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mardi, décembre 31, 2024

Réveillon du Nouvel An, 1974 ...

Il y a juste cinquante ans, je passais le réveillon du Nouvel An avec des amis au « Neige et Roc », un restaurant populaire et parfaitement situé en face de la gare de départ du téléphérique d'Avoriaz, aujourd’hui disparu. La nourriture n'y était pas exceptionnelle, mais j'y avais mangé fréquemment en raison de son emplacement incontournable. 

Mes compagnons de table étaient des moniteurs de ski d'Avoriaz avec leurs femmes et leurs copines et comme j'étais à la fin de mes quatre premiers mois hors de l'école de ski, dans mon nouveau poste de directeur de course chez Look, j'étais heureux de revoir mes anciens collègues et de me remémorer les bons moments passés ensemble. 

Présente à ce dîner en qualité de belle-sœur d'un de mes amis, se trouvait Evelyne, une jeune femme qui deviendrait mon épouse l'année suivante, et aujourd'hui, nous sommes sur le chemin de notre cinquantième année ensemble. 

C’est vrai, nous approchons de nos « Noces d’or », un exploit presque remarquable à notre époque, en tout cas l’indication d’un lien profond et durable fondé sur l’amour, le respect, la résilience et l’engagement. 

Une chronologie qui montre notre capacité à avoir traversé ensemble les hauts et les bas de la vie, à avoir pardonné, fait des compromis et maintenu notre relation contre vents et marées. 

C’est aussi une vie d’expériences partagées, de souvenirs et de croissance, faite de joies, de chagrins, de triomphes et de défis qui ont façonné notre vie commune d’Avoriaz à New York, jusqu’à Park City. 

Bien sûr, nous espérons que ces 50 ans de mariage iront au-delà de nos vies en inspirant nos enfants, notre petit-fils et les générations futures vers l’espoir et la possibilité d’une vie commune durable …

lundi, décembre 02, 2024

Michel Lascar, 1938-2024

La première fois que j’ai rencontré Michel, c'était en octobre 1969, quand je me suis présenté à l’école de ski d’Avoriaz dans l’espoir d’y décrocher un emploi.

Comme je n’étais pas diplômé pour enseigner le ski, il m’a fallu suivre un stage de formation d’une semaine en sa compagnie, à Chamrousse, avant la saison de ski. 

Au départ, Michel avait été engagé comme moniteur de vélo-ski et avait décidé de s’orienter sur l’enseignement du ski. Nous avons ensuite enseigné le ski ensemble à Avoriaz jusqu’en 1974, année de mon départ. 

En fait, Michel Lascar a tenu une place importante dans l'alpinisme français des années 1960. Il s'est illustré par ses ascensions audacieuses et techniques, contribuant à repousser les limites de la discipline. Il a ouvert de nombreuses voies dans les Alpes, notamment sur les faces nord. 

Il a également participé à plusieurs expéditions hors des Alpes. L'une de ses ascensions les plus célèbres fut la face nord de l'Eiger en 1966, avec Patrice Bodin. Cette voie, réalisée quelques années plus tôt, est restée un mythe en matière d’alpinisme et le duo a inscrit son nom à la liste des alpinistes ayant réussi cet exploit technique et physique. 

Michel Lascar était toujours calme, gentil et très accommodant. Amoureux de la montagne, son attitude tranquille incarnait les mots de Lao-Tseu : « Celui qui sait, ne parle pas. Celui qui parle, ne sait pas. » Sincères et profondes condoléances à toute sa famille.

jeudi, août 22, 2024

Pierrot Meugnier, 1946-2024

J’ai rencontré Pierrot pendant la première saison où j’ai enseigné le ski à Avoriaz, il y a plus de 54 ans. Je me souviens qu’il était différent, drôle, avait un sens de l’humour que j’aimais beaucoup et qu’il laissait toujours des rayons de soleil dans son sillage. 

Il y a plus de 2 ans, j’avais appris que Pierre était devenu paraplégique, à cause d’une vertèbre cancéreuse. Il s’était souvenu de moi parce qu’un demi-siècle plus tôt, j’avais pris sa défense lorsqu’il avait été harcelé par un moniteur de ski de l’école de ski de Morzine. 

Je me suis alors mis à appeler Pierrot régulièrement, j’ai toujours été impressionné par son attitude positive, son esprit toujours enjoué, la détermination à toute épreuve dont il avait fait preuve pour retrouver progressivement sa mobilité jusqu’à ce que son cancer revienne et malheureusement gagne la partie. Je suis triste qu’il nous ai quitté trop tôt et il va tous nous manquer ! 

Mes plus sincères condoléances à Lisette, son épouse, ses fils Pierre et Remy, leurs épouses et ses petit-enfants Florine, Léo et Nolan.

mercredi, novembre 08, 2023

Viré de l'école de ski d’Avoriaz !

La lettre concise illustrant ce blog a été écrite il y a juste 50 ans et m'avait été envoyée le lendemain par courrier recommandé. Par pure malchance, je n'avais pas eu l'occasion de l'ouvrir car j'étais déjà parti pour Tübingen, en Allemagne, au sud de Stuttgart, où j’allais suivre un cours intensif d'allemand du 5 novembre à la mi-décembre 1973. 

C’était donc officiellement l'annonce de mon licenciement de l'Ecole de ski d'Avoriaz, en compagnie de deux amis et collègues, Henri Marullaz et Xavier Guiot. Je ne me souviens pas qui m'a appris la nouvelle en Allemagne, car les contacts téléphoniques n'étaient guère faciles dans l'école où je me trouvais à l'époque. 

Je ne sais pas non plus ce qui a passé par la tête de Pernet pour qu’il prenne cette décision, mais il n’avait pas l’habitude de tergiverser. En effet, son travail hors-saison consistant à tailler les pistes de ski avec un énorme bulldozer, il avait donc l’habitude d’aller droit dans le mur. Ses goûts étaient aussi plutôt teutoniques puisque ses voitures préférées étaient les BMW, ses skis Fischer et ses chaussures de ski Humanic. 

Je ne me souviens pas comment j’ai pris cette nouvelle assez choquante. Étais-je en colère contre Claude Pernet pour nous avoir limogés sans autre forme de procès ? Je n'arrive pas à m'en souvenir. Ce qui est sûr c'est que, pendant quelques années, j’ai eu du mal à digérer sa décision arbitraire, mais depuis, j'ai pardonné, sans toutefois oublier son style un peu trop direct. 

Cela dit, la décision de Pernet fut annulée par un vote de l’assemblée générale de l’école de ski peu avant mon retour d’Allemagne. Cet épisode a été le premier coup dur dans ma jeune carrière de moniteur de ski. Mon militantisme ne valait pas les problèmes qu’il me créait, et j’ai commencé à envisager une activité alternative à la « vente de virages ». 

Rétrospectivement, ce licenciement m'avait donné « un coup de pied au cul qui m’apporta de l’or » pour paraphraser la « Vente aux Enchères », la fameuse chanson de Gilbert Bécaud !

mercredi, novembre 01, 2023

Souvenir d'un ancien collègue

Lors de mon dernier séjour en France, je suis allée visiter le cimetière de Montriond où sont enterrés mes parents ainsi que la section spéciale où ont été déposées les cendres de mon frère et de ma belle-sœur. 

Quelques jours plus tard, nous nous sommes arrêtés au cimetière de Morzine où je voulais voir l'endroit où mon ancien collègue Dominique Mollaret avait été enterré suite à sa mort tragique dans le massif du Mont-Blanc. 

Je me souviens qu'avec mon ami Henri Marullaz, aujourd’hui disparu lui aussi, nous étions allés en jeep jusqu'à Taninges, pour ramener les éléments de pierre qui allaient servir à construire la tombe de Dominique. 

C'était en octobre 1972, il y a déjà 51 ans …

samedi, mars 04, 2023

Un moment précieux, vieux d’un demi-siècle !

Cette photo a été prise au restaurant du « Pas du Lac » en mars 1973 avec certains de mes meilleurs copains. Il y a à juste cinquante ans. 

C'était l'endroit où nous prenions un expresso matinal pour nous stimuler avant le départ des cours de ski. Une alternative aurait été le "Café de la Gare", mais nous n'étions pas particulièrement motivés de donner nos francs durement gagnés à cet établissement ! 

Nous en profitions pour nous détendre un peu, nous tenir au courant des dernières nouvelles et partager nos projets d'avenir qui ne dépassaient pas la fin de la semaine. À ce moment-là, je n'étais pas trop sûr de retourner en Australie l'été suivant car j'étais rongé par la crise majeure qui divisait notre école de ski.

De gauche à droite : Jean-Claude, Denys, Blandine, moi et François. Voilà, nous étions jeunes, plutôt insouciants et la vie était belle.

samedi, décembre 03, 2022

Répétition du virage « pur aval » à ski avant la Suède

Après ma saison en de ski en Australie, j'avais été nommé pour participer à l'équipe de France de démonstration à ski en vue d’une visite de promotion du ski français au fin fond de la Suède. 

Les membres de cette petite équipe étaient Michel Fabre, Alain Morand et moi-même. J'ai probablement été choisi en raison de ma maîtrise de l'anglais, mais c'est tout ce dont je me souviens. 

Je ne sais pas qui nous briefait et nous entraînait avant notre départ pour Stockholm, mais je me rappelle avoir parcouru les quelques 450 kilomètres qui me séparaient d’Isola 2000, une toute nouvelle station de ski datant à peine de deux ans, pas loin de Nice, et avons répété nos virages « pur aval » qui, à l'époque, étaient le Graal de la technique du ski français. 

Il faudra que je demande à Michel et à Alain quel était le programme des quelques jours passés sur les pistes au dessus de la Côte d'Azur, car j’aimerai bien rafraîchir ma mémoire, donc consultez à nouveau ce blog pour une éventuelle mise à jour. 

En tout cas après un demi-siècle, le temps continue d’accélérer ! 

Isola 2000 juste après sa création

dimanche, octobre 02, 2022

Ultimes virages à Mt. Buller

Sur cette mauvaise photo granuleuse et floue que j'avais prise sur une neige australienne en train de disparaitre, nous retrouvons de gauche à droite, Gérard Bouvier, Roland Raphoz, Nicolas Bauer et Philippe Couttaz se prélassant sous le soleil de fin septembre (je pense que c’était autour du 20 ?) et ne s'inquiétant pas le moins du monde de la réalité qui allait nous tomber dessus 50 ans plus tard. 

Nous ne savions pas non plus si nous retournerions ou pas en Australie. Nous n'avions aucune idée de la façon dont nous gagnerions nos vies, où nous finirions par vivre et de tout ce qui nous restait encore à apprendre en chemin ainsi que toutes les expériences qui finirions par nous former.

Il y a beaucoup de vérité dans le fait que l'ignorance c’est une forme de bonheur ! J’allais terminer la saison en voyageant avec Gérard via Hong-Kong jusqu'au Japon, avant de rentrer à la maison par ce qui était encore l'Union Soviétique … 

Je suis sûr que Roland a fait le voyage entre la France et l'Australie des tas de fois car il avait épousé une Australienne, mais pour moi, il m’a fallu attendre 1994 pour y retourner ! Alors que j'ai perdu la trace de Roland après l'avoir vu en France vers 1977 et lui avoir parlé au téléphone il y a une dizaine d'années, je n'ai jamais plus revu Nicolas Bauer. 

Nicolas, où te caches-tu ?

mercredi, septembre 14, 2022

Cinquante ans en arrière à Mt.Buller

Une belle après-midi de printemps et un moment de détente en attendant le début des cours collectifs de l’après midi, au pied du télésiège des « Blue Lifts ». 

Un jour où personne ne semblait pressé d’aller au boulot. C’était il y a juste un demi-siècle, quand l'ignorance était assurément un élément de bonheur essentiel en cette fin de saison d’hiver. 

Ce serait ma deuxième et dernière saison à enseigner le ski à Mt. Buller. J'allais envisager de revenir une troisième fois, mais je n'en avais plus la motivation, car il me fallait faire face à un tas de problèmes durs à résoudre après mon retour à l'école de ski d'Avoriaz. 

Les moniteurs de ski de gauche à droite sont : Serge †, Roland, Peewee, Heather, moi et Coucou …


 

mardi, août 30, 2022

D'avantage sur les mots qu’utilise le moniteur de ski …

La plupart des métiers de l'enseignement ne s'apprennent pas en classe, mais le processus commence lorsque l'enseignant doit fait face à ses élèves. Au début, cela peut être très gênant, difficile et horrible, mais finalement chacun semble trouver son rythme et une routine d'enseignement s’installe. 

Je ne dis pas que c'est toujours idéal, mais à force de répétitions, de réactions d’élevés et d’impressions, aussi grossières et inefficaces qu’elles soient une façon d'enseigner émerge. Ensuite, selon le degré d'engouement pour la matière enseignée, d'énormes différences de qualité peuvent être observées. 

Évidemment, l'enseignant doit se rendre compte qu'il doit se mettre à la place de ses élèves, à la fois physiquement et mentalement. Cette dimension variera énormément selon les individus et leur capacité d'empathie ainsi que la profondeur et la diversité de leur expérience personnelle. Ceci, en fin de formation de l'enseignant conduira inévitablement à d'énormes différences dans la qualité de l’enseignement. 

Ensuite, il y a la phase de routine, où la qualité de l'enseignement peut s'améliorer (à travers des révélations plutôt miraculeuses, des commentaires d’élèves ou de supérieurs) ou se détériorer au fil du temps (paresse, manque de motivation et de passion pour le travail). Cela nécessite évidemment des évaluations et des ajustements fréquents qui, parce qu’ils sont à la fois longs et coûteux, se produisent rarement dans des conditions idéales, voire pas du tout. 

En fin de compte, le résultat est un énorme coup de chance, où il est possible de tomber sur une poignée d’enseignants exceptionnels, une grande quantité qui vont de corrects à médiocres et à peu près le même nombre qui sont inutiles ou affreux. 

Bonne chance en choisissant le bon cheval !

lundi, août 29, 2022

Ces mots qu’on utilise pour enseigner le ski …

Le 16 août dernier, Bernard, dit "Dadou" Mayer, l'autre légende du ski de Taos, décédait à l'âge de 82 ans. Il avait été précédé par son autre frère Jean âgé de 85 ans, décédé le 16 octobre 2020. Tous deux étaient des personnages emblématiques de Taos Ski Valley, très connu comme moniteurs de ski et aubergistes de légende dans cette petite station de ski du Nouveau-Mexique.

Alors que je faisais un peu de recherche à leur sujet, je suis tombé sur quelques vidéos mettant en vedette les deux frères et montrant des extraits de leur technique d'enseignement. C'est alors que j'ai réalisé que ce que nous disons en enseignant le ski n'est pas toujours aussi clair qu'il le faudrait et, pire, n'est souvent pas du tout compris par ceux à qui on apprend à skier. 

Enseigner le ski, ce n'est pas tout à fait comme transmettre une simple recette de cuisine. C'est surtout immatériel et cela traite d'intensité, de vitesse, de pressions diverses et de sensations qui sont souvent inconnues et très difficiles à traduire précisément avec des mots, et encore plus difficiles à être compris correctement par le destinataire. 

Si l'enseignant ne se met pas à la place de son élève et n'expérimente pas en utilisant des analogies, des métaphores ou autres formes d'exemples simples et faciles à ressentir, l'apprentissage ne va pas passer. Le gros obstacle est que que la technique d'enseignement du ski est écrite et transmise dans un jargon technique crypté qui semble souvent dénué de sens pour le moniteur et encore bien plus pour l'élève. 

En même temps, la personne qui apprend à skier doit faire face à la peur de la pente, à une absence totale de contrôle en se retrouvant dans un environnement rude et hostile, où il fait froid, où d'autres skieurs filent de toutes parts, parfois à un doigt de la collision, alors qu'ils sont prisonniers de vêtements restreignant et trop épais, littéralement cloués au sol à des planches lourdes et impossibles à manœuvrer. 

Avant tout, je recommanderais aux moniteurs de ski de se faire vidéographier dans l'intégralité du cursus qu’ils enseignent à leur élèves, avant de s’assoit avec un échantillon de ceux-ci, des experts en communication et des moniteurs très expérimentés qui peuvent facilement différencier une mauvaise communication d'une excellente et, à partir de là, développer un protocole d’enseignement et de phrases adaptées que le moniteur peu alors apprendre à s’approprier. 

Et vous, qu’en pensez-vous ? 

jeudi, août 11, 2022

Souvenir d'un guide de haute montagne

Il y a juste 50 ans, alors que j'enseignais le ski en Australie pour une seconde saison, j'ai reçu un télégramme m'annonçant le décès de Dominique Mollaret. Je me souviendrai toujours qu'un mélange de neige et de pluie tombait ce jour là dans brume assez habituelle de Mt. Buller. 

Là-bas, c'était déjà samedi, le jour suivant. J'étais abasourdi d’apprendre cette nouvelle après tout ce que nous avions vécu avec Dominique, qui fut, pendant une très courte période, notre directeur de l'école de ski d'Avoriaz ... 

Dominique, alors âgé de vingt-sept ans était originaire de Grenoble mais résidant dans ma vallée, trouvait la mort alors qu'il escaladait en solitaire le Mont Blanc par l’itinéraire de l’Aiguille Noire de Peuterey (couse connue sous le nom de la Super Intégrale de Peuterey ou trilogie Frêney). 

Personne n’a jamais vraiment bien su ce qui a causé sa mort (il aurait pu entre autres hypothèses être frappé par une pierre, trahis par son matériel ou tout simplement épuisé).

Le compte-rendu parut dans les journaux en provenance de l’agence AP, explique que l’accident s’est produit en descendant la brèche sud. Il aurait basculé, lâchant son rappel mais son pied resta pris dans un nœud de la corde. 

Dominique avait gardé casque mais son sac pendait au-dessous de lui alors qu'il était retenu par un pied, la tête en bas au dessus d’un abîme de près de six cent mètres. Ne pouvant faire un seul mouvement pour se dégager, il a dû connaître une agonie épouvantable, qui s’est prolongée plusieurs heures. 

La Super Intégrale de Peutèrey,, sera finalement vaincue en 1982 par l'alpiniste italien Renato Casarotto. Cet accident tragique mettait un point final à la courte carrière de guide de Dominique.

mercredi, juillet 20, 2022

Ma seconde saison de ski en Australie

Il y a cinquante ans, le 27 juin 1972, je quittais la Haute-Savoie pour une courte saison pendant laquelle j’allais de nouveau enseigner le ski en Australie. Celle-ci allait durer jusqu'à la fin de la troisième semaine de septembre. 

À l'époque, le voyage était long et se traduisait par 27 heures assis inconfortablement dans de nombreux avions de différentes compagnies aériennes, depuis Genève en passant par Vienne, Bahreïn, Colombo, Kuala Lumpur, Sidney et enfin Melbourne avant de finir par 3 bonnes heures de route jusqu’à Mt. Buller. 

Le décalage horaire et cet affreux voyage m'avaient tellement tué et je n'allais pas pouvoir m'en remette avant la mi-octobre de cette même année. 

L'école de ski était la même, sous la houlette de son directeur, Alexis Saudan. Une fois là-bas, je retrouvais aussi Gérard Bouvier, Christophe Saudan, Philippe Coutaz et rencontrais les deux cousins Léon et Serge Empereur, Monique Boyelle, Nicolas Bauer, le canadien John Peters et Roland Raphoz qui nous rejoignait un peu plus tard. 

La saison se présentait bien, la neige était au rendez-vous, mais le travail était devenu beaucoup plus routinier et désormais plus rien n’était vraiment nouveau, donc au final ce n'était plus tout à fait aussi amusant qu’avant. 

Nous avons bien sûr continué de faire la fête, bu largement notre part et laissé le reste aux visiteurs assoiffés et aux moniteurs français qui nous suivraient dans ce parcours ludique et slalomé qu’était le ski à Mt. Buller …

jeudi, mai 19, 2022

Retour en Australie

En mai 1972, il y a environ 50 ans, je ne me souviens plus clairement comment j'avais décidé de retourner avec Alexis Saudan et son école de ski français à Mt. Buller pour une saison de ski supplémentaire. 

Au départ, je devais rejoindre Jean-Pierre Chatellard aux remontées mécaniques d'Orange et l’école de ski autrichienne sous la direction de Walter Frois, mais j'ai dû avoir des remords ou peur de fâcher quelqu’un dans l’intervalle. 

C'est vrai aussi que ma saison de ski à Avoriaz avait été difficile et marquée sous le signe de la contention, ce qui m'avait laissé peu de temps pour anticiper et bien préparer ce que j'allais faire pendant la saison estivale qui suivait, c’est dire que je me suis laissé guider vers le choix facile et tout simple de rejoindre Alexis et son équipe. 

Cette année-là, seuls Gérard Bouvier, Philippe Coutaz et Christophe Saudan furent de retour avec moi.

lundi, avril 04, 2022

Retrouver un vieil ami ...

Il y a cinquante-deux ans, j'avais commencé à enseigner le ski à l'école de ski d'Avoriaz. Non seulement j'étais ravi d’y travailler, mais sur place j'avais rencontré un tas de collègues tous différents et assez exceptionnels. 

J’en connaissais certains, mais la plupart étaient nouveaux pour moi. Parmi ceux-ci se trouvait un gars qui s’appelait Pierre Meugnier. Si je me souviens bien, il était de Paris et était passé par Leysin, en Suisse, où il était moniteur de ski au Club Med. Je pense aussi que c'est là qu'il avait rencontré Lisette, sa future épouse. 

Il était également guide de montagne et chantait toujours « Mellow Yellow », le tube de Donavan, à l'époque. Pour compléter le tableau, pour ainsi dire, il avait perdu un œil et en portait un en verre à la place. 

Il y a quelques jours, mon ami Anselme m'avait dit que Pierre était paralysé de la taille aux pieds, suite à plusieurs épisodes cancéreux. Il m'avait aussi raconté qu'une fois, je l'avais défendu lorsqu'il avait été harcelé par un moniteur de ski de Morzine, plouc sur les bords (incident dont je ne me souviens plus du tout). 

C’est ainsi qu’hier, j'ai appelé Pierre qui a actuellement déménagé de son domicile suisse du Châtellard, en Suisse, pour venir habiter à Vallorcine, près de Chamonix. Nous avons bavardé pendant 10 minutes et nous avons passé un bon moment à nous rappeler le bon vieux temps. 

Oui, c’est ça, un peu comme c'était le cas il y a plus d'un demi-siècle !

mardi, janvier 25, 2022

Xavier Guiot, 1947-2022

Vendredi dernier, j'ai appris que mon ancien ami et beau-frère Xavier, était décédé une semaine plus tôt victime du Covid-19. Selon ce que j’ai pu comprendre il avait été vacciné. 

J'ai connu Xavier pendant l'hiver 1967 à Morzine. Presque chaque  week-end, nous nous retrouvions sur le stade de slalom au pied du téléphérique du Pleney où nous nous efforcions tous les deux de décrocher ce si important « Chamois d'Argent » qui nous permettrait de passer le concours d'entrée de la capacité à l’enseignement du ski français. 

Deux ans plus tard, je retrouvais Xavier moniteur de ski à l'école de ski d'Avoriaz où il avait été admis la saison précédente. Comme nous nous connaissions déjà, nous sommes restés de bons amis. Xavier venait d'épouser Paule, la sœur de ma future femme et ils s'étaient installés dans une vieille maison partitionnée, située près de la passerelle piétonne. 

Xavier était un peu distant, mais cela ne me genait pas. Les saisons suivantes, nous avions été étroitement impliqués ensemble dans un conflit qui avait opposé la moitié de l'école de ski. Xavier était aussi un innovateur qui s'etait lancé dans l'enseignement du surf sur neige. Enfin, notre relation allait me permettre de rencontrer mon épouse et de fonder ainsi ma famille.

Comme moi, tout au cours de sa carrière de moniteur, Xavier avait eu du mal de trouver une activité professionnelle en dehors de l’hiver. Il avait tenté sa chance dans les monitorats de tennis, d'auto-école, avait fait des travaux d'entretien, et devait éventuellement jeter l’éponge avant de devenir gérant de magasin en Champagne jusqu'à sa récente retraite.

Au début des années 90, des histoires familiales d'héritage mettaient fin à nos relation proches et celle-ci étaient restées assez distantes ...

mercredi, novembre 24, 2021

Révolte à l’école de ski

Comme je l'expliquais il y a huit ans dans la « saga de l’ESF d'Avoriaz », un bien vilain conflit s’était développé en cours d'été alors que je me trouvais en Australie. 

Tout cela devait finalement atteint son paroxysme, lors du rassemblement annuel d’avant saison auquel se trouvaient conviés tous mes collègues moniteurs, et j'avais été choisi comme porte-parole pour exprimer les griefs de la moitie des membres de l'école de ski envers notre directeur Edmond Denis. 

Bien que j’étais tout à fait capable de parler devant un groupe, mon style de communication aurait pu être bien, bien meilleur, et une fois mon discours achevé, mon destin fut scellé jusqu’à la fin de ma carrière à Avoriaz. 

J'apprendrais beaucoup de choses depuis ma nouvelle position politique, dont le fait que j'avais été tout simplement instrumentalisé par François Baud, un membre honoraire de l'école de ski qui ne supportait pas Edmond Denis.

J'ai aussi appris à ce moment précis que ce n'est pas seulement CE que l’on dit qui compte, mais plutôt LA FAÇON dont cela est dit. Aussi, bien qu'un minimum de QI aide, l’atout le plus important dans la vie est l'intelligence émotionnelle, un domaine que je n'avais pas encore découvert...

mardi, novembre 23, 2021

Un début d'automne 71 bien tranquille

Il y a tout juste cinquante ans, je revenais d'Australie et j'étais occupé à construire ma nouvelle maison avec l'aide de mon frère Gaston et de mon père. Je n'étais pas tout à fait sûr de vouloir une maison et je n’etait pas sûr de vouloir prendre racine dans mon patelin natal, juste à côté de chez mes parents. 

J'avais des projets plus ambitieux, mais ils étaient si flous que je ne pouvais même pas les voir. Les six mois précédents, mes voyages autour du monde m'avaient ouvert les yeux et je ne me voyais pas vieillir à Montriond, un lieu pourtant merveilleux et promis à un avenir prospère. 

J'étais maintenant accro à l'idée de découvrir encore d’avantage de pays et ne pouvais tout simplement m'installer pour toujours dans ce seul endroit. Les week-ends nous fêtions mon retour en compagnie de mes amis, tous moniteurs à Avoriaz, et nos vies étaient légères, faciles, sans grosses responsabilités. 

J'avais beaucoup d'histoires à raconter et j'étais fier de chacune d'entre elles. Un soir, nous sommes sortis dans la voiture des parents de JF Rosset, un break Simca 1500, avec Anselme Baud, JC Page et François Chauplannaz, avions tous bien assez bu et Rosset avait loupé le virage du Verney-Bron et avait foncé dans la butte de la route, mais nous avions tous survécu en riant bien fort.

JF Rosset était le seul à ne pas s’esclaffer car il allait devoir affronter la fureur de son père. Cet incident n'était qu'un avertissement prémonitoire. 

Dans quelques semaines, des nuages ​​plus sombres viendraient au-dessus de ma tête et changeraient radicalement l’ambiance insouciante pour des moments beaucoup plus difficiles ...

dimanche, octobre 17, 2021

Un premier tour du monde, 76e partie

L'arrivée dans le tout nouvel aéroport de Paris Charles de Gaulle sonna donc ce réveil brutal signalant que la grande aventure était désormais clôturée. 

Je pense avoir pris un bus pour rejoindre la gare de Lyon, avant de sauter dans un train qui a bien prit son temps pour m’emmener jusqu'à Thonon-Les-Bains (c'était bien avant que les TGV sillonnent le pays) et j’arrivais en fin d'après-midi dans la capitale du Chablais où mon frère Gaston m'attendait. 

Je ne l'avais pas vu depuis quatre mois et demi. Je crois bien que j'étais aussi heureux de le revoir que lui de me retrouver. 

Il m’a rapidement donné des nouvelles de ce qui se passait dans la haute vallée de la Dranse et avions rapidement parlé ma maison qui était en construction. Je n'y avais pas beaucoup pensé depuis que j’avais quitté les lieux en mai dernier. 

Demain, nous irions travailler sur le toit qui devait encore être couvert. Le rêve était maintenant terminé. J'avais enfin atterri dans la dure réalité quotidienne !

samedi, octobre 16, 2021

Un premier tour du monde, 75e partie

Après être descendu du bus le tôt matin, je laissais mes bagages à la consigne de la gare routière de Montréal et me sentais plutôt bien malgré une nuit de sommeil en dents de scie. 

C'était l'une de ces superbes journées d'octobre qui caractérisent la côte est de l'Amérique. 

De plus, la gare Greyhound était à quelques pas du Parc de Mont Royal, ce qui m'avait offert une première impression magique de cette grande ville du Québec. 

J'ai passé la majeure partie de ma journée dans le parc, à me promener, à observer les gens et à bien apprécier ce chaud soleil d’été indien. 

En milieu d'après-midi, il était temps de monter dans un bus pour me rendre à l'aéroport de Dorval, et prendre mon vol de retour à Paris. 

Je me souviens très bien de ces instants. Pour la première fois de ma vie, je montait à bord de ce gigantesque 747 d'Air France et je n'avais pas assez d'yeux pour être impressionné par cette énorme machine volante. 

Je pense que j'ai du dormir la plupart du temps qu'il a fallu pour traverser l'Atlantique. 

Au réveil, j'ai ressenti des sentiments contradictoires alors qu’il était désormais clair que ce long voyage touchait à sa fin et que la vrai réalité n’allait pas tarder à me tirer de ma rêverie.