samedi, mars 31, 2007

Bienvenue!

Voici mon blog. Non, ce n'est pas une blague; oui, c'est ça, c'est un "blog"... Dans ce blog nous parlerons en bloc de style de vie, d’idées créatives, de philosophie pragmatique, de politique internationale et de ré-invention personelle. Accrochez-vous et bonne route!

samedi, décembre 25, 2004

Jean-Noël Vacher, 1945-2004

D’un abord très facile, Jean-Noël Vacher était le copain de tous. 

Pour Eric Chevasson, il ont enseigné le ski ensemble aux Carroz d’Arache. Même chose pour Jean-Pierre Pascal qui l’avait rencontré quand ils enseignaient à Mt Buller, en Australie, sous l’égide d’Henri Patty où les deux s’étaient liés d'amitié. 

En fin de saison, ils avaient acheté une veille jeep pour rentrer d’Australie en Europe, via le Liban, où ils avaient une connexion pour enseigner aux Cèdres . « Une histoire de barjots ! À l’époque, en 1968, nous étions jeunes et inconscient », se rappelle JP Pascal,

« Le voyage entre Melbourne et Sydney eut raison de la jeep. Nous avons alors décidé de partir vers les États-Unis en prenant un paquebot d'immigrants italien qui rentrait en Europe par le canal de Panama en faisant escale dans les îles du pacifique et au Mexique à Acapulco, où nous avons débarqué pour rejoindre les USA. 

Nous nous sommes alors séparés, Jean Noël a pris l'avion pour Los Angeles afin de rejoindre un cousin, et moi j'ai fait du stop jusqu’à Laredo, au Texas, puis j’ai rejoint Jean-Noël chez son cousin en Californie, par bus Greyhound. Nous avions acheté en Australie des forfaits de bus Greyhound qui nous permettaient de voyager pendant 90jours pour 90 dollars dans tous les États-Unis.

Jean-Noël avait un contrat pour enseigner dans l'Est des États-Unis où il avait déjà passé une saison dans une station dont je ne me souviens plus du nom. De mon côté je suis parti à Squaw Valley me présenter à Joe Marillac qui avait suivi Émile Allais après les jeux Olympiques, et venait de quitter la direction de l’école de ski. Gilbert Mollard qui avait été mon camarade de chambre à Mt.Buller et avait fait une saison à Squaw Valley m'avait conseillé sur les politiques locales. 

J'ai été immédiatement embauché par le nouveau directeur Stan Tomlinson car j'étais entraîneur et ouvreur de chamois, L'hiver suivant, fort de mes connections locales, j'avais aidé à faire embaucher Jean-Noël à Squaw Valley … » 

Le retour d’ascenseur opérera un peu plus tard, quand Jean-Noël avait fait rentrer Eric chez Look sur les recommandations de son vieux copain, Loïc David. Toujours loyal et sincère, Jean-Noël allait en retour beaucoup aider JP Pascal dans ses relations avec Look et avec ses programmes de compétitions et camps d’entraînement au Chili et en Argentine. 

Né le jour de Noël 1945 à Lyon – d’où son prénom – Jean-Noël avait deux frères, un était acteur (il jouait le rôle du docteur dans : « La vie est un long fleuve tranquille »), et est mort du Sida dans les années 80. L’autre était restaurateur à Neuilly sur l’île de la Jatte. Il avait aussi une demi-sœur du côté de son père. Il avait passé son Diplôme National de moniteur à l’ENSA grâce à un congé que lui avait octroyé Look tout comme cela avait été fait plus tard pour Joël Gros et Jean-François Lanvers. 

Eric évoque alors son ami Jean-Noël : « Coureur de filles invétéré, en ville avec lui, pas moyen d’avancer, arrêt pour chaque fille croisée sur le trottoir. Sa devise, toujours essayer, il y en a 99 qui vont dire non mais la centième sera d’accord. Nous habitions ensemble à Nevers et souvent il ramenait des filles draguées en rentrant à la maison. » 

Eric poursuit sur la piste de ses souvenirs : « Jean-Noël était intelligent mais un peu brouillon. Lorsque nous devions faire des rapports ou exposer des idées, il attaquait l´écriture pendant que je réfléchissais. Après 15 à 20 minutes, je lui disais OK, voilà comment on va faire . Il arrêtait d’écrire et au fur et à mesure que je déployais mon plan,on incorporait ce qu’il avait déjà écrit au bon endroit de manière à créer un texte compréhensible. » 

En ce qui me concerne, je me souviens encore de mon arrivée chez Look le lundi 2 septembre 1974. J’avais d'abord rencontré Madame Beyl, et j'avais été présenté à un groupe de cadres de l'organisation lors d’une visite rapide de l'usine. Enfin, je rentrais dans une grande pièce remplie de bureaux disposés en cercle et se faisant face, qui allait être mon bureau, en compagnie d’Eric Chevasson et de Jean-Noël Vacher que je rencontrais pour la première fois. 

Tous deux étaient responsables des ventes internationales de Look. J'étais ravi de trouver ces gars qui mélangeaient esprit d'aventure avec une pointe d’irrévérence. Ils offraient un contraste plutôt sympathique par rapport à une direction d'entreprise très guindée et très « vieille France » ...

Je n'oublierai jamais les éléments qui décoraient leurs bureaux, certains se moquant des fixations Su-matic, vénérable concurrent suisse, ou jouant sur les mots avec des cartes destinés aux sièges inoccupés des avions de la TWA. 

Pour moi, Jean-Noël était presque tout aussi emblématique de Look que ne l’étaient Jean ou Huguette Beyl. En fait, je le trouvais très iconoclaste, toujours armé d'une bonne dose d'humour et projetant un rayon de soleil dans un lieu très conservateur, perdu dans une région oubliée du centre de la France. 

Quand je suis rentré chez Look, je l'ai toujours trouvé super-sympa et très accueillant, car c’est souvent que nous retrouvions dans sa demeure historique merveilleusement restaurée et parfaitement décorée, tout près de la Porte du Croux, au centre de Nevers, où les disques de Cat Stevens passaient en boucle sur sa chaîne Hi-Fi. 

Avec Eric, Jean-Noël s'occupait des ventes à l’export et avait travaillé pendant un temps avec Beconta, le distributeur de Look aux États-Unis. Suite à des accrochages et à des conflits de personnalité avec Norm McLeod, un cadre de Beconta, (Jean-Noël était plutôt « artiste » alors que Norm était un ancien militaire), il avait été remplacé par Eric pour s’occuper de ce marché et avait conservé le Japon, où le distributeur était Nichirey, ainsi que tous les autres pays du Pacifique et de l’Europe. 

C’est aussi lui, qui par l’intermédiaire de Joël Gros était allé chercher Jean Barbier à Munich, où il travaillait dans le magasin SportChek, et l’avait embauché pour soutenir les efforts de promotion de la nouvelle filiale Look de Feldkirsch, en Autriche. 

En 1975 Jean-Noël quittait Look afin de poursuivre une carrière de commissaire-priseur à Lyon. Une fois son diplôme en poche, il acheta une charge et rentra à l’université pour y faire ses études de droit. Il devint ensuite professeur d’art ancien à l’université de Lyon, spécialisé en bijoux et mobilier. Grâce à ses connaissances exceptionnelles et à ses diplômes, il devint aussi expert auprès des assurances, établissant son cabinet dans le même immeuble où se trouvait son très bel appartement.

Dans ce même immeuble, se situait aussi une école de danse pour enfants. Là, il avait rencontré une baby-sitter qui amenait une fillette pour ses cours. Roumaine et à la recherche d’un parti bien nantit, elle mis le grappin sur Jean-Noël qui voulait à tout prix avoir des enfants. Résultat : deux fils et une vie d’esclave (il se retrouve en charge des enfants, des courses et de la cuisine,sans aucune aide de sa femme). 

Ses affaires étaient florissantes et il avait mis au point un système informatique pour retrouver des objets d’art volés.Il travaillait alors étroitement avec la police Lyonnaise. Eric et Jean-Noël s’étaient du reste retrouvés pour les 50 ans de JP Pascal, quand ce dernier dirigeait Starway. en mars 1994.

Grâce à ses relations rapprochées avec la police, il apprend que sa femme va très souvent se plaindre auprès de ceux-ci en l’accusant de violence et d’abus sur les enfants. Profondément affecté par ses révélations, il développe une tumeur au cerveau qui, progressivement, ne lui permet plus ni de conduire, ni de travailler (il embauche un vieux copain pour gérer son étude et superviser ses deux employés). 

Sa femme s'est acoquinée avec la sœur [de Jean-Noël ?] pour essayer de s’accaparer de tous ses biens. La dernière fois que JP Pascal a vu Jean-Noël,il était accompagné de sa mère sur son lit d’hôpital peu de temps avant sa mort. 

Eric ne sais pas si il avait réussi à tout mettre au nom des enfants avant sa mort, le 12 décembre 2004, à l’aube de ses 59 ans, trois jours après la visite d’Eric à Hauteville, dans l’Ain, au centre de rééducation où il se trouvait, près d’Ambérieu-en-Bugey. Eric ajoute que Jean-Noël l´appelait tous les jours pour lui dire de venir le voir. 

La vitalité, l’humour et le sens artistique de Jean-Noël nous manquent désormais depuis longtemps. Reposes en paix l’ami. 

Propos recueillis par JF Lanvers, grâce aux témoignages d’Eric Chevasson et Jean-Pierre Pascal.

jeudi, juin 15, 2000

L'école est finie!

Le 6 Mai dernier, nous nous rendions à Logan pour la remise du diplôme de fin d'études de Thomas et les cérémonies de promotion. Une fois de plus, quatre ans venaient de s'écouler à une vitesse effrayante. En terminant ses premières années d'université avec mention, Thomas se trouve désormais prêt à aborder une nouvelle phase de sa vie. Les festivitées étaient fort bien organisées et était pour toute la famille Lanvers une excellente occasion de se retrouver dans cette petite ville universitaire qui se trouve à deux heures de route de Park City. L'an prochain Thomas se rapprochera pour commencer ses deux années de maîtrise en histoire médiévale à l'universite de Salt Lake City. Dans l'intervale, Thomas travaille à l'hôtel Marriott près de cette même université où il est chasseur et conduit la navette emmènant les clients en ville ou à l'aéroport. Ce travail lui permettra de subvenir en partie à ses besoins tout au cours de ces prochaines années scolaires. A peu près un mois plus tard, ce Vendredi 9 Juin, c'était au tour de Charlotte de participer à la remise des diplômes de fin d'études au Lycée de Park City. Comme Thomas l'avait fait quatre ans plus tôt, sa soeur participait à cette cérémonie à la fois sympatique et émouvante marquant ainsi le passage du monde de l'adolescence à celui des jeunes adultes. Après la remise de son diplôme, la photos traditionnelle et les effusions de rigueur, succès en compagnie de ses amis et de Miyuki jusque très tard dans la nuit. Avant de prendre le chemin de la Côte Est en Septembre, Charlotte travaille à "Habitat pour l' humanité", une organisation à but non lucratif s'occupant de loger des personnes défavorisées. Ces cérémonies scolaires et les transitions qu’elles évoquent présagent de grands changements et ne sont pas sans évoquer un brin de nostalgie. Le temps passe en effet bien trop vite, et dans moins de trois mois, Miyuki, Charlotte et Thomas nous auront vite quittés et nous nous retrouverons seuls. Cette semaine nous avons mis notre maison en vente, et dès qu’un acquéreur se présentera, nous opterons pour une demeure mieux adaptée à nos nouveaux besoins.Charlotte est allée fêter son

Miyuki sur le départ

Dans moins d'un mois, Miyuki Akashi reprendra le chemin du Japon après être restée pendant près de onze mois en notre compagnie. Après avoir rencontré de nombreuses difficultés avec l’anglais au début de son séjour, elle a heureusement très bien surmonté les difficultés et a maintenant atteint un niveau ou elle peu enfin parler couramment et tout comprendre. Son séjour avec nous s'est parfaitement bien passé et elle avoue volontiers que le Japon et sa famille ne lui ont guère manqués. Sans doute son chien "Kuma" est l’être dont la présence lui aura fait le plus défaut. Déjà, les futurs projets de notre fille adoptive incluent une visite très prochaines aux Etats-Unis!

Et le ski dans tout cela?

Je manque rarement de vous soûler avec mes histoires de ski, de neige et de montagne. Cet hiver ne fut cependant pas spectaculaire. Tout d'abord, la saison allait avoir beaucoup de mal à se mettre en train: Pas de neige en Décembre, la "crise" du millénaire et une grippe sévère tournant en bronchite a la fin de l'année devaient contribuer à brider mon élan de skieur fanatique. Résultat: 35 jours de ski au lieu de 54 l'an passé et la moitié du dénivelé! Le coté positif de ce bilan devait intervenir lors de mon voyage d'Avril en Haute-Savoie au cours duquel j'avais la chance de beaucoup skier avec mon neveu Yves, Thomas Chauplannaz, Denys Trombert et ma soeur Denise. Les conditions, bien que très variables a cette époque de l'année, étaient cependant excellentes et ces quelques jours passèrent helas beaucoup trop vite.

Compte à rebours

Dans 602 jours, Park City accueillera les Jeux Olympiques. L'impact immédiat sur notre petite communauté se traduit par des travaux publics d’une ampleur sans précédent. Dans la vallée de Salt Lake City, l'élargissement de l'Autoroute I-15 qui relie Los Angelès au Montana se poursuit depuis maintenant plus de deux ans et devrait être terminée l'été prochain. Le nombre de voies dans chaque direction va passer de 4 à 7 sur la section où la circulation est la plus importante. Se rendre à l'aéroport de Salt Lake est chaque fois une aventure nouvelle avec de nombreuses déviations qui ne cessent pas de changer. Plus près de chez nous, à quelques 10 kilomètres de la maison passe l'autoroute I-80 qui relie New York à San Francisco. Deux sorties assurent la desserte de Park City et à chacune d'entre elles, deux nouveaux échangeurs mieux adaptés sont en cours de construction et devraient être terminés vers la fin de 2001. Près de ces sorties d'autoroute et juste avant l’entrée de Park City, l'armée construit 2 parcs à voitures géants destinés à recevoir 7.000 véhicules chacun. Dans le même secteur, une nouvelle route d'accès aux tremplins ainsi qu’aux pistes de bob et de luge est également en cours de construction. Finalement, à l’entrée de Park City, un énorme rond-point et une gare routière sont en plein chantier et devraient être terminés pour cette saison d'hiver. Bruit, poussière, circulation sont les mots d'ordre pour cet été de l’an 2000.

lundi, mars 20, 2000

Les Elections Primaires

Nous voici aux termes des élections primaires dont le but est de sélectionner au sein nos deux partis principaux les candidats qui succèderont à Bill Clinton en Janvier 2001. Ce que ces événements d' actualité n'ont pas manqué de confirmer est que dans la politique il vaut mieux être riche et bien portant que pauvre et malade. La politique Américaine est devenue un sport ultra-compétitif où ressources financières illimitées, sondages d'opinion ultra-sophistiqués et tempéraments d’acier sont indispensables. Ici, deux partis dominent: Les républicains à droite et les démocrates à gauche. Il faut dire que le démocrate Américain est aussi "libéral" qu'un membre du RPR Français. De là à dire que nos républicains sont au niveau du Front National serait un peu extrême... Comme les années bisextiles, les élections présidentielles Américaines reviennent tous les quatre ans. A peine élu, le nouveau président doit déjà songer à sa re-élection (il ne peut cependant effectuer que deux mandats consécutifs). Il est clair qu'entre l’interminable septennat Français et les quatre courtes années Américaines il devrait y avoir un plus juste milieu. Lors des deux dernières élections présidentielles, le parti indépendant est venu troubler l'ordre des choses. Ce parti, ou plutôt cette alternative, rallie tous ceux qui ne se réclament pas exactement des idéologies républicaines et démocrates. En fait, ces "indépendants" sont des individus attirés à la fois par la rigueur fiscale prônée - mais guère pratiquée - par les républicains et la tolérance sociale dont se réclament les démocrates. Lors des élections de 92 et 96, le candidat indépendant Ross Perot devait galvaniser les votes centristes qui auraient dut aller à Bush (le père) et à Dole, qui depuis s’est reconvertit en porte-parole pour Viagra. Pour l’heure, aucun candidat à haut profile n'est encore apparu pour défendre la bannière des indépendants. Ne croyez pas cependant qu’il n’y aient que trois candidats présidentiels: Parmi la multitude de candidats "marginaux", nous trouvons à chaque élection, un candidat communiste ou un “Vert”. Ces derniers ont beaucoup de mal à amorcer une percée signifiante aux Etats-Unis. Ceci est en partie lié au fait que personne n'est intéressé par le financement de leurs campagnes. Outre-Atlantique, l’argent se retrouve toujours derrière toute réussite politique. Ceux à quelque chose à soutenir (marchands d'armes, avocats, producteurs de cinéma ou de maïs transgénique) misent sur des candidats aptes à défendre leurs intérêts. Il existe désormais un sens profond que le processus politique est en train d'échapper au citoyen et tombe maintenant dans la coupe des gros intérêts financiers. Deux candidats de qualité, McCain et Bradley, on tenté de faire passer ce message mais n'ont pas obtenu le soutien nécéssaire de leurs partis respectifs qui ont préfèré les valeurs "sures" que représentaient Bush et Gore. Ces derniers semblent d'avantage satisfait par l'état actuel des choses et soutiennent implicitement le système de financement des partis tel qu’il existe aujourd’hui aujourd'hui. Avec une climat économique excellent, les Américains sont peut portés à une remise en question du système politique. La majorité des citoyens estime que la politique est profondément corrompue mais il n'existe aucune volonté d'aller au combat et de réformer le système. A moins qu'un idéologue puissant reprenne la cause indépendante et présente une forte candidature, notre élection de Novembre prochain donnera lieu à un match très serré entre Bush et Gore. Si ce candidat indépendant se manifeste, il est probable que Gore sorte vainqueur comme l'a fait Clinton lors des deux dernières élections lorsque les éléments centristes et modèrés du Parti Républicain ont étés siphonnés par le candidat indépendant et ont ainsi exprimé que notre système à deux partis et n’est désormais plus la panacée!

Le Festival du Film de Sundance à Park City

Il y a quelque temps, je promettais une revue des films primés lors du dernier festival de Sundance qui s'est conclut fin Janvier. Les films vainqueurs furent "Combat de Filles" et "Comptes sur moi". Le premier raconte l'histoire d'une adolescente qui se rachète d’une vie problèmatique grâce à la boxe. Cet ouvrage met en scène des artistes inconnus alors que "Comptes sur moi" est interpreté par des vedettes assez célèbres comme Laura Linney et Mark Ruffalo. Ce film raconte l'histoire d'une femme aux moeurs assez strictes et dont la vie ennuyeuse dans une petite ville se trouve confrontée par les idées non-conformistes de son frère. Dans la catégorie des documentaires, le jury attribua son grand prix à "Un long voyage nocturne dans le Jour" couvrant la fameuse Commission de Vérité et de Réconciliation en Afrique du Sud et de son travail de recherche pour d'Amnistie Internationale. Il traite des crimes commis de tous cotés à la fois en vue de maintenir et de démanteler la politique d'apartheid. Un autre documentaire qui obtint le prix de réalisation fut "Paragraphe 175" racontant l'histoire des quelques homosexuels qui ont réussit à survivre l'holocoste Nazi. Le prix de l'Audience, votée par les spectateurs, revint à "Une maison pour deux familles" qui relate, dans les années cinquantes, l'histoire d'une famille Italo-Américaine et d’une jeune Irlandaise enceinte qui vit dans la chambre de bonne. Dans la série documentaires, l'Audience votait pour "Jours Sombres" qui retrace la vie des SDF dans les sous-sols de Penn Station, une grande gare ferroviaire de New York. Toujours dans la catégorie documentaire, un autre prix était attribuée à "Americano! La vie des Latinos aux Etats-Unis" couvrant les problèmes rencontrées par la population d'Amérique Latine aux Etats-Unis. Miyuki, Charlotte et Evelyne ont eu l’occasion d’assister à quelques projections lors de ce festival mais nous évitons généralement cette manifestation car il faut faire de longues queues, se battre pour garer son véhicule et nous préférons voir ces films calmement le reste de l’année avec d’autres productions primées àCannes ou encore à Venise. Celles-ci sont projetées dans un cinema d'art et d'essai à Park City. Nous adorons ces films dits "indépendants" et les préférons aux productions Holywoodiennes.

Début d'Année Mouvementé

L’an Deux Mille a commencé sur les chapeaux des roues! Depuis le jour du nouveau millénaire, chacun a été extrêmement occupé et, à sa manière, a vécu des d'expériences nouvelles et fort intéressantes. D'abord, Charlotte nous a quitté pendant trois semaines pour effectuer un stage à Roenoke en Virginie qui s'est conclut le 10 Mars. Tout s'est très bien passé et son expérience a été des plus positives. Thomas pour sa part a été très absorbé par ses demandes d'entrée en vue de préparer sa maîtrise d'histoire l'an prochain. Il sait déjà avec certitude que sur les cinqs écoles dans lesquelles il a fait une demande, il sera accepté à l'Université de l'Utah, qui se trouve à Salt Lake City, à une cinquantaine de kilomètres de la maison. Ceci est un très bon signe car seulement dix pourcent des étudiants qui ont formulé une demande pour ce programme ont été acceptés. Pendant que Charlotte et Thomas travaillaient, Miyuki bénéficiait d'un répit et s'octroyait une semaine supplémentaire de vacances pour se retrouver à Yuma au fin fond de l'Arizona, juste à la frontière Mexicaine, sous un soleil d’été et à l’ombre des cactus géants. Evelyne pour sa part a été débordée dans son travail et quand à moi la saison des voyages a maintenant commencée avec de nombreux déplacements aux quatres coins des Etats-Unis.

dimanche, janvier 23, 2000

Plaisirs de lecture

Dans ce monde dans lequel nous vivons il n’est pas de bien plus précieux que le temps. Le temps de souffler, le temps de se détendre et le temps de lire. S'il est facile de feuilleter un magazine ou de survoler le journal, il est beaucoup plus difficile de se plonger dans un livre et de le lire jusqu'au bout. Entre travail, trajets, réunions et cette sacro-sainte télévision, notre temps libre est tellement sollicité qu'il ne nous reste plus un minute. Nous sommes constamment en train de courir et finissons par ne rien accomplir. Il y a plusieurs années, alors que Thomas et Charlotte étaient encore tous deux à la maison, nous avions institué une heure consacrée à la lecture en commun. Juste après le dîner, chacun se retrouvait autour du feu et prenait son livre pendant une heure. Lorsque Thomas nous a quitté pour l'université, cette pratique est malheureusement tombée et la routine reprennait le dessus. En Décembre dernier, sur l'initiative de Charlotte, nous avons ressuscité cette merveilleuse habitude et presque tous les soirs nous lisons, ensemble, pendant une heure. Cette pratique est devenue en quelque sorte la "bonne résolution" prise en commun pour l'an 2000. Il est extraordinaire de constater que cette lecture communautaire apporte beaucoup de détente et crée une atmosphère dans laquelle il devient très facile de se concentrer et d'apprécier un bon livre. La chaleur d'un bon feu de bois et l'âge aidant il m'est également arrivé plusieurs fois de me laisser un peu trop bercer par la littérature et de m'assoupir sur le divan...

Poubelles futuristes

Rien n'est plus traumatisant que le changement. C'est cependant un art qu'il nous faudra maîtriser de plus en plus alors que nous entrons dans un nouveau millénaire qui nous apportera un flot incessant de changements d'ordre technologiques, professionnels et sociaux. Nous parlons ici de tous ces grands changements fondamentaux et non de ces petites bifurcations quotidiennes qui ne manquent jamais d' être irritantes. C'est justement de l'une d'entre elles dont nous voulons vous parler aujourd'hui. Depuis que nous avons vécu aux États-Unis, nous n'avions jamais eu de problèmes avec l' enlèvement de nos ordures ménagères. Nous nous équipions d'une paire de poubelles, et une fois par semaine les sortions du garage afin que les éboueurs puissent les enlever. Nous sommes du reste certain que le rituel entourant nos déchets ménagers aurait été à peu près le même si nous avions habité Annecy ou Zurich... La seule différence dans cette routine hebdomadaire est que, nous Américains, sortons du lot par notre énorme gaspillage et notre faible taux de recyclage. Il n'est en effet pas rare pour un seul foyer de voir un alignement de 3 ou 4 poubelles et plusieurs cartons le jour où les éboueurs font leur tournées. En fait, comme le ramassage s'effectue assez tôt le matin, nombreux sont les habitants qui sortent leurs poubelles la veille et s'étonnent de constater que leur contenu a été étalé dans la rue par des chiens curieux, musclés et gourmants... On pourra toujours argumenter que l'aspect "poubelle" de notre vie restait un domaine où il
était encore possible d'exercer un certain contrôle sur ce que l'on pouvait faire et d'apprécier un grand sens de liberté qui est l'essence même du rêve Américain. Vous devez également savoir que notre Comté (l’équivalant du canton ou départment Français) est l'entité gouvernementale chargée du ramassage des ordures. Cette fonction est sousmissionnée auprès d'une entreprise privée. Durant les quinze ans pendant lesquelles nous avons habité Park City, cette fonction publique s'était déroulée parfaitement et sans le moindre incident. Vers la fin de 1999, le Comté prenait une décision fatidique en choisissant un nouveau prestataire de service pour le ramassage des ordures ménagères. Ce changement passait largement inaperçu jusqu'au 20 Décembre, jour où chaque maison se voyait attribuer une poubelle géante pouvant contenir plus de 300 litres d'ordure ménagères! Ce conteneur gargantuesque équipé de roues (nous ne pouvons pas appeler cela "roulettes") était du reste accompagné d'une notice d'emploi très détaillée incluant toute une liste d'interdits tels que d'y déposer des animaux morts (vaches, cochons, couvée) des véhicules (Mobylettes) ou encore de larges sommes d'argent. Entre autre, il était impératif que le couvercle soit parfaitement fermé au moment du ramassage et que le récipient soit orienté de manière très précise (Feng Shui). Pour couronner le tout, il était souligné que chaque ménage était responsable de cette énorme récipient et qu'au besoin, il était possible d'acheter des poubelles supplémentaires pour la modique somme de 500 F l’unité. L'idée derrière cette "innovation" est la mécanisation totale du processus. Imaginez la scène: Le camion de ramassage arrive piloté par son chauffeur. Il n'y a plus d'éboueurs; Le chauffeur actionne une pince qui saisit la poubelle, la soulève et verse son contenu dans la benne et le tour est joué! Bien que ce système très efficace ait été utilise à Salt Lake City depuis de nombreuses années, l'idée n'a pas été acceptée à Park City qui est pourtant une petite ville à la pointe du progrès. Cette initiative, perçue comme une véritable atteinte à nos droits de citoyens libres, a provoqué un tollé général et une levée de bouclier dans notre communauté de montagne. Nos concitoyens sont prêts à toutes sortes de sacrifices. Ils sont d’accord pour être lourdement imposés afin de s'offrir un excellent système scolaire ou de pallier à un futur déficit Olympique. Toucher aux poubelles de nos habitant et modifier la façon dont ils gèrent cet aspect intime de leur vie est perçu comme une violation! Les vieux quartiers de Park City avec leurs rues étroites, souvent très encombrées en hiver, et leurs petites maisons munies de garages incapables d'abriter cette poubelle monstrueuse ont réclamé des exemptions en argumentant que ce système inhumain ne pouvait s’intégrer à un quartier si charmant. De plus, l’introduction du nouveau système a été particulièrement houleuse; les horaires étaient bouleversés, les camions ne savaient où aller et le nouveau prestataire devait ré-apprendre tout et repartir à zéro. Un mois après, il ne se passe pas un jour sans que notre journal ou notre radio locale ne rapportent une incident associé à ce nouveau système de ramassage. En un mot, ce changement est devenu si impopulaire qu'il est fort probable que de nombreuses têtes politiques vont tomber aux prochaines élections du Comté. Comme on dit en Amérique: "Si le système n'est pas cassé, à quoi bon le changer?"

lundi, décembre 20, 1999

Miyuki Skie...

Notre Miyuki a commencé à skier avec son école au Japon, dans la région de Nagano. En tout, elle avait peut être chaussé les planches une dizaine de fois avant de poser pied sur les pentes de Park City... A deux reprises, je suis déjà allé avec elle pour vérifier son niveau technique, et je dois dire que celle-ci a un excellent équilibre. Avec une pratique régulière au cours de cet hiver elle devrait passer partout, comme si elle était née en station... Déjà, elle prend les remontées qui atteignent le sommet des pistes de Park City et n'a aucun problème quand il s’agit de skier seule. Avec un peu de chance et de perséverence, elle devrait pouvoir commencer à me donner du fil à retordre d'ici au mois Avril!

Samaranch sur la Sellette

Le 15 Décembre, Juan Antonio s'est vu convoqué par une commission du Congrès Américain qui tenait à le questionner sur les réformes du CIO... Le pauvre marquis a du passer une assez mauvaise journée à Washington. Il n'a pas eu droit aux égards qu'on lui porte habituellement. Personne ne l'a appellé "Excellence" et Joe Barton, un Représentant du Texas, lui a même demandé de bien vouloir démissionner. D'autres, comme Fred Upton ont dit qu'ils étaient présent parce que les Jeux Olympiques étaient trop importants pour qu'ils soient souillés par une culture de corruption et d'excuses soutenue par des réformes symboliques. Diane DeGette, du Colorado montait à l'attaque en déclarant que ces réformes étaient superficielles et ne parviendraient pas à éliminer l'atmosphère aristocratique et élitiste qui s'est développée au sein du CIO. Les 50 points de réforme annoncés n'ont ni impressionnés ni convaincus les membres de la commission qui vont maintenant suivre avec scepticisme leur application. D'une manière générale, les membres du congrès présents ne croient guère aux explications stériles du vieil homme. Seul d’anciens politiciens roués comme Howard Baker et Henry Kissinger se sont portés garants de l'ancien fascite et de son programme...

Pauvre Mine

Ceux qui nous lisent régulièrement savent que l'histoire de Park City est liée à l'exploitation d'un nombre impressionnant de mines d'argent. Cette aventure à commencé il y a un peu plus de 100 ans lorsque l'armée fédérale qui avait été appelée pour surveiller les Mormons passait son temps libre à prospecter les ressources minérales situées aux alentours de Salt Lake City. Très vite, d'importants gisements de minerai d'argent furent découverts et créaient ainsi au début du siècle plus de 22 millionnaires en dollars de l'époque! A l'apogée de cette ruée vers l’argent, la population locale se gonflait à près de 10.000 habitants, une liaison régulière avec Salt Lake s’établissait, d'abord par dilligence, puis par train, les bar mal famés et tout un quartier de maisons closes arrivaient et donnaient à notre ville son caractère pittoresque! Lorsque vers les années 60 l'exploitation des mines cessait, près de 2.000 kilomètres de galeries parcouraient le sous-sol de nos montagnes! Lorsque le coût d'exploitation du minerai devint trop élevée par rapport au cours du métal, la compagnie des mines obtenait des subventions gouvernementales pour convertir les montagnes de Park City en station de ski. Depuis ce temps, la mine principale continuait d'entretenir son infrastructure dans la perspective d'une reprise de l'exploitation si le prix de l'argent devait soudainement se raffermir. Au début des années 90, la compagnie minière décidait de reconvertir toute son infrastructure en un espèce de parc à attraction à l'intention des touristes qui visitent notre ville. Plusieurs millions d'Euros étaient ainsi investis pour permettre aux visiteurs équipés de cirés jaunes de plonger à quelques 450 mètres au fond d'un puit, avant de sauter dans un train qui les emmèneraient a travers un réseau de tunnels souterrains! Là il découvriraient d'énormes salles taillées dans le roc, remplies d'équipement minier ou servant d'écuries pour les chevaux utilisés pour tirer les wagonnets. Les guides leur racontait alors les histoires des fortunes qui s'étaient ainsi crées, les tragédies qui s'étaient produites, les personnages légendaires qui habitaient ces mines y compris tous les fantômes qui avaient et continuaient de hanter les lieux... En surface, un musée était agencé, ainsi qu'un restaurant et magasin de souvenirs complétaient l'attraction touristique. Pendant la période d'Halloween à la fin Octobre, la mine devenait un parc d'attraction hanté pour amateurs d'émotions fortes. Alors qu’en été le nombre de visiteurs était respectable, la compagnie minière comptait attirer de très nombreux hivernants dans les entrailles de ses montagnes. En dépit d'efforts promotionnels importants, il s'avérait quasiment impossible d'attirer skieurs et surfeurs en nombres capables de rentabiliser l'énorme investissement réalisé. Cet automne, la compagnie des mines jetait l'éponge et décidait de fermer la mine pour de bon. Tout ceci est bien dommage, mais la raison économique prenait le pas sur l'intérêt historique de notre mine d’argent...

Une Réponse Très Attendue

Le 1er Novembre dernier, Charlotte faisait une demande d'entrée anticipée à l'université de Princeton, dans le New Jersey. Cet établissement est répartit sur une propriété de 200 hectares dans la petite ville de Princeton qui comprend 30.000 habitants et se situe à une heure de train au sud de New York et à une heure de train au nord de Philadelphie. Le programme universitaire préparant à une licence est de quatre ans et le campus compte environ 4.600 étudiants préparant leur licence; chaque classe comprend d'environ 1.150 élèves. Contrairement aux autres universités, seulement 1.750 étudiants préparent leur maîtrise ou leur doctorat à Princeton; cela veut dire que toute l'attention des meilleurs professeurs - et non de leurs assistants - est portée sur les futurs licenciés. Le nombre de professeurs à temps plein est de 700, ce qui signifie qu'il y a un professeur pour seulement sept étudiants. De plus, 300 professeurs travaillant à temps partiel ou employés en tant que stagiaires prêtent main forte au corps enseignant attitré à l’établissement. Parmi les professeurs enseignant aujourd’hui, se trouvent cinq prix Nobel de physique, et un prix de Nobel de littérature, d’économie, de science et de médecine. Le célèbre Albert Einstein a terminé sa carrière en tant que professeur à Princeton. Il n’est pas facile d’être admis dans cette université qui est considérée parmi les trois meilleures des Etats-Unis. Le taux d'admission y est très faible: Chaque année près de 15.000 jeunes remplissent une demande d'entrée mais seulement 1.700 sont retenus. Dès le départ, Charlotte savait que ses chances étaient très limitées. Bien qu'ayant préparé un dossier complet et fort impressionnant, il n'y avait aucune certitude qu’elle soit acceptée. La réponse devait normalement lui parvenir le 15 Décembre, mais le courrier étant toujours plus lent à cette époque de l'année, la lettre tant attendue ne fit son apparition dans notre boîte aux lettres que le 18! Quand Charlotte ouvrit l'enveloppe et pris connaissance de son contenu, elle poussa un hurlement de joie; elle était acceptée!

vendredi, novembre 26, 1999

Mort Tragique du Père Noël

Merci à Benoît Lanvers qui d'Ecosse nous a finalement envoyé une théorie plausible sur la disparition du Père Noël. Je tenais à partager avec vous ce "tuyau" en cette saison des fêtes. Selon Benoît, sur les quelques deux milliards d'enfants que compte la Terre, notre Père Noël ne visite pas les petits Musulmans, Hindous, Juifs ou Bouddhistes, ce qui réduit sa charge de travail pour la nuit de Noël à 15% du total, soit 378 millions de petit Chrétiens. Avec une moyenne de 3,5 enfants par foyer, cela représente 108 millions de maisons, en présumant que chacune d’elle abrite au moins un enfant sage. Grâce aux décalage horaire et à la rotation de la Terre, le Père Noël dispose d'environ 31 heures pour effectuer sa tournée dans la nuit de Noël, dans l'hypothèse fort logique qu'il se déplace d'Est en Ouest. Ceci revient à 968 visites par seconde et donne donc au Père Noël quelque chose comme un millième de seconde pour arrêter son traîneau, dégringoler dans la cheminée, remplir les chaussettes, déposer le reste des cadeaux au pied du sapin, déguster les quelques friandises laissées à son intention, regrimper dans la cheminée, sauter dans le traîneau et passer a la maison suivante. En supposant que ces 108 millions d'arrêts sont distribués uniformément sur la surface de la Terre, nous devrons compter sur environ 1,4 kilomètres entre deux arrêts, soit un voyage total de plus de 150 millions de kilomètres, sans compter les ravitaillements ou arrêts-pipi. Le traîneau du Père Noël se déplace donc a 1.170 kilomètres par seconde ou 3.000 fois la vitesse du son. A titre de comparaison, le véhicule le plus rapide a ce jour est la sonde spatiale Ulysse qui se “traîne” à 49 kilomètres par seconde... Considérez également qu'un renne de Laponie ne peut courir à plus 27 kilomètres a l'heure! La charge utile du traîneau constitue également un élément critique. Même si chaque enfant ne reçoit rien de plus qu'une boite de Lego pesant en moyenne un kilo, le chargement du traîneau se monte à plus de 500.000 tonnes, sans compter le poids du Père Noël qui n'est pas particulièrement svelte. En Laponie ou à Avoriaz, un renne peut tirer à peu près 150 kilos. Si les "rennes volant" du Père Noël sont dix fois plus performant, le travail du Père Noël ne pourrait jamais s'accomplir avec 8 ou 9 bestiaux; il lui faut un troupeau de 360.000 animaux pour tirer le chargement. Cela alourdit la charge utile, sans compter le poids du traîneau, de 54.000 tonnes supplémentaires, nous conduisant à quelques 600.000 tonnes voyageant à près de 1.170 kilomètres par seconde. Ceci ne manquera pas de créer une énorme résistance à l'air et un échauffement important des rennes, au même titre que la navette spatiale à son retour dans l' atmosphère terrestre. Les deux rennes en tête de convoi absorberaient chacun une énergie calorifique de 14.300 millions de joules par seconde. En bref, ces premiers cervidés prendraient feu quasi instantanément, exposant dangereusement les deux animaux suivants. La meute entière de rennes serait complètement consumée en 4 millièmes de seconde, soit juste le temps pour le Père Noël d'atteindre la cinquième maison de sa tournée. Pas de quoi s'en faire de toute façon, puisque le Père Noël, en passant de manière fulgurante de zéro a 1170 km par seconde en un millième de seconde, serait sujet à une accélération atteignant 17.500 G's. Un Père Noël de 125 kilos (dans sa version anorexique) se retrouverait plaqué au fond du traîneau par une force de 2.157.508 kilos, écrasant instantanément ses os et ses organes et le réduisant a un petit tas de chair rose sans vie. Voila pourquoi, si le Père Noël a existé, il est mort maintenant.

Un “Meuriant” à Park City

A l'exception de Jeanne, ma propre mère, nous n'avions jamais eu la visite d'un habitant de mon village natal de Montriond, Haute-Savoie. Ce record a finalement tombé lorqu'Etienne Muffat, le propriétaire de l'hôtel du Mont-Rond, débarquait à Park City, en compagnie de son ami Mike qui habite à Las Vegas, la Citée de Lumière Américaine et qui avait fait les quelques six heures de route qui nous séparent de cette métropole un peu folle. Leur séjour à Park City fut assez court mais j'avais néanmoins l'occasion de leur montrer les éléments les plus importants et plus frappants de notre communauté. Etienne semble avoir aimé, mais d' après ce qu'il nous a exprimé, il est encore un peu trop tôt pour qu’il quitte son petit coin des Alpes et vienne s'installer chez nous pour de bon.

Canons à neige et températures clémentes

Au cours des quinze dernières années, nos stations locales ont investit une véritable fortune afin de construire une infrastructure permettant l'enneigement artificiel de la plus grande parties des pistes. En dépit de tout cet équipement ultra perfectionné, et pour la première en 14 ans, les coupes du monde hommes et dames prévues ces 18 au 21 Novembre dernier devaient être annulées. Ce qui faisait défaut était bien sur le froid nécessaire à transformer le mélange eau et air comprimé en neige... Depuis que nous habitons à Park City, nous n'avons jamais vu un automne aussi doux. Un peu neige devait finalement arriver aux alentours du 20 Novembre, mais jusque là les températures nocturnes ne descendaient guère en dessous de zéro degrés centigrades et la journée il n’était pas rare que le mercure affiche entre 20 et 25 degrés. Selon les experts, le rendement des canons à neige modernes s'est multiplié par dix ces cinq dernières années, mais il semble que leur performance ne puisse vraiment atteindre un maximum d'efficacité que lorsque les températures sont vraiment très basses. Un ou deux degrés en dessous de zéro ne pourrons jamais produire une forte accumulation de neige. Tout cela pour dire que sans froid, les canons à neige les plus perfectionnés n'ont plus qu'à se taire...

mardi, octobre 26, 1999

Le "Bug" de l'an 2000!

Dans moins de trois mois, nous passerons à l'an 2000. En dehors du chiffre bien rond de cette date, rien ne devrai changer. Rien, sauf si nos d'ordinateurs décident de confondre "1900" avec "2000" et partent à la dérive. Il ne se passe pas un jour sans qu'un spécialiste de la question fasse des prédictions qui vont des avions qui tombent du ciel aux silos nucléaires qui se mettent à lâcher leurs missiles au hasard... S'il est vrai que la situation dans certains pays de l'ancienne Union Soviétique soit inquiétante compte tenu de leur situation économique, tout devrait aller bien dans le reste du monde industrialisé où l’on a fait une montagne d'un problème assez limité. Quoi qu'il en soit, l'an 2000 devrait être l'occasion pour l'humanité de fêter le passage à la série "2000". Techniquement, le siècle prochain ne commence qu'au premier Janvier 2001, mais l'opinion publique s'accorde à penser que dans moins de deux mois nous entrerons dans un nouveau millénaire... Spectacles sons et lumières et autres festivités ont étés prévus pour ponctuer une transition qui ne s'est produite qu'une seule fois pendant l'ère chrétienne. Il y a plus d'un an, l'industrie du tourisme prévoyait une très forte activité pendant la semaine entourant l'an 2000. Les tarifs d'hébergement pour ces jours grimpèrent alors dans la stratosphère, tout le monde se frottant les mains à la perspective de cette manne imprévue. Nous ne soupçonnions pas un phénomène qui allait se développer au cours de cet été: Informaticiens, employés des services généraux, chargés de communications, personnels des hôpitaux ou veilleurs de nuit, allaient en effet se trouver "collés" à cause du fameux "bug" de l'an 2000. En effet, tous ces gens seront appelés à être sur le pied de guerre la nuit de la St. Sylvestre pour parer à toute éventualité. Pour un grand nombre d'entre eux, il ne s'agira que de rester disponible près d'un téléphone ou tout près de leur lieu de travail. Les informaticiens ne seront pas seuls concernés. Un grand nombre de responsables ou cadres seront aussi “de garde”… Cette défection insoupçonnée il a quelque mois aura un grand impact sur le nombre d'hivernants qui visiteront Park City pour les fêtes de fin d'année. Nous prévoyons une baisse d'environ 30% par rapport aux années précédentes. Pour aggraver la situation, les compagnies aériennes semblent avoir bloqué de nombreux sièges tôt dans l'année en tablant sur une très forte demande qu’elles pourraient satisfaire à prix d’or. Ces sièges sont aujourd’hui en voie d'être libèrés, mais il est à craindre qu’il soit un peu trop tard…

Qu'est ce qu'un "très bon ami"?

Un soir, alors que j'étais à Salt Lake City, Evelyne recevais un appel d'un Français lui disant que son père était un de mes "très bons amis". Sans hésiter, Evelyne prenait sa voiture et allait récupérer cet homme et sa compagne. Bien que le nom de son père lui fut totalement inconnu, Evelyne pensa qu'il s'agissait d'une personne qu'elle n'avait jamais rencontré ou dont je ne lui ai jamais parlé. Comme l'heure du dîner était déjà passée, Evelyne entreprit de préparer une collation pour ces visiteurs qui lui racontèrent qu'ils avaient commencé leur périple à San Francisco et qu'ils aimeraient bien rester à Park City afin d'y trouver du travail, lui en qualité de cuisinier et elle, serveuse. En rentrant à la maison vers 21 heures, je rencontrais donc ces hôtes et m'empressait d'apprendre qui était cet ami d'antan. Après nous être présentés mutuellement, le nom qui m'était donné ne me rappelait strictement rien. Comme je ne suis plus tout jeune et que ma mémoire n'est pas toujours ce qu'elle était, je cherchais fébrilement qui pouvait être ce "très bon ami". Comme nos invités se disaient être de Samoëns, je pensais immédiatement à Gay, Guibelin et Bétend qui étaient avec moi au lycée de Cluses, mais malgré mes efforts, personne d'autre ne me vint à l'esprit. Notre visiteur ne connaissait du reste ni Gay, Guibelin, ou Bétend, ce qui me paru bizarre de la part d'un habitant d'une si petite commune... Voulant en avoir le coeur net, je téléphonais le lendemain a son père, ce "très bon ami". Après lui avoir expliqué la situation, celui-ci se ressaisissait très vite en m' expliquant qu'il m'avait téléphoné il y a dix ans pour me demander d'aider son fils qui faisait alors du ski de compétition. Je ne m'en souviens absolument plus mais que voulez vous, ce père imaginatif avait ainsi prit sur lui de devenir mon "très bon ami"...