vendredi, mars 13, 2026

Faut-il blâmer le symptôme ou la cause ? (Deuxième partie)

Les démographes prévoient un pic de la population mondiale autour de 2050-2100, et les taux de croissance sont déjà en baisse dans la plupart des régions. Selon les Nations Unies, la population mondiale devrait atteindre 9,8 milliards d’habitants en 2050, puis monter entre 10,3 et 11,2 milliards entre 2080 et 2100, en fonction de la fécondité. 

Cela pourrait indiquer que la trajectoire environnementale future dépendra davantage des modes de vie que du nombre d’habitants, et que les transitions énergétiques, la gestion des terres et les modes de consommation devraient primer sur les chiffres bruts de la population. Mais sera-ce vraiment le cas ? Cela demanderait de se défaire de la dépendance aux énergies fossiles, de l’agriculture industrielle, de la déforestation, de l’étalement urbain et des systèmes de production gaspilleurs, autant de causes majeures du réchauffement climatique et de la perte de biodiversité. À mon avis, la question reste entière. 

Il est évident que la croissance démographique exerce une pression sur l’utilisation des terres, la demande en eau et les habitats naturels. À l'heure actuelle, il est assez facile de croire qu'un milliard de personnes supplémentaires à faible consommation ont un impact bien moindre que quelques millions de personnes à forte consommation. Mais qui peut garantir qu'avec le temps, l'empreinte carbone par habitant des populations pauvres ne rattrapera pas celle des populations défavorisées à mesure que leur situation économique s'améliorera ?

La société est extrêmement dynamique et, avec une circulation de l'information sans précédent, le « mauvais exemple » de consommation effrénée que nous donnons n'incite pas les plus pauvres à continuer de se priver. Si la population est un facteur multiplicateur, il me semble difficile d'imputer la majeure partie du fardeau aux seuls symptômes. Ceux-ci sont considérés comme les « facteurs déterminants » : nos systèmes énergétiques basés sur les énergies fossiles, notre agriculture industrielle, la déforestation, l'exploitation minière et l'extraction des ressources, nos modes de consommation et nos systèmes de gestion des déchets. 

Tous sont perçus comme les solutions les plus faciles à mettre en œuvre. Si une population croissante amplifie ces facteurs, mais ne les crée pas, il n’est pas réaliste de croire qu'elle ne peut pas les amplifier. Si l'on supprimait les facteurs de dégradation de l'environnement tout en maintenant la population au même niveau, l'impact environnemental diminuerait considérablement. Or, ce n'est pas le cas, quand on voit que l'administration Trump ne veut plus corriger ces facteurs et que l'Union européenne a d’autres chats à fouetter avec la menace Russe. 

Nous savons également que la plus grande part des dommages environnementaux provient d'une petite fraction de la population des pays les plus riches de la planète. Par exemple, les 10 % des consommateurs les plus aisés au monde sont responsables de près de la moitié des émissions totales, tandis que les 50 % les plus pauvres en produisent moins de 10 %. Les pays dont la population est en déclin (Japon, Italie, Allemagne) ont une empreinte environnementale très élevée, et inversement, les pays à forte croissance démographique (dont l’Afrique) ont une empreinte très faible. 

Pourtant, si le développement économique leur en donnait l'occasion, ces mêmes pays imiteraient leurs « modèles » plus riches ! Dans le prochain article, nous verrons comment un ralentissement de la croissance démographique mondiale pourrait contribuer à résoudre ce problème. Restez connectés !

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