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mardi, novembre 25, 2025

L'amitié américaine est-elle transactionnelle ?

Pour ma part, je compte bien plus de vrais amis en Europe, que j'ai quittée il y a 48 ans, qu’aux États-Unis. Je ne peux m'empêcher de penser que cela tient au fait que, sur le vieux continent, les amitiés se développent et perdurent grâce à une appréciation mutuelle et directe, plutôt que par intérêt professionnel ou autre, qui résiste moins à l'épreuve du temps et à l'évolution personnelle. 

De fait, de nombreux observateurs et études semblent indiquer que les amitiés américaines ont tendance à être plus compartimentées et transactionnelles que leurs homologues européennes, souvent façonnées par la mobilité, l'individualisme et les réseaux professionnels. Cette perception (qui rejoint la réalité) montre que les Américains font souvent la distinction entre « amis du travail », « amis de chasse ou de pêche », « amis d'école », etc., chaque relation étant liée à un contexte bien précis.

Cela limite la profondeur émotionnelle et la durée de l'amitié. Enfin, l'immensité du pays engendre une forte mobilité géographique. Les gens déménagent pour le travail, les études ou par choix, ce qui perturbe les amitiés de longue date et favorise les relations fonctionnelles et éphémères. 

Bien sûr, il y a l'individualisme et l'autonomie, si chers à la culture américaine, qui nuisent à la pérennité des amitiés et les rendent souvent inconfortables, voire pesantes. Les milieux professionnels et sociaux américains encouragent également les relations fondées sur des avantages mutuels, privilégiant l'utilité à l'intimité émotionnelle. 

À l'inverse, la plupart des cultures européennes, et les sociétés latines en particulier (comme la France), cultivent des amitiés ancrées dans une histoire et un territoire partagés. La moindre mobilité géographique des Français explique que leurs amitiés durent souvent des décennies, nourries par des expériences et une vie communes. La pression sociale pour se constituer un réseau ou maintenir une image publique est également moindre. 

Les amitiés se construisent souvent lentement, avec moins de liens, mais qui restent profonds. Dans des cultures comme la France, l'Italie ou même l'Allemagne, les amitiés impliquent souvent la famille, le soutien émotionnel et des conversations philosophiques, au-delà d’activités partagées. Ce modèle risque bien sûr d’évoluer vers une forme d'américanisation. 

On pourrait dire « En Europe, l’amitié est un ragoût mijoté, riche et nourrissant. En Amérique, elle ressemble souvent davantage à la restauration rapide : remplissante, mais éphémère »

mercredi, juillet 23, 2025

Pas facile de garder le contact !

S'il y a quelqu’un qui sait comment maintenir le contact avec ses anciens amis et sa famille malgré la distance, le temps, la gêne et autres considérations, c'est bien moi. C'est un sujet que je maîtrise bien pour l'avoir pratiqué pendant une longue période, disons près d'un demi-siècle ! C'est l’art subtil de mélanger vulnérabilité, intentions précises, tolérance, sans oublier un bon sens de l'humour pour alléger le tout. 

Voici un bref aperçu de ma méthode. Elle commence souvent par une prise de contact intentionnelle. Je vois quelque chose de très précis, je pense à un ami et je me dis : « Tiens, Robert adorerait voir ça » et je le lui transmets sur le champ. C'est aussi souvent pour des occasions spéciales comme des anniversaires ou des dates importantes, ou même un « tu te souviens » improvisé : autant d'excellentes excuses pour briser le silence. 

Le ton reste simple et chaleureux, et mon message vise droit au cœur. Je n'hésite pas non plus à reconnaître un silence trop long, au lieu de l'éviter. Je n'ai pas besoin de m'excuser, un simple clin d'œil sincère à ce retard suffit. Surtout, je m'efforce de surmonter la gêne ou des facteurs « bizarres » pour aborder tout événement gênant qui aurait pu se produire dans le passé, comme la colère, les blessures ou l'éloignement, et j'admets ça avec un humour léger et approprié. 

Une fois une relation renouée, je laisse le temps ressouder les liens, sans forcer le cours des choses. Dans la plupart des cas, le « ciment » que j'utilise, sont des centres d'intérêt ou des souvenirs communs, des choses qui me tenaient à cœur et que j'ai partagées avec cette personne. Enfin, je n'ai pas peur de remettre en question ma vulnérabilité en expliquant pourquoi je prends contact : que ce soit par nostalgie, par désir de soutien ou par curiosité. 

L'honnêteté crée des liens et ôte la gêne du processus : « Je ne savais pas comment prendre contact, mais je ne voulais pas te perdre de vue ! » N'oubliez pas que rester en contact avec les autres compte parmi nos meilleurs remèdes préventifs. Si vous tenez à vos relations et souhaitez raviver les anciennes, suivez ces conseils. Au moins essayez !

vendredi, octobre 04, 2024

Visite surprise !

Bill Bocquet, mon seul camarade de classe français qui vit aux USA est venu nous rendre visite mercredi dernier à Park City et nous l’avons emmené faire un tour pour l’impressionner avec nos feuillages d’automne colorés, rattraper le temps perdu et refaire le monde. 

Nous ne l’avions pas vu en personne depuis 2003, il était donc enfin temps de nous retrouver. La journée était belle et les moments passés ensemble trop courts, mais cette rencontre s’est vite transformée en réunion de travail. 

Nous avons ainsi prévu de construire une maison de retraite pour nos amis de promotion, anciens élèves de l’Ecole Nationale d’Horlogerie de Cluses, probablement aux alentours de l’autoroute et de l’ancienne usine Carpanos Pons. 

Elle sera située dans la partie la plus rude de cette vallée impitoyable, caracterisée par un temps glacial en hiver, une chaleur insupportable en été et située au milieu d’un fort courant d’air traversant le passage étroit dans lequel l’Arve trouve le moyen de couler, pour tester l’endurance de nos camarades et vérifier la célèbre citation de Friedrich Nietzsche : « Ce qui ne nous tue pas nous rend plus fort ». 

Les lieux vont offrir une école de clarinette dirigée par Jean-Marie Peyrin, une section artistique sous la houlette de Mychel Blanc, des déambulateurs électriques partout, et même une petite section école de commerce en formation continue dirigée par Michel Deletraz qui exhortera ses étudiants à troquer leurs convictions contre des certitudes. 

Bill a accepté de se charger du financement de cette institution et je l’ai forcé à accepter ma contribution à sa conception architecturale. Affaire à suivre !

mercredi, juillet 10, 2024

Quentin Chauplannaz 1986-2024

Quentin était le fils de mes amis François et Christine Chauplannaz, de Morzine, en Haute-Savoie. J’ai passé cinq saisons à travailler comme moniteur de ski aux côtés de François, et même si je connaissais assez peu son fils Quentin, je l’avais rencontré plusieurs fois lorsque je rendais visite à ses parents lors de nos courts séjours dans mon village d’origine. 

C’était un jeune homme débordant de vitalité, de gentillesse et d’enthousiasme. Quentin était marié à Marlène et ensemble ils avaient deux filles, Ambre 6 ans et Garance 4 ans. Le matin du lundi 8 juillet, Quentin a été tué lorsque la Jeep restaurée qu’il conduisait a quitté une route de montagne. 

Pour l'insant, personne ne sait exactement ce qui s’est passé. Aurait-il eu un problème mécanique avec un véhicule vieux de 80 ans, a-t-il été prit d’un malaise ou distrait par ce qu'il aurait pu voir, par son téléphone ou toute autre chose ? 

Nul ne semble le savoir et on ne le saura peut-être jamais. Ce qui est certain, c'est la terrible tragédie que sa disparition entraîne pour ses deux jeunes filles, son épouse et ses parents. 

Nos plus sincères condoléances à tous les membres de cette famille dont le cœur est irrémédiablement brisé.

jeudi, juin 06, 2024

Désaccord agréable ?

Il y a quelques jours, une de nos connaissances en France, avec qui nous communiquons occasionnellement, m’a envoyé une de ces vidéos de propagande typiques en français, dans laquelle on voit un Français critiquer l’OTAN, les États-Unis et la communauté internationale pour mener la vie impossible à la nation russe ainsi qu’à Poutine, son dirigeant. 

J’ai fait des recherches pour savoir qui était cet homme et j’ai découvert qu’il s’agissait d’un ancien membre de l’armée française faisant aussi des affaires avec la Russie, mais plus connu en tant que propagandiste du Kremlin et répandant de la désinformation sur le conflit russo-ukrainien et se présentant comme un fervent partisan de Poutine. 

J’ai alors répondu au message reçu de cette manière : « Merci d’avoir partagé cette vidéo. J’espère que toute ta famille va bien. Par les temps qui courent, je vérifie toujours les sources d’information qui me parviennent. Au cas où tu ne le saurais pas, l’auteur de ce clip que tu m’a envoyé est… » J’ai continué en disant que ses idées n’étaient pas ma tasse de thé. Elle m’a alors répondu sans lâcher le moindre terrain que l’OTAN et l’Amérique étaient de la « merde » et mettaient le monde entier en danger.

À ce moment-là, j’aurais pu lui répondre « Nous avons chacun nos opinions, et peut-être devrions-nous tous les deux accepter de ne pas être d’accord sur ce sujet et laisser la vie suivre son cours normalement. » J’ai choisi de ne pas répondre et mettre ainsi un terme à un échange que je jugeais totalement improductif et une perte de mon temps si précieux. Auriez-vous fait la même chose ou comment auriez-vous poursuivi ce dialogue ?

jeudi, mai 30, 2024

Distance et relations

Ma femme et moi vivons loin de nos familles et de nos vieux amis depuis plus de 47 ans. Par loin, nous entendons un continent à part, séparé par un océan. Toutes nos familles et amis étaient et sont toujours en France. Récemment, nous réfléchissions à la manière dont cet éloignement affecte nos liens et entraîne une mixture de bon et de mauvais. 

Si on commence par le côté négatif, c’est la vérité absolue qu’en étant séparés, on se soucie beaucoup moins les uns des autres. Parlez du classique « Loin des yeux, loin du cœur » et de ses implications. Il est certain que le manque de contacts personnels fréquents affaiblit les liens et rend plus difficile le maintien de relations étroites, car la routine quotidienne, les petits événements, les épisodes familiaux, le bon et le mauvais, ou même les étapes importantes, sont trop souvent manqués.

Ensuite, il y a toutes les difficultés liées aux communications. Cela a été particulièrement difficile au cours de nos 20 premières années en Amérique avant Internet, car les communications téléphoniques étaient encore très coûteuses et le langage corporel et les interactions spontanées manquaient de nous donner une image complète de ce qui se passait. Les conflits, les malentendus ou les problèmes familiaux n'étaient pas non plus aidés par la distance. De plus, nos enfants ont beaucoup manqué de liens et d’interactions avec leurs grands-parents. 

Du côté positif, l’éloignement de nôtre famille nous a aidés à grandir de manière indépendante, nous permettant d’établir nos propres vies et identités. Vivre dans un pays différent a également été très enrichissant car cela nous a exposé à une culture différente, une autre langue et d'autres expériences, élargissant ainsi notre compréhension du monde. On dit que la distance peut rendre les cœurs plus affectueux, mais cela ne semble pas avoir été le cas avec nos familles respectives. 

Enfin, la technologie actuelle comble en partie le fossé : Internet, les diverses applications et médias sociaux nous aident à rester connectés et à partager des expériences malgré la distance physique. Au-delà de cela, maintenir la vitalité de la relation demande beaucoup d’efforts et d’attention de la part de l’expatrié (c’est-à-dire de la nôtre) car le reste de la famille ne comprend pas ou ne ressent pas autant la séparation. 

Bien sûr, les coûts de transport sont un obstacle supplémentaire ; nous avons toujours dû tout prendre en charge, et « l'autre partie prenante » pouvait rationaliser : « Nous n'avons pas pris la décision de déménager à l'étranger, donc cela n’a pas à être notre problème d'aller les voir … » C'est pourquoi je fais tout ce que je peux pour maintenir un contact régulier, avec des appels téléphoniques, des vidéos ou des messages en ligne pour rester connecté. 

Le seul problème, c’est que beaucoup de membres de ma famille et d’amis de mon âge ne sont pas à l’aise avec la technologie, ou n’ont guère le réflexe de prendre le téléphone et de nous appeler. Cela a un impact énorme sur nos échanges. Il y a bien sûr des visites que nous faisons régulièrement malgré un manque flagrant de visites réciproques de nôtre famille et de la majorité de nos amis. 

Alors, vous l’avez compris, à nous, expatriés de rester proactifs et de faire constamment l’effort d’entretenir les bonnes relations, malgré la distance …

mardi, janvier 03, 2023

Rapprochement annuel

J'ai beaucoup apprécié ces fêtes, car j'ai enfin atteins la barre des 75 ans et j’espère être devenu un peu plus sage après cela. 

Notre petite famille s’est également réunie et j'ai contacté tous mes amis du monde entier et la plupart d'entre eux ont crié « Présent ! » lors de cet appel annuel, que ce fut par téléphone, par vidéo, par e-mail ou par SMS, et tout cela m'a fait un immense plaisir.

Rester en contact demande un petit effort collectif, et j'aimerais que la plupart de mes amis qui ne m’ont pas encore donné de leur nouvelles découvrent le plaisir de prendre quelques courts instants pour donner signe de vie et apprécier les liens spéciaux qui nous unissent, où qu'ils puissent se trouver sur notre planète ouverte et si bien connectée !

mardi, juillet 05, 2022

Savoir s’arrêter ...

J'ai toujours été très clair sur l’importance de savoir lâcher prise, laisser sa place et de ne pas s'accrocher désespérément à des emplois de haut niveau qui pourraient être mieux accomplis par des individus plus jeunes, une fois que nous atteignons un certain âge, mais apparemment, ce message n'est pas universellement compris ou doit trouver des exceptions. 

Dans ma vallée de Morzine, en Haute-Savoie, j’ai un classard qui vient de trouver le moyen de se faire élire au poste de directeur du prestigieux comité de ski du Mont-Blanc. 

Pour moi, 75 ans est un âge très avancé, et n'est plus idéal pour diriger efficacement, mais ce type doit avoir une formule secrète pour rester jeune et penser jeune, sinon il doit être habité par un ego implacable et totalement incapable de s'accepter tel qu'il est vraiment. 

Le problème est que ce genre d'attitude « Laissez-moi encore faire », empêche les jeunes d'apprendre, d'acquérir de l'expérience et d’exploiter leurs bonnes idées, leur énergie et leur esprit créatif, qui font partie intégrante de la jeunesse. 

Je suis désolé pour cette ancienne connaissance que j'ai d'ailleurs félicitée, mais qui ne m’en a pas encore remercié. Je vois qu'il a encore beaucoup à apprendre dans la gestion de ses e-mails et l'affinement de son protocole de communication...

vendredi, juin 10, 2022

La nature changeante de l'amitié

Au fil des ans, nos amis vont et viennent. 

Au fur et à mesure que nous évoluons professionnellement, géographiquement et que nous sommes occupés et concentrés à soutenir nos jeunes familles et à développer nos carrières, les contacts réguliers deviennent plus difficiles et les amitiés solides à l'origine peuvent progressivement s'estomper, éventuellement remplacées par de nouvelles, car nous semblons n'avoir de place que pour un nombre limité de relations vraies et profondes. 

Dans l'amitié qualité et quantité ont très peu de place pour coexister ! Certes, les amitiés peuvent être maintenues mais à un coût proportionnel aux changements qui viennent d’être énumérés, mais c'est souvent un exercice d'équilibrisme très difficile. Il faut du dévouement, du temps, de la patience, de la tolérance et de la volonté pour construire ou réparer des ponts. Oublier ou laisser les choses glisser dans le passé et tout s’efface très vite, et au fil du temps, cela devient l'option qu’une grande majorité de personnes choisit par défaut. 

Ensuite, vient le changement inéluctable de nos personnalités, l’impact de la culture locale, il y a aussi les conflits qui déchirent ou tuent les amitiés ; ceux-ci peuvent être difficiles à oublier ou à pardonner. 

En cours de route, les expériences de vie peuvent nous faire diverger ou nous rapprocher les uns des autres, il n'est donc pas étonnant que quelqu'un qui était un ami dans le passé sort progressivement de notre vie, et à l'inverse, quelqu'un qui n'était pas forcément proche de nous , se révèle soudainement après de nombreuses années. 

Les amitiés sont donc un organisme vivant qui ne peut durer, mûrir et s'améliorer que si nous nous y attelons sérieusement, et il me semble que plus nous avançons dans nos vies, plus ces efforts continus en valent la peine.

samedi, mai 14, 2022

Louis « Loulou » Kneubuhler, 1943-2022

Mon pote Loulou Kneubuhler de Spokane est décédé le 31 mars 2022. Né en France le 25 juillet 1943, il avait 78 ans. 

Il fait partie de ces Français assoiffés d’aventure qui, dans les années 60, parcouraient le monde pour vendre la technique de ski de son pays dans la foulée des succès de l'équipe de France de ski. 

Depuis St Jean de Maurienne, en Savoie, où il avait couru avec Jean-Claude Killy quand ils étaient à l’école ensemble, Loulou s’est d’abord retrouvé en 1966 à Spout Springs, une station minuscule d'Oregon avant d'aller à White Pass près de Yakima, et de se poser à Spokane pendant l'hiver 1968-69. 

Entre-temps, il avait trouvé le temps d'explorer l'Australie et de « vendre » quelques virages de plus à Mt. Buffalo dans l’état du Victoria. De retour à Spokane, il finit par ouvrir un atelier de réparation de skis en 1973 qui devenais vite « Loulou's of Spokane Ltd », un magasin de pointe proposant les meilleures marques de mode et de matériel. 

Bien évidemment, Loulou était aussi l'un de mes détaillants lorsque je vendais du matériel de ski, et je n'oublierai jamais son inventivité, traînant sa paperasse et ses catalogues dans des caddys au salon du ski de Las Vegas, bien avant l'invention des bagages à roulettes !

Après avoir vendu sa boutique, Loulou avait encore toute la motivation et l’énergie requises pour ouvrir un musée du ski dans son chalet de ski à Spokane. Vers 2014, il était diagnostiqué avec la maladie de Parkinson qui devait marquer le début d'un long et triste déclin. 

J'espère qu'il y a plein de « peuffe » qui t'attend au paradis, Loulou !

lundi, avril 04, 2022

Retrouver un vieil ami ...

Il y a cinquante-deux ans, j'avais commencé à enseigner le ski à l'école de ski d'Avoriaz. Non seulement j'étais ravi d’y travailler, mais sur place j'avais rencontré un tas de collègues tous différents et assez exceptionnels. 

J’en connaissais certains, mais la plupart étaient nouveaux pour moi. Parmi ceux-ci se trouvait un gars qui s’appelait Pierre Meugnier. Si je me souviens bien, il était de Paris et était passé par Leysin, en Suisse, où il était moniteur de ski au Club Med. Je pense aussi que c'est là qu'il avait rencontré Lisette, sa future épouse. 

Il était également guide de montagne et chantait toujours « Mellow Yellow », le tube de Donavan, à l'époque. Pour compléter le tableau, pour ainsi dire, il avait perdu un œil et en portait un en verre à la place. 

Il y a quelques jours, mon ami Anselme m'avait dit que Pierre était paralysé de la taille aux pieds, suite à plusieurs épisodes cancéreux. Il m'avait aussi raconté qu'une fois, je l'avais défendu lorsqu'il avait été harcelé par un moniteur de ski de Morzine, plouc sur les bords (incident dont je ne me souviens plus du tout). 

C’est ainsi qu’hier, j'ai appelé Pierre qui a actuellement déménagé de son domicile suisse du Châtellard, en Suisse, pour venir habiter à Vallorcine, près de Chamonix. Nous avons bavardé pendant 10 minutes et nous avons passé un bon moment à nous rappeler le bon vieux temps. 

Oui, c’est ça, un peu comme c'était le cas il y a plus d'un demi-siècle !

dimanche, mars 06, 2022

Ce que nous devrions pouvoir demander à un ami …

Nous avons tous des amis et nous les apprécions à différents niveaux selon la profondeur de l’amitié que nous leur portons. Pourtant, lorsque cela est justifié, je ne vois pas pourquoi nous ne pourrions pas les contacter et leur demander de l'aide en employant un ton et une intensité qui devraient correspondre à la relation que nous entretenons avec eux. 

Quelle que soit la nature de notre demande, celle-ci imposera certainement quelque efforts à nos amis et nous devons être conscients de ce fait, donc ajuster la formulation de ce que nous souhaitons. Il est très difficile de deviner exactement ce que nos amis penseront ou ressentiront lorsqu'ils entendront notre demande, et la meilleure alternative est de nous mettre complètement à leur place. 

Bien sûr, plus vous les connaîtrez avec leurs réactions typiques, leurs idiosyncrasies et leurs bêtes noires, mieux vous pourrez vous imaginer leur vraie réaction et moins l’opération sera difficile (je n'ai pas dit "facile"). La demande doit être respectueuse et, plus important encore, laisser suffisamment de place aux amis pour l'ignorer, la nier ou ne la satisfaire qu’en partie.

Comme pour tout ce qui implique des conjectures, il n'y a aucune garantie que la demande réussira ou que l'amitié ne sera pas affectée par cette intervention, mais si celle-ci reste est à la fois raisonnable, valide et, surtout, pleinement justifiée, je pense que cela vaut toujours la peine de prendre ce genre de risque ...

vendredi, décembre 10, 2021

Henri Guibelin, 1946-2021

Henri était à l’École d’Horlogerie de Cluses. Je ne sais pas dans quelle promo et quelle classe il était, mais nous avions presque le même âge et après avoir fait nos classes ensemble à Varennes sur Allier, nous nous sommes retrouvés ensemble sur la même base de l'armée de l'air à Salon de Provence pendant nos 16 mois de service militaire. 

Son père avait éte douanier pendant quelque temps à Montriond, le village où j'ai grandi, avant d'être posté à Samoëns pas très loin de là. Pendant tout mon service militaire, je prenais un train de nuit pour retourner à la base mais faisais de l'auto-stop pour rentrer chez moi. Ainsi, j'ai parcouru plus de 10 000 km. 

Un jour que je faisais du stop avec Henri, après qu’un première auto nous ait pris à la sortie de la base, un deuxième véhicule nous prenait en charge. C'était un jeune homme au volant d'une berline Peugeot 403 blanche. 

Nous roulions vers le nord sur la route nationale 7, une route à deux voies très fréquentée qui était la seule route reliant Paris à la Côte d'Azur avant qu’arrivent les autoroutes. J'étais sur le siège avant et mon pote était à l'arrière ; en 1968, les voitures n'étaient pas équipées je crois de ceintures de sécurité. 

Nous étions entre Avignon et Orange, quand Henri a été prit d’une soudaine envie de fumer et après s'être mis une cigarette à la bouche, avait tapé sur l'épaule droite du chauffeur pour lui en offrir une. Surpris, le conducteur s'est retourné et, ce faisant, a perdu le contrôle de la voiture qui a immédiatement fait une embardée, fait un tonneau et s'est mise à tournoyer au milieu de la route. 

Par la grâce de Dieu, aucune voiture n'est arrivée en sens inverse pendant ces quelques secondes et nous nous sommes retrouvés dans le fossé. J’avais la tête en sang car le toit ouvrant m’avait mis en contact avec la surface de la route. 

À part cela, aucun de nous n’étant blessé, nous avons prit congé du chauffeur et avons repris notre voyage en auto-stop pour les 250 km qui nous restaient à parcourir. J'ai gardé une cicatrice sur ma tête toute ma vie pour me rappeler du cote abrasif de l'asphalte de la RN 7 et la vie a continué jusqu'à ce que j'apprenne le décès d'Henri, survenu ce 4 décembre. Il avait 74 ans. 

Toutes me plus sincères condoléances à son épouse Colette et à sa famille.

mardi, novembre 23, 2021

Un début d'automne 71 bien tranquille

Il y a tout juste cinquante ans, je revenais d'Australie et j'étais occupé à construire ma nouvelle maison avec l'aide de mon frère Gaston et de mon père. Je n'étais pas tout à fait sûr de vouloir une maison et je n’etait pas sûr de vouloir prendre racine dans mon patelin natal, juste à côté de chez mes parents. 

J'avais des projets plus ambitieux, mais ils étaient si flous que je ne pouvais même pas les voir. Les six mois précédents, mes voyages autour du monde m'avaient ouvert les yeux et je ne me voyais pas vieillir à Montriond, un lieu pourtant merveilleux et promis à un avenir prospère. 

J'étais maintenant accro à l'idée de découvrir encore d’avantage de pays et ne pouvais tout simplement m'installer pour toujours dans ce seul endroit. Les week-ends nous fêtions mon retour en compagnie de mes amis, tous moniteurs à Avoriaz, et nos vies étaient légères, faciles, sans grosses responsabilités. 

J'avais beaucoup d'histoires à raconter et j'étais fier de chacune d'entre elles. Un soir, nous sommes sortis dans la voiture des parents de JF Rosset, un break Simca 1500, avec Anselme Baud, JC Page et François Chauplannaz, avions tous bien assez bu et Rosset avait loupé le virage du Verney-Bron et avait foncé dans la butte de la route, mais nous avions tous survécu en riant bien fort.

JF Rosset était le seul à ne pas s’esclaffer car il allait devoir affronter la fureur de son père. Cet incident n'était qu'un avertissement prémonitoire. 

Dans quelques semaines, des nuages ​​plus sombres viendraient au-dessus de ma tête et changeraient radicalement l’ambiance insouciante pour des moments beaucoup plus difficiles ...

vendredi, avril 30, 2021

Prendrais-tu un pot avec ton président ?

Une bonne façon d'évaluer nos relations avec quelqu'un est de se poser la question: « Aimerais-je prendre un pot ou partager un repas avec untel ? » 

Cette question implique une élément d'affinité ou un aspect social et exclut les gens qui nous répugnent, sont asociaux, assez distants ou encore intimidants. 

Par exemple, parmi les présidents américains sous l’administration desquels j'ai vécus, je pense que je pourrais prendre une bière avec Biden et bien apprécier l'expérience. Quand aux autres présidents américains, le prochain auquel je pourrais penser serait George W. Bush, encore que je le considère comme un criminel de guerre et assez bête. 

Barack Obama arriverait en troisième position même si, peut-être à cause de mon âge et de ses discours parfaits, de son esprit un peu trop technocrate et pas assez pragmatiques, nous n’aurions pas grand-chose à nous raconter.

Ronald Reagan arriverait en quatrième position assez loin derrière, puis Bill Clinton (je n'ai jamais aimé ce type), George H.W. Bush (le père) pourrait suivrait et le pauvre Jimmy Carter fermerait la liste. 

Et Trump, alors ? 

Juste, j’avais totalement oublie cet idiot, Je suppose qu’il est tout à fait oubliable et en plus il ne bois pas une goutte d’alcool ! 

Et vous, quelle serait dans ce même contexte votre liste de classement avec vos différents chef d'États ?

mercredi, avril 28, 2021

Ah ! Garder le contact ...

En ces temps de pandémie, nous avons tendance à cocooner et la communication, les commérages et autres formes d'interaction avec voisins, famille et amis ont tendance à dégringoler en quantité et qualité. 

Bien sûr, communiquer est toujours difficile, mais cela s'aggrave encore quand notre vie sociale se transforme comme elle l'a fait au cours des treize derniers mois. 

Il n’est pas rare que je sois plus informé que mes amis et ma famille en France au sujet des événements qui se déroulent là-bas, et ainsi c’est moi, qui les tiens souvent au courant de se qui se passe chez eux ! Je dois être un maniaque de l'information ou anormalement curieux, ou même seulement capable de mettre mon nez dans les affaires des autres ... 

Appelez ça comme vous voulez mais je n’en sais jamais assez. Au bout du compte, cette horrible pandémie nous a tous plus ou moins engourdit et il faut se faire violence prendre le téléphone, écrire une note à la main ou envoyer un message électronique à ceux qui comptent dans nos vies ... 

vendredi, février 19, 2021

Rencontres au cours d’une vie …

L'autre soir, je pensais à toutes les personnes que j'ai côtoyé au fil des ans, à celles que j'ai oublié, celles que je n'aime pas, ces rares personnes avec qui je garde le contact, mes amis en général et au petit noyau de ceux qui sont mes très bons amis. Les chiffres sont fous, impressionnants ! 

Ce n’est pas tellement parce que ma vie, jusqu’à présent, s’est jouée sur deux continents, pendant toute une scolarité, lors de tas d’emplois différents, de projets, stages de formation ou plusieurs carrières, pendant mes loisirs et mes activités les plus variées que je connais plus de gens que la moyenne, mais la liste est cependant très longue. 

Cela a certainement contribué à faire de moi ce que je suis devenu aujourd'hui, en me stimulant, en m’apprenant et en m’encourageant tout au long du chemin. Cet exercice mental initial est devenu si captivant et si prometteur que j'ai décidé de le mettre en quelque sorte sous une forme écrite pour voir quelles conclusions je peux en tirer.

Cela me plaît déjà en tant que projet, les résultats me surprendront certainement et m'apprendront beaucoup ; je ne manquerai pas de vous ferai connaître mes conclusions !

mercredi, janvier 13, 2021

Visiteur inconnu envoyé par un « ami »

Pendant ces vacances de Noël, j'ai reçu un e-mail en provenance d'un Français qui m’était inconnu. Il disait en quelque sorte qu'il voulait me rencontrer et - je présume – skier en ma compagnie ; c’est ça, un moniteur « à l’œil ! » 

Son message disait : « Je viens d’arriver à Park City avec ma famille pour une semaine de ski. J’ai envoyé un texto à Bruno qui m’a dit que tu habitais ici. Ce serait amusant de se rencontrer. Nous sommes ici jusqu’au 28 Décembre. » 

J'ai répondu qu'au cas où il l'ignorait, nous étions en pleine pandémie et comme j'ai bien plus de 70 ans, se rencontrer au petit bonheur la chance n’était pas une si bonne idée que cela. J'ai ensuite envoyé un e-mail à Bruno pour lui demander qui était ce type, mais j’attends toujours la réponse de mon ancien collègue (moniteur de ski). 

Tout cela pour dire qu’il s’agit d’une là d’une situation récurrente, dans laquelle certaines personnes sont suffisamment je-m’en-foutisme pour donner l’adresse de quelqu’un qu’ils connaissent à un parfait inconnu, sans en demander l’autorisation, ou au minimum, avertir au préalable que cette personne va contacter l’intéressé. Impoli, irresponsable et embarrassement garantit.

dimanche, décembre 06, 2020

Vidéoscopie d’un copain d’école …

Récemment, je regardais une entrevue vidéo entre Jean-Marie Peyrin, un ancien camarade de l’Ecole d’Horlogerie de Cluses par Kristin Marion pour la chaîne YouTube de Radio Semnoz. 

Formée au jazz vocal aux États-Unis depuis de nombreuses années, Kristin Marion a chanté avec les grands noms du Jazz. Elle a enregistré des albums et tout en continuant de se produire en public, elle s’est ensuite, consacrée à la programmation musicale. Depuis août 2014 elle est la représentante officielle de la France auprès du Jazz Education Network des États-Unis. 

Dans cette échange captivant, Jean-Marie nous explique comment il est arrivé à faire fusionner Jazz et Horlogerie et conserve une intense passion pour ces deux domaines qui de prime abord ne semblent partager aucun points en commun. 

J’ai été aussi très impressionné par la profondeur des connaissances de notre ancien camarade d’école et d’armée (eh oui, c’était à Salon de Provence !) pour cette forme musicale à laquelle j’avoue ne pas connaître grand-chose. 

Bien que l’échange dure 38 minutes, je vous recommande d’investir ce petit bout de temps qui ne représente qu’un dix-millionième du temps que nous tous passé sur terre ! 

mardi, novembre 10, 2020

Appeler un pote et se faire engueuler

J’attache beaucoup d’importance à la communication, et comme je vis éloigné de nombreux amis d’enfance et de jeunesse, je fais tout en mon pouvoir maintenir un contact que j’estime beaucoup. C’est pourquoi c’est moi qui souvent prends l’initiative de communiquer. 

J'ai un copain que j’apprécie beaucoup, qui vit dans la vallée de l'Arve, en bas de Chamonix et que j'appelle donc assez souvent. Je l'aime bien et j'apprécie sa bonne nature remplie d’un bon sens toujours rafraîchissant. Hier, je l’ai appelé et c’est sa femme qui a prit la communication. Je dois dire que je ne la connais pas trop bien. 

 Elle s’est mise à me harceler, me demandant pourquoi nous avions élit quelqu'un d'aussi vieux que Joe Biden. J'ai répondu: « Parce qu'il était la seule bonne option que nous avions, face à un fasciste, un menteur et un incompétent comme Trump. » 

Implacable, elle a poursuivi « Mais Biden est bien trop vieux! » J'ai essayé de nous justifier: « C'était tout ce que nous avions. Vous, les Français, au moins vous avez de la chance d’avoir un Macron qui est à la fois jeune et intelligent… » 

Elle me coupa la parole en disant,« Non, il est absolument affreux ! » Nous avons poursuivit cet échange négatif pendant environ cinq minutes et j'ai dû enfin lever le ton et dire à cette brave femme que je n'avais pas appelé me faire engueuler, mais pour dire bonjour à son mari. 

Elle me l’a alors passé et je ne me suis pas gêné pour lui faire part de mon mécontentement après m’être fait attaqué de cette manière, alors que je voulais juste lui dire bonjour et m'enquérir de sa santé en ces temps de pandémie. 

Tout cela a refroidit notre échange, nous avons eu une conversation écourtée et quand j'ai raccroché, je me suis demandé si cela valait la peine de rappeler ce pote. Réflexion faite, je ferai cet effort.