Si cultiver la curiosité est généralement une bonne chose, restons bien conscient qu’il existe aussi des formes malsaines. Chercher des réponses n'est pas toujours synonyme de sagesse et peut se transformer dans les écarts qui suivent :
- Une consommation compulsive d'informations
- Une intrusion dans la vie d'autrui
- Une fascination pour le sensationnalisme
- Une errance sans fin dans les méandres d'Internet
- Une accumulation de faits sans en saisir le sens
- Une quête incessante de nouveauté au détriment de la concentration.
Il convient donc de distinguer la recherche de nouveauté de la véritable curiosité. La recherche de nouveauté demande : « Quoi de neuf ? » La curiosité demande : « Qu'y a-t-il d'intéressant ici que je ne comprends pas encore ? » Cette seconde approche est bien plus profonde. C'est peut-être là le plus grand bienfait d'une curiosité saine : elle constitue l'un des meilleurs antidotes à la certitude.
Lorsque nous sommes certains de savoir, l'investigation s'arrête ; mais lorsque nous nous disons « Je me demande... », la porte s'ouvre à nouveau. C'est pourquoi je pense que la curiosité et l'humilité sont étroitement liées.La personne curieuse reconnaît implicitement : « Ma vision de la réalité est incomplète », et cette prise de conscience gagne en valeur avec l'âge. Si je devais résumer cette idée en une seule phrase, je dirais ceci : le savoir nous indique ce que nous connaissons, tandis que la curiosité nous rappelle tout ce qu'il reste à découvrir.
C'est peut-être l'une des raisons pour lesquelles une personne véritablement curieuse peut garder un esprit jeune bien après avoir pris de l'âge .

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