samedi, mars 28, 2026

Don’t worry, be happy! ( Troisième partie )

Comme nous l'avons observé à l'échelle mondiale, nous allons aujourd'hui appliquer cette même « lentille macro » au niveau « micro » de nos 50 États-Unis. En fait, des organisations comme Gallup et le Réseau des solutions pour le développement durable s'adonnent à cet exercice chaque année. Lorsque nous décomposons les États-Unis en ces six catégories — Richesse, Soutien, Santé, Liberté, Générosité et Confiance — les États « Unis » commencent à ressembler à une mosaïque de pays très différents les uns des autres. 

D'abord, il existe un clivage en matière « d’espérance de vie en bonne santé », domaine dans lequel la région des Rocheuses (Utah, Colorado) et la Nouvelle-Angleterre (Vermont, Massachusetts) occupent souvent les premières places. Ce phénomène s'explique par « l'effet d'activité ». Les États situés en haute altitude et dotés d'une forte culture du plein air (comme là où se trouvent nos stations de ski) affichent une espérance de vie nettement supérieure. Ces régions bénéficient d'un « cercle vertueux » où le climat et l'environnement favorisent l'activité physique, laquelle stimule à son tour le bien-être mental. 

À l'inverse, la « Stroke Belt » (la « ceinture d’AVC » — ainsi nommée en raison de ses taux de mortalité par accident vasculaire cérébral plus élevés) située dans le Sud-Est obtient souvent des scores inférieurs dans cette classe ; cela s'explique non seulement par l'accès aux soins de santé, mais aussi à l'alimentation et au mode de vie. Vient ensuite la dimension du soutien social, là où « la communauté l'emporte sur l'anonymat » et où le Midwest ainsi que la région comprenant Nevada, Utah et Idaho éclipsent souvent les puissances économiques du littoral. 

Les États caractérisés par un fort engagement civique et des réseaux religieux ou communautaires (pensez à l'Utah, au Minnesota ou au Nebraska) obtiennent des scores remarquablement élevés quant au sentiment de « pouvoir compter sur quelqu'un ». À l'opposé, des États au PIB élevé, tels que New York ou la Californie, souffrent souvent d'une certaine « fragmentation sociale ». Les gens s'y installent pour gagner plus d’argent, laissant derrière eux leurs réseaux de soutien, ce qui fait chuter leur « score de bonheur » global malgré des salaires plus élevés. 

Une autre caractéristique régionale est déterminée par la liberté d'auto-détermination. Dans le contexte américain, il s’agit d'une confrontation entre la liberté économique et la liberté individuelle. Nous assistons actuellement à un mouvement migratoire interne massif, directement motivé par ces aspirations. Certains déménagent vers des États comme le Texas ou la Floride pour la « liberté économique » (impôts plus bas, moins de réglementations), tandis que d'autres s'installent dans des États comme l'Oregon ou le Washington pour la « liberté personnelle ou sociale » (politiques environnementales, libertés individuelles). 

C'est là que les classements deviennent plus « arbitraires ». Si l'indice de bonheur accorde un poids important aux « impôts bas », le Texas l'emporte. S'il privilégie les « services publics », c'est le Vermont qui gagne. Viennent ensuite les cas atypiques. Si l'on se réfère aux critères de générosité établis par le « World Population Review » (dons caritatifs et bénévolat), le palmarès diffère considérablement de celui basé sur la « richesse ». Les États les plus riches (le Connecticut, le Maryland) ne sont pas toujours les plus généreux.

L'Utah se classe systématiquement au premier rang aux États-Unis, tant pour le bénévolat que pour les dons caritatifs exprimés en pourcentage du revenu. Cet indicateur est particulièrement pertinent, car il mesure la cohésion socile. Un État où les citoyens donnent du temps et de l’argent à leurs voisins fait généralement preuve d'une plus grande résilience face aux chocs économiques. Enfin, il y a la perception de la corruption (avons-nous confiance en nos institutions ?). 

Des États dotés de « machines politiques » bien huilées (comme l'Illinois ou le New Jersey) n’ont pas de bons scores en matière de confiance. À l'inverse, dans des « petits États » de taille modeste et plus homogènes (comme le New Hampshire ou le Wyoming), les scores de confiance tendent à être plus élevés, car le gouvernement y semble « plus proche » des citoyens. En passant tout cela en revue, je me rends compte que l'Utah n'est pas si mal ! 

Demain, nous nous pencherons sur la France, tout comme nous venons de le faire pour les États-Unis ...

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