samedi, juin 06, 2026

FIS Johan Eliash sur la sellette ?

C’est en 1996 que j’ai rencontré M. Eliash en personne, pour la seule fois. Le milliardaire autoproclamé venait d’acquérir Head Skis en 1995 et allait en être le PDG pendant plus de 25 ans, jusqu’en 2021. Il a quitté son poste de PDG après son élection à la présidence de la Fédération Internationale de Ski (FIS) en juin 2021. Depuis, il a conservé son rôle de président du conseil d’administration de Head, et sa famille reste l’actionnaire majoritaire de l’entreprise. 

J’avais pris l’avion pour New York afin de passer un entretien pour le poste de président de sa filiale américaine. Je pensais avoir fait une excellente présentation, mais Eliash m’a préféré Carl Helmetag de Dynastar, me jugeant trop agressif pour son propre style, et m’évitant ainsi un déménagement dans le Maryland. Helmetag, résident du Vermont, un peu coincé, n’est resté que trois ans à son poste, probablement parce que son grand patron était un tyran. 

Aujourd'hui, Johan Eliasch brigue un nouveau mandat à la présidence de la FIS, mais sa campagne de réélection a provoqué de profondes divisions. Il fait face à une forte opposition de la part des principales nations de ski, notamment concernant sa gestion financière et son pouvoir centralisé sans citer sa nomination atypique par la Géorgie. Eliasch souhaite prolonger son mandat à la tête de la FIS, mais sa campagne est enlisée dans des luttes politiques et des réticences internes. 

Comme ni la Suède ni la Grande-Bretagne, ses pays d'origine, ne le soutiennent, Eliasch a acquis la nationalité géorgienne et a été désigné par la Fédération géorgienne de ski. Les influentes fédérations nationales de ski – dont la Norvège, les États-Unis, l'Autriche, l'Allemagne, l'Espagne, la Suisse et le Canada – ont adressé une lettre commune s'opposant fermement à son maintien à la tête de la FIS. Du fait du poste de secrétaire général occupé par Vion à la FIS à Berne, les fédérations françaises sont restées silencieuses. 

Les critiques et les fédérations d'opposition pointent du doigt deux principaux points de tension. D’abord, ces fédérations affirment que les réserves financières et la stabilité de l’organisation se sont considérablement détériorées depuis l'entrée en fonction d'Eliasch en 2021. 

Ce dernier a imposé une centralisation agressive des droits médiatiques et marketing, allant à l'encontre des souhaits des fédérations européennes traditionnelles qui veulent conserver leur autonomie et leurs revenus, ce qui lui vaut d'être accusé de diriger la FIS de manière autocratique. Eliasch fait face à quatre autres candidats pour la présidence. L'élection et le contrôle de l'instance dirigeante de la FIS se joueront dans cinq jours lors de son prochain congrès à Belgrade, en Serbie. 

Qui trop embrasse souvent mal étreint !

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