samedi, avril 04, 2026

Voyage vers la Lune ou guerre en Iran ?

Alors que nous regardions le lancement d'Artemis II ce mercredi, ma femme m'a demandé combien cette balade autour de la Lune va coûter aux contribuables américains, alors même que nous avons tant d'autres priorités qui restent ignorées. 

Avant d'aller plus loin, gardez à l'esprit que nous parlons ici d'argent que les États-Unis n’ont pas et qui viendra s'empiler sur notre dette, qui atteindra bientôt les 40 000 milliards de dollars. 

Et bien la réponse est plus de 4 milliards de dollars par voyage. Si l'on considère les quatre missions Artemis I à IV, leur coût total s'élèvera à environ 16,4 milliards de dollars, selon les estimations de l'Inspecteur général de la NASA. 

Ce chiffre reflète les coûts opérationnels par mission (SLS + Orion + systèmes au sol) et n'inclut pas les coûts massifs de développement du programme Artemis dans son ensemble. Au total, le coût global — en incluant chaque mission — devrait avoisiner les 100 milliards de dollars, en esperant que le budget initial soit respecté. 

Le programme Artemis consiste essentiellement à reconstruire, en partant de zéro, l'intégralité de l'infrastructure américaine d'exploration spatiale; il comprend de nouveaux lanceurs lourds (SLS), un véhicule habité pour l'espace lointain (Orion), des infrastructures lunaires (Gateway, atterrisseurs), de nouveaux systèmes au sol ainsi que la planification des opérations lunaires à long terme. 

Comme c'est presque toujours le cas pour ces projets titanesques, il faut s'attendre à ce que les 93 milliards de dollars budgétés finissent par coûter aux Américains bien plus de 100 milliards… 

Nous pouvons désormais mettre cela en perspective avec la guerre en Iran — ou « l'excursion », comme Trump aime qualifier sa dernière entreprise belliqueuse — laquelle nous a déjà coûté entre 30 et 40 milliards de dollars selon les estimations (sans prendre en compte les lourdes conséquences économiques à l'échelle mondiale) ; ce bilan ne comptabilise ni les 3 000 à 5 000 morts ni les dégâts matériels du côté iranien, et l'affaire est loin d'être terminée. 

Ainsi, quand je compare ces deux dépenses, je choisis sans hésiter l'exploration spatiale s’il fallait trancher entre celle-ci et une guerre insensée et inutile.

vendredi, avril 03, 2026

La vraie clé de la réussite

Si quelqu'un m'avait posé cette question, j'aurais répondu : « La passion ». Idéalement, une passion pour une activité qui nous accompagne toute la vie et nous propulse vers le succès. C’est dans cet état d’esprit que je lisais récemment un article dans le magazine « Inc. », approfondissant ce sujet. Selon ce que j’ai pu comprendre, le trait de caractère en question n’est ni la passion, la créativité, l'innovation, la culture d'entreprise ou l’imagination, mais c'est la persévérance. 

C'est du moins ce qu'en pensait le regretté Steve Jobs, fondateur d’Apple. Il n’en faisait pas une idée romantique ; il savait juste qu’elle était l’importance de la persistance quand tout tournait mal — comme lorsqu'il fut viré d'Apple, qu'il dut tout recommencer avec NeXT, pour finalement revenir et bâtir l'une des entreprises parmi les plus grandes du monde. Son propos n'était pas de dire que le talent, le sens du timing ou la qualité du produit n'avaient aucune importance ; il soulignait simplement que, sans persévérance, aucun de ces atouts ne pouvait porter ses fruits.

Cela me fait penser à Sisyphe, contraint de pousser son rocher jusqu'au haut de la pente pour bien comprendre le concept de persévérance. Nous devons nous imprégner de cette idée : nos échecs et nos revers ne nous définissent pas ; ils nous affinent. Les meilleurs leaders ne se contentent pas de tourner la page après avoir été mis à terre ; ils rebondissent et s'attellent à analyser ce qui a échoué, ce qui mérite encore d'être poursuivi et ce qui doit impérativement changer. 

Cela implique de recueillir le fruit de nos expériences et leurs enseignements. Par exemple, nous pouvons tous tirer les leçons d'une idée ou d'un échec, car cela nous montre précisément ce qui ne va pas. Nous découvrons les lacunes contenues dans notre préparation ou notre exécution. Si nous parvenons à considérer nos revers comme des expériences révélatrices, nous transformerons nos impasses en tremplins. Il nous suffit de garder à l'esprit que chaque échec nous apprend toujours quelque chose. 

Le plus attaché nous serons à nos objectifs, le plus facile il nous sera de persévérer. Bien entendu, faire preuve de persistance ne signifie pas foncer tête baissée avec une mauvaise idée au départ. Au contraire, cela consiste à se fixer un objectif qui en vaut la peine et à s'y tenir fermement, tout en faisant preuve de souplesse quant aux moyens mis en œuvre pour l'atteindre. Si notre stratégie s'avère inefficace, il suffit d'ajuster le plan, sans pour autant renoncer à la vision d'ensemble. 

Les études consacrées à la « ténacité » démontrent qu'une passion et une persévérance maintenues sur la durée constituent des indicateurs de réussite bien plus fiables qu’un quotient intellectuel impressionnant ou un grand talent. Avec le recul, si j'avais accordé à la persévérance la place qu’elle méritait tout au long de ma vie, j'aurais progressé bien davantage ; mais la prise de conscience de son importance ne m'est venue que par petites touches à chaque fois que je trébuchais. 

Au prix d'un nombre d'échecs que je peux aujourd'hui assumer, j'ai fini par saisir l'essentiel. Les leaders qui refusent d'abandonner — ceux qui se présentent une fois de plus sur la ligne de départ après avoir essuyé des revers — sont ceux qui, en fin de compte, franchissent la ligne d'arrivée. Lorsque nous sommes confrontés à une journée, une semaine ou une période prolongée de mauvaises nouvelles, posons-nous cette question : « Sommes-nous dans une impasse, ou ne s'agit-il qu’une résistance naturelle liée à tout progrès ? » 

Avant de jeter l'éponge, donnons toujours une autre chance à la persévérance. Elle pourrait bien nous sortir du lot.

jeudi, avril 02, 2026

Ce que cette saison de ski m’appris …

Un hiver s’achève et il est temps de procéder au bilan annuel et de déterminer ce que j'ai appris en tant que skieur, mais surtout en tant qu'être humain, au fil de mes virages. 

Cette saison s'est distinguée par un manque de neige exceptionnel et, par conséquent, par sa brièveté dans tout l'ouest des États-Unis. C'est surtout pour cette raison que le ski m’a parfois semblé relever davantage d’une corvée que d’une expérience exaltante ; pourtant, je me suis fait violence pour y aller, afin de découvrir de nouvelles façons de m'amuser malgré le manque de neige dans un univers de rareté et de continuer à acquérir de nouvelles connaissances et compétences en « repoussant mes limites » vers la pratique de « choses difficiles ». 

Souvent, quand des skieurs confirmés skiaient comme des débutants face à des conditions devenues trop ardues, je faisais de mon mieux pour glisser avec grâce et agilité comme si de rien n’était. J'ai appris de nouvelles astuces créative comme d’utiliser le bord de la piste pour me frayer un chemin dans les encombrements là où personne n'aurait eu l'idée de passer, aussi en allant plus vite pour me protéger des autres usagers ou encore de me frayer un passage dans la soupe, la glace vive ou d'autres types de neiges hostiles.

À plus d'un titre, j'ai découvert l’importance de savoir m'adapter. Tout d'abord, m'adapter à un âge avancé ; j'ai peut-être skié moins d'heures et accumulé moins de dénivelé, mais je l'ai fait avec beaucoup plus d'efficacité tout en me faisant plaisir. J'ai également su tempérer ma témérité et éviter les situations dangereuses, ce qui m'a permis de faire moins de chutes, sauf une seule, dans un champ de bosses particulièrement difficile mais sans conséquence. J'ai appris à faire plus avec moins, et à rentrer chez moi satisfait. 

Au chapitre des satisfactions, j'ai apprécié mes nouvelles chaussures Nordica à entrée arrière ; bien qu'elles ne soient pas parfaites, leur chaussage et déchaussage auront été à la hauteur de mes attentes. Quelques ajustements suffiraient à les hisser vers une perfection absolue, mais ce sera pour une autre fois. J'ai également apprécié le confort offert par le nouveau parking couvert à Canyons Village, où le désagrément de patauger dans la boue appartient désormais au passé. 

Je comprends désormais mieux l’acceptation du changement qui vient avec mes 78 ans, surtout quand des skieurs plus jeunes et plus forts me dépassent en me laissant sur place. Je n'en restais pas moins satisfait de moi-même, voyant dans la fermeture d'une porte l'ouverture d'une autre. Dans l'ensemble, et malgré quelques faiblesses musculaires, j'ai skiè dans tous les passages difficiles que j'avais l'habitude d'aborder les années précédentes, et je suis très content de ma 72e saison d’hiver.

 Je suis tout aussi reconnaissant d'avoir pu accomplir ce que tant de personnes de mon âge — et même plus jeunes — ne sont plus en mesure de faire. Je compte faire bien mieux encore l'année prochaine, si neige et météo sont au rendez-vous !

mercredi, avril 01, 2026

La partie visible de l'iceberg en ski de compétition ?

La semaine dernière, les gains monétaires des skieurs alpins en Coupe du monde, ont circulé dans les médias spécialisés, révélant ce qu’avaient gagnés les meilleurs athlètes, (atteignant par exemple 741 254 euros pour Marco Odermatt et 615 167 euros pour Mikaela Shiffrin). Ces montants ne prennent pas en compte les primes olympiques, dont l'attribution est laissée à la discrétion de chaque Comité national olympique (37 500 dollars pour une médaille d'or aux États-Unis, contre 87 500 euros en France).

Par ailleurs, ces chiffres n’incluent pas non plus les contrats de sponsoring, des partenariats avec des marques, des revenus issus des réseaux sociaux, ni d'autres événements spéciaux ou engagements annexes (films, livres, journées de ski promotionnelles, etc.). 

En réalité, très peu de skieurs gagnent d’énormes sommes ; seule une poignée d'entre eux (Lindsey Vonn, Mikaela Shiffrin, Marco Odermatt) génère plusieurs millions d'euros par an. À titre d'exemple, pour la saison 2025-2026, Mikaela Shiffrin devrait percevoir entre 6 et 8 millions de dollars — tout comme Marco Odermatt —, mais la quasi-totalité de ces revenus proviendra de contrats d'endossement et non des primes de course. 

Les revenus de sponsoring élevés de Mikaela Shiffrin s'expliquent par sa carrière exceptionnelle — marquée notamment par 110 victoires en Coupe du monde — et par sa forte notoriété, maintenue tant sur le marché américain que sur le marché européen. Cela dit, elle doit faire face à des dépenses que d'autres athlètes n'ont pas, telles que le recours à un coaching privé spécialisé, à des préparateurs mentaux, etc. 

En Europe — et plus particulièrement en Italie et en France —, de nombreux skieurs de Coupe du monde sont souvent intégrés aux forces armées, à la police nationale ou même aux services des douanes ; ce statut leur assure un salaire relativement modeste, mais stable, ainsi qu'un soutien logistique pour l'entraînement et la compétition. 

Le revenu annuel type d'un skieur professionnel se situe donc entre 30 000 et 125 000 dollars avant impôts ; il faut impérativement faire partie du « 1 % » des mieux rémunérés pour gagner des sommes nettement supérieures. On peut dire que, pour les quelque 150 hommes et autant de femmes classés au classement général de la Coupe du monde de ski alpin, la loi de Pareto s'applique : 20 % d'entre eux se partagent 80 % de la dotation financière disponible. 

Au final, les skieurs professionnels gagnent considérablement moins d'argent que les athlètes de la plupart des autres sports individuels. Même les meilleurs coureurs de Coupe du monde ou les skieurs freestyle d'élite ne gagnent généralement qu'une fraction de ce que perçoivent les golfeurs, les tennismen, boxeurs ou autres athlètes. 

Les revenus dans le ski sont limités car les dotations sont modestes, le marché et l’impact sur le public restent minime et l'essentiel des gains repose sur le sponsoring plutôt que sur les primes de victoire.