mercredi, avril 01, 2026

La partie visible de l'iceberg en ski de compétition ?

La semaine dernière, les gains monétaires des skieurs alpins en Coupe du monde, ont circulé dans les médias spécialisés, révélant ce qu’avaient gagnés les meilleurs athlètes, (atteignant par exemple 741 254 euros pour Marco Odermatt et 615 167 euros pour Mikaela Shiffrin). Ces montants ne prennent pas en compte les primes olympiques, dont l'attribution est laissée à la discrétion de chaque Comité national olympique (37 500 dollars pour une médaille d'or aux États-Unis, contre 87 500 euros en France).

Par ailleurs, ces chiffres n’incluent pas non plus les contrats de sponsoring, des partenariats avec des marques, des revenus issus des réseaux sociaux, ni d'autres événements spéciaux ou engagements annexes (films, livres, journées de ski promotionnelles, etc.). 

En réalité, très peu de skieurs gagnent d’énormes sommes ; seule une poignée d'entre eux (Lindsey Vonn, Mikaela Shiffrin, Marco Odermatt) génère plusieurs millions d'euros par an. À titre d'exemple, pour la saison 2025-2026, Mikaela Shiffrin devrait percevoir entre 6 et 8 millions de dollars — tout comme Marco Odermatt —, mais la quasi-totalité de ces revenus proviendra de contrats d'endossement et non des primes de course. 

Les revenus de sponsoring élevés de Mikaela Shiffrin s'expliquent par sa carrière exceptionnelle — marquée notamment par 110 victoires en Coupe du monde — et par sa forte notoriété, maintenue tant sur le marché américain que sur le marché européen. Cela dit, elle doit faire face à des dépenses que d'autres athlètes n'ont pas, telles que le recours à un coaching privé spécialisé, à des préparateurs mentaux, etc. 

En Europe — et plus particulièrement en Italie et en France —, de nombreux skieurs de Coupe du monde sont souvent intégrés aux forces armées, à la police nationale ou même aux services des douanes ; ce statut leur assure un salaire relativement modeste, mais stable, ainsi qu'un soutien logistique pour l'entraînement et la compétition. 

Le revenu annuel type d'un skieur professionnel se situe donc entre 30 000 et 125 000 dollars avant impôts ; il faut impérativement faire partie du « 1 % » des mieux rémunérés pour gagner des sommes nettement supérieures. On peut dire que, pour les quelque 150 hommes et autant de femmes classés au classement général de la Coupe du monde de ski alpin, la loi de Pareto s'applique : 20 % d'entre eux se partagent 80 % de la dotation financière disponible. 

Au final, les skieurs professionnels gagnent considérablement moins d'argent que les athlètes de la plupart des autres sports individuels. Même les meilleurs coureurs de Coupe du monde ou les skieurs freestyle d'élite ne gagnent généralement qu'une fraction de ce que perçoivent les golfeurs, les tennismen, boxeurs ou autres athlètes. 

Les revenus dans le ski sont limités car les dotations sont modestes, le marché et l’impact sur le public restent minime et l'essentiel des gains repose sur le sponsoring plutôt que sur les primes de victoire.

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