez-vous ? » pour devenir une interrogation sur la réponse à apporter à ce que nous subissons. Cela dit, cette question est bien plus périlleuse sur le plan politique pour les deux partis ...

mercredi, août 05, 2026

Lutter contre le changement climatique (Deuxième partie)

Hier, nous avons examiné les outils dont nous disposons pour faire progresser significativement la lutte contre le changement climatique et identifier les méthodes les plus efficaces. Aujourd'hui, nous essaierons de les classer selon leur impact à long terme. Commençons donc. 

  1. L'éducation et la culture scientifique, même si leur impact se fait sentir à long terme, sont une étape nécessaire qui doit constituer le socle de nos efforts pour endiguer le changement climatique. N’oublions pas dans ce domaine une lutte continue et robuste contre la désinformation ! 
  2. Des incitations économiques encourageant les choix plus propres, comme les crédits d'impôt et les rabais pour les énergies renouvelables ou les appareils qui les utilisent. 
  3. L'innovation technologique peut englober des domaines aussi variés que la fusion froide, les énergies thermiques et la transformation de matières dangereuses et autres déchets en nouvelles sources d'énergie. 
  4. Les politiques gouvernementales et la coopération internationale sont essentielles. En effet, les actions individuelles des pays sont vaines et inefficaces si le monde entier n’agit pas de concert. Sans un mouvement unanime, rien ne fonctionnera. 
  5. Donner l'exemple fonctionne bien pour les familles et devrait l'être également à l'échelle planétaire. Dénoncer les pratiques néfastes doit aussi faire partie des outils à utiliser. 
  6. La pression des consommateurs et les boycotts peuvent être efficaces s'ils sont bien expliqués, parfaitement compris et respectés. 
  7. Il est préférable de privilégier un activisme public pacifique et continu plutôt que des révoltes violentes, qui n'ont que peu d'impact positif sur l'environnement et causent souvent des dommages sociaux supplémentaires. 

Le changement climatique pose un problème classique d'action collective. Si tous les pays agissent, chacun a intérêt à laisser les autres supporter une plus grande part des coûts. Pour surmonter ce dilemme, il est nécessaire de faire de l'action climatique non seulement une obligation morale, mais aussi un atout économique et politique.

L'histoire montre que les sociétés évoluent plus rapidement lorsque la responsabilité environnementale s'allie à la prospérité, à la sécurité et au progrès technologique, plutôt que de s'appuyer uniquement sur la persuasion morale. En fin de compte, cette question relève autant de la nature humaine que des sciences du climat : comment convaincre les acteurs économiques ?

mardi, août 04, 2026

Lutter contre le changement climatique (Première partie)

Nous n’avons qu'une seule planète, et pourtant plus de 200 nations partagent la responsabilité de son avenir. Bien que la quasi-totalité des gouvernements reconnaissent l'importance de protéger l'environnement, leur volonté et leur capacité d'agir varient considérablement. Certains privilégient la croissance économique, la sécurité nationale ou des considérations politiques aux politiques climatiques, tandis que d'autres manquent tout simplement des ressources financières nécessaires à la transition. 

Le défi est donc non seulement scientifique, mais aussi politique, économique et moral. Dès lors, comment faire bouger les choses ? L'histoire nous enseigne qu'aucune approche isolée n'est suffisante. Le progrès résulte généralement d'une combinaison de facteurs.

En théorie, l'éducation est sans doute l'outil le plus puissant à long terme. Elle modifie la façon dont les générations futures pensent, votent, consomment et innovent ; malheureusement, son action est très lente. Donner l'exemple peut s'avérer étonnamment influent. Lorsqu'un pays, une ville ou une entreprise démontre que la réduction des émissions peut rimer avec prospérité économique, d'autres sont plus enclins à suivre son exemple. 

La chute spectaculaire du coût des panneaux solaires et de l'énergie éolienne est en partie due aux investissements précoces des pays qui ont prouvé que ces nouvelles technologies pouvaient, de façon surprenante, fonctionner efficacement à grande échelle. Cela dit, les incitations économiques sont souvent plus efficaces que les arguments moraux. Les entreprises et les consommateurs sont sensibles aux prix. 

Les taxes carbone, les systèmes d'échange de quotas d'émission, les crédits d'impôt pour les technologies propres et les subventions aux énergies renouvelables ont généralement produit des changements mesurables, car ils alignent les objectifs environnementaux sur les intérêts financiers. Il est vrai que la pression des consommateurs et les boycotts peuvent influencer le comportement des entreprises, surtout lorsqu'ils mobilisent un grand nombre de personnes. 

Les entreprises réagissent souvent plus rapidement que les gouvernements à l'évolution des préférences des consommateurs. Cependant, les boycotts ne sont généralement efficaces que s'ils sont largement soutenus, ce qui nécessite une explication claire et une parfaite compréhension. En théorie, les accords internationaux comme l'Accord de Paris contribuent à établir des objectifs communs et à encourager la transparence, mais ils reposent en grande partie sur des engagements volontaires et la pression des pairs plutôt que sur la contrainte. 

Un grand espoir, souvent considéré comme un pari risqué, réside dans l'innovation technologique, qui devrait à terme être l'un des principaux moteurs du changement. Les nouvelles technologies deviennent attractives lorsqu'elles sont plus propres et moins chères. L'adoption rapide des véhicules électriques, des batteries améliorées et des énergies renouvelables illustre comment l'innovation peut transformer les marchés sans exiger de sacrifices de la part de tous. 

Pour conclure cette liste d'outils, il y a toujours la protestation publique et la désobéissance civile, qui ont historiquement attiré l'attention sur des problèmes importants et parfois accéléré des changements politiques. Leur efficacité dépend du maintien du soutien du public. Les mouvements pacifiques ont généralement un bilan plus positif à long terme que les révoltes violentes, qui polarisent souvent les sociétés et détournent l'attention du problème de fond. 

Demain, nous tenterons de déterminer quels outils semblent les plus efficaces…

vendredi, juillet 31, 2026

Merci Total Energies !

Nous traversons actuellement une période caniculaire à Park City. Si les températures sont loin d'être insupportables comparées à celles que connaissent la vallée de Salt Lake et bien d'autres endroits, nous avons eu la chance, jusqu'ici, d'être épargnés par la fumée, à l'exception de deux ou trois jours en juin. 

Toutefois, face aux ravages climatiques qui frappent le monde entier — des gigantesques incendies de forêt en Europe aux inondations survenant un peu partout —, le réchauffement climatique reste plus que jamais cet immense problème que tout le monde semble ignorer délibérément. Bien sûr, personne ne parle de ce qui afflige actuellement la planète et menace de causer la perte de l'humanité, les regards étant braqués sur les conflits aux quatre coins du globe et les excentricités des politiciens. 

Pourtant, le retour de bâton est inévitable : les actions passées — en particulier le pillage effréné de notre planète par l'humanité — finiront par nous rattraper tous, et ce que nous vivons aujourd'hui n'en est qu'un avant-goût. Et ce, alors même que de nombreux acteurs de l'industrie des combustibles fossiles ont tenté, pendant des décennies, de nous convaincre qu'il était impossible d'établir un lien de cause à effet entre l'utilisation de ces énergies et le réchauffement climatique, sous prétexte que les modèles de projection étaient trop incertains.

Or, il a été récemment démontré que l'une de ces entreprises, ExxonMobil (anciennement Esso), disposait de ses propres modèles internes prédisant des trajectoires de réchauffement cohérentes avec celles annoncées par les modèles universitaires et gouvernementaux indépendants. Ce qu'ils savaient réellement sur les modèles climatiques contredisait donc ce qu'ils nous avaient fait croire. 

C'est pourquoi j'ai pris une habitude : lors de nos promenades matinales, si mon interlocuteur me dit « Encore une journée qui va etre chaude ! », je réponds systématiquement : « Merci ExxonMobil ! ». Vous n’aurez qu’à traduire, « Merci Total Energies ! » 

mercredi, juin 17, 2026

Dernier névé à Park City

Chaque année, c'est la même chose. Le 16 juin a une signification particulière pour moi. Ce jour-là, en 1985, alors que je cherchais une maison, j'avais loué une grosse caméra pour filmer celle que nous avons finalement achetée à Park City, afin que ma femme puisse la voir et approuver ma sélection. 

Il y avait une fenêtre en œil de bœuf, et à travers celle-ci, j'avais filmé Jupiter Peak avec son tout petit névé juste en dessous du sommet, de la même taille que sur la photo ci-dessous ! 

Le plus étonnant, c'est que cet hiver a été le pire que l’Utah n’ai jamais eu en matière d'enneigement, et pourtant, après l'excellente saison de neige que fut 1984-85, il reste autant de neige cette année, sans parler de la quantité encore plus importante autour de la combe principale et du couloir de Portuguese Gap, grâce à des mois d'avril, mai et juin très frais. 

Étonnant, n'est-ce pas ?


 

mardi, juin 16, 2026

Fréquentation décevante !

Les chiffres de fréquentation des stations de ski de l'Utah viennent enfin d’être publiés pour la saison d'hiver 2025-2026. Avec seulement 4,8 millions de visiteurs (un chiffre arrondi vers le haut, semble-t-il, pour arranger les choses), cela représente une baisse de 26,2 % pour nos 15 stations par rapport à la saison précédente. 

Un déclin significatif, même supérieur à celui du Colorado, qui n’a chuté que de 24 %. C'est également bien loin du record de 7,1 millions de journées-skieur enregistrées lors de la saison 2022-2023, marquée par des chutes de neige exceptionnelles. 

Un porte-parole de Ski Utah a déclaré : « … Le principal enseignement de cette année est qu'il s'agit d'une anomalie, et que l'industrie du ski en Utah est véritablement à la merci des caprices de la météo.» 

 J'aimerais pouvoir dire que ce n'est pas qu'une « anomalie », mais plutôt qu'il s'agit du début d'une tendance, démontrant que le réchauffement climatique est là pour durer, qu'il va falloir compter sur lui et qu'il ne disparaîtra pas de sitôt. 

Historiquement, l'Utah a connu son plus faible enneigement jamais enregistré, ce qui reflète la quantité d'eau contenue dans les chutes de neige reçues, mais de nombreuses stations ont également eu du mal à rester ouvertes en raison des températures record enregistrées pendant la majeure partie de l'hiver. De longues périodes douces entre les chutes de neige et des précipitations plus chaudes ont généré davantage de pluie que d’habitude à haute altitude, tout en rendant difficile la production de neige artificielle. 

Cette saison désastreuse est liée aussi à la politique. Les politiciens à courte vue sont désespérément incapables de répondre à long terme, comme le réchauffement climatique, et n'hésitent pas à sacrifier les solutions durables pour des gains à court terme. Non seulement aux États-Unis, où Trump et ses alliés républicains tournent carrément le dos à l'environnement, mais aussi en Europe, où les sacrifices nécessaires à une stratégie efficace de protection du climat semblent trop onéreuses dans leur vision à court terme.

jeudi, juin 04, 2026

Jésus et la vague de chaleur

Avant, je communiquais avec Jésus par Skype, mais comme ce service n'est plus disponible, nous sommes tous les deux passés à WhatsApp. La semaine dernière, alors que l'Europe subissait une vague de chaleur inhabituelle, nous avons parlé du réchauffement climatique. La conversation s'est déroulée comme ça : 

Go 11 : Salut Jésus ! Comment ça va là-haut ? 

Jésus : Pas trop mal, on essaie de rafraîchir la France et l'Angleterre en ce moment… 

Go 11 : Comme je le dis à mes compatriotes, cette canicule précoce est une bonne preparation pour leur séjour en enfer. 

Jésus : Tu plaisantes peut-être, mais nous avons le même problème de climatisation au Ciel. Construction vétuste, mauvaise isolation, fuites partout avec la chaleur qui s'infiltre d'en bas. Ça commence à devenir un problème ici aussi… 

Go 11 : Quels sont tes plans contre le réchauffement de la Terre à l'avenir ? 

Jésus : On va probablement reloger une partie de la population sur une autre planète. Je veux dire les évangélistes. Je pensais les aspirer avec un gros tuyau et les envoyer sur une autre planète … 

Go 11 : tu veux dire comme l’enlèvement au ciel ? 

Jésus : C’est exactement ça … 

Go 11 : Et que vas-tu faire du reste ? 

Jésus : Tu veux dire les autre sept milliards et demi ? 

Go 11 : Oui, si c’est ça que tu as en tête … 

Jésus : On les laissera rôtir et on les utilisera pour fertiliser la planète Terre 2.0. 

Go 11 : Alors ce sera reparti pour une autre création ? 

Jésus : Pas tout à fait comme la première fois, on le ferait à la façon de Charles Darwin, c’est plus crédible 

Go 11 : Et les évangélistes, alors ? 

Jésus : On les aspirera vers Mars et on les laissera se battre avec Elon Musk, ça pourrait être assez marrant !

vendredi, mai 22, 2026

Quatre ans en auto électrique

Difficile à croire, mais aujourd’hui je conduis une voiture électrique depuis plus de quatre ans ! Le temps passe, c'est vrai, mais quand tout va bien, il défile encore plus vite — c'est du moins l'avis de ma femme, qui n'arrive toujours pas à croire que cela fait si longtemps que nous ayons cette voiture. 

Côté entretien ? Usure de pneus, bien sûr ; balais d’essuie-glaces, liquide lave-glace, et c'est tout. Un écran tactile remplaçant la multitude de boutons habituellement éparpillés dans l'habitacle demande un certain temps d'adaptation, mais une fois l’habitude prise, plus de problème !

La voiture démarre sur commande, quelle que soit la température extérieure ; et lorsque je n'oublie pas de la préchauffer dans mon garage froid, je la retrouve chaude et prête à m'emmener partout où je le souhaite. Ses dispositifs de sécurité et ses fonctionnalités de conduite autonome sont à la fois impressionnants et addictifs. 

Après avoir récemment parcouru 1 300 miles au volant d'une voiture à moteur thermique, je ne reviendrais pour rien au monde à un véhicule fonctionnant aux énergies fossiles, ni même à une hybride. De plus, les bornes de recharge se multiplient ; l’angoisse d'une batterie à plat n'est donc plus un sujet de préoccupation. 

Le seul bémol concernant cette voiture que j'adore, c'est que je déteste toujours autant Elon Musk ...

mercredi, mars 25, 2026

Skier au nord de l’enfer …

Ces deux derniers jours, j’ai fait un effort particulier pour aller skier, afin de constater par moi-même l’état des pistes de ski à Park City Mountain. Dimanche, j’ai skié sur le versant Park City et j’ai pu faire quelques belles descentes autour du télésiège Thaynes ; le lundi, j’ai décidé d’explorer le versant Canyons, mais j’ai été déçu de constater que le télésiège Ninety-nine-90 venait tout juste d’être fermé en raison des risques d’avalanche. 

Déçu, je suis rentré chez moi, devant skier dans une « soupe » parmi les pires que j’aie jamais rencontrées. C’était presque l’enfer ; c’est pourquoi j’ai intitulé cet épisode : « Un peu au nord de l’enfer ! » Franchement, je me sens terriblement désolé pour nos visiteurs qui ont dû skier dans d’épouvantables conditions.

J’ai consulté le calendrier de Ski Utah et j’ai vu que Park City prévoyait toujours de rester ouvert jusqu’au 20 avril, histoire de devancer son voisin Deer Valley d’une journée seulement (ce dernier prévoit de fermer le 19 avril). 

À mon avis, le ski ne pourra guère se pratiquer alors que sur de la neige « virtuelle » — du moins à Park City, qui étale sa neige artificielle aussi finement que possible pour économiser un peu plus ! J’ai également remarqué que Snowbasin, une station à une heure de chez nous, par respect pour sa clientèle, avait déjà fermé le 22 avril. 

Lors de ma dernière remontée en télésiège ce jour-là, j’ai discuté avec un homme âgé d’origine indienne qui, au vu des conditions actuelles, m’a dit qu’il ne voyait pas plus que cinq années de ski restant à Park City ; il a ajouté : « Quand la Terre sera fichue, des voix s’élèveront pour dire qu’il n’a fallu que 2 000 ans à l’espèce humaine pour détruire la planète… Quel gâchis ! »

samedi, mars 14, 2026

Faut-il blâmer le symptôme ou la cause ? (Troisième partie)

Avec une population mondiale actuelle de plus de 8,3 milliards d’habitants, qui devrait atteindre 9,8 milliards en 2050, puis culminer entre 10,3 et 11,2 milliards entre 2080 et 2100, son taux de croissance devra diminuer progressivement pour atteindre ces chiffres, en raison de la baisse quasi généralisée des taux de fécondité à l’échelle mondiale. 

De nombreux pays s’inquiètent désormais de la diminution de la population active, du vieillissement de la population et du ralentissement économique, ce qui laisse penser que le défi environnemental futur ne sera pas uniquement lié à la surpopulation, mais aussi aux choix de vie de la population actuelle, en fonction de son « progrès » matériel. L’intelligence artificielle viendra-t-elle à la rescousse et remplacera-t-elle cette main-d’œuvre en voie de disparition ? Nous savons tous que la question de la population est complexe et porteuse d’un passé troublant. 

C’est d’ailleurs l’une des principales raisons pour lesquelles les institutions, comme les gouvernements et les ONG, évitent d’aborder ouvertement ce sujet tabou. L'argument de la surpopulation a historiquement servi à justifier des politiques racistes, la stérilisation forcée et des discours anti-immigration ciblant des régions ou des groupes ethniques spécifiques. De ce fait, scientifiques et décideurs politiques, à l'exception notable de Trump et de ses partisans, font preuve d'une extrême prudence. 

Ils privilégient une approche systémique plutôt qu'individuelle et affirment que même si la population mondiale diminuait soudainement de deux milliards d'habitants tout en continuant à brûler des énergies fossiles, à déforester massivement, à pratiquer la surpêche et à recourir à l'agriculture industrielle, la planète serait toujours en danger. Or, force est de constater qu'au-delà des déclarations bien intentionnées et des promesses générales, très peu de mesures concrètes ont été prises dans ce sens, car nous semblons cruellement incapables d'atteindre nos objectifs à court terme. 

Bien sûr, si l'humanité s'engageait réellement à transformer ses systèmes énergétiques, l'utilisation des terres et ses modes de consommation – même avec la population actuelle –, la planète pourrait se rétablir avec une intensité proportionnelle aux sacrifices que personne n'est prêt à consentir. Sans exception, les sacrifices sont douloureux et difficiles à faire, surtout dans notre société confortable et protégée. 

Il nous faut un accident, une catastrophe, pour être contraints de modifier ou d'accepter les restrictions gouvernementales qui nous paraissent injustes, comme ce fut le cas lors de la pandémie de Covid-19. Cela explique pourquoi l'attention se porte sur les « symptômes », car ils sont en réalité les mécanismes des dommages environnementaux. 

Face à un monde développé « confortable » qui refuse de renoncer au moindre confort, les efforts de réparation proposés sont vains et je reste convaincu qu'il nous faudra un cataclysme pour réaliser que nous avons peut-être irrémédiablement endommagé notre planète.

vendredi, mars 13, 2026

Faut-il blâmer le symptôme ou la cause ? (Deuxième partie)

Les démographes prévoient un pic de la population mondiale autour de 2050-2100, et les taux de croissance sont déjà en baisse dans la plupart des régions. Selon les Nations Unies, la population mondiale devrait atteindre 9,8 milliards d’habitants en 2050, puis monter entre 10,3 et 11,2 milliards entre 2080 et 2100, en fonction de la fécondité. 

Cela pourrait indiquer que la trajectoire environnementale future dépendra davantage des modes de vie que du nombre d’habitants, et que les transitions énergétiques, la gestion des terres et les modes de consommation devraient primer sur les chiffres bruts de la population. Mais sera-ce vraiment le cas ? Cela demanderait de se défaire de la dépendance aux énergies fossiles, de l’agriculture industrielle, de la déforestation, de l’étalement urbain et des systèmes de production gaspilleurs, autant de causes majeures du réchauffement climatique et de la perte de biodiversité. À mon avis, la question reste entière. 

Il est évident que la croissance démographique exerce une pression sur l’utilisation des terres, la demande en eau et les habitats naturels. À l'heure actuelle, il est assez facile de croire qu'un milliard de personnes supplémentaires à faible consommation ont un impact bien moindre que quelques millions de personnes à forte consommation. Mais qui peut garantir qu'avec le temps, l'empreinte carbone par habitant des populations pauvres ne rattrapera pas celle des populations défavorisées à mesure que leur situation économique s'améliorera ?

La société est extrêmement dynamique et, avec une circulation de l'information sans précédent, le « mauvais exemple » de consommation effrénée que nous donnons n'incite pas les plus pauvres à continuer de se priver. Si la population est un facteur multiplicateur, il me semble difficile d'imputer la majeure partie du fardeau aux seuls symptômes. Ceux-ci sont considérés comme les « facteurs déterminants » : nos systèmes énergétiques basés sur les énergies fossiles, notre agriculture industrielle, la déforestation, l'exploitation minière et l'extraction des ressources, nos modes de consommation et nos systèmes de gestion des déchets. 

Tous sont perçus comme les solutions les plus faciles à mettre en œuvre. Si une population croissante amplifie ces facteurs, mais ne les crée pas, il n’est pas réaliste de croire qu'elle ne peut pas les amplifier. Si l'on supprimait les facteurs de dégradation de l'environnement tout en maintenant la population au même niveau, l'impact environnemental diminuerait considérablement. Or, ce n'est pas le cas, quand on voit que l'administration Trump ne veut plus corriger ces facteurs et que l'Union européenne a d’autres chats à fouetter avec la menace Russe. 

Nous savons également que la plus grande part des dommages environnementaux provient d'une petite fraction de la population des pays les plus riches de la planète. Par exemple, les 10 % des consommateurs les plus aisés au monde sont responsables de près de la moitié des émissions totales, tandis que les 50 % les plus pauvres en produisent moins de 10 %. Les pays dont la population est en déclin (Japon, Italie, Allemagne) ont une empreinte environnementale très élevée, et inversement, les pays à forte croissance démographique (dont l’Afrique) ont une empreinte très faible. 

Pourtant, si le développement économique leur en donnait l'occasion, ces mêmes pays imiteraient leurs « modèles » plus riches ! Dans le prochain article, nous verrons comment un ralentissement de la croissance démographique mondiale pourrait contribuer à résoudre ce problème. Restez connectés !

jeudi, mars 12, 2026

Faut-il blâmer le symptôme ou la cause ? (Première partie)

Je me suis toujours demandé pourquoi la pollution planétaire, le réchauffement climatique et la destruction de la biodiversité ne sont jamais imputés à la surpopulation, mais plutôt à des éléments résultant de facteurs spécifiques liés à la présence humaine sur Terre. J’ai toujours eu l’impression que l’on traitait les symptômes plutôt que la cause. 

Pourtant, nombreux sont ceux qui ne partagent pas mon avis et affirment que j’ai négligé une nuance essentielle : en sciences de l’environnement, la population n’est pas la « cause première » au sens simpliste du terme, même si elle constitue un élément important de l’équation. 

Selon eux, les véritables causes sont plus complexes. 

La surpopulation a beau être un sujet de débat scientifique, elle est rarement présentée comme le « principal coupable », car les recherches montrent que les facteurs de dégradation planétaire ne sont pas liées au nombre d’individus en soi, mais aux modes de consommation, d’émissions et d’utilisation des terres, qui sont inégaux et fortement concentrés. Ais-je mentionné que sans croissance de population, celles de l’économie et des religions le seraient aussi ? 

L'argument contraire à mes convictions est que les impacts environnementaux les plus importants proviennent de la consommation, et non de la taille de la population. En effet, un faible pourcentage de la population mondiale produit la majorité des émissions et des déchets, et les pays riches dont la population est stable ou en déclin présentent l'empreinte environnementale par habitant la plus élevée. 

À l'inverse, les populations plus pauvres et à croissance rapide contribuent bien moins au changement climatique. C'est pourquoi les experts affirment que les modes de consommation, les systèmes énergétiques et les pratiques industrielles sont les principaux facteurs du réchauffement climatique et de la perte de biodiversité, et non la seule taille de la population. 

Certes, les écologistes les plus radicaux prétendent que la culpabilisation de la population a souvent été liée à des discours racistes ou xénophobes, à des politiques ciblant des régions ou des groupes spécifiques, et à des tentatives de déresponsabiliser les sociétés de forte consommation. Cela semble séduisant, mais à mon sens, c'est une obsession à vouloir régler ce qui paraît facile et intraçable (les symptômes) en négligeant l'essentiel (la cause). 

Dans un prochain article, j'essaierai d'approfondir ces arguments et de voir honnêtement si la position que je défends depuis longtemps est justifiée.

samedi, janvier 03, 2026

Quel avenir pour les forfaits multi-stations ? (Deuxième partie)

Si des hivers doux comme celui-ci deviennent la norme, les acheteurs de forfaits pourraient hésiter à renouveler leur abonnement, en particulier ceux qui ne skient que quelques jours par an. Parallèlement, les demandes de remboursement risquent d'augmenter, ce qui contraindrait les entreprises à assouplir leurs politique. Par conséquent, les tarifs seniors, locaux et des produits plus flexibles pourraient devenir sujets à négociation. 

La cession d'actifs est également tout à fait plausible : Vail, Alterra, Powdr et Boyne pourraient se séparer des stations de basse altitude ou chroniquement peu enneigées. C'est déjà le cas en Europe, où les remontées mécaniques abandonnées deviennent monnaie courante. À plus long terme, si le modèle survit, il devra se transformer considérablement. Il faut s'attendre à moins de petites stations ou de stations de basse altitude dans ces réseaux. 

Les investissements se concentreront uniquement sur les destinations de haute altitude, garantissant un enneigement suffisant. 

La production de neige artificielle restera difficile à réaliser dans un contexte de rendements décroissants, et l’eau va continuer de geler à 0 degré Celsius ! 

Des solutions plus efficaces pour l'ensemencement des nuages, grâce à l'intelligence artificielle, pourraient peut-être apporter une solution, mais je m'avance peut-être un peu trop ! 

Les hivers peu enneigés forceront-ils des concessions comme des forfaits seniors et super-seniors ? Si et quand les renouvellements diminuent, les opérateurs devront réagir. Historiquement, les sociétés de remontées mécaniques ne modifient leurs structures tarifaires que lorsqu'elles sont confrontées à une réaction négative du public et qu'elles anticipent une perte de revenus importante. Un mauvais hiver, ajouté à l'anxiété liée au changement climatique, pourrait justement exercer ce genre de pression. 

Je ne dis pas que le ski est condamné, mais il va se consolider, se stratifier, et prendra un visage différent. L’activité pourrait se maintenir à haute altitude, dans les zones plus froides, et se réduire partout ailleurs. Pour survivre, le modèle des stations multi-sites se concentrera autour d’un nombre réduit de destinations régulièrement bien enneigées. Ce sera en quelque sorte comme le secteur aérien, avec moins de compagnies, moins de trajets, mais d’importants enjeux. 

De plus, les stations de ski devront proposer de manière créative davantage d'activités génératrices de revenus en dehors du ski (luge, raquette, patinage, VTT d'hiver, écoles de conduite sur glace et autres activités). La tarification dynamique pourrait également remplacer le modèle « ski illimité ». À moins que le réchauffement climatique ne s'accélère de façon spectaculaire, le modèle des stations de ski accessible avec ces forfaits ne disparaîtra pas immédiatement, mais entrera dans une phase de contraction. 

Les grandes entreprises protégeront leurs actifs les plus rentables et se débarrasseront discrètement des moins performants. Et, de fait, un cycle de renouvellement plus lent pourrait enfin les contraindre à repenser leurs politiques rigides et à proposer des tarifs plus flexibles ou mieux adaptés. 

En somme, les 5 à 10 prochaines années pourraient bien être la période la plus transformatrice que l'industrie du ski ait connue depuis l'invention de la neige artificielle et des télésièges à grande vitesse. Je reste beaucoup moins optimiste que l’industrie qui reste dans un déni un peu forcé pas ses énormes investissements et son inaction !

vendredi, janvier 02, 2026

Quel avenir pour les forfaits multi-stations ? (Première partie)

Il me semble que les forfaits multi-stations, comme Epic et Ikon, risquent d'être fortement impactés si les conditions météorologiques continuent d'être aussi capricieuses dans l’Ouest Américain, la neige n'étant tombée ni à temps, ni en quantité suffisante cette saison. Si le seul problème était le manque de précipitations, je ne m'inquièterais pas trop, mais le réchauffement croissant, lié au réchauffement climatique, est un signe beaucoup plus préoccupant qui n'augure rien de bon pour les activités de sports d'hiver telles que nous les connaissons. 

Je ne serais pas surpris si des entreprises comme Alterra, Boyne, Powdr et Vail Resorts commençaient à se séparer de certaines de leurs stations en fin d'hiver. Le résultat net d'une mauvaise année d'enneigement pourrait rendre les skieurs réticent à renouveler leurs forfaits l'an prochain et être la goutte d'eau qui fait déborder le vase pour ces réseaux de méga-stations qui devraient devoir alors assouplir certaines de leurs règles, en créant un forfait à prix réduit pour seniors, parmi d'autres concessions. 

Il ne fait aucun doute que l'industrie du ski doit etre en ce moment confrontée à ces inquiétudes. Les données confirment mon intuition : hivers plus doux, chutes de neige irrégulières et augmentation des épisodes de pluie sur neige. Tous ces facteurs transforment déjà l'économie des stations de ski, en particulier celles situées en basse altitude. 

Que nous voulions l'admettre ou non, le changement climatique déstabilise désormais le modèle traditionnel du ski dans le monde entier. De récents rapports montrent qu'en Suisse, par exemple, les stations de ski ont également augmenté leur fréquentation grâce aux forfaits multi-stations, mais chacun sait que la fonte des glaciers et les hivers sans neige menacent la viabilité du ski à long terme. 

Partout en Europe, les stations situées en dessous de 1 200 mètres pourraient avoir besoin de 100 % de neige artificielle d'ici 2050 pour rester skiables, et une importante étude européenne prédit qu'un quart des stations de ski pourraient être confrontées à une pénurie de neige tous les deux ans avec seulement 2 °C de réchauffement. 

Jusqu'à présent, Epic, Ikon et les autres entités multi-stations ont pu survivre grâce à leur diversification géographique : si Tahoe est sec, peut-être que l'Utah, le Colorado ou même la Nouvelle-Angleterre offrent de meilleures conditions. Cela permet de répartir les risques. Leurs importantes rentrées d'argent qui proviennent des ventes de forfaits en septembre leur assurent des revenus avant même les premières chutes de neige. 

Le système reste solide, car la fidélité à la marque et la peur de ne pas pouvoir skier continuent de pousser les skieurs à acheter leurs forfaits à l'avance « au cas où », de sorte qu'une seule mauvaise saison ne suffira pas à mettre ce modèle en péril. Si cela peut s'avérer vrai à court terme, mes inquiétudes deviennent très réelles à moyen terme, et c'est ce que nous aborderons demain...

jeudi, janvier 01, 2026

Le problème avec les rivières atmosphériques (Troisième partie)

Encore une fois, je voulais savoir comment les rivières atmosphériques affectent notre manteau neigeux hivernal dans les montagnes de Park City, ainsi que notre risque d'inondation en haute altitude. Les rivières atmosphériques se comportent comme de puissants jets d'eau sous haute pression. Si elles apportent de fortes pluies sur la côte, leur impact change radicalement lorsqu'elles rencontrent une pente montagneuse, avec tout ce que cela comporte en risques et en avantages. 

D’abord, sur le littoral, la principale menace est le volume d'eau et son intensité. Comme les températures côtières sont généralement bien au-dessus de zéro, toute la rivière atmosphérique tombe sous forme de pluie. Il existe un risque de crues soudaines, le sol se saturant rapidement et entraînant des inondations immédiates et des glissements de terrain. 

Cela ne dure pas très longtemps et prend souvent fin après le passage de la précipitation, l'eau s'écoulant rapidement vers l'océan. Les montagnes présentent différents problèmes appelés « soulèvement orographique ». Quand la rivière atmosphérique arrive en contact avec la montagne, l'air est forcé de monter. C'est ce qu'on appelle soulèvement orographique. 

En montant, l'air se refroidit rapidement, ce qui le pousse à libérer encore plus d'humidité qu'il ne le ferait sur le littoral. Cela fait que les montagnes reçoivent souvent deux ou trois fois plus de précipitations que le niveau de la mer. Il existe aussi un effet « à double tranchant » pour le manteau neigeux en haute altitude, où la rivière atmosphérique devient fortement influencée par les variations de températures. 

Ces tempêtes sont généralement chaudes, ce qui crée deux scénarios très différents. Tout d'abord, il y a le bon coté des choses, si la précipitation est suffisamment froide, elle déposera entre 1,5 à 3 mètres de neige en un seul week-end. Certains de ces événements « anti-sécheresse » ont parfois permis d'approvisionner en eau la majeure partie de l'ouest des États-Unis pendant une année entière ! 

Le mauvais coté des choses, qui semble se produire de plus en plus souvent au fur et à mesure que le changement climatique s’opère, est ce qu'on appelle la neige qui tourne en pluie. Cela crée d’importantes inondations en montagne. Comme les rivières atmosphériques sont chaudes, la limite des chutes de neiges va monter beaucoup plus haut qu’à l’accoutumée, passant de 2 100 (l’altitude de Park City) à 2 700 mètres d’altitude. 

Il en résulte que de la pluie chaude tombe sur l’épaisse couche de neige déjà présente. La pluie ne s'écoule pas simplement ; elle fait fondre la neige en dessous, libérant en quelques heures l'eau accumulée pendant des semaines. Cela provoque des inondations catastrophiques en aval. C'est ce qui s'est produit fréquemment ces derniers temps et c'est ce qui m’a empêché de skier cette saison !

mercredi, décembre 31, 2025

Historique des rivières atmosphériques (Deuxième partie)

Bien que le terme « rivière atmosphérique » n'existait pas au XIXe siècle, il existe des preuves historiques indéniables de leurs effets dévastateurs. Ces phénomènes ont commencé avec la grande inondation de 1862, la plus importante jamais enregistrée en Californie, Oregon et Nevada. Elle avait été causée par une succession de rivières atmosphériques qui ont transformé la vallée centrale de Californie en véritable mer intérieure. 

Auparavant, grâce à l'étude des cernes des arbres et des couches de sédiments, les scientifiques avaient déjà identifié des incidences de « méga-rivières atmosphériques » remontant jusqu'à l'an 212, ce qui suggère qu'elles ont toujours constitué une caractéristique constante du climat terrestre depuis la nuit des temps. 

Au cours de la dernière décennie, notre compréhension est passée de la simple « découverte » à la « classification ». 

En 2019, le Dr F. Martin Ralph et ses collègues de l'Institut d'océanographie Scripps, près de San Diego, avaient mis au point l'échelle des rivières atmosphériques (de 1 à 5). 

À l'instar de l'échelle des ouragans, elle permet au public de comprendre si une rivière atmosphérique imminente sera « bénéfique » (remplissant les réservoirs et protégeant des sécheresses) ou « dangereuse » (provoquant inondations et glissements de terrain).

Des études scientifiques récentes confirment que les rivières atmosphériques deviennent plus fortes, plus chargées d’humidité, plus intenses et plus fréquentes ces dernières années. La principale cause est le changement climatique d'origine humaine. 

Une atmosphère plus chaude retient davantage d'humidité, alimentant ces « rivières du ciel » en vapeur d'eau supplémentaire provenant des océans, ce qui provoque précipitations, inondations et vents violents, affectant particulièrement la côte ouest des États-Unis. 

Combiné à l'augmentation constante des températures, il est désormais à peu près certain que ce phénomène entraînera une diminution progressive de l'enneigement dans nos montagnes de la Sierra Nevada, aux Cascades et dans toutes les Rocheuses aux États-Unis. 

Habitant à Park City, une région montagneuse, je souhaite savoir comment les rivières atmosphériques affectent spécifiquement notre manteau neigeux et le risque d'inondation dans notre communauté montagnarde, par rapport aux zones côtières. Nous aborderons ce sujet dans notre prochain article de blog, donc restez bien connectés !

mardi, décembre 30, 2025

C’est quoi une rivière atmosphérique ? (Première partie)

Ce début d'hiver a été marqué dans l'Ouest américain par une recrudescence de « rivières atmosphériques », un phénomène météorologique dont nous avons souvent parlé sur ce blog, ces dernières années. Tout ça a perturbé mon début de saison de ski, je me suis demandé depuis combien de temps ce phénomène était connu des météorologues ? 

Bien que le terme « rivière atmosphérique » (RA) ne fasse partie du vocabulaire scientifique et public que depuis une trentaine d'années, le phénomène météorologique lui-même est documenté et étudié sous différents noms depuis des siècles. Le terme « rivière atmosphérique » a été inventé en 1992 (et popularisé par une étude en 1994) par deux chercheurs du Massachusetts Institute of Technology (MIT) : Reginald Newell † et Yong Zhu.

En analysant des données mondiales du Centre européen pour les prévisions météorologiques à moyen terme, ils ont découvert que plus de 90 % de l'humidité se déplaçant des tropiques vers les pôles était concentrée dans des « filaments » étroits et rapides, couvrant moins de 10 % de la circonférence de la Terre. 

Avant que Newell et Zhu ne les nomment ainsi, ces tempêtes étaient bien connues des météorologues et des habitants des régions côtières, mais elles étaient généralement appelées « Pineapple Express » (Ananas express), en référence aux rivières atmosphériques qui prennent naissance près d'Hawaï et frappent la côte ouest des États-Unis. 

Certains les appelaient « Warm Conveyor Belts » (courants de transport chauds), un terme utilisé dans les années 1970 pour décrire le flux d'air chaud et humide au sein d'un cyclone. D'autres météorologues les appelaient « panaches d'humidité » ou « connexions tropicales », pour décrire les bandes de nuages ​​visibles sur les images satellite. 

Newell et Zhu ont choisi le terme « rivière atmosphérique » car ces bandes transportaient une quantité d'eau phénoménale : une seule rivière atmosphérique intense pouvait transporter environ 15 fois le débit moyen du Mississippi ! Demain, nous examinerons les événements météorologiques historiques liés à ce phénomène… 

vendredi, mars 14, 2025

Hé, taxi !

Quand les prochains Jeux olympiques d'hiver se retrouverony à nouveau à Salt Lake City en 2034, j'aurai tout juste 86 ans et j'aurai peut-être besoin d'un moyen de transport rapide et facile pour me rendre aux différentes épreuves. Si vous avez déjà vu ces projets de science-fiction où des taxis volants permettent aux gens de se déplacer d'un endroit à un autre, en volant plutôt qu'en roulant (même en voiture autonome si celles-ci pourront fonctionner parfaitement d'ici là), alors le taxi aérien sera le moyen de transport rêvé ! 

Mardi dernier, un accord a été signé entre BETA Technologies, constructeur d'avions électriques, et 47G | Utah Aerospace & Defense, pour introduire la technologie et des bornes de recharge pour taxis aériens en Utah. Ces nouveaux taxis volants électriques pourraient transporter jusqu'à cinq passagers, ou 565 kg de fret. Selon le site web de BETA Technologies, ces taxis peuvent se recharger complètement en un peu moins d'une heure et parcourir plus de 560 km par voyage, atteignant une vitesse d'environ 250 km/h. 

Le 13 novembre, BETA Technologies a réalisé le premier vol d'un tel avion électrique construit sur sa petite chaîne d’assemblage, dans son usine de 18 000 m² à South Burlington, dans le Vermont, où tout semble prêt pour lancer la production. 

Une fois construit, l'avion a ensuite été certifié par la FAA et mis en service. Les taxis aériens, qui ont reçu le soutien de l’admnistration des transports en Utah et la benediction du gouverneur lui-même, devraient être opérationnels dans tout l'État à temps pour les Jeux olympiques d'hiver de 2034. D'ici début 2026, l'Utah prévoit de transporter du fret avant de passer aux passagers. 

Un porte-parole de BETA a déclaré : « Dès le début de l'an prochain, nous commencerons par le fret et la logistique médicale, puis nous passerons aux vols passagers au cours des années suivantes. D’ici la fin de la décennie, nous transporterons du fret et des passagers médicaux, à la fois en… décollage conventionnel — atterrissage d’aéroport à aéroport — et en décollage vertical, atterrissage d’un vertiport à un autre dans des avions électriques silencieux et propres. » 

Nous verrons bien si le plan se développe dans les temps pour que je puisse l’utiliser, si jamais j’atteint mes 86 barreaux !