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dimanche, septembre 13, 2026

Une journée gratifiante !

Mon aventure avec l'espagnol a débuté en 2015, mais a été rapidement abandonnée faute d'un engagement suffisant de ma part ; toutefois, le mois de juillet 2024 et la perspective d'un voyage en Andalousie relançait très sérieusement mon effort. L'outil utilisé était Duolingo, un système qui a littéralement relégué aux oubliettes les méthodes Assimil de ma jeunesse que j’utilisais pour apprendre l'anglais, l'allemand et l'italien... 

En juillet dernier, je suis passé de Duolingo à TalkPal, un système d'IA basé sur ChatGPT. Il y a juste quelques jours de cela, j'étais franchement stupéfait de mes progrès en conversation, ce qui confirmait, s'il en était besoin, que j'avais fait le bon choix.

Certes, cette nouvelle méthode est bien plus douce pour un cerveau vieillissant comme le mien, mais elle ne peut pas pour autant réduire le temps d'assimilation et d'apprentissage aussi vite qu'on le souhaiterait. 

C'est comparable à faire pousser des laitues : les raccourcis temporels sont rares ou ont des conséquences ; pour l'apprentissage des langues aussi, les informations doivent se mettre en place et infuser lentement avant de révéler leurs merveilleux résultats. 

Ce processus, qui prend le temps de mûrir pour aboutir à un résultat gratifiant, est précisément ce que j'ai vécu il y a quelques jours. Ce fut une fantastique expérience de gratification différée, qui m'a rendu à la fois fier et heureux ! 

vendredi, septembre 11, 2026

La malédiction du « couche-tard »

Alors que nous marchions à contre-sens d’une circulation plutôt dense entrant en ville vers 7 h 55, je pensais à tous ces gens qui ne sont pas du matin et qui peinent chaque jour à arriver à l'heure au travail, à une heure bien trop matinale. Quel supplice !

Moi qui suis plutôt du matin, je redoutais, en tant que jeune cadre, ces réunions de 16 h 30 qui s'éternisaient dans la soirée alors que mon cerveau n'était plus d'aucune utilité. Par un juste retour des choses, une fois devenu patron, c'est moi qui organisais des réunions tôt le matin, au grand dam de mes collaborateurs couche-tard… Voilà bien un manque total de mémoire et de compassion ! 

Certains (moi y compris) pourraient croire que la répartition entre « gens du matin » et « gens du soir » est 50/50, mais rien n'est plus faux. En réalité, environ 15 % des gens sont du matin, 15 % du soir, et les 70 % restants se situent quelque part entre les deux. Les personnes du matin (souvent surnommées « alouettes » ou « lions ») représentent une personne sur six ou sept. Elles se réveillent facilement et connaissent un pic d'énergie tôt dans la journée.

On trouve la même proportion de gens du soir (les « hiboux » ou « loups »), qui préfèrent veiller tard et atteignent leur pic de productivité la nuit. Viennent ensuite les autres, les profils dits intermédiaires (parfois appelés « ours » ou « troisième type d'oiseau »), qui constituent la majorité — sept personnes sur dix, ou plus de la moitié, selon le modèle de classification utilisé. Ils suivent un rythme intermédiaire plus flexible, calé sur les horaires diurnes classiques. 

Toutefois, ces catégories ne sont pas figées, car les préférences évoluent considérablement avec le temps. Si seulement 7 % environ des jeunes adultes sont des « alouettes » (un chiffre inférieur aux 15 % de la population générale), la grande majorité bascule vers un profil matinal à l'approche de la soixantaine ; la situation est donc mouvante. En fait, il est fascinant de voir à quel point l'âge et le sexe peuvent modifier ces chiffres. 

Si la génétique détermine notre profil de base, notre horloge interne évolue naturellement avec l'âge. On observe un changement biologique marqué vers une activité nocturne aux alentours de 20 ans. Environ 32 % des adolescents sont des couche-tard. En revanche, avec l'âge, l'horloge interne des adultes a tendance à se décaler naturellement vers une heure plus matinale. À 60 ans, plus de 63 % des personnes se considèrent comme des « lève-tôt », tandis que seules 7 % environ restent des « couche-tard ». 

Quant aux différences entre les sexes, des études génétiques de grande envergure révèlent qu'une plus grande proportion de femmes (48,4 %) se définit comme matinale par rapport aux hommes (39,7 %). Notre rythme de sommeil naturel — qu'on appelle chronotype — est largement déterminé par notre biologie et notre horloge interne, plutôt que par un choix conscient. 

Maintenant que vous savez tout ça, vous n'avez plus aucune excuse pour ne pas tenir compte du chronotype de vos collègues, de vos amis et de vos proches !

dimanche, septembre 06, 2026

Un métier qu'on adore ! (Troisième partie)

En principe, nous n'aimons pas les activités que nous ne maîtrisons pas ou que nous ne comprenons pas bien. Avec du temps, de la maîtrise et de l'autonomie, ce désintérêt peut se transformer en appréciation. Toutefois, cela ne fonctionne pas si cette aversion découle d'une violation de nos valeurs, d'un conflit d'identité ou d'un stress chronique. 

Personne ne peut finir par aimer un travail qui va contre son éthique, qui étouffe sa personnalité, qui l'épuise et le vide de son énergie en permanence, qui l'isole socialement ou encore qui lui semble totalement dénué de sens. Dans ces cas-là, « apprendre à aimer » n’est pas de l'épanouissement, mais de l'autoflagellation.

En réalité, nous ne tombons pas amoureux d'un emploi en tant que tel ; nous nous attachons plutôt à la compétence acquise, aux liens tissés, à l'impact que nous pouvons avoir sur la société, l'environnement ou la santé d'autrui, au confort de la routine, à l'identité unique que ce travail nous apporte et à la personne qu’il nous fait devenir. 

Un métier devient gratifiant quand il sert de vecteur à notre développement personnel, et pas parce qu’il correspond parfaitement à une passion. Lorsque il n’y pas de passion dans l'activité professionnelle, voici les stratégies qui fonctionnent vraiment : Passer de la « passion » au « métier » (ou savoir-faire) : en cherchant à exceller dans un domaine, nous éprouvons de la fierté. 

Donner du sens « autour » du travail plutôt que « dedans » celui-ci ; ce sens peut naître du soutien apporté à sa famille, de la contribution à une équipe, de l'aide aux clients ou aux utilisateurs, de la construction d'une excellente réputation ou de l'apprentissage de la résilience. Ne pas oublier de cultiver sa passion en dehors du travail, grâce à des loisirs, des relations sociales, du bénévolat ou des activités créatives. Le travail devient alors un moyen de réaliser ces aspirations, et non la pièce maîtresse de notre vie. 

Adapter son travail plutôt que de le remplacer : effectuer de petits changements — comme modifier certaines tâches, changer d'équipe ou d'horaires — peut transformer notre expérience. Personnellement, j'ai transformé les corvées (à la maison ou ailleurs) en jeux : j'essaie d'améliorer la qualité de ce que je fais, d'ajuster certaines procédures de manière créative et de mesurer à la fois la qualité et le temps gagné. Tout, même l'activité la plus pénible, devient alors un jeu ! 

Enfin, accepter que la passion ne soit pas l'unique voie vers l'épanouissement. Ce dernier peut naître de la stabilité, de la maîtrise, de la contribution, de l’équilibre, de l’identité ou des relations. Sous cet angle, la passion n’est qu’un ingrédient parmi d’autres. Je ne déplore pas son absence ; j’explore simplement les possibilités de croissance, d’adaptation et de quête de sens dans des circonstances imparfaites, y voyant un défi supplémentaire que personne d’autre ne sera capable de relever mieux que moi. 

Il est possible d’apprendre à aimer ce que l’on n’appréciait pas auparavant, à condition que le travail devienne un vecteur de compétence, d’autonomie et de sens, sans pour autant aller à l’encontre de notre nature profonde. Essayez, et vous finirez par aimer ce que vous détestiez autrefois !

samedi, septembre 05, 2026

Un métier qu'on adore ! (Deuxième partie)

Quand l'emploi idéal — celui qui suscite passion et envie irrésistible de se rendre au travail chaque matin — n'est pas là, voyons comment il est possible d'apprendre à aimer (ou du moins à apprécier) une activité que l'on déteste au départ, à condition toutefois que certaines conditions soient réunies. 

En l'absence de passion innée, peut-on la faire naître grâce au sens, à la maîtrise, à l'autonomie et à l'identité ? D’accord, pas question de se forcer à aimer une activité qui va contre nos valeurs ou nous vide de notre énergie ; ce serait de la folie ! En réalité, la question n'est pas de savoir si les emplois de rêve existent, mais plutôt : si je n'adore pas ce que je fais, puis-je apprendre à l'apprécier davantage et, à terme, finir par l'aimer ? 

Peut-on cultiver l'attachement à son travail ? C'est une question profonde, à laquelle la psychologie apporte une réponse étonnamment claire. D'après mes recherches, les études en motivation montrent que la passion provient de trois ingrédients : 

  • La maîtrise : lorsque nous gagnons en compétence dans un domaine, nous commençons à l'apprécier davantage, car cette compétence nous apporte plein de satisfaction et finit par faire partie intégrante de notre identité. 
  • L'autonomie : si nos supérieurs nous le permettent, le fait d'avoir un certain contrôle sur notre travail rend la tâche plus supportable, voire agréable à mesure qu'elle évolue. 
  • Le sens (ou la finalité) : lorsque nous relions notre travail à quelque chose qui nous dépasse (aider les autres, soutenir sa famille, contribuer à une équipe), il devient émotionnellement gratifiant et nous devenons fiers de notre contribution. 

Ces trois éléments peuvent transformer un travail déplaisant en une activité porteuse de sens ; ils ne peuvent toutefois pas métamorphoser un emploi qui va contre nos valeurs ou porte atteinte à notre identité. Dans la prochaine partie de cette série, nous approfondirons le sujet pour découvrir comment apprendre à aimer une activité que nous pensions, au premier abord, détester.

vendredi, septembre 04, 2026

Un métier qu'on adore ! (Première partie)

Nous aimerions tous exercer un métier que nous aimons, et c’est ce que nous disons à nos enfants, petits-enfants ou à nos proches ; car l’adéquation parfaite entre nos passions et une activité professionnelle qui correspond à nos goûts est, pour la plupart d’entre nous, bien difficile à trouver. C’est précisément cette réalité qui contraint beaucoup d’entre nous à accepter des compromis et, souvent, à renoncer à cette « carrière de rêve » tant espérée.

Une question légitime se pose alors : que faire lorsqu’il n’y a aucune correspondance entre ce que nous aimerions faire et la réalité d’un métier qui semble incapable de nous procurer le moindre plaisir — sans même parler de « passion » ? Plus précisément, peut-on en venir à aimer une activité qu’on a en horreur ? 

C’est sans doute l’un des dilemmes les plus profonds de nos vies : le fossé qui existe entre le travail dont nous rêvons et celui que nous finissons par exercer. Il faut mettre des mots sur un sentiment que beaucoup éprouvent sans jamais l’exprimer : ce chagrin silencieux de réaliser que passion et métier ne se rejoignent pas toujours, et amène cette interrogation fondamentale : l’amour d’un métier peut-il être cultivé s’il n’est pas au rendez-vous ? 

Ne nous leurrons pas : le « métier de rêve » est une rareté absolue. Faire coïncider passion et activité professionnelle est exceptionnel, non pas parce que les gens manquent de passion, mais parce que nos passions ne sont souvent pas monnayables et qu’elles évoluent avec le temps, alors que les emplois sont façonnés par des impératifs économiques plutôt que par des rêves personnels. 

Dans mon cas, bien que je me sois lancé dans ce que l’on pourrait qualifier de « carrière de rêve », dans le secteur du ski, mon boulot n’a jamais été une sinécure ; il fut parsemé de frustrations causées par des propriétaires déraisonnables, des supérieurs incompétents ou tout simplement par un manque de moyens matériels. Enfin, il existe aussi des aspects imprévus d'un emploi de rêve qui peuvent aussi se transformer en expériences douloureuses ...  

Ainsi, le « rêve » se transformait souvent en une série de petit cauchemars récurrents. La plupart des emplois qui s’offrent à nous impliquent répétition, contraintes et compromis ; l’idée qu’il faille « suivre sa passion » est donc réconfortante mais profondément trompeuse — voire utopique. En effet, la plupart d’entre nous finissent par bâtir leur vie autour d’un travail imparfait, sans jamais découvrir cette carrière idéale ou cette adéquation parfaite. 

Demain, nous verrons si nous pouvons arranger tout ça …

jeudi, août 06, 2026

Un rare mois complet de vacances !

Il y a cinquante ans, je travaillais encore pour les fixations Look et, pour la seconde et dernière fois de ma carrière, je profitais d'un mois entier de congés annuels, avantage que les Français trouvent tout à fait normal et auquel ils sont très attachés. J’en garde d’autant plus un souvenir marquant en raison de la forte canicule de cet été-là. 

Je me souviens d’avoir travaillé juste avant, en juillet chez Look, avec de jeunes cadres de notre distributeur américain venu collaborer sur un manuel technique destiné aux techniciens de ski dans une chaleur suffocante. Tout comme moi, Peter Juen et Ted Travis ruisselaient de sueur et peinaient à comprendre l'absence de climatisation dans l’usine toute neuve que les propriétaires de Look venaient de faire construire. 

Pourtant, la canicule de 1976 n'a rien à voir avec celle de cet été en France. Bien qu'elle ne soit pas encore terminée, la canicule de 2026 aura battu tous les records et s'est révélée bien plus intense que celle de 1976 — même si cette dernière reste gravée dans les mémoires des anciens en raison de la sécheresse extrême et des répercussions socio-économiques qu'elle a engendrées.

En termes d'intensité thermique, 2026 l'emporte largement avec un pic national à 30 °C, contre 25,5 °C en 1976 (indice thermique sur 24 heures). Quant à l'étendue géographique, les chaleurs de 1976 touchaient surtout le nord, l'ouest et le centre de la France, le sud étant moins affecté. À l'inverse, en 2026, la canicule a touché plus de 40 % du pays, avec des records historiques dépassant les 40 °C dans de nombreuses régions (Strasbourg 40,4 °C, Noirmoutier 40,1 °C). 

Les nuits furent bien plus chaudes qu'en 1976 avec des températures nocturnes supérieures à 20 °C sur 75 % du territoire, avec jusqu'à 10 nuits chaudes consécutives à Paris et ces nuits tropicales ont considérablement aggravé la sensation de chaleur. 

Enfin, la sécheresse de 1976 fut exceptionnelle, marquée par l'assèchement des cours d'eau, un déficit pluviométrique de 50 à 70 % et une crise agricole majeure qui exacerba les tensions entre le président Valéry Giscard d’Estaing et son Premier ministre, Jacques Chirac. Si la canicule n'en fut pas l'unique cause, elle a porté à son paroxysme un conflit latent, aboutissant finalement à la démission de Chirac. 

Nous ignorons encore quelles seront les répercussions politiques de l'épisode de 2026, mais il est fort probable que nous en entendions parler dans les mois à venir. Il est certain que dès à présent, la sécheresse commence à se manifester, qu’elle n’a pas encore dit son dernier mot et ces jours derniers, le torrent de la Dranse dans mon patelin d’origine, s'est retrouvé à sec par endroits — un phénomène inédit. 

En conclusion, la canicule de 1976 a marqué les esprits, principalement en raison de son intensité et de ses conséquences politiques, mais elle fut aussi une année exceptionnelle pour les vins français, malgré (ou grâce à) la sécheresse estivale extrême. 

Toutefois, la canicule de 2026 s'avère nettement plus sévère en termes de températures en battant des records historiques, en engendrant des nuits tropicales inédites et en atteignant une intensité sans commune mesure avec les épisodes du XXe siècle, sans oublier une saison des feux de forêt d'une violence et d'une ampleur records.

samedi, mai 16, 2026

L'effort de plus

Il est étonnant de constater comment, parfois, alors que nous sommes fatigués et que notre journée de travail est terminée, comment un petit effort supplémentaire peut tant accomplir de choses et, à coup sûr, venir enrichir notre bilan journalier. Cela m’a été confirmé il y a quelques jours, alors que je préparais notre potager : une corvée annuelle que je déteste. 

En m'appliquant vraiment, j’ai puisé des ressources, tant mentales que physiques, qui, une fois rendues ont fait toute la différence dans le résultat final. 

J'ai ignoré ces voix intérieures qui m'incitaient à arrêter le travail trop tôt, et à laisser le travail inachevé, tant sur le plan qualitatif que quantitatif. Sans trop savoir comment, j’ai rassemblé les ressources nécessaires pour donner ce fameux coup de collier supplémentaire. 

S'agissait-il là du vestige d'une habitude observée en grandissant au sein de ma famille, ou d'un réflexe que j'ai instinctivement gardé tout au long de ma vie d'adulte ? 

C'est fort possible, mais quoi qu'il en soit, cette impulsion était bel et bien présente pour me donner une longueur d'avance le lendemain, quand j’ai repris le travail. Cela m’a tout simplement stupéfait et cet étonnement était bien justifié. Cela m'a fait prendre conscience qu’un tel « effort en plus » est rarement une question de force physique. 

C'est une question d'intention. C'est cette décision silencieuse d'aller de l'avant plutôt que de reculer, même quand personne nous voit et va nous féliciter. C'est peut-être aussi la raison pour laquelle cela procure un sentiment si gratifiant en nous reconnectant à une part de nous-mêmes qui refuse de se contenter du strict minimum. S'agit-il également d'une expression de culpabilité ? C'est fort possible. 

Une part de nous qui croit encore à l'importance de bien faire les choses, non pas pour qu’on nous en félicite, mais parce que c’est ce qui nous construit et nous maintient au niveau auquel nous aspirons. En prenant de l’âge, je prends conscience que ces petits choix s'accumulent et finissent par constituer une sorte de signature personnelle dans la manière dont nous nous présentons, y compris dans l'exécution des tâches les plus banales. 

C'est peut-être pour cette raison précise qu’une telle réalisation est importante car elle me rappelle que je suis encore capable de cette petite poussée supplémentaire et de ce besoin discret à faire les choses correctement. Et en cela, j’y ai vu un véritable cadeau. En fin de compte, cet effort supplémentaire n'avait rien à voir avec mon potager. Il m'a simplement rappelé que nous avons toujours plus de ressources que nous l'imaginons — réserve que nous ne découvrons quand nous choisissons d'aller la puiser au plus profond de nous-mêmes.

dimanche, avril 26, 2026

Ma courte carrière chez Odo

Tout frais diplômé de l’école d'horlogerie a Cluses en 1966, mon premier travail avait été dans la branche m’emmena au bureau d’études chez Odo, à Morez, dans le Jura. Cette entreprise fabriquait alors des pendules électriques était la propriété de la famille Odobez. 

Celle-ci est présente dans la vallée de la Bienne depuis le XVIIᵉ siècle et passe progressivement de l’agriculture et de la clouterie à l’horlogerie. En 1660–1800, les Odobez fabriquent des pièces mécaniques l’hiver dans le hameau de Tancua. En 1806 apparaît Jean‑Baptiste Odobez, dit Jean le Comtois, est artisan horloger à Tancua. 

Il est suivit en 1843 par François‑Désiré Odobez qui perfectionne le mouvement cage‑fer des comtoises et en 1885 la maison Odobez père et fils est créée à Morez pour y fabriquer des horloges comtoises. La société Odo proprement dite est fondée en 1920 par les fils de Léon Odobez, André et Roger, associés à la famille Moret‑ès‑Jean Barbaud. Tous industrialisent la production et modernisent l’entreprise. 

L’âge d’or d’Odo s’etendit de 1930 à 1970. En 1931, fut lancé le célèbre carillon Odo, présent dans d’innombrables foyers français. Ce fut un immense succès commercial. Il fut suivit en 1937 par le “Gai carillon” quand Odo avait commandé à Vincent Scotto, compositeur très populaire, une mélodie exclusive pour se distinguer du Westminster, un coup de génie marketing. J’ai du reste herite d’une telle pendule de mes parents, que j’ai toujours à Park City. 

Dans les années 1950 vint la diversification des produits Odo, avec les pendules électriques, les réveils à piles, les carillons muraux et les horloges comtoises modernisées. L’entreprise s’agrandit avec son usine rue Voltaire à Morez, et deux autres à Montmorot et à Domblans, comptant jusqu’à 300 employés en 1980. 

C’est à peut près l’époque où jeune diplômé de Cluses, j’arrive en 1966 comme technicien au bureau d’études. J’ai donc connu Odo au moment où elle était au sommet de sa puissance industrielle. 

J’aimais assez bien le travail au bureau d’études dirigée par Mr. Péricouche et je suis pris sous l’aile de Jeantet, un autre dessinateur. Malheureusement, je ne plaisais pas dans ce coin du Jura et n’y suis resté que quelques mois avant de m’attaquer à ce qui me dévorais déjà, une carrière dans le ski. Après mon départ, les choses commencent à aller mal pour Odo (je sais, j’aurai du rester!) 

Les causes du déclin sont bien documentées. D’abord il y a un effondrement du marché de l’horlogerie domestique. En effet, à partir des années 1970–80, les pendules murales, carillons et comtoises disparaissent des foyers, la demande s’effondrant. 

Les produits électroniques bon marché venus d’Asie rendent les productions jurassiennes trop coûteuses et c’est là qu’Odo tente de se diversifier en se lançant dans lunetterie, en prenant une licence avec la marque Bugatti, mais trop tard pour compenser la chute du marché horloger. 

En 2001 la famille Odobez vend l’entreprise, en 2005 les repreneurs d’Odo cesse définitivement leur activité et plus récemment en 2025, les bâtiments historiques de la rue Voltaire sont démolis. 

C’est ainsi qu’une page se tourne et qu’un livre se ferme sur l’une des plus grandes horlogeries françaises du XXᵉ siècle.

vendredi, avril 03, 2026

La vraie clé de la réussite

Si quelqu'un m'avait posé cette question, j'aurais répondu : « La passion ». Idéalement, une passion pour une activité qui nous accompagne toute la vie et nous propulse vers le succès. C’est dans cet état d’esprit que je lisais récemment un article dans le magazine « Inc. », approfondissant ce sujet. Selon ce que j’ai pu comprendre, le trait de caractère en question n’est ni la passion, la créativité, l'innovation, la culture d'entreprise ou l’imagination, mais c'est la persévérance. 

C'est du moins ce qu'en pensait le regretté Steve Jobs, fondateur d’Apple. Il n’en faisait pas une idée romantique ; il savait juste qu’elle était l’importance de la persistance quand tout tournait mal — comme lorsqu'il fut viré d'Apple, qu'il dut tout recommencer avec NeXT, pour finalement revenir et bâtir l'une des entreprises parmi les plus grandes du monde. Son propos n'était pas de dire que le talent, le sens du timing ou la qualité du produit n'avaient aucune importance ; il soulignait simplement que, sans persévérance, aucun de ces atouts ne pouvait porter ses fruits.

Cela me fait penser à Sisyphe, contraint de pousser son rocher jusqu'au haut de la pente pour bien comprendre le concept de persévérance. Nous devons nous imprégner de cette idée : nos échecs et nos revers ne nous définissent pas ; ils nous affinent. Les meilleurs leaders ne se contentent pas de tourner la page après avoir été mis à terre ; ils rebondissent et s'attellent à analyser ce qui a échoué, ce qui mérite encore d'être poursuivi et ce qui doit impérativement changer. 

Cela implique de recueillir le fruit de nos expériences et leurs enseignements. Par exemple, nous pouvons tous tirer les leçons d'une idée ou d'un échec, car cela nous montre précisément ce qui ne va pas. Nous découvrons les lacunes contenues dans notre préparation ou notre exécution. Si nous parvenons à considérer nos revers comme des expériences révélatrices, nous transformerons nos impasses en tremplins. Il nous suffit de garder à l'esprit que chaque échec nous apprend toujours quelque chose. 

Le plus attaché nous serons à nos objectifs, le plus facile il nous sera de persévérer. Bien entendu, faire preuve de persistance ne signifie pas foncer tête baissée avec une mauvaise idée au départ. Au contraire, cela consiste à se fixer un objectif qui en vaut la peine et à s'y tenir fermement, tout en faisant preuve de souplesse quant aux moyens mis en œuvre pour l'atteindre. Si notre stratégie s'avère inefficace, il suffit d'ajuster le plan, sans pour autant renoncer à la vision d'ensemble. 

Les études consacrées à la « ténacité » démontrent qu'une passion et une persévérance maintenues sur la durée constituent des indicateurs de réussite bien plus fiables qu’un quotient intellectuel impressionnant ou un grand talent. Avec le recul, si j'avais accordé à la persévérance la place qu’elle méritait tout au long de ma vie, j'aurais progressé bien davantage ; mais la prise de conscience de son importance ne m'est venue que par petites touches à chaque fois que je trébuchais. 

Au prix d'un nombre d'échecs que je peux aujourd'hui assumer, j'ai fini par saisir l'essentiel. Les leaders qui refusent d'abandonner — ceux qui se présentent une fois de plus sur la ligne de départ après avoir essuyé des revers — sont ceux qui, en fin de compte, franchissent la ligne d'arrivée. Lorsque nous sommes confrontés à une journée, une semaine ou une période prolongée de mauvaises nouvelles, posons-nous cette question : « Sommes-nous dans une impasse, ou ne s'agit-il qu’une résistance naturelle liée à tout progrès ? » 

Avant de jeter l'éponge, donnons toujours une autre chance à la persévérance. Elle pourrait bien nous sortir du lot.

jeudi, mars 19, 2026

Comment aurais-je dû être embauché ? (Deuxième partie)

Comme nous en discutions hier, je me suis demandé si j'aurais dû exiger de mes employeurs, il y a quelque 30, 40 ou 50 ans, de connaître les avantages en matière de formation (le mentorat en étant un volet majeur) dont je pourrais bénéficier. Bien entendu, la réponse ne pouvait être que : « Absolument pas ! » 

Certes, il n'était pas irréaliste de souhaiter un mentorat il y a 30 à 50 ans, mais c'était chose rare et largement irréaliste, car la culture d'entreprise et les pratiques d’embauche étaient alors totalement différentes ; le mentorat formel constituait une véritable « terra incognita ». Les employeurs s'attendaient généralement à ce que les nouvelles recrues « fassent leurs preuves » et apprennent sur le tas, à la « dure école de la vie ». 

Le mentorat formel, tel que nous le connaissons aujourd'hui, n'a commencé à être étudié et institutionnalisé qu'en fin des années 1970 et dans les années 1980. Ce n'est que relativement récemment que le mentorat est devenu une pratique organisationnelle formelle. 

Kathy Kram
En ce qui me concerne, tout cela est apparu bien après mon entrée sur le marché du travail, tandis que le monde universitaire (sous l’impulsion de Kathy Kram en 1988) contribuait à légitimer le mentorat en tant qu'outil de développement professionnel en entreprise. 

Durant ma vie active, les normes en vigueur dans le monde du travail partaient du haut vers le bas et étaient transactionnelles. Les employeurs s'attendaient à ce que les employés apprennent sur le tas et grâce à leurs propres erreurs ; les budgets structurés de développement professionnel et la gestion des talents étaient alors bien moins répandus qu'ils ne le sont aujourd'hui. Disons que la devise était plutôt : « À toi de te débrouiller ! » 

Les demandeurs d'emploi disposaient d'un pouvoir de négociation faible, voire inexistant ! Le marché du travail et les pratiques de recrutement donnaient aux employeurs un gros avantage ; par conséquent, négocier des avantages non monétaires — tels que le mentorat — relevait de la rareté et, le plus souvent, aurait semblé d'une présomption inouïe. 

Aujourd'hui, les choses ont évolué et sont bien différentes ; pour me consoler, je ne peux que reconnaître avoir évolué dans un système qui ne faisait pas du développement des employés une priorité. Mes choix étaient rationnels, compte tenu des incitations de l'époque. Il me faudra reconsidérer cet aspect comme un important travail de recadrage émotionnel. 

Un exemple de plus montrant que j’ai tendance à être bien trop en avance sur mon temps !

mercredi, mars 18, 2026

Comment aurais-je dû être embauché ? (Première partie)

Enfant, je n'ai jamais reçu beaucoup de compliments ou d’aide pratique de la part de mes parents. Cela ne faisait pas partie de leur éducation, ni de leur culture montagnarde alpine, plutôt rude. Ce genre de reconnaissance devait venir de mon instituteur de l'époque ; c'est lui qui avait décelé mon potentiel lorsque j'étais gamin, m'avait donné l'occasion de sortir du lot et m'avait ainsi mis sur la voie de la réussite. 

Tout cela pour souligner que, lorsque j'évoquais mon patron préféré il y a quelques jours, j'aurais dû mentionner l'un des rares regrets de ma vie professionnelle : le fait de m'être « vendu » moi-même, au lieu d'attendre que mes employeurs potentiels cherchent à me convaincre de travailler pour eux — en me montrant (ou non) comment j’aurais l’occasion d’apprendre et de me développer dans mon travail, aider à mon épanouissement personnel, tout en tirant eux-mêmes les fruits de cet enrichissement commun. 

C'est exact, je n’étais là que pour fournir un travail, rémunéré pour cela, sans toutefois recevoir grand-chose en termes de formation professionnelle ; et je soupçonne d'être loin d'être le seul dans ce cas. Il est vrai, par ailleurs, que lors de la plupart de mes recherches d'emploi, j'étais si impatient — et si désespéré — d'obtenir le poste convoité que je craignais de voir l'employeur se moquer de moi et, par la même occasion, m'envoyer promener sous prétexte que j'étais trop exigeant ou difficile. 

Je manquais tout simplement de l'assurance nécessaire pour oser réclamer un mentorat gratuit. Si cela semble aujourd'hui relever du bon sens, était-il irréaliste de formuler une telle demande il y a 50, 40 ou 30 ans ? Nous tenterons de répondre à cette question demain …

lundi, mars 16, 2026

Mon patron préféré …

Ma femme me demande souvent : « Au fil des années et des différents emplois que tu as occupés, quel a été ton patron préféré ?» Je réponds : « Question difficile ! Je ne sais pas vraiment… » Ce qui signifie en réalité qu’à mon goût, aucun n’était vraiment mauvais, mais que je n’avais pas appris grand-chose à leur contact. 

Comme vous le savez, le mentorat et le développement personnel sont devenus aujourd’hui des éléments essentiels pour tout employé, et je dois admettre qu’aucun de mes anciens patrons n’excellait dans ce domaine. En fait, ils n’auraient même pas su comment s’y prendre. Ils semblaient avoir embauché des personnes possédant une certaine expertise et se contentaient d’en extraire un maximum de productivité sans se soucier de les aider à se développer ou de les guider efficacement afin d’atteindre les objectifs critiques de l’entreprise.

Cela reflétait assez bien mon ressenti sur le sujet et ma réponse peu convaincante à la question de ma femme. Au fond de moi, je savais qu’il existait une réponse plus évidente, mais je n’arrivais pas à la trouver ni à l’exprimer. 

C’était jusqu’à quelques jours en arrière quand la réponse est venue me frapper de plein fouet. J'ai réalisé que, tout au long de ma carrière, mon meilleur patron, c'était moi. 

Ça peut paraître prétentieux, mais laissez-moi vous expliquer. Cela se passait dans les années 80 et 90, alors que je dirigeais ma propre entreprise de distribution de matériel de ski, et dans une moindre mesure quand j'étais moniteur de ski à Avoriaz, j'étais alors ravi et épanoui d'être mon propre patron. 

À cette époque, j'étais aux commandes, je maîtrisais pleinement mon destin et j'étais bien moins déçu de moi-même que je ne l'ai été avec tous mes autres patrons, lors des nombreuses occasions où j'ai dû changer de poste. À mon compte, je définissais mes objectifs, les affinais et les modifiais au besoin, et j'évoluais en m'adaptant aux circonstances et au terrain. 

Au besoin, je devenais aussi mon propre coach tout en perfectionnant cette compétence si particulière. J'étais épanoui, heureux et maître de ma situation et de mon destin. Rien à voir avec la relation de dépendance que j'avais avec un patron qui ne répondait jamais à mes attentes. Quelle différence !

lundi, décembre 08, 2025

Changeons de robinet ! (Deuxième partie)

Après avoir vécu une douzaine d'années dans notre dernière maison, nous devions remplacer le robinet de cuisine, si possible par un modèle plus élégant. 

J'en ai acheté un en magasin, je l'ai payé un peu moins de 200 dollars et j'ai demandé à mon plombier de venir l'installer. 

Il m'a dit qu'il viendrait sous deux semaines, mais après trois semaines passées, je l'ai rappelé et il m'a qu’il viendrai moyennant $300 pour installer tout ça. 

Pour me rassure de l’honnêteté de mon plombier et sachant pertinemment que la plomberie n'est pas une activité gratuite, j'ai fait des recherches pour connaître le prix total (pièces et main-d'œuvre). J'ai trouvé qu’il me faudrait dépenser autour 800 $ au minimum, et probablement 1 000 $ ou plus, selon la complexité du modèle, son accessibilité et d'autres facteurs. 

Finalement, je n'ai pas du tout culpabilisé de devoir déboursé 300 dollars pour qu’un plombier compétent fasse le travail. Il est venu, a fait le travail correctement en moins d'une heure et je n’ai dépensé que moins de 500 dollars, donc je m'estime chanceux. 

Comme je l'écrivais hier, être un plombier débordé aux États-Unis, ça peu rapporter gros !

dimanche, décembre 07, 2025

Plombiers, médecins et avocats (Première partie)

Aux États-Unis, autrefois, les médecins et les avocats occupaient le sommet de la hiérarchie professionnelle. Leurs fonctions impliquaient un niveau d'études élevé, du prestige et un excellent potentiel financier. Aujourd'hui, cependant, le plombier, souvent perçu comme un simple ouvrier, devient lui aussi un professionnel très recherché, bien rémunéré et essentiel à la société. 

Ces professionnels n'ont peut-être pas supplanté l’image traditionnelle des médecins et des avocats, mais les plombiers s'imposent rapidement comme les nouveaux travailleurs du secteur technologique, grâce des qualifications indispensables, une forte demande, une offre limitée et des revenus confortables. 

Si l'on considère l'aspect financier de ces métiers, devenir plombier coûte souvent moins de 20 000 dollars pour une formation professionnelle ou un apprentissage, et en 4 à 5 ans, le plombier gagne très bien sa vie (de 150 000 à plus de 300 000 dollars par an si il est à son compte), ce qui permet de rivaliser avec un avocat ordinaire. Devenir médecin ou avocat coûte plus cher (souvent plus de 200 000 dollars) et prend beaucoup plus de temps (7 à 10 ans).

Certes, leurs salaires peuvent être encore plus élevés, dépassant souvent les 250 000 dollars en début de carrière, et reflètent directement la durée de leur formation. Quant à leurs perspectives d'emploi, les plombiers bénéficient d'une carrière relativement à l'abri des récessions, car les canalisations continueront de fuir et de se boucher pendant très longtemps, le vieillissement des infrastructures assurant ce type de problème. 

Si les médecins ont, eux aussi, encore de beaux jours devant eux et n'ont pas trop à s'inquiéter, les avocats sont moins chanceux, car leur profession est plus sensible aux cycles économiques (notamment pour les avocats d'affaires) et à l'évolution technologique incessante (comme l'intelligence artificielle appliquée au droit aujourd'hui). 

Demain, nous verrons combien cela vous coûtera si vous avez besoin d'un nouveau robinet de cuisine …

jeudi, octobre 02, 2025

Comment dynamiser notre avenir ? (Troisième partie)

Maintenant que nous savons ce que nous réserve le tic-tac inexorable de la vie, le choix est clair. Soit nous décidons de profiter au maximum de cette descente dans la vallée de la vie en contrôlant celle-ci, soit nous laissons aller en regardant passivement le paysage se dérouler et subir les événements comme le font la plupart des gens. 

Cela dépendra bien sûr de notre situation et de notre condition du moment. Il n'y a bien sûr aucun mal à profiter du paysage : c'est une appréciation active et consciente, une autre forme d'engagement. Cela dit, avant de pouvoir envisager cela, nous devons accomplir le plus difficile : comprendre et accepter pleinement notre situation et nos options. 

L’alternative consiste à agir, même juste un peu, pour retarder l'inévitable, améliorer ce passage, et tirer un maximum de satisfaction en sentant qu’on a encore un certain contrôle sur notre situation. Ce « moindre » effort peut revêtir de nombreuses formes : physique, émotionnelle, intellectuelle, créative et relationnelle. 

C'est dans ces mesures que réside toute la richesse. Ne rien faire serait de la négligence ! Je dis cela car il y a toujours de l'espoir et si nous parvenons à optimiser ces éléments disparates, nous pourrions facilement créer cette symphonie qui se terminera en point d’orgue, une perspective qui m’est chère. 

Ce point d’orgue déborde d'épanouissement, de présence et de connexion, de tous ces éléments essentiels que trop de gens négligent, mais qui sont précieux et qui nous aideront à franchir la ligne d'arrivée pleinement heureux !

mercredi, octobre 01, 2025

Baisse d'énergie annoncée ? (Deuxième partie)

Cette baisse de puissance avec l'âge et ses conséquences ne sont pas surprenantes : la VO₂ max diminue en raison d'une diminution du débit cardiaque et de la consommation d'oxygène. Cela s'accompagne également d'une diminution de la masse musculaire et de la densité mitochondriale (le volume de mitochondries dans une cellule représente sa capacité de production d'énergie).

Une densité mitochondriale plus élevée implique une augmentation du nombre de mitochondries, ce qui favorise la production d'ATP, ou adénosine triphosphate, une molécule transportant l'énergie présente dans toutes les cellules vivantes, alimentant nos activités aérobies. 

Pire encore, l'efficacité neuromusculaire diminue, le temps de récupération augmente, limitant ainsi le temps et la fréquence d'entraînement. Pour contrebalancer cette liste déprimante, il est vrai que les athlètes plus âgés gagnent souvent en efficacité à mesure que leur rythme s'améliore et qu'ils développent une meilleure intelligence dans leur entraînement et leurs efforts. 

Ainsi, même si la puissance brute peut diminuer, la performance par watt, notamment lors des épreuves d'endurance, peut rester étonnamment élevée. Si la plupart des données sur les performances sportives diminuent progressivement vers 70 ans, des recherches et des données anecdotiques portent désormais sur les 80 et 90 ans, notamment chez les athlètes seniors et grâce au suivi à long terme de ceux-ci. Ces données proviennent d'études cyclistes sur le seuil de puissance fonctionnelle (FTP) et la VO₂ max, qui sont fortement corrélées à la puissance délivrée. 

Revoyez le graphique présenté hier dans sa partie s'appliquant aux plus de 70 ans. Il s'agit de moyennes, et les personnes entraînées peuvent faire mieux. 

La baisse est d'environ 20 à 25 % par décennie après 70 ans et s'accélère en raison de divers facteurs, comme la sarcopénie (perte musculaire), la diminution de l'efficacité mitochondriale, le ralentissement de la réponse neuromusculaire et l'allongement des temps de récupération. 

C'est là qu'une réflexion philosophique s'impose. Physiologiquement, le déclin est réel, mais il n'est ni linéaire, ni purement physique. Il est nécessaire d'adopter une perspective plus globale : notre puissance peut chuter sous les 100 W vers la fin des années 80/90 ans et notre VO₂ max peut chuter à 15-20 ml/kg/min (à partir de la quarantaine). 

Notre énergie quotidienne semble alors diminuer, avec moins de réserves et une récupération plus lente. Sur le plan mental, il y a aussi nos énergies cognitives et émotionnelles, où la clarté mentale reste souvent étonnamment intacte chez certains. Parallèlement, notre résilience émotionnelle peut s'approfondir, même si nos capacités physiques déclinent. 

C'est alors que le sens du but et la richesse de nos liens deviennent des moteurs de vitalité importants. En résumé, nous devrions considérer nos dernières années comme un chemin qui va en crescendo, où, de 70 à 80 ans, nous sommes encore capables, mais en train de nous adapter. 

Entre 80 et 90 ans, il nous faut adopter une consommation énergétique plus sélective, une production moindre, mais souvent plus de sagesse. Passé 90 ans, si nous y parvenons, la puissance sera peut-être faible, mais le signal restera fort tant que l'esprit et le cœur seront mobilisés, donc demain nous verrons comment nous y atteler !

mardi, septembre 30, 2025

Baisse d'énergie annoncée ? (Première partie)

En vieillissant, je constate une baisse d'énergie. Même si la baisse ressentie cette année était plus marquée, je présume que c’était dû en grande partie à une baisse de la VO₂max. En réalité, ça doit être corrélé à une diminution des capacités physiologiques, exprimées en watts pour nous donner une image tangible, presque mécanique, de notre vitalité. 

Si la VO₂max est la référence absolue en matière de capacité aérobie, la puissance en watts, notamment en cyclisme, donne une mesure directe de la capacité d'effort corporelle. Si l'on examine la relation entre l'âge et la puissance exprimée en watts, la plupart des données disponibles proviennent des performances cyclistes, notamment la « puissance au seuil fonctionnel » (FTP), qui correspond à la puissance maximale qu'une personne peut maintenir pendant environ une heure. 

L'étude que j'ai consultée semble malheureusement basée uniquement sur des sujets masculins. Notre puissance maximale se situe généralement entre 25 et 35 ans. Ensuite, on observe une baisse progressive, d'environ 1 à 2 % par an après 40 ans. 

Comme on pouvait s'y attendre, cette tendance s'accélère légèrement après 60 ans, selon le niveau d'entraînement de chacun. 

Le tableau illustrant ce phénomène nous mène jusqu'à 99 ans et nous donne un aperçu édifiant de ce qui nous attend entre 70 et 80 ans et au-delà. 

Demain, nous examinerons comment cette sombre réalité évolue au fur et à mesure que nous gagnons en maturité …

dimanche, juin 01, 2025

Nettoyage libérateur

Ces trois derniers mois, j'ai migré d'un PC Windows 10 vers un nouveau modèle Windows 11. Cette corvée enfin terminée, j'ai pu me séparer de l'ancien appareil et désencombrer mon petit bureau devenu un véritable bazar.

Après avoir fait cela et m'être débarrassée de tas papiers et autres documents inutiles, je ne me suis jamais senti aussi bien et souhaite continuer le processus avec tout ce qui traîne dans le reste de mon bureau et mon atelier. La sensation était si apaisante et exaltante que j'aimerais la retrouver toute l'année. 

Cela m'a amenée à rechercher le sujet et, ce faisant, j'ai découvert que le profond sentiment de satisfaction que j’ai ressentis ne se résumait pas à ranger, mais allait bien au-delà ! C’est une façon de me reprendre en main, car le désordre est l’ennemi de la concentration (ce que certains appellent « surcharge cognitive »). 

Organiser nous redonne un sentiment de contrôle. De même, un espace en désordre signale inconsciemment une multitude de tâches inachevées, déclenchant un certain stress. S'en débarrasser est donc très bénéfique. Les médecins affirment que ranger déclenche une libération de dopamine, cette substance chimique qui nous récompense et que notre cerveau produit pour créer un cercle vertueux de motivation. 

Parallèlement, notre taux de cortisol diminue, ce qui nous apaise aussi. Il y a aussi des bienfaits psychologiques, comme l'« effet Zeigarnik », qui affirme que quand notre cerveau se focalise sur les tâches inachevées, un peu d'organisation offre une sorte de clôture libératrice en faveur de notre mental. 

Un autre avantage de mettre de l’ordre est que cela minimise les problèmes quotidiens incessant, du genre « Où ai-je mis ma carte de crédit ? », ce qui nous fait gagner du temps et de l'énergie qui peuvent être utiles pour des décisions bien plus importantes. Les psychologues affirment également que se débarrasser de l’inutile et du superflus est un moyen de libérer ses émotions. 

Certaines cultures associent le nettoyage à la purification, comme le grand ménage de printemps ou le « oosouji » japonais pour le nettoyage de fin d'année. Bien sûr, les premiers humains ont appris à tirer profit d'espaces de vie organisés afin d’assouvir leur soif de prévisibilité. 

Notre besoin de propreté est peut-être ancré dans notre survie, alors que la vie moderne nous étouffe avec son désordre numérique et physique, l'organisation de notre espace est une réponse tangible à tout cela, car c’est l’un des rares domaines où un peu d’effort donne des résultats immédiats et tangibles et nous redonnent un bon sentiment de contrôle !

samedi, mai 17, 2025

Quand un regain d'énergie est nécessaire …

Avez-vous aussi l'impression que parfois, la motivation ou l'envie d'avancer sur un projet nous fait défaut et que, malgré l’importance de l’enjeu, on se sent incapable de se motiver et de faire ce qu’il faut ? Si c'est le cas, vous n'êtes pas seul. Malgré mes bonnes intentions, il m'arrive de traverser des moments difficiles et de ne plus savoir comment me relancer ou me ressourcer.

Bien sûr, lorsqu'il s'agit d'une situation temporaire et brève, je m'arrête, je sors vivement de mon bureau, je vais à la cuisine, prends un verre d'eau et sors sur la terrasse pour me revigorer. Cependant, pour le blocage mental majeur dont je parle, de nombreux « spécialistes » recommandent plus d'exercice physique, des pauses plus longues, une meilleure discipline générale, voire un régime alimentaire adapté ou une thérapie. 

Je ne vais pas aussi loin et je privilège la simplicité. Je regarde la situation droit dans les yeux et me demande : « Qu'est-ce qui me retient ? Ai-je peur de m'attaquer à cette tâche ou à cet effort ? » Cette question est toujours décisive, car je ne laisse absolument aucune place à la peur ou à l'appréhension. 

Je ne peux accepter d'être intimidé par un obstacle insignifiant et sans danger vital, alors je rassemble toute l'énergie nécessaire pour me remettre en route et me remettre à mon projet. Simple et efficace, du moins pour moi !

dimanche, décembre 29, 2024

Pisteurs en gréve à Park City

Pendant la pandémie, notre principale station de ski locale, Park City Mountain, dont est propriétaire Vail Resorts, n’avait pas pu trouver de travailleurs pour ses remontées mécaniques, son restaurant et ses autres installations et, par conséquent, n’avait pas pu ouvrir toutes ses remontées mécaniques et ses installations. 

La saison suivante, les salaires horaires de ces gens avaient été augmentés de 15 à 20 dollars de l’heure. Quand cela s’était produit, de nombreux travailleurs qualifiés (comme les pisteurs-secouristes) ou certains cadres moyens n’avaient reçu aucune augmentation significative s’ils dépassaient déjà le seuil des 20 dollars de l’heure. 

Aujourd'hui, les pisteurs-secouristes qui sont syndiqués, face au coût de la vie élevé à Park City et au fort taux d'inflation de ces dernières années, demandent maintenant une augmentation du taux de base de 21 $ à 23 $ l'heure. En novembre, le syndicat menaçait de faire grève si ses demandes n'étaient pas satisfaites et il y a quelques jours, ces préavis ont été mis à exécution.

Lors du deuxième jour de grève, la station de Park City Mountain n’avait que 17 % de ses massifs ouverts, avec 60 pistes sur 350 et 25 remontées mécaniques sur 41 opérationnelles. Dans le même temps, la station voisine de Deer Valley, propriété d’Alterra, avait 50 % de son massif ouvert, avec 61 pistes sur 123 et 19 remontées mécaniques sur 24 ouvertes. 

Park City à ce jour a reçu un peu plus de 30 cm de neige, ce qui représente un manque d’enneigement cette saison, jamais vu en 30 ans ! Nous voilà donc là, nous avons payé nos forfaits saisonniers en septembre et sommes pénalisés par une méga-station qui ne reconnaît pas que ses pisteurs méritent beaucoup plus que le salaire horaire d’un préposé aux remontées mécaniques débutant et qu’un service beaucoup plus complet nous est dû quand il a été payé d’avance. 

Au moment où j’écris ces lignes, Vail Resorts n’a offert qu’une augmentation de 3 %, soit environ 0,65 dollars de l’heure ! Cela dit, ils ont dû faire venir et héberger des pisteurs remplaçant de leurs autres stations, qui ne connaissent rien à Park City, mais qui aura coûté en réalité une petite fortune ! 

Une autre grosse bourde de la part de Vail Resorts qui ne respecte pas ses employés parmi les plus important et qui se fiche de ses clients qui devraient en avoir pour leurs sous déboursés longtemps à l’avance, et qui continue à accumuler des gaffes qui augurent mal pour l’avenir de cette méga-entreprise …