Il est souvent surprenant de constater comment se prennent des décisions très importantes. La France a obtenu les Jeux olympiques d’hiver de 2030 en proposant au CIO un plan à faible risque, politiquement soutenu, géographiquement cohérent et axé sur l’héritage culturel, à travers les Alpes françaises.
En réalité, après le retrait de la Suède, elle est devenue, le 29 novembre 2023, la seule candidate (alors qualifiée de « préférée ») du CIO. Face à une pénurie flagrante de candidats, le « nouveau système » du CIO privilégiait la stabilité, la faisabilité et les garanties politiques plutôt que la compétition. La délégation française était conduite par le président Emmanuel Macron, qui a personnellement exprimé l’engagement total de la France à organiser les Jeux.
Le CIO a déclaré accorder une importance capitale aux garanties gouvernementales, notamment pour les Jeux d’hiver qui nécessitent des infrastructures complexes et une planification résiliente face au changement climatique. La France a rempli ces conditions dans les délais impartis par le CIO.Ce qui a convaincu le CIO d'accepter des Jeux répartis sur l'ensemble des Alpes françaises, c'est la volonté d'utiliser les sites existants et les domaines de sports d'hiver déjà établis, conformément à sa nouvelle stratégie, malgré son accent mis sur le développement durable face aux importants besoins en transport. Le CIO a également été séduit par l'idée que les Alpes françaises alliaient sites olympiques historiques et infrastructures modernes, créant ainsi un mélange harmonieux de patrimoine et de planification tournée vers l'avenir.
Cette approche a été perçue comme un moyen de réduire les risques et de renforcer l'attrait des Jeux. La France a également dû fournir des engagements financiers concrets au CIO afin de répondre à ses inquiétudes concernant les dépassements de coûts et l'incertitude politique.
Contrairement à d'autres candidatures récentes qui s'étendaient sur plusieurs pays ou villes éloignées, les Alpes françaises étaient considérées comme formant un corridor de sports d'hiver continu et bien connecté (260 kilomètres à vol d'oiseau). Enfin, le succès récent de la France avec les Jeux olympiques d'été de Paris 2024 a scellé l'accord. Dois-je répéter que le CIO n'avait pas d'autre choix ?
Edgar Grospiron a été choisi pour diriger le Comité d'organisation des Jeux olympiques d'hiver de 2030 par un vote de l'Assemblée générale du comité, le 18 février 2025. Je connais Edgar quand c’était un bambin au moment où ses parents se sont installés à Avoriaz pour gérer Vuarnet Sports au début des années 1970.
L'Assemblée générale a justifié son choix par la solide expérience olympique et sportive de M. Grospiron, qui comprend notamment un titre de champion olympique de ski de bosses à Albertville en 1992, son rôle de chef de la candidature d'Annecy pour les Jeux olympiques d'hiver de 2018 et son engagement de longue date dans la gouvernance des sports d'hiver français.
Ces atouts ont été explicitement cités comme raisons de sa nomination. Grospiron, qui aura 57 ans en mars, est d'un tempérament extraverti était sûrement fort en « bosses » mais n'a peut-être pas les compétences diplomatiques ni l'expérience managériale de grand « boss » requises pour le poste. Il n’est pas le seul dans cette situation, j’en sais quelque chose !Travail très visible et bien rémunéré (probablement entre 25 000 et 35 000 dollars par mois), un détail tenu secret, conformément à la tradition française. Il convient de noter que Giovanni Malagò président de Milan 2026 n’a pris aucun salaire.
Plus récemment, le comité a connu d'importantes tensions internes, notamment la démission du PDG, du directeur général des opérations, du directeur de la communication et du responsable de la commission des rémunérations. Ces événements qui n'ont aucune incidence sur sa sélection expliquent en partie les critiques dont son leadership fait l'objet.
L'avenir nous dira comment ce projet complexe évoluera au cours des moins de quatre ans qui nous séparent des Jeux…


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