mercredi, septembre 15, 2021

Onze Septembre

Une semaine avant le 20e anniversaire des événements du 11 septembre, nous avons été inondés de rappels, de souvenirs, d'informations, de témoignages de toutes sortes et d'analyses, reliant cette période de notre histoire récente à ce qui se passe aujourd'hui en Amérique. 

Au delà de la tragédie elle-même et des souffrance des victimes et de leur proches, ma conclusion de ces 20 dernières années est assez tranchée. 

Je travaillais à Vail Colorado quand les avions se sont écrasés dans les tours jumelles du World Trade Center. Je me suis tout de suite dit : « C'est la résultat de ce que nous avons laissé se produire en Palestine. » 

Je pensais que Bush, qui ressemblait jusqu’alors à un cerf aveuglé par les phares d’une auto, était déjà vraiment stupide, mais il avait enfin trouvé là une cause pour ancrer sa présidence. Cheney, le diabolique, a sauté sur l'occasion de revenir et de se battre près des pays de l’or noir et, en tant que maître marionnettiste, a poussé Bush à se lancer dans des guerres insensées. 

D'abord, nous aurions dû bombarder les talibans encore plus fort, attraper Oussama ben Laden tout de suite et foutre le camp. Fin de discussion. Nous aurions sauvé 170 000 vies et des milliers de milliards de dollars. 

Ensuite, nous nous sommes embarqués en Irak, sans la moindre idée, sans plans et sans raisons valables sous le couvert d’un énorme mensonge, qui a également tué plus de 500 000 personnes et a coûté encore quelques milliers de milliards de dollars, en plus de l'Afghanistan, le tout financé à crédit. 

Aujourd'hui, alors que j'envoie mes impôts (tiers-provisionnel) au gouvernement, je suis particulièrement en colère de voir l'usage qui est fait de mon argent. Bush, Cheney, feu Rumsfeld, Rice et Powell sont une bande de criminels de guerre qui devraient toujours tous être en prison. 

Obama n'a pas eu le courage personnel et politique de sortir d'Afghanistan alors que Trump n'a pas compris qu'il devait inclure le gouvernement afghan dans ses négociations avec les talibans. 

Un autre enseignement à retenir de nos guerres afghano-irakiennes est que les puissances mondiales ne devraient jamais plus tenter de renverser la culture et les coutumes d'un pays médiéval. Cela ne fonctionne simplement pas, ou s'il semble que cela « marche » pendant un certain temps, tout comme un élastique, cela revient très vite à la situation d’origine.  

Au moins Biden, aussi diabolisé qu'il l'a été ces derniers temps, a eu le courage nécessaire pour nous sortir de là. 

Ensuite, il y a nos militaires qui pendant 20 ans n’ont pas arrêté de nous raconter que les choses iraient mieux « la semaine prochaine ! » 

Si nous prenons pour exemple de la récente victoire des talibans sur le géant Américain, leur budget n’était que de 1,5 milliard de dollars par an, contre environ 500 à 750 milliards de dollars pour notre formidable machine de guerre américaine. 

Sans discuter davantage, les Talibans, ces gaillards mal fringués et barbus nous ont bel et bien battus. Ils étaient beaucoup, beaucoup plus efficaces, et nous devrions faire sous-traiter notre défense nationale à ces gars sur leurs camionnettes Toyota. Ils pourraient peut-être réussir à nous débarrasser des « Proud Boys » et de McConnell pendant qu'ils y sont.

mardi, septembre 14, 2021

Un premier tour du monde, 58e partie

Les jours rallongeaient, la neige se ramollissait rapidement et l’on sentait que printemps arrivait. 

Gérard était déjà arrivé trois mois plus tôt à Mt. Buller et même si cela pouvait sembler une courte saison par rapport à ce que l’on connaissait dans l'hémisphère nord, c'était la deuxième d'affilée que nous vivions dans la même année et la plupart d'entre nous en avaient assez de l'hiver ! 

Comme les salaires étaient versés chaque semaine, Gérard et Marcel avaient rangés leur planches après avoir donné leur dernières leçons ce week-end et étaient descendus à Melbourne où ils avaient finalisé les détails de leur voyage de retour, loué une voiture qu'ils allaient laisser à Sydney. 

Nos deux amis n'avaient pas conduit de voiture depuis quelques mois et Marcel se souvient avoir été un peu choqué quand il s'est rendu compte que le volant était à droite et qu'il devrait conduire du (mauvais) côté gauche de la route : « Ça n'a été trop mal », se rappele Marcel, « je m'y suis habitué beaucoup plus vite que je ne l'aurai imaginé ! » 

Nos deux collègues choisirent de voyager à travers les principales stations de ski des Nouvelles-Galles du Sud en zig- zigzaguant entre Thredbo, Perisher et Mt. Kosiuko avant de finalement redescendre sur Canberra, la capitale fédérale, où le printemps battait son plein. 

Gérard a gardé de très bons souvenirs de cette ville, en particulier du très bel édifice qu’est le Parlement. Là, tous les deux passèrent une nuit chez l'un des clients de Marcel.

Gérard se souvient toujours de tout ce voyage routier entre Melbourne et Sydney : « Je nous revois encore traverser de belles forêts sur des pistes non goudronnés baignées dans les couleurs vives de toute cette végétation et de tous ces kangourous qui surgissaient de tous cotés. On s’était vraiment éclatés ! » 

Tous deux devaient finalement arriver à Sydney le 20 septembre et avaient décidé de visiter cette ville emblématique.

lundi, septembre 13, 2021

Un premier tour du monde, 57e partie

Que dirions-nous si quelqu'un nous demandait « Quelles leçons de vie avons-nous appris pendant notre séjour en Australie, et à Mt. Buller en 1971 ? » (suite) 

JF : 

« L'Australie m'a beaucoup appris ! J'ai d’abord découvert que le monde était immense. JP et moi en avons fait l’expérience directe, coincés sur un paquebot pendant 50 jours. Cela nous a ouvert les yeux sur le fait que nous étions tout petits sur cette étendue d'eau infinie, un peu perdus sur une immense planète, et aussi combien nous étions privilégiés d'être inclus dans cette merveilleuse aventure. Nous étions jeunes et, dans une large mesure, bien loin d’être murs. Nos cerveaux malléables et curieux avaient l’occasion d’apprendre au quotidien auprès de nos collègues et des gens que nous rencontrions tous les jours, en découvrant de nouveaux horizons, en accomplissant des tâches inédites ou en vivant une foule de situations autant inconnues que surprenantes. » 

Si quelqu'un m'avait demandé de résumer, j'aurais dit : « J'ai surtout gagné énormément de confiance en moi ... Sur neige, mon savoir-faire s’est enrichi en travaillant avec Gérard et Alexis, j'ai aussi pu observer ce qui se passait à l'école de ski autrichienne, élargissant ainsi mes connaissances pédagogiques. Améliorer mon anglais au quotidien était fabuleux, et même si je communiquais de mieux en mieux, ma compréhension de la culture australienne restait quand même à la traîne et cela m'a appris que la culture est toujours un obstacle beaucoup plus dur à conquérir que la connaissance d’une langue. Plus important encore, c’est là que j'ai décidé que mon futur professionnel inclurait le ski, le commerce international et beaucoup de voyages. Pour couronner le tout, j'ai réalisé que je n'avais jamais été aussi heureux de ma vie, et pour moi, cela n'avait pas de prix ! ». 

Cette expérience inoubliable couronnait ainsi ce qui avait été la meilleure année de ma vie ! 

Philippe Coutaz : 

Philippe partage aussi mon point de vue sur notre jeunesse et notre maturité qui se cherchait. Tous les jeunes sont confrontés à ce dilemme et réagissent de manières très différentes. Souvent, il y a ce besoin de ressortir de la masse pour affirmer qui nous sommes et où nous allons nous retrouver dans ce nouveau rôle d'adultes. 

Plus jeune que Gérard, Marcel, Jean-Pierre et moi, Philippe reconnais : « Je n'avais que 20 ans et parfois, si vous me trouviez un peu abrasif, c’est que je cherchais ma place parmi un groupe de garçons tous plus âgés et apparemment assez sûrs d’eux. Dans ces circonstances, il était difficile d'être moi-même, tout simplement ! » 

Comme pour chacun d’entre nous, l'Australie fut une expérience remplie d’enseignement pour Philippe. Elle lui a fait découvrir que rien ne pouvait remplacer une honnêteté absolue avec lui-même afin de devenir quelqu’un de productif, capable de fonctionner en harmonie avec son entourage. 

Jean-Pierre Chatellard : 

JP qui nous a quitté il y a un an n'est plus avec nous pour répondre à cette même question. C'est pourquoi j'ai pris sur moi d'imaginer ce qu’il aurait pu dire, en gardant tout cela pour la fin. Ensemble, JP et moi avons voyagé pendant sept semaines vers l’Australie. 

Fort d'avoir fait une saison en tant qu'entraîneur au Colorado, il savait comment les choses se passaient en dehors de France, il connaissait un peu mieux la culture anglo-saxonne et parlait assez bien l'anglais pour se remettre dans le bain en arrivant. 

Qu'a-t-il donc appris en Australie ? Laissez-le s'expliquer : 

« D'abord, je dois admettre que j'en savais déjà pas mal quand je suis arrivé en Australie, donc j’avais beaucoup moins à apprendre que mes collègues … » Comme vous pouvez le lire, JP avait peu de choses à améliorer. C’est vrai qu’au fil du temps, j'ai réalisé que JP s’était construit l’image d’un gars imperturbable, style Belmondo, si vous voulez, bien calé dans son personnage, sans avoir à jeter de coup d'œil sur son âme profonde. 

Depuis le jour où je l’avais rencontré, j’avais admiré son attitude de fonceur, mais je réalise désormais qu'il ne s'agissait probablement que d'une façade, car un charisme débordant cache souvent des vulnérabilités ... 

JP continue : « Dans une moindre mesure, j'ai appris que je pouvais être un coach, un mentor, quelqu’un de "cool". Cela est sans doute venu de mon expérience avec JF. Je proposais un truc et il le faisait. Je disais “On saute !”, il répondrait “De quelle hauteur ?”. Je savais que j'avais trouvé le filon et que j’étais naturellement doué pour influencer les autres et les inspirer avec ma témérité et mon enthousiasme débordant ... Bien sûr, j'ai aussi appris de JF que, lorsqu'il écoutait son instinct de survie, mon influence se trouvait soudainement limitée… »  

C'est bien vrai, l'audace de JP m'a sorti de ma coquille et à un certain moment, j'ai senti qu'il était grand temps pour moi de devenir autonome.

dimanche, septembre 12, 2021

Un premier tour du monde, 56e partie

Que dirions-nous si quelqu'un nous demandait « Quelles leçons de vie avons-nous appris pendant notre séjour en Australie, et à Mt. Buller en 1971 ? » 

Marcel Grivel-Dellilaz : 

Marcel a toujours été passionné par la vie, le ski et l'aventure, il n'a donc que de merveilleux souvenirs de son été passé à Mt Buller. Il a sauté de joie dès qu'il a appris qu'il allait partir enseigner en Australie, prendre l’avion pour la première fois, faire le tour de la planète et découvrir le monde. 

Marcel se souvient avec beaucoup émotion : « J'étais fou de ski à l'époque, alors quel bonheur d’aller se retrouver sur la neige tout un été ! » Il se sentait privilégié de travailler avec ses collègues moniteurs qui allaient devenir de solides amis et du même coup, il a profité de l'occasion d'améliorer son anglais quotidiennement tout en travaillant. 

Marcel poursuit : « C'était une époque où l'amitié, la coopération et l'entraide entre collègues étaient enrichissantes. Bien sûr, l'enseignement du ski était aussi ma vraie passion. Cela m’apportait une joie profonde et il y avait aussi le côté compétition que je pratiquais religieusement chaque saison jusqu'en été, un peu partout dans les Alpes ! »  

En effet, le ski de compétition figurait au sommet de la liste de Marcel et il se souvient d'avoir organisé des courses avec Gérard et d'avoir entraîné les jeunes avec Jean-Pierre. Marcel ne se lassait pas un seul instant de nos journées passées ensemble, remplies d’anecdotes uniques toujours renouvelées, sans oublier toutes nos soirées festives. 

Réfléchissant un instant, Marcel ajoute : « … la cerise sur le gâteau, fut le voyage de retour, surtout ce "road-trip" que nous avions fait avec Gérard, entre Melbourne et Sydney, la traversée des îles du Pacifique et la côte ouest des USA ! Si je n'étais pas devenu mari et papa à mon retour à la maison, j'aurais volontiers répété cette expérience magique ! » 

Gérard Bouvier : 

Dès son plus jeune âge, Gérard a toujours voulu découvrir de nouveaux horizons et avait hâte d’avoir son diplôme de moniteur de ski en poche pour se lancer à la découverte du monde. 

Quand il eu décroché son diplôme « Auxillaire », il quitta sa vallée natale en Savoie, pour aller enseigner au Club Med, dans les Pyrénées, pendant l'hiver 1967/68. La saison suivante, il choisissait Val D'Isère et enfin Morzine, en 1969/70. 

Dès qu’il eu son « Diplôme National » en poche, il avait projeté d’aller enseigner au Québec l'hiver suivant, mais en janvier de cette même année, Marius Mora, un professeur sans doute impressionné par son élève, lui avait proposé d'intégrer le corps professoral de l'ENSA, l'École Nationale de Ski et d’Alpinisme à Chamonix. 

« Cette offre entraîna une décision difficile pour moi », dit Gérard, « Devais-je renoncer de me rendre au Canada et tirer ainsi un trait sur la possibilité d’aller travailler à l'étranger, ou accepter cette superbe possibilité de carrière à l’ENSA ? » La décision fut prise en faveur du professorat à Chamonix, mais l'opportunité eu sa manière de frapper à nouveau à la porte. 

Gérard se souvient : « Alors que je commençais juste à enseigner à l'ENSA, courant janvier, Alexis Saudan m'avait demandé de l'accompagner à Mt. Buller, en mettant comme seule condition que j'améliore mon anglais, encore un peu rudimentaire. Alors que cette possibilité n'était pas encore certaine, j'ai senti que mon rêve était maintenant à portée de main. La première leçon que j'ai tirée de cette expérience était qu'au-delà de mes rêves les plus fous, la persévérance pouvait ouvrir de nombreuses portes. » 

Gérard réfléchit un moment : « Cette expérience australienne qui s'est passée si loin, bien sûr dans une autre station de ski, était tellement différente du point de vue de l’environnement dans lequel elle se déroulait, de son climat et de sa culture. De plus, le plaisir et la découverte qui ne cessait de nous interpeller, ont eu une influence permanente sur ma vie et resteront gravés à tout jamais dans mon esprit. Sans que je m’en doute à l’époque, cette expérience allait jouer un rôle crucial sur l'évolution de ma carrière professionnelle ... » 

La suite de cette histoire se poursuivra demain...

samedi, septembre 11, 2021

Un premier tour du monde, 55e partie

Pendant que nous voyagions en Australie, que nous enseignions à Mt. Buller et rentrions par l'océan Pacifique, nous avons raté un tas d’événements mondiaux que nous n’avons pas vraiment pu suivre. Pouvez-vous encore vous en souvenir ? Moi, pas tellement, sauf peut-être la mission lunaire d’Apolo 15, c’est pourquoi, j’ai fait un peu de recherche pour retrouver les faits saillants que nous aurions pu oublier ... 

Le 30 mai, alors que Jean-Pierre et moi rongions notre frein à Gênes, en attendant que notre paquebot quitte le port, le premier satellite US Mariner 9 qui allait orbiter autour de Mars, venait d’être lancé. Depuis chez lui, à Lanslebourg, Gérard avait peut-être du voir cela à la télé et penser : « Après l’Australie, j’espère qu’un jour j’aurai l’occasion d’aller voir ce qui se passe sure une autre planète ! » 

Environ une semaine plus tard, personne avait daigné nous avertir que l'Australienne Evonne Goolagong avait gagné à Roland-Garros sur sa compatriote Helen Gourlay, 6-3, 7-5. En train de préparer son voyage depuis Annemasse, Marcel s’était peut-être dit, « Ces australiennes sont quand même canon, j’ai hâte de toutes les voir ! » 

Plus tard, alors que Gérard venait de commencer à enseigner et que JP et moi étions coincés aux Canaries, le 17 juin, Nixon déclara qu'il était temps de commencer la "guerre contre la drogue" ; encore à Chamonix, Philippe aurait sans doute secoué la tête en se pensant : « Voilà une décision qui ne fait aucun sens économique ! » Mais le lendemain, toujours à notre insu, et de manière beaucoup plus constructive, Fred Smith mettait en route les services de logistique et de livraison de Fedex, à Memphis, au Tennessee. 

Le jour où Marcel a quitté l'Europe pour l'Australie et que JP et moi étions au beau milieu de l'océan Indien, Jim Morrison des Doors était retrouvé mort à 27 ans dans sa baignoire, à Paris. 

En arrivant à Durban, nous apprenions que Louis Armstrong était également décédé à 69 ans, le 7 juillet, et au même moment, la Ville de Paris décidait de mettre en place le stationnement payant dans ses rues. 

Fait intéressant, lors de notre escale à Durban, Jean-Pierre et moi ignorerions totalement qu’Elon Musk venait de naître dans la ville voisine de Pretoria, en Afrique du Sud. 

Comme nous étions tous maintenant à Mt.Buller, à l'exception de Philippe, personne ne nous avait dit non plus qu'Eddy Merckx avait remporté son troisième Tour de France consécutif le 18 juillet. 

Moins de dix jours plus tard, nous apprenions qu'Apollo 15 venait d'être lancé, puis vers le 1er août, nous regardions les images granuleuses du 4e alunissage sur la vieille télé de Hilton-Wood. Je n'avais jamais vu un alunissage à la télé auparavant et j’étais bluffé par le petit 4x4 qu’utilisaient les cosmonautes !

Le lendemain, personne ne m’a tenu au courant du Concert pour le Bangladesh donné par George Harrison et Ravi Shankar, à New York devant une foule de 40 000 personnes. Personne ne nous a averti non plus quand vers la mi-août, la Nouvelle-Zélande et l'Australie ont décidé de retirer leurs troupes du Vietnam. 

Alors qu’il était temps pour le ski de printemps et que la neige se mettait à fondre, il me semble me souvenir que JP m’avait dit qu’il avait lu quelque part que John Lennon quittait le Royaume-Uni pour New York et, lui qui était un grand fan de l’Amérique, m’avait dit de manière presciente « Je te parie qu’il ne remettra jamais plus les pieds en Angleterre. »

Toujours vers le 10 septembre, les informations locales n’avaient pas mentionné que la soviétique Anna Konkina avait remporté les championnats féminins de cyclisme sur route, à Mendrisio, en Suisse, et que le même Eddy Merckx avait remporté le même titre chez les hommes. 

Le 11 septembre a été une journée mitigée, car la finale de l'US Open de tennis féminin avait vu Billie Jean King battre Rosemary Casals 6-4, 7-6, pendant qu’en URSS, Nikita Khrouchtchev venait de décéder à l'âge de 77 ans d'une crise cardiaque. Respectez votre bilan de santé annuel ! 

Pour clôturer cette liste, une fois encore, personne ne nous avait dit que Lance Edward Gunderson, plus tard nommé Lance Armstrong, venait de naître à Dallas le 18 septembre ...

Enfin de retour à la maison en Octobre, nous étions à nouveau tous en train de rattraper les dernières nouvelles, bonnes ou mauvaise, triviales ou sérieuses, en regardant Denise Fabre qui présentait tout cela sur TF1 !

vendredi, septembre 10, 2021

Un premier tour du monde, 54e partie

Le début des années 70 a vu l'apogée de la soi-disant révolution sexuelle dans le monde entier. Mt. Buller n'y a pas échappé car, comme toujours et comme partout, les hivernants n’hésitait pas à se lâcher quand ils se retrouvaient en station. 

Contrairement à ce qui se passait dans le reste du monde, le ski ne faisait pas tout à fait partie de la culture australienne. La plupart des visiteurs découvraient la neige pour la première fois, car il n’en tombait jamais dans les grandes villes comme Melbourne ou Sydney. 

Aller à la montagne en hiver était une sortie que beaucoup de jeunes essayaient au moins une fois pour avoir une idée de ce que c’était, car les activités qui leur étaient offertes leur semblaient aussi bizarres qu'exotiques. En plus, ils ne venaient guère que pour un court week-end, avec une seule grande soirée pour s’éclater, et pressé par le temps, peronne n'a jamais le luxe de bien réfléchir.

Tous étaient excités par une journée entière passée en altitude et les pieds dans la neige, leur adrénaline coulait à flot, ils buvaient un peu trop, étaient entassés les uns sur les autres dans de minuscules logements, et quand ils laissaient finalement échapper la tension accumulée au cours d'une longue semaine de travail, tous semblait permis. 

En tant que société, les jeunes Australiens avaient tendance à choisir la stimulation physique comme valeur essentielle et la religion ne jouait pas le rôle de frein qu'elle aurait pu avoir sur leurs cousins ​​américains. Bien plus qu'en Europe, les soirées débordaient très rapidement et poussaient trop souvent les participants à faire des choses qu'ils pouvaient vite regretter. 

Au risque de me répéter, Kooroora était l'épicentre de ces soirées, l'endroit où se retrouvaient tous ceux qui voulaient encore s’amuser quand les autres bars étaient déjà fermés. L'endroit idéal pour s’assourdir au son du rock and roll, avaler des whisky-coca ou des gin-tonic, lier des amitiés instantanées qui s'évaporaient le lendemain, l’endroit aussi où l'intégrité faisait souvent un petit pas en arrière, et où on ne manquait jamais de refaire le monde à 3 heures du matin. 

Tout cela ouvrait la porte à des soirées infernales qui ne pouvaient pas laisser de jeunes moniteurs de ski européens totalement indifférents. Cette forme de divertissement tellement « Aussie » s’était même exportée jusqu'à St. Anton, en plein Tyrol autrichien, au « Krazy Kanguruh ». 

Je pourrais continuer cette histoire, mais tout les détails prendraient bien trop de temps sur ce petit blog !

jeudi, septembre 09, 2021

Un premier tour du monde, 53e partie

Peu importe l’endroit où nous habitons, chaque fois que nous avons un mauvais début de saison de ski, avec trop peu de neige, des températures élevées et trop de gens sur les pistes, nous finissons toujours par devenir plus créatifs, moins difficiles et plus astucieux pour créer les meilleures conditions possibles. 

Dans ces moments-là, je me souviens de nos saisons de ski en Australie. Le terrain était très limité, il y avait très peu de dénivelé, et ne parlons même pas de la qualité de neige. En plus, soyons honnêtes, la beauté des lieu n’était pas celle de Chamonix. 

En dépit de tout ça, nous nous somme bien adaptés à ces limitations et en avons retiré d’excellentes expériences et d’exceptionnels souvenirs. Donc, nous évoquons aujourd'hui un trésor remplit non pas d’une énorme quantité de pièces d'or et d'émeraudes, mais d’une poignée de petits diamants dont la rareté et la beauté représentent à nos yeux une valeur inestimable. 

Cette façon de voir les choses s'applique à des tas d’autres expériences que nous rencontrons au cours d’une vie. 

Pourtant, Laurent Vanat, l'analyste suisse du tourisme de neige et de montagne, a une opinion assez peu élogieuse à l’égard des stations de ski australiennes : 

« L'Australie est un pays d'immigrants qui auto-alimente ce marché émergeant qu’est les ski. Beaucoup de ‘nouveaux Australiens’ viennent de pays sans neige et sans culture hivernale. Ceux-ci sont donc très motivés de découvrir la neige et d'essayer les sports d’hiver. Ce marché sans cesse renouvelé veut découvrir les stations alpines et s’y rendre en grand nombre, particulièrement le week-end. Les stations de ski australiennes n’attirent pas la clientèle internationale, car la Nouvelle-Zélande offre une alternative plus proche de celle des Alpes ou d’Amérique du Nord, avec des dénivellations plus importantes, des prix plus bas et une assez bonne expérience. » 

De toute évidence, M. Vanat n'est pas un fan du ski australien. Il doit être découragé par le faible débit des remontées mécaniques, le dénivelé limité et le manque de restaurants et de shopping. A-t-il jamais mis les pieds en Australie et, si c’était le cas, a-t-il passé suffisamment de temps à découvrir ses stations de ski ? 

Pour moi, cependant, et probablement pour tous mes collègues et amis qui ont enseigné le ski là-bas, le ski en Australie est beaucoup plus riche que ce que l’on pourrait s’imaginer et je n’hésiterai personnellement pas à y retourner, si ma femme me le permettait, bien sûr, et si je pouvais faire cela en compagnie de mes bons vieux amis qui s’y trouvaient aussi autrefois. Êtes vous partant ?

mercredi, septembre 08, 2021

Un premier tour du monde, 52e partie

S'il y a quelque chose qui a résisté avec succès à l'épreuve du temps et qui perdure encore après un demi-siècle, c'est l'amitié et l'excellent esprit de corps qui ont marqué notre petit groupe de moniteurs. Une amitié solide, remplie de complicité, sans jalousie, chicanes et agenda caché. 

Il est dommage bien sûr qu'Alexis, Christophe et Jean-Pierre ne soient plus parmi nous (Serge Empereur qui faisait partie de l'équipe de 1972 est également décédé). 

Le récit de nos aventures et autre exploits australiens serait bien plus riche si JP avait pu corroborer mon récit et apporter sa part d'annecdotes, de faits miraculeux et d'exploits incroyables ! 

C'est aussi JP qui m'avait donné le tuyau qui avait conduit à mon embauche chez Look, et d’un seul coup de baguette magique, avait changé toute la donne pour moi ! De même, Alexis aurait pu partager ses appréhensions, inquiétudes et parfois aussi son exaspération en essayant de contrôler une équipe bien difficile à contenir.

C’est une fois de plus le moment de remercier Alexis de nous avoir donné l'opportunité de venir en Australie, d'améliorer notre anglais encore bien faible, de nous avoir aidé à mûrir un peu plus, et d'avoir largement élargi nos horizons. Il faut dire que sans des pionniers comme Émile Allais ou James Couttet, un entraîneur comme Honoré Bonnet, des skieurs comme Périllat, Killy, Goitschel et Famose, le ski français serait longtemps resté loin derrière l'Autriche.  

Gérard est tout à fait d'accord ; il ajoute : « Moi aussi, je n'oublierai jamais ces autres gars qui ont traversé la planète pour venir skier à Mt. Buller et qui ont ainsi contribué à l'effort de promotion du ski français dans cette partie du monde. Le premier qui me vient à l'esprit c'est bien évidemment Alexis, qui a dirigé l'école de ski pendant 14 saisons, Jean-Pierre que je n'ai plus jamais revu depuis ces années, et tous ceux qui sont encore avec nous comme Michel Rudigoz, Maurice Jaun et bien d’autres, qui tous ont ouvert la voie à notre expérience unique… »  

Il est absolument vrai que nous sommes tous redevables auprès ceux qui ont fait ce grand saut dans l’inconnu en 1966, pour promouvoir la technique du ski français à Mt. Buller, et tous ceux qui depuis ont continués à porter son flambeau.

Tout le savoir-faire que nous avons acquis et perfectionné à Mt. Buller nous a fourni les outils qui allaient aider nos carrières, nous faire rencontrer des gens remarquables et acquérir une compréhension plus approfondie du secteur du ski, de son petit univers passionnant et de notre belle et précieuse planète ...




mardi, septembre 07, 2021

Un premier tour du monde, 51e partie

Si vous avez suivi l’histoire de notre 50e anniversaire d’aventures Australiennes, Gérard Bouvier, Marcel Grivel-Dellilaz, Jean-Pierre Chatellard ainsi qu'Alexis Saudan, son fils Christophe et moi, étaient les seuls protagonistes dont nous avons le plus parlé. 

Nous avons également mentionné le reste du personnel attaché à notre groupe, mais un moniteur de ski français reste manifestement absent jusqu'à présent, et c'est Philippe Coutaz. C'est simplement parce que nous ne savions pas ce qu’il était devenu. 

Heureusement, quelques recherches et, comme souvent, un peu de chance, nous ont mis sur sa trace. La saison 1971 était déjà lancée, quand Philippe nous est arrivé de Chamonix. 

Nous connaissions tous son père, Edgar Coutaz, le Contrôleur de l’Enseignement du Ski Français. Philippe était moniteur « Capacitaire » et comptait sur deux saisons d'enseignement en Australie pour passer au niveau « Auxilliaire ». Il semblait très intelligent et adaptable, et en plus, parlait bien l'anglais. 

Cependant, comme il se trouvait parachuté en cours de saison, il n'a pas été facile pour lui de s'intégrer dans notre groupe assez soudé, et nous n'avions pas trop fait d'efforts pour l'intégrer, ce qui était dommage. 

Philippe semblait aussi plus introspectif que nous tous, et la différence d'âge, aussi minime qu’elle soit, joua aussi un rôle. 

Tout comme Gérard et moi, Philippe a fait deux saisons à Mt. Buller, en 1971 et en 1972. 

Un peu plus tard, en 1985, Philippe décrochait un doctorat en économie à New York University et et a poursuivi sa carrière dans les secteurs économique et bancaire.

lundi, septembre 06, 2021

Un premier tour du monde, 50e partie

Dans le langage populaire tel qu’il se pratiquait le long des bars de Mt. Buller, le mot « bird » (oiseau) était un mot utilisé très couramment par les garçons pour parler des filles dans le contexte social de cette petite station (aujourd'hui, cette façon de parler serait considérée comme très sexiste et particulièrement condescendante). 

Les oiseaux dont je veux parler, cependant, ont des plumes, et sont ceux qui volaient tout autour de nous, ou qui chantaient tôt le matin pour nous réveiller alors que nous aurions préféré rester au lit beaucoup plus longtemps. 

Beaucoup de ces volatiles avaient un chant très différent de ce que les hivernants peuvent entendre dans la plupart des stations de ski du monde où les quelques créatures volantes qui s’obstinent dans la froideur hivernale ne sont que des rapaces affamés, des choucas ou des corbeaux à l’affût des poubelles. 

Pas à Mt. Buller, la station de ski « exotique », qui abritait une variété de perroquets, comme les cacatoès, il y avait aussi des Kookaburras et des Rosellas qui sortaient du lot en véritables oiseaux paradisiaques. 

Ceux-ci ne ressemblaient à aucune autre espèce rencontrée dans les Alpes ou les Montagnes Rocheuses pendant une longue saison d’hiver toujours très monochrome. 

Ces oiseaux apportaient des couleurs, un peu de chaleur, et des chants qui faisaient rêver et sentaient bon le paradis !


dimanche, septembre 05, 2021

Un premier tour du monde, 49e partie

L'argent n'était pas l’élément motivateur pour aller enseigner le ski en Australie, loin de là ! Rappelez-vous que nous étions payés 60 dollars australiens (50 dollars US) par semaine, ce qui n'était pas beaucoup, mais nous étions nourris et logés et notre voyage aller-retour était payé depuis l'Europe. 

En fait, après avoir payé impôts et assurances, cela revenait à peu près à que je gagnais en qualité de moniteur capacitaire (Marcel et moi avions juste obtenu l’auxiliaire) et 20 dollars de mieux par semaine que le salaire minimum français ! 

A ce rythme, il aurais fallut travailler 29 semaines d'affilée pour s'acheter une Citroën 2cv neuve, sans compter les contributions à l'assurance maladie et à l'impôt sur le revenu ! 

Pourtant, nous avions besoin de chaque dollar qu’il nous était possible de gagner car nous avions tous d’ambitieux projets de voyage pour la fin de saison qui devaient nous emmener vers des lieux exotiques, donc tout ce que l'on pouvait mettre de coté comptait. Bien sûr, en partant nous allions vendre le matériel gratuit que nous avons reçu de Dynamic, Dynastar, Rossignol et Kerma, mais cela n’allait pas représenter beaucoup plus qu'une semaine de travail à l'école de ski. 

Comme les États-Unis, l'Australie utilisait une devise en dollars dont la valeur, à l'époque, se montait environ à 83% du dollar américain (1 AUS$ = 4,55 francs français). Jusqu'en 1966, il n'y avait que la livre australienne comme en Angleterre, mais le 14 février de cette même année, celle-ci avait été remplacé par le dollar australien.

Quand nous sommes arrivés, il était assez surprenant de voir la frimousse de la reine Elizabeth sur le billet d'un dollar et je n’arrivais pas à comprendre pourquoi un pays comme l'Australie qui se targuait de son égalitarisme et de son esprit d'entreprise, était toujours sous le joug de la couronne britannique et membre du Commonwealth. 

En fait, l'Australie était encore une monarchie constitutionnelle, dont la reine était le chef d’État. Bon, j’ai vite oublié tout ça et j'étais content de recevoir mon salaire chaque semaine. Je me suis toujours demandé si John Hilton-Wood nous paierait pour le temps supplémentaire pendant lequel Jean-Pierre et moi étions retenu sur le paquebot, mais j'étais encore plein d'illusions à l'époque, et il ne l'avait manifestement pas fait. 

Pourtant, Alexis en avait touché mot auprès de John qui nous avait permis de rester un peu plus longtemps pour rattraper le manque à gagner pendant que nous nous amusions comme des fous sur le Galileo-Galilei. Je n'avais jamais réalisé la gentillesse de ce geste jusqu'à aujourd’hui ; merci Alexis !

samedi, septembre 04, 2021

Les États-Unis auraient-ils pu empêcher la résurgence des talibans ?

Lorsque les États-Unis pensaient avoir expulsé les talibans après qu'ils aient occupé l'Afghanistan de 1996 à 2001, Bush, son président alors, s'est concentré sur « l’édification de la nation », promettant que les femmes seraient libres, afin de faire plaisir à l’électorat féminin, et la création d’une armée afghane à l’image de celle de l’Amérique. 

Les talibans furent plus pragmatiques. Au lieu de dépenser l'argent qu'ils n'avaient pas, comme Bush l'a fait, ils ont décidé d’abord de construire un empire financier afin de se regrouper et d’éventuellement reprendre le contrôle du pays. À ce jour, ils ont reconstruit leur force combattante d'environ 30 000 hommes en 2010 à peut-être 100 000 aujourd'hui. 

Ils y sont parvenus en créant un flux de revenus qui s'est élevé à 400 millions de dollars par an vers 2011 et pourrait avoir désormais atteint 1,5 milliard de dollars. Pour ce faire, leur trésorerie s’est mise en place grâce à une variété de revenus et à un système d’imposition universel. 

D'abord sont venus des dons étrangers, provenant de suspects bien connus comme le Pakistan, l'Iran et Poutine (l'homme était trop heureux de renvoyer l’ascenseur, suite à l’aide apportée par Reagan pour soutenir les moudjahidin) même si chaque parti nie tout ça. 

En plus, des citoyens privés au Pakistan et dans d’autres pays du Golfe comme l'Arabie Saoudite, les Émirats Arabes Unis et le Qatar ont mis leur argent à contribution pour des montants de l’ordre du demi-milliard de dollars par an. Une autre bonne raison d'acheter une auto électrique !

Ensuite, les talibans ont mis en place une extorsion généralisée et ont puisés dans le commerce de la drogue (l'Afghanistan est le plus grand producteur d'opium au monde), pour accumuler encore plus de fonds. Les exportations annuelles d’opium seraient estimées à plusieurs milliards de dollars et emploient près de 120 000 Afghans. 

Où étaient nos bombardiers B-53 qui auraient dû pulvériser ces champs d'opium ? Bien sûr, les talibans nient leur implication dans tout trafic de drogue. La taxe de 10 % perçue auprès des cultivateurs et des raffineurs d'opium leur rapporterai jusqu'à 400 millions de dollars supplémentaires par an. 

Le réseau financier des talibans s'étendrai bien au-delà d’une simple taxation du commerce d'opium ; dans une lettre datant de 2018, les talibans avaient sommés tous les commerçants afghans de payer des taxes sur toutes les marchandises - y compris carburant et matériaux de construction - lorsqu'ils traversaient les zones qu'ils contrôlaient. 

Après avoir renversé le gouvernement afghan, les talibans contrôlent désormais toutes les routes commerciales du pays, ainsi que les postes frontières, leur permettant de taxer tout ce qui y transite. 

Pour couronner le tout, les talibans se sont également remplis les poches en taxant tout l'argent que nous avions donné aux Afghans pour construire leurs infrastructures et établir leurs services. Bravo ! 

Par exemple, l'Afghanistan's Electricity Company a déclaré à la BBC qu'en 2018, les talibans détournaient plus de 2 millions de dollars par an en facturant de l'électricité aux consommateurs. Il y a aussi les ressources minérales et autres pierres précieuses du pays, encore sous-exploitées en raison de toutes ces années de guerre. 

Cette ressource est estimée à 1 milliard de dollars par an, selon le gouvernement afghan. Les talibans ont déjà pris le contrôle de certains sites miniers et extorqué de l'argent aux opérateur, qu'ils soient légaux ou illégaux. 

Tout cela pour dire que la tâche la plus facile pendant ces 20 années d'occupation que nous avons totalement choisi d'ignorer, aurait été de couper ces sources de revenus et d'assécher les flux financiers qui enrichissaient les talibans et renforcaient leur pouvoir agressif. 

Au lieu de faire cela, nous avons donné de l'argent à des dirigeants Afghans corrompus, croyant que leur culture médiévale arriérée allait tout d’un coup tourner en conte de fée, en espérant que ces dirigeants seraient honnêtes et que l'armée d'inspiration américaine fonctionnerait. 

C’est assez incroyable de penser à quel point nous pouvions être aussi naïfs ou mieux encore, à quel point nous étions idiots de croire que notre Congrès qui ramasse son argent auprès des grandes sociétés pétrolières et du complexe militaro-industriel agirait différemment ...

vendredi, septembre 03, 2021

L'arme secrète de Valéry Giscard d'Estaing


Pour ceux qui ne s'en souviennent pas, ne l’on pas connu, ou ne faisaient tout simplement pas attention, Valéry Giscard d'Estaing, connu aussi sous le nom de Giscard, ou VGE, était un homme politique français qui fut président de la France de 1974 à 1981. 

Il est décédé en 2020 à l'âge de 94 ans. Une longue vie, remplie d'importantes réalisations, et à mon avis résultant du port de ce qu'on pourrait appeler une "cravate magique". 

Cette photo de VGE en train de skier dans les années 60 fait état d’un certain nombre de détails tangibles qui appuient bien ce que j’avance : 

1. Il n’a nul besoin de protection ; il skie tête-nue, il ne porte ni bonnet de ski, ni casque. 

2. Bien qu'il soit chauve, je pense qu'il n’utilise pas de crème solaire. Les rayons ultra violets ne peuvent pas le toucher. 

3. Sa vue doit être excellente. Il n'a pas non plus à se soucier de l'effet des UV sur sa vision et ne porte ni lunettes de soleil ni masque de protection. 

4. Il est insensible au froid et ne porte pas d’anorak. 

4. Grâce à un équilibre hors du commun il n’a pas besoin de se tenir à la perche du téléski. 

Toutes ces observations valident le pouvoir magique de la cravate de Giscard et me portent à penser que  touts les dispositifs sécurités qu’on nous fait aujourd’hui avaler font plus ou moins partie de toutes ces théories du complot !

jeudi, septembre 02, 2021

Un premier tour du monde, 48e partie

En tant que station de ski australienne, Mt. Buller se trouvait « noyée » au beau milieu d'une forêt d'eucalyptus. 

Longtemps après une chute de neige, les branches flexibles de l'arbre se redressaient et cachait tout l’environnement avec leur verdure qui durait toute l'année, mais sous le poids d'une récente chute de neige, leur couronne feuillue s'effondrait presque, révélant toutes les habitations et autres structures du village. 

La petite communauté jouait ainsi à cache-cache au gré des chutes de neiges ! En plus du nom d’eucalyptus, ce type d’arbre particulièrement flexible était aussi appelé « gum tree » (gommier) ou encore « snow gum » (gommier des neiges).
En tout cas, l’eucalyptus était l'arbre omniprésent dans le paysage australien, qui en plus, gardait ses feuilles et restait vert toute l'année. Avec plus de 800 espèces, ces arbres dominent les panoramas ruraux, constituant forêts, zones boises et bouquets d’arbustes en tous lieux à l'exception des déserts les plus arides. 

Comme je l’ai indiqué plus haut, ces arbres sont souvent appelés « gommiers » en raison de la substance collante qui s'écoule quand l'écorce est blessée. La vue et l'odeur de l'eucalyptus font également partie de la vie australienne ; c'est un parfum que j'ai toujours associé depuis à mon expérience australienne. 

En fait, cette espèce de brume bleue qui provient des huiles d'eucalyptus est ce qui s’échappent des forets dans les chaînes de montagnes à l'ouest de Sydney qui a donné leur nom aux Blue Mountains. Dans les Alpes Australiennes ou Snowy Mountains, ces arbres sont aussi appelés « snow gums ». 

En hiver, les eucalyptus cessent tout simplement de pousser et ne produisent pas de nouveaux bourgeons, mais lorsqu'ils poussent, certains d'entre eux, dans les plaines, peuvent atteindre plus de 90 mètres de haut, soit bien plus que tous les autres arbres sauf les séquoias de Californie ! 

Comme pour la plupart des arbres, la durée de vie des eucalyptus varie selon l'espèce, mais la plupart peuvent espérer vivre plus de 250 ans en pleine nature. En plus d'être très parfumées, leurs feuilles sont riches en huile qui peuvent être utilisées pour soulager les symptômes de bronchite, les maux de gorge et les congestions nasales … 

Trois principaux eucalyptus composent les forêts des montagnes où nous nous trouvions. Les Sallees noires et blanches (eucalyptus stellulata et pauciflora) sont touts deux des gommiers des neiges et sont uniques à l'environnement alpin. 

Ces arbres se sont tordus et déformés sous des conditions météorologiques particulièrement difficiles et ont de belles couleurs, surtout lorsqu'ils sont mouillés. Le « candelbark » (eucalyptas rubida) pousse beaucoup plus haut et plus droit que les gommiers des neiges et prends un beau tronc rouge pendant les mois plus chauds de l’année. 

En plus des eucalyptus, il y avaient aussi des acacias. On en trouvait deux espèces autour de Mt. Buller, l'acacia delbater et l'acacia melanoxolin. Ceux-ci abritaient les oiseaux et offraient des couleurs supplémentaires pour agrémenter la palette printanière. 

Je me souviendrai toujours de ces belles matinées ensoleillées, de la neige gelée sur les pylônes et les câbles des remontées mécaniques, mêlées au parfum enchanteur des eucalyptus !

mercredi, septembre 01, 2021

Toyota et les talibans

Depuis des décennies, la grande marque japonaise est connue pour sa robustesse, sa durabilité et sa fiabilité. Bien qu’elle n'a jamais été particulièrement innovante, sauf peut-être pour la Prius, mais dans l'ensemble, les véhicules qu'elle propose fonctionnent bien. 

Daech semble le savoir aussi bien que les talibans. Je présume que ces deux groupes ne sont pas très doués pour entretenir leurs véhicules, peut être sont-ils juste capables de regonfler les pneus et de changer l'huile à l’occasion, mais les soins qu’ils prodiguent à leur autos doit, avec les pleins d’essence, se limiter à peu près à cela. 

Les deux ont utilisé des 4x4 comme la camionnette Hilux, version outre-mer du Toyota Tacoma ou "Tac" comme dirait mon petit-fils, et les Toyota Land Cruisers que nous connaissons en amérique.

Nous les avons vus semer la panique aux volant des véhicules pendant la campagne de Daech en Irak, en Syrie et en Libye, et plus récemment aux mains des talibans lors de sa reconquête de l'Afghanistan avec leurs camionnettes chargées d'armes lourdes et leurs plateaux remplis d’affreux terroristes barbus et hirsutes ... 

Bon, Toyota est mal à l'aise avec cette publicité indésirable, mais pourtant très efficace et aimerait se désengager de tous ces brigands en soutenant publiquement une enquête du département du Trésor américain sur la façon dont certains de ses véhicules se retrouvent aux mains de ces terroristes. 

Toyota a également annoncé une nouvelle politique lors du lancement du modèle 2022 du Toyota Land Cruiser, le modèle le plus ancien de la société. Après sa mise en vente au Japon le 2 août, au prix d'environ 46 500 dollars, le constructeur automobile a annoncé que quiconque en achèterait un devrait signer un contrat promettant de ne pas revendre le véhicule dans un délai d'un an. 

Cela n’empêchera pas ceux qui on exportent des véhicules japonais d’occasion à travers la mer du Japon, en direction de Vladivotok, le plus grand marché de véhicules nippons au monde, et de continuer leur affaires florissantes et conserver leur clientèle que celle-ci soit ou talibane ou autre. Bien hypocrite, tout ça …


mardi, août 31, 2021

Covidite aiguë

Après 18 mois, le monde entier est maintenant bien malade de la Covid. Je ne parle pas de la Covid-19 à part entière avec hospitalisation et mise sous respirateur, mais du mal que nous avons à vivre simplement sous cette menace omniprésente, cette incertitude persistante et avec tout ce bruit de fond qui est autant inutile que destructeur. 

Les liquidités débridées avec taux d'intérêt poussés à zéro qui n'ont aucun sens, le marché boursier non plus et l'héritage de Trump en matière de diabolisation des masques et des vaccins a créé trop de chaos et de dommages inutiles et irréparables. 

Peu importe à quel point nous sommes forts mentalement, cela ressemble à une histoire dystopique sans fin, une période « glacière » éternelle si vous préférez, et, avec le temps, cette crise persistante devient très difficile à supporter. 

Je souffre peut-être d’une forme d’hyperactivité, mais j'aime créer des choses, aller de l'avant, essayer de nouvelles routes, mais je m’en sens incapable ! 

Un peu comme si j’étais en quelque sorte freiné par cette psychose sociale appelée Covid-19. Ma motivation habituellement forte semble émoussée et je ne peux pas retrouver mon élan naturel. Est-ce l'âge, la Covid ou les deux ? Est-ce juste moi, ou ressentez-vous la même chose ?

lundi, août 30, 2021

L'armée que nous avons …

Bien avant qu’il quitte ce monde, le secrétaire à la Défense, Donald H. Rumsfeld, avait déclaré : « Il faut faire la guerre avec l'armée qu’on a ». Je suppose que, sur la base de son commentaire, notre armée était loin d'être au point au début des guerres d’Afghanistan et d’Irak. 

Est-ce que ça s'est amélioré ? Pas en ce qui concerne la qualité et les résultats de nos opérations sur les deux théâtres, si l’on tient compte du temps passé sur place, de toutes les victimes et du coût obscène de notre intervention. 

C'est pourquoi j'aurais maintenant tendance à être d'accord avec ce « faucon » qu’était Rumsfeld, car notre performance militaire ne m'a pas non plus impressionné, en particulier au cours des deux dernières décennies passées en Afghanistan. 

En tentant de pacifier la population et d’entraîner une nouvelle armée, nous avons gaspillé plus de 2 000 milliards dollars pour chacune des deux guerres ! Les hauts gradés n'arrêtaient pas de nous promettre que le revirement culturel de ce pays arriéré et l’issue victorieuse du conflit étaient toujours « imminents » et que le mois suivant verrait enfin de vrais progrès. 

Si Biden n'avait pas soudainement stoppé cette incompétence à répétition, nous aurions pu rester dans ce pays pendant encore 30 ans sans voir une seule preuve tangible d'amélioration. 

Bien sûr, c'est maintenant au tour de Biden d'être blâmé alors que tout le blâme doit être imputé à l'institution militaire la plus coûteuse au monde. Si nous n’avons pas affaire ici à une incompétence lamentable de la part de nos généraux présents et passés, je ne sais pas ce que qu’incompétence veut encore dire.

Aujourd'hui, face à cet échec total, à ce manque de bon jugement et de plans appropriés, je me demande s'il reste à nos militaire une stratégie qui tienne la route pour défendre notre pays si jamais nous étions attaqués ...

dimanche, août 29, 2021

Un premier tour du monde, 47e partie

Pour ce qui est de mes pistes de ski préférées à Mt. Buller, j'en ais peut-être laissé une autre pour la fin; à savoir, Federation, qui à l'époque faisait partie du réseau des Orange Lifts, donc de la concurrence. 

On pouvait y skier parce qu'on nous y donnait libre accès, car j’imagine qu'il existait une réciprocité entre les remontées Bleues et Orange permettant aux moniteurs de ski d'aller sur les deux réseaux. 

D'un point de vue ski, les pistes au départ de Federation ressemblait beaucoup à celles de Bull Run, la taille de la combe desservie étant quand même plus petite, mais cela restait du très bon ski sur une pente bien raide, surtout avec une bonne qualité de neige quand il y avait une couverture suffisante pour skier partout. 

N'oubliez pas qu'à cette époque, Mt. Buller n'avait pas de canons à neige et que le bas des pistes de ski orientées au sud était trop souvent à la limite d’enneigement naturel. Avec un dénivelé de seulement 190 mètres, la combe de Fédération était nettement moins profonde que celle de Bull Run. 

La particularité de Federation était son « bluff », c’est à dire cette petite falaise arrondie qui traversait le sommet d'un côté à l'autre et constituait une transition naturelle entre pente douce et mur très raide. Par rapport aux pistes de Bull Run, les pistes de la Fédération étaient beaucoup plus boisées, ce qui corsait une peu les lieux, car personne n’a envie d’embrasser un eucalyptus en ratant un virage ! 

Ce téléski à archets était donc un autre de mes lieux de prédilection où j'aimais m'échapper quand j'avais du temps pour skier à titre personnel. Le terrain était apparemment plus accidenté que celui de Bull Run, mais suffisamment varié pour justifier le déplacement. 

Contrairement aux autres téléskis à archets, celui là était fabriquée par GAM, une maison australienne. Juste à temps pour le saison 1981, cette remontée a été remplacée par un télésiège triplace à pinces fixes fait par Doppelmayr, offrant un dénivelé beaucoup plus important atteignant 332 mètres. 

Je ne sais pas où ils ont trouvés les 142 mètres de dénivelé supplémentaires, très probablement je pense en déplaçant la station supérieure beaucoup plus haut vers le sommet plat, et en reculant la station de départ un plus bas dans la pente.

Au vu de tous ces changements, il faut absolument qu’on y retourne tous, le plus vite possible, pour comparer Bull Run et Federation avec tout le reste!

samedi, août 28, 2021

Un premier tour du monde, 46e partie

À Mt. Buller, il y avait souvent du brouillard, beaucoup de pluie et de crachin, parfois - Dieu merci ! - de la neige et, de temps en temps, des monticules de glace sur les remontées mécaniques comme je n'en avais jamais vu auparavant. 

Il est vrai que la grande humidité, l’espèce de bruine qui régnait souvent, l’air quasi-maritime, le tout saisit par un coup de froid et de givre soudains, créaient les conditions parfaites pour ce genre de phénomène.

Ces jours-là, tôt le matin, alors que nous étions encore bien au chaud dans nos lits, l'équipe d’entretien des remontées mécaniques se mettait au travail pour enlever tout le givre et la glace qui paralysait notre réseau afin que tout soit prêt pour l’ouverture. 

Avec le genre de climat sous lequel nous étions, nos téléskis à perches ou à archets ainsi que notre télésiège se retrouvaient totalement paralysés sous cet amoncellement de glace. Les conditions météorologiques extrêmes et volatiles dans lesquelles nous nous trouvions bloquaient ainsi toute nos remontées mécaniques. 

Le personnel devait d'abord évaluer la quantité de glace gelée sur le volant, au départ, sur toute la ligne et ses pylones. En dépit des températures glaciales et de vents souvent violents, l'équipe grimpait sur les pylônes. Armés de marteaux en aluminium, ils frappait pour briser et faire tomber tous ces blocs de givre et de glace. 

En tapant très fort, les vibrations des marteaux décollaient souvent la glace jusqu’aux chaises voisines, sur de longues sections de câbles, entre les pylônes, ainsi que sur les trains de galets qui y étaient attachés. 

Parfois, lorsqu'il était trop exposé aux éléments, le volant principal donnait du fil à retordre à ceux qui étaient chargés de le libérer de la glace. 

Bien sûr, sur notre seul télésiège et partout ailleurs du reste, il était essentiel de s'assurer que toute la glace soit complètement éliminée pour éviter toute chute ultérieure pouvant blesser les skieurs évoluant en contrebas. 

Bien que je n'ai jamais vu ces accumulations de glace dans les Alpes ou les Rocheuses américaines, ces situations sont également possibles dans certaines stations de Colombie-Britannique, au Japon, en Scandinavie et bien sûr, en Nouvelle-Zélande ...

vendredi, août 27, 2021

Combien de plus ?

Juste hier, cela faisait 36 ans que nous sommes arrivés à Park City et avons commencé à nous enraciner dans cet endroit magique. 

Alors que nous commençons notre 37e année en tant que « Parkites », combien d'années pouvons-nous encore espérer profiter de ce lieu idyllique ? 

Si c'est une de plus, cela fera de Park City l'endroit où j'aurai passé la moitié de ma vie par rapport à tous les autres lieux où j'ai vécu depuis ma naissance. 

Combien d’années encore pour moi à Park City ? Je les prends toutes tant que je reste en bonne santé et je m’efforcerai d’en faire le meilleur usage possible dans ce qui est pour moi un petit paradis sur terre !

Un premier tour du monde, 45e partie

Rétrospectivement, je pense que Kooroora était la piste de ski la plus dangereuse de tout Mt. Buller, en raison de sa « culture alcoolisée » un peu déjantée. Je pense aussi que les Australiens étaient de gros buveurs. Eh bien, oui et non. 

Ils comptaient en effet parmi les plus grand buveurs du monde, avalant plus de dix litres d'alcool pur par an, du moins selon certaines données que j'ai lues récemment. Je suis sûr que cela n'a pas beaucoup changé depuis que nous avons cessés de fréquenter Kooroora. 

Selon l'Organisation Mondiale de la Santé, les Australiens boivent plus d'alcool pur par an que les Américains, les Canadiens et les Japonais. Le rapport indique que : « Les Australiens boivent 10,6 litres d'alcool pur chaque année, bien plus que la moyenne mondiale de 6,4 litres. » 

La raison pour laquelle nous avons survécu les dangers de Kooroora est que nous avions auparavant bénéficié d'une formation très sérieuses en France, pays dans lequel, le même rapport affirme que l’individu moyen avale plus de 12 litres d'alcool pur, battant les Russes qui ne pouvait guère en descendre que 11,7 litres et du coup, les australien ! 

Alors, qu'en est-il de l'Amérique ? Nous sommes toujours en dessous des 10 litres, mais Covid-19 pourrait faire dérailler ce bon comportement. 

Le rapport a également révélé que les Australiens figuraient parmi les meilleurs du monde en matière de beuverie, 45% d'entre eux étant identifiés comme tels. 

Ce « binge drinking » ou « beuverie express » comme on dit en français, affecte principalement les jeunes âgés de 15 à 19 ans. Ce comportement est défini comme une « consommation épisodique abondante » où 60 grammes d'alcool pur sont consommés d’un seul coup, catégorie qui propulse l'Australie presque au sommet des statistiques mondiales. 

Il devait bien y avoir déjà un virus de « beuverie express » lorsque nous étions à Mt. Buller, et ceux d'entre nous qui n'étaient pas vaccinés ont du l’attraper. Ce qui est sûr, c'est que nous nous pointions pourtant toujours tous les matins, à l'heure, pour donner nos cours collectifs de ski. Á 23-24 ans, nous nous sentions encore absolument invulnérables ! 

Cela dit, je suis content que nous ayons quitté le bar Kooroora un peu avant le delirium tremens et bien avant qu'on nous enterre au cimetière de Mansfield... Je vais donc trinquer à notre survie !

jeudi, août 26, 2021

Un premier tour du monde, 44e partie

J'ai toujours été très intéressé par la technique d'enseignement du ski. Peut-être est-ce dû au fait qu'enfant j'ai appris à skier tout seul, et que je n'ai jamais bénéficié d'aucun encadrement jusqu'à ce que je commence à travailler dans une école de ski et à suivre les stages de formation à l'ENSA de Chamonix. 

Ce manque d'apprentissage de base a dû stimuler mon intérêt et ma curiosité dans ce domaine. L’École du Ski Français du Mont Buller était bien naturellement orientée sur l'enseignement de la technique française, d'autant plus que depuis le début, ses dirigeants, de Maurice Jaun à Alexis Saudan ou encore Gérard Bouvier, faisaient tous partie du corps enseignant de l'ENSA. 

Juste à côté, à l'école de ski autrichienne, les choses étaient différentes et peut-être moins orthodoxes que la pure technique de ski autrichienne. Parce que nous étions voisins, ils étaient bien difficile pour moi d’ignorer ce qui s’y passait, et je dois dire que leur simple présence avait stimulé mon intérêt à en savoir plus sur leur méthode d'enseignement. 

J'aimerais donc d'abord passer quelques instants à expliquer l'approche autrichienne de l'enseignement du ski. Celle-ci s'est développée après la Seconde Guerre mondiale, lorsque le professeur Stefan Kruckenhauser a pris la direction du Foyer des Sports (l'ENSA autrichienne) à St. Christoph, juste au-dessus de St. Anton, en Arlberg. 

A partir de 1955, Kruckenhauser devient l'évangéliste de sa technique "Wedel" et la diffuse dans le monde entier. En 1956, l’Österreichischer Schi-Lehrplan (Mémento du ski autrichien) est également publié et ce livre s’avère très vite devenir un best-seller traduit dans de nombreuses langues. 

Disons qu'il était l'équivalent du livre écrit par le tandem français Paul Gignoux – Emile Allais, sauf que leur "Ski Français" sorti en 1937 n'a, à ma connaissance, jamais été traduit et par conséquent, la notoriété généralisée de la technique autrichienne peut être attribuée à ses efforts de tout faire pour traduire et diffuser cette technique de base.

Pour simplifier, « Wedel » (godille) sacrifiait l'apparence pour l'efficacité, ce qui n'était pas loin ni différent de l'obsession française pour le « Christiana léger ». Ce programme est resté en vigueur jusqu'en 1970, mais Kruckenhauser et ses moniteurs ont fait de leur mieux pour observer la confluence de la technique de compétition et de celle de l’évolution du matériel, pour trouver des solutions et faire évoluer leur méthode. 

Tous ces développements techniques et en particulier la "Wellen Technique" (qui aurait pu signifier "surfer sur les vagues") venaient d'apparaître après l’Interski d'Aspen en 1968, juste avant que nous nous trouvions à Mt. Buller, dans le nouveau "Austrian Ski Curriculum" (cursus autrichien du ski), qui avait été publié par l'association des moniteurs de ski autrichiens. 

À peu près à la même époque, le 1er janvier 1970, Georges Joubert publie son fameux bouquin « Pour apprendre soi-même à skier », qui est aussitôt traduit en anglais (bravo Jojo !) et plus tard en allemand, et validait ainsi la nouvelle approche de la « trace large » que venait de proclamer Kruckenhauser qu’on appelait aussi « le Pape du ski ». Son propre gendre Franz Hoppichler, qui avait commencé par diriger le foyer fédéral des sports d'Obergurgl en 1959, allait prendre la direction de celui de St. Christoph en 1972. 

En somme, ce changement de direction est né de l'observation de Killy, de sa forme de ski efficace, voire iconoclaste, et avait commencé à éloigner l’enseignement autrichien de sa philosophie dogmatique avec son obsession pour le style parfait et « l’inversement d’épaule », adoptant une trace large et une façon plus utilitaire de skier. C'était aussi une réponse défensive par rapport à la popularité croissante de la technique française. Cette nouvelle approche autrichienne contenait bien sûr un élément discutable d’allègement par flexion, mais personne n'est parfait !

Une chose notable est que Kruckenhauser préconisait de garder les débutants sur des skis courts jusqu'à ce qu'ils comprennent les éléments de base et aient définitivement adopté le sport, rendant l’activité beaucoup plus ludique avec des skis de 1,50 mètre pour les femmes et de 1,70 maximum pour les hommes. 

Il s’agissait là d’une excellente initiative et, à ce jour, je ne peux toujours pas comprendre pourquoi la technique française ne lui a pas emboîté le pas. Pour moi, une longueur excessive de planches reste un obstacle tyrannique à l'apprentissage. Je me souviens qu'à l'ESF, tous les moniteurs (les gars) étaient sur des skis de 207 cm ! 

L'école de ski autrichienne du mont Buller était dirigée par l’autrichien Walter Frois, de Wolfurt au Voralberg, siège des remontées mécaniques Doppelmayr. La saison australienne terminée, il retournait à Alpine Meadows, en Californie, où il dirigeait également l'école de ski et y travaillait avec Mike Porter qui allait plus tard reprendre le flambeau, avant d'avoir une très belle suite de carrière à Vail. Selon Mike, de retour au pays, Walter a continué d’enseigner à Zürs jusqu’il a 2 ou 3 ans, et vit maintenant à Daalas, un petit patelin au pied de la station de ski de Sonnenkopf.

Á Mt. Buller, son équipe comprenait des Autrichiens, bien sûr, mais aussi des Suisses comme Pierre Pfister, de Glion sur Montreux, René Zeller et quelques Américains comme Mike Porter, et tout le groupe enseignait un cocktail de technique austro-suisse-américaine à leurs élèves, y compris l’allégement par flexion et la trace large. 

En l'absence des lignes de cotes de nos ski modernes (nous sommes toujours en 1971), l’allégement par flexion ne pouvait pas fonctionner avec des skieurs novices car cette nouvelle théorie nécessitait une vitesse importante dont les débutants étaient totalement incapables. L'ancienne méthode française de flexion-extension restait encore une solution beaucoup mieux appropriée et adaptée à l'apprentissage …

mercredi, août 25, 2021

Pourquoi est-ce si difficile d’être un bon leader ?

Au fil des ans, j'ai eu de nombreuses occasions d'occuper des postes à responsabilité et je peux attester que de se trouver sous le feu des projecteurs et toujours beaucoup plus difficile que gratifiant. Prendre des décisions au quotidien, devient constamment un mal nécessaire. 

Il est vrai que ce genre de voie est souvent minée d’écueils en tous genres, et tandis qu'on apprend à éviter ceux-ci dans la mesure du possible, les accidents inévitables font très vite partie du prix qu’il faut payer. En d'autres termes, les dirigeants doivent accepter que dans le processus décisionnel, les échecs sont inévitables et doivent être acceptés comme faisant partie de l’environnement dans lequel il faut évoluer. 

Il me semble que plus un leader – ou n'importe qui, du reste – prend de décisions, la qualité de celles-ci ne cesse de s’améliorer et, avec le temps, le taux d'échec est susceptible va baisser graduellement. La plus grande difficulté c’est justement de se mettre en marche, d'accélérer le processus et de se mettre à décider. 

Il y a souvent beaucoup de peine et de revers qui attendent le décideur au virage lorsque les résultats ne sont pas ceux qui étaient escomptes. C’est comme ça, on n’a jamais rien sans rien. Tout le monde veut être considéré comme un vrai leader, mais il y a très peu de candidats prêts à se faire sanctionner si les choses tournent mal. 

C'est donc là que l’on comprend pourquoi il y a si peu de chefs d'État sont taillés pour diriger. 

Le leader en herbe doit accepter que le chemin soit ardu et qu’il lui faudra vivre avec toutes les critiques et les huées qui attendent au tournant avant de pouvoir savourer les victoires...