samedi, mars 14, 2026

Faut-il blâmer le symptôme ou la cause ? (Troisième partie)

Avec une population mondiale actuelle de plus de 8,3 milliards d’habitants, qui devrait atteindre 9,8 milliards en 2050, puis culminer entre 10,3 et 11,2 milliards entre 2080 et 2100, son taux de croissance devra diminuer progressivement pour atteindre ces chiffres, en raison de la baisse quasi généralisée des taux de fécondité à l’échelle mondiale. 

De nombreux pays s’inquiètent désormais de la diminution de la population active, du vieillissement de la population et du ralentissement économique, ce qui laisse penser que le défi environnemental futur ne sera pas uniquement lié à la surpopulation, mais aussi aux choix de vie de la population actuelle, en fonction de son « progrès » matériel. L’intelligence artificielle viendra-t-elle à la rescousse et remplacera-t-elle cette main-d’œuvre en voie de disparition ? Nous savons tous que la question de la population est complexe et porteuse d’un passé troublant. 

C’est d’ailleurs l’une des principales raisons pour lesquelles les institutions, comme les gouvernements et les ONG, évitent d’aborder ouvertement ce sujet tabou. L'argument de la surpopulation a historiquement servi à justifier des politiques racistes, la stérilisation forcée et des discours anti-immigration ciblant des régions ou des groupes ethniques spécifiques. De ce fait, scientifiques et décideurs politiques, à l'exception notable de Trump et de ses partisans, font preuve d'une extrême prudence. 

Ils privilégient une approche systémique plutôt qu'individuelle et affirment que même si la population mondiale diminuait soudainement de deux milliards d'habitants tout en continuant à brûler des énergies fossiles, à déforester massivement, à pratiquer la surpêche et à recourir à l'agriculture industrielle, la planète serait toujours en danger. Or, force est de constater qu'au-delà des déclarations bien intentionnées et des promesses générales, très peu de mesures concrètes ont été prises dans ce sens, car nous semblons cruellement incapables d'atteindre nos objectifs à court terme. 

Bien sûr, si l'humanité s'engageait réellement à transformer ses systèmes énergétiques, l'utilisation des terres et ses modes de consommation – même avec la population actuelle –, la planète pourrait se rétablir avec une intensité proportionnelle aux sacrifices que personne n'est prêt à consentir. Sans exception, les sacrifices sont douloureux et difficiles à faire, surtout dans notre société confortable et protégée. 

Il nous faut un accident, une catastrophe, pour être contraints de modifier ou d'accepter les restrictions gouvernementales qui nous paraissent injustes, comme ce fut le cas lors de la pandémie de Covid-19. Cela explique pourquoi l'attention se porte sur les « symptômes », car ils sont en réalité les mécanismes des dommages environnementaux. 

Face à un monde développé « confortable » qui refuse de renoncer au moindre confort, les efforts de réparation proposés sont vains et je reste convaincu qu'il nous faudra un cataclysme pour réaliser que nous avons peut-être irrémédiablement endommagé notre planète.

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