mercredi, mars 04, 2026

Réflexions olympique… (Troisième partie)

Si l’on examine les Jeux olympiques d’hiver les plus récents, de 1992 à nos jours, on constate des aventures très diverses et, du meilleur au pire, on peut être surpris, mais pas choqué. De manière générale, la transparence totale n’est pas la norme dans ce milieu et cela reflète peut-être la culture du secret qui règne au sein du CIO.

Parmi les sites olympiques d’hiver les plus exemplaires et responsables, un trio sort du lot : Vancouver 2010, PyeongChang (Corée du Sud) 2018 et Pékin 2022. Ces trois villes, à l’instar des plus performantes, se démarquent par leur comportement et leurs résultats. PyeongChang est sans doute le meilleure exemple et l’un des rares Jeux d’hiver à avoir dégagé un excédent financier confirmé, étayé par des chiffres parfaitement clairs. 

Le tableau devient encore plus intéressant lorsqu’on compare le budget de fonctionnement, les dépenses d’infrastructure et les retombées économiques. Sur le plan opérationnel, les Jeux ont généré un excédent confirmé de 55 millions de dollars, pour des recettes de 2,245 milliards de dollars et des dépenses de 2,190 milliards de dollars. 

Si l'on en croit les Chinois, les Jeux olympiques de Pékin 2022 présentent l'un des profils financiers les plus clairs et les plus inhabituels de ces manifestations sportives. Le comité d'organisation a dégagé un nouvel excédent, alors que le coût total des Jeux a largement dépassé les prévisions initiales. Les sources disponibles fournissent des chiffres solides, avec un excédent de 52 millions de dollars sur des recettes de 2,3 milliards. Le CIO a également annoncé qu'il verserait 10,4 millions de dollars de sa part de cet excédent au Comité olympique chinois. 

Vancouver, elle aussi, a affiché un bilan financier impeccable et documenté, offrant une image sans controverse. Les Jeux furent généralement considérés comme bien gérés financièrement, même si le constat varie selon que l'on considère les coûts opérationnels ou les dépenses d'infrastructure. Si le budget de fonctionnement a été équilibré, le budget d'infrastructure – qui comprenait les sites, les routes, les transports en commun et les améliorations urbaines – constitue un cas à part. 

Deux chiffres majeurs se distinguent : 603 millions de dollars pour le développement des sites, un montant conforme au budget, mais 554,3 millions de dollars dépensés par la seule Ville de Vancouver pour les infrastructures et les opérations liées aux Jeux. Mais comme pour la plupart des Jeux olympiques, les coûts d'infrastructure ont été pris en charge par le secteur public et ne sont donc pas inclus dans le calcul du seuil de rentabilité. 

Demain, nous nous pencherons sur les autres Jeux, notamment sur un aperçu de Milan 2026.

mardi, mars 03, 2026

Réflexions olympiques… (Deuxième partie)

 Aujourd'hui, nous allons examiner les résultats financiers des Jeux olympiques (principalement d'été). Nous commencerons par les Jeux olympiques de Los Angeles en 1984, un exemple de réussite frappant. Organisés sans fonds publics, ils allaient dégager un excédent de plus de 200 millions de dollars. Sans surprise, ils sont devenus le modèle d'organisation de Jeux à budget serré et financés par le secteur privé. 

Bien évidemment, cet exemple n'a pas été trop bien suivi. D'autres Jeux ont parfois atteint l'équilibre budgétaire ou s'en sont approchés, mais 1984 reste les seuls J.O. incontestablement rentables. Il y a donc eu de nombreux échecs. La plupart des Jeux depuis les années 1960 ont accusé des déficits considérables. Voici quelques exemples notoires, à commencer par Montréal 1976, dont le budget avait tellement explosé que la ville a mis 30 ans à rembourser sa dette. 

Cela aurait dû servir d'avertissement aux futurs hôtes, mais Athènes est également tombée dans le même piège, avec des dépassements de budget de plusieurs milliards et de nombreux sites abandonnés par la suite. Dans le cas de la Grèce, ces dépassements de coûts ont été le coup de grâce, aggravant les difficultés financières du pays. 

Au Brésil, les Jeux de Rio 2016 ont également connu d'importants dépassements de coûts, de nombreux sites étant tombés en désuétude quelques mois après la fin des Jeux et les retombées économiques à long terme ne s’étant pas concrétisées. Même les Jeux japonais de Tokyo 2020 (organisés en 2021), pourtant préparés avec soin, ont vu leurs coûts exploser en raison des retards liés à la COVID-19, sans parler de l'annulation des retombées touristiques attendues suite à l'interdiction d'accès au public. 

Concernant Paris 2024, les résultats sont encore en cours d'évaluation, mais les premières analyses montrent que l'organisation des Jeux a été « loin d'être bon marché », avec des coûts avoisinant les 8,7 milliards de dollars. Ce bilan plutôt négatif explique pourquoi de moins en moins de villes souhaitent se porter candidates pour les Jeux olympiques. 

Les dépassements de coûts massifs en sont la principale raison, les Jeux olympiques dépassant systématiquement leurs budgets de manière significative. Par conséquent, les villes savent qu'elles prennent un risque financier considérable avec peu de chances de profit. Il y a ensuite la dette à long terme et les coûts d'entretien des infrastructures. Après les Jeux, les villes doivent entretenir les stades, les arènes, les réseaux de transport, les villages des athlètes et les infrastructures spéciales comme les pistes de bobsleigh, qui deviennent souvent des gouffres financiers. 

On observe également une résistance publique croissante, les habitants votant de plus en plus contre l'organisation des Jeux lors des référendums, car ils ne souhaitent pas de hausse d'impôts, de déplacements de population, de perturbations liées aux travaux et d'endettement à long terme. La population du Colorado, qui avait rejeté en masse les Jeux olympiques d'hiver de 1976 à Denver, en est un bon exemple. 

Enfin, le CIO s'est forgé une très mauvaise réputation en raison de ses exigences élevées concernant de nouveaux sites coûteux, du respect onéreux des nouvelles spécifications, de règles strictes en matière de marque, d’une sécurité omniprésente, de sa faible contribution financière et sa fâcheuse habitude de s'accaparer la majeure partie des recettes. Nous allons maintenant nous intéresser à certains des sites olympiques d'hiver les plus réussis de l'histoire récente et analyser leurs performances respectives...

lundi, mars 02, 2026

Réflexions olympiques… (Première partie)

Maintenant que les Jeux olympiques d'hiver sont terminés, l'heure est à l'introspection. Comme je l'ai souvent mentionné sur ce blog, les Jeux olympiques sont devenus une enorme machine à faire de l’argent, mais pas forcément pour tout le monde. 

Comme nous le soupçonnons tous, le Comité international olympique (CIO) et les principaux sponsors en sont les plus gros bénéficiaires, le CIO générant des milliards grâce à la diffusion (61 %) et au marketing (30 %). À l'inverse, les villes hôtes et les contribuables nationaux supportent la majeure partie du fardeau financier, devant souvent couvrir des coûts de construction, de sécurité et d'exploitation colossaux, fréquemment hors budget. 

C'est un divertissement onéreux, et même si vous ne le regardez pas, vous serez là pour payer ! Pourtant, cette fête du sport est, comme toujours, pilotée par nos chers politiciens. Les villes, ou désormais les régions, continuent de postuler malgré ces risques financiers considérables pour des raisons assez simples. C'est un jeu politique facile, qui apporte du prestige et est perçu comme un symbole de réussite internationale. 

De plus, les promoteurs immobiliers locaux font pression car ils en tirent profit quel que soit le résultat. Il est facile d'élaborer des projections économiques optimistes et des coûts abordables, bien avant l'événement. Les comités d'organisation et de candidature n'hésitent jamais à exagérer pour convaincre le public. 

À titre d'exemple, tous les Jeux olympiques depuis 1960 ont dépassé leur budget (à l'exception de Los Angeles en 1984), avec un dépassement moyen de 172 %. Montréal a mis 30 ans à rembourser sa dette olympique, tandis que Rio et Athènes se sont retrouvées avec des sites abandonnés et des difficultés économiques persistantes.

Ne parlons des tremplins de Prelegato pour Turin 2006, devenus de véritables gouffres financiers, et de la reconstruction de ceux-ci dans le Val di Fieme, encore plus éloignés par rapport à Milan. Enfin, il y a le discours sur « l'héritage », les villes et les sites hôtes se voyant promettre des bénéfices à long terme qui se concrétisent rarement. 

Dans un prochain épisode, nous analyserons plus en détail les montagnes russes financières des Jeux olympiques …

dimanche, mars 01, 2026

Gros avantage pour pas de vie après la mort

Y a-t-il des personnes décédées sur cette planète que vous ne pouviez absolument pas supporter ? Soit elles vous ont fait du mal, soit elles vous ont maltraité, soit elles ne supportaient tout simplement pas votre présence.

Je suis sûr que vous les trouveriez tous au paradis si vous cherchiez bien (l'enfer n'existe pas). Bien sûr, vous avez depuis longtemps pardonné tous ces tristes individus, mais vous êtes quand même heureux et soulagé de ne plus jamais voir leur frimousse. 

Imaginez maintenant qu'une vie après la mort soit possible et qu’à votre résurrection, tous ces imbéciles vous accueillent en ricanant. En seriez-vous ravi ? Croyez-vous qu’ils auraient fait amende honorable ? N’y comptez pas trop ! En bref, votre séjour au Paradis serait gâché et ruiné pour l’éternité par ces affreux jojos, pas vrai ? 

Alors, réjouissez-vous, comme je l’ai découvert, qu’il n’y a pas de vie après la mort !

samedi, février 28, 2026

Park City Mountain, le point à mi-saison

Notre charmante ville de Park City compte deux stations de ski concurrentes. Deer Valley (appelons-la DEAR Valley, car elle est très chère, voire hors de prix) et l'autre, que j'appellerais « Fail Valley » par souci de symétrie. En réalité, son nom est Park City Mountain (PCM), et c'est là que je skie le plus souvent. 

Le surnom « Fail Valley » que je lui ai donné repose sur trois raisons. Premièrement, la symétrie ; deuxièmement, comme je l'ai dit, « Fail » est la prononciation allemande de « Vail », nom de Vail Resorts (VR), sa société mère, et signifie « échouer » au sens de ne rien réussir, si ce n'est soutirer de l'argent aux clients et les décevoir en masse. 

Eh oui, PCM fait tout « pas assez et bien trop tard ». Ses efforts en matière d'enneigement artificiel sont « récalcitrants », car Vail Resorts est bien trop près de ses sous pour investir. Non seulement la station peine à entretenir ses remontées mécaniques, mais néglige également l'entretien de ses pistes, envahies par une végétation massive, et de pousses d’arbres et n'effectue pas l'élagage aussi régulièrement qu'il le faudrait par avarice.

 C'est catastrophique lorsque la neige est si mince, comme cette saison, car cette végétation devient alors très dangereuse. Ses remontées mécaniques sont pour la plupart anciennes et lentes (à pinces fixes) et seraient plus dignes d'un musée (le Kazakhstan et l'Ouzbékistan achètent des remontées mécaniques débrayables d'occasion aux Alpes pour équiper leurs pistes ; ils ne s'intéressent plus aux systèmes à pinces fixes !).

Cependant, il y a du bon par rapport au passé : le nouveau parking aux Canyons est spacieux et propre. Mais là encore, VR a dû acheter des nids-de-poule en gros pour les placer stratégiquement sur les voies d'accès et de sortie. Incroyable ! Impossible de rater ça. De plus, une fois à l'intérieur, il est assez difficile de trouver la sortie et une meilleure signalisation faciliterait grandement celle-ci en toute sécurité. 

Par ailleurs, les télésièges s'arrêtent sans cesse, ce qui annule l'avantage des chaises débrayables (je commence à comprendre l'obsession de VR pour les télésièges à pinces fixes – le jeu de mots est volontaire). Et tant qu'on parle de télésièges, la mise en place d’un télésièges à 8 place pour Silverlode est une autre mauvaise idée. 

Vu la façon de faire fonctionner ses remontées mécaniques, VR ne pourra pas contrôler huit skieurs qui partent et arrivent en même temps sans bloquer la marche de sa remontée ou embarquement et débarquement entraîneront encore plus d'arrêts qu'actuellement (effet domino amplifié). 

Mon idée d'une déviation reliant le pied de Silverlode à un départ abaissé de Motherlode, plus bas dans le vallon et atteignant Puma Ridge, serait bien meilleure. Enfin, j'espère que VR proposera l'année prochaine un forfait plus attractif pour les seniors. 

Sinon, je risque de quitter Fail Valley pour DEAR Valley ! 

vendredi, février 27, 2026

Mourir en faisant ce qu'on aime !

C’est une expression que j'ai souvent entendu à propos de skieurs décédant sur les pistes. Attention, je ne parle pas d'accidents tragiques du genre avalanches, collisions, dévissages sur pistes raides, etc., mais de « mort naturelle », le plus souvent due à un arrêt cardiaque sur la piste. Bien sûr, dire « Il est mort en faisant ce qu'il aimait » est en réalité une réaction défensive, pas une vérité littérale. 

Cela peut s’appliquer à la victime, si l'hypothèse est correcte (ce que nous ne vérifions généralement pas), mais c'est tragique pour le veuf ou la veuve et les proches qui doivent gérer la situation dans un moment imprévu et délicat. Quand quelqu'un s'effondre sur une piste de ski suite à une crise cardiaque, les personnes qui l’entourent cherchent instinctivement une explication pour atténuer le choc. 

Dire « il est mort en faisant ce qu’il aimait » permet de diminuer le caractère aléatoire de l’événement, de lui conférer une certaine dignité et de rassurer tout le monde en montrant que la personne n’a pas souffert dans un lit d’hôpital. Il y a aussi une dimension culturelle : le ski, l’escalade ou la voile sont des activités chargées de mythologie. 

Ceux qui les pratiquent en parlent souvent comme une aspiration, et non comme un simple loisir. Ainsi, lorsqu’une personne décède dans ce contexte, le récit s’écrit presque de lui-même. Ce n’est pas que le sentiment soit faux ; il est simplement incomplet. Je me souviens de deux personnes décédées de cette manière.

L'un était Max Marolt, représentant des fixations Look lorsque je suis arrivé en Amérique en 1977, une figure emblématique du ski et de la politique à Aspen, décédé à 67 ans d'une crise cardiaque alors qu'il skiait à Las Leñas en Argentine le 28 juillet 2003. L'autre était le champion et « testeur » des skis Rossignol, Adrien Duvillard, décédé à ski sur sa station natale de Megève, au Mont d'Arbois, le 14 février 2017 à l'âge de 82 ans. 

J'aimerais moi aussi mourir ainsi, mais je ne pense pas que ma femme serait ravie !

jeudi, février 26, 2026

La bizarrerie du ski … (Troisième partie)

Après avoir abordé de nombreux aspects du ski rarement évoqués, je propose d'essayer de comprendre pourquoi ce sport peut devenir dangereux avec l'âge. En fait, cela s'explique en grande partie par son apparente facilité et la sensation de liberté qu'il procure. Comme nous l’avons vu précédemment, le ski cache souvent notre véritable état physique et mental jusqu'au moment où nous en avons le plus besoin. 

Il y a cette « illusion du rechargement de batterie », le télésiège nous offre l'occasion de nous reposer et de nous ressourcer, sans que nous ressentions la fatigue progressive qui nous avertit qu’il est temps de s’arrêter. Nous pensons être en pleine forme, jusqu'à ce que ce ne soit plus le cas. Nous savons tous que notre temps de réaction diminue avec l'âge ; ainsi, même un infime retard dans la correction de notre équilibre, le contrôle de nos carres, le transfert de notre poids et nos réactions aux variations du terrain et aux conditions de neige peuvent transformer une petite erreur en chute grave.

Comme la plupart des seniors le savent bien, les chutes ne sont ni souhaitables ni bonnes à un âge avancé ! De plus, le ski exige des réactions instantanées, or l'âge les ralentit et le côté ludique du sport masque cette réalité. Enfin, notre force décline plus vite que notre confiance. Notre esprit se souvient de nos performances passées, mais notre corps n'est pas toujours capable de les reproduire, ce qui peut engendrer un décalage dangereux. 

L'adrénaline, combinée au froid, nous donne une fausse impression de performance. Nous nous sentons plus vifs, plus forts et plus confiants que nous ne le sommes réellement. À grande vitesse, les petites erreurs sont amplifiées et, à 50-65 km/h, une erreur de 1 % se transforme rapidement en un problème majeur. De plus, la vision et le sens du relief se dégradent subtilement avec l'âge, rendant une faible luminosité, des conditions neigeuses et une vitesse élevée beaucoup plus difficiles à bien appréhender. 

Enfin, la fatigue nous frappe d'un coup, car le ski la dissimule si bien que, lorsqu'elle se présente, elle arrive souvent plus vite que nous n'avons le temps de réagir. Nos jambes flanchent, notre équilibre est en désarroi, notre attention se relâche et nos réflexes disparaissent. C'est à ce moment-là que la plupart des accidents se produisent, lors de la dernière descente, pendant la dernière heure ou lors de cette maudite « dernière piste ». 

En conclusion, il est indéniable que le ski donne l'impression d'être un sport de jeunes, même à un âge avancé, car il est particulièrement bon à dissimuler les signes habituels de fatigue liés au vieillissement. Voilà le grand paradoxe, nous ne nous sentons jamais essoufflés, nos muscles ne brûlent pas, pas plus de transpiration que de douleur, nous ne voyons pas la fatigue arriver, nous nous sentons toujours dans la peau d’un skieur de 25 ans jusqu’à ce que notre corps nous rappelle qu’on est un peu plus vieux. 

C’est là le danger. Essayons tous de bien nous souvenir de ces dures réalités !

mercredi, février 25, 2026

La bizarrerie du ski… (Deuxième partie)

Comme promis, je vous propose d’explorer pourquoi le ski procure cette sensation à la fois si facile et si intense. Nous verrons ensuite comment il peut devenir dangereux, car il « masque » notre véritable condition physique et mentale, et peut avoir des conséquences dramatiques en termes d'accidents potentiels. 

Il est vrai que le ski est un sport bien particulier, car il crée une illusion parfaite de facilité, de fluidité et d'apesanteur, tout en exigeant d'énormes ressources matérielles, physiques et mentales, en proportions variables. Comme beaucoup l'ont déjà dit : « Quand on skie, c’est un peu comme si on volait, enfin libéré de la tyrannie de la gravité… » 

Ce décalage entre facilité et sensations fortes explique aussi pourquoi ce sport peut être sournoisement dangereux, surtout avec l'âge. Le ski peut parfaitement masquer notre véritable condition physique jusqu'au moment où nous en avons le plus besoin. Comment cela se produit-il et pourquoi l'« effet trompeur » du ski est-il si fort ?

 C'est clairement l'un des rares sports où la gravité joue un rôle crucial. En ski, on ne se propulse pas vraiment, on gère surtout son élan. Le télésiège fait le plus gros du travail : on ne grimpe pas au sommet, on ne « mérite » pas vraiment nos virages et notre descente (contrairement à la randonnée alpine), mais on repart rechargés à fond à chaque nouvelle piste ! 

Cela signifie beaucoup moins de fatigue physique, pas de signes avant-coureurs de problèmes cardiovasculaires, et une fatigue moins progressive, car les skieurs passent instantanément d’un état de repos à une performance athlétique à vitesse élevée. 

Au delà de la remontée mécanique, la propulsion est assurée par une combinaison de gravité et de travail musculaire, et cet équilibre hybride varie énormément selon l’expérience du skieur, les conditions météorologiques, son esprit de compétition, sa maîtrise de la neige et des facteurs externes comme l’état de la neige, la pente et la visibilité, car le corps doit travailler dur pour se stabiliser, absorber les chocs et réagir le plus vite possible. 

Les skieurs expérimentés et les skieurs plus âgés, comme moi, dépendent de plus en plus de la gravité à mesure que leur force brute diminue. Il y a néanmoins des formes d’effort plus subtiles. L’adrénaline, fruit de la vitesse et du risque, cache la faiblesse et renforce la confiance. Elle masque aussi la douleur et la fatigue en aiguisant temporairement la concentration ! Bien que le ski paraisse facile, il peut être très intense, même sans donner l'impression de « faire un effort » au sens traditionnel du terme. 

Il demande grande concentration et prise de décision rapide, car nous effectuons des micro-ajustements à chaque fraction de seconde. Cela peut être mentalement épuisant, sans que nous nous en rendions compte immédiatement. Le ski sollicite également les muscles de manière excentrique et constante : nos quadriceps, nos fessiers et nos muscles abdominaux absorbent la force au lieu de la produire. 

Ce travail paraît plus facile, mais fatigue les muscles plus rapidement et sans que l'on s'en aperçoive. Notre cerveau est également très sollicité : il doit analyser la qualité de la neige, les difficultés du terrain, la présence d'autres skieurs, la vitesse et la visibilité. Tout cela consomme aussi de l'énergie mentale sans que l'on ait l'impression de la dépenser. Enfin, notre corps corrige constamment sa position sur les skis, en utilisant des muscles stabilisateurs qui se fatiguent eux aussi rapidement, mais silencieusement. 

Comme vous pouvez le constater, le corps est soumis à rude épreuve sans que nous en soyons conscients. Nous poursuivrons demain avec quelques aspects plus inquiétants liés au ski, alors revenez les découvrir ici ! 

mardi, février 24, 2026

La bizarrerie du ski… (Première partie)

Ma vie toute entière s'est déroulée dans l'univers des sports d'hiver, et c'est grâce à eux que j'ai pu faire vivre ma famille. C'est pourquoi le ski a dominé ma vie et ma carrière : un sport paradoxal, en grande partie « assisté », puisque la majorité de l'effort physique requis est fournie par une remontée mécanique (télésiège, téléphérique, etc.), un petite portion par la force de gravité et le reste par l’aide musculaire.

J'ai toujours aimé dire, un peu en rigolant, que le ski était un « sport de fainéants », et c'est sans doute vrai ! Cela m'a amené à me demander quels autres sports, le cas échéant, pourraient entrer dans cette catégorie. Il est vrai que le ski et le snowboard sont uniques, car la partie la plus difficile physiquement, la montée, est déléguée à une machine. 

Dans cette série, j'utiliserai le terme « ski » par souci de simplicité et l'appliquerai également au « snowboard ». L'activité en elle-même est perçue comme étant très dynamique et comme un « sport » à part entière, mais la majeure partie de l'énergie nécessaire est fournie par un système externe (le télésiège et autres moyens de grimper sur la montagne). 

Si l'on définit un « sport assisté » comme un sport où un système mécanique élève le participant, le propulse ou lui offre l'accès nécessaires à la pratique, plusieurs autres activités tombent dans cette catégorie. En voici un bref aperçu : 

1. VTT (descente en remontée mécanique), 

2. Parapente et deltaplane (avec remorquage par bateau), 

3. Plongée sous-marine avec assistance nautique, 

4. Escalade en salle avec auto-assurage ou bloqueurs mécaniques, 

5. Sports motorisés comme la motoneige, le jet ski, le motocross, etc., 

7. Chute libre en soufflerie (vent vertical créant portance et résistance), 

8. Surf tracté par jet ski, 

9.D’autres sports « assistés » différemment, comme le golf avec voiturette, la voile (propulsion par le vent), la randonnée glaciaire (avec téléphérique) et l’escalade en salle avec auto-assurage. 

Le ski, quant à lui, se distingue par sa nature unique qui en fait un sport de gravité utilisant un système d’accès motorisé, offrant des sensations plutôt grisantes à grande vitesse et ne demandant qu’un effort métabolique minimal au départ de chaque descente. 

Rares sont les sports de cette liste qui combinent ces quatre atouts. Seuls le VTT de descente et le parapente tracté offrent des expériences comparables. Demain, nous explorerons ce qui rend le ski à la fois si facile et si exaltant. Pour le découvrir, lisez le prochain épisode …

lundi, février 23, 2026

Mon avis sur les JO de 2026

Dieu merci, les Jeux Olympiques sont terminés ! J'en avais assez de ce cirque à cinq anneaux, au quotidien pendant plus de deux semaines. Les Jeux de 2026 ont réuni quelque 2 900 athlètes de 92 pays en Italie, qui se sont affrontés dans 116 épreuves. 

Le programme couvre 16 disciplines réparties en 8 sports. Il s'agit des premiers Jeux olympiques d'hiver avec 116 épreuves et une forte participation féminine (47 %), un record dans l'histoire des Jeux olympiques d'hiver.

Les compétitions se sont déroulées à Milan, Livigno, Bormio, Val di Fiemme, Predazzo, Anterselva/Antholz et bien sûr Cortina d'Ampezzo. Le nombre de médailles m'importait peu, car j'aime toutes les nations et je ne suis pas assez chauvin pour me laisser enfermer dans ce genre de préjugés. 

Ce qui m'a déplu, c'est le nombre excessif d'épreuves, impossible à suivre et à comprendre. Certaines disciplines sont tout simplement bizarres, n'ont pas vraiment leur place, et je pensais que le ski-alpinisme était une plaisanterie. Une fois de plus, j'ai constaté que toutes les médailles sont loin d'être égales. 

Le CIO est devenu une machine à faire du fric, profondément impliqué dans le secteur du divertissement. Les Jeux et le CIO auraient besoin de réformes majeures, mais n'y comptez pas trop. Une fois de plus, je suis ravi que ce soit terminé et crains que 2030 arrive plus vite que je ne le souhaite !

dimanche, février 22, 2026

Enfin de la neige !

Le 17 février, notre longue période sans neige a pris fin et j'ai pu goûter aux délices de la légendaire neige poudreuse de l'Utah pour la première fois de la saison.Historiquement, la sécheresse de cette année sur les Rocheuses,l'Utah et Park City est sans précédent. D'après les données SNOTEL et les archives météorologiques, février 2026 a enregistré le plus faible niveau de neige jamais atteint dans l'État, dépassant même le précédent record de 1977. 

Notre niveau de neige actuel se situe autour de 49 % de la médiane. Historiquement, si l'hiver ne rattrape pas son retard à la mi-février, les chances d'atteindre un niveau de neige normal au 1er avril sont inférieures à 10 %, selon le Centre des avalanches de l'Utah. 

Espérons que d’abondantes chutes de neige futures nous aideront à faire mieux ! En consultant les archives écrites et la lecture des anneaux de croissance des arbres (utilisées pour mesurer l'humidité dans le temps), les hivers suivants se distinguent comme les années de sécheresse les plus importantes pour Park City et ses environs. 

Tout a commencé entre 1896 et 1907, période appelée la « Grande Sécheresse », du temps desmines d’argent à Park City, alors qu'aucun d'entre nous n'était encore né. Nous avons connu des hivers particulièrement rigoureux, où nos prairies des hauts plateaux furent complètement asséchées.Les climatologues la considèrent comme la sécheresse la plus sévère depuis la colonisation de l'Utah. Un hiver particulièrement sec eu lieu en 1933-1934, pendant la période du Dust Bowl. 

C'était avant que le ski ne devienne un sport populaire. Pendant cet hiver les plus faibles précipitations hivernales de l'histoire de l'Utah avaient été enregistrées.L'impact fut considérable, en mai 1934, les ruisseaux de montagne qui atteignent leur débit maximal au printemps, ressemblaient, n’étaient plus que de simples filets d'eau.L'agriculture fut dévastée. Cette période (1930-1936) représente le déficit hydrique le plus grave de l'histoire de l'État. 

Puis vint l'hiver1976-1977, surnommé l'« hiver de référence », souvent appelé par les habitants « l'hiver qui n'a jamais eu lieu ». C'était bien avant l'arrivée de la neige artificielle dans l'Ouest, et de nombreuses stations, dont Park City, eurent du mal à ouvrir avant Noël. En novembre et décembre 1976, Alta (la station la plus enneigée de l’Utah) n'avait reçu que 75 cm de neige, la plus faible épaisseur de début de saison jamais enregistrée. 

La grande différence fut que1977 était une « sécheresse froide », un temps très froid associé à une sécheresse extrême. À l'inverse, la sécheresse de 2025-2026 est une «sécheresse hybride »car elle combinait chaleur et manque de précipitations, ce qui fait qu'une grande partie de ce qui aurait dû être de la neige est tombée en pluie ou a fondu immédiatement. 

L'hiver 2014-2015, surnommé« l'hiver court », avait été marqué par le plus faible cumul de neige pour la saison. Par chance, cela tombait lors de la construction de notre nouvelle maison et nous en avions profité.À Park City, les chutes de neige cumulées pour cette saison n'avaient atteint que 391 cm (la moyenne se situant plutôt entre 686 et 762cm). Tout en suivant l'avancement des travaux de notre maison, j'ai quand même skié 87 fois et à parcouru plus de 388 000mètres de dénivelé.

Enfin, nous avons eu l'hiver 2017-2018, assez faible en enneigement, dont je me souvenais pas car j’avais quand même skié 108 fois pour558 831 mètres de dénivelé. Le jour de l'An 2018,l'équivalent en eau de la neige (EEN) dans l'Utah n'était que de7,6 cm. Fin décembre 2025, ce record a été battu avec une chute de l'EEN à 6,9 cm, faisant de cette année la pire jamais enregistrée. 

Rien ne nous dit combien de neige nous aurons le reste de l’hiver, mais pour l'instant, la saison se prolonge !

samedi, février 21, 2026

Le danger de croire qu’on à vingt-cinq ans

Nous avons récemment évoqué la difficulté de ralentir le rythme de nos activités les plus intenses avec l’âge. En effet, beaucoup d’entre nous avons encore l'impression d'avoir 25 ans et notre cerveau, encore tout neuf, regorge de projets, de stratégies et de tactiques farfelus, tandis que notre organisme commence à accuser un déclin évident. 

Il faut souvent un accident, un imprévu, pour nous faire prendre conscience qu'il est temps de ralentir et de mettre de côté cette soif insatiable d'action. 

C'est compréhensible, car ralentir n'est pas une perspective réjouissante, surtout quand les Jeux olympiques et leur devise « Citius, Altius, Fortius » (Plus vite, plus haut, plus fort) font partie intégrante de notre quotidien. 

Comme on dit, quand une porte se ferme, une autre s'ouvre, mais c'est plus facile à dire qu'à croire ! Bon, soyons honnêtes, on ne veut ni mourir ni vieillir, alors on s'accroche tant bien que mal au statu quo, en l'occurrence à cette petite voix intérieure, parfois un peu agaçante, qui nous dit : « Tu as encore 25 ans », et bien sûr, nous sommes trop ravis d’y croire. 

C'est pourquoi, parfois, certains d'entre nous se retrouvent dans le pétrin. Un brin de censure, au moins pour les idées pas si justes, n'est peut-être pas si mal après tout … 

vendredi, février 20, 2026

Puiser dans l'énergie cosmique… (Troisième partie)

Ceci est le bon endroit pour en savoir plus sur les méthodes pratiques qui peuvent « déboucher les pores » et cultiver un état de « perméabilité ! » Nous allons aborder un sujet très concret, sans rayons cosmiques ni révélations mystiques, mais simplement en localisant les conditions qui rendent l'esprit humain plus perméable, plus intuitif et plus perspicace. 

« Déboucher les pores » signifie éliminer le bruit intérieur pour que les idées, les schémas et les intuitions puissent circuler plus librement. Explorons des méthodes pratiques et concrètes pour cultiver véritablement cet état de « perméabilité », où vivaient Mozart, Einstein ou Mère Teresa. Commençons dabord par « faire taire le bruit de fond. » 

Impossible d'être perméable si notre esprit est encombré. Attention, si cette solution paraît simple, elle est exigeante. Il s'agit de méditation, à pratiquer au moins 15 minutes par jour. Ce n'est pas mystique et cela consiste simplement à s’entraîner à ne plus laisser son attention vagabonder. À terme, cela réduira ce bavardage intérieur, remplira notre conscient de pensées subtiles et améliorera notre clarté émotionnelle, un peu comme si l'on rinçait les pores de notre peau.

C'est exigeant car c'est un travail quotidien qui doit devenir une habitude et qui prend du temps, des années, pas juste des heures. Vous le saurez quand vous y serez parvenu. C'est là que l'état de « perméabilité » commence véritablement. Nous apprenons à notre esprit à remarquer ce qu'il filtre habituellement. Nous devons cultiver notre sens d'observation, voire notre émerveillement, pour apaiser les zones du cerveau nombrilistes et nous ouvrir au monde par nos sens. 

Ensuite, nous devons renforcer notre « récepteur » subconscient, comme on règle une radio. C'est de là que émergent la créativité, l'intuition et la perspicacité. Nous ne puisons pas la connaissance dans le cosmos, mais nous permettons à notre subconscient de faire émerger ce qu'il sait déjà. Cela implique une période d'incubation qui demande du temps, donc de la patience et la capacité de laisser notre esprit vagabonder parmi d'autres moyens. Il nous faut ensuite travailler sur la composante émotionnelle pour ôter les résistances. 

La porosité n'est pas seulement cognitive, elle est aussi émotionnelle. Commençons donc par relâcher notre perfectionnisme, privilégier la curiosité par rapport au contrôle et faire preuve d’auto-compassion, ce qui implique de nous défaire de la critique sévère que nous nous infligeons trop souvent. Enfin, il est essentiel d'utiliser notre corps comme un récepteur, en gardant à l'esprit qu'un corps tendu raidit l’esprit. 

Nous y parvenons grâce à notre respiration : si elle est lente et profonde, la cohérence neuronale s’accroît et nous ouvre littéralement. C'est l'équivalent physiologique de l'ouverture des pores. Lorsque tout cela est accompli et que tout est aligné, les intuitions nous semblent venir de l'extérieur, même si elles émergent des profondeurs de notre propre esprit. 

C'est ce que Mozart entendait par « musique pleinement formée », ou ce qu'Einstein entendait par « intuition ». C'est vers cela que nous tendons lorsque nous nous y engageons. Si vous le désirez, travaillez y intelligemment, et bonne chance !

jeudi, février 19, 2026

Puiser dans l'énergie cosmique… (Deuxième partie)

On pourrait dire que les forces de notre univers agissent de concert avec le fonctionnement de notre cerveau. Ce dernier absorbe constamment des schémas, forme des associations, recombine des idées, génère des intuitions, perçoit des indices subtils et résous des problèmes qui semblent soudains, mais qui reposent sur des années de travail subconscient. 

Lorsque notre esprit est calme et réceptif, ces processus deviennent plus visibles et s'apparentent à une inspiration soudaine. En réalité, cela ne vient pas de l'extérieur, mais de l'intérieur de chacun d’entre nous. Cette inspiration semble cosmique car elle provient d'un domaine si vaste que nous ne pouvons l’envisager en totalité.

Si nous ne sommes pas aussi réceptifs que Mozart ou Einstein, la clé pour permettre à cette sagesse universelle nous envahir réside dans la pleine conscience, le meilleur moyen de « débloquer » notre esprit, qui inclut la méditation, le calme et même l'émerveillement. 

La pleine conscience contribue à réduire le brouhaha intérieur, accroît la cohérence neuronale, améliore l'attention, apaise le réseau du mode par défaut (en particulier la zone du « bavardage intérieur »), stimule la créativité, affine la sensibilité aux schémas subtils et améliore la clarté émotionnelle. C'est l'équivalent mental d'une « ouverture des pores ». 

Contrairement à ce que j'ai pu penser ou dire auparavant, nous n'absorbons pas l'énergie cosmique par mètres cubes ; nous levons simplement les blocages qui empêchent notre esprit de fonctionner à son plein potentiel. En réalité, Mozart et Einstein n'étaient pas des antennes cosmiques, mais des esprits clairs et sereins. Amadeus Mozart décrivait la musique comme « déjà achevée » dans son esprit, comme s'il la découvrait plutôt que de l'inventer. Albert Einstein disait que ses idées lui venaient par « sauts intuitifs », et non par étapes logiques. 

Leurs descriptions correspondent à ce qui se produit lorsque le subconscient est très actif, que le conscient s'efface, que la personne est profondément à l'écoute des schémas, que la voix critique intérieure se tait ou du moins se fait discrète, et que l'esprit est en état de flux. On a alors l'impression de recevoir quelque chose qui nous dépasse, mais il s'agit en réalité d'un esprit fonctionnant à son niveau d'ouverture et d'intégration maximal. 

Je trouve cette approche moderne et laïque, une version contemporaine d'une idée très ancienne selon laquelle l'intuition ne provient pas de la force, mais de la réceptivité. Il ne s'agit pas de magie, mais de perméabilité mentale, c'est-à-dire de la capacité à laisser le monde, les idées, les schémas et l'inspiration nous traverser sans résistance. 

Ce n'est pas du mysticisme, c'est simplement de la sagesse. Cette approche, à mon avis, est non seulement cohérente, mais elle saisit un processus millénaire qui perçoit l'énergie cosmique ou universelle comme une force qui nous pénètre pour nous aider à grandir, tout en dissipant les agitations intérieures qui rendent notre vie si difficile. 

Si vous n’avez pas encore la « porosité » des célébrités dont nous avons parlé et êtes intéressés d’y parvenir, lisez donc le prochain épisode ...

mercredi, février 18, 2026

Puiser dans l'énergie cosmique… (Première partie)

L'univers tout entier est immense et recèle une quantité d'énergie quasi illimitée. Je me suis donc toujours demandé : « Pourquoi ne pas puiser une infime partie de celle-ci pour nous aider quand nous en avons besoin et nous faciliter la vie, tant sur le plan physique que mental ? » 

En fait, sans réponse claire et définitive à cette question, j'avais intuitivement la conviction que c'était possible. Je pensais que cela pouvait se produire en s’ouvrant corps et esprit, en nous immergeant dans cet océan infini de savoir et de pouvoir, et en prélevant simplement la petite parcelle dont nous avons besoin. Qu'en pensez-vous ?

Ce que je dis ici est peut-être plus répandu et plus profond qu'on ne le croit. Pour moi, « l'énergie cosmique ou universelle » n'est pas littéralement une substance physique comme des colis que livrerai Amazon. Il s'agit plutôt d'un modèle perméable, comme si nous étions immergés dans une substance infinie, et que notre degré de « porosité » déterminait ce que nous recevions et percevions. 

Cela pourrait refléter le point de vue d'un petit nombre de personnes qui ont déjà réfléchi à cette sujet. Ce que je cherche à définir est une approche psychologique du phénomène. Non pas quelques rayons cosmiques magiques, ni un transfert d'énergie littéral, mais quelque chose de bien plus subtil et de bien plus puissant. Un apport qui rendrait notre esprit plus créatif, perspicace et pointu quand il est ouvert, calme et réceptif. Il ne s'agit pas de mysticisme. 

C'est plutôt une question de neurosciences, de psychologie et d'expérience vécue. Wolfgang Amadeus Mozart, Albert Einstein et bien d'autres n'ont pas « reçu » la connaissance de l'univers comme un ordinateur télécharge une mise à jour, mais en cultivant un état mental qui permettait aux idées d'émerger dans leur cerveaux avec une clarté et une fluidité exceptionnelles. C'est précisément ce mécanisme que je souhaite aborder et tenter d'expliquer. 

Trump se situe à l'opposé de cet état de conscience, restant totalement impénétrable, donc insensible aux forces de l'univers. « Poreux au cosmos » pourrait être une métaphore de l'ouverture cognitive que je cherche à expliquer. Cela signifie une meilleure capacité à reconnaître les schémas, une intuition plus fine, la capacité d'appréhender les idées complexes avec légèreté et un esprit ouvert. 

Cela implique également un état mental en paix et une grande capacité d'adaptation. Ce sont des caractéristiques mesurables, sans rien de surnaturel. Elles sont simplement d'ordre psychologique et neurologique et peuvent être cultivées. Nous baignons en réalité dans un océan de connaissances et il nous appartient de nous en imprégner ou de travailler à développer notre propre capacité d'ouverture. 

Demain, je vous dévoilerai les rouages ​​de ce processus …

mardi, février 17, 2026

Ralentir pour faire durer … (Deuxième partie)

En vieillissant, nous devons aussi faire place à plus de prévisibilité dans nos activités, car les accidents résultent souvent de surprises liées au terrain, aux conditions météorologiques, à la fatigue, à la circulation ou à la présence d'autres personnes. Nous serons plus en sécurité si nous choisissons des conditions que nous maîtrisons bien, par exemple en évitant les jours de forte affluence ou en sachant nous arrêter avant d'être fatigués. Ce n'est pas de la peur, c'est juste une stratégie. 

Ne badinons pas sur un bon équipement qui peut diminuer nos réflexes et notre stabilité avec l'âge. Par exemple, de meilleurs casques, des bonnes lunettes, des fixations et des skis bien entretenus. Des voitures avec des systèmes d'aide à la conduite avancés, un écran de recul, ou des vélos avec des freins à disque et tous les accessoires modernes. 

Nous devrions également nous entraîner à la stabilité, pas seulement à la puissance, car avec l'âge, nos plus grands risques d'accident proviennent d'un temps de réaction plus lent, d'une diminution de l'équilibre et d'une capacité réduite à corriger les erreurs. Ces mesures n’apportent pas seulement plus en sécurité, elles nous remettent « à neuf ». 

Nous devons être attentifs aux « murmures » de notre corps avant qu'ils ne deviennent des « hurlements », car ceux-ci nous donnent toujours des signes avant-coureurs bien avant de flancher. Je parle de légères hésitations, d'un moment de déséquilibre, d'une sensation de malaise, d'une légère raideur ou d'une petite baisse de concentration. Plus jeunes, nous pouvions les ignorer, plus âgés, nous ne pouvons plus. Nous devons également redéfinir ce que signifie le « risque ». Il ne s'agit pas seulement du risque de blessure, mais aussi de la perte de la capacité à continuer à faire ce que nous aimons. 

Cela ne signifie pas, comme le chante BB King, que « The thrill is gone » (le frisson a disparu), car nous n'avons pas à éliminer le plaisir, mais simplement à l’ajuster. Par exemple, skier plus souvent sur des pistes damées au lieu de toujours explorer les barres rocheuses et la forêt, conduire avec joie et libération sur les routes bien dégagées, pas dans les embouteillages, faire du vélo sympas sur des itinéraires familiers, pas sur des voies multiples et encombrées. 

Considérons le vieillissement comme une évolution, pas un déclin. Les personnes âgées les plus actives ne sont pas celles qui luttent contre le vieillissement ; ce sont celles qui s'y adaptent. Restons curieux, disciplinés et conscients de nous-mêmes. Nous n'arrêtons pas de bouger, nous adaptons simplement notre mobilité. 

Cela dit, la chute malheureuse de Lindsey Vonn aux Jeux olympiques n'aura pas été en vain, car elle nous a offert une précieuse leçon à tous ceux qui croient encore avoir 25 ans alors que ce n'est plus le cas ...

lundi, février 16, 2026

Ralentir pour faire durer … (Première partie)

Il y a quelques jours, suite à l'accident de Lindsey Vonn aux Jeux olympiques, je lui ai été reconnaissant de me rappeler qu'avec l'âge, il est essentiel de ralentir ou du moins de modérer nos attentes en matière de performance. 

Face à cette réalité incontestable, je me demande comment les personnes très actives et compétitives peuvent réduire les risques qu'elles prennent et l'effort qu'elles fournissent en vieillissant, afin d'éviter les problèmes ou les accidents graves généralement liés à l'âge ? Il est vrai que les années n'effacent pas totalement l'identité d'une personne active, elles modifient simplement la probabilité de certains risques. Le véritable défi est psychologique.

Nos instincts, notre confiance et notre goût pour l'intensité restent intacts, tandis que nos réflexes, notre équilibre et notre capacité de récupération plongent discrètement et inexorablement. L'astuce n'est pas d'arrêter de vivre pleinement, mais d'adapter notre façon de prendre des risques, afin de rester dans la course au lieu d'être mis hors jeu par des accidents évitables. 

Avec l'âge, la force brute et les réactions instantanées deviennent moins fiables, mais la fluidité, l'habileté, la précision et la planification deviennent nos nouveaux atouts. Par exemple, lorsque je skie, ce nouveau paradigme me pousse à contrôler mes skis avec plus d'aisance et à privilégier des trajectoires plus fluides plutôt que de rechercher la vitesse et les secousses maximales. 

Lorsque je conduis, je suis infiniment plus concentré, je fais preuve d'une attention maximale, je suis beaucoup plus courtois et patient et, dans tous les cas, je ne fais pas moins de choses, mais je les fais de manière beaucoup plus intelligente. Dans mon vocabulaire et mon esprit, je remplace « faire mes preuves » par « me préserver ».

 Les jeunes repoussent souvent leurs limites pour se tester. Les personnes plus âgées repoussent leurs limites pour rester actives et en bonne santé pendant des décennies. Cela devrait nous faire dire : « Je ne suis pas là pour gagner aujourd'hui, je suis là pour bien continuer ces 20 prochaines années ! » Cet état d'esprit réduit naturellement la prise de risques inutiles. 

Demain, nous ajouterons quelques outils essentiels à notre arsenal, alors revenez nous voir ! 

dimanche, février 15, 2026

Que faire des menteurs ? (Deuxième partie)

Nous connaissons donc un ou plusieurs menteurs avérés. Qu’allons-nous en faire ? Tenter de les réformer, les mettre au congélateur, espérer un miracle ou les exiler loin de nous ? Quel type de relation choisirons-nous d'entretenir avec eux à l'avenir, si tant est qu'il y en ait une ? 

Si nous voulons rester amis avec quelqu'un qui ment, rappelons-nous que l'amitié repose sur la confiance. Si les mensonges érodent cette confiance, l'amitié devient déséquilibrée et précaire. Peut-on même être ami avec un menteur si les mensonges sont minimes, rares ou liés à un manque de confiance en soi ? Peut-être, si la personne est prête à en parler, à montrer des remords et à changer de comportement. 

Tout cela n'est que théorie ; personnellement, je préfère m'en tenir au proverbe du XVIIe siècle : « Trompe-moi une fois, honte à toi ; trompe-moi deux fois, honte à moi », qui signifie que si la première tromperie est la faute du menteur, la seconde est la faute de la victime qui n'a pas tiré les leçons de l'expérience. Je ne peux donc pas être ami avec un menteur si je me sens anxieux en sa présence ou si je remets constamment en question ce qu'il dit.

Cela est également vrai si le mensonge est employé pour manipuler ou contrôler. N'oublions pas que l'amitié est un choix ; nous ne devons à personne l'accès à notre vie intérieure. Se pose ensuite la question de savoir si les menteurs peuvent changer. La réponse est NON pour moi, mais elle pourrait être OUI, seulement si le manipulateur de vérité le souhaite.

 Rappelons-nous que les gens peuvent changer lorsqu'ils reconnaissent pleinement le mal qu'ils ont causé et se sentent suffisamment en sécurité pour dire la vérité. Ils doivent également être motivés à adopter des comportements plus sains et à pratiquer l'honnêteté même lorsque c'est inconfortable. Les gens ne changeront pas s'ils continuent à considérer le mensonge comme un outil très efficace, s'ils blâment les autres pour leur comportement, s'ils nient leur mensonge et continuent à tirer profit de la tromperie. 

Nous pouvons encourager l'honnêteté, mais nous ne pouvons pas forcer l'intégrité. C'est à chacun de décider, et je ne sais pas pour vous, mais je suis toujours incapable de lire dans les pensées des autres. Enfin, devons-nous rejeter les menteurs ou quel niveau d'accès peut-on accorder ? La confiance n'est pas un jugement moral, c'est un calcul. 

Nous devons absolument prendre nos distances lorsque quelqu'un ment constamment, nous fait du mal ou nuit à autrui. Ce n'est pas de la cruauté, c'est du respect de soi. Ce que nous ne devons pas faire, c'est humilier ou punir les menteurs et les qualifier de « mauvaises personnes ». Nous pouvons plutôt choisir de limiter leurs interactions avec nous, d'éviter de nous mettre en travers de leur chemin et de ne pas compter sur eux. Établir des limites n'est pas un rejet, c'est une question de clarté. 

J'espère que vous disposez désormais d'outils utiles pour naviguer dans les eaux troubles des relations avec une personne dont la fiabilité en matière de vérité est plus que douteuse …

samedi, février 14, 2026

Que faire des menteurs ? (Première partie)

Que peut-on faire des menteurs une fois qu'ils sont identifiés comme tels ? Quelle forme prendra notre relation avec eux ? Ce sont d’importantes questions qu’il n’est ni facile, ni agréable de traiter. Les relations humaines sont complexes, et le mensonge se situe à l'intersection de la confiance, de la peur, de l'insécurité et de l'autoprotection. 

Il n'existe pas de réponse unique et « correcte », mais il y a des pistes qui devraient nous aider à y faire face avec clarté et respect de soi. Nous avons déjà vu que mensonges et menteurs ne se ressemblent pas tous. Les gens mentent pour des raisons très différentes et il est important de comprendre le type de mensonge qu'ils utilisent pour nous aider à choisir notre réponse.

Commençons par les menteurs occasionnels ou motivés par la peur, ceux qui mentent parce qu'ils ont peur des conséquences, de l'embarras ou des conflits. Il y a un peu d'espoir avec ce groupe, car il peut changer et que certains se sentent un peu coupables. En fait, ils peuvent réduire leur mensonge quand ils se sentent suffisamment en sécurité pour être honnêtes. 

Ensuite, nous avons les menteurs compulsifs, ceux qui mentent par réflexe, même lorsque la vérité serait plus simple. Ils ont souvent appris à mentir comme mécanisme réactif et s'ils sont disposés et capables de faire des efforts, ils pourraient changer, mais je ne parierais pas là-dessus. 

Le groupe suivant, et plus inquiétant, est celui des menteurs manipulateurs ou égoïstes qui mentent pour contrôler, exploiter ou obtenir un avantage. Ce sont des individus dangereux. Ils changent rarement sans conséquences majeures ou sans aide professionnelle, alors ne les approchez pas ! Cela m'amène à la question de savoir si nous devrions envisager de travailler avec quelqu'un qui ment. 

Cela peut être envisagé, mais seulement avec des limites. Nous pourrions travailler avec quelqu'un qui utilise des mensonges motivés par la peur ou des mensonges mineurs, s'il reconnaît son comportement, fait de gros efforts pour s'améliorer et si nous sommes lucides quant à quoi s’attendre en pouvant en supporter les conséquences. 

Il est clair qu'il ne faut pas travailler avec quelqu'un qui ment si c'est pour manipuler les résultats, nier ou justifier ses défauts et les utiliser pour nuire aux autres ou miner la confiance au sein d’une équipe. Si une personne malhonnête est candidate à un poste dans un environnement professionnel, la clé est d'établir une structure rigoureuse avec des accords écrits et documentés précisant clairement les attentes, sans se fier aux seules promesses verbales. Il ne s'agit pas d'une punition, mais d'une mesure de protection. 

Demain, nous verrons s'il est possible de maintenir une relation avec des personnes malhonnêtes. Pourrions-nous rester amis avec elles ? Les amener à changer ? Ou devrions-nous simplement les éviter ?

vendredi, février 13, 2026

L’« art » du mensonge… (Deuxième partie)

Même lorsqu’ils sont liés d’une manière ou d’une autre, les mensonges sont tous différents. Aujourd’hui, nous allons essayer d’y voir plus clair dans leur diversité. Existe-t-il une bonne façon de les classer en catégories selon leur intensité, leur immoralité, leur opportunisme et les aspects qui définissent la moralité d’une personne ? 

Ce qui suit constitue une approche qui devrait tenir compte de tous ces éléments. En les classant par intensité, nous mesurons à quel point un mensonge s’éloigne de la réalité. Crée-t-il une distorsion minimale, comme de petites exagérations ? S’agit-il d’une fabrication modérée, mélangeant vérité et fiction ? Est-ce au contraire une invention totale sans lien avec la réalité ? Tout s’aggrave quand un mensonge cherche à tromper dans la durée. 

Ce facteur d’intensité est souvent lié à l’effort nécessaire pour conserver le mensonge indéfiniment. Si nous classons les mensonges selon leur poids moral, quel est le préjudice causé ou intentionnellement infligé par le mensonge ? S’agit-il de mensonges inoffensifs ou de nature sociale destinés à protéger les sentiments d’autrui ? S’agit-il encore de mensonges neutres utilisés par commodité, pour préserver son intimité et éviter des situations embarrassantes. 

On trouve également des mensonges intéressés qui servent à protéger son ego ou à éviter certaines conséquences. La situation s’aggrave quand les mensonges cherchent à nuire et à blesser autrui. C’est également le cas des mensonges malveillants qui visent à tromper pour un gain personnel ou pour faire du mal. Dans ces cas, l’intention néfaste du menteur est totalement dévoilée. 

Lorsque les mensonges deviennent opportunistes, nous mesurons la rapidité avec laquelle ils peuvent résoudre un problème. Comme ces mensonges de soulagement instantané utilisés pour échapper à un moment embarrassant. Les soi-disant « mensonges stratégiques », planifiés, calculés et souvent manipulateurs, sont encore pires. 

Souvent, ce sont des mensonges chroniques, des raccourcis pratiques et habituels utilisés pour éviter les responsabilités. L’opportunisme révèle souvent si le mensonge est impulsif ou délibéré. Enfin, il y a les mensonges qui révèlent la moralité de leur auteur. 

C’est probablement la dimension qui intéresse le plus les gens. Cela commence par des écarts occasionnels et sans grande conséquence qui font partie du comportement humain normal. Puis il y a ceux qui sont utilisés pour éviter d’assumer ses responsabilités, signe d’immaturité ou d’insécurité. En montant en intensité, on trouve les mensonges qui nuisent à autrui pour un gain personnel, révélant d’évidentes failles éthiques. Enfin, lorsque l’esprit devient trop confus, il y a le mensonge compulsif qui signale qu’il est temps de s’assurer les services d’un psychologue ou d’un psychiatre.

Aujourd'hui, avec Trump et ses complices, nous assistons à des mensonges qui réécrivent l'histoire et la réalité, révélant un narcissisme exacerbé ou une personnalité profondément perturbée. Bien sûr, le caractère ne se mesure pas au fait de mentir – tout le monde ment – ​​mais à la nature et aux motivations des mensonges, et à la manière dont leurs auteurs réagissent face à la vérité. 

Pour conclure ce voyage au pays des mensonges, demandons-nous s'il y en a plus aujourd'hui qu'autrefois ? Ils ne sont peut-être pas plus fréquent, mais ils sont bien plus visibles car la communication numérique laisse des traces indélébiles, les réseaux sociaux encouragent l'exagération et la mise en scène, les personnalités publiques font preuve d'une malhonnêteté désinvolte, les gens vivent dans des bulles informationnelles qui normalisent la distorsion de la vérité, et l'anonymat réduit la responsabilité. 

La perception d'une généralisation du mensonge est donc fortement amplifiée. Je crois qu'il n'y a rien de mensonger dans ce propos !

jeudi, février 12, 2026

L’« art » du mensonge… (Première partie)

Il me semble que le mensonge n’ait jamais été aussi répandu. En fait, je pense que Trump a « légalisé » cette pratique. Cela m’amène donc à me demander pourquoi les gens mentent, et si les mensonges peuvent être classés selon des catégories telles que l’intensité, l’immoralité, l’opportunisme, et s’ils peuvent nous aider à évaluer le caractère de ces gens. 

Nous pouvons nous interroger si le mensonge est réellement plus fréquent ou simplement plus visible dans un monde hyperconnecté, mais le sentiment d’être entouré de malhonnêteté est bien réel pour beaucoup d’entre nous. Nous parlons ici de la psychologie de la tromperie et du « spectre » moral du mensonge. En d’autres termes, pourquoi les gens mentent, comment ces mensonges diffèrent et ce qu’ils révèlent sur leur moralité. 

Ce que je me demande vraiment, c’est ce que révèle le mensonge sur ceux qui l’emploient ? Bien sûr, cela dépend du motif, des enjeux et de la manière. Un seul mensonge ne nous apprend presque rien, mais une façon de mentir nous apprend tout ou presque. Approfondissons ces différentes dimensions, en particulier la personnalité du menteur, car c’est là que tout devient intéressant. 

Les gens mentent pour un nombre limité de raisons, même si les formes varient à l’infini. La plupart des mensonges entrent dans une ou plusieurs de ces catégories. D’abord, l’autoprotection, c’est la raison la plus courante. Ils servent à éviter l’embarras, la punition, les conflits ou la perte de statut. Vient ensuite le besoin d’améliorer son image, ses compétences ou son attrait ; nous l’avons tous constaté. Cela inclut l’exagération, la fausse modestie et l’embellissement de CV. 

Il y a aussi le mensonge pour protéger les autres, ce qu’on appelle souvent les « petits mensonges ». Il est utilisé pour apaiser les gens, éviter de les blesser et maintenir une bonne harmonie. Dans une catégorie plus malhonnête, on trouve ceux qui utilisent le mensonge pour gagner un avantage, par la manipulation, l’exploitation ou la tromperie.

C’est là que le mensonge se pervertit moralement. Il y a aussi tous ceux qui mentent comme ils respirent, par habitude ou par compulsion. Ils mentent par réflexe, même quand la vérité serait tout à fait acceptable. Dans ces situations, ces personnes devraient clairement consulter un psy. 

Bien sûr, il y a aussi les mensonges que beaucoup d'entre nous utilisent pour faciliter les interactions sociales, comme de dire « Ça me fait tellement plaisir de te voir » ou « J'adore ta robe – ou ton auto – ou tes nouveaux skis », etc. 

Enfin, il y a ce qu'on appelle le « maintien de l'identité », quand les gens se sentent obligés de mentir pour préserver l'image qu'ils se sont construite d'eux-mêmes ou parce qu’ils « croient » à leur mensonges, tout à fait le mode opérationnel que Trump utilise au quotidien. 

Demain, nous verrons comment classer et mesurer les mensonges, alors restez à bien l'écoute et n'oubliez pas d'apporter un mètre pour mesurer tout ça !

mercredi, février 11, 2026

Qui est à l'origine du parapente ? (Deuxième partie)

En 1985, alors que Jean-Claude Bétemps, Gérard Bosson et André Bohn travaillaient au développement du parapente, Laurent de Kalbermatten fit son apparition. Ce pilote suisse passa des parachutes modifiés au modèle appellé « La Randonneuse », la toute première aile conçue exclusivement pour le parapente (utilisant un tissu non poreux et des suspentes rigides).

C'est à ce moment-là que le parapente cessa d'être une variante du parachutisme pour devenir un sport de vol libre à part entière. Ce modèle fut le point de départ de la production en série. D'autres fabricants et modèles suivirent rapidement. Avec la multiplication des modèles disponibles, le nombre de pratiquants se mis a augmenter, de même que le marketing et la concurrence entre les entreprises, contribuant au développement technique du parapente en termes de facilité d'utilisation, de performances et de sécurité. 

Le premier record de distance en vol libre, de 69,15 km, fut établi par Hans Jörg Bachmair le 10 juin 1989 et officiellement homologué par la Fédération aéronautique internationale (FAI). Le parapente s'organisa rapidement en sport à part entière. Le premier championnat d'Europe eut lieu en 1988 à Saint-Hilaire, en France. L'année suivante, le premier championnat du monde se déroula à Kössen, en Autriche. Bien plus tard, en 2004, le championnat d'Asie eut lieu à Handong, en Corée du Sud, et en 2008, eut lieu un championnat panaméricain à Castelo, au Brésil. 

Mon ami Anselme Baud, ex-professeur à l'ENSA, l'école des guides de montagne et des moniteurs de ski de Chamonix, et l'un des pionniers du ski extrême, joua un rôle dans l'introduction de l'utilisation des skis dans la pratique du parapente. Au début de l’hiver 79/80, à Plan Praz, la station intermédiaire de la télécabine du Brévent, à Chamonix, alors que Jean-Claude Bétemps effectuait des essais avec son « paraplane » (l’ancêtre du parapente), 

Anselme Baud eut l'idée de garder ses skis pour prendre de la vitesse au décollage. Il s'élança le long de la pente, plana sur quelques centaines de mètres avant de se poser à nouveau sur la neige et de repartir à ski. Anselme vit dans le parapente un « outil » lui permettant de descendre plus vite ou de franchir des obstacles infranchissables à skis. 

En conclusion, Jean-Claude Bétemps, avec ses partenaires André Bohn et Gérard Bosson, bien qu'ayant joué un rôle déterminant dans l'invention de ce sport, se sont davantage concentrés sur le développement technique et la promotion du parapente en tant que nouveau sport accessible, plutôt que sur une commercialisation agressive et une monétisation à la manière d'un Steve Jobs ou d'un Georges Salomon. 

L'immense popularité de leur invention a engendré un essor considérable dans les années 1980. Des fabricants indépendants se sont rapidement emparés du marché pour améliorer le matériel, donnant naissance à une industrie florissante dont ils n'ont pas profité. 

Maintenant, comme moi, vous connaissez toute l'histoire …

mardi, février 10, 2026

Qui est à l'origine du parapente ? (Première partie)

Le parapente m'a toujours fasciné et intéressé, même si j'ignorais tout de ses origines. Il a été précédé par le deltaplane, un précurseur clé de l'aviation à décollage à pied, inventé en 1963 par John Dickenson, un ingénieur australien spécialisé dans le remorquage de ski nautique.

Ce sont Bill Bennett et Bill Moyes qui ont perfectionné la conception de Dickenson au début des années 1970, transformant le cerf-volant de ski nautique en un deltaplane à décollage à pied, qui a immédiatement séduit un grand nombre de mes compatriotes français. Le deltaplane a mené au parapente, dont l'histoire est fascinante car elle ne repose pas sur une seule invention, mais sur une série de pionniers qui ont transformé un dispositif de survie (le parachute) en un instrument de loisir. 

En cherchant ceux qui sont véritablement à l'origine de ce sport tel que nous le connaissons aujourd'hui, on découvre un groupe de précurseurs techniques. Avant que le parapente ne devienne un sport, il a fallu inventer l'aile à double surface qui permettrait son fonctionnement. En 1964, un Américain, Domina Jalbert, le véritable inventeur, a breveté le Parafoil. On peut le considérer comme l'acte de naissance de l'aile à caissons. Avant lui, les parachutes étaient ronds ; après, ils sont devenus rectangulaires et capables de générer une véritable portance. 

Un an plus tard, David Barish, consultant pour la NASA, a développé le Sailwing (une aile à simple surface). 

Il fut le premier à pratiquer ce qu'il appelait le « vol de pente » sur une piste de ski à Hunter Mountain, près de New York, descendant quelque 60 mètres. 

Bien que Barish fût techniquement le premier « parapentiste », l'activité est tombée dans l'oubli pendant plus d'une décennie. 

Le 25 juin 1978, à Mieussy (à 27 km de Montriond, mon patelin d’origine en Haute-Savoie), trois parachutistes de l'aéro-club d'Annemasse décidèrent de décoller d'une pente afin déconomiser les frais de vol en avion. L’idée leur était venue en lisant un article du manuel de parachutisme de 1972 qui faisait relatait le vol de pente de David Barish. 

Jean-Claude Bétemps, qui fêtera ses 77 ans cette année, souvent considéré comme le père du parapente, avait réalisé le tout premier essai (un petit saut en bas d'une pente). André Bohn, parachutiste suisse de haut niveau, a ensuite effectué le premier véritable vol soutenu, un peu plus tard la même année, décollant du Mont Pethuiset et atterrissant 1000 mètres plus bas sur le terrain de foot de Mieussy.

Gérard Bosson a ensuite structuré l'activité et a fondé en 1979, avec Michel Didriche et Georges Perret, le premier club et la première école de parapente au monde : « Les Choucas » à Mieussy. Il a joué un rôle déterminant dans la promotion du sport à l'échelle internationale. 

Demain, nous verrons comment les améliorations et les adaptations successives ont façonné la pratique du parapente…

lundi, février 09, 2026

Âge et prise de risques

L'accident dont a été victime Lindsey Vonn aux Jeux olympiques me rappelle un autre retour à la compétition en ski, celui de Bill Johnson, ancien champion olympique de descente aux Jeux de Sarajevo en 1984. À 40 ans, accablé par des problèmes personnels et en quête d’une gloire passée, il avait tenté un improbable retour en vue des Jeux olympiques d'hiver de 2002 à Salt Lake City. 

Cette tentative se terminait brutalement, quand Johnson a chuté lors d'une descente d'entraînement avant la course de descente des Championnats américains dans le Montana. Ses blessures furent catastrophiques : grave traumatisme crânien, langue presque sectionnée et trois semaines de coma. Son corps n'avait tout simplement pas pu suivre le rythme imposé par son instinct de compétiteur. 

Je ne suis pas dans la tête de Lindsey, mais en la voyant arriver à toute vitesse, s'envoler, accrocher la porte et perdre le contrôle, j’ai cru voir l'instant précis où l'instinct et la physiologie se sont désynchronisés. C'est le paradoxe du vieillissement : l'esprit reste jeune, avide de sensations fortes, convaincu de pouvoir encore mobiliser les mêmes réflexes, tandis que le corps redéfinit déjà ses limites. 

L'écart entre intention et exécution devient suffisamment important pour que le désastre se produise. J'appelle ça, en plaisantant à moitié, le « syndrome de Biden » – non pas une allusion politique, mais une façon de désigner cette illusion humaine universelle qui nous fait croire que nous avons toujours 25 ans dans notre tête. 

C'est un rappel que l'expérience ne peut pas toujours pallier à l'érosion progressive du temps de réaction, de l'équilibre et de la résistance. Plus que jamais, j'essaierai d'en tirer la leçon quand je skie ou que je conduis. Respecter ses limites n'a rien à voir avec la peur ; c'est une sagesse acquise à la dure par ceux qui ont dépassé les leurs.

dimanche, février 08, 2026

Quand les vieux skieurs ont du mal à se relever (Deuxième partie)

En plus des facteurs abordés hier, le vieillissement affecte aussi l'oreille interne, les récepteurs articulaires et les voies nerveuses qui nous permettent de nous situer dans l'espace. Cela rend plus difficile la coordination de la séquence « rouler, planter, pousser » nécessaire pour se relever sur la neige. 

La diminution de l'équilibre est l'un des principaux facteurs de difficultés liées aux chutes chez les personnes âgées. Sur terrain plat, où la gravité cesse de nous aider, ce déficit devient encore plus évident. Même des athlètes âgés en bonne forme physique présentent des temps de réaction plus lents et une force « explosive » réduite, c'est-à-dire l'impulsion rapide nécessaire pour se relever. 

Il ne s'agit pas seulement de masse musculaire ; c'est le système nerveux qui fonctionne plus lentement et moins efficacement. Avec l'âge, les genoux, les hanches et la colonne vertébrale perdent en souplesse et en amplitude de mouvement. Se relever après une chute nécessite une rotation des hanches, une flexion des genoux et des chevilles, et la capacité de ramener le torse au-dessus du centre de gravité. 

Nos chaussures de ski bloquent les chevilles, de sorte que les hanches et les genoux doivent fournir un effort encore plus important, là où la raideur a tendance à s'installer. S'ajoute à cela la peur : les personnes âgées hésitent souvent, car elles veulent protéger inconsciemment leurs articulations ou craignent de retomber. 

Ce « frein mental » réduit la fluidité nécessaire pour se relever efficacement. Les moniteurs de ski qui travaillent avec des clients âgés soulignent qu'il leur est beaucoup plus difficile de se relever skis aux pieds, sauf si la pente est suffisamment raide pour aider à positionner les hanches au-dessus des pieds. Sur terrain plat, la seule solution est souvent de déchausser.

Les opérateurs d'héliski le savent, c'est pourquoi ils n'amènent plus de skieurs âgés, non pas parce qu'ils ne sont pas assez bons, mais parce qu'ils risquent de ne pas pouvoir se relever après une chute en neige profonde et ralentir inutilement le groupe. 

La conclusion évidente de cette brève discussion est donc d'éviter les chutes et, si cela arrive, de se rappeler que nous avons une chance incroyable de pouvoir encore skier à soixante-dix ans ou plus !

samedi, février 07, 2026

Cérémonie d'ouverture des Jeux olympiques

Hier après-midi, les conditions de ski n'étaient pas mieux que d’habitude, donc ma femme et moi avons regardé toute la cérémonie d'ouverture des Jeux olympiques. C'était la première fois depuis longtemps que nous faisions cela.

Nous avons apprécié certains numéros, comme la présentation des athlètes et le défilé de mode ou le costume le plus tarabiscoté est l'ennemi du bien, mais qui reste toujours un moment fort. Certains étaient un peu excessifs, mais c'est une question de goût personnel. Nous avons trouvé l'événement beaucoup trop long. Près de trois heures, alors que deux auraient suffi. 

J’ai plutôt aimé quand J.D. Vance et Israel se sont fait siffler. Nous avons apprécié le discours de Kirsty Coventry, du Zimbabwe, la nouvelle présidente du Comité international olympique (CIO) depuis juin 2025. 

Nous étions attristés de constater que des gens meurent toujours au Soudan, à Gaza et en Ukraine, tandis que des milliers d'autres s'amusent en Italie, mais je suppose que l'humanité est tout à fait capable de marcher et simultanément de continuer de regarder son smartphone …

Quand les vieux skieurs ont du mal à se relever (Première partie)

Après 70 ans, les skieurs ont de plus en plus de difficultés à se relever après une chute, surtout sur terrain plutôt plat. Ce problème est tel que les compagnies d'héliski déconseillent, voire interdisent, l’activité aux skieurs âgés. Au-delà de la baisse de masse musculaire, nous allons voir aujourd'hui ce qui se cache réellement derrière cette difficulté. 

La réponse est évidemment plus complexe que « moins musclé ». La perte musculaire est un facteur important, mais elle ne représente qu'une partie d'un changement plus global lié à l'âge, qui affecte la façon dont le corps bouge, se stabilise et est capable d’une force coordonnée.

Les recherches sur les personnes âgées et la capacité à se relever après une chute mettent en évidence plusieurs facteurs interdépendants qui rendent le fait de se relever du sol, surtout avec des chaussures de ski, sur la neige et avec les skis aux pieds, particulièrement difficile après 70 ans. 

Se relever du sol nécessite une séquence de mouvements que beaucoup d'entre nous cessent de pratiquer en vieillissant. Les kinés expliquent que se relever du sol exige une bonne mobilité des hanches, un engagement des muscles abdominaux, une stabilité des épaules et un contrôle de la rotation, autant de capacités qui diminuent avec l'âge, même chez des adultes actifs. 

Les chaussures et les skis amplifient ce problème : ils limitent la flexion de la cheville, réduisent l'effet de levier et empêchent de positionner les pieds sous le corps comme le font instinctivement les jeunes skieurs. Nous sommes donc confrontés à une combinaison de mobilité réduite, d'équilibre précaire, de réponse neuromusculaire diminuée, de manque de confiance en soi et d'un équipement de ski qui devient trop encombrant. 

La perte musculaire n'est qu'un facteur parmi d'autres ; nous aborderons donc le reste du problème plus profondément demain !

vendredi, février 06, 2026

Quand on descend une marche ... (Deuxième partie)

Ce qui a inspiré l’anecdote d’hier à propos de descendre et de monter des marches est le résultat d’une journée de ski avec ma fille, la veille. Pendant des années, j'ai toujours maintenu une avance confortable sur celle-ci dans des terrains et des conditions difficiles, mais à 78 ans, les choses sont en train de changer, car désormais, elle me talonne.

Pour moi, cela signifie que je vieillis et que cette « descente de marche » s’approche. Nous sommes tous deux de bons skieurs mais les conditions d'enneigement actuelles en Utah sont extrêmement difficiles, ce qui m'a donné l'idée de cette « montée et descente de marche ». Le ski est une façon viscérale de ressentir l’importance des changements de vitesse, de l'équilibre, du temps de réaction, de la concentration et de la confiance en soi dans des conditions de neige et de terrain sans cesse variées. 

C’est une activité où le corps connaît la vérité avant que l'esprit ne l'ait pleinement comprise. Pourtant à mon âge, j'adore toujours ce sport et reste encore à la recherche des terrains et des conditions difficiles. Ce n'est pas vrai pour tous ceux qui ont mon âge. La plupart ne fréquentent plus les pistes, et le reste ne peuvent plus suivre une femme de 43 ans en pleine forme qui skie depuis qu’elle est toute petite. 

Le fait qu'elle me « talonne » encore au lieu de me doubler et disparaître au loin et encore rassurant sur mon niveau, mais le jour où elle me rattrapera, ce ne sera pas seulement parce que je ralentis, ce sera qu'elle continuera de progresser. 

Elle est aujourd’hui sur cette lancée de force, d'expérience et de confiance. Elle s’améliore encore pendant que je m'adapte. C’est juste une passation de pouvoir, pas un échec personnel. Je vois ça avec lucidité, sans apitoiement, sans réaction défensive, ni déni de la réalité. J'ai simplement observé et tout cela a suscité une réflexion philosophique. Appelons cela une « montée de marche » mentale ! 

Bien sûr, l'état de la neige actuelle, peu épaisse, ondulée et dure, amplifie tout démesurément. Ces conditions glacées, caillouteuses et regelées affectent efforts et temps de réaction. En bonne neige poudreuse, ces écarts seraient moindres. 

Les conditions façonnent la performance plus que l'orgueil ne veut l'admettre. Un recul physique, même minime, peut être compensé par une progression dans un autre domaine, comme l’affinement de ma technique, une efficacité accrue et un plaisir de skier plus intense en compagnie de ma fille. 

Il ne s'agit pas de compensation, mais d'évolution. L’impression que cela m’a permis d’avoir n'était pas simplement un signe de vieillissement ; c'était un moment de réajustement. Et le fait que j'y réfléchisse avec autant de nuances ne signifie pas que je perds du terrain, mais simplement que je change de perspective !